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Roland HUREAUX

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 13:18

 

Une nouvelle dominance mondiale ?

 

Se répand de plus en plus aujourd’hui  l’idée  que domine  le monde un certain nombre d’hommes , généralement nord-américains  , animés de  la même idéologie : dépassement des Etats, abolition des règles morales traditionnelles en matière de sexualité, fongibilité et indifférence des sexes et des   races, ouvertures des frontières au libre-échange, au mouvements  de capitaux et surtout aux mouvements migratoires,  volonté d’instaurer un gouvernement mondial  chargé notamment de contrôler le climat et de réduire la population de la planète.

Ils imposent d’autant mieux leurs idées qu’ils ont la main mise directe ou indirecte sur la grande majorité des médias internationaux. 

Leurs adversaires, défendent à l’inverse le fait national, les frontières, la morale naturelle (dite aussi laïque), la famille. Loin d’être invités à débattre, ils font l’objet d’anathèmes violents ou d’une exclusion médiatique. Le qualificatif qui leur est le plus souvent apposé est celui de populistes, ce qui laisse supposer que les dominants disqualifient tout ce qui vient du peuple.

Comme si le contrôle de la presse ne leur suffisait pas, ces forces   ont commencé à imposer leur propre censure avec la complicité de gouvernements nationaux ou de la Commission européenne.  Cette censure vise ce qui échappe à la presse officielle : les réseaux sociaux s’arrogent le droit de chasser les propos « haineux » et plus généralement tout ce qui ne va pas dans leur sens, voire de censurer le président des Etats-Unis lui-même.

Bien que la vision du monde propre aux opposants à l’ordre mondial soit généralement qualifiée de complotiste, on peut se demander si cette appellation est fondée dans la mesure où la plupart des  actions dénoncées   ne sont pas secrètes. Il suffit de consulter internet pour voir que la plupart du temps, leurs protagonistes agissent parfois seuls et au   grand jour : c’est ouvertement que John D. Rockefeller, une des dernières figures de cette dynastie, avouait   travailler à l’établissement d’un gouvernement mondial. Ajoutons que la plupart de ces magnats pense œuvrer pour le bien de l’humanité : ainsi ceux qui veulent un monde sans frontières ou la réduction de la population de la planète.

L’important est qu’un très petit nombre d’hommes, tels Bill Gates, George Soros ou Warren Buffett, semble aujourd’hui déterminer beaucoup de choses de la politique internationale, bonnes ou mauvaises.  S’ils sont peu nombreux, on ne voit pas comment ils consulteraient l’ensemble de la population des pays concernés ; on dira alors qu’ils ne sont pas démocrates et même que c’est eux qui complotent contre la démocratie.  Ils l’avouent d’ailleurs à leur manière : démocrate vient demos, le peuple, l’équivalent de populus en latin, d’où vient populiste, mot qui suscite leur dégoût.

 

Les effets du Covid 19

 

La récente crise du Covid 19 a montré une large concertation à l’échelle mondiale de la riposte à la crise : confinement - jugé par beaucoup excessif-, atteintes aux libertés fondamentales ; le ministère de la santé français semblait être aux ordres de l’OMS. Or l’OMS, en principe institution internationale publique, reçoit 40 % de son financement de Bill Gates qui était il y a peu l’homme le plus riche du monde.

Il est patent qu’un médicament, ni bon, ni mauvais en soi, mais qui était alors le seul sur le marché, la chloroquine ait été interdit au tout début de l’épidémie en France et dans la plupart des pays.   Le même Gates qui n’a aucune qualification médicale s’est prononcé contre son utilisation.

A l’occasion de cette crise, les liens qui existent entre Bill Gates, l’OMS, les grandes industries pharmaceutiques (Big Pharma) et les principaux responsables de la santé en France et ailleurs ont été mis au jour sans que personne ne les conteste.

Nous n’irons pas jusqu’à dire que l’épidémie, en principe partie de Chine, mais d’un laboratoire international où même la France était partie prenante, a été délibérée. Malgré quelques faits troublants, nous n’en avons aucune preuve.

Il reste qu’au moins dans le domaine de la santé, l’épidémie du Covid et la manière dont elle a été gérée ont contribué, d’une manière ou d’une autre, à nourrir l’idée d’un complot international : analogie de méthodes d’un pays à l’autre, hostilité de principe à tous ceux qui s’en écartaient.

