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Roland HUREAUX

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11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 19:30

D’ACCORD AVEC PATRICK BUISSON AVEC NUANCES

 

Dans de récentes déclarations, Patrick Buisson a pris ses distances avec la logique  de l’ « union des droites » qui prévalait notamment à la  Convention de la droite réunie le  28 septembre dernier  autour de Marion Maréchal   et d’Éric Zemmour à laquelle il a s’est abstenu  de participer.

Il pense , avec raison selon nous,  que l’idée d’une union des droites est dépassée car le populisme de la droite forte ( pour ne pas dire extrême) est , selon lui,  incompatible avec le libéralisme du courant dominant des Républicains. Donc pas de convergence possible.

Je dirai  aussi : comment prétendre diriger un pays en se réclamant d’une moitié  de sa population   ( en  fait plutôt 40 % ) ? Il est vrai que Mitterrand  y était arrivé, en accédant au  pouvoir au nom de l’Union de la gauche . Mais ce qui vaut dans un camp ne vaut pas forcement dans l’autre. Et ce qui vaut à  une époque ne s’applique pas forcément à une autre époque.   Macron a d’ailleurs  gagné en récusant cette logique : c’est bien le seul mérite qu’on puisse lui  reconnaître.

Pour  Buisson  , au clivage gauche-droite s’est substitué  le clivage    des  partisans de l’ordre mondial et de ses adversaires .

Le  choix est  en effet aujourd’hui d’être pour ou contre  le camp mondialiste, prétendu libéral et progressiste, qu’ ont incarné tour à tour, dans la lignée de Jean Monnet,  Blair, Sarkozy,   Obama, Macron , et  avec eux,  toute la machinerie européenne, l’Europe de Bruxelles n’étant dans cette perspective   que le relais régional d’un projet planétaire.   Le paradigme des partisans  de ce camp est simple : libre circulation des capitaux, des  marchandises  et des hommes,  attrition des Etats et philosophie libertaire. En face tout ce qui incarne le réveil national : Poutine, Orban, Trump , Salvini  et maintenant Boris Johnson etc. A  l’intérieur,  outre le RN, la droite et la gauche hors les murs  qualifiées  de « souverainistes »  et bien sûr les Gilets jaunes .

Ne l’ont pas encore  compris les gens de droite  genre lecteur du Figaro et électeurs de Fillon qui, tout en étant attachés  au drapeau et à la famille  et  hostiles à l’insémination artificielle des femmes seules   se réjouissent  de voir Macron résister à   la CGT ou cogner les Gilet jaunes.

Proche d’eux, la chroniqueuse versaillaise, pourtant  connue pour ses positions anti-libertaires , qui s’est fait remarquer récemment en mettant plus bas que terre une pauvre femme qui n’avait , à son gré, pas réussi  dans  la vie. Il y a des gens qui sont lents à assimiler  que la cause ultralibérale ne se sépare plus désormais de la cause libertaire.

L’ont encore moins compris les  gens de l’ extrême gauche pour qui le spectre suprême  reste le « fascisme » identifié  à toutes formes de droite  nationale. Généralement pas    assez puissants ou  conséquents pour accéder au pouvoir – sauf à  trahir dans les grandes largeurs comme Tsipras ou les 5 Etoiles -  ils  choisiront toujours   in fine de soutenir   un Macron plutôt qu’un national quel qu’il soit . Sans  adhérer nullement   aux thèses du mondialisme  , ils ont désigné  comme ennemi numéro un les antimondialistes, se faisant les soutiers objectifs  de l’ordre mondial ultralibéral.

Mais l’histoire avance  et ces postures en porte-à-faux  sont sans doute les rémanences  d’un  ordre ancien,  le marque d’une phase de transition , en voie d’être dépassée.  Ils sont  en même temps   l’effet du  jeu habile des tenants  du mondialisme  lesquels , quoiqu’ils     soient en fait  des idéologues extrémistes, se positionnent au centre et ont dès lors beau jeu de   diviser leurs adversaires. 

 

L’importance du combat sémantique

 

En fait  Buisson ne se trompe que sur la sémantique. Dans le  combat politique, il ne faut jamais donner un nom sympathique à ses adversaires et   donc prendre pour argent comptant ceux qu’il se  donne. Tel est le cas des appellations de     progressistes  ou de  libéraux accolées  aux tenants  du mondialisme. Ces mots sont très avantageux pour eux : qui pourrait être contre  le progrès ? qui serait contre la liberté ?  Être  libéral, c’est  être  généreux,  ouvert,  convivial.  Pourquoi se mettre dans le camp des obtus qui refusent tout cela   ? N’est-ce pas faire le jeu de Macron qui a identifié , de manière avantageuse,  son combat à  celui des « progressistes » contre les « populistes » ?

