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Roland HUREAUX

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 10:52

L’AVEUGLEMENT STUPEFIANT DES TENANTS DES IDEOLOGIES PRETENDUES PROGRESSISTES

21/01/2021

Il faut une rare inconscience pour affirmer , comme le fait la majorité de la presse européenne et américaine  et les partisans de Biden à la présidentielle  américaine,   que la défaite de Trump sauvera  la démocratie.

Quelle démocratie quand on sait que 90 % des médias américains  lui étaient  férocement hostiles depuis le début,  que le PDG de Facebook se permet de dire à la cantonade depuis plusieurs mois que c’est lui qui décidera qui sera le vainqueur de l’élection,  que les patrons  des Gafa se sont permis de bloquer les tweets du président des Etats-Unis plusieurs semaines avant l’élection pour le priver de  tout moyen d’expression directe ?    

C’est bien  évidemment le contraire : si  Biden est élu président  des Etats-Unis avec de telles méthodes, c’est qu’il  n’y a plus de démocratie dans ce pays,   ni ailleurs en Occident  et , ne nous y trompons pas, la chape du plomb du politiquement correct, sexuel,  racial, climatique, sanitaire, migratoire va se faire    beaucoup plus lourde sur les Américains et sur nous. C’est un temps de ténèbres qui vient. Ajoutons que l’agressivité du camp démocrate  qui ,  après avoir éliminé Trump voudra éliminer son autre bête noire  Poutine, nous fera courir les pires dangers ,  danger de guerre,  bien plus grave et  immédiat que celui du réchauffement   climatique  dont on nous abreuve.  Il ne  restera bien entendu  pas grand-chose dans un tel contexte  des nos libertés:  rien n’arrêtera la montée de l’empire du Mordor.

La question est que ceux  qui font  preuve de tant d’aveuglement  croient à ce  qu’ils disent. Brejnev  ne croyait  pas vraiment à   la supériorité du système soviétique, mais eux croient , au-delà de toute raison,   que c’est Trump qui menace la démocratie et pas eux. Les scandales anti-démocratiques que nous venons d’évoquer leur échappent complètement.

Et cet aveuglement est la raison pour laquelle les Etats-Unis  sont aujourd’hui au bord de le guerre civile. Le libre-échange universel, la théorie du genre, la fongibilité sans limite des  races et des    cultures  sont des idées fausses et donc, dès lors qu’elles sont mises en œuvre par de gens puissants, elles sont de l’idéologie, un mélange de vision du monde simpliste et de projet messianique. Un projet messianique  fondé sur un sens supposé de l’histoire   , une séparation entre progressistes autoprogrammés ( c’est  à dire à dire l’avant-garde de la caravane qui mène  les sociétés au gouffre au gouffre) et supposés réactionnaires. Les  idéologues entrent en fureur quand leur projet est contrarié, comme  Donald Trump a contrarié le leur : cette contrariété n’est pas  une simple opinion divergente  qu’on puisse combattre avec des arguments, non, elle est la preuve que leur idéologie est fausse , qu’il faut qu’ils se remettent entièrement en cause : d’où la haine abyssale que les idéologues ont  pour  leurs adversaires.  L’idéologie  passe avant toute autre considération . La dimension messianique de leur projet les fonde à mépriser le droit, la morale, ce qu’Orwell , plus que jamais d’actualité,   appelait la common decency, la culture, la démocratie, les fondamentaux  de la nature humaine. Dès lors que dans une démocratie une partie substantielle de la population est atteinte par le virus   idéologique, aucun compromis  n’est  possible avec l’autre partie. Dès qu’ elle n’est pas ultra-minoritaire, l’idéologie conduit à la guerre civile. C’est ce qui se passe aux Etats-Unis sous nos yeux.

 

Roland HUREAUX

 

  

 

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 10:50

LA STRATEGIE D’ENVELOPPEMENT DES DEMOCRATES AMERICAINS VA-T-ELLE REUSSIR ?

 

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article12394

21/01/2021

 

Il était contraire à tous les usages diplomatiques que presque tous  les pays d’Europe occidentale (Vatican compris !) et beaucoup d’autres dans le monde félicitent Biden dès le 7 novembre alors que le résultat officiel  de l’élection américaine n’avait  été proclamé nulle part – et pour cause, les résultats de plusieurs grands états faisant l ‘objet de procédures contentieuses lourdes dont nul ne sait sur quoi elles vont déboucher.

Parallèlement, presque tous les organes  de la médiasphère occidentale – désormais  presque aussi monolithique que celle des pays totalitaires jadis, font comme si Biden était déjà élu et tiennent pour de mauvais coucheurs et des retardataires les gouvernements qui  attendent la proclamation officielle  du vainqueur  pour se prononcer :  Russie, Brésil, Mexique, Israël, Pologne, Hongrie entre autres.

Pour ces deux derniers, des avertissements inquiétants ont fusé de la part de Bruxelles et de la presse dominante  en Europe occidentale  il va falloir que désormais, ils se mettent au pas  et cessent enfin de  faire obstacle au processus d’unification européenne. Avec Biden, ils n’ont plus le vent en poupe ! Vouloir conserver sa souveraineté  est de en plus   assimilé à un comportement fasciste.  L’avertissement ne vaut pas seulement pour Orban et Morawiecki   mais pour tout ce qui s’aviserait , y compris en France,  de résister  à la pensée dominante.

 

Une manœuvre internationale

 

On aurait tort cependant de considérer que cette vague de félicitations anticipées de  Biden résulte d’une juste appréciation du rapport des forces, qu’elle révèle que la balance penche de  plus en plus pour le candidat démocrate et que  Trump appartient désormais au passé ; si nous le croyons, c’est qu’il y a une  stratégie pour nous le faire croire.

La stratégie des  démocrates pour forcer l’ élection de Biden  - mais dans la campagne anti-Trump , ce sont  plutôt les maitres de l’ordre mondial que  le vieil appareil du parti démocrate qui sont à la manœuvre - ,   est double : d’abord une falsification des  résultats par toutes sortes de manœuvres  physiques et électroniques intervenues dans les  dernières heures du scrutin.

Ensuite un enveloppement par l’extérieur : il ne  suffisait pas que le résultat  favorable à Biden soit admis  par les médias  américains, il fallait aussi  que  le monde reconnaisse Biden vainqueur.  D’où la vague de félicitations anticipées à laquelle nous venons d’assister.  Contrairement à ce qu’on pourrait  penser, les grands de ce monde sont peut-être plus grégaires et faciles   à manipuler que les citoyens ordinaires [1].   Il est probable que des pressions ont été exercées sur chacun des gouvernements concernés. Pour l’Europe occidentale, ce n’était pas difficile :  ils sont tous acquis à la gouvernance mondiale qui, même sous Trump, voire malgré lui, inspire  les pays de l’OTAN .    

Il ne faut donc pas se fier  à cette vague de reconnaissance ; tout autant que la fraude électorale, elle fait partie du plan  et a été entièrement  organisée.

Qu’en sortira-t-il ? Depuis que Mike Pompeo a fait une tournée en Europe occidentale, en particulier en France, les félicitants de la première heure, Macron en tête,  se calment un peu. Que leur a-t-on dit ? Rien n’a filtré. Même si une  partie de la CIA lui était hostile, nul doute que Trump sait tout sur tout  le monde. Qui peut croire sérieusement que Pompeo a fait  une tournée d’adieux ?