Du Covid, passons à la géopolitique.  Le seul pays d’Europe à avoir, à tort ou à raison, refusé totalement les mesures préconisées par l’OMS est la Biélorussie qui passe pour une dictature fermée. Des élections présidentielles contestées y ont eu lieu cet été. Selon la Charte de Nations-Unies (article 2-7), la démocratisation de ce pays relève de son peuple et de personne d’autre. Est-ce un hasard que des éléments extérieurs aient tenté récemment d’y fomenter une révolution, comme une révolution avait été fomentée il y a huit  ans en Ukraine – et plus tôt en Géorgie ?   On les appelait « révolutions orange ». Il suffisait qu’en émergent des pouvoirs hostiles à la Russie pour que l’Occident les qualifie de démocratiques. Au même moment, le FMI imposait à la Biélorussie des exigences exorbitantes.

Sur un plan plus large, en France, les opposants au système dominant dénoncent une entreprise mondiale (ou mondialisée) de réforme s’attaquant aux racines mêmes de la société occidentale.  La Foundation for an Open Society et ses centaines de filiales, créées par George Soros, sont souvent mises en cause comme étant à l’origine de la critique et de la subversion des sociétés occidentales, dans leurs structures familiales et autres ou dans le soutien financier et inconditionnel aux mouvements migratoires comme aux manifestations contre la présidence Trump en Californie. Une étude récente de l’ European Center for Law and Justice  a même montré  que des obligés de la Fondation Soros avaient pénétré la Cour européenne des droits d’homme pour y imposer leurs normes. Au demeurant, ces actions sont publiques : les comptes de ces fondations figurent sur internet.  Les auteurs de l’étude en cause ont récidivé et montré la même infiltration des instances de l’ONU chargées des droits de l’homme[1].  Pour ceux qui penseraient que systématiser ce genre d’approche relève d’un fantasme franco-français, précisons que Robert Kennedy Jr, avocat new yorkais, petit-neveu du président, reprend à peu près les mêmes accusations à l’égard de Bill Gates. De même Reiner Fuellmich, un des plus grands avocats allemands, celui qui avait fait rendre gorge à Volkswagen pour des tests antipollution frauduleux. Le débat que nous connaissons – ou devrions connaître – en France, si nous étions encore en démocratie -  est le même que celui qui divise tous mes pays occidentaux – et d’autres.

 

Géopolitique

 

Des manifestations contre l’obligation vaccinale se multiplient   à Berlin, à Londres, à New York. Nous avons évoqué d’autres terrains d’actions internationales    concertées : le rôle de l’Etat américain dans les guerres du Proche-Orient n’est guère contesté.  Il a été inspiré par les « néo-conservateurs » - qui sont en réalité des démocrates, tendance Obama-Clinton, désireux d’étendre par la force la démocratie dans le monde. Trump a en partie mis fin à cette politique. Jusqu’ici Biden n’a pas, heureusement, repris cette politique.

Quand le Parlement français a adopté (après un vote très contesté du   Sénat) la loi Taubira instaurant le mariage homosexuel, le 17 mai 2013, le président Obama a obtenu un mois après jour pour jour que la Cour suprême oblige tous les Etats américains qui étaient réticents, soit 40 sur 50   à légaliser ce genre de cérémonie. Obama l’avait promis à Clooney et Weinstein, les hommes le plus puissants de Hollywood à l’époque, soutiens traditionnels du parti démocrate. Mais pour convaincre la Cour suprême, il fallait qu’un grand Etat européen bascule :  ce devait être la France.

Nous pourrions, si nous savions tout, nous étendre sur le rôle des forces économiques ou idéologiques   internationales dans la conduite des affaires du monde :  selon le mode américain des revolving doors, les allers-retours entre la politique et la finance sont habituels   ainsi de Draghi et Barroso. Le secrétaire général des Nations-Unies, António Guterres, pense que pour l’Europe, l’arrivée massive d’immigrés était « la solution et non pas un problème ». Un de ses prédécesseurs, commissaire européen, puis secrétaire général adjoint des Nations-Unies, président de Goldman Sachs et de British Petroleum, l’irlandais Peter Sutherland, aujourd’hui décédé, déclara lors d’une audition à la Chambre des Lords britannique, que « L’Union européenne doit, par l’immigration, saper l’homogénéité des nations » et que le multiculturalisme était un facteur de prospérité.  

