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Roland HUREAUX

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19 novembre 2021 5 19 /11 /novembre /2021 14:06

« C’EST CELUI QUI LE DIT QUI L’EST »

 

Discours de haine et inversion accusatoire

 

Les Antifas tentent d’empêcher une réunion publique d’Éric Zemmour à Nantes tout en demandant, impunément, qu’on l’assassine . Cent cinquante journalistes appellent dans Mediapart à faire le black-out sur sa campagne au nom de la lutte contre le fascisme, le racisme, l’homophobie : « nous ne serons pas complices de la haine » disent-ils.

Ces positions suscitent bien entendu une indignation légitime, surtout quand elles sont adoptées par des hommes de gauche qui cultivaient autrefois les valeurs la liberté, de tolérance, d’ouverture au débat auxquelles ils ont aujourd’hui manifestement tourné le dos. De telles prises de position, qui sont loin d’être isolées, laissent augurer une campagne présidentielle d’une extrême violence, porteuse de tous les dangers, analogue à celle qui a eu lieu il y a un an aux Etats-Unis.

 

Le fait idéologique

 

Il est difficile de comprendre cette montée aux extrêmes sans faire référence à l’idéologie au sens que Hannah Arendt donnait à ce terme. Par rapport à ce critère, non, Zemmour et ses adversaires ne doivent pas être mis dans le même sac.    Seuls ses adversaires de gauche adoptent, et cela sur presque tous les sujets, des postures idéologiques. Idéologie :  conjonction de la simplification de la pensée et du messianisme, projet politique qui ambitionne de reconstruire le monde à partir d’une vision erronée de la société et de l’histoire. Simplification, l’idée que le monde sera meilleur si les nations, mais aussi les cités, les tribus, n’ont plus droit à l’existence, simplification la conviction  que le masculin et le féminin ne sont que des constructions culturelles destinées à cacher la domination masculine et que le salut du monde passe par leur abolition. Simplification l’idée que le monde doit aller vers une suppression de la police (ce qui arrive aux Etats-Unis dans certaines villes démocrates, livrées à l’anarchie ) et que ce qui se joue dans les tribunaux n’est qu’un rapport de domination. Simplification que de penser que le monde doit aller  vers un métissage généralisé.  Contrairement à ce que croient les idéologues, le monde est complexe.

A partir de ces simplifications, ils construisent une utopie   de portée quasi-métaphysique : fin de l’oppression de classe, de race, de sexe, des frontières etc.  Ce qu’on appelle paresseusement le progressisme, c’est cela : fixer une direction à la société vers un mieux utopique qui parait à ses adeptes si évidente et si nécessaire qu’ils n’imaginent pas que tout le monde ne s’y rallie pas.  Dès lors nait une intolérance absolue : ceux qui ne se rallient pas sont soit bornés soit pervers.  Pour que le projet se réalise, il faut qu’ils soient éliminés par tous les moyens, y compris la force, et ne méritent surtout pas que l’on discute avec eux.

Dans une compétition électorale, le débat peut rester serein si aucun des deux camps n’est dans une démarche idéologique. Il tournera à la guerre civile si les deux le sont : par exemple dans l’Espagne de 1936.  Il le sera aussi si un seul des deux camps fonctionne sur un mode idéologique. C’est ce qui se passe aujourd’hui.

C’est dire que dans les débats pré-présidentiels actuels, il ne faut pas établir de fausse symétrie. Même si Darmanin découvre  toutes  les semaines  un groupuscule radical   qu’il situe à l’extrême droite, ce groupuscule   n’a aucun rapport avec Eric Zemmour ; et si ce dernier  n’existait pas, nul doute que les idéologues trouveraient un nouvel adversaire à diaboliser car l’idéologie a besoin d’une bête noire. Dans les années soixante, c’est le général de Gaulle lui-même qu’on traitait , à jet continu, de fasciste.

Pour savoir qui est l’idéologue, il faut chercher qui est le premier à user de méthodes violentes, ou qui est le plus violent. Dans la situation actuelle, la réponse est claire : c’est l’extrême-gauche qui ne veut pas jouer le jeu.

 

L’inversion accusatoire   

 

Mais alors pourquoi ces gens prétendent-ils lutter contre la haine ?   C’est que la démarche idéologique revêt un autre caractère, ce qu’on peut appeler l’inversion accusatoire : le fait d’accuser l‘autre de ses propres turpitudes avec tant de véhémence que l’opinion non prévenue peut s’y tromper. Si l’un des deux camps accuse l’autre, sur un ton hystérique, d’être haineux, une chose est certaine, c’est que lui l’est. « C’est celui qui le dit qui l’est » dit-on dans les cours de récréation.

On peut reconnaitre la démarche idéologique à différents symptômes que nous avons relevés : simplification, utopie, sens falsifié de l’histoire, manichéisme – il y en a d’autres.  Mais il y a un  symptôme sûr :  l’inversion accusatoire.

Dès qu’elle apparait dans la confrontation, rien ne sert de s‘indigner, et il ne faut   surtout pas se laisser intimider, il faut comprendre que c’est là le signe le plus manifeste de la démarche idéologique avec tout ce qui va avec : intolérance, refus du débat, violence verbale conduisant à la violence physique, remise en cause de toutes les règles du jeu, éthiques ou juridiques, et … haine.

Dès lors qu’on ne la confond pas avec les oppositions religieuses ou le souci légitime de l’identité, la vraie haine raciste est rare en France. Elle n’atteint pas en tous les cas le degré de fureur de la haine antiraciste ou prétendue telle.   C’est peut-être le plus grand inconvénient de la « diversité » promue par certains, c’est qu’elle ouvre la porte à la haine antiraciste laquelle, comme toute haine idéologique est hyperbolique – souvenons nous des « vipères lubriques » de Staline.  C’est là aujourd’hui le danger ; il faut le conjurer et pour le conjurer le bien comprendre.   Il en va de l’avenir de la démocratie.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

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