Mais les Etats-Unis ont montré assez dans le passé qu’ils se fichent comme d’une guigne de l’opinion des non-Américains : en définitive, c’est à l’intérieur du pays que les  choses se décideront. Ce ne sont pas des arguments politiques ni même strictement juridiques   qui vont convaincre la Cour suprême quand le aura à rendre les derniers arbitrages. C’est l’état d’esprit de l’opinion américaine. Ou bien  Biden a vraiment  gagné l’élection et les manipulations, dont personne ne conteste la réalité, seulement l’ampleur,  n’auront   joué qu’à la marge : dans ce cas Biden sera  proclamé  élu , mal élu mais élu quand même.  Ou bien   Trump a vraiment gagné l’élection et, comme il le semble, une masse de plus en plus grande des Américains se rendra  compte de l’ampleur de la  fraude et alors l’indignation du peuple  américain, y compris de  beaucoup de démocrates,  un peuple  qui reste attaché en profondeur au respect de la loi , sera telle que Trump ne pourra pas ne pas être déclaré  vainqueur. C’est ce qui semble se dessiner aujourd’hui au fur et à mesure que les turpitudes du camp démocrate  viennent au jour.  Les félicitations des uns et des autres, y compris du pape, n’y changeront rien. 

 

Roland HUREAUX

 

    

 

[1] Le dernier sommet du G20 vient de l’illustrer.

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 10:48

COMMENT LES ETATS-UNIS EN SONT-ILS ARRIVES LA ?

21/01/2021

Dès qu’ils auront un certain recul, les historiens se demanderont comment un pays comme les Etats-Unis, longtemps tenu pour « la plus grande démocratie du monde », le champion du « monde libre » dans la deuxième guerre mondiale et la guerre froide, a pu tomber aussi bas que dans la dernière élection présidentielle.

Malgré la guerre de propagande, à sens unique puisque les démocrates ont le soutien de 90 ou 95 % des médias, peu d’observateurs doutent désormais qu’il y a eu une fraude gigantesque destinée à placer Biden en tête dans les toute dernières heures du dépouillement. Une fraude avouée avant le scrutin par Biden lui-même dont on a vite fait de mettre les propos sur le compte de la cacochymie. Peu accusent Trump et son camp d’avoir fait de même.   

Nous ne savons pas encore si les preuves apportées par les avocats de Trump sur cette fraude seront suffisantes pour empêcher Biden d’être proclamé président. En tous les  le candidat démocrate est élu, son élection restera durablement entachée du soupçon de l’illégalité et au moins la moitié des Américains tiendront le nouveau président pour illégitime, ceux ce qui ont voté Trump mais aussi ceux qui ont voté Biden et que la fraude scandalise (on suppose que c’est le cas d’honnêtes gens comme  Jimmy Carter ou Bernie Sanders).   Dans le contexte actuel, la reconnaissance de l’élection de Biden serait suicidaire pour le Etats-Unis.

Alors que s’est-il passé ?  Comment le parti démocrate, dont jusqu’à présent personne ne doutait qu’il méritait cette appellation en est-il arrivé là ?

Certes la fraude électorale a toujours existé aux Etats-Unis : l’élection de John Kennedy reste entachée d’un doute, celle de George Bush Jr aussi. Mais rien de comparable à ce qui nous est rapporté aujourd’hui de celle, encore à confirmer, de Biden.

 

Comment le virus de l’idéologie détruit la démocratie

 

Pour comprendre ce qui a pu arriver, il faut appréhender la révolution intellectuelle qui s’est produite au cours des dernières années, dans le parti démocrate et tout ce qui tourne autour dans les milieux administratifs, bancaires et surtout médiatiques. 

Malgré sa composante originaire sudiste, le parti démocrate américain, comme tous ceux qui lui sont apparentés de ce côté-ci de l’Atlantique, partis socialistes, « En marche » français et même, pour une part, les anciens partis conservateurs comme la CDU allemande, était un parti libéral de centre gauche classiques.  Classique c’est-à-dire n’ayant pas d’autre objectif que de bien gouverner, dans la nuance d’idées qui était la sienne mais de la manière la plus pragmatique.

Le virus de l’idéologie qui a pris le monde occidental a changé tout cela. A son fondement, une vision simplifiée de la réalité et la définition d’un sens d’histoire à caractère messianique. Les communistes d’autrefois se pensaient déjà comme les agents de la Révolution mondiale, prédéterminée par l’évolution historique   et destinée à révolutionner la condition humaine. Cela à partir d’une prémisse simple : tout le mal vient des classes sociales et de la propriété privée ; il faut les supprimer.  L’impérialisme néo-libéral se rattache lui aussi à de idées simples : ses adeptes se tiennent pour  les grands prêtres d’une transformation inéluctable de la société orientée par un nouveau sens de l’histoire. Ce nouveau sens de l’histoire conduit à l’abolition non plus de la propriété mais des états nationaux au bénéfice d’un Etat mondial, à l’abolition des frontières commerciales, financières, migratoires et sexuelles en vue d’un monde où les différentes cultures et les « genres » seront interchangeables et fongibles.   Le moteur de la transformation est cependant moins aujourd’hui une espérance qu’une panique : celle des pandémies qui justifie la chape de plomb du confinement, celle du réchauffement climatique qui fonde  aux yeux des mondialistes, l’émergence d’une gouvernance internationale ne laissant aux pouvoirs nationaux que le rôle d’exécutants, dans un environnement de    décroissance.

Certains pourraient tenir l’apparition de cette idéologie pour dépourvue de conséquences : après tout, toutes les sociétés ont leurs fous, alors pourquoi pas la société politique ?  Mais en réalité, l’idéologie porte avec elle des effets désastreux. La simplification des concepts abolit le doute et donc tout débat démocratique. Elle entraine une intolérance totale à tous les opposants, immédiatement rangés, sens de l’histoire oblige, dans la catégorie   des réactionnaires ou des obstacles  au bien de l’humanité, des fous ou des pervers.  C’est la racine de la tyrannie du politiquement correct qui étend son voile noir sur tout l’Occident. La véhémence de la posture idéologique est contagieuse : les minoritaires qui voudraient encore comprendre la complexité des choses se laissent impressionner et n’osent plus contredire les idéologues, jusqu’au point où la quasi-totalité des médias soutient    l’idéologie dominante.

Une autre conséquence est que la promotion et la mise en pratique de cette idéologie justifie tout. Dire qu’elle a un caractère religieux serait à la fois dépréciatif pour les religions et insuffisant. Toutes les idéologies rejettent le passé, diabolisé, et donc l’héritage judéo-chrétien. L’intolérance des idéologues est encore plus absolue que celle des religions d’antan. Ses tenants croient se fonder sur la raison, mais sont en réalité possédés par un délire rationnel car ces concepts simplifiés sur lesquels ils se fondent, ils les  poussent jusqu’à leur pires extrémités. Dans sa version communiste, l’idéologie a provoqué la mort de dizaines de millions de personnes. Dans sa version actuelle, elle fonde ses tenants à passer outre à toutes les considérations que d’habitude les hommes placent au plus haut : la morale qui interdit la fraude, le droit spécialement le respect de la constitution, la déontologie, l’exigence du pluralisme la presse, le respect des adversaires. Cette posture explique le fait que,    en rupture avec  toutes  les  traditions démocratiques des Etats-Unis,    les partisans d’Hillary Clinton, au lieu de jouer le jeu comme l’avaient fait tous ceux qui dans le passé   avaient  été  battus, ont tout fait pendant quatre ans pour saboter le travail du président régulièrement  élus mais tenu pour illégitime, comme un non-communiste pouvait être tenu pour illégitime ans l’ancienne Union  soviétique ; la même posture explique  les illusions que s’est faite  le camp démocrate  , illusions que se sont   exprimées  par des sondages  presque unanimement favorables à Biden : ce n’ était pas là seulement  là  l’effet de la   volonté de    tromper mais aussi  de la capacité à s’illusionner de gens qui n’imaginent pas une seconde  qu’on puisse avoir des opinions  différentes des leurs. D’où leur surprise le jour du scrutin, leur panique et leur volonté d’en modifier le résultat par tous  le moyen, y compris par une adjonction de milliers de faux bulletins Biden.

