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Roland HUREAUX

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12 septembre 2022 1 12 /09 /septembre /2022 14:36

FAUT-IL VRAIMENT ENVIER LES ANGLAIS  ?

 

A la suite du décès de la reine Elisabeth II, la passation de pouvoir sans bavure à son fils Charles III , le protocole strict qui l’ accompagne et le faste qui accompagnera sans nul doute les obsèques de la reine et le couronnement du nouveau roi, font des envieux en France.

On entend de tous côtés vanter l’excellence des   institutions britanniques.  Certains vont jusqu’à regretter que les Français aient coupé la tête au roi, oubliant que les Anglais l’avaient fait avant nous.

Bref,  tout irait mieux chez eux à cause de leur attachement aux traditions.

On comprend certes qu’avec une présidence aussi désastreuse que l’actuelle, la France lorgne vers la mangeoire du voisin.

Mais on ne saurait oublier dans quel profond déclin est tombé aussi notre voisin d’outre Manche , sans que d’ailleurs la défunte reine y soit pour quelque chose - en dehors des frasques de certains membres de sa famille dont elle se serait bien passée mais qui sont à l’image du temps.

Certes,  Paris n’a rien à envier à l’alignement sans nuances de Londres sur la politique belliciste de Washington. Les Anglais ont cependant l’excuse d’une longue tradition de complicité anglo-saxonne que nous n’avons pas. Où est le temps où la France et le Royaume-Uni pouvaient ensemble entreprendre une expédition militaire au Proche-Orient, nous pensons à la guerre de Suez (1956),  contre la volonté des Américains.  Elle ne fut pas un succès , mais au moins l’Europe n’était-elle pas alors réduite au rang de carpette ?

Sur le plan des institutions, dans ce merveilleux système , le vrai pouvoir est entre les mains du premier ministre. L’appauvrissement du vivier politique britannique a fait que le seul choix possible lors de la récente crise ait été celui de Liz Truss, une femme qui inquiète beaucoup de ses compatriotes pour son manque de mesure, inquiétude bien justifiée après sa récente déclaration selon laquelle « elle était prête à engager une guerre nucléaire , même si elle devait entrainer la disparition de l’humanité ». Boris Johnson était très antirusse mais à côté de celle-là, il nous rassurait presque. Les raisons officielles de son départ sont si futiles que nous en soupçonnons d’autres qui, manifestement, dans cette grande démocratie, n’ont pas été expliquées au public.

Il se peut que l’économie britannique aille mieux que là notre mais n’est-ce pas un peu grâce au Brexit qui a rendu à la Grande-Bretagne la maitrise de sa politique économique ?

Qui sait que Londres et la plupart des grande villes britanniques ont des maires issus de l’immigration pakistanaise ?  Visiblement le grand remplacement a pris de l’avance outre-Manche.

Pour le reste , la déliquescence sociale et morale du pays y semble encore plus avancée. Une grève de factures d’ électricité , que les Français n’ont pas encore osée, est en cours.

Il y a encore chez nous des familles qui refusent le déclin et qui le manifestent de différentes manières : choix de carrières de service comme les carrières militaires,  de préférence au business, attachement à   la tradition catholique , familles nombreuses. Malgré le caractère élitiste de la société anglaise, il n’est pas sûr que ce noyau d’où pourrait partir un possible renouveau existe encore au Royaume-Uni.

Il est des dévots pour se féliciter que dans ce pays , la séparation de l’Eglise et de l’Etat n’existe pas. Mais le discrédit de l’Eglise d’Angleterre, que l’esprit du temps a contrainte d’ordonner des femmes et des homosexuels affichés   est grave : nous sommes loin de ce que fut jadis   l’esprit de la High Church. Dans cet Angleterre très chrétienne, les cliniques d’avortement font de la publicité dans les journaux ! Nous avons un peu plus de décence.

La liberté de la presse dont l’Angleterre était si fière s’est rétrécie chez eux comme chez nous par la poussée de la pensée unique,     exacerbée par la guerre d’Ukraine. La BBC n’est plus qu’une machine de propagande woke.

Nous ne disons pas cela pour faire tache en un jour qui est d’abord de deuil, mais pour que les Français ne se fassent pas trop d’illusions sur leur voisin.

Charles III aura fort à faire . Il est , dit-on, un fanatique de la lutte contre le réchauffement climatique.  La lutte pour enrayer le déclin britannique est une autre paire de manches.

 

Roland HUREAUX

12/09/2022

 

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