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Roland HUREAUX

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 10:33

Pour ceux qui pensent que les messes sont une rencontre joyeuse, quelle déception de voir chaque dimanche ces mornes rangées de visages recouverts d’un masque ! Serait-ce « la nuit des morts vivants » ? Encore heureux que le célébrant ne soit pas lui aussi masqué.

Cela est d’autant plus fâcheux que le visage a une valeur spirituelle particulière : « je cherche le visage, le visage du Seigneur », chante-t-on. Sainte Thérèse n’était-elle pas de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face. Comment concevoir une rencontre avec le Très haut qui ne soit pas face à face ? Et la communion des fidèles, la dimension horizontale de la messe, peut-elle ne pas se faire à visage découvert ?

Le moins qu’on puisse dire est que ce n’est pas dans les paroisses eu l’on trouve les citoyens les plus indisciplinés. « L’Eglise a scrupuleusement appliqué les consignes sanitaires (…) si vous voulez être vraiment républicains, soyez chrétiens ! « (Rémi Brague)[1].

Il est vrai que, l’Evangile le dit, les chrétiens doivent « rendre à César ce qui est à César » (Mt 22, 20) et donc appliquer les lois et décrets ; Saint Paul a répété ce précepte  : « tout pouvoir vient de Dieu » (Romains 13,1). Les scolastiques ont même précisé que, dans le doute sur l’opportunité des décisions publiques, par exemple à la suite  d’une déclaration d’une guerre, le chrétien doit faire crédit au pouvoir en place - à moins qu’il soit patent que les prescriptions imposées sont contraires au bien public.

D’autant que, on nous l’a assez dit, le masque ne sert pas seulement à se  protéger mais à protéger les autres. « Pensez à vos anciens, plus vulnérables » dit le ministère … au moment où il organise la sédation profonde (c’est-à-dire l’euthanasie) des résidents des Epads qui pourraient être touchés par le virus.

Il reste que, face à l’obéissance tatillonne que l’on observe dans les églises, on peut avoir légitimement l’impression que les catholiques ne sont pas seulement les citoyens les plus scrupuleux mais ceux qui craignent le plus la mort. Alors que ce devrait être le contraire !  Comment ne pas se souvenir de tous ces saints, saint Louis en tête, qui bravèrent le danger pour soigner les malades par temps de peste ?   

L’air lugubre qu’ont pris les cérémonies religieuses peut justifier que certaines communautés, dans la discrétion, s’exonèrent de la règle du musèlement.  Qui a raison ?  

Au principe paulinien de l’obéissance, on  objectera que le port du masque n’est qu’un très petit commandement public :  rien d’analogue aux grands principes où l’Etat suit la loi naturelle : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas faire de faux serment au tribunal etc. Protéger autrui ? Mais le risque de contagion qu’entraine l’absence de masque est infinitésimal, surtout en cette période où la maladie est manifestement en récession, et, selon des spécialistes éminents, en voie d’extinction.

 

Des  soupçons légitimes

 

On peut surtout dire que le principe d’obéissance s’applique à un pouvoir au-dessus de tout soupçon. Or c’est loin d’être le cas aujourd’hui. Pendant des millénaires, les hommes ont pu avoir le sentiment que ceux qui étaient chargés de les guider, même très imparfaits, poursuivaient néanmoins le bien de la communauté. Les considérables anomalies auxquelles a donné lieu la gestion du Covid 19, en France et ailleurs, sur lesquelles nous ne reviendrons pas, l’interdiction  de l’hydroxichloroquine étant le plus patente, ont fait lever le soupçon  que l’ultima ratio dela gestion du confinement   n’était pas la recherche du bien commun, mais, au mieux   les intérêts du Big pharma, au pire un exercice de mise au pas pré-totalitaire des populations de la planète[2].

Selon une rumeur persistante jamais clairement démentie, la vaccination que les gouvernements du monde voudraient imposer à tous, pourrait entrainer la stérilité des femmes.  Vrai ou pas , comment ne pas avoir des soupçons quand le principal instigateur de la vaccination généralisée, le milliardaire Gates n’a cessé de dire au cours de dernières années qu’il y avait dix fois trop d’hommes sur le terre.

A côté de l’obligation paulinienne, les scolastiques ont développé la théorie du tyran, du pouvoir qui, ne cherant plus le bien commun, mérite d’être renversé, en tous les cas de ne pas être toujours obéi. Face aux régimes totalitaires du XXe siècle, a été développée l’idée de  pouvoirs « intrinsèquement pervers. »

Si la République demande que l’on obéisse à ses lois, elle n’en a pas moins réservé , elle aussi, dans la déclaration des droits de l’homme du 26 août 1789 (article 2) , le droit de résistance à l’oppression. Mais où commence l’oppression, comme la tyrannie ? Nul critère irrécusable ne le dira.

Même si nous  n’en sommes pas là,   il est essentiel de voir qu’en la matière la certitude n’existe pas immédiatement. Si les chrétiens ont le devoir d’obéir cela ne devrait pas les conduire, face à des dérives inacceptables, à être les derniers à se réveiller.

C’est ce qu’avaient compris les premier résistants - à commencer par le premier d’entre eux, catholique convaincu - , qui surent passer outre aux mandements de certains évêques tenant tout acte de résistance à l’occupant pour un péché. L’heure de la libération venue, personne ne leur a reproché ce péché.

Il se passe aujourd’hui des choses si étonnantes dans le monde depuis l’éclatement de l’épidémie, qu’il est difficile de se fixer sur une interprétation univoque et une règle morale unique.

L’histoire est faite d’une dialectique d’organisation, fondée sur l’obéissance, et de révoltes accoucheuses de liberté. L’Eglise doit embrasser toute l’histoire,  pas seulement sa dimension passive.

Nous traversons une crise mondiale sans précédent.  Si les chrétiens doivent parfois montrer l’exemple de l’obéissance, ils ne doivent pas être les deniers à défendre la liberté, fondement de la dignité humaine, quand elle est menacée. Et qui dira quelle ne l’est pas à ce jour ?

 

Roland HUREAUX

 

 

[1] La Figaro Magazine, 24 décembre 2020

[2] Dans une récente déclaration au Times, le Pr Fergusson, consultant pour  la mise en place du confinement international a avoué qu’un de ses objectifs était d’imiter la Chine dans le contrôle des populations.

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