 

Vers la guerre ?

 

Enfin l’idéologie est très dangereuse : elle conduit à la guerre. Pour pactiser avec l’adversaire politique, intérieur ou extérieur,  il faut un certain relativisme ; or les idéologues   pensent tant qu’ils ont raison qu’il leur faut répandre, par tous les moyens aussi, leur idéologie à travers le monde. C’est sur cette base qu’ont été conduites les politiques de regime change et les printemps arabes, avec les millions de morts qui s’en sont suivis. Parce qu’il n’est pas idéologue et qu’il accepte des régimes différents, Trump n’a déclaré la guerre à personne.  Rappelons-nous sa réplique  à Hillary Clinton lors de la campagne de 2016 :   « Vous êtes candidate à la présidence du monde, je ne  suis candidat  qu’à la présidence des Etats-Unis ». L’idéologie ne sait pas se cantonner à « un seul pays ». Elle est universelle et  donc impérialiste. Comme elle rencontre nécessairement une résistance, elle est porteuse d’un lourd risque de guerre. Risque particulièrement actuel aujourd’hui  où les idéologues mondialistes,  dans leur manichéisme simplificateur, assimilent, au-delà de tout bon sens, Poutine à Hitler. 

Une dernière caractéristique de cette posture est  qu’ elle ne supporte pas l’échec : un  seul revers et tout l’édifice   s’effondre, comme  on l’a vu en URSS en 1990.  La première élection de  Trump était passée pour un accident de l’histoire. Sa réélection serait le signe de l’obsolescence de toute l’idéologie   mondialiste  libérale- libertaire. C’est pourquoi, pour  les partisans de celle-ci qui domine encore l’opinion mondiale, sa réélection ne pouvait pas arriver. Et si elle est arrive quand-même, la presse mondiale et presque tous les gouvernements  occidentaux s’enfoncent  dans le déni, jusqu’à reconnaitre l’ élection de Biden et à le féliciter,  contre tous les usages diplomatiques, avant qu’il ne soit proclamé.  C’est à un wishful thinking international    que nous avons affaire : Biden est élu parce que je veux qu’il le soit.  Tout cela laisse présager une crise de grande ampleur, mais une crise souhaitable quand même pour ceux qui ne veulent pas que le monde occidental tombe dans une nouvelle glaciation idéologique, qui    souhaitent le maintien de la démocratie, du pluralisme et de la liberté.      

 

Roland HUREAUX   

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 10:28

LA DIABOLISATION EST LA MARQUE D’UNE DEMARCHE IDEOLOGIQUE

 

Publié dans Monde et Vie – septembre 2020

 

S’il fallait définir le mal du  siècle, je dirais que c’est l’idéologie .

Mal du siècle parce qu’elle n’existait pas  dans les siècles passés. Elle  se déchaine une  première fois avec la  terreur révolutionnaire mais   se calme ensuite  jusqu’aux grands mouvements idéologiques du XXe siècle, tous criminels : communisme,  socialisme national.  

Aujourd’hui, depuis trente ans environ, surtout dans le monde  occidental  l’idéologie a pénétré partout : nous vivons dans un monde idéologisé  jusqu’à la moelle. Il ne s’agit pas forcement d’idéologies violentes comme  celles que je viens de citer, mais  elles aboutissent à un grand désordre dans la  société, à un recul de la liberté, de la démocratie, de la compréhension réciproque , de la légalité et pourraient s’avérer avoir des effets  indirects graves  :  appauvrissement, guerre civile, voire internationale , perte de l’héritage culturel et  de ce qu’Orwell appelle la common decency  ( Orwell).

Avant de définir l’idéologie, disons qu’elle se reconnaît d’abord à la diabolisation absolue et sans rémission de l ’adversaire ; les procureurs  de Staline traitaient leurs victimes de vipères  lubriques ; pour éduqué qu’il soit , c’est le registre où finit  tout  idéologue.  Les socialistes nationaux, dits nazis, avaient eux aussi leur démonologie à base de haine du juif.

Aujourd’hui, sous une apparence plus libérale, qui correspond de moins en moins à la   réalité, la diabolisation  vise tout ce qui est « politiquement incorrect » , une notion issue du marxisme  qui nous est revenue par les  universités américaines. Nous savons ce que recouvre cette épithète infamante : le racisme, l’islamophobie, la xénophobie ( à quoi les idéologues ramènent  tout souci, quel qu’il soit,   de l’intérêt de son propre peuple), l’homophobie, le machisme, le « climato-scepticisme » etc. 

 

Le vrai parti de la haine

 

L’idéologue définit  toute une série de tares  irrémissibles  et il  sue la haine , il suffit d’aller dans les prétoires pour le voir , pour tous ceux qu’il estime  en être porteur, c’est-à-dire tous ceux qui ne partagent pas ses préjugés idéologiques ;  et il les accuse, procédé classique  , eux,  de haine.  Qui a jamais rencontré un raciste, un vrai (il y en a quand même quelques-uns),  aussi haineux qu’ un prétendu antiraciste ?  

La haine idéologique est   plus que la haine tout court. Il parait que dans les guerres s’autrefois, les ennemis s’injuriaient copieusement avant de combattre. Il était rare, en effet, malgré l’Evangile ,qu’on ait jamais beaucoup  aimé ses ennemis. Mais enfin, si beaucoup de guerres se terminaient  en massacres, la « paix des braves » restait possible.

Avec les idéologues, elle ne l’est pas. Car la haine idéologique est  fondée sur un système qui se veut rationnel, même s’il ne l’est pas.  « Réactionnaire », par exemple est une injure idéologique  « Espèce de con », ne l’est pas.   L’épithète   « réactionnaire »   se réfère à une    théorie de l’histoire   comme progrès irréversible, où celui qui lui  résiste est voué au banc d’infamie. Inutile d’argumenter avec lui :  il  est malfaisant.  Pour Pierre Courtade, « intellectuel »   stalinien, Tito était « fasciste au sens scientifique  du terme. »

Cette haine de l’adversaire qui vise à son élimination pure et simple, transcende tout : le droit , y compris  constitutionnel , les droits  fondamentaux, la liberté de  presse et d’opinion , la culture, le respect de  l’autre, la simple justice  , l’honnêteté, pas seulement intellectuelle.   Elle cherche sans cesse à alourdir le code pénal de nouveaux  délits idéologiques restreignant le champ des libertés, appelle à la délation, instaure une police de la pensée . Elle va même jusqu’au déni de la science : la théorie de la relativité  fut bannie  en URSS comme « idéaliste », en Allemagne comme  juive.  La théorie du genre, devenue quasi-obligatoire en Occident,   est encore plus absurde que la théorie évolutionniste   de Lyssensko  promue par Staline. Avec l’idéologue, tout débat est  interdit.

Nous assistons aujourd’hui à la dégénérescence de la démocratie, d’abord  aux Etats-Unis,   où la confrontation Trump-Biden  pourrait se terminer en guerre civile si la victoire de l’un des deux  camps n’est pas assez nette, mais aussi en Europe.   Le Brexit avait déjà effacé de la langue anglaise l’expression  fair play . Si la France  n’en est pas encore là,  c’est parce que la domination du camp de la pensée unique , y reste  écrasante  [1]     

Certes, ce qu’on appelait les « démocraties occidentales » n’ont  pas de goulags . Mais les interdits professionnels pour raisons idéologiques ne cessent de prendre de l’ampleur , dans la presse ou l’Université[2]  . Le pluralisme de la presse ne cesse de se rétrécir : le temps vient où nous n’aurons  le choix qu’entre la Pravda et les Izvestia !  

