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Roland HUREAUX

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 08:33

LA POLITIQUE DE TRUMP EST PLUS COHERENTE QU’IL NE PARAIT

 

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/La-politique-de-Trump-est-plus-coherente-qu-il-n-y-parait

 

Rien de plus ridicule que la manière dont les grands organes de presse français de tous bords, ont rendu   compte de la première année de la présidence Trump.  A les croire, le nouveau président n’aurait apporté que le chaos : une photo, toujours la même, le montre vociférant comme un malade.   Ce n’est que la reprise de ce que disent la plupart des journaux d’Outre-Atlantique : décidément, médiatique rime plus que jamais avec mimétique !

Pourtant la politique de Donald Trump est beaucoup plus cohérente que ce qu’on croit. Surtout en matière internationale.

Au Proche-Orient d’abord :  si la paix est en train de revenir en Syrie et en Irak, c’est d’abord à lui qu’on le doit.

En Irak, il a accéléré la prise de Mossoul dont on n’est pas sûr que l’équipe précédente ait été si pressée de la mener à terme.

En Syrie, il a laissé les Russes et l ‘armée syrienne reprendre le contrôle progressif du pays et donc le pacifier.

Dans les deux pays, il a permis l’élimination , en cours, de Daesh.

Certes cette politique a été masquée sous un rideau de fumée, de peur que ses adversaires n’y dénoncent  une capitulation devant Poutine ou devant Assad.  Quand le bruit s’est répandu que l’armée syrienne aurait bombardé à l’arme chimique à la ville de   Khan Cheikhoun le 4 avril 2017, il y a cru ou fait semblant d’y croire et opéré trois jours après un bombardent massif de représailles sur l’aéroport   d'Al-Chaayrate   avec 59 missiles Tomahawk , mais non sans avoir discrètement prévenu les Russes et donc les Syriens avant. Compte tenu d’une opinion américaine chauffée à blanc contre Assad, il ne pouvait guère agir autrement. L’important est ailleurs : Trump a bloqué cet été   un chargement d’armes de la CIA vers le groupe rebelle Al Nosra qui aurait permis à ce dernier de prolonger la guerre.   Grâce à cette politique, en partie concertée avec les Russes, la paix est en train de revenir peu à peu dans ces pays martyrs.

En direction de l’Iran, l’heure est au contraire à la montée des tensions : Trump menace de dénoncer l’accord nucléaire de Washington signé par Obama en juillet 2015. Il semble avoir soutenu la récente révolution   de palais de   Ryad qui a conduit au pouvoir les partisans de la ligne dure face à   Téhéran. Sommes-nous au bord de la guerre avec l’Iran ou s’agit-il là encore  de gesticulation pour complaire à Israël (où Trump est populaire) ? Mais Netanyahu qui prend aussi  les postures le plus agressives vis-à-vis de l’Iran (au mépris de l’histoire qui avait vu aux temps bibliques la Perse être le meilleur allié du peuple juif) fait-il lui-même autre chose que de la gesticulation ? On aimerait le croire.

La politique de Trump au Proche-Orient obéit suit deux    orientations : la première est d’en finir avec des guerres d’agression fondées sur la volonté   de démocratiser la région en changeant les régimes (regime change) ; la seconde, est d’appuyer beaucoup fortement   Israël que ne l’avait fait Obama. On peut    voir là l’influence de son gendre, juif sioniste, Jared Kushner, mais aussi le souci de ménager l’AIPAC, appui bien nécessaire dans l’environnement hostile où le président évolue. Dans cette ligne, le retrait de l’UNESCO auquel Israël est très hostile.

En Extrême Orient, Trump a effrayé le monde à la tribune des Nations-Unies en menaçant le Corée du Nord de l’anéantir. Mais Kim-Jong-un n’est -il pas, bien plus que Kadhafi ou Assad, un homme vraiment dangereux ? A la tête du dernier Etat totalitaire   du monde, doté de l’arme nucléaire et de vecteurs à portée de plus en plus longue, il    multiplie les provocations.   La Chine ne les approuve pas mais prendrait très mal des représailles américaines directes.  Il ne reste à Trump qu’à faire peur   et apparemment il y arrive.  Un pays comme le Japon ne le  lui reproche certainement pas.   

En haussant le ton face à la Corée du Nord et à l’Iran, il dément ceux , aux Etats-Unis, voudraient le faire  passer pour une « colombe ». L’état d’esprit de l’opinion américaine est si belliciste que passer pour un faible y serait suicidaire.  Faire malgré tout une politique de paix dans le monde arabe était une singulière gageure qu’il a en partie menée à bien. 

Les Européens de l’Ouest auraient dû se réjouir   de l’élection de Trump. Son ouverture à l’égard de la Russie   gèle la situation militaire en Ukraine, assurant une certaine sécurité du continent, alors qu’autour de Clinton, des stratèges néoconservateurs n’hésitaient pas à envisager une guerre « limitée » contre la Russie dont le théâtre aurait été l’Europe. 

Il reste que l’approbation du Brexit et la critique tant de l’Union européenne que de l’OTAN a troublé les esprits  en Europe.  Les Français n’ont pas compris qu’en ménageant notre pays   et en critiquant l’Allemagne, Trump ne faisait que reprendre politique traditionnelle d’équilibre des Anglo-Saxons.    C’était pour nous une occasion unique que Macron, plus   que jamais blotti dans le giron allemand, n‘a pas saisie, et c’est dommage.  

Voilà donc un président des Etats-Unis qui met fin à deux guerres atroces et en gèle une troisième, qui n’en a, contrairement à ses quatre prédécesseurs, commencé aucune, qui anéantit Daesh et on dit que son bilan est négatif !   Le pape François qui, parait-il, ne l’apprécie guère malgré la nomination de juges bien-pensants à la Cour suprême, ne semble pas comprendre qu’il n’est pas nécessaire d’avoir de bonnes manières pour être, comme dit l’Evangile, un artisan de paix, tandis que des gens à l’allure policée   comme Obama ont pu au contraire    mettre plusieurs pays à feu et à sang.   

Les commentateurs évoqués plus haut s’accordent à dire    qu’avec Trump, les Etats-Unis n’ont jamais été aussi isolés : ses positions plaisent au Japon, à la Russie, à la Chine, à Israël, au Royaume-Uni (soit, pour ces quatre derniers   le peloton de tête des puissances militaires de la planète : ne manque que la France).  L’Inde n’a pas non plus à s’en plaindre.  Pas mal pour un isolé !

Ceux qui sont vraiment isolés sont ceux qui le critiquent :  toute la sphère euro-atlantiste animée par l’idéologie post-nationale ;  d’un côté les oligarchies de l’Europe de l’Ouest, de l’autre   le parti d’Obama-Clinton, libéral libertaire et, par souci de « faire le bien » sur la terre, impérialiste. Comme si les opinions politiques n’étaient plus une matière à réflexion et à débat mais   un simple caractéristique  professionnelle , les médias des deux côtés de l’Atlantique sont presque tous alignés sur ce camp.   

Pour ceux-là, que le libre-échange apporte la prospérité ou que le réchauffement climatique est d’origine anthropique ne sont pas des affirmations ouvertes à la discussion, en dépit des doutes de beaucoup d’experts.   Pas davantage ils ne veulent reconnaitre que la liberté des mouvements migratoires soit une menace tant pour le niveau de vie des pauvres des pays riches (la clientèle électorale de Trump) que pour la paix civile.

 « En tant que président des Etats-Unis, je mettrai toujours l’Amérique au premier rang tout comme vous en tant que leaders de vos pays mettez toujours et devez mettre vos pays en premiers » a dit Trump à la tribune des Nations-Unies : comment ce langage simple qui est celui de tous les pays non occidentaux et qui n’a rien à voir avec un nationalisme agressif, serait-il compris par les   Européens de l’Ouest, convaincus que les nations sont dépassées ?  

Beacoup d’Américains déplorent certes le style impulsif, stressant (plus que Sarkozy ?) et apparemment chaotique du président Trump. Ses hésitations, ses contradictions apparentes et le recours à l’intuition ne sont-ils pas ce à quoi le contraignent l’hostilité  de l’establishment américain politique et médiatique.  Un reste de culture du Far West ne l’a-t-il pas aussi amené à penser qu’en ayant l’air imprévisible, il se fera mieux craindre.

On lui impute la crise   de la démocratie   américaine. Mais  qui en sont les vrais responsales ?    Comment ne pas voir que, dès le premier jour de l’élection de Trump, elle se trouvait gravement menacée dès   lors que l’ensemble de l’appareil d’Etat était, avec l’appui des médias, bien décidé à ne pas lui obéir ce qui est sans précédent dans l’histoire de la démocratie en Amérique.

Comment imaginer que des Européens puissent croire à la fable    grotesque selon laquelle il devrait son élection à l’ingérence de Poutine ?  Au demeurant que soupçonne-t-on de la part de ce dernier sinon d’avoir révélé les turpitudes de Clinton ?  Mais n’est-ce pas ces turpitudes elles-mêmes le vrai    problème ? Ceux    qui propagent cette fable ne craignent   pas de ridiculiser l’Amérique en la montrant ouverte aux ingérences étrangères ; les mêmes sont aussi les plus ardents à dénoncer le complotisme. 

