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Roland HUREAUX

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 14:05

 

Plus on approfondit la question, plus on réalise la responsabilité d’Emmanuel Macron, dans le déclenchement de la guerre d’Ukraine.

C’est d’autant plus paradoxal que,  grâce à elle , il a pu accroître ses chances d’être réélu, les électeurs préférant souvent qu’on ne change pas de pilote  en temps de guerre.

Le vrai commencement de la guerre d’Ukraine est ce que la presse appelle la révolution de la place Maidan du 18 février 2014, qu’un homme aussi pondéré que Valéry Giscard d’Estaing n’a pas hésité à appeler « un coup d’Etat de la CIA ». Elle a conduit, à la suite de manifestations et d’échanges de tirs, à la destitution du présidant Viktor Ianoukovitch, régulièrement élu en 2010 et à son remplacement par une équipe directement désignée par le département d’Etat américain et entièrement soumise aux Etats-Unis.  Loin de vouloir apaiser les choses, ce gouvernement mit de l’huile sur le feu en interdisant aux russophones de l ‘est du pays de parler russe. Ils se révoltèrent avec le soutien de la Russie, proclamant l’indépendance les deux républiques autonomes de Lougansk et Donetsk.

Furent conclus l’année suivante les accords de Minsk destinés à résoudre la crise.   Ils comportent la constitution d’un groupe dit de Normandie : Russie, Ukraine, France, Allemagne chargé d’appliquer les accords.  La France n’a rien fait pour cela, en particulier après l’élection de Macron. Ces accords sont délibérément restés lettre morte.

En parallèle, en violation de ces accords, les membres de l‘OTAN, dont la France,  ont envoyé massivement des armes et des instructeurs à l’armée ukrainienne. Elu en 2019, Zelenski intègre dans l’armée les milices néo-nazies qui deviennent de facto le fer de lance de l’armée ukrainienne et qui ont évidemment reçu ces armes.

Il est clair que les Occidentaux, Macron en particulier, n’ont rien fait pour pousser le président Zelenski au compromis. Elu sur une promesse de pacification, il a fait exactement le contraire : exciter le conflit sans doute sur la pression des Américains. Bien que signataires aux accords de Minsk , validés par l‘ONU, ceux-ci ne se sont pas engagés Dans la négociation dont ils ne souhaitaient pas l’aboutissement, ils ont cherché le sabotage de ces accords, Macron s’est révélé, comme d’habitude, un bon petit soldat.

Début février 2022, Poutine, avant de se résoudre à l’invasion,  fait une dernière tentative de relancer le processus de Normandie, en sommeil depuis plusieurs années. Macron se rend à Moscou dans les conditions que nous savons, le chancelier allemand nouvellement installé restant en retrait . Il va ensuite à Kiev où il multiplie les signes d’encouragement aux soldats ukrainiens qu’il croise dans les rues. Drôle de médiateur.

Il se dit que Macron fait le siège de l’OTAN pour qu’elle s’engage plus avant dans la résistance à l’invasion russe, en envoyant plus d’armes, plus d’instructeurs – qui sont en fait l’encadrement de l’armée   ukrainienne, parmi lesquels des éléments de notre  Légion étrangère.

La reconquête de l’Ukraine par les Russes devrait en principe mettre fin au conflit. Un statut de neutralité, excluant l’adhésion à l’OTAN, pourrait ensuite être trouvé. Il reste douteux cependant que la pointe extrême   des faucons américains, « néo-cons », autour de Victoria Nuland,  accepte de s’avouer vaincue.  Nous ne  sommes pas à l’abri d’attaques sous faux drapeau, comme les Américains savent si bien en faire, de provocations destinées à amener les forces de l’OTAN dans un affrontement direct avec la Russie, aux risques que l’on sait pour la survie de l’Europe et d l’humanité.

L’appui politique du président français serait alors très précieux pour les faucons américains et nul doute que Macron apporterait cet appui, pouvant aller jusqu’à jouer les boutefeux. Avec Marine Le Pen, la France serait, nous l’espérons, tenue à l’écart d’un conflit gravissime et qui n’engagerait nullement notre intérêt direct.

L’enjeu de l’élection présidentielle apparait dès lors clairement : rien moins que la guerre ou la paix. Le prochain président (e), impliquera-il la France dans un conflit direct entre les Etats-Unis et la Russie ou aurait-il la sagesse de nous en tenir à l’écart ? C’est un enjeu gravissime.

 

 

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