 

Qu’est-ce que l’idéologie ?

 

Mais qu’est-ce que l’idéologie ? Nous ne l’entendons  pas au sens classique d’un  ensemble d’idées certes cohérent  mais respectueux du pluralisme.  Le point  de départ de la démarche idéologique, au sens où l’entend Hannah Arendt, ce sont :

  • Une simplification abusive et donc une falsification du regard porté sur la réalité à partir  de slogans sommaires : l’histoire se ramène à la  lutte des classes,  ou des races ;   la propriété , c’est le vol ;     les Etats sont dépassés, et donc il faut une totale liberté de circulation des  marchandises, des capitaux et des hommes dans le monde ;
  • Un projet messianique , ou à tout le moins « progressiste » , se proposant d’améliorer le monde de manière plus ou moins radicale , globale ou sectorielle,  pour aller vers  une société sans classes, un Etat mondial , le métissage généralisé   ou une émancipation  totale des mœurs  .   Celui qui s’oppose à ce mouvement est un ennemi du bien .

A   côté de grands projets de refonte totale de la société, le monde occidental   est également vérolé de par des idéologies sectorielles  : méthodes modernes d’éducation, « administration  managériale », disqualification du système pénal etc. Dans une société de plus en plus idéologisée, rien n’échappe désormais  à cette folie. Le grand ennemi des idéologies, c’est le bon sens ; il se fait de plus en plus rare.  

Les idéologues en chef, partis communistes ou socialiste-national  autrefois, oligarchie mondiale aujourd’hui ,  s’autoproclament les grands prêtres du progrès de l’humanité . Les membres de cette oligarchie , généralement très riches sont d’autant plus dangereux qu’au lieu de jouir tranquillement de leur  fortune,  beaucoup , tels  Georges Soros ou Bill Gates veulent absolument faire le bien , le bien idéologique, c’est-à-dire le mal.

Face à ces élites aux idées simples, il y a le peuple, les peuples. Les idéologues s’en méfient car il  reste généralement au peuple un peu de bon sens  et qu’il est le premier à souffrir des  folies idéologiques. On dénonce alors le « populisme ». Toute la tradition issue de la Révolution française assimilait le peuple ( vu de manière abstraite, il est vrai ) et le progrès  ; ils ont divorcé. Depuis trente   ans,  le peuple , selon les idéologues,  est l’ennemi du progrès.

Cela aussi explique leur crispation et leur intolérance  : ils se sentent cernés , d’autant qu’au fond d’eux-mêmes , ils ressentent ce qu’ont d’artificiels  leurs  concepts.

 

Si l‘espoir demeure, c’est des peuples seuls qu’il peut venir : malgré tous les efforts faits pour  diaboliser le peuple, le mettre entre parenthèses, il arrive, suffrage universel aidant, qu’il se réveille :  élection de Trump en 2016, Brexit en 2017, élections italiennes.  Demain la France ?

Le chemin de la vérité en politique est aujourd’hui simple : il n’y a plus ni gauche, ni droite, ni sociaux ni antisociaux, il faut combattre les idéologies qui minent nos sociétés. Face aux idéologies, pas de quartier. Mais pas non plus de contre-idéologie miracle, seulement le bon sens et la nature. Et comme l’idéologie est intrinsèquement mensongère, il y a la vérité. Elle est souvent moins flamboyante que les simplifications idéologiques pour des communicants en quête de slogans faciles. Mais soyons optimistes : les peuples la comprennent quand on sait la leur dire. Voilà notre espoir.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

 

[1] Et n’imaginons pas que de contrôler 90 % du paysage politique ou médiatique satisfera l’idéologue ; il veut 100 %. Les attaques récentes contre Valeurs actuelles ou  SOS Chrétiens  d’Orient sont significatives de la volonté de réduire les  ilots de dissidence ; si on laisse  vivre les adversaires  , c’est qu’ils sont assez  caricaturaux pour servir de  repoussoir .  

 

[2] Le statut de la fonction publique, qui, depuis l’arrêt Barrel du Conseil  d’Etat, ouvrant l’ENA aux communistes, semblait une protection ; il  l’est de moins   en moins, par l’extension de l’oral  ( qui tend à devenir un  contrôle de conformité)  ou le recrutement massif de contractuels.   

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 10:25

BIDEN SERA PLUS DANGEREUX POUR L’EUROPE QUE POUR LES ETATS-UNIS

21/01/2012

La victoire de Biden à la présidentielle américaine étant  confirmée, il est possible que la politique intérieure des Etats-Unis change, dans un   sens plus favorable aux très riches qui l’ont presque tous soutenu et d’une moindre protection des travailleurs pauvres (noirs compris) contre l’entrée, fatale pour eux, de  main d‘œuvre à bon marché et de produits chinois. Cependant la marge de manœuvre du nouveau président serait limitée car deux institutions essentielles, le Sénat et la Cour suprême, resteraient probablement  entre les mains  des  Républicains[1]. En outre, même si la justice arbitre in fine pour lui, Biden serait affaibli par un fort soupçon de fraude qui lui ôterait une grande partie de sa légitimité.

 

Biden promet un regain de militarisme

 

En revanche le président des Etats-Unis a les mains bien plus libres en matière de politique étrangère. Or ce que promet Biden, en premier lieu un regain du militarisme idéologique, est extrêmement inquiétant, en tous les cas pour l’Europe occidentale, peut-être pour la paix du monde.

Nous avions été beaucoup à pousser un soupir de soulagement quand Hillary Clinton avait été battue en 2016.  Pas seulement pour sa corruption abyssale – qui n’a peut-être d’égale que celle de Biden, mais parce que son  élection promettait une agressivité accrue à l’égard de Moscou, une relance de la  guerre de  Syrie pour vaincre  Bachar el-Assad , peut-être au prix de quelques centaines de milliers  de morts de plus,  un soutien renforcé à Erdogan , comme à tous les mouvements  islamistes, Al Qaida en tête, et peut-être une attaque sur l’Algérie et le Maroc pour les démocratiser ( après l’Egypte, la Libye et la Tunisie :   il n’y avait aucune raison pour Mme Clinton ,  grande prêtresse de  la gauche libérale-impérialiste, que la brise   des printemps arabes ne souffle pas jusqu’à l’Atlantique.)

Nous pensions naïvement que les démocrates avaient tiré la leçon de leur échec et étaient prêts à revenir à une politique internationale plus modérée , ne cherchant pas    par exemple à remettre en chantier les  régime change, fondés sur cette invraisemblable prétention à imposer partout dans le monde par la force  le modèle de démocratie occidentale (dont on voit dans quel état lamentable il se trouve  aujourd’hui).

 

 

Rien appris, rien oublié

 

Or c’est le contraire : les discours  de Biden avant l’élection font craindre que les démocrates  n’aient rien compris et   que Biden s’apprête   à revenir dans les ornières de la politique  de Bush, puis d’ Obama-Clinton,  en pire ( pour ceux qui l’ignoreraient, le clivage démocrate-républicain n’est plus pertinent  : la politique d’Obama continuait celle de Bush : déstabilisation  de la Libye, de la  Syrie et de l’ Ukraine après celles de l’Irak et de l’Afghanistan, seul Trump a changé de  ligne .)  

