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Roland HUREAUX

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 13:44

 

La guerre qui se poursuit à l‘Est de l‘Europe, quoique tragique, apparaît bien étrange.

Les peuples européens qui devraient en être informés par les Parlements, par une presse libre, et qui ne le sont pas, sont tenus dans l’ignorance de ce qui se passe vraiment. Il n’est pas certain que les Russes soient mieux informés. Nous ne pouvons pas ne pas penser au 1984 d’Orwell : des guerres mystérieuses se poursuivent aux frontières de l’Empire, justifiant une mobilisation permanente, sans que les sujets sachent exactement ce qui ne se passe ni où.

 

Des livraisons d’armes inutiles et dangereuses

Une chose est certaine : les livraisons d’armes de l’OTAN à l’armée ukrainienne, qui avaient commencé dès l’arrivée au pouvoir de Biden et en violation des accords de Minsk, s’intensifient.

Il est étrange que ces livraisons se développent sans que les chefs de l’OTAN sachent ce qu’elles deviennent. Une partie importante ne serait-elle pas détruite ou confisquée par les Russes ?  Dans un pays particulièrement corrompu, beaucoup semblent aussi détournées par les mafias. Comme si ces livraisons avaient plus pour but de donner à l’Europe bonne conscience que de gagner la guerre.

Ces livraisons sont accompagnées de la présence sur le terrain de nombreux instructeurs anglosaxons mais aussi français : 50 militaires français auraient été enfermés dans les caves de Marioupol. Au point que beaucoup se disent que c’est en réalité une guerre de l’OTAN, contre la Russie, les Ukrainiens obéissant aux ordres et servant de chair à canon (sauf les plus fanatiques, comme le bataillon Azov). Un observateur avoua que, venu sur le terrain, croyant y voir des unités de l’armée ukrainienne, y trouva, au moins au niveau des chefs, le Pentagone.

Les livraisons seraient en voie d’épuiser les stocks d’armes et de munitions des principaux pays de l’OTAN. Aux Etats-Unis, on fait déjà appel aux entreprises du lobby militaro-industriel qui y voient une bonne aubaine, peut-être la principale justification de cette drôle de guerre.

Si une malheureuse escalade entrainait un conflit frontal de l’OTAN et de la Russie, où les pays de l’OTAN, spécialement la France,    les équipements, déjà envoyés en Ukraine, manqueraient cruellement. Combien de jours de munitions avons-nous en réserve  ?  

Mais cela est  peu probable. Les Russes espèrent gagner par des moyes classiques. Le gouvernent américain aurait du mal à expliquer à son peuple pourquoi la sécurité de ses citoyens, en particulier de ses grandes villes devrait être mise en danger pour un pays, l’Ukraine, dont la majorité des Américains sait à peine où il est.

Cela n’empêche pas la presse occidentale et une partie du public de croire à l’effondrement prochain de l’armée russe. C’est normal pour les organes  qui ne font que relayer l’agence de presse ukrainienne qu’inspire Zelenski, soit 95 % de la presse occidentale.

Comment imaginer qu’une armée qui a déjà vaincu Napoléon et Hitler le soit par un Zelenski, d’autant que son chef actuel n’est pas des plus médiocres ?  

Comme en Syrie, les Américains évitent de s’engager directement, sauf par quelques instructeurs  qui assurent en fait l’encadrement de l’armée ukrainienne : loin de ses bases, près de celles de l’ennemi, ce n’est pas comme cala qu’on gagne les guerres : le précédent de la Syrie est clair.

 

L’illusion d’ un enlisement russe

Mais libérer l’Ukraine était-il vraiment le but de guerre des Américains ?  Il y en a d’autres  comme d’affaiblir l’Europe par les sanctions , mais  n’y sont-ils pas déjà  arrivés ( jusqu’où ?  Tout dépend de ce que fera l’Allemagne avec le gaz russe) ;  assurer encore davantage  son allégeance  : ce but aussi est atteint , grâce à l’hystérie antirusse qui traverse le  continent : l’alignement sans faille du gouvernement et d’une partie de l’opinion française , la décision de la  Suède et de la Finlande de rejoindre l’OTAN, abandonnant une neutralité qui leur avait assuré des  décennies de tranquillité sont de belles prises de guerre  pour les Américains.

Reste la volonté, sinon de vaincre la Russie, du moins de l’amener à s’enliser dans un environnement proche hostile, l’occupation de territoire ukrainien devant être suivie d’une guérilla où les forces russes s’épuiseraient : ce résultat est, lui, douteux. Les plaines à blé de l’Ukraine ne sont pas la jungle du Vietnam ou les montagnes d’Afghanistan : il est douteux, une fois les forces ukrainiennes désarmées, que quiconque soit capable d’y  mener une guerre d’usure à la Russie.

Si le territoire ukrainien peut être contrôlé, les milices, néo-nazies ou pas, actuelles ou issues de la décomposition de l’armée régulière, abondamment dotées d’armement, pouvant se mêler aux réfugiés, auront le champ libre dans toute l’Europe : on peut craindre un Kosovo multiplié par dix. En tous les cas, cela démontre le caractère irrationnel des décisions de la commission européenne – et d’OTAN -  qui consistent  à envoyer de milliers armes en Ukraine sans savoir quelle sera leur destination finale et alors que l’espoir de faire gagner ls Ukrainiens est nul.

Cette incapacité à tenir une ligne rationnelle, est le propre des régimes fondés sur l’idéologie, comme l’est aujourd’hui l’Union européenne, c’est-à-dire sur une vision idéaliste et simplifiée des choses, le contraire d’une politique réaliste défendant des intérêts précis sans jusqu’au boutisme, comme le fait Poutine.  De cette dérive idéologique, il n’est pas sûr que les Etats-Unis de Biden, gouvernés par des idéologues néo-cons soient exempts, ce qui les rend dangereux. D’une façon générale, l’idéologie prospère dans des coalitions d’Etats où deux ou trois idées simples et un manichéisme sommaire sont le seul moyen de fédérer des pays aux intérêts divers.

 

Des sanctions contre-productives

A cette irrationalité militaire,  il faut ajouter celle des sanctions qui frappent déjà plus les Européens de l’Ouest que les Russes. Le rouble a  rattrapé son niveau d’avant la crise et les taux d’intérêt russes sont à la baisse.

L’exigence de Moscou d’être payé en roubles est d’ores et déjà acceptée.

Comment comprendre un Bruno Le Maire qui se fait le chantre d’une guerre économique totale alors que des principales denrées que l’on voudrait boycotter, la Russie a deux ans de réserve et l’Europe, occidentale deux mois ?

Sanctions qui ne sont pas encore toutes appliquées : la Russie continue de vendre du gaz à l’Allemagne et, en pleine guerre,   l’Ukraine en perçoit les droits de passage.

Les sanctions vont accélérer la désindustrialisation de l’Europe occidentale, France en tête, la priver d’énergie fossile et fera s’effondrer le nivaux de vie. Qui dit mieux ?

La guerre est toujours un grave dérèglement de l’ordre international – où la Russie a sa part de responsabilité – mais elle témoigne aussi, surtout du côté occidental, d’un grave dérèglement des esprits dont les conséquences sont imprévisibles.  

 

Roland HUREAUX

 

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