Au demeurant, si on parle tant de tout cela, c’est que la justice américaine s’en est mêlée : quand la justice française se mêlera-elle des ingérences étrangères dont a bénéficié Macron pour être élu président de la République ?   Ou de la proximité du ministre français de santé avec les intérêts des groupes pharmaceutiques, au moins aussi avérée que celle de son homologue américain.

Sans doute le nouveau président n’est-t-il pas près de tenir   toutes   les promesses qu’il a faites aux ouvriers américains.  Mais face à la coalition du   Sénat (pourtant républicain comme lui), de beaucoup de juges et d’élus locaux déterminés à faire échec à sa politique migratoire, il n’ est   pas facile à Trump de faire des réformes.   Cela ne l ’a pas empêché de mieux protéger l’économie américaine   en refusant le traité de libre-échange projeté avec l’Europe (TAFTA) et en remettant en cause les traités de commerce   nord-américain (ALENA) et pacifique (TPP). L’économie est en croissance, Wall Street bat tous les records.  Comment son vieux rival John Mac Cain peut-il dire que la politique de Trump « sape la confiance dans l’économie de marché » ?

En remettant à l’honneur l’intérêt national des Etats-Unis et celui des autres pays, en entretenant des relations convenables avec toutes les puissances militaires qui comptent (pas l’Europe !), Trump est bien davantage dans le sens de l’histoire   que ses opposants de la   galaxie euro-atlantique, d’autant plus hystériques qu’ils se sentent au fond, eux qui se réfèrent tant au sens de l’histoire, dépassés.  En favorisant le retour à la paix    là où il y avait la guerre, en tendant malgré tous les obstacles, la main à Poutine, il a fait un monde plus sûr qu’il ne l’était il y a un an.  Qui dira que le bilan de Trump est négatif ?

 

Roland HUREAUX

Janvier 2018

 

 

 

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 08:32

LA RIVALITE SUNNITES-CHIITES N’EXPLIQUE PAS TOUT AU PROCHE-ORIENT

 

https://www.causeur.fr/iran-arabie-saoudite-sunnite-chiite-145908

 

Ceux qui veulent se donner un air d’expert  dans les affaires du Proche-Orient ne manquent pas d’invoquer, pour expliquer les conflits actuels, l’opposition millénaire des sunnites et des chiites.

Ce disant, ils font reposer la responsabilité des conflits qui ensanglantent cette région sur les indigènes, tenus pour des « sauvages », exonérant celle des puissances occidentales, dont les ingérences ont pourtant joué un rôle déterminant à l’origine de la plupart des conflits.

Ils donnent aussi une importance qui nous semble exagérée à l’opposition des sunnites et des chiites.

Sans doute cette opposition entre  les deux versions historiques de l’islam joue-t-elle un rôle important dans des pays comme le Liban, l’Irak ou le Yémen. 

 

La même religion

 

Il reste qu’il s’agit d’un clivage qu’il ne faut pas forcer : sunnites et chiites sont d’accord sur l’essentiel : le Coran, la révélation, les prescriptions morales. Les uns et les autres vont en pèlerinage à la Mecque. Ils ne divergent pas sur des questions théologiques ou éthiques, seulement sur des questions généalogiques et politiques, s’agissant de déterminer quels furent les successeurs les plus légitimes du prophète à la tête du nouvel empire musulman qui se constitua  au VIIe siècle.  Les sunnites tiennent pour son beau-père Abou Bekr et la suite des premiers khalifes ; les chiites pour son gendre Ali et ses successeurs.  Des différences dans l’organisation sociale existent aussi : les mollahs ont plus d’importance dans l’islam chiite mais cela peut s’expliquer par le fait que l’arabe, langue du Coran, langue étrangère pour les Iraniens, nécessite des docteurs à même de le comprendre, alors que dans le monde arabe, il est plus facile au peuple d’avoir un accès direct au texte sacré, écrit dans une langue proche de la sienne. 

 

La guerre Iran-Irak et ses suites

 

Revenons cependant aux conflits récents : le plus terrible a sans doute été la  guerre Iran-Irak de 1980-1988, où l’Irak a vaincu grâce à l’appui des puissances occidentales. Elle opposait le régime irakien de Saddam Hussein, sunnite, à celui des ayatollahs iraniens, chiites.  Or la population de l’Irak est composée de 60 % de chiites qui n’ont pas renâclé à l’effort de guerre. De même les sunnites d’Iran, moins nombreux, ont suivi leur gouvernement. La contrainte de fer à laquelle les uns et les autres étaient soumis n’explique pas tout :   les premiers se sont comportés en arabes, les seconds en perses, laissant de côté les considérations religieuses.

La déliquescence de l’Irak après la guerre de 2003 a fait ressurgir le clivage entre les sunnites du nord (séparés des Kurdes, également sunnites mais absolument pas solidaires des Arabes sunnites) et les chiites du centre et du sud. En imposant la règle de la majorité, les Américains ont amené au pouvoir un gouvernement   chiite : ils sont ainsi les premiers responsables de la constitution d’un « arc chiite » :  Iran, Irak, Syrie, Liban (dominé militairement par le Hezbollah chiite), ressenti comme une menace par l’Arabie saoudite, la Jordanie, Israël, voire la Turquie.  Si Daech qui est apparu en 2014 au nord de la Mésopotamie est exclusivement sunnite, la coalition qui vient de le déloger de Mossoul comportait, outre les Occidentaux, l’armée irakienne, aujourd’hui dominée par les chiites, des Kurdes et des Arabes sunnites.

 

Yémen, Liban, Syrie

 

Au Yémen, le mouvement  houthi qui s’appuie sur l’Iran représente une branche particulière du chiisme, mais dans sa lutte contre un gouvernent sunnite soutenu par l’Arabie saoudite, il s’est allié aux milices de l‘ancien président sunnite Ali Abdallah Saleh qui veut revenir au pouvoir.   

Au Liban, le chaos de la guerre civile a permis l’émergence d’une milice dominante, le Hezbollah, chiite, mais elle est alliée à d’autres forces comme les chrétiens fidèles au général Aoun, actuel président de la République.

C’est en Syrie que le clivage sunnite /chiite induit en erreur beaucoup d’observateurs. 75 % de la population est sunnite. Or il s’en faut de beaucoup que les milices sunnites qui luttent contre le gouvernement Assad aient leur soutien. Il ne suffit pas en effet d’être sunnite pour accepter le régime étouffant et rétrograde que veut imposer l’Etat islamique, surtout dans un pays où les femmes ont toujours  été plus libres que dans le reste du monde arabe.   Une partie des sunnites soutient un gouvernement où ils sont largement représentés.   De vrais chiites, il n’y en a que très peu en Syrie.   Assad se rattache aux    alaouites qui   sont une espèce de secte gnostique à l’intérieur de l’islâm, plus proche à certains égards du christianisme que de   l’islam chiite. Sa femme est sunnite, il va régulièrement à la grande mosquée de Damas, sunnite.  L’alliance d’Assad avec le régime iranien est tout entière politique et non confessionnelle.

Et si l’on élargit le spectre, on voit sans peine que l’Algérie, entièrement   sunnite, soutient le gouvernement syrien. L’Iran chiite soutient le Hamas sunnite. L’Egypte sunnite (pour la partie musulmane) soutient ouvertement les forces gouvernementales sunnites au Yémen, mais aussi,  discrètement, la Syrie   etc.

 

L’Arabie saoudite face à l’Iran : d’abord une rivalité de puissances

 

Reste la grande question de l’affrontement Arabie saoudite-Iran, où certains voient celui d’une puissance sunnite et d’une puissance chiite ; Israël qui considère l’Iran comme une menace (pas parce qu’il est chiite, car l’Iran   était son allié au temps du shah et dans la guerre de 1980) à sa sécurité en raison de ses projets nucléaires et surtout à son hégémonie régionale, a conclu une alliance étroite avec l’Arabie saoudite, appuyée sur les Etats-Unis. Les émirats du Golfe, dont la cohésion est menacée par de fortes minorités, voire des majorités chiites exclues du pouvoir, sont pris entre deux feux, le Qatar venant d’essuyer des remontrances sévères de Ryad au sujet des liens qu’il avait gardés avec l’Iran. Mais supposons que l’Iran ait été sunnite : qui peut douter que deux puissances militaires comme l’Iran et l‘Arabie, situées de part et d’autre du Golfe persique dont on connait l’importance stratégique et la richesse en hydrocarbures ne soient pas de toutes façons en positon de rivalité ? Un peu comme le sont le Maroc et l’Algérie, tous deux sunnites. Il est peut-être plus décisif de savoir que les Iraniens sont des indo-européens et les Arabes des sémites. L’Arabie est elle-même menacée par une minorité chiite importante dans la région pétrolifère. La principauté d’Oman, qui n’est ni sunnite, ni chiite mais ibadite, se tient prudemment à l’écart de ces conflits.

La rivalité entre sunnites et chiites ne saurait être considéré comme une clef d’explication majeure des problèmes du Proche-Orient. C’est à dessein que les réseaux néo-conservateurs américains ont excité cette rivalité, depuis plus de   30 ans, en vue d’affaiblir certains Etats comme l’Irak ou la Syrie. Le grand dessein qu’ils avaient élaboré pour le Proche-Orient prévoyait le démantèlement des Etats arabes (hors les monarchies) au bénéfice d’entités ethniques et religieuses.