En quoi la politique de Trump a-t-elle rompu avec celle des prétendus néo-conservateurs (« néo-cons » et vrais faucons) ?  Il a d’abord pris ses distances avec l’universalisme qui fondait ceux-ci à intervenir sur toute la planète : « Je ne cherche pas à devenir le président du monde, seulement le président des Etats-Unis ». Biden promet au contraire le retour à l’universalisme idéologique.

Ensuite un changement stratégique essentiel. Alors que le triangle inavoué Clinton-Obama, était : les Etats-Unis s’allient   aux islamistes contre la Russie, les intérêts des Européens étant passés par pertes et profit, celui de Trump au contraire repose  sur un  rapprochement  avec la Russie contre  l’islamisme, une posture éminemment plus favorable aux Européens tant sur le plan de la sécurité du continent   que  de la lutte contre le terrorisme ( premier acte de Bush, la destruction de Daech en liaison avec les Russes alors qu’Obama le soutenait par en-dessous).  Au centre du projet diplomatique de Biden, une prise de distance et une posture plus offensive face à la Russie.  Ce n’est pas assez que la Russie soit entourée sur plusieurs de ses frontières (Pays baltes, Pologne, Ukraine) de batteries de missiles et de chars d’assaut (comme si les forces russes étaient massées au Mexique sur la rive sud du Rio Grande !). Non, pour Biden, c’est une posture de faiblesse, le signe de complicité inavouée avec Poutine. Qu’un tiers de son équipe annoncée vienne du lobby militaro-industriel et qu’il ait annoncé une nouvelle augmentation des dépenses militaires fait froid dans le dos. Biden a aussi annoncé le retour des forces américaines au Proche-Orient : pour relancer la guerre de Syrie, qui avait failli provoquer une guerre mondiale en août 2013  ?   Trump, bloqué par les procédures judiciaires démocrates n’a pu aller aussi loin qu’il le souhaitait pour se rapprocher de Poutine mais tous les Européens lucides se sont sentis plus en sécurité de savoir qu’ils n’étaient pas fondamentalement hostiles.  De même quand il a coupé tout soutien aux  djihadistes de Syrie et d’ailleurs.  Comme dans le pays manichéen que sont les Etats-Unis, il fallait un bastard, Trump a préféré s’acharner sur l’Iran que sur la Russie, mais sans lui faire la guerre :  qui ne voit que c’est bien moins dangereux pour nous ?  

 

Un pas de plus vers l’asservissement de l’Europe

 

Les partisans de l’Europe idéologique jubilent car  Biden promet de renforcer l’OTAN et de soutenir le processus d’unification européen.  Comment ne pas voir que ce serait la voie d’une  servitude aggravée  ?  L’ éditorialiste  d’un journal libéral n’a pas attendu la confirmation de la victoire de Biden pour avertir la Hongrie et la Pologne que désormais il faudra qu’ils cessent de faire les malins et qu’ils devront s’aligner sur Bruxelles car ils n’ont  plus (depuis l’élection présumée  de Biden) le vent en poupe. Sombre perspective aussi pour les citoyens du reste de l’Europe qui s’aviseraient encore  de contester le politiquement correct libre-échangiste, migratoire,  climatique, sanitaire et libertaire. Les défenses immunitaires de l’Europe occidentale contre l’islamisme, déjà faibles,  seraient, à un moment critique, encore affaiblies. La chape de plomb que nous impose l’idéologie prétendue libérale, soutenue des deux côtés de l’Atlantique par une presse aux ordres de la haute finance, ne ferait que s’alourdir. Cette chape de plomb est l’effet d’un mode de pensée idéologique, messianique et manichéen, qui ne peut que conduire, comme toutes les idéologies, à la guerre. Il serait temps que les 60 % d’une opinion européenne largement manipulée ouvre enfin les yeux sur le danger mortel que représenterait pour le   continent l’élection de Biden si elle est  confirmée.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

[1] En outre la majorité démocrate a la Chambre des représentants est plus étroite.

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 10:11

L’ENTREE DES MANIFESTANTS AU CAPITOLE : UNE « PSYCHO-OP ».

14/01/2021

Que le président Trump ait été bien imprudent en appelant à une manifestation devant le Congrès sans un service d’ordre musclé à même d’en contrôler les débordements  fait peu de doutes. D’autant  qu’il avait l’unanimité des médias occidentaux contre lui et que donc on ne lui ferait pas de cadeaux.

Rappelons pour mémoire que,  quand il a succédé à Obama en 2016, c’est Barack Obama lui-même qui avait encouragé  les manifestations contre le  nouveau président. Les  démonstrations ont continué pendant plusieurs mois. George Soros ne s’est pas caché de les organiser. Des figures éminentes de la presse et du spectacle , démocrates, avaient appelé à assassiner[1] ou renverser  le président  élu . Obama, un président qui a déclenché quatre guerres (pour mémoire, Trump : aucune) est aujourd’hui acclamé comme   l’homme emblématique de la décennie 2010, presque un saint.  Comme il avait  l’appui des médias,  personne ne lui a reproché les dérapages de 2016.  

 

Une opération menée par des pros

 

En fait l’ opération du Capitole ressemble à une psychoop (opérations psychologique) comme en pratiquent depuis longtemps la CIA ou le Pentagone. Les spécialistes de ces méthodes sont les mêmes qui ont diabolisé Mlilocevic (blanchi depuis par le TPI) en 1999 , Saddam Hussein en 2003, Assad en 2011 et Chavez. Ils ont l’entrainement  ; compléter la défaite de Trump par une damantio memoriae sur de bases mensongères était à leur portée.  L’opération la plus notoire fut de lancer le    bruit que les soldats de Saddam Hussein entraient dans les maternités du Koweït pour débrancher les couveuses.  Nous savons aujourd’hui que c’était absolument faux, mais bien trouvé pour noircir encore, comme si elle en avait besoin, la figure de Saddam Hussein. Les Etats-Unis, « cette nation de boutiquiers » disait Napoléon,  ignorent tout de l’esprit  chevaleresque  ; vaincre ne leur suffit pas, il leur  faut avilir.

Les Soros, Bezos, Gates,  Zückerberg  et autres ( Biden n’étant qu’une marionnette entre leurs mains) qui, par en-dessous, ont été les artisans principaux de la défaite de Trump, dont une moitié de l’Amérique croit,  à tort ou à raison,  qu’elle résulte de la fraude démicrate, ont acquis, au moins Soros,  une solide expérience en Europe de l’Est et en Amérique latine pour  manipuler les élections et diaboliser ceux  qu’ils veulent abattre, ce qui est  facile quand on contrôle toute la presse occidentale. Trump étant depuis quatre ans leur bête noire, il aurait été étonnant qu’ils n’utilisent  pas la totalité de leur savoir-faire et de leurs moyens pour y parvenir. Que Trump ait été interdit de Twitter et de Facebook par la volonté d’un seul homme sans légitimité politique devrait inquiéter beaucoup   plus sur l’avenir de la démocratie que quelques chaises  cassées au Capitole.

On a  réussi à  présenter l’entrée des émeutiers au Congrès  comme une tentative de coup d’état. C’est absurde : Trump n’est pas si débile qu’il n’ait compris qu’il avait tout à perdre à une telle opération qui ne pouvait que révulser les élus de tous bords. Depuis le 18 brumaire on sait que quand on fait un coup d’Etat, ce sont des soldats que l’on fait entrer dans les assemblées, pas des manifestants incontrôlés. 

Que certains agitateurs,  du genre antifas, déjà vus aux manifestations de Black live matters aient été aperçus au Capitole  laisse soupçonner qu’il s’est agi en partie d’une opération sous faux drapeau. Que toute l’opinion occidentale ,  particulièrement  la française  et tous les médias ait été dupe en dit long sur la   la dégénérescence de la démocratie en Occident.

