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Roland HUREAUX

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 14:40

A un an de l’élection présidentielle,

MACRON BRÛLE-T-IL SES VAISSEAUX ?

https://w ww.bvoltaire.fr/a-un-an-de-la-presidentielle-macron-brule-t-il-ses-vaisseaux/

17/05/2021

A moins d’un an de la prochaine élection présidentielle, on pouvait s’attendre à ce que Macron,  que l’on dit candidat à sa propre succession,  ne fasse plus rien d’autre que ce qui peut lui permettre d’être réélu.

Par rapport à cette règle, on voit pourtant d’étonnantes étrangetés de comportement.

 

L’ENA

 

D’abord la suppression, coup sur coup de l’ENA, des grands corps, notamment l’Inspection des finances dont il vient et du corps préfectoral. Il est classique que, depuis la nuit de temps, les rois, confrontés à des revers, coupent les têtes de leurs « mauvais conseillers » pour les donner en pâture au peuple qui veut qu’on punisse les responsables. Mais ce projet va bien plus loin.  Ce n’est pas à tel ou tel ministre, c’est à la substance même de l’appareil d’un Etat multiséculaire que Macron s’en prend.  Décision d’autant plus étonnante qu’il   est lui-même, jusqu’à la caricature, le produit de ce système incarné par l’ENA et l’Inspection des finances, y compris dans ses pires   travers : apriorisme, arrogance, mépris secret du peuple français, voire de France.

Mais tout stratège électoral sait qu’on ne  touche pas impunément à un groupe aussi nombreux : plus de 5000 personnes en position décisionnaire, politisées et influentes, sans compter tous ceux qui l’on assimile à des énarques parce qu’ils ont les mêmes défauts et qui n’en sont pas : les médecins qui ont organisé la lutte contre le covid ou les pédagogues qui font les programmes scolaires.   Il est clair que la plupart d’entre eux voudront à n’importe quel prix se débarrasser de Macron dans l’espoir que ces réformes seront rapportées. Pour un effet d’annonce vite oublié, Macron se fait beaucoup d’ennemis.

 

Le Rwanda

 

Le Rwanda est une autre énigme. Macron doit faire prochainement  une visite au président-dictateur Kagame qui ne correspond à aucune nécessité et qui ne peut conduire qu’à déposer de nouvelles repentances au pied de cet homme qui ne cesse depuis 25 ans d’attaquer et d’humilier la France. Cela par des accusations de complicité de crimes imputées à notre armée qui sont totalement fausses. Kagame a la mentalité d’un seigneur de la guerre sans pitié pour ceux qui se couchent. Macron ne récoltera de cette visite qu’un peu plus de mépris. Mais la question est pourquoi ? La plupart des Français ne savent pas où est le Rwanda et électoralement (à la différence des Algériens), les Rwandais ne pèsent rien. Macron est au contraire sûr, par cette visite, de mécontenter un peu plus   une armée déjà à cran en confortant les accusations du dictateur, sans que personne en haut lieu, ne la défende.

Le comportement du président est incompréhensible. A moins de se dire qu’il sait déjà que, de gré ou de force, il ne fera pas un second mandat. Il   tient dès lors à achever une « œuvre », qui est plutôt une œuvre de destruction, qui figurait à l’agenda. L’agenda de qui ? De lui ou d’autres, de ceux qui, en France et à l’étranger, avaient permis son élection de 2017 et dont l’abaissement de la France est un objectif en soi ?  L’ENA et le corps préfectoral sont plus que des symboles, ils sont la figure actuelle de ce qui a fait la force de la France, son Etat, avec ses bons et ses mauvais côtés. Avec le Rwanda, c’est l’honneur et la fierté de notre pays qui sont en jeu. Dans les deux cas, c’est la France. Pour Macron, brûler ses vaisseaux, c’est s’en prendre à elle.

 

Roland HUREAUX

 

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 14:38

MISE EN EXAMEN DE RENAISSANCE CATHOLIQUE : DANGER TOTALITAIRE

https://www.bvoltaire.fr/mise-en-examen-de-renaissance-catholique-le-danger-totalitaire/

17/05/2021

Que Renaissance catholique soit poursuivi en justice pour avoir rappelé la doctrine traditionnelle de l’Eglise sur l’homosexualité, doctrine venue tout droit de la Loi de Moïse, montre à quel point de graves dérives menacent notre démocratie.

Dérive,  l’idée qu’un tel rappel serait une incitation à la discrimination, voire à ne pas  célébrer de  mariage homosexuel. Ce ne l’est pas : le penser est confondre comme beaucoup le font la morale et la loi : s’imposer ou prôner une règle morale est une chose, l’inscrire dans la loi en est une autre ; avoir une morale plus exigeante que la loi civile est parfaitement légitime.  Quant à parler de discrimination, rappelons que ce mot   a un sens précis : il désigne le fait d’appliquer un traitement différent (dont l’un est plus avantageux) à des personnes distinctes sur la seule considération de critères étrangers à l’objet de l’avantage en cause :  ainsi permettre l’accès à tel lieu public aux blancs et pas aux noirs, dans la mesure où l’accès à ce lieu n’a, intrinsèquement, rien à voir avec la couleur de la peau. De même, donner la préférence dans les promotions professionnelle  à un homme par rapport à une femme  alors que leurs titres et leurs résultats sont exactement les mêmes etc.

Les opposants au « mariage » des homosexuels partent, eux, du principe que le mariage est, de manière intrinsèque, l’union d’un homme et d’une femme et que donc marier deux hommes ou deux femmes n’a pas de sens par rapport à l’objet même du mariage. C’est un raisonnement qui n’a pas été suivi par le pouvoir politique mais qui n’est pas absurde : de la même manière ont peut dire que, par définition, conduire une voiture est réservé à ceux qui ont le permis de conduire ; ceux qui ne l’ont pas ne peuvent  exciper d’une discrimination si on leur refuse le droit de conduire.

 

Le vote d’une loi ne saurait priver de liberté d’expression des opposants 

 

Nous savons qu’en France et dans la plupart des pays occidentaux, le pouvoir politique a refusé ce raisonnement, mais est-il pour autant interdit de le tenir ? Le vote dune loi met fin au débat politique, mais doit-il mettre fin à la discussion, comme si la société était devenue une armée en campagne, où on ne discute plus les ordres une fois qu’ils ont été donnés. Une réforme du droit du travail a été adopté par ordonnance par Macron, affaiblissant notablement les droits des salariés : est-il illégitime de continuer à en discuter – pas au Parlement évidemment, mais dans tout autre lieu public ou privé - une fois qu’elle est entrée dans le droit ? La vitesse limite sur les routes départementales a été abaissée de 90 à 80 km/h. N’aurait-on plus le droit de le déplorer ?  Non, évidemment, ce serait absurde.

Pourquoi en irait-il différemment dans une question de mœurs ?  Dans un pays libre, le vote d’une loi ne saurait être mettre fin à la discussion. Quitte d’ailleurs à ce que cette discussion aboutisse un jour à la remise en cause de la loi elle-même, comme cela arrive parfois.

Prétendre le contraire : que le vote d’une loi non seulement interdit telle ou telle pratique mais interdit toute discussion ultérieure de son bien-fondé, serait une dérive grave qui nous ramènerait aux temps sombres des dictatures totalitaires : quand, sous Staline, la ligne du parti avait été arrêtée, il était interdit à tous les échelons de la discuter. A fortiori quand la prétendue remise en cause, ne fait que  rappeler le contenu d’un texte les plus fondamentaux de la cuture universelle.

 

Roland HUREAUX

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 14:35

DISCIPLINE SANITAIRE : L’INVERSION DES POLES

Quand l’indiscipline est à droite.

17/05/2021

https://www.bvoltaire.fr/discipline-sanitaire-linversion-des-poles/

L’incident qui a eu lieu à l’Eglise Saint-Eugène de Paris le soir du Samedi saint est significatif de certaines évolutions de l’opinion française.

Tout en étant rattachée au diocèse, cette église se caractérise par l’emploi fréquent du rite « extraordinaire » à base de chant  grégorien.

Lors de la veillée pascale, un quidam infiltré  a filmé l’assistance et est ensuite allé, de manière assez vile, rapporter à la police que  beaucoup  de pratiquants ne portaient pas le masque.

