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Roland HUREAUX

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 20:21

Dès qu’ils auront un certain recul, les historiens se demanderont comment un pays comme les Etats-Unis, longtemps tenu pour « la plus grande démocratie du monde », le champion du « monde libre » dans la deuxième guerre mondiale et la guerre froide, a pu tomber aussi bas que dans la dernière élection présidentielle.

Malgré la guerre de propagande, à sens unique puisque les démocrates ont le soutien de 90 ou 95 % des médias, peu d’observateurs doutent désormais qu’il y a eu une fraude gigantesque destinée à placer Biden en tête dans les toute dernières heures du dépouillement. Une fraude avouée avant le scrutin par Biden lui-même dont on a vite fait de mettre les propos sur le compte de la cacochymie. Peu accusent Trump et son camp d’avoir fait de même.   

Nous ne savons pas encore si les preuves apportées par les avocats de Trump sur cette fraude seront suffisantes pour empêcher Biden d’être proclamé président. En tous les  le candidat démocrate est élu, son élection restera durablement entachée du soupçon de l’illégalité et au moins la moitié des Américains tiendront le nouveau président pour illégitime, ceux ce qui ont voté Trump mais aussi ceux qui ont voté Biden et que la fraude scandalise (on suppose que c’est le cas d’honnêtes gens comme  Jimmy Carter ou Bernie Sanders).   Dans le contexte actuel, la reconnaissance de l’élection de Biden serait suicidaire pour le Etats-Unis.

Alors que s’est-il passé ?  Comment le parti démocrate, dont jusqu’à présent personne ne doutait qu’il méritait cette appellation en est-il arrivé là ?

Certes la fraude électorale a toujours existé aux Etats-Unis : l’élection de John Kennedy reste entachée d’un doute, celle de George Bush Jr aussi. Mais rien de comparable à ce qui nous est rapporté aujourd’hui de celle, encore à confirmer, de Biden.

 

Comment le virus de l’idéologie détruit la démocratie

 

Pour comprendre ce qui a pu arriver, il faut appréhender la révolution intellectuelle qui s’est produite au cours des dernières années, dans le parti démocrate et tout ce qui tourne autour dans les milieux administratifs, bancaires et surtout médiatiques. 

Malgré sa composante originaire sudiste, le parti démocrate américain, comme tous ceux qui lui sont apparentés de ce côté-ci de l’Atlantique, partis socialistes, « En marche » français et même, pour une part, les anciens partis conservateurs comme la CDU allemande, était un parti libéral de centre gauche classiques.  Classique c’est-à-dire n’ayant pas d’autre objectif que de bien gouverner, dans la nuance d’idées qui était la sienne mais de la manière la plus pragmatique.

Le virus de l’idéologie qui a pris le monde occidental a changé tout cela. A son fondement, une vision simplifiée de la réalité et la définition d’un sens d’histoire à caractère messianique. Les communistes d’autrefois se pensaient déjà comme les agents de la Révolution mondiale, prédéterminée par l’évolution historique   et destinée à révolutionner la condition humaine. Cela à partir d’une prémisse simple : tout le mal vient des classes sociales et de la propriété privée ; il faut les supprimer.  L’impérialisme néo-libéral se rattache lui aussi à de idées simples : ses adeptes se tiennent pour  les grands prêtres d’une transformation inéluctable de la société orientée par un nouveau sens de l’histoire. Ce nouveau sens de l’histoire conduit à l’abolition non plus de la propriété mais des états nationaux au bénéfice d’un Etat mondial, à l’abolition des frontières commerciales, financières, migratoires et sexuelles en vue d’un monde où les différentes cultures et les « genres » seront interchangeables et fongibles.   Le moteur de la transformation est cependant moins aujourd’hui une espérance qu’une panique : celle des pandémies qui justifie la chape de plomb du confinement, celle du réchauffement climatique qui fonde  aux yeux des mondialistes, l’émergence d’une gouvernance internationale ne laissant aux pouvoirs nationaux que le rôle d’exécutants, dans un environnement de    décroissance.

Certains pourraient tenir l’apparition de cette idéologie pour dépourvue de conséquences : après tout, toutes les sociétés ont leurs fous, alors pourquoi pas la société politique ?  Mais en réalité, l’idéologie porte avec elle des effets désastreux. La simplification des concepts abolit le doute et donc tout débat démocratique. Elle entraine une intolérance totale à tous les opposants, immédiatement rangés, sens de l’histoire oblige, dans la catégorie   des réactionnaires ou des obstacles  au bien de l’humanité, des fous ou des pervers.  C’est la racine de la tyrannie du politiquement correct qui étend son voile noir sur tout l’Occident. La véhémence de la posture idéologique est contagieuse : les minoritaires qui voudraient encore comprendre la complexité des choses se laissent impressionner et n’osent plus contredire les idéologues, jusqu’au point où la quasi-totalité des médias soutient    l’idéologie dominante.