 

Roland HUREAUX

 

 

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 10:05

LES CATHOLIQUES DOIVENT-ILS ETRE LES ELEVES MODELES DU CONFINEMENT ?

06/01/2021

Pour ceux qui pensent que les messes sont une rencontre joyeuse, quelle déception de voir chaque dimanche ces mornes rangées de visages recouverts d’un masque ! Serait-ce « la nuit des morts vivants » ? Encore heureux que le célébrant ne soit pas lui aussi masqué.

Cela est d’autant plus fâcheux que le visage a une valeur spirituelle particulière : « je cherche le visage, le visage du Seigneur », chante-t-on. Sainte Thérèse n’était-elle pas de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face. Comment concevoir une rencontre avec le Très haut qui ne soit pas face à face ? Et la communion des fidèles, la dimension horizontale de la messe, peut-elle ne pas se faire à visage découvert ?

Le moins qu’on puisse dire est que ce n’est pas dans les paroisses eu l’on trouve les citoyens les plus indisciplinés. « L’Eglise a scrupuleusement appliqué les consignes sanitaires (…) si vous voulez être vraiment républicains, soyez chrétiens ! « (Rémi Brague)[1].

Il est vrai que, l’Evangile le dit, les chrétiens doivent « rendre à César ce qui est à César » (Mt 22, 20) et donc appliquer les lois et décrets ; Saint Paul a répété ce précepte  : « tout pouvoir vient de Dieu » (Romains 13,1). Les scolastiques ont même précisé que, dans le doute sur l’opportunité des décisions publiques, par exemple à la suite  d’une déclaration d’une guerre, le chrétien doit faire crédit au pouvoir en place - à moins qu’il soit patent que les prescriptions imposées sont contraires au bien public.

D’autant que, on nous l’a assez dit, le masque ne sert pas seulement à se  protéger mais à protéger les autres. « Pensez à vos anciens, plus vulnérables » dit le ministère … au moment où il organise la sédation profonde (c’est-à-dire l’euthanasie) des résidents des Epads qui pourraient être touchés par le virus.

Il reste que, face à l’obéissance tatillonne que l’on observe dans les églises, on peut avoir légitimement l’impression que les catholiques ne sont pas seulement les citoyens les plus scrupuleux mais ceux qui craignent le plus la mort. Alors que ce devrait être le contraire !  Comment ne pas se souvenir de tous ces saints, saint Louis en tête, qui bravèrent le danger pour soigner les malades par temps de peste ?   

L’air lugubre qu’ont pris les cérémonies religieuses peut justifier que certaines communautés, dans la discrétion, s’exonèrent de la règle du musèlement.  Qui a raison ?  

Au principe paulinien de l’obéissance, on  objectera que le port du masque n’est qu’un très petit commandement public :  rien d’analogue aux grands principes où l’Etat suit la loi naturelle : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas faire de faux serment au tribunal etc. Protéger autrui ? Mais le risque de contagion qu’entraine l’absence de masque est infinitésimal, surtout en cette période où la maladie est manifestement en récession, et, selon des spécialistes éminents, en voie d’extinction.

 

Des  soupçons légitimes

 

On peut surtout dire que le principe d’obéissance s’applique à un pouvoir au-dessus de tout soupçon. Or c’est loin d’être le cas aujourd’hui. Pendant des millénaires, les hommes ont pu avoir le sentiment que ceux qui étaient chargés de les guider, même très imparfaits, poursuivaient néanmoins le bien de la communauté. Les considérables anomalies auxquelles a donné lieu la gestion du Covid 19, en France et ailleurs, sur lesquelles nous ne reviendrons pas, l’interdiction  de l’hydroxychloroquine étant le plus patente, ont fait lever le soupçon  que l’ultima ratio de la gestion du confinement   n’était pas la recherche du bien commun, mais, au mieux,   les intérêts du Big pharma, au pire un exercice de mise au pas pré-totalitaire des populations de la planète[2].

Selon une rumeur persistante jamais clairement démentie, la vaccination que les gouvernements du monde voudraient imposer à tous, pourrait entrainer la stérilité des femmes.  Vrai ou pas , comment ne pas avoir des soupçons quand le principal instigateur de la vaccination généralisée, le milliardaire Gates n’a cessé de dire au cours de dernières années qu’il y avait dix fois trop d’hommes sur le terre.

A côté de l’obligation paulinienne, les scolastiques ont développé la théorie du tyran, du pouvoir qui, ne cherchant plus le bien commun, mérite d’être renversé, en tous les cas de ne pas être toujours obéi. Face aux régimes totalitaires du XXe siècle, a été développée l’idée de  pouvoirs « intrinsèquement pervers. »

Si la République demande que l’on obéisse à ses lois, elle n’en a pas moins réservé , elle aussi, dans la déclaration des droits de l’homme du 26 août 1789 (article 2) , le droit de résistance à l’oppression. Mais où commence l’oppression, comme la tyrannie ? Nul critère irrécusable ne le dira.

Même si nous  n’en sommes pas là,   il est essentiel de voir qu’en la matière la certitude n’existe pas immédiatement. Si les chrétiens ont le devoir d’obéir cela ne devrait pas les conduire, face à des dérives inacceptables, à être les derniers à se réveiller.

C’est ce qu’avaient compris les premier résistants - à commencer par le premier d’entre eux, catholique convaincu - , qui surent passer outre aux mandements de certains évêques tenant tout acte de résistance à l’occupant pour un péché. L’heure de la libération venue, personne ne leur a reproché ce péché.

Il se passe aujourd’hui des choses si étonnantes dans le monde depuis l’éclatement de l’épidémie, qu’il est difficile de se fixer sur une interprétation univoque et une règle morale unique.

L’histoire est faite d’une dialectique d’organisation, fondée sur l’obéissance, et de révoltes accoucheuses de liberté. L’Eglise doit embrasser toute l’histoire,  pas seulement sa dimension passive.

Nous traversons une crise mondiale sans précédent.  Si les chrétiens doivent parfois montrer l’exemple de l’obéissance, ils ne doivent pas être les deniers à défendre la liberté, fondement de la dignité humaine, quand elle est menacée. Et qui dira quelle ne l’est pas à ce jour ?

 

Roland HUREAUX

 

 

[1] La Figaro Magazine, 24 décembre 2020

[2] Dans une récente déclaration au Times, le Pr Fergusson, consultant pour  la mise en place du confinement international a avoué qu’un de ses objectifs était d’imiter la Chine dans le contrôle des populations.

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 20:37

UNE REVOLTE A MAINS NUES,  IDEOLOGIQUEMENT

Publié dans le collectif  Gilet jaunes, jacquerie ou révolution, aux éditions Le Temps des cerises

01/01/2021

Le mouvement des Gilets jaunes  répond par sa singularité à une situation elle-même sans précédent. Il  apparait  comme une révolte à la fois héroïque et  pathétique contre  un système national et international  en voie de durcissement.

Un tournant fondamental s’est produit en Occident  il y a environ trente ans : les classes dirigeantes au niveau  international se sont mises à  appuyer leur  pouvoir sur une idéologie se réclamant de  la gauche !  

Idéologie a plusieurs sens : au sens  employé par Karl Marx  dans L’Idéologie allemande, toute  classe sociale , tout régime a son     idéologie , à la fois instrument de pouvoir et moyen de s’illusionner sur    les rapports d’exploitation qui les sous-tendent, de  se donner une bonne conscience qui est aussi une fausse conscience. 