Quelle est la puissance de ce qu’on appelle désormais l’Etat « profond » américain sur la scène mondiale, profond par opposition à l’Etat de surface qui est bien obligé, lui, d’obéir au président démocratiquement élu, ou de faire semblant ? Grande sans doute.

Les uns et les autres prêchent l’urgence de lutter contre le réchauffement climatique où ils voient un prétexte pour établir un gouvernement mondial. Ils contrôlent à eux seuls plus de 90 % de la presse occidentale, ils arrivent à imposer une idéologie dominante dont on a vu les caractères principaux : mondialiste, antiétatique (nous préférons ce mot à celui de libéral), libertaire et tout ce qui en résulte, « antiraciste », à l’occasion pro-islamiste, favorable à l’immigration, au libre-échange, défavorable à la famille, aux nations classiques, ultra-écologiste etc.  Le conformisme qui s’est emparé de la profession de journaliste suffit à garantir le monolithisme de la pensée : ainsi aux Etats-Unis, 90 % des médias étaient hostiles à Trump, au Royaume-Uni, 80 % étaient hostiles au Brexit (qui l’a pourtant emporté, ce qui montre que le verrouillage des opinions n’est pas définitif). En France, 90 % sont favorables à l’Union européenne, bien qu’en 2005, 55% des Français se soient déclarés contre.

 

Une maladie de l’Occident

 

Tous ceux qui ont circulé dans le monde savent que les problèmes ne se posent pas de manière très différente d’un pays à l’autre. Même Poutine, qui, en Russie, offre l’exemple de la résistance aux idées dominantes dites « politiquement correctes », est confronté à un   parti occidentaliste qui voudrait ramener la Russie sur les   rails.  Seuls des pays étrangers à notre héritage : Chine, Japon, Afrique noire ne semblent pas touchés par cette    problématique. Quand le pape François a réuni un synode sur la famille, c’est la menace de schisme des évêques africains qui a fait obstacle à   une mention positive de ces orientations dans le document final.

Tous les figures de proue de l’ordre idéologique dominant, de quelque pays qu’ils soient mais surtout des Etats-Unis, ont aussi en commun d’avoir été violemment anti-Trump. Bien que le président Donald Trump n’ait  pas eu  l’intention de bouleverser  le capitalisme mondial, il a commis à leur égard des fautes inexpiables :  il a pris  sur certains  sujets des options clairement contraires aux leurs -   alors qu’au début, il n’avait  pas d’opinion  bien nette sur les sujets sociétaux, il a participé  aux marches   pour la vie,  dans un pays que la  question de l’avortement  a mis au bord de la guerre civile ; il a instauré un certain protectionnisme, rompant avec le dogme du progrès illimité du libre-échange ; il a aussi mis fin à la politique de  démocratisation forcée ( regime change)  du monde arabe, et quoi qu’il ait été obligé de ménager les bellicistes américains,  il ne tenait pas la   Russie de Poutine   pour un ennemi absolu.  Il a, à tort ou à raison, réservé son agressivité à l’Iran mais sans lui faire la guerre . Ajoutons qu’il est le seul président depuis trente ans à n’avoir pas déclenché de guerre.

Avec Biden, ces forces dites à tort « libérales » ont trouve un président à leur convenance mais qui s’est bien gardé, jusqu’ici, à revenir à la politique d’Obama.

 

Une Russie post-idéologique

 

Au niveau international, Poutine reste   l’ennemi numéro un des mondialistes libéraux-libertaires pour des raisons qu’il nous faut préciser : certes, l’Etat russe, compte tenu de son héritage séculaire, n’est pas prêt à obéir à un quelconque gouvernement mondial, mais quelque chose de plus profond est en jeu : la Russie est un Etat post-idéologique. Après l’expérience terrible du communisme, idéologie pure et dure, de 1917 à 1990, les Russes sont méfiants ; ils savent reconnaitre l’idéologie, en particulier dans sa dimension antireligieuse et ils la fuient.  