La rivalité entre les deux grandes branches de l’islam n’est qu’un des facteurs   qui expliquent la permanence des confits, le principal demeurant la rivalité de puissances, Etats-Unis et maintenant Russie.

 

Roland HUREAUX
Juillet 2017

 

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 08:07

LE SENAT A LA CROISEE DES CHEMINS

 

https://www.causeur.fr/senat-election-lrem-larcher-macron-146974

 

Après la défaite sévère que vient d’essuyer le gouvernement aux élections sénatoriales -  En marche a moins de sénateurs après qu’avant ! -, l’idée que le Sénat ne sert à rien (et que donc il faudra bientôt le réformer, voire le supprimer) revient à l’ordre du jour dans les sphères gouvernementales.

Une idée ancienne, qui prend d’autant plus de relief aujourd’hui qu’elle est liée à la crise de la démocratie représentative dont le bicamérisme est une des composantes essentielles.  Tony Blair avait   bien tenté de supprimer la Chambre des Lords : il l‘a au moins affaiblie. On veut réduire le nombre des députés et des sénateurs : moins il y en aura, croit-on, mieux cela vaudra[1].  

A quoi sert donc vraiment le Sénat ?

La réponse à cette question n’est pas d’abord juridique mais politique.  Il ne peut servir à quelque chose que s’il se démarque, voire s’il s ’oppose.

La tentation est aujourd’hui forte pour les sénateurs, face aux menaces de réforme ou de suppression, de faire profil bas, de ne pas trop contrarier le gouvernement et la majorité législative dans ses projets de de réforme, justifiés ou pas, surtout de rester politiquement corrects.

Tentation d’autant plus grande que, derrière la politique actuelle se trouve, sur beaucoup de sujets, non pas une option politique parmi d’autres, comme c’était le cas dans les premières années de la Ve République – gauche contre droite -, mais l’expression de la doxa internationale qui exerce aujourd’hui   sa dictature impitoyable.  A cette doxa, s’oppose presque toujours   la voix du bon sens qui ne peut que s’insurger contre la suppression progressive de l’échelon communal, une inutile remise en cause du département, l’obsession des discriminations ou la PMA sans père.  Mais défendre le bon sens contre l’idéologie fait courir dans des médias le risque   de la ringardisation.  Le Sénat n’a pas besoin de cela dit-on.

 

Le Sénat ne doit pas faire profil bas

 

Et bien non.  Il ne faut surtout pas qu’il fasse profil bas. D’abord parce qu’en s’opposant aux folies technocratiques et idéologiques du jour, les sénateurs rencontreront l’assentiment populaire et trouveront sur presque tous les terrains où se l’idéologie se heurte au bon sens, une légitimité    d’autant plus grande que celle de la majorité parlementaire est affaiblie.

Ensuite parce qu’il est dans la logique la Ve République (aggravée par le quinquennat) que l’Assemblée nationale soit composée de soutiens dévoués   du gouvernement où l’opposition se trouvera nécessairement écrasée – et aujourd’hui éclatée, et qu’en conséquence l’opinion cherche ailleurs   des  voix qui expriment  son point de vue.

Cela est d’autant plus vrai qu’il semble devenir habituel que le président élu voie sa cote dégringoler dès les premiers mois de son mandat, Macron    représentant un cas extrême à cet égard. Toute opposition un peu voyante, quelle qu’elle soit suscitera la sympathie d’une majorité de la population, comme l’a fort bien compris Mélenchon - mais faut-il qu’il ait seul le beau rôle ?

 

L’exemple de Gaston Monnerville

 

C’est ce qui s’était passé dans les années soixante où, face à la toute-puissance du fait majoritaire, Gaston Monnerville avait fait du Sénat une citadelle de l’opposition. Il est probable que s’il ne s’était pas situé en rupture   au cours des années précédentes, quel que soit le bien-fondé de ses positions, le Sénat   n’aurait pas gagné en 1969 la bataille pour sa survie.

Si le Sénat se fait au contraire couleur de muraille pour ne pas gêner le gouvernement, pour être « constructif », ce sera pour lui la mort lente. Comme ces retraités très âgés que toute le monde a oubliés, le jour où il disparaitra, personne ne s’en apercevra.

S’il résiste au gouvernement, et en fait à l’idéologie transnationale, transfrontière et transhumaniste qui l’inspire, il sera certes vomi par certains médias, mais il trouvera très vite une assise populaire qui lui manque aujourd’hui. Il sera au demeurant dans son rôle historique qui est d’être la   voix des terroirs contre l’échelon central.

Les lecteurs du testament juif (appelé Ancien testament par les chrétiens) le savent : quand le peuple hébreu voulait se fondre parmi autres peuples, il faisait l’objet d’un rejet ; quant au contraire, il affirmait bravement sa différence, il se faisait respecter. Il en ira de même du Sénat.

 

Roland HUREAUX

Septembre 2017

 

 

 

 

[1] On vient de découvrir qu’il y a  700 députés au Bundestag : avis  à ceux qui ne jurent que par le modèle allemand.

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 08:06

LA MISE EN GARDE A VUE DE SARKOZY NE GRANDIT PAS NOTRE JUSTICE

 

http://www.bvoltaire.fr/mise-garde-a-vue-de-nicolas-sarkozy-ne-grandit-justice/

 

Loin de nous l’idée d’approuver après  coup  l’action de Nicolas Sarkozy pendant son quinquennat.

Nous avons eu l’occasion en son temps de critiquer beaucoup de ses initiatives.

Il a tout de même eu le mérite de ne pas se répandre en repentances  humiliantes pour la France  et à ne pas mettre à l’encan notre patrimoine  industriel, comme le fait l’actuel président.

La guerre de Libye a été une des  plus désastreuses qui soit  par  ses conséquences : diffusion de l’arsenal du dictateur libyen dans  la moitié Nord  de l’Afrique, ouverture de la Méditerranée  à l’immigration de masse. Sarkozy ne l’a certes pas décidée seul  mais il  s’était assez mis en avant pour qu’on la mette  à  son débit.

Il reste que sa mise en garde à vue, même pour une affaire concernant la Libye, est quelque  chose de  profondément choquant.

Voilà une fois de  plus le témoignage d’une  grave perte de  repères de notre appareil judicaire.

Le risque de fuite ou de  disparition de preuves,   qui aurait pu la justifier,  était en l’occurrence  nul, bien entendu.

La   justification théorique sera  sans doute  l’égalité des  justiciables  devant la loi  que certains secteurs de l’opinion ratifieront peut-être .  Mais qui ne  voit  se profiler  derrière ce beau principe , la vieille envidia  démocratica, que Nietzsche appelait l’ « esprit de  ressentiment » et qui pousse à  se payer un ancien chef  de l ‘Etat, lequel  figurait sur l’inacceptable  « mur des cons ».  

Il faut aller  plus loin. Nicolas Sarkozy a occupé pendant cinq ans une fonction sacrale : certes le président de  la République  ne guérit plus les écrouelles comme jadis  les rois, mais il a  conservé le droit de    grâce ; il dispose depuis 1963  du  droit exclusif d’actionner l’arme nucléaire. Il promulgue les lois et garantit   l’indépendance de l’autorité judicaire. L’ancien  président  est toujours   membre du conseil constitutionnel.

Qu’il soit bon ou mauvais dans ce rôle, il est  , pendant le temps de son mandat, l’autorité suprême de la  nation. C’est  de toutes les façons une charge écrasante.

Tout cela mérite des égards. Il faut une certaine dose de vulgarité pour ne pas s’en rendre compte.

Les anthropologues (de Frazer à Girard) ont montré  comment  dans les sociétés  « premières »,  le roi   a   vocation soit à gouverner, soit à être mis à mort, pas toujours de manière symbolique , mais rien  entre les  deux. Sous la prétendue égalité, c’est  pour   cette deuxième option qu’ont  opté   les juges qui  ont voulu l’humilier.

Mais il, n’est pas nécessaire d’être anthropologue  pour sentir ce genre de  choses d’instinct.  C’est ce qu’ Orwell appelait  la « décence commune » (common decency).  Dans ce domaine comme dans d’autres, un juridisme   borné  et souvent mesquin a pris sa place.

Il est bien des choses qui ne vont pas dans le Royaume du Danemark.

La garde à vue de Sarkozy ne grandit pas notre justice.

 

Roland HUREAUX

  

 

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 08:04

LE BAC QUE PREPARE BLANQUER EST UNE FABRIQUE  DE CONFORMISME 

 

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/02/26/31003-20180226ARTFIG00309-le-grand-oral-du-bac-prepare-par-blanquer-risque-d-etre-une-fabrique-de-conformisme.php

Le Figaro-papier

 

Se  souvient-on  encore  du passage de Claude Allègre au ministère  de l’Education  nationale ? Il  y recueillit d’emblée  la sympathie de la droite par quelques formules choc comme la  promesse de dégraisser   le mammouth ». Non seulement il n’en fit rien, mais ce ministre profita de cette popularité factice pour  poursuivre  les réformes  les  plus  nocives.

M. Blanquer, pour sa part, multiplie les petits signaux en direction de la droite éducative : retour du latin (sans rétablissement du Capes de Lettres classiques, néanmoins) , classes bilingues, redoublements autorisées, apprentissage analytique de la  lecture, chorales voire uniforme à l’école. On comprend la satisfaction que suscitent  ces annonces, mais il faudrait attendre  de  voir quelle  mise en œuvre suivra avant de donner un satisfecit au ministre sur ces sujets. Reste sa réforme du bac, elle aussi bien reçue. Qu’en penser ?