Une autre conséquence est que la promotion et la mise en pratique de cette idéologie justifie tout. Dire qu’elle a un caractère religieux serait à la fois dépréciatif pour les religions et insuffisant. Toutes les idéologies rejettent le passé, diabolisé, et donc l’héritage judéo-chrétien. L’intolérance des idéologues est encore plus absolue que celle des religions d’antan. Ses tenants croient se fonder sur la raison, mais sont en réalité possédés par un délire rationnel car ces concepts simplifiés sur lesquels ils se fondent, ils les  poussent jusqu’à leur pires extrémités. Dans sa version communiste, l’idéologie a provoqué la mort de dizaines de millions de personnes. Dans sa version actuelle, elle fonde ses tenants à passer outre à toutes les considérations que d’habitude les hommes placent au plus haut : la morale qui interdit la fraude, le droit spécialement le respect de la constitution, la déontologie, l’exigence du pluralisme la presse, le respect des adversaires. Cette posture explique le fait que,    en rupture avec  toutes  les  traditions démocratiques des Etats-Unis,    les partisans d’Hillary Clinton, au lieu de jouer le jeu comme l’avaient fait tous ceux qui dans le passé   avaient  été  battus, ont tout fait pendant quatre ans pour saboter le travail du président régulièrement  élus mais tenu pour illégitime, comme un non-communiste pouvait être tenu pour illégitime ans l’ancienne Union  soviétique ; la même posture explique  les illusions que s’est faite  le camp démocrate  , illusions que se sont   exprimées  par des sondages  presque unanimement favorables à Biden : ce n’ était pas là seulement  là  l’effet de la   volonté de    tromper mais aussi  de la capacité à s’illusionner de gens qui n’imaginent pas une seconde  qu’on puisse avoir des opinions  différentes des leurs. D’où leur surprise le jour du scrutin, leur panique et leur volonté d’en modifier le résultat par tous  le moyen, y compris par une adjonction de milliers de faux bulletins Biden.

 

Vers la guerre ?

 

Enfin l’idéologie est très dangereuse : elle conduit à la guerre. Pour pactiser avec l’adversaire politique, intérieur ou extérieur,  il faut un certain relativisme ; or les idéologues   pensent tant qu’ils ont raison qu’il leur faut répandre, par tous les moyens aussi, leur idéologie à travers le monde. C’est sur cette base qu’ont été conduites les politiques de regime change et les printemps arabes, avec les millions de morts qui s’en sont suivis. Parce qu’il n’est pas idéologue et qu’il accepte des régimes différents, Trump n’a déclaré la guerre à personne.  Rappelons-nous sa réplique  à Hillary Clinton lors de la campagne de 2016 :   « Vous êtes candidate à la présidence du monde, je ne  suis candidat  qu’à la présidence des Etats-Unis ». L’idéologie ne sait pas se cantonner à « un seul pays ». Elle est universelle et  donc impérialiste. Comme elle rencontre nécessairement une résistance, elle est porteuse d’un lourd risque de guerre. Risque particulièrement actuel aujourd’hui  où les idéologues mondialistes,  dans leur manichéisme simplificateur, assimilent, au-delà de tout bon sens, Poutine à Hitler. 

Une dernière caractéristique de cette posture est  qu’ elle ne supporte pas l’échec : un  seul revers et tout l’édifice   s’effondre, comme  on l’a vu en URSS en 1990.  La première élection de  Trump était passée pour un accident de l’histoire. Sa réélection serait le signe de l’obsolescence de toute l’idéologie   mondialiste  libérale- libertaire. C’est pourquoi, pour  les partisans de celle-ci qui domine encore l’opinion mondiale, sa réélection ne pouvait pas arriver. Et si elle est arrive quand-même, la presse mondiale et presque tous les gouvernements  occidentaux s’enfoncent  dans le déni, jusqu’à reconnaitre l’ élection de Biden et à le féliciter,  contre tous les usages diplomatiques, avant qu’il ne soit proclamé.  C’est à un wishful thinking international    que nous avons affaire : Biden est élu parce que je veux qu’il le soit.  Tout cela laisse présager une crise de grande ampleur, mais une crise souhaitable quand même pour ceux qui ne veulent pas que le monde occidental tombe dans une nouvelle glaciation idéologique, qui    souhaitent le maintien de la démocratie, du pluralisme et de la liberté.      

 

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