Ce qui  est significatif :  face à ce que certains n’hésitent pas à appeler une « dictature sanitaire »,  c’est à droite que l’on trouve les plus récalcitrants , en particulier ceux qui doutent de l’utilité des mesures gouvernementales

Au contraire, ceux qui portent le masque avec scrupule - et sans doute  crainte et tremblement -, sont souvent des gens du centre et de la gauche, en phase avec le président actuel . En tous les cas, ceux qui soutiennent Macron sont généralement  respectueux des règles.

La tradition française voulait  pourtant que la droite soit  le parti de l’ordre et de la  discipline : Thiers, Maurras, Pétain ,  et que la gauche soit au contraire celle de la fronde, de l’individualisme, de l’indiscipline :  l’idéologie aujourd’hui dominante à gauche, sous ses  trois  variantes : En marche, socialiste, écologiste, vient de mai 68  où on écrivait sur les murs : « il est interdit d’interdire ». Il y a bien  en France une tradition   « anarchiste  de droite », mais elle  pesait peu[1].

Aux Etats-Unis, c’est pareil : les Etats qui ont décidé d’abandonner toute discipline sanitaire et refusent la vaccination de masse sont le Texas et les autres états du  Sud qui ont voté Trump. Biden, lui, se laisse voir en toutes  circonstances masqué comme les Dalton à la banque.  

Il y a certes l’exception de la Suède, de tradition de gauche et rebelle à la discipline internationale du confinement :  que ses chiffres  de contamination sont plutôt meilleurs  pourrait prouver que les  Suédois sont   intelligents .

Je ne sais s’il reste des  rebelles à la discipline sanitaire à l’extrême- gauche : les insoumis semblent se soumettre ; nous en connaissons qui expriment leur dissidence à titre privé  mais aucune grande voix issue de ce côté-là ne s’est, à notre connaissance, élevée pour la  contester.

La discipline à gauche, l’esprit de révolte à droite : nous assistons à ce que les physiciens appellent une inversion des pôles. Elle n’est pas pour rien dans le trouble qui règne aujourd’hui dans les esprits .

A la rigueur pourrait on l’expliquer par le fait que, la gauche mondialiste étant au pouvoir dans tout l’Occident, l’indiscipline  ne peut venir que des opposants, donc de la droite  ; quand la droite bourgeoise était aux commandes, il y a bien longtemps, c’était l’inverse.   

Il semble cependant que l’on assite à un phénomène plus profond.

L’actualité nous offre d’autres exemples de cette  inversion : ainsi à la dernière  élection présidentielle   américaine, l’électorat blanc riche a voté à gauche, le pauvre a voté à droite. Une nouvelle donne socio-politique qui commence  à traverser l’Atlantique.

La conclusion, au moins  provisoire,  est que si l’on veut  comprendre  ce qui se passe aujourd’hui dans le monde ci-devant libre, il faut résolument abandonner les schémas du passé.  A droite comme à gauche, il est temps de mettre les pendules à l’heure.  A quand un mai 68 de droite ?

 

Roland HUREAUX

 

[1] Il y avait aussi sous Staline des gens de gauche disciplinés mais c’était autre chose.

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 14:33

NON A UNE CONSTITUANTE

13/05/2021

Il est fréquent d’entendre aujourd’hui demander la réunion d’une constituante. Ce slogan avait il y a quelque temps  déteint chez les  Gilets jaunes à la recherche  de projets et poursuit son chemin à son rythme. Dans le chaos ambiant, on comprend qu’il signifie  le désir d’une rupture radicale et d’un retour à une vraie démocratie.  Nous croyons pourtant  que cette revendication débouche  sur  une impasse.

Les raisons pour la  récuser sont nombreuses. 

D’abord l’histoire : en France les constituantes n’ont  jamais conduit qu’à  des échecs.  Les Etats généraux s’érigèrent  en Assemblée constituante  dès le 17 juin  1789. Après deux ans pleins de travaux , il  en sortit  une monarchie constitutionnelle , dominé par une « Assemblée législative » qui ne dura que neuf mois.  La Convention  nationale (1792-1795) était, elle aussi, formellement  une constituante, celle de la Première  République : il en sortit le Directoire ,  rarement tenu pour une réussite  et qui ne dura que cinq ans . La Constituante de 1848 déboucha sur une régime présidentiel   à l’américaine  dont on sait à quoi il aboutit. Les deux constituantes  de 1945 et 1946 conduisirent à la IVe République qui tint à peine douze ans.

Les deux seuls régimes durables de la France contemporaine : la IIIe et la Ve République n’émanèrent ni  l’un ni l’autre  d’une constituante  : le premier dura 70 ans,  l’autre dure depuis déjà 62 ans. Les lois constitutionnelles de 1875 étaient un expédient provisoire , la Constitution   de 1958 émana d’abord de volonté d’un homme.

A l’étranger, le constitutions de  la République de Weimar (« la plus démocratique du monde », disait-on ) et celle la IIe République espagnole    émanèrent elles aussi de constituantes. Qui  en ignore le destin fatal ?

A la rigueur peut-on tenir la Convention de Philadelphie de 1787 , qui aboutit à la  Constitution des États-Unis  pour une constituante qui a réussi ;  elle tenait cependant plus d’une réunion d’ambassadeurs que d’une assemblée élue.  

 

Une constitution vaut d’abord pour son ancienneté

Mais ce qui fait la réussite de la constitution  américaine, c’est moins sa perfection ( elle révèle aujourd’hui de graves défauts) que sa patine. Une constitution  vaut d’abord par son ancienneté. Longtemps   on tint pour une malédiction de la France de changer sans cesse de régime  ( quinze au total depuis  1789). Le Ve République a paru nous guérir de cette fatalité . Il serait  fort imprudent de nous y ramener.    La  nouvelle constitution   aurait des défauts qui en appelleraient   une autre et ainsi    de suite.  Vouloir revenir à l’instabilité  serait manquer à la vertu de prudence, la plus nécessaire aux constituants  depuis le vieux Solon.

Autre raison de se méfier :   dans la plupart des cas  à commencer par celui  de 1789 , il existait   avant la réunion de l’         assemblée constituante ou   au moins pendant , un noyau de personnalités, ouvert ou  occulte ,  sachant à peu près  où ils voulaient en venir. Ceux qui revendiquent  bruyamment la réunion d’une constituante ont-ils aujourd’hui la moindre idée   du genre de régime qu’ils veulent instituer   ? Il ne semble pas .

Comment ne pas soupçonner dès lors les promoteurs d’un nouveau régime de vouloir  revenir  à  la IVe République ? Dans le tableau de Mendeleïev des constitutions possibles, il n’y en a pas beaucoup en  France : soit un régime  semi-présidentiel comme aujourd’hui ( qui est en réalité plus présidentiel  que celui des Etats-Unis ) , mais évite ,  pour le meilleur  et pour le pire, tout blocage du processus  décisionnel , soit   un régime comme les IIIe et IVe Républiques , centrés sur un président   du conseil de ministres ou un premier ministre, surveillés de près par les assemblées.  Il ne serait d’ailleurs  pas nécessaire de changer de  constitution pour en arriver là : en passant d’un scrutin majoritaire  à un scrutin   proportionnel , on n’en serait   pas loin. Ce serait le régime des centres , unis contre le « populisme » c’est-à-dire du statu quo national et international. C’est ce que réclame  étourdiment Marine Le Pen qui , élue, serait avec un tel  système une présidente réduite à l’impuissance. 

On dira : mais vous voyez  où nos mène le régime actuel :  la déliquescence  de l’Etat, le chômage de masse, la baisse du pouvoir d’achat, la lourdeur des impôts, le déclin  de l’Eduction nationale ,  les injustices d’un système social obèse,  les inégalités croissantes, des mouvements de population hors de  contrôle, bref tout ce dont se plaignaient légitimement les Gilets jaunes - et d’autres !

Pour que ce constat, tout à  fait justifié aboutisse à  l’idée d’une  constituante, il faudrait qu’on nous dise  avec précision,  comment tel  ou tel article de la constitution actuelle a conduit à ces dérives .

Il est vrai qu’au fil des temps   nous nous sommes éloignés de la constitution initiale de la Ve République   , version 1958 , amendée 1962. L’instauration  du quinquennat par exemple a profondément dénaturé les institutions   , aboutissant à  un    affaiblissement du Parlement. La primauté du droit  européen n’ était pas non plus prévue, avec  son ampleur  actuelle,  dans la constitution primitive.