Une partie du projet, au moins, est très inquiétante : l’instauration d’un grand oral « républicain » d’une demi-heure où les candidats s’exprimeraient librement sur un sujet choisi par eux deux ans plus tôt.

 

Le premier risque porte sur l’organisation des lycées : même s’il doit   s’appuyer encore, nous dit-on, sur une « dominante »,   un tel oral serait  la consécration des enseignements pratiques interdisciplinaires (TPE) qui se trouvaiernty au cœur dela réforme Vallaud-Belkacem. Leur   effet est  d’affaiblir  une des qualités qui restent au corps enseignant français, celle d’être des   spécialistes, pour les  transformer peu à peu  en animateurs interdisciplinaire . Non remise  en cause à ce jour,  cette orientation tend à faire de nos établissements , non plus des lieux d’apprentissage mais de simples « lieux de vie » , une évolution dont ne sont exonérées que  les ZEP, à la recherche , elles, de méthodes « efficaces ».  

L’autre risque est plus politique : celui d’instaurer,  plus clairement encore qu’aujourd’hui,  la dictature du politiquement correct au cœur de l’enseignement secondaire. 

Le grand oral devant un  jury, cela existe certes à  l’ENA et dans beaucoup de  grandes  écoles – pas les  plus sérieuses comme Normale ou Polytechnique,  du reste. Mais à l’âge de vingt ans ou plus,  les candidats ont au moins le temps de s’adapter sans y perdre leur âme,  de jouer le jeu qu’on attend d’eux quitte à faire la bête. A l’adolescence, ce sera plus difficile et il n’est de toutes les façons pas souhaitable d’inciter les jeunes à jour la comédie.   Ajoutons que l’exercice concernera toute une classe d’âge et non les seuls candidats à des concours.

Le  formatage requis commencera dès le choix des sujets. Outre le politiquement correct et l’adaptation  à l’air du temps , cette épreuve  qui  sera la dernière  et donc particulièrement solennisée , privilégiera la confiance  en soi ,  le culot,  l’air  « branché ». Elle  ouvrira  aussi  la porte insidieusement, au motif de compenser certains handicaps, à la discrimination positive des minorités de toute sorte, qui reste une discrimination. Avec ou sans instructions, les jurys y seront conduits  assez naturellement pur  suivre l’air du temps.

 

Pour le reste, on ne peut que se louer  du souci de décloisonner les  séries mais sera-ce dans le sens  de la simplicité ? Au lieu de trois séries, L,S et ES, la réforme, fondée sur un  choix d’options aboutirait  à 30 combinaisons de filières !  N’avait-on  pas le moyen de revaloriser les séries L sans inventer une telle usine à gaz, en parlant par  exemple de « lettres et communication », ce à  quoi   le ministère s’est  toujours refusé ?  Quelle place dans ces combinaisons pour l’histoire et la  géographie, matière de culture au moins autant aujourd’hui que la littérature  et la  philosophie (dont l’épreuve écrite  demeure, il est vrai, sans doute pour rassurer ) ou pour  la seconde langue ? Les matières seront  selon les élèves, tantôt des  majeures, tantôt des  mineures : nous souhaitons bien du plaisir  aux proviseurs qui  devront organiser les emplois du temps avec ça !

 

Est-il au demeurant judicieux, compte tenu des lacunes de plus en plus criantes de nos lycéens en  culture générale,  vers une spécialisation précoce alors que c’est sans  doute le contraire qu’il faudrait  faire :  opérer une rattrapage    de formation générale ( langue , orthographe notamment ) dans le premier cycle des facultés, quitte à repousser la sélection  à l’entrée au second cycle.

 

Si les épreuves de spécialités  sont remplacées par un contrôle continu anonyme, il y a peu de chances que le ministère fasse un bénéfice en termes  de coût d’organisation. On sait  au demeurant combien l’instauration du  contrôle continu  en mai 68 au sein de l’Université y avait  généralisé  le  bachotage au détriment de la culture générale   et de la liberté de l’esprit.

 

Comment  concilier des résultats du bac connus assez tôt pour gérer l’orientation des élèves après l’examen et assez tard pour ne  pas démobiliser  les élèves  en fin d’année ? Problème technique en apparence   qui   se pose dans une hypothèse de sélection généralisée  et précoce : ne pourrait–on  se contenter d’  organiser l’orientation pour qu’elle aille un peu plus  vite ?  

Le principal risque demeure que cette réforme soit une nouvelle étape dans la mise en condition de la jeunesse , et par là de la population, à une pensée unique. Après la chasse aus fake news, le formatage des esprits pr le nouveau bac ?

 

Roland HUREAUX

Février 2018

 

 

 

 

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 08:03

ET MAINTENANT, QUE FAIRE ?

 

Liberté politique, N°76, Février 2018

 

Que ferons-nous, nous les résistants, si le pouvoir venait subitement en nos mains, ce qui peut arriver, sait-on jamais ? plus vite que prévu.

Tant de réformes au cours des cinquante dernières années ont conduit, à démolir ce qui marchait [1] qu’on se méfie de tous les projets qui pourraient achever ce qui tient encore debout.  N’oublions pas en effet ce que Montesquieu disait des lois : « il n'y faut toucher que d'une main tremblante ». Quitte à surprendre, je commencerai donc par rappeler ce qui, en France, ne va pas encore trop mal et qu’il faut conserver.

 

Ne pas tout réformer : cas de la santé et de l’université

 

Nous avons encore un de meilleurs systèmes de santé du monde. Nos sommités médicales font autorité, les soins prodigués chez nous sont presque toujours de pointe. Et ce système performant, fait unique, est à la portée de tous, ce qui n’est pas le cas, par exemple, malgré l’Obamacare, du système américain. Il le doit à son caractère empirique : nous combinons médecine libérale, pharmacie d’officine, hôpitaux publics, cliniques privées, centres de soins mutualistes etc.  On dit que les Français ont l’esprit de système et que les Anglais sont pragmatiques ; en l’espèce c’est le contraire : le National Health Service, institution de soins entièrement étatisée, s’est avéré   une catastrophe. Il est vrai que leur système de santé coûte cher aux Français mais la part du PIB qu’ils y consacrent reste dans la norme internationale.  Pour préserver un tel système, il faut résister à tout ce qui le sape : la tendance    sournoise du ministère « profond » à fonctionnariser la médecine de ville, les directives européennes qui veulent au contraire libéraliser la pharmacie, le rajout de couches bureaucratiques comme les ARS instituées  par Juppé, un absurde numerus clausus qui conduit à recruter (aussi cher) 25 % d’étrangers peu qualifiés au lieu de jeunes français recalés. Inciter efficacement   les jeunes à s’installer en milieu rural n’est pas hors de portée.  

Autre secteur dont nous n’avons pas à rougir : l’Université.  Certains pousseront de hauts cris en entendant cela :  ils s’imaginent que  dans le reste du monde, il n’y a qu’Oxford et Harvard, que les grands pays n’ont pas comme nous   leurs universités prolétarisées. Notre système universitaire,  fort d’un corps enseignant très qualifié, est touché par le déclin dramatique du primaire et du secondaire, ce qui devrait   conduire, plutôt qu’à une sélection qui, pour l’essentiel,  existe déjà,  à transformer les deux premières années de faculté en un grand cycle de rattrapage de culture générale (langue française comprise), des sortes de high schools ou des classes préparatoires étendues.  Et ne sacrifions ni celles-ci, ni nos grande écoles littéraires ou scientifiques qui restent la fine fleur de notre enseignement supérieur. Mieux orienter les jeunes ingénieurs vers la recherche est indispensable mais il n’y a en revanche aucune   urgence à   courir après le classement de Shangaï qui n’a aucune importance. Que 90 % des universités soient entre le mains de la gauche[2] pose un problème de démocratie.  Le statut protecteur de nos enseignants-chercheurs garantit cependant une liberté qui n’existera bientôt plus aux Etats-Unis où le politiquement correct règne sans partage.

 

La défense  

 

Grâce à aux qualités exceptionnelles de son  encadrement  qui contraste avec la nullité de celui de 1940, l’outil militaire français, indispensable à notre   puissance, est potentiellement    adapté. Mais il est  râclé jusqu’ à l’os faute de crédits. Le niveau de 2 % du PIB est un minimum si l’on veut préserver la crédibilité de cet outil, à commencer par la force de dissuasion. Les désastreuses « bases de défense » inventées par la technocratie   doivent être démantelées.  En aucun cas on ne saurait, sous prétexte de coopération européenne, continuer à   laisser glisser entre des mains étrangères des industries d’armement   stratégiques.

 

On ne modifie pas la constitution tous les quatre matins

 

Autre sujet où s’applique particulièrement la maxime de Montesquieu : la constitution. C’est une grave erreur de penser que les immenses problèmes dont souffre notre pays auraient un caractère institutionnel. Ceux qui l’affirment sont d’ailleurs   incapables de dire pourquoi.  Que nos institutions soient, comme presque tout, dénaturées par l’idéologie ou la médiocrité des personnels, est une chose entendue. Mais la solution ne saurait résider dans un nouveau bouleversement du cadre politique : qui ne voit d’ailleurs ce qu’il y a de vulgaire à vouloir modifier la constitution dès qu’on a gagné les élections ! Les institutions doivent rester au-dessus des péripéties électorales. Peut-être même faudrait-il aller jusqu’à abroger d’un coup toutes les révisions qui ont été faites depuis celle de 1962.   Nos institutions ont été conçues de telle manière qu’un bon gouvernement ait les mains libres pour agir. Il n’est pas sûr qu’il les ait encore sans un retour aux sources de la Ve République.