La critique , sinon du marxisme, du moins du communisme réel [1]  par toute une génération d’intellectuels, souvent eux-mêmes transfuges du marxisme , comme Boris Souvarine, George Orwell, Hannah Arendt, Alain Besançon, Jean Baechler   et les dissidents soviétiques a  mis  en avant une concept  plus restreint et plus spécifique  de l’  idéologie : pas n’importe quel  ensemble  d’idées politiques  mais un système fermé  , généralement à prétention  scientifique , présentant au moins trois caractères :

  • Une simplification outrageuse de la réalité  historique et sociale à partir de quelques idées,   toutes les politiques  menées en tout domaine étant déduites de ces idées .  « Les idéologies sont des ismes qui peuvent tout expliquer en les déduisant d’une seule prémisse » ( Hannah Arendt, Le système totalitaire ) . Ces prémisses ont presque toujours  une part de vérité mais,  généralisées, elles ignorent  la complexité du  réel et  ne peuvent lui être imposées qu’en le violentant.  Il  est ainsi vrai que la  lutte de classes est une donnée centrale de l’ histoire ; dire que toute l’histoire se résume à  elle, c’est de l’idéologie. Il est vrai que  le marché est une réalité anthropologique essentielle ; passer de ce constat au  tout-marché , c’est de l’idéologie.
  • Une dimension messianique : l’idéologue croit au progrès de l’humanité et veut y contribuer ; il pense même en connaître le seul chemin, celui de son système   ; ceux qui y résistent ne se voient dès lors pas opposer des arguments, mais  le reproche infamant de s’opposer au vent de l’histoire[2] ;
  • Compte tenu de  cet enjeu existentiel , l’idéologie débouche  sur une démonologie, une vision manichéenne du monde  qui se résume à une lutte du bien contre le mal , du « progressisme »  contre le « populisme » dit Macron ou contre la « réaction ».

 

Comment l’idéologie est passée de la périphérie au centre

 

En ce sens  étroit, la bourgeoisie du XIXe siècle n’était pas idéologue. Elle était composée de gens pragmatiques , formés par le  latin et la culture classique, école de la complexité , propriétaires  terriens et donc près des choses ,adeptes d’un libéralisme économique mesuré qui n’excluait ni le protectionnisme , ni l’intervention l’Etat. Elle était souvent alliée  à la vieille aristocratie soit par   des  mariages , soit dans  des gouvernements  de coalition. L’esprit de système lui était étranger. 

Si idéologie il y avait alors , elle se situait à la périphérie   de la société dominante: la classe ouvrière, devenue nombreuse, s’organisait , empruntant  sa vision du monde d’abord au socialisme utopique , puis  au marxisme. Aux marges de  la société russe , apparut la figure  de l’intellectuel révolutionnaire.

Bien  que les concepts marxistes se soient  avérés au siècle suivant  peu opérants pour organiser l’économie et la   société, ils furent  d’une grande utilité pour donner au premier mouvement socialiste une vison de monde lui  permettant  de résister à la toute-puissance de la bourgeoisie. Comme on disait   , le marxisme  représentait une   « arme »  pour la classe  ouvrière ; la cohérence, la discipline intellectuelle qui s‘en suivait, la part  de réalisme que comportait cette vision du monde , permettaient aux organisations ouvrières  de s’arc-bouter pour résister à la formidable pression sociale et intellectuelle qu’exercent toujours les  dominants  sur les  masses ( bien que les  le médias de masse n’aient pas encore existé ).  

Le fait nouveau de  la fin du XXe siècle est que cette carapace idéologique a migré de  la périphérie de la société vers son centre.  La superclasse dirigeante du monde occidental, le oligarques qui possèdent les grands médias et dictent leurs politiques aux  gouvernements fondent désormais leur pouvoir sur une idéologie rigide[3] .

Cette idéologie , nous la connaissons : l’ultralibéralisme économique , le mondialisme  ( dont l’européisme n’est qu’une déclinaison régionale ) , l’attrition progressive des Etats,  des régulations sociales , l’ouverture des frontières aux marchandises, aux  capitaux, à la main d’œuvre.  Cet ultralibéralisme économique , au départ conservateur (doctrine Reagan),  s’est allié au contraire sous les    Clinton avec les idées sociétales les plus avancées : relâchement du lien familial, promotion des sexualités  alternatives, destruction des repères judéo-chrétiens. Le macronisme s’inscrit dans cette ligne.

L’idéologie  euromondialiste présente  tous les  caractères de l’ idéologie au sens étroit   :    une rationalité  simplifiée  à base de libre échange généralisé  ,   un messianisme qui vise  « la fin de l’histoire » ( Francis Fukuyama )  et, on le voit de plus en plus, un manichéisme exterminateur  qui rejette  tout ce qui lui  parait « politiquement incorrect ».

 

Fin de la démocratie

 

Le propre d’une démarche idéologique  est que pour ses  promoteurs, elle prévaut   ( en raison de son enjeu messianique ) sur  toute autre considération : les règles constitutionnelles, les  libertés fondamentales , la tolérance  ou  ce qu’Orwell appelait  la common decency  et surtout la démocratie.

On se souvient de la déclaration  de Juncker selon laquelle « il ne saurait y avoir de choix démocratique contraire aux traités européens ».  On se saurait donc être étonné que  l’idéologisation du capitalisme ,  se traduise par un rétrécissement toujours plus grand  des libertés.  Un phénomène patent dans la France de  Macron : après la loi contre  les fake-news,  la loi Avia en discussion au Parlement se propose de censurer les propos « haineux » sur la toile - mais qui déterminera qu’ils  sont haineux ? Avec son « plan d’action contre la désinformation » ( 14 juin 2019) la commission de Bruxelles met en place toute  une panoplie  de restrictions à la liberté d’expression. Les mesures envisagées impliquent  une collaboration avec les Gafas ,  principaux acteurs du capitalisme mondialisé  dont on peut se douter quel genre de démocrates ils sont.

Parallèlement , du fait de l’emprise croissante des oligarques, l’uniformité des médias   atteint un niveau sans précédent en Occident.  Chateaubriand avait en son temps montré comment  le pluralisme  de la presse était la condition d’élections libres. 

Les  tribunaux se mettent de la partie : au motif de combattre le racisme , l’homophobie, la xénophobie, ils restreignent sans cesse  la liberté d’expression.    

Même si les sociétés libérales  n’ont pas encore ouvert de camps, les pressions professionnelles , personnelles, se font de plus en plus dures à l’égard de toute  dissidence : il est par exemple impossible de garder son  emploi parmi les  cadres supérieurs des entreprises du CAC 40 en critiquant  de l’euro ( comme le font pourtant 11 Prix Nobel d’économie ! ) . Paradoxalement l’Etat  parait , au moins aux échelons moyens,   un havre de liberté,  aussi longtemps  que le statut de la fonction publique ne sera pas, libéralisme oblige, abrogé. Les concours sont de  plus en plus remplacés par des entretiens qui jugent tout autant la conformité que les aptitudes.

Le recul de la démocratie est intrinsèque  à l’idéologie .  Il  l’est aussi  aux inégalités excessives. Solon n’avait pu instaurer  la  démocratie à Athènes  qu’en limitant les écarts de richesse entre les  citoyens[4].  Elle n’est plus possible s’ils sont trop grands.  Les manœuvres de l’oligarchie mondiale pour imposer Macron à  la France ( incluant l’affaire Fillon , violation flagrante de  la  séparation des pouvoirs) est une atteinte grave à la démocratie. Sans précédent est  la férocité de la répression de Gilets jaunes (même Mai 68  fit bien moins de victimes). Ce durcissement est intrinsèque à tout  régime idéologique.