Les leaders occidentaux se sont, eux, après 1990, jetés tête baissée dans le mondialisme prétendu libéral : abolition des frontières, y compris migratoires, ultra-libertarisme, antiracisme hystérique, repentance à tout va.  

Comme toute idéologie descend, d’une manière ou d’une autre, de la philosophie des Lumières, ce mondialisme ultralibéral est en quelque sorte cousin du communisme, lui aussi issu des Lumières.  Le mondialisme ploutocratique remplace l’internationalisme prolétarien ; il est une idéologie de remplacement pour ceux qui ont besoin d’une espérance séculière.   Or, à la différence de nos libéraux occidentaux, les dirigeants russes actuels ont dépassé l’héritage des Lumières dont ils ont vu où il les a menés : exaltant la patrie, les communautés historiques, l‘héritage religieux et culturel, réticents à toute forme d’universalisme (et donc étrangers au véritable impérialisme toujours lié à un projet mondial), ils représentent   pour les mondialistes occidentaux une remise en cause radicale. L’opposition qu’ils expriment   est bien autre chose que celle de la droite et de la gauche en Occident.  Ce n’est pas pour rien que George Soros a désigné Poutine comme son ennemi numéro un.

Cette opposition entre deux visions du monde, plus radicales que celle qui a longtemps opposé l’Est communiste et l’Ouest libéral, les républicains et les démocrates, la gauche et la droite européennes, a trouvé au cours des trente dernières années   un terrain de prédilection aux Etats-Unis, notamment lors de la dernière élection présidentielle, mais n’a pas épargné l’Europe, bien au contraire.

 Pour les idéologues mondialistes, les choses sont simples : il y a une évolution inexorable du monde vers ce qu’ils appellent le « progrès » : toujours moins de frontières, toujours plus d’émancipation sexuelle, toujours plus d’indifférence au « genre », à la race, à la religion.   Comme tous les idéologues, ils ne pensent pas seulement que leurs idées sont meilleures mais qu’elles vont dans le sens de l’histoire identifié à un progrès perpétuel.  Il est remarquable que dans un pays comme la Pologne, les plus ardents adhérents à la construction européenne et au mondialisme soient les anciens communistes : les idéologues se reconnaissent entre eux. La maîtrise des médias leur permet d’imposer cette vision du monde à une majorité passive et de livrer à l’anathème leurs adversaires. Dès que l’idéologie entre en jeu, une diabolisation haineuse se substitue au dialogue.

Le conglomérat d’acteurs, pour éviter de parler de complot, qui promeuvent le mondialisme libéral trouve son épicentre à l’aile centriste   du parti démocrate américain, pas son aile gauche, symbolisée par Bernie Sanders peu concernée par cette dictature idéologique, celle qu’ont incarnée les époux Clinton et Obama et qui a fait élire Biden.   Et il n’est pas excessif de penser que les mêmes qui donnent le sentiment de dominer l’Europe tirent les ficelles du monde dans son ensemble, tels les patrons des Gafams. Au travers du Washington Post dont il est devenu propriétaire, Jeff Bezos (Amazon), une des premières fortunes mondiales, contrôle une bonne partie de l’opinion américaine.  Les Gafams se sont arrogé le droit, par une censure aussi rigoureuse que sélective, d’interdire la circulation de toute opinion contraire à l’idéologie dominante.

La bataille des présidentielles américaines de novembre 2020, était une bataille d’importance mondiale. Deux visions du monde opposées s’affrontaient.  Pour les démocrates, l’élection de Trump avait été un malheureux accident qu’il leur fallait effacer. Ils y sont apparemment parvenus. Le projet de Great reset présenté au Forum de Davos par son président Klaus Schwab se situe dans la continuité de l’idéologie mondialiste. Les auteurs du rapport et tous ceux qui les soutiennent, soit les grandes fortunes mondiales, voient dans l’épidémie de Covid - et la dictature sanitaire qui s’en est suivie, une occasion de refonder le monde sur leurs principes : gouvernement mondial, abolition des nations, lutte sans merci contre le réchauffement climatique, au risque de faire disparaître l’industrie classique, restriction des libertés. C’est ainsi que la principale menace pour les libertés vient aujourd’hui, de ceux qu’on appelait encore récemment les « libéraux ». 

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[1] https://eclj.org

 

 

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