 

Abroger d’abord

 

D’une façon générale, c’est par des abrogations qu’il faut, chaque fois qu’on le peut, procéder.  A peu près tous les secteurs de l’action publique ont vu au fil des ans des réformes conduisant comme le dit Guy Debord à « changer les choses en pire »[3]. Surtout ne cédons pas à la tentation s’en rajouter encore une couche. L’abrogation des   mauvaises décisions   accumulées   devrait la plupart du temps suffire à faire aller les choses mieux.   Inspirées par l’idéologie, elles sécrètent de la complication et des dépenses ; en tout, il faut revenir à la nature et à la simplicité. Parfois ce sera difficile : quand se sont accumulées trop de   strates inutiles, il est difficile de tout démonter d’un coup : ainsi les innombrables institutions intercommunales ou les complications qui résultent de réformes de l’Etat absurdes (l’autodestruction de Bercy restera un cas d’école). Dès lors, un travail essentiel est à faire : recenser toutes les lois et tous les décrets qu’un nouveau gouvernement devrait   abroger d’entrée. Vaste programme d’autant que chaque année qui passe en apporte un nouveau contingent.   

 

Pas de redressement sans indépendance

 

S’il n’est  pas nécessaire de changer de constitution pour gouverner, il est en revanche nécessaire de recouvrer notre indépendance.  Pour bien s’occuper des intérêts d’un peuple, un gouvernement ne saurait avoir d’autre contrainte que ces intérêts eux-mêmes. Les accords internationaux sont bien sûr nécessaires mais ils ne doivent pas être irréversibles surtout dans les cas où ils vont à l’évidence contre ces intérêts.

L’indépendance diplomatique est la plus facile à recouvrer.    Les statuts de l’OTAN sont moins contraignants qu’on ne croit ; il ne faut pas les réviser pour cesser d’envoyer des troupes françaises participer à des gesticulations provocatrices aux   frontières de la Russie ou   nos forces spéciales en appui des    djihadistes de Syrie.  Il suffit de courage. L’élection de Trump qui, à la différence des néo-conservateurs, n’exige pas un alignement sans faille,   devrait faciliter les choses.

L’indépendance   administrative complète conduirait à un retrait de l’Union européenne. Dans un premier temps, soyons   au moins plus attentifs à nos intérêts. Les Français   passent leur temps à protester contre des directives européennes qu’ils ont votées – alors que rien ne les y obligeait, par exemple la directive sur les travailleurs détachés. En attendent de savoir mieux ce que deviendra cette machine à bout de souffle, il est du devoir du gouvernement de la France d’être impitoyable dans la défense de ses intérêts nationaux. Que le maire de Toulouse soit intraitable pour défendre les intérêts de sa ville ne signifie pas qu’il remet en cause l’unité nationale.  Hélas nos élites ont cru  que pour être un bon européen il fallait sacrifier les intérêts français, idée  absurde qui n’a pas fait peu pour discréditer la construction européenne..

Plus grave est la dépendance juridique, du fait de la prise de pouvoir   progressive par les juges, nationaux (mais appliquant aveuglément les normes internationales) ou internationaux,  à tous les niveaux, au nom des valeurs les plus hautes (droits de l’homme entendus sans limites, idéologie transfrontières) qui bride de plus en plus l’action publique. Certaines de ces décisions sont fondées sur des textes français ou européens qu’il ne faut pas hésiter à remettre en cause, d’autres sur la simple jurisprudence.  Aucune de ces normes ne saurait prévaloir sur l’intérêt national, par exemple nous empêcher de combattre efficacement le terrorisme ou de contrôler l’immigration, quitte à ce que nous prenions nos distances avec les institutions qui les appliquent. Un des effets paradoxaux de cette montée des droits abstraits   est de brider la liberté d’expression au point que la démocratie s’en trouve désormais en danger : il faut résolument abroger toutes les lois liberticides qui ont cet effet sans préjudice naturellement des plaintes qui peuvent être légitimement déposées au civil par ceux qui s’estiment victimes d’abus.

 

La question économique

 

Enfin l’indépendance l’économique. Elle a deux volets : le premier est bien   connu, c’est la question de l’euro : mis en place en France sans aucune des précautions qui auraient   pu le rendre viable : TVA sociale, réduction drastique des dépenses publiques, il a eu pour effet un affaiblissement continu de l’économie frnaçaise, notamment face à l’économie allemande depuis 2000. Notre agriculture et nos industries s’en trouvent dévastées. Il est certes peu probable qu’il résiste à une nouvelle crise financière de grande ampleur que beaucoup prédisent et dont il est une des causes. Mais dans un environnement international aussi fragile que celui que nous connaissons, faut-il précipiter les choses ? 

L’autre aspect de notre dépendance économique est la passivité de l’Etat face à tout ce qui tend à démanteler nos   grandes filières nationales.  Entre celles qui ont disparu ou sont passées dans des mains étrangères : Arcelor, Péchiney, Alstom, Nexter, FTX, Areva et celles qui sont gravement menacées : Airbus, Thalès, le paysage est aujourd’hui celui d’un champ de ruines.  Naturellement l’incompétence et la corruption des dirigeants français sont autant responsables que Bruxelles ou Washington.  Mais il y a aussi l’idéologie : la conviction absurde de certaines élites  incompétentes qu’on pourrait rester puissant   sans industrie !   Peut-on encore remonter la pente ? Même si   on le pouvait, les règlements européens qui interdisent pratiquement   toute politique    industrielle doivent être revus   d’urgence ou , au besoin, transgressés dans un esprit de salut national.   La nationalisation de certains secteurs en danger ne doit pas être un tabou. Si rien n’est fait, la France sera d’ici une dizaine d’années retournée à l’état préindustriel.

 

La question démographique

 

Peut-être plus important encore que l’enjeu économique est  l’enjeu   démographique. On sait ce qu’il en est : un effondrement de la natalité autochtone autour de 1,5 enfants par femme. Dès 2024, les enfants naissant en France seront en majorité d’origine africaine, comme ils le sont déjà en Ile-de-France et, pour la plupart, musulmans. L’idée que le « grand remplacement » est en cours n’est plus taboue, y compris chez les nihilistes qui s’en félicitent.  Le risque n’est pas seulement celui d’une rupture avec   la civilisation   européenne que nous avons reçue en héritage, elle est celle d’immenses désordres intérieurs dont nous n’avons pas encore idée. Le terrorisme, l’adhésion ou la non adhésion aux valeurs dites républicaines, parmi lesquelles la laïcité, sont des questions graves.  Mais la démographie est la seule variable déterminante. Arrêter entièrement toute immigration (sauf quelques cas particuliers qui ne forment pas masse) ne suffira pas. Il ne faudra pas reculer devant une révision complète de la politique familiale qui, de plafonnement en plafonnement, n ’encourage aujourd’hui plus guère que la fécondité importée ; cette révision passe au minimum par le déplafonnement   du quotient familial.    La politique du logement, qui n’est plus qu’une pompe aspirante de l’immigration, doit être redéfinie dans le même sens.

 

L’Education

 

De réformes calamiteuses en réformes calamiteuses, les Français ont assisté   à la dégradation rapide d’un système éducatif jadis tenu pour un des meilleurs du monde : le primaire d’abord, puis le secondaire.   Les mesures à   prendre sont connues : retour eux pédagogies classiques dans tous les domaines (pas seulement l’apprentissage alphabétique de la lecture, mais aussi la grammaire de Vaugelas ), la fin du collège unique, au moins après 14 ans (comme l’avait tenté   le ministre de Robien en 2007[4]). Les mesures prises par le ministre actuel iraient dans le bon sens :  à voir. Pas de place non plus pour l’apprentissage des langues du pays d’origine hors du cycle commun des cours de langue étrangère.  La  promotion  de langues autres que l’anglais ( allemand , russe, chinois, espagnol, portugais ), devrait  permettre de négocier des accords de réciprocité favorables à la francophonie.  

 

La Justice et la sécurité

 

Avec l’Education, la Justice est l’autre grande institution malade de la France. L ’ENM n’est plus guère qu’une école de formatage idéologique où les seuls stages ont de l’intérêt. Il faut sans doute la supprimer. Mais cela ne suffira pas. En aucun   cas, la solution ne réside dans le renoncement du gouvernement   à ses leviers de commande : les nominations, la direction du   parquet. Si ces instruments étaient abandonnés, aucun relèvement ne serait possible.  Mais l’interférence de la justice dans les élections, comme on l’a vue dans l’affaire Fillon, doit être sévèrement proscrite.

De même qu’on ne saurait tenir les armées pour responsables   d’une diplomatie devenue folle, on ne saurait tenir la police pour responsable d’une politique pénale trop souvent aberrante. La restauration de celle-ci devrait rendre la confiance et l’efficacité aux policiers et aux gendarmes et donc à terme, améliorer la sécurité.  

 

Après trente ans de réformes : le capharnaüm de l’administration centrale et locale

 

Nous l’avons évoqué : il sera difficile de refaire du jour au lendemain l’invraisemblable usine à gaz que la technocratie a mise en place au niveau local, au motif de développer l’ « intercommunalité » et qui a entrainé le recrutement   de centaines de milliers de fonctionnaires. Certains   principes doivent être affirmés : la liberté des communes, la neutralité de l’Etat (spécialement de ses dotations) quant aux structures, l’incitation très forte   à la modération fiscale, pouvant aller jusqu’à la contrainte.  Comment revenir sur une réforme fiscale dangereuse qui va faire reposer l’essentiel de la dépense locale sur 20 ou 30 % des électeurs du fait de la suppression de la taxe d’habitation et d’une concentration de la   taxe foncière ?  La remise en cause du département    serait encore une source de désordre et, quoi qu’on pense, de surcoûts,  mais toutes les structures intermédiaires, départements, régions, communautés d’agglomération doivent être incitées à réduire leur voilure, ce qui ne passe pas par leur regroupement comme le croient les réformateurs en chambre.

 

Métropoles contre France périphérique : réaménager le territoire

 

Pendant que la politique officielle – rarement avouée come telle – promeut depuis trente ans les métropoles (c’est à dire les plus   grandes villes), une moitié de la France se meurt sur le plan économique et démographique : la « France périphérique »   dont parle Christophe Guilluy[5]. Il n’y pas de solution miracle à ce déclin :  une couverture minimale par les services publics doit y  être préservée coûte que coûte ; la politique nationale, plutôt bien engagée, d’aide à la création d’entreprise, doit être infléchie en faveur des zones rurales et des villes moyennes.  Elle passe par une réforme des structures bancaires dont on parle depuis longtemps mais qui reste à faire. Comment comprendre que nos banques prêtent, par l’intermédiaire de banques italiennes très fragiles,   aux PME transalpines ce qu’elles refusent trop souvent aux PME françaises ?  Pour le moment, Draghi couvre mais pour combien de temps ?

 

Une solidarité nationale à remettre en ordre

 

Les mécanismes français de solidarité les plus lourds ne sont pas, comme on le dit un peu sottement, un héritage de la Résistance mais l’effet des initiatives des quarante dernières années : AAH, APL, RMI (devenu RSA), CMU, AME[6] etc. se sont accumulés au fil des ans. Les inconvénients en   sont de trois sortes : d’abord un coût considérable pour les finances publiques, ensuite un appel d’air à l’immigration, enfin un sentiment d’injustice de la part des travailleurs du bas l’échelle qui se demandent à quoi bon travailler puisqu’ils gagnent souvent moins que s’ils ne travaillaient pas.  Les experts qui maitrisent ce maquis sont de plus en plus rares, hélas ;    or sans revenir sur la notion de solidarité, une grande remise en ordre est nécessaire.

Au titre des transferts, on ne saurait oublier les retraites. La mesure essentielle à prendre est la remise en cause de la limite de 60 ans qui ne tient pas compte de l’allongement de la durée de la vie et de l’amélioration de la santé du troisième âge : plus qu’un passage à 65 ans, il faut envisager une retraite à la carte. Cela est  plus urgent qu’une  harmonisation des régimes qu’il faudrait   sans  doute payer très cher.

Plus que l’Etat, le système social, qui absorbe près de 600 milliard par  an est, avec les collectivités  locales , le principal responsable du niveau   insupportable de 57 % du PIB  de dépenses publiques  que nous avons atteint , taux presque sans égal  dans le monde. Le réduire constitue un objectif    essentiel  à ne jamais perdre  de vue.

 

Ecologie naturelle et écologie humaine

Nous ne pouvons pas parler de tout :  l’environnement est une préoccupation légitime mais elle doit tourner le dos à l‘ idéologie pour revenir au pragmatisme. L’absurde programme d’éoliennes défigure le paysage français :  qui sait qu’il   exige un supplément d’énergie thermique (et donc de CO 2) au titre de la régulation ?     Tant qu’à faire des économies d’énergie, privilégions le     solaire et l’isolation, sachant que le nucléaire, plus sûr que jamais grâce aux progrès techniques, reste l’énergie la plus propre.

Nous ne terminons pas par les questions bioéthiques parce qu’elles seraient moins importantes, au contraire. Il y encore 220 000 avortement par an (le même nombre que les entrées régulières d’étrangers[7]). Moins que l‘expression de la liberté des femmes, ne seraient-ils pas devenus celui de la lâcheté des hommes ?  Combien se font sous la contrainte de l’entourage, surtout masculin [8] ?  Entre le régime de la loi Veil que se voulait une loi de dissuasion, et le régime actuel qui apparait comme un régime d’incitation, le premier ne serait-il pas un moindre mal ? A l’inverse, l’idée ridicule, qui pourtant fait son chemin, d’un PMA pour femmes seules ne voulant pas connaitre un homme est la suite logique de la loi Taubira, résultat d’un lobbying mondial dont l’épicentre est le même Hollywood qui défraye aujourd’hui la chronique. Si l’on peut admettre que des hommes ou des femmes qui, en  partagent leur vie,  soulagent la puissance publique du devoir d’assistance et donc méritent quelque reconnaissance, comment accepter qu’un Code civil républicain   fonde un chapitre entier sur une « théorie du genre » qui n’est qu’une fumisterie non scientifique ?  

On le voit, le chantier est immense.   Nul ne sait de quoi l’avenir est fait. Plus que jamais, il importe que les forces de la résistance   aient un programme crédible qui les mette en position de redresser efficacement la France, avec détermination, courage et surtout compétence, dès que les circonstances le permettront.  

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

 

[1] Cf.  Roland Hureaux, La grande démolition, La France cassée par les réformes, Buchet-Chastel, 2012

[2] L’emprise de la gauche s’est encore accrue avec la mise en œuvre de la loi Pécresse, tenue pour une grande loi de droite.

[3] Guy Debord, La société du spectacle , 1966, Folio Gallimard

[4] Les réformes courageuses du ministre de Robien avaient  été abrogées par Nicolas Sarkozy dès son arrivée.

[5] Christophe Guilluy, La France périphérique, Flammarion, 1972

[6] Allocation adulte handicapé, Aide personnalisée au logement, Revenu minimum d’insertion ( devenu Revenu de solidarité active) , Couverture maladie universelle, Aide médicale aux étrangers. 

[7] Avec les entrées irrégulière, il est probable que l’on atteigne les 350 000 entrées.  

[8] Parmi lesquels les employeurs .  

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 08:00

POLANSKI N’IRA PAS SUR LA CROISETTE

 

Il y aura un grand absent au festival de Cannes : Roman Polanski dont le dernier film, aurait assurément mérité un hommage spécial. Mais il se trouve en Suisse, assigné à résidence et sous la menace d’une extradition vers les Etats-Unis.

Un récent article de Philippe Bilger, paru dans ces colonnes, a   ouvert les yeux à tous ceux qui, comme nous, ne maîtrisent pas   les arcanes   de la procédure pénale américaine. De toutes les façons, il y a assez de films, de romans ou de faits divers pour nous faire comprendre que ce pays n’est plus depuis longtemps – s’il le fut jamais - le modèle d’état de droit qu’on se plait à nous présenter.    Et sans doute Roman Polanski a-t-il de bonnes raisons de ne pas vouloir être livré pieds et poings liés à une justice connue pour être particulièrement imprévisible.

On peut penser beaucoup de choses de la nature et de la gravité de l’acte commis par le cinéaste en 1977. Il reste que 33 ans se sont écoulés depuis lors et que la victime, qui n’est plus toute jeune, a depuis longtemps demandé qu’on laisse son auteur en paix.  

Pourquoi cette affaire est-elle relancée maintenant –  et non pas il y a cinq ans ou dans cinq ans ? Il y a souvent des coïncidences étranges. Mais il en est une, en l’espèce, qui   saute aux yeux : la demande d’extradition et le tournage du dernier film de Polanski :   The Ghost writer.

Car ce film n’est pas n’importe lequel. Outre l’immense talent qu’il démontre, il s’agit d’une des attaques les plus féroces qui soient contre les manipulations de la politique européenne auxquelles se livrent depuis longtemps certaines officines américaines. Des manipulations qui ne sont pas un secret : des auteurs comme Bigne Brezinski les avouent ouvertement.

On connaît l’argument du film : un ancien premier ministre britannique (toute ressemblance avec Tony Blair est naturellement   fortuite !) trouve un « nègre » (en anglais ghost-writer) pour écrire ses mémoires. Celui-ci découvre, au fil de son enquête, que son commanditaire a été programmé dès sa prime jeunesse pour être un exécutant fidèle de la politiqua américaine : sa carrière s’en est trouvé facilitée et, parvenu au pouvoir, il a pleinement rempli le « contrat ».

Cela se passe au Royaume-Uni mais aurait pu, aussi bien, se passer en France.

Ces manipulations ne sont pas nouvelles ; tous les « empires » s’y sont livrés. Elles reposent entre autres sur des contacts avec d’ambitieux jeunes gens, des Young leaders, soigneusement sélectionnés et conditionnés en début de carrière. Vues du côté américain, ces manipulations pouvaient paraître légitimes aussi longtemps que durait la guerre froide et la menace d’un asservissement de l’Europe de l’Ouest au totalitarisme. Depuis 1990, elles se trouvent, paradoxalement, plus efficaces que jamais en même temps que dépouillées de toute légitimité. Plus efficaces que jamais parce que l’effondrement du communisme les libère de tout contre-pouvoir, et que s’agissant d’actions à long terme programmées longtemps à l’avance, elles n’atteignent leur pleine efficacité que vingt ou trente ans après, dépourvues de toute légitimité car aucune menace ne les justifie plus désormais.