Les classes dirigeantes ont  toujours eu dans la société une influence prépondérante par les moyens de l’autorité publique et de l’argent mais aussi par le prestige de la supériorité sociale .   Il fallait autrefois une audace singulière au mouvement ouvrier pour y résister.  Le fait nouveau est que désormais la puissance   que donne cette supériorité sociale est   démultipliée par celle que confère le carcan idéologique.   Jamais  la bourgeoisie  n’eut au XIXe siècle autant de pouvoir qu’en a celle d’aujourd’hui.   

A la conjugaison  de la supériorité sociale et  de l’armature idéologique , s’ajoute  l’internationalisation   des rapports de classe. Nous sommes passés du capitalisme « dans un seul pays » au capitalisme mondialisé dont les  segments nationaux   sont solidaires: des institutions comme le club du Bilderberg ou la Trilatérale,  le Forum de Davos ou le  Council for foreign relations , et de multiples  autres moins connues prétendent contrôler la planète.  D’où leur impatience devant des entités comme la Russie  ou la Chine qui résistent à  ces prétentions. Impatience aussi devant toute revendication populaire n’entrant pas dans ses schémas préétablis. Le « populisme » et devenu une appellation   infamante .  Le populus latin est-il   pourtant autre chose que le démos grec ?

On se demande pourquoi le  capitalisme mondial a éprouvé le besoin de    se protéger ainsi, bien mieux que dans le passé.  Au XIXe siècle les travailleurs pouvaient occuper une usine ou  un  château ; aujourd’hui la vraie richesse est hors de portée : ce sont des lignes de crédit  entièrement numérisées dans des paradis fiscaux .  Pourtant cela ne semble pas suffire   aux nouveaux oligarques. Il leur faut un contrôle de l’opinion interdisant  toute remise en cause d’un ordre mondial à leur service. Autisme propre aux  très  riches avec le  complexe obsidional  qui s’en suit , surcroit  de cupidité ou emballement autonome de la machine  idéologique ?

Quand nous parlons des riches nous ne devons plus imaginer une bourgeoisie à l’image de celle du XIXe siècle et  qui a prévalu  jusqu’aux années soixante : le chef d’entreprise, le banquier  mais aussi le notaire, le pharmacien , le rentier.  La puissance sociale se concentre désormais  dans les 0,1 % qui dirigent le monde et que seules certaines familles du CAC 40  représentent en France. Le patron de PMI  frappé par la mondialisation n’en fait   plus partie. Le système,  qui  écrase impitoyablement  le pouvoir d’achat  populaire : stagnation des salaires  sous prétexte  de  concurrence mondiale, hausse incessante des prix des services publics ( eau, électricité, carburant) , écrase aussi bien les  classes moyennes , par la lourdeur de impôts et  la libéralisation des professions protégées. Ce laminage des classes moyennes de tous les pays  distingue fondamentalement le capitalisme mondialisé de celui de l’époque classique. Classes  moyennes qu’il faut entendre au  sens large : tous ceux qui gagnent  leur vie en travaillant et dont les plus vulnérables ont occupé les ronds-points .

Le système fait en revanche un sort à part aux  bénéficiaires des dispositifs sociaux   . Plus pour préserver la paix sociale  que par générosité ,  il  distribue  largement  , au moins en Europe,  des revenus de substitution à ceux qui sont rejetés hors du système   du fait de leurs handicaps ou de la  récession  organisée ( notamment par l’euro)  pour contenir les salaires.  Malgré les rodomontades  antisociales  des libéraux,  ces protections demeurent  . Pour les  vrais  maîtres du monde , leur  coût   est supportable  car il repose entièrement sur les classes moyennes  ; leur importe peu  la frustration des travailleurs pauvres , même  immigrés, qui voient les bénéficiaires de ces dispositifs complexes et mal gérés gagner parfois autant  qu’eux. Le nouveau capitalisme  méprise  la valeur -travail.

L’immigration, dans ce tableau,  est plus qu’une soupape de sécurité .  La bourgeoisie internationale a conclu un pacte implicite avec les peuples du tiers monde ( ou les passeurs)  pour qu’ils investissent largement les pays développés. Le rapprochement familial  fut  instauré dans  les années soixante- dix  à un moment où le patronat cherchait à prendre sa revanche sur l’humiliation de mai 68  . De cette revanche, l’approfondissement  de la construction européenne fut un moyen,  le recours  massif  à la main d’œuvre  étrangère un autre. En plus grand , le  même processus s’est  déroulé au Etats-Unis , plongeant dans  la pauvreté l’ancienne classe  ouvrière, soit près d’un  tiers de la  population.   

Ne mettons pas en doute la bonne volonté d’un Donald Trump qui , par un retour au protectionnisme et une contrôle musclé de l’immigration , veut  redonner du travail et un revenu décent au travailleur  américain qui  a voté pour lui.  Y arrivera-t-il ? C’est une autre  question .Mais il est significatif  que , comme presque tous  ses prédécesseurs  , il a  dû  payer son tribut aux oligarques  en allégeant encore davantage leurs impôts.   Qu’ils soient de droite ou de gauche, les chefs d’Etat ne peuvent plus être élus et  rester au pouvoir  sans multiplier les faveurs aux plus riches. Hollande , qui prétendait de pas les aimer, a , sous  l’impulsion de son ministre des finances Macron ,  été un des plus généreux à leur  égard . Ce dernier, pur produit du système que nous venons de décrire, porté au pouvoir par de grandes manœuvres de l’oligarchie mondiale désireuse de « normaliser » la France,   a continué sur cette voie,  de manière encore plus ample, notamment par la suppression   de  la part financière de l’ISF – mais pas la part foncière  qui ne touche  que les classes moyennes.

Si l’ordre ultralibéral, un moment proche du conservatisme sociétal,  a trouvé plus avantageux, notamment sous l’impulsion d’anciens trotskystes fallacieusement  appelés « néoconservateurs »,   de  s’allier avec  les tenants d’une société libertaire , c’est que les uns et les autres partagent   le projet d’abolir toutes les régulations permettant au peuples de se situer , d’avoir des repères : repères nationaux, Etats, culture classique, famille, distinction des genres, opposition gauche/droite, repos dominical, en France structures territoriales, notamment la commune, gravement subvertie , services publics,  syndicats et ordres professionnels. Le but est  non seulement de constituer un gouvernement   mondial mais aussi de supprimer toutes les médiations susceptibles de le  contester  en réduisant les peuples à  un tourbillon de « particules élémentaires » , malléables , fongibles,  sans racines,  sans principes et sans culture , exploitables  à merci.

 

Le grand capital est  à gauche !

 

Cette nouvelle configuration historique a permis ce que personne n’aurait imaginé dans les générations  précédentes :  la classe dominante  mondialisée a adopté l’idéologie de gauche  . Le grand capital est passé à gauche !   Certes, il ne s’agit pas  pour lui  de partager  une  richesse de plus en plus écrasante  mais  égaliser par  le bas tous les  autres, soit    99,9 % de la population, ne le gêne pas.   Il a  surtout  fait sien  le vieux rêve internationaliste: « si tous les gars du monde se donnaient la main », ce qui signifie aujourd’hui  l’ouverture des  frontières aux capitaux, aux marchandises et à une main d’œuvre à bon marché, des agressions  impérialistes en théorie au nom des droits  de l’homme , en fait pour contrôler  les champs  de  pétrole (Irak, Libye, Syrie ) , la diabolisation de  tous  ceux qui ne se résignent  pas à l’attrition des  Etats ou à la dissolution des structures intermédiaires. 

