Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Roland HUREAUX

MrHureaux

Recherche

Articles RÉCents

Liens

6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 11:38

OBAMA, UNE FAUSSE VALEUR

Ecrit en 2019

Donald Trump vient d’être acquitté de l’accusation d’avoir voulu renverser la démocratie et c’est heureux.  Bien qu’ils aient été déclarés vainqueurs de la présidentielle, ses adversaires n’en continuent pas moins à s’acharner sur lui. Tout autre  est le sort de son prédécesseur   Barack Obama  qui fait plus que jamais figure de star mondiale. Sa biographie est en devanture de toutes les librairies de France - et sans doute d’ailleurs.  Un magazine le désigne comme l’homme de la décennie qui se termine. Pour un peu, il serait canonisé.

Obama est  pourtant le premier président depuis George Washington à ne pas avoir respecté cet antique usage qui voulait qu’un ancien président restât  au-dessus de la mêlée après avoir quitté ses fonctions. Il était pratiquement le directeur de campagne de Biden et a remporté un beau succès  en abattant Trump, l’homme qu’il détestait le plus au monde. Il n’a donc pu ignorer    l’énorme fraude électorale démocrate, dont , décisive ou non, personne ne conteste la réalité.

Mais c’est sur son bilan comme président qu’il doit être jugé : avoir déclenché quatre guerres, Libye, Syrie, Ukraine, Yémen, n’est pas un mince palmarès pour un chef d’Etat, même prix Nobel de la Paix. Certes ces guerres avaient des raisons locales, mais aucune n’aurait dégénéré sans le feu vert du département d’Etat.  Au total près d’un million de victimes, surtout civiles, dont la moitié en Syrie. Aucun président des Etats-Unis, à notre connaissance, n’avait réussi pareil exploit. A côté, Trump qui n’a provoqué aucune guerre et en a même (presque) terminé deux : Irak, Syrie, est un petit joueur.

Sarkozy a beau se glorifier s’avoir mis la Libye, et à partir des arsenaux de Kadhafi, la moitié de l’Afrique, à feu et à sang, il n’aurait rien pu faire sans l’aval du président américain.

Ajoutons que le président Obama avait pris l’habitude de ratifier toutes les semaines une liste de gens que les forces spéciales devraient assassiner  sans jugement à travers le monde, en particulier avec des drones qui causent presque toujours des dommages collatéraux dans le population civile.  Certes, d’autres présidents l’ont fait, si l’on en croit François Hollande, autre grande conscience de  gauche, qui s’en est même vanté. Mais aucun autant qu’Obama, dont les victimes se comptent par milliers.

Si les Etats-Unis avaient adhéré au Tribunal pénal international de La Haye, il y aurait là un beau dossier pour entamer des poursuites. Mais nous en sommes loin : Washington contrôle étroitement ce qui s’y  passe .

On dira à la décharge d’Obama qu’il a évité une guerre mondiale le 21 aout 2013, quand tous les médias occidentaux se déchaînaient contre Bachar-el-Assad,  coupable, disait-on, d’avoir attaqué à l’arme chimique un faubourg de Damas, et exigeaient des représailles massives ; Hollande et Fabius étaient même allés, insignifiants roquets, les réclamer à Washington avec l’appui des extrémistes  néo-conservateurs. Obama qui savait sans doute que la soi-disant attaque avait été organisée par nos alliés djihadistes avec le soutien de certains services secret occidentaux, ce dont personne ne doute aujourd’hui, a préféré sagement éviter l’escalade en saisissant la perche opportunément  tendue par Poutine pour lui éviter de perdre la face.  Qu’il ne  déclenche pas une guerre mondiale  était le moins qu’on puisse attendre d’un Prix Nobel de la paix !  Mais la question ne se serait pas posée si Obama n’avait fait, avec son âme damnée, la secrétaire d’état Hillary Clinton, ce qu’il fallait pour déclencher la guerre de Syrie. Elle ne se serait pas posée non plus si Obama, dont l’hypocrisie est consommée, n’avait appuyé en sous-main les djihadistes (Daech, Al Qaeda etc.) tout en faisant mine de les combattre.

On pourra encore  dire à sa défense qu’il n’était que le jouet des forces de l’Etat profond qui avaient voulu   porter un homme de couleur à la Maison blanche pour relever l’image des Etats-Unis.  Certes, mais  c’est en toute connaissance de cause qu’il a accepté de jouer ce rôle.  

Je n’ignore pas que des voix s’élèveront   pour dire « attaquer le bilan d’Obama, c’est du racisme ! ».  Le racisme n’est-il pas plutôt de   prendre   en compte la couleur de la peau d’un responsable   pour juger de son bilan. Et en fait de racisme, rappelons  que  , par sa mère,  Obama descend  de Jefferson Davis, président de la Confédération sudiste de 1861 à 1865.

Quand Gaston Monnerville fut élu chez nous en 1947 président du Conseil de la République et donc deuxième personnage de l’Etat personne ne releva qu’il était métis, seulement son mérite qui était à la hauteur, nul n’en doutait, de la fonction.  Quand il affronta en 1962 le général de Gaulle sur le terrain constitutionnel, nul  n’imagina non plus que le débat pouvait avoir une dimension raciale.

Les temps ont changé : déjà quand Alexandre Dumas entra en 2002  au Panthéon, un grand journal titra que c’était le métissage qui était honoré : absurde considération dont n’avaient usé ni lui, ni ses contemporains, ni ses millions de lecteurs.

Que la considération raciale puisse occulter les crimes, bien réels, d’un président américain montre une singulière dégénérescence du débat politique.  Ce n’est pas cela qui fera reculer le racisme, bien au contraire.

 

Roland HUREAUX

Partager cet article
Repost0

commentaires