Polanski a certes été arrêté le 29 septembre 2009 alors que le film   n’est sorti en salle que le 3 mars 2010 ; mais au moment de l’arrestation, le tournage était terminé et ceux qui devaient savoir savaient évidemment quel était le contenu du film.

Quelque argument qu’on nous oppose, la coïncidence des dates nous laisse plus que des doutes. On comprend en tous cas que l’auteur d’un tel film, un des plus terribles qui aient jamais été produits sur les méthodes de l’action extérieure des Etats-Unis, n’ait pas très envie d’être jugé dans ce pays.

 

Roland HUREAUX

Mai 2017

 

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 07:59

L’ARRET DU CONSEIL D’ETAT SUR LA CROIX DE PLOËRMEL N’EST SUREMENT PAS UNE MAUVAISE NOUVELLE POUR LES ISLAMISTES

 

https://www.causeur.fr/croix-ploermel-conseil-etat-islam-147688

Autant le dire : je ne suis pas un enthousiaste de l’arrêt du Conseil d’Etat du 25 octobre 2017  demandant à la commune de Ploërmel de retirer la croix qui surplombe la statue de Jean-Paul II érigée sur une place de cette ville.

Certes l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905 dite loi de séparation de l’Eglise et  de l’Etat  semble sans appel [1]  :

« Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires ainsi que des musées ou expositions ».

Il est vrai aussi que la commune a commis une erreur en ajoutant la croix à la statue sans recourir à une délibération spéciale.

Mais l’article 2 de la même loi est tout aussi clair : « La République ne reconnaît, ne salarie,  ni ne subventionne aucun culte. »  Or la pratique étendue qui consiste pour une commune à vendre un terrain au franc symbolique ou à conclure un bail emphytéotique avec une  association  pour qu’elle y construise une mosquée n’est-elle pas, qu’on le veuille ou non, une subvention à peine déguisée ?

Il faut donc sortir de la lettre de la  loi et  parler « accommodements raisonnables ». C’est d’ ailleurs dans  cet esprit qu’ à son commencement ,  le Conseil d’Etat avait, très sagement,  appliqué la loi  de 1905, permettant par exemple les processions dès lors qu’elle ne se troublaient pas l’ordre public.

Il eut été  possible par exemple de prendre en considération le fait que   le principal du monument était le statue  du pape, l’arche et  croix n’en étant que l’ accessoire ; une croix abstraite, ce   n’est tout de même pas pareil  qu’un  crucifix !

Je ne puis en tous cas suivre Me Régis de Castelnau[2] quand il écrit  :  « pourquoi créer des précédents et réclamer ainsi pour les chrétiens des  « accommodements raisonnables »  en essayant de contourner la loi ?  Alors qu’il est essentiel justement de les refuser et de les combattre fermement dès lors qu’ils émanent du salafisme ou du wahhabisme. » 

Le problème c’est que  ces accommodements, on ne les refuse précisément  pas à l’islam et encore moins les combat-on, même quand ils ne sont pas raisonnables.  Précédent ou pas,  qui croit sérieusement qu’on le   fera dans l’avenir  ? Qui  ignore qu’il   y a des  quartiers entiers  où les femmes ne peuvent pas sortir sans voile,  où on ne peut pas manger ou fumer dans la rue un jour de   ramadan ? Si la religion musulmane intimide quand  elle ne représente que 10 %  de la population, qu’en sera-t-il  quand elle en représentera  20 ou 30 % ,  ce qui arrivera nécessairement, même sans immigration supplémentaire,  si on prolonge les courbes de population ?

Pas d’accommodements raisonnables pour les catholiques, beaucoup  d’ accommodements déraisonnables pour  les musulmans : telle apparait la situation actuelle aux yeux d’ une partie de l’opinion , bien au-delà des seuls croyants.

Heureusement l’islam n’admet pas les images: on  ne dressera donc pas de statue de Mahomet dans les quartiers où il est majoritaire , mais si d’aventure  on s’avisait d’y installer un croissant géant  ,  qui osera  s’  y opposer ? Les  libres penseurs  , si prompts  à tirer sur l’ambulance d’un catholicisme déclinant, seront-ils  alors si hardis ?  Et que décideront   les juges ? 

Loin de freiner l’investissement  de la sphère publique par l’islam, une décision de ce genre  va  au contraire l’encourager. Voici pourquoi : dans l’esprit des islamistes  et  même de beaucoup   de simples musulmans sous influence, le monde est  simple :  il est le lieu d’une  guerre sans merci que les « croisés » font aux musulmans . Les croisés  : pas seulement  le pape ou les évêques, mais tout aussi bien le Grand Orient ou le comité d’action laïque[3],  bref tout ce qui , dans ses contradictions , constitue  la civilisation   occidentale. Espérer leur faire comprendre qu’au dessus des religions trône le principe de laïcité est illusoire ; et d’ailleurs ils ont sans doute raison : la laïcisme est un sous-produit de l’Europe chrétienne ; seul face à un courant  religieux en pleine vigueur, il y a peu de chances qu’il s’impose. 

Nous risquons de faire la même erreur que l’empereur byzantin Constantin V ( 741 - 775 )   qui , face à la poussée  de l’islam  , crut mieux se défendre en l’imitant  , en interdisant les images : ce fut la crise iconoclaste  laquelle  eut surtout  pour  effet de mettre un peu plus de pagaille  dans le camp  byzantin.

Pour les islamistes, si les « croisés » enlèvent eux-mêmes  les croix, c’est qu’ils sont déjà en position  de faiblesse, prêts pour la dhimmitude. Feu vert donc pour pousser le bouchon un peu plus loin.

Je doute fort que  les islamistes , quoi qu’en pensent nos laïcards,   tiennent  l’arrêt du Conseil d’Etat pour  une mauvaise nouvelle.

 

Roland HUREAUX

Février 2018

 

 

 

[1] Sauf   à  privatiser le terrain :  on peut faire confiance à Paul Ancelin,   maire  de Ploërmel 1977 à 2008, commanditaire de  la statue,  vieux baroudeur qui avait sauvé la vie de Chirac pendant la  guerre d’Algérie , pour ne pas se laisser faire.  

[2] https://www.causeur.fr/croix-jean-paul-conseil-etat-147526

[3] Et souvent l’Etat d’Israël lui-même.

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 07:57

POURQUOI LE PAPE FRANCOIS A-T-IL EVOQUE A NOËL DES « VENTS DE GUERRE » ?

 

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Pourquoi-le-Pape-Francois-a-t-il-evoque-a-Noel-des-vents-de-guerre

 

A quoi pensait le pape François en déplorant dans son message de Noël « que soufflent sur le monde des vents de guerre » ?

Il ne faut certes pas exclure que le Saint Père ait des intuitions, à caractère mystique, dont ne bénéficient pas les simples mortels, mais la géopolitique est d’abord affaire d’analyse rationnelle.

J’ai relu les messages de Noël du pape François depuis son avènement ; y sont certes passés chaque fois en revue les conflits qui se déroulent un peu partout dans le monde et les tragédies qui en résultent, ainsi que des situations de tension interne qui n‘ont pas un caractère aussi tragique, telle celle du Venezuela, mais dans aucun de ces messages, qui s’étalent de 2013 et 2016, le Saint Père ne s’était montré aussi alarmiste.  

Pourtant, jamais la paix dans le monde n’a fait autant de progrès qu’en cette année 2017 qui vient de se terminer. Deux événements majeurs la marquent : la paix en Syrie et la paix en Irak. Certes, dans aucun de ces deux pays, la situation n’est   entièrement stabilisée, des poches de dissidence subsistent ici ou là, mais les populations ont repris espoir, en particulier les chrétiens d’Orient si chers à nos cœurs.  

Il est vrai que ces progrès sont dus à des personnalités qui n’ont pas l’heur de plaire au maître de l’opinion occidentale : Donald Trump et Vladimir Poutine.  Poutine a soutenu le gros de l’effort qui a permis au gouvernement légal (dit « régime de Bachar el Assad ») de reprendre le contrôle du territoire syrien. Trump, à la différence de son prédécesseur, l’a laissé faire, bloquant notamment à la fin de l’été, décision capitale, un navire d’armements affrété par la CIA et destiné au mouvement al Nosra (ex Al Qaida), ce qui aurait permis de continuer la guerre.

En Irak, Trump a accéléré la prise de Mossoul que le gouvernement Obama avait entreprise mais qu’il ne paraissait pas pressé de mener à son terme.

Ne sont en revanche pour rien dans la paix les autres gouvernements de l’OTAN qui auraient voulu empêcher le retour des réfugiés en Syrie (Macron a même demandé au président libanais de les retenir !)

Il est vrai aussi que cette élimination du djihadisme est passée par des opérations chirurgicales qui ont fait des victimes civiles : des centaines à Alep, ce qui a provoqué un tollé dans le monde entier ; des milliers à Mossoul, dont personne n’a parlé.    Deux poids, deux mesures : à Alep, l’opération était menée par les Russes, à Mossoul par les Américains. De toutes les façons les belles âmes auront du mal à reconnaitre que le retour à la paix passe quelques fois par des opérations de ce genre. 