Non seulement l’usage de ces mots n’est pas de bonne guerre , mais ils sont faux .  Le   camp mondialiste n’est pas celui de la  liberté :  avec une loi liberticide  par mois  on en est loin ! Ce n’est non plus  celui du progrès : l’appellation de progressiste implique qu’il y ait un sens de l’histoire .  Pendant un siècle l’Union soviétique  s’est présentée  comme  le  camp du progrès ; on a vu où elle en est arrivée ; aucune loi  historique sérieuse ne condamne  les Etat et les frontières. Le prétendu progrès mondialiste s’effondrera  comme les autres.  

En fait le camp aujourd’hui dominant et que nous combattons  est celui de l’idéologie . L’idéologie repose sur  une vision simplifiée du monde :  hier la  suppression de la propriété, aujourd’hui la  suppression des Etats et des frontières. Elle implique aussi un projet messianique de transformation du monde   qui permet de diaboliser ceux qui s’y opposent. L’idéologie est d’ailleurs toujours mondialiste : Après l’internationalisme  prolétarien est venu le  mondialisme  marchand : dans les deux cas ,  il s’agit d’idéologie.

Le seule querelle qui vaille reste le combat contre les idéologies, d’hier et d’aujourd’hui.

Le propre des idéologies  est d’être mensongères. En  démasquer les  faux semblants, les dénoncer et rendre  , comme le préconisait Confucius, le vrai sens aux mots, ce n’est pas de la  contrepropagande, c’est combattre pour la  vérité .  Qui peut imaginer que  le mondialisme soit  vraiment libéral ? Il écrase un peu partout les classes moyennes . Il réduit chaque jour  la liberté d’ expression sous le dictature  du polcor (politiquement correct)  par des lois restrictives  et par des médias unanimistes ;  il restreint même le champ de la  liberté tout court.  C’est à tout le contraire de libéraux que nous avons affaire.

Comment s’en étonner ? Jean-Jacques Rousseau , penseur trop négligé , établit une sorte de théorème selon lequel, plus l’espace politique est étendu, plus il a vocation à devenir despotique et centralisé. La vraie  démocratie selon lui n’est  possible que dans les cantons suisses. Cette loi que personne n’a encore réfutée  s’applique à la machinerie européenne. Elle s’applique a fortiori à un projet  d’ Etat  mondial qui ne pourrait être qu’un  monstre totalitaire ,  un Big Brother planétaire  dont nous apercevons  déjà  les prémisses.

Et dans l’autre  camp ? Là aussi, il faut savoir s’autodésigner et  refuser les noms que l’adversaire vous donne.   Tel est le mot de populisme . Mais il faut parfois retourner contre ses adversaires  ses propres armes et  donc assumer  . Après tout,  le mot de populisme   exprime bien la résistance des peuples à la machine    totalitaire  cosmopolite, il  se réfère  au populus autre nom  du démos.  Rien dont il   faille  avoir honte. A condition de rappeler sans cesse que le combat populiste est un combat pour la  démocratie.   A condition de rappeler aussi que ce combat est d’autant plus nécessaire que  dans le camp d’en face qui s’en réclame , la démocratie est une étoile  morte  . La démocratie ne survit qu’aux  marges  . Elle reste comme l’a   montré  Pierre Manent inséparable du cadre national .   Mais on peut trouver aussi d’autres  noms :  si  notre camp est celui   qui résiste à l’idéologie, il est par cela même celui de la nature, du bon sens. Il est aussi  celui de la vérité. Allons jusqu’à dire qu’il est celui de la civilisation au sens le plus large .

Il est même,  n’hésitons pas à le soutenir  , le vrai camp de la liberté . Ne tombons pas dans le piège  de penser que ceux qui résistent au supposé libéralisme ne seraient  que des grincheux , partisans d’un régime  pète-sec  , rêvant d’un sabre à la Boulanger, que la restauration nécessaire de l’Etat face au mondialisme serait forcément celui d’un Etat autoritaire –   précisément le mensonge que répandent les mondialistes.    J’étais sur les  ronds-points . Outre la  revendication principale portant sur la dégradation de leur  niveau de vie, les  Gilets jaunes sont particulièrement sensibles aux atteintes à la    liberté  d’expression, au fait que le presse est de moins en moins    libre et pluraliste, de plus en plus  menteuse . Les qualifier s’antilibéraux serait leur  faire injure en même  temps que  faire un beau cadeau à  leurs adversaires, nos adversaires .

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

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