 

Le droit est vicié par l’idéologie

Mais  les textes   sont-ils  essentiels ?  Le général de Gaulle a révélé son grand  secret dans des confidences faites à Alain Peyrefitte   : si  les hommes sont mauvais, leur action sera mauvaise quelles que soient les institutions.  S’ils sont bons, il ne faut pas que, le jour venu, ils se trouvent empêchés de bien faire  par des institutions qui leur  lieraient les mains. Il est clair que nous sommes dans le premier cas de figure, ce qui fait que la réunion d’une constituante n’y changerait rien.

La vérité , c’est  que  les réalités juridiques sont aujourd’hui largement vidées  de leur sens par des facteurs extraconstitutionnels. Le plus important est l’idéologie. Du temps de l’Union soviétique, la constitution avait établi  un régime démocratique, fédéral,   décentralisé  : quel sens cela avait-il dès lors que le parti communiste contrôlait  tout par  derrière. Nous n’en sommes pas encore là mais quel sens a encore la démocratie  face à une presse unanime pour soutenir les candidats  et partis  de l’oligarchie et  du politiquement   correct ?  L’idéologie est comme une rouille qui  ronge et dénature les  édifices  juridiques le mieux construits ; or l’idéologie  aujourd’hui est partout .  

Elle est inséparable de la puissance écrasante des instances  internationales, pas seulement  européennes,   souvent occulte , qui vident de leur substance les pouvoirs nationaux.

Est-ce le sens de la revendication d’une constituante : rappeler  la souveraineté  éminente du peuple  français ? Ce serait un détour  bien compliqué et bien aléatoire . On ne sait quel  en serait le résultat :   souvenons-nous de 1945-46 où on voulait , dans l’euphorie de la Libération,  tout changer :  on  revint de fait à la IIIe République,    en pire.

Non,  la constitution  actuelle offre mieux qu’aucune autre les moyens de redresser le  pays. A condition qu’elle ne soit pas dénaturée comme elle l’a été par les réformes    de Giscard, de Chirac et de Sarkozy ( Mitterrand  eut la sagesse de ne pas toucher à un régime qu’il  avait autrefois qualifié de  « coup d’Etat permanent »). Cette constitution est peut-être la pire de   toutes quand la république est en de mauvaises  mains, comme il advient aujourd’hui. Mais plus qu’aucune autre , elle peut, si un bon président  vient à  être élu, lui permette de redresser rapidement le pays.  Est-ce possible ? Ne désespérons pas du  suffrage universel  : les exemples des Etats-Unis , du Royaume-Uni, de l’Italie sont là pour nous en  rappeler  la puissance. 

Pour le donner le jour venu à un bon président  toutes ses chances, nous  ne proposons qu’un seul changement  : abroger   toutes les révisions  qui ont été faites depuis 1962.

Roland HUREAUX

 

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 14:31

POURQUOI TANT D’ACHARNEMENT A HUMILIER LA FRANCE ET SON ARMEE ?

13/05/2021

La technique est toujours la même. Au motif qui y aurait un contentieux à apurer dans le rapport de la  France à son passé, en réalité inventé par nos ennemis, M. Macron nomme une commission d’experts chargée de rédiger un rapport sur la question. Cette commission est présidée et largement composée de gens hostiles aux thèses profrançaises et favorables aux thèses antifrançaises de la partie adverse. Elle rend son rapport qui est, on pouvait s’en douter, non une tentative d’apaisement, mais nouvelle salissure sur la mémoire de la France, et doit être l’occasion de nouveaux actes de repentance, s’ajoutant à d’autres, humiliants pour notre pays.

 

Algérie

 

Avec l’Algérie, on pouvait tout à fait laisser les plaies se cicratiser avec le temps, plaies ouvertes, non par le souvenir d’une guerre vieille de soixante ans, que très peu d’Algériens ont gardé, mais par la propagande antifrançaise insensée du FLN au pouvoir depuis 1962, un parti qui ne représente plus du tout les combattants de l’indépendance, presque tous morts, qui a échoué sur tout et est rejeté par le peuple algérien. Mais M. Macron a cru bon de confier à Benjamin Stora la présidence d’une commission soi-disant paritaire mais dont le président, universitaire d’extrême gauche, épouse entièrement les thèses du FLN, en occultant notamment le souvenir des harkis dont le massacre, en violation des accords d’Evian qui prévoyaient l’amnistie des deux côtés, est de la responsabilité de l’Etat algérien ou d’autres massacres.  En face, un rappel insistant des bavures incessamment reprochées à l’armée francise depuis deux générations. Le résultat, par l’exaspération que ce rapport suscite : non point l’apaisement mais  un  renouveau d’hostilité à l’égard des  Algériens dans une partie de l’opinion. Quant au gouvernement algérien, loin d’être apaisé, il redouble de ressentiment à l’égard de la France. M. Macron est bien le seul qui ignore que les repentances à répétition suscitent le mépris et un surcroit de haine de la partie adverse. A moins que, plus malin qu’on pense, il ne le sache que trop bien.

 

Rwanda

 

Avec le Rwanda, le président a procédé de la même manière : il a installé une commission d’historiens ou prétendus tels, confiée à Vincent Duclert qui a remis, le 26 mars 2021, un rapport sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsis au Rwanda en avril-mai 1994. Sans aller jusqu’à accuser l’armée française de complicité de génocide, du moins par écrit, ce rapport pointe des "responsabilités accablantes" pour la France. Quelles responsabilités ? Quand le Rwanda a été attaqué en 1990 par une milice sans légitimité venue de l’étranger, la France, par sa coopération militaire avec le gouvernement en place, ni meilleur ni pire que les autres en Afrique quoi qu’on ait dit, a permis à celui-ci de se défendre. La France avait dès les années soixante-dix formé les forces armées rwandaises, notamment la gendarmerie, dans le cadre d’une coopération militaire normale. Nous ne leur avons pas appris le maniement de la machette, principal instrument du massacre. Cette coopération a cessé avec les accords d’Arusha (août 1993), qui devaient mettre fin à toute aide étrangère, accord respecté par la France et le gouvernement en place mais violé ouvertement par les envahisseurs et leurs parrains, principalement anglo-saxons.  Il s’en est suivi des massacres croisés entre les deux ethnies, tutsi et hutu, qui ont fait 5 millions de victimes dans lesquels Paul Kagame, le chef des envahisseurs, grand ami de Macron, porte une responsabilité accablante.  Cette responsabilité a été mise en valeur par des journalistes respectés et indépendants comme Pierre Péan et, plus récemment la canadienne Judy Rever, ou des universitaires comme le belge Filip Reyntjens ou le franco-camerounais Charles Onana, qui n’y avaient aucun intérêt alors que les experts de l’autre bord ont souvent un lien avec le régime de Kagame. Il y a eu, entre 1994 et 1999, si l’on en croit des rapports de l’ONU peu divulgués entre cinq et dix fois plus de morts hutu que tutsi mais l’influence  des alliés de Kagame chef des envahisseurs tutsi et  président du Rwanda à partir de  1994   a permis que l’opinion internationale ne soit sensible qu’au massacre des tutsi . En aucun cas l’armée française engagée pour s’interposer entre juillet et août 1994 n’a, contrairement à ce qu’allègue Kagame, participé à un quelconque génocide ; elle a au contraire sauvé des centaines de milliers de vies au cours d’une mission pacifique qui avait l’aval du Conseil de sécurité.  Or Macron , entièrement acquis à la thèse des Anglo-saxons qui a déjà multiplié les faveurs pour le régime de Kagame, toujours en place 27 ans après, projette un nouveau voyage au Rwanda où il faut s’attendre à une nouvelle couche de repentance pour des griefs inexistants.

Rappelons que l’égyptien Boutros-Ghali qui était alors secrétaire général des Nations unies et donc bien placé pour savoir ce qui se passait, avait dit que la responsabilité de la tragédie rwandaise revenait entièrement aux Etats-Unis, qui ne s’en sont, eux, jamais repentis. En fait, notre pays fut le seul à tenter de faire quelque chose pour arrêter les massacres.  La France est, on le sait, le seul membre du conseil de sécurité à pratiquer la repentance !   

Le résultat de ces excuses à répétition : non point l’apaisement, mais la haine, l’humiliation de la France et de l‘armée française (qu’aucun président depuis 2007  n’a défendue), le ravivage des plaies, la diffusion de mensonges et de points de vue unilatéraux.

 

Pourquoi, mais pourquoi ?

 

On pourrait mettre cet acharnement  de Macron à salir son pays sur le compte du souci électoral : une partie de l’électorat d’origine algérienne pourrait être conduite à  revoter Macron par le gouvernement d’Alger, souvent prescripteur. Mais était-ce bien nécessaire ? Et si cela vaut pour l’Algérie, pourquoi le Rwanda, dont les Français ne savent rien et dont le gouvernement ne pèse nullement dans la politique française ? Et d’ailleurs, quelle famille de militaires votera encore pour un président qui ne cesse d’humilier l’armée française ?

On pourrait dire aussi que le président n’est pas très intelligent. Accepter une thèse unilatérale, celle des partisans de Kagame, malgré les nombreux démentis opposés à cette thèse, sans jamais s’interroger sur sa véracité est le signe d’un aveuglement qui confine à la bêtise.

Un aveuglement qui n’a d’explication que l’idéologie : imprégné à Sciences Po (version Richard Descoings) par l’idéologie décoloniale venue des campus américains, Macron est sincèrement convaincu que la colonisation ne fut qu’une série de crimes, alors que la plupart des anciennes populations coloniales, hors d’Algérie, ne le pensent pas. Lors de sa dernière sortie antifrançaise en Côte d’Ivoire, Benalla lui même rappela les bienfaits de la colonisation au Maroc. Mais mois après mois, Macron s ‘obstine.

Comme il ne faut rien exclure, l’inintelligence de cette posture semble avoir un côté pathologique : comme si le jeune et fringant président se voulait l’interprète d’un masochisme national. “Nous devons déconstruire notre propre histoire” a-t-il avoué à la chaîne américaine CBS. Rien que ça ! Déconstruire, en français, c’est démolir.

Mais dans cette obstination où il a tout à perdre sur  le plan électoral, comment ne pas se demander s’il ne serait pas investi d’un  agenda d‘abaissement systématique de la France, lequel revêt  d’autres aspects comme le démantèlement de nos industries stratégiques ?  Un agenda dicté  par ceux  qui pensent que la mondialisation ne pourra atteindre pleinement ses objectifs que par une disparition du sentiment national, spécialement chez « la grande nation », plus que d’autres à même , par son histoire singulière,  de résister à ce processus. « La France, nous la punirons » disait Condolezza Rice après le refus de Chirac de participer à la désastreuse guerre d’Irak. Apparemment la punition continue.

Roland HUREAUX

 

 

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 14:27

INTOLERANCE ET IDEOLOGIE

15/05/2021

Il est difficile de comprendre le rétrécissement  de  la   liberté de penser et d’expression auquel nous assistons aujourd’hui, sous la forme de la pensée  unique, du « politiquement correct », sans se référer à la notion d’idéologie.

Face aux désastres totalitaires du XXe siècle, le communisme principalement,  et aussi le nazisme, nous pensions savoir ce qu’était l’idéologie.

Toute une  série de penseurs libéraux : Souvarine, Orwell, Arendt, Popper, Hayek,  Aron, Kriegel, Papaioannou, Besançon, Baechler,  etc. avaient analysé le fait idéologique dans sa version totalitaire,  à  l’origine des tyrannies et des crimes  que nous savons.

Retenons en deux définitions : « l’utopie (notion proche de l’idéologie) se caractérise par la volonté d’organiser les  activités sociales jusque dans leur détail   à partir d’un principe unique « (Jean Baechler) « les idéologies sont des ismes qui peuvent tout expliquer en le déduisant d’une seule prémisse » (Hannah Arendt). Ces prémisses : l’université de la lutte des classes, la suppression de la propriété privée et de la religion, le primat de la race etc.

Hannah Arendt  dit aussi que l’idéologie est la « logique d’une idée ». Le mot important, c’est « une ». Là où un esprit bien conformé analysera une partie   du réel en tentant d’y vérifier un ou deux hypothèses , et, une fois transplanté dans une autre partie du réel, refera l’opération avec des hypothèses différentes, l’idéologue, lui,  part d’une idée, parfois opérationnelle dans un segment limité de la réalité, et encore pas toujours, et, une fois transplanté ailleurs, ne regarde plus la réalité : il continue de  lui appliquer l’idée unique  choisie  une fois pour toutes ou les déductions faites à partir de cette idée  unique.

Le savoir, comme l’action, ont certes besoin de principes simples ; mais il ne faut pas confondre la fausse science qui détermine ces principes a priori et la vraie qui les tire laborieusement du réel par une série d’essais et d’erreurs, considérant que toute généralisation n’est pas a priori opérationnelle, seulement celle que l’expérience vérifie. Et encore, avons-nous le cas de la théorie quantique qui explique tout ce qui se passe au niveau des particules élémentaires, mais sans jamais se réduire à des principes simples aisément formulables.

Nous avons longtemps pensé que les régimes libéraux qui luttèrent contre les utopies totalitaires  étaient, eux, exempts de cette folie de la simplification, qu’ils faisaient  droit, au contraire, à la politique empirique, à la nature,  à la complexité du monde et donc à la liberté.

L’emprise qui  est exercée de plus en plus au sein de la sphère dite libérale par la pensée « politiquement correcte » amène à considérer qu’elle aussi pourrait être tombée dans l’ornière idéologique  qu’elle se targuait  d’éviter. De fait,  une série de prémisses simples dictent aujourd’hui l’essentiel  de la politique au niveau international, européen et national : la liberté du commerce tenue pour un absolu, la suprématie du marché, l’idéal de la concurrence pure et parfaite,  la péremption du fait national conçu comme une menace totalitaire (cette péremption ne valant que pour l’Europe de l’Ouest) etc.

Du fait que cette idéologie ne pratique pas l’emprisonnement arbitraire (sauf à Guantanamo), ne fait pas de camps de concentration, ne pratique pas la terreur de masse, il faut la considérer comme  différente des idéologies totalitaires. Si l’on assimile l’idéologie à une forme de folie, il ne s’agit plus de folie furieuse, seulement de folie douce (disons relativement douce puisque il lui arrive de plus en plus  de trainer en justice des citoyens en raison de leur seule opinion).  L’idéologie douce qui nous submerge peu à peu    exerce son empire  de  manière plus sournoise mais  non moins  efficace que l’idéologie totalitaire : ceux qui lui résistent  sont menacés de marginalisation, de diabolisation ; tels les partisans de la nation qui subsistent dans l’espace européen ou ceux qui clament leur refus de l’islamisation de  l’Europe. A la pression violente, s’est substituée la pression  indolore.  C’est donc  à une toute autre sorte de régime idéologique que nous avons affaire mais la plupart des  traits de l’idéologie  n’en sont pas moins présents dans  cette nouvelle forme de normalisation de la pensée.

Le point de départ est le même : la simplification, le fait de reconstruire toute une politique sur des principes généraux tenus pour des absolus, tels ceux que nous venons d’évoquer.

Le point d’arrivée est dans les deux cas   l’intolérance et la contrainte qui s’exerce sur la pensée, même si elle n’use pas des mêmes méthodes et n’atteint pas le même degré.

Quel est le rapport entre le principe de l’idéologie, la simplification, et son effet,   l’intolérance ?

 

De la simplification à l’intolérance

 

Il est  loin d’être évident.  Seule une analyse approfondie du fait idéologique permet de comprendre ce lien.

En simplifiant la réalité politique par le recours à des principes simples, trop simples et donc faux,  la démarche idéologique ne trahit pas seulement  la complexité du réel, elle va à l’encontre de  toute une histoire antérieure qui prenait au contraire  en  compte  cette complexité.

En disant que la clef du progrès économique est  la généralisation du libre échange – telle est la doctrine officielle de l’Organisation Mondiale du Commerce  –, l’idéologie ne se contente pas   de simplifier une réalité où le libre échange est non pas  mauvais en soi (être aussi systématique relèverait aussi de l’idéologie !) – mais tantôt bon, tantôt mauvais. Elle tend à considérer tous ceux qui, dans le passé, ont fait une autre politique que celle du libre échange comme des barbares, des hommes dépassés. Plus l’idée qui inspire les politiques idéologiques est simpliste,   plus elle apparaît    en    rupture avec un passé de civilisation où était préservé  le sens de la complexité.

L’idéologie est ainsi non seulement un rapport au réel, extraordinairement biaisé puisqu’il tend à en ignorer la complexité, mais encore un rapport  au temps, désormais divisé entre l’avant – où l’humanité n’avait pas encore saisi l’idée géniale  et simplificatrice qui doit faire son bonheur -,  et l’avenir qui s’organisera  sur la  base de cette idée. Marx lui-même disait que la préhistoire de l’humanité ne cesserait qu’avec le socialisme.

Ce n’est pas seulement tel ou tel trait du passé qui se trouve ainsi disqualifié  dans le mode de pensée idéologique, mais le passé en général. A partir du moment où elle prétend organiser l’Europe en gommant le fait national, la démarche européenne, tend à considérer les siècles où les nations existaient comme des siècles barbares, où presque tout était mauvais : des siècles  de guerre, d’obscurantisme, de haine, marqués par la traite des noirs, le colonialisme, le racisme, l’intolérance  etc. C’est pourquoi la mémoire ou les racines – en particulier les racines chrétiennes – sont toujours disqualifiées pour l’idéologie puisque elles renvoient à une époque où la politique n’était pas encore animée par l’idée formidable qui désormais l’inspire : suppression de la propriété privée et de la religion pour le communisme, suppression des nations et universalité du marché pour l’idéologie moderne.

Il est probable que l’idéologue pressent  au fond de lui, même s’il ne veut pas se l'avouer ou l’avouer, que son idée est fausse, fausse parce que trop simple. Il a l’intuition que, à cause de cette fausseté, il  rencontrera  des oppositions de toutes sortes, en particulier dans cette partie de la population qui est moins sensible  à la logique des idées qu’est le peuple.

En même temps, il a le sentiment  de tenir une idée si neuve, si radicale qu’elle ne peut être que salvatrice, qu’elle doit  permettre à l’humanité de franchir une nouvelle tape.

Porteur d’une idée extraordinaire, salvatrice mais qui rencontre des résistances, qui ne « passe »  pas, l’idéologue sera nécessairement à cran. Et c’est ce qui le rend méchant : non seulement il n’a pas raison, mais il  le sent confusément.

La simplification  opère en tant que vision du réel, offrant  une vision du monde à bon marché qui permet de le réduire à quelque principe simple.

La simplification opère aussi en tant que doctrine du salut. Puisque elle est entièrement nouvelle, l’idée géniale qui inspire l'idéologie est nécessairement porteuse d'un immense progrès, d’une forme de rédemption de l’humanité, ce qui place l’enjeu du combat contre les adversaires tellement  haut qu’ils ne méritent aucune mansuétude.

La simplification répond ainsi  à un besoin ancestral : celui de distinguer facilement le bien et le mal, les bons et les méchants. Les bons seront ceux qui adoptent l’idée, les méchants ceux qui y résistent, autre forme de simplification,  et ils sont nombreux puisque cette idée viole la nature, ce que l'idéologue se refuse à reconnaitre mais qu’en son for intérieur, il sait.

Le clivage entre les bons et les mauvais ne résulte pas seulement des résistances à l’idéologie. Le plus souvent, il  est déterminé à l’avance par l’idéologie elle-même : dans le marxisme léninisme, les mauvais  sont d’emblée les bourgeois et fils de bourgeois, les prêtres, les  paysans,   même s’ils n’opposent aucune résistance au régime, dans le nazisme, ce sont les Juifs, même s’ils ne font rien de subversif.

Rapport au réel, rapport à l’histoire, rapport au salut, l’idéologie est aussi, la plupart du temps, porteuse d’une histoire mythique, également simplifiée. L’expérience de la Seconde guerre mondiale a laissé croire à une partie des élites européennes, persuadée à juste titre que la cause de la guerre était l’idéologie nazie, que le nazisme n’était qu’une forme exagérée du fascisme, ce qui était déjà en partie faux, que le fascisme était une forme exacerbée du nationalisme, le nationalisme, une hypertrophie de l’esprit national et donc du patriotisme.  C’est sur  ce raisonnement, dont à peu près tous les maillons sont contestables, qu’a été pourtant entreprise la construction européenne. Pour les porteurs de l’idéologie européiste, ou du mondialisme qui en est difficilement séparable,  ou encore des formes les plus frénétiques de  l’antiracisme, une fois qu’ils ont admis que la cause de toutes les guerres c’est la nation,   aimer sa patrie, un sentiment qui, dans toutes les civilisations est, ainsi que le rappelle Léo Strauss, le plus moral qui soit, c’est être nationaliste, donc fasciste, donc nazi, donc, en puissance,  kapo dans un camp de concentration. D’où la haine qui anime ces gens là   vis-à-vis de toute affirmation identitaire, pour timide quelle soit. Pour eux, elle ne saurait être que  la manifestation des forces du mal, forces d’autant plus puissantes que, fondées dans la nature,  elles  résistent de toute part à son Idée

Et c’est ainsi que l’idéologie, partie d’une opération intellectuelle de simplification, conduit à l’intolérance, au refus absolu du dialogue et à la haine.

Les porteurs de l’Idée trop simple qui va  bouleverser l’humanité ne se trouvent pas seulement en rupture avec le passé ; ils sont aussi  en rupture avec la majorité de leurs contemporains qui résistent à la puissance lumineuse de l’Idée.

Le principal motif de cette résistance tient au caractère artificiel de l’Idée : quoi qu'en pensent les idéologues, le sens de la propriété existe, le fait religieux existe, le marché (sans en faire un absolu) existe, le fait national existe ; et ils résistent  sourdement à ceux qui voudraient les abolir.

Parmi ceux qui résistent plus particulièrement, les classes populaires  en tous temps et en tous lieux : elles résistent parce qu’elles  sont plus près des réalités, parce qu’elles  éprouvent moins le besoin d’une vision logique des choses ou de la politique. Même si, la propagande aidant, le peuple peut se laisser séduire un moment par l’idéologie, il s’en détache vite. La haine des idéologues pour le peuple, au nom de la lutte contre les « koulaks » ou contre le « populisme » est une constante de l’idéologie.

L’autre motif de résistance peut être à l’inverse  une grande culture  et donc la conscience d’une dimension historique qui interdit de dévaloriser sommairement le passé. Une   culture approfondie conduit à éprouver la complexité des choses et donc à se méfier d’une simplification exagérée du réel telle que l’opèrent les idéologues.

L’idéologie prospère, dit Jean Baechler, chez les demi-intellectuels, assez évolués pour   subir la séduction de la logique, mais pas  assez instruits  pour avoir développé le sens de la complexité et le sens   critique.

Les résistances populaires qu’ils rencontrent  conduisent  les idéologues à se considérer comme une élite, plus éclairée, plus lucide, une avant-garde, voire une secte d’initiés. Lénine a fait la théorie du parti avant-garde. Les SS se voulaient aussi une avant garde idéologique. La Commission européenne se veut explicitement une avant-garde destinée à détruire peu à peu chez les peuples le sens national et son expression économique, le protectionnisme, et à faire entrer les nations d’Europe dans ses schémas nolens volens.   Les  idéologues s’impatientent d’autant plus des résistances qu’ils rencontrent qu’elles ne rentrent pas dans leurs schémas a priori. Au terme de cette démarche, le viol de la volonté populaire tel qu’il a eu lieu à la suite du référendum du 29 mai 2005 au travers de l’adoption d’un traité par les Parlements (l’élite éclairée), reprenant point par point  ce qui avait été refusé par le peuple.  

Les idéologues sont d’autant plus intraitables que l’idée qu’ils véhiculent est porteuse d’une perspective de salut : le socialisme, le dépassement des nations, la paix universelle, la prospérité générale.

Ainsi imbus de certitudes salvatrices, ils remplacent le débat par une démonologie. Ceux qui leur  résistent sont les prisonniers ou les complices des forces du mal.

La haine antiraciste qui prospère aujourd’hui n’a ainsi  rien à voir avec le sentiment des minorités que l’on est supposé défendre, noirs, Arabes, Roms, elle est la haine d’idéologues ayant décrété que le sentiment d’identité était dépassé,  qu’il faut à tout prix  l’extirper comme on extirpait autrefois la sorcellerie et qui sentent confusément combien leur doctrine est artificielle.

De la même manière, on se tromperait lourdement en réduisant la barbarie nazie à l’antisémitisme ancestral, même exacerbé : pour en comprendre la dimension apocalyptique, il faut faire entrer dans l’équation le fantastique multiplicateur de l’idéologie.

 

On n’aurait pas fait le tour de la dimension idéologique de l’intolérance contemproaine si on ne faisait sa part à la haine de soi.  Celui qui s’accommode du monde tel qu’il est et qu’  à bien des égards il a toujours été, n’éprouve pas le besoin de trouver une clef qui permettra sa transformation radicale. Cette philosophie simpliste qui doit permettre de transformer le monde existant en un monde meilleur  implique un regard largement négatif sur le monde tel qu’il est. Il implique la haine du réel et même, à bien des égards, la haine de soi puisque c’est non seulement le monde mais l’homme, tous les hommes, y compris lui-même, que l’idéologue veut transformer en éradiquant le sens de la propriété ou le sens national.

Qui dit haine de soi, dit haine des autres.  Comment aimer autrui comme soi-même si on se hait et si on hait le monde ? C’est pourquoi  les idéologues ont si souvent  le cœur rempli de haine, ils voient partout des « vipères lubriques ». Ils en voient d’autant plus  qu'ils  en portent en eux-mêmes.   Observons un procès  pour  « incitation à la haine  raciale » et regardons le ton  des parties en présence: qui, généralement sue le plus la haine sinon les antiracistes ?  Ce n’est pas sans raison que le regretté  Philippe Muray  a décrit, dans son style inimitable,  les « parties civiles » (les parties civiles de profession, organisées en associations, pas les victimes de crimes ou d’accidents)   comme des chacals haineux  désireux de dépecer un cadavre. En face,  les prétendus supposés racistes sont souvent des gens gentils, amoureux de la vérité, de bonne compagnie. Etonnant renversement des valeurs !

La haine précède-elle ou suit-elle la posture idéologique ? Les deux sans doute. Il est vrai que pour devenir un idéologue, il ne suffit pas d’être inculte, il faut aussi avoir un tempérament aigri  ou frustré. Mais on a vu bien des honnêtes gens  entrés en religion idéologique sous l’effet de la générosité et s’y dévoyer. On a vu  des amis de l’humanité entrer  au parti communiste par amour des « damnés de la terre »  et  finir par épouser les pires aberrations du stalinisme. Céline commença sa carrière comme médecin des pauvres, philanthrope donc. Par quels cheminement en est-il arrivé aux pires invectives antisémites, voir aux appels au meurtre ? C’est sans doute là  le mystère de l’idéologie.

Bien entendu les idéologies sont sous-tendues par des intérêts. Il est probable que l’intérêt et l’idéologie sont aussi inséparables que l’onde et la particule dans la mécanique quantique.  Là où il y a  l’un, il y a l’autre.  Le communisme était sous-tendu par les intérêts de la nouvelle classe bureaucratique dont parle Milovan Djilas. Le mondialisme sert  de manière tellement évidente les intérêts les plus étroits  de l’oligarchie financière mondiale, en élargissant partout l’échelle  des revenus et de la richesse,  qu’on comprendra qu'elle soit soutenue avec force par les grands médias qui appartiennent presque tous à cette oligarchie. Mais  ce serait une grave erreur de réduire les attitudes idéologiques à des logiques d’intérêt. L’idéologie prolonge  et sert les intérêts,  mais elle a  sa rigidité, sa logique propre. Il n’est pas vraiment besoin d’une eschatologie intolérante pour défendre des intérêts. Or, une fois déchaînée, la logique idéologique dépasse largement  les intérêts qu’elle prétend servir. Le communisme ne servait que jusqu'à un certain  point ceux de la nouvelle bourgeoisie russe ; il était en même temps une  terrible contrainte pour elle et un frein au  développement de l’économie russe. Cette bourgeoisie a fini par s’en apercevoir mais   avec   plusieurs dizaines d’années de retard qui furent  du temps perdu. Le nazisme fut une catastrophe autant  pour  la grande industrie allemande, qui,  paraît-il,  l’avait favorisé,  que  pour le peuple allemand.  Le mondialisme est, au dire de la plupart des experts, la cause de la crise mondiale qui sévit depuis 2008.

Non seulement les  idéologies n’ont pas disparu avec la chute des régimes totalitaires, mais elles sont revenues sous d’autres formes. Comme dans un feu d’artifice,  après une explosion initiale, on assiste à la retombée d’une gerbe d’étincelles, après l’explosion fantastique du régime totalitaire, l’idéologie revient sous une fore édulcorée et dispersée comme retombent de toutes parts des brandons. Même s’il n’y a plus ni terreur ni système global, le mode de pensée idéologique pénètre partout. Un de ses effets est de réformer à partir de schémas simples, dans le seul but de mise aux normes, des  matières qui n’avaient pas besoin de l’être et où donc, au lieu de résoudre des problèmes, on en crée. Les exemples foisonnent. Il faudrait tout un ouvrage (que nous préparons) pour les passer en revue. Deux ou trois cas :  cet hiver, la neige a posé un problème grave, alors qu’elle n’en avait presque jamais été un   dans notre pays ; que l’application mécanique de la décentralisation ait  conduit à démanteler les directions départementales de l’équipement, services d’Etat qui fonctionnaient parfaitement,  n’est pas sans responsabilité dans    cette désorganisation. Des voyageurs ont été bloqués pendant plus de 12 heures à Belfort : le démantèlement de la SNCF, prescrit par Bruxelles au nom de la libre concurrence, n’y est pas étranger. De la même manière, on veut fusionner la police et  la gendarmerie au nom de la théorie, ô combien simpliste, que la concentration accroît l’efficacité. Un officier de gendarmerie qui avait exprimé son désaccord dans un article  s’est vu infliger immédiatement la sanction la plus lourde qui soit : la révocation. Ce n’est certes pas le goulag,  mais la violence de cette réaction  est dans la ligne de ce que nous disions des idéologues qui, sachant  confusément qu’ils ont tort, sont à cran.

Il y aurait beaucoup à dire encore sur les racines idéologiques de l’intolérance contemporaine. Il y aurait encore plus à dire sur les moyens de lui résister. A ce stade, nous nous sommes contentés d’appeler l’attention sur un de ses  ressorts les plus fondamentaux. Cette approche ne saurait nous conduire à baisser les bras, au contraire. La seule issue est la résistance. Mais pour résister, la première chose à faire est de bien connaître l’  adversaire, de bien comprendre la manière dont il fonctionne. Les victimes des procès de Moscou, en 1937,  furent complètement décontenancées par une mécanique dont elles ne comprenaient pas les ressorts. Si Zinoviev  avait lu Hannah Arendt, sans doute eut-il été mieux à même   , sinon de sauver sa peau,  du moins de résister à la machine infernale qui l’avait pris entre ses griffes ;  mais le travail de compréhension et d’analyse du phénomène totalitaire commençait alors à peine. Nous sommes aujourd’hui déroutés par la nouvelle intolérance – qui, je le répète, n’est pas une nouvelle forme de totalitarisme, mais un phénomène sui generis,  à analyser en tant que tel.  Quand ses ressorts cachés seront  entièrement démontés et mis sur la place publique,  alors serons nous mieux à même de gagner le combat glorieux que tant d’entre nous ont engagé pour la liberté.     

 

Roland HUREAUX

 

 

 

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 14:24

ET MAINTENANT LES REPUBLICAINS DEVRONT ORGANISER UNE VRAIE PRIMAIRE 

27/04/2021

Ls Républicains viennent de se doter d’un président , homme de rassemblement certes mais qui, à la différence de ses prédécesseur,  n’a pas jusqu’ici affiché  d’ambition présidentielle.   C’est peut-être l’occasion d’organiser une vraie primaire pour désigner le futur candidat qui portera les couleurs de ce parti à la présidentielle.

Une primaire ? Jamais plus répondra-t-on, avec ce côté expéditif qui caractérise trop de jugements collectifs   ! On en a organisé une en 2016 et on a vu le résultat calamiteux. Ce fut encore pire pour le parti socialiste.

Que nenni !  Disons-le clairement : on n’a jamais organisé en France une vraie primaire, nous voulons dire  à l’américaine, c’est à dire une  primaire étalée sur six  à huit  mois et non bloquée sur un ou deux dimanches.

Quelle différence , dira-t-on ? Elle est considérable. Pour sauter d’emblée aux conclusions,  nous dirons le système utilisé en France était une machine à reconduire « toujours les mêmes ». La primaire à  l’américaine a l’effet inverse : elle a presque toujours fait émerger des hommes  nouveaux.

Et Dieu sait si c’est nécessaire !

La crise des Gilets jaunes a montré la grave perte de légitimité , en France comme dans le reste de l’Europe, des partis politiques classiques.    Il est également significatif que le dernier président élu ait émergé hors de ces partis.

En bloquant le vote sur  deux week-ends, un pour  le premier tour, un pour second, comme on l’a fait en 2016, on instaurait de fait une présélection par la notoriété déjà acquise, c’est-à-dire que l’investiture était   réservée à ceux qui avaient déjà été quelque chose : au minimum président de la République ou premier ministre . Certes Fillon a doublé sur le  fil les deux candidats tenus pour favoris, Sarkozy et Juppé, mais il avait été tout de même premier ministre. Les autres, les « petits candidats » , non dépourvus de  talent  pourtant,  ont été écrasés. En définitive ce genre d’exercice  fut un concours de notoriété déjà acquise.   « Il faudrait , disaient beaucoup de Français, du sang neuf  : pourquoi pas Untel ? ». « Oui , mais qui le connait ? ».   Dans une France qui aspirait   profondément  à changer les têtes, la primaire telle qu’elle a été alors  organisée ne pouvait aboutir qu’à  ne pas les changer . 

 

Une   primaire étalée à l’américaine

 

Les Français ne sont que  trop prompts à imiter l’Amérique quand il ne le faut pas. Autant qu’ils le fassent quand   c’est justifié  : en étalant  les  primaires sur au moins six mois,  en procédant  chaque dimanche   à   une élection partielle   dans un groupe de départements,   on permettra   à des outsiders d’émerger. Gagnant la primaire dans un ou deux départements , ils attirent l’attention des médias et , s’ils sont bons, peuvent continuer  sur la lancée. S’ils ne le sont pas , ils jettent l’éponge. Aux  Etats-Unis les présidents élus, qui avaient au préalable arraché l’investiture d’un  des grands partis,   ont été  presque tous, depuis Carter jusqu’à  Trump,  à l’exception  de  Bush père et fils , des hommes nouveaux.  

Une primaire étalée mettrait en outre en valeur la province , surtout   si  la Région parisienne vient à la fin.

Le parti qui tenterait cette expérience occuperait   le devant de la scène  pendant au moins six mois , ce qui ne  saurait lui nuire. 

Il faut naturellement  faire une primaire ouverte où le vote , voire la candidature,  ne serait pas  réservée aux responsables des partis ni même aux seuls encartés .

Y a-t-il à cette heure  d’autre moyen de   faire émerger des hommes à la mesure des immenses problèmes qui se posent à la France et ainsi de réhabiliter la  politique aux yeux des Français  ?   L’enjeu est encore plus grand : c’est  ni plus ni moins que  de sauver la démocratie qu’il s’agit.

 

Roland HUREAUX

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 14:22

RETRAITES : UNE REFORME  BIEN  MALADROITE

27/04/2021

Si le but de la réforme des retraites est de conforter  la réputation de réformateur du président Macron auprès d’une certaine  bourgeoisie qui réclame sans se lasser « des réformes, des réformes ! » , qu’importe  lesquelles,  ou des institutions européennes voire des  Allemands qui veulent  aussi que la France est l’air de se réformer, il fallait  en effet faire le plus grand tapage autour de cette réforme , quitte à en rabattre tellement , notamment sur les délais d’application  et qu’elle ne soit plus in fine  que l’ombre d’elle-même.

S’il s’agit au contraire de faire  œuvre utile , le grand  branlebas  qui accompagne la réforme ne pouvait  être que dangereux . Il était en effet extrêmement  maladroit de laisser entendre que  l’on ferait un « big bang » des retraites, que tout le système serait « remis à plat » etc.  C’était on ne peut plus anxiogène  pour des Français légitimement attachés à leur retraite et qui ne savent pas, devant le système complexe qui leur est proposé , s’ils seront gagnants ou perdants, la majorité ayant, à tort ou à raison,  le sentiment de devoir être   perdants. Cela en un temps où l’avenir est particulièrement incertain.

La réforme des retraites   pouvait avoir trois objectifs :

  • Instaurer un système de  retraite par points ;
  • Harmoniser les  régimes ;
  • Alléger le poids des retraites dans l’économie française en retardant l’âge moyen du  départ pour tenir compte du vieillissement de la pyramide des âges  et ainsi   permettre de financer les   retraites  à venir   sans alourdissement  des cotisations.

Un seul objectif aurait suffi

De ces trois objectifs , il eut été plus  habile de n’en choisir qu’un,      . de se concentrer sur celui-là,   quitte à repousser   les autres à plus tard.

L’objectif le plus nécessaire et le plus facile à réaliser  aurait été le passage à la retraite par  points. A condition de  garantir en même temps de la manière la plus formelle la neutralité  financière   pour toutes les catégories.

La retraite par points, bien conçue,  offre plusieurs avantages : le principal est de donner le libre choix de la date de départ aux salariés – et aux autres . L’actuel système comportant  une date seuil  constitue  un préjudice trop lourd pour ceux qui partent trop tôt et rend difficile de partir plus tard.   

Il aurait peut-être permis  de réduire ultérieurement  la disparités de régimes sans  bouleverser les  situations acquises.

Le système de points  permettrait aussi de récompenser ceux et surtout celles qui font le plus pour préparer les retraites de demain : les femmes ayant élevé des enfants , si possible nombreux.  Malheureusement,    ce n’est pas dans cette direction que s’est orienté  le  gouvernement. Le rapport Delevoye faisait entièrement l’impasse sur la question démographique, ce qui est une grave  erreur :

  • Quant au fond car les deux questions , retrait et pyramide des âges , sont intimement liées , comme le savent tous les experts sérieux ;
  • Par rapport à   l’opinion car le calcul de   la retraite par trimestres lui a fait perdre de vue ce rapport  et il aurait été bienvenu que le nouveau système ait à cet égard  une valeur pédagogique que l’ancien n’avait pas. Hélas, ce n’est pas le cas.

En proposant de  fiscaliser tout ce qui n’est pas strictement  financier dans le système par points, Macron  affaiblit d’avance les avantagés  qui pourrait été accordés aux mères de famille et  provoque la suspicion sur le maintien des autres avantages.

Tout cela  montre à quel point la réputation de  Jean-Paul Delevoye est surfaite : il ne  suffit à l’évidence pas d’avoir  été   chef d’entreprise, chiraquien de choc  et à cheval sur la droite et  la gauche pour  être un grand réformateur.

En proposant de  fiscaliser tout ce qui n’est pas strictement  financier dans le système par points, Macron  affaiblit d’avance les avantagés  qui pourraient été accordés aux mères de famille et  provoque la suspicion sur le maintien des autres avantages.

Dernière erreur  :  on a laissé se  répandre dans les hautes sphères patronales et même gouvenemtales que le système par points  pourrait  être le moyen de reprendre sournoisement  une partie  de l’argent qui revenait aux  salariés .

La même rumeur  avait circulé sur la TVA sociale. Des patrons y avaient vu le  moyen de « faire suer le burnous »,   de déplacer encore au bénéfice du capital et au détriment du travail le curseur du partage de la plus-value. Résultat : la TVA dite sociale , pourtant nécessaire  et qui demeure le seul moyen , du point de vue français, de sauver l’euro, s’en est trouvée durablement discréditée.  

Il faut espérer que la présente  réforme, si maladroitement conduite,  n’aboutira pas de la même manière  à discréditer  durablement la retraite par points  qui n’est pas en soi un mauvais idée.

 

Roland HUREAUX

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 14:20

NON A LA REFORME DES RESSORTS DE COURS D’APPEL

27/04/2021

Quand un gouvernement lance une réforme de l’implantation territoriale de tel ou tel ministère, on peut dire à coup sûr qu’il est court d’idées.

C’est ce qu’on peut penser de celui du président Macron à le voir se lancer dans la réforme de l’implantation des cours d’appel.

Rachida Dati avait commencé de la même manière en réformant l’implantation des tribunaux d’instance.  Elle s’est rattrapée heureusement en mettant en place les peines plancher pour les récidivistes, ce qui était bien plus utile.  

La justice et la sécurité sont parmi les sujets où les frustrations des Français sont les plus grandes. En témoigne entre autres la popularité du général de gendarmerie Soublet,  sanctionné par Hollande pour avoir osé mettre le pied dans le plat.

Il est tout aussi clair que Macron n’a rien à dire sur le sujet. La culture politique qui est la sienne, les soutiens associatifs dont il a profité tout au long de sa campagne l’empêchent de faire quoi que ce soit  qui aille au cœur de problèmes de la justice.

 

Pour amuser la galerie ?

 

Alors pour amuser la galerie et ne pas laisser créneau inoccupé, il lance une réforme territoriale.

Qui croit une seconde que les dysfonctionnements de la justice française viennent de l’implantation des cours d’appel ?

La réforme projetée est doublement inadéquate.

D’abord,  comme dans toutes les réformes territoriales,  on fait fi de l’aménagement du territoire.  Que des villes moyennes comme Agen ou Pau, et pas seulement des grandes, soient le siège d’une cour d’appel était une manière de ne pas  réserver les fonctions administratives de premier rang aux seules   métropoles régionales qui n’ont pas besoin de cela pour exister.    Il y avait aussi l’héritage de l’histoire, toujours respectable.  Sur le plan financier,  on ne  fait pas d’économies, au contraire. La réforme Dati qui avait ce but a eu l’effet inverse : les petits tribunaux ont été fermés mais leurs bâtiments se sont avérés invendables : au centre de Figeac, l’ancien tribunal d’instance a l’allure d’un temple de Jupiter (ou de Thémis), construit bien après que les empereurs romains ont interdit les cultes païens. En revanche il a fallu investir dans de nouveaux bâtiments dans les juridictions où s’est opérée la concentration des services. Il en sera de même pour les cours d’appel.

Ne sont pas seulement concernés les juges mais aussi toutes les professions qui tournent autour : avocats, huissiers etc.

Par ailleurs le déplacement dans les   grandes métropoles va exposer un peu plus les magistrats des Cours d’appel aux tentations des connivences propres aux grandes villes : ils retrouveront dans les cocktails de la préfecture toutes les huiles de la région.

Enfin un projet qui se propose de liquider ce qu’il pourrait y avoir ne disons pas d’irrationnel mais de non orthodoxe dans notre carte administrative a un aspect maniaque, pour ne pas dire paranoïde, il procède d’une volonté de mettre tout au carré, tendance  dont on regrette que l’action administrative se résume aujourd’hui à cela.

Réformer, certes, mais pas n’importe quoi n’importe comment.

 

Roland HUREAUX

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 14:15

CE  POUTINE EST VRAIMENT DANGEREUX !

27/04/2021

Le dernier numéro de La Revue,   titre,  ironiquement sans doute :  "Poutine, l'homme à abattre" .

Il est pourtant bien certain que  Vladimir  Poutine empoisonne  drôlement  le monde !  

Après 80 ans d'une  démocratie populaire exemplaire,  il a établi en Russie un régime dictatorial:  les élections qui lui ont permis de  devenir président ont été truquées dans une province qu'il contrôlait et cela a suffi pour que son adversaire soit battu.  Il dresse tous les matins la liste des ennemis politiques qui seront abattus  sans jugement  par les services secrets un peu partout dans le monde, même s'il s'agit de citoyens russes, grâce à des drones  ou tout simplement par des tueurs. Les prisonniers politiques les  plus signalés sont destinés  à un traitement spécial: ils sont emmenés hors du territoire russe , dans une   prison installée au Turkménistan, sur le bord de la Mer Caspienne où ils peuvent être détenus sans jugement aussi longtemps que Poutine  le voudra. Avec l 'accord de ce petit Etat jadis partie prenante de l'Union  soviétique, le droit pénal d'aucun pays ne s'applique. Les tortures sont autorisées sans que les juges de Russie aient leur mot à dire. Les prisonniers ne savent pas  quand ils seront libérés, ni même s'ils le seront un jour.

Toujours en Russie,  la police peut , au motif de lutter contre le terrorisme tchétchène , fouiller  votre appartement ou vous arrêter sans mandat judiciaire. Toutes les communications téléphoniques, y compris les portables, et naturellement internet sont écoutés 24 h sur 24  grâce à la complicité des  sociétés privées qui les gèrent.

Non seulement  le régime  a transformé en vassaux tous les pays de son étranger proche, mais il tente de faire régner ses  principes prétendus libéraux sur l'ensemble de la planète. Des fondations, officiellement indépendantes , en partie financées par les oligarques ou bien sur  fonds publics  tentent d' étendre l'influence russe jusqu'aux frontières des Etats-unis. Ces fondations sont particulièrement actives au Mexique  où , sous prétexte de programmes civiques, elles excitent sans répit l'opinion contre le grand voisin. Les services de Poutine répandent l'idée  que,  dans ce pays ravagé par les mafias  de la drogue, un politicien véreux mais proche des Russes est un démocrate.  Est-il par contre proche des Etats-unis ?   Alors c'est un dictateur.   Bien que l'ancien  président mexicain  , pro-américain,  ait été élu selon  les observateurs  internationaux présents à la suite d' élections exemptes de tout reproche ,  ces fondations , avec les services secrets  russes,  ont participé à l' organisation d'un coup d'état qui a permis  de le renverser. Tout a commencé par  des  manifestations à Mexico sur la Place des Quatre cultures  où  la police mexicaine a du intervenir après  que des provocateurs infiltrés  aient multiplié les incidents. L'arrivée de ce nouveau pouvoir insurrectionnel pro-russe est tenu par Poutine et ses sbires  pour une grande victoire de la démocratie au Mexique.  Maîtrisant par des relais directs ou indirects une grande partie des médias  de l'hémisphère nord, Poutine est arrivé à accréditer cette fable.   Dans le nouveau pouvoir installé à Mexico, des néo-nazis s'affichent sans vergogne.

Des idéologues russes ont osé écrire qu'une fois le Mexique complètement débarrassé de toute influence yankee, ce sont les Etats-unis  eux-mêmes qu'il faudra démembrer en 50  Etats indépendants dont aucun ne pourra  désormais peser sur la scène internationale

On pourrait continuer l'examen des méfaits de ce dirigeant à travers le monde.

Au motif de propager son idéologie prétendu libérale, il a déclenché plusieurs guerres, particulièrement dans le monde musulman : les unes , terminées,  ont abouti à plonger certains pays dans un chaos effroyable; les autres qui continuent, se traduisent par des dizaines de milliers de victimes civiles  et se heurtent à une résistance populaire dont on  peut penser cependant qu'elle  finira  par avoir le dernier mot.

Très curieusement, les  Russes appuient presque toujours  dans cette région  les musulmans les plus extrémistes, dits islamistes, au risque de ne plus maîtriser les monstres qu'ils ont fait émerger.

Leurs expéditions militaires coutent cher. Les dépenses militaires considérables qu' elles représentent sont assurées par l'émission de roubles que, grâce à sa puissance militaire , la Russie oblige presque tous les pays de la planète à accepter comme monnaie internationale.

Les 16 services de renseignement  à la disposition   du dictateur traquent tout ce qui pourrait se dire dans le monde intéressant les  intérêts , y compris économiques, de la  Russie. Cette censure  s’est étendue  récemment à la presse numérique et aux réseaux sociaux d’où les oligarques qui les possèdent éliminent tout propos qui leur déplait. Dans des pays de vieille culture démocratique  comme   ceux  de l'Europe occidentale, ils entretiennent  à  grands frais des réseaux d'influence qui contrôlent les grands organes de presse . Seules des  feuilles marginales à petit tirage osent dénoncer ces agissements. Tous les hommes politiques de gauche ou de droite  sont   fichés,  leurs faiblesses connues de telle manière que tous soient sensibles à de pressions au cas où des décisions intéressant les intérêts de la Russie viendraient à être mises au vote.

Il n'est d'ailleurs pas nécessaire de jouer sur le chantage. Certains  sont sensibles  à l'argent.  Mais  la plupart s'inclinent devant l'air du temps, le sentiment qu'il n' y a rien à faire contre la  puissance dominante. Le temps de la servitude volontaire semble  venu.

La Russie, ne rencontrant pas dans le monde d'autre rival  que les  Etats-Unis  a  décidé de prévenir toute attaque qui pourrait venir d'eux en obtenant de Etats qui voisinent avec son grand rival ,  comme  le Canada,  qu'ils installent sur leur territoire  des radars particulièrement sophistiqués et des  batteries de missiles susceptibles de réagir immédiatement sur le territoire des Etats-Unis  en  cas d'attaque imprévue. Des troupes russes viennent même d’y faire leur apparition. Les Russes ne toléreraient naturellement pas que les Etats-Unis fassent de même dans leur voisinage immédiat, que d'ailleurs ils ne contrôlent pas. 

Nul doute que la  Russie représente aujourd'hui  le  principal danger   pour la paix    et   pour  la liberté du monde et   qu'il  est urgent de se débarrasser de Poutine.

 

                                                                       Roland HUREAUX

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