Donald Trump, l’ « affreux », s’est avéré ainsi un authentique « artisan de paix ».  Les rodomontades qu’on lui reproche, et qui sont peut-être les « vents de la guerre » dont parle le pape François, visent surtout le régime fou de la Corée du Nord, le seul régime totalitaire subsistant sur la  planète ,  bien plus dangereux que ne l’a jamais été  le régime syrien. On peut en critiquer  la  manière (encore qu’elle ait sa logique interne), difficilement la cible.

Mais la vérité historique (et même  spirituelle) se trouve rarement  dans les apparences. On dit que   Trump ne serait  pas  bien vu au Vatican en raison de ses sauvais manières. Vrai ou pas vrai, il est probable qu’on y  préfère les manières   policées qu’avait en son temps évoquées le poète Joachim du Bellay[1]. Mais il faut aller au-delà des  apparences :  pas plus que l’ habit ne fait le moine, l’air urbain ne fait pas le faiseur de paix. Obama, prix Nobel de la Paix et sa comparse Hillary Clinton, on  mis quatre pays en guerre, d’ailleurs cités dans le message papal. Trump n’a à ce séjour pas causé de guerre et fait deux   paix.

Il est vrai qu’on   lui reproche de dresser des murs  entre les peuples : sait-on que celui qu’il bâtit , à la frontière du Mexique,  avait été commencé par Obama ?   Sait-on aussi, parmi les célibataires qui gouvernent l’Eglise,   que,  quand des enfants des disputent,  le meilleur moyen de les calmer est de les  séparer ? La plupart des guerres   déclenchées au cours des dernières années par les  forces de l’OTAN  (six au total, deux sous  Bush et quatre sous Obama-Clinton)    l’ont été au nom des droits de l’homme par de gens qui voulaient « ouvrir » des pays réputés fermés ?

On ne s’attendait pas à ce que , dans son message de Noël,  le  Saint Père félicite Trump et  Poutine mais au moins aurait-il pu saluer le grand pas qu’a fait la paix en 2017.

 

Roland HUREAUX

Décembre 2017

 

 

 

 

 

 

[1] Joachim DU BELLAY  (1522-1560) , Regrets LXXXVI

 

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 07:54

ON NE FERA PAS PLIER LA POLOGNE

 

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/On-ne-fera-pas-plier-la-Pologne

 

La Pologne se trouve depuis de longs mois soumise à une forte pression de l’Union européenne et d’autres institutions  au sujet  des droits de l’ homme.  Elle est mise régulièrement sur le banc des accusés pour  fermer sa porte   à l’immigration extra-européenne (elle reçoit en revanche beaucoup d’Ukrainiens et de Biélorusses), pour restreindre l’accès   à  l’avortement ou refuser d’ instaurer le « mariage » des homosexuels.

Il est aussi reproché à son gouvernement qui représente la droite patriote  et catholique (le PiS) de porter atteinte aux libertés. Pour cette raison, Bruxelles menace régulièrement de mettre ce pays « sous surveillance »  ,  comme le sera sans doute le futur   gouvernement autrichien issu des récentes  élections.

Le ton est ainsi donné à toute une série d’organisations  qui colportent  que la Pologne est sur la voie de la dictature. Ainsi  le Barreau de Paris, qui ne s’était jamais  inquiété de la suppression des  libertés en Pologne au temps du communisme et qui ne s’inquiète pas davantage de leur restriction dans certains grands pays comme les Etats-Unis, a consacré récemment un colloque  au recul des libertés en Pologne, avec la caution, il est vrai,  de Lech Walesa venu régler  quelques comptes avec ses  héritiers politiques.

De quelles atteintes s’agit-il ? Essentiellement  de deux : la liberté de la presse, menacée, dit-on,  par la reprise de contrôle par l’Etat  des radios et télévisions publiques, l’indépendance   du pouvoir judiciaire   que l’on dit restreinte par la loi adoptée le 22 juillet 2017 par la Diète  où d’aucuns  croient voir une volonté du gouvernement  de l’avoir à sa main.

Comment reprocher pourtant à un  gouvernement assis sur la légitimité populaire de ne pas se satisfaire d’  une situation où  la quasi-totalité de la presse publique et privée lui est hostile ? Le secteur   public en raison des nominations faites par l’ancien gouvernement, dominé par les   libéraux – libertaires pro-européens, anciens communistes désavoués par la population ; le secteur  privé du fait qu’il se trouve  largement entre les mains de capitaux allemands  avec une forte influence du groupe Soros qui s’est juré  d’avoir la peau  des  gouvernements conservateurs d’Europe de l’ Est.

En outre, comment l’actuel  gouvernement  pourrait-il accepter  une situation  où les magistrats nommés par le pouvoir communiste  se cooptent plus ou moins depuis bientôt trente ans ?   

 

Indécence

 

Comment ne pas voir ce qu’il y  a d’ indécent à ce qu’ une partie de l’Europe et même certains Américains,   reprochent  des manquements à   la démocratie à  un pays qui a subi un siècle et semi d’oppression étrangère et   perdu 6 millions de civils  ( dont 3 millions de juifs) du fait de l’occupation  allemande et soviétique durant la dernière guerre ?  Il est vrai que  la culture historique et le tact  ne sont pas  très répandus chez les bureaucrates de Bruxelles campés sur leur principes étriqués. Le cas est aggravé quand c’est l’Allemagne qui ose   faire ce genre de critiques.

Le président français qui veut être toujours à la pointe de ce qui est européen   en a  rajouté, oubliant la vieille amitié  franco-polonaise ( mais il n’est  pas le seul) , et poussant l’incohérence jusqu’ à  réclamer de  Varsovie un assouplissement de la directive sur les  travailleurs  détachés  qui  a certes de graves inconvénients pour nous mais  qui  n’en est pas moins   dans la ligne de la plus grande intégration européenne qu’il appelle chaque jour  de ses vœux.  Avec de  telles contradictions  qui le prendra au sérieux  ?  

La Pologne cependant ne cèdera pas. Pas plus que la Hongrie  soumise à  des pressions identiques ou la Russie, extérieure , elle, au jeu européen  mais qui se trouve aussi dans le collimateur de libertaires. Des révolutions orange  destinées,  par l’agitation planifiée de l’ extérieur, à porter au pouvoir  des agents  de l’ Occident,  ont pu avoir lieu  à Kiev ou à Tbilissi ;  il est douteux qu’elles se produisent jamais   à Varsovie, à  Prague ou a fortiori à  Moscou,,  quoi que certains espèrent.    

 

Erreur de diagnostic

 

Les libéraux libertaires  européens se trompent  en effet de diagnostic  . Ils s’imaginent que si les pays de l’Est  (et aujourd’hui l’Autriche) sont hostiles au genre de « progrès » qu’ils  veulent leur  apporter, c’est parce que ces pays sont encore    arriérés et que, peu à peu, ils rattraperont  le train de la « modernité »  idéologique occidentale.

Grave  erreur . Ce qui distingue fondamentalement ces pays du reste de l’Europe, c’est qu’ils ont fait l’expérience du communisme : 73 ans pour la Russie et les anciennes républiques soviétiques, 45 ans pour les anciens satellites.  Parmi ceux-ci l’ancienne RDA qui , plus que le reste de l’Allemagne,  résiste à la doxa  européenne.

Non sans motifs, ces pays sont  unanimes à reconnaitre dans la modernité occidentale telle qu’elle se présente  aujourd’hui, des caractères fondamentaux qu’ils  avaient déjà perçus dans le communisme comme   la négation du fait national, de la famille et de l’héritage  chrétien. On leur refuse le droit d’inscrire leur législation  dans le droit naturel et  de préserver  leur identité en contrôlant  les  frontières ;  Bruxelles récuse toute idée de racines chrétiennes de l’Europe.

Ajoutons que  tous les anciens dissidents soviétiques  ( notamment  Boukovski  et  Zinoviev) ont vu  beaucoup de ressemblances entre  le  Bruxelles d’aujourd’hui   et le  Moscou d’hier  : un empire non démocratique dirigé par une petit  groupe non élu ( le Politburo   autrefois, la Commission européenne aujourd’hui )  appuyé  sur une bureaucratie idéologique, une liberté d’expression de plus en plus muselée , une presse  unanimiste,  les opposants à la  pensée dominante   diabolisés . Il n’y a certes pas de goulag, encore heureux,  mais  dans la presse, les affaires, les partis de gouvernement  , les opposants à la pensée  dominante sont efficacement marginalisés. 

Ajoutons  le constat que dans le monde politique polonais,  les plus enthousiastes  de l’Europe supranationale ont été,  par un paradoxe qui n’est qu’apparent  , les anciens communistes, tel l’ancien président de la République Kwaśniewski.  Ceux qui pendant des dizaines  d’années  ont vécu dans  l’addiction  idéologique ne s’en libèrent pas si  facilement !  

Le tunnel idéologique  que nous traversons, les Polonais et les ressortissants des autres pays de l’Est   ne le connaissent donc que trop bien. Mais ils savent  qu’ils en sont  sortis et  ils n’ont nullement l’intention d’y revenir. George Soros peut attendre. 

Roland HUREAUX

 

13/12/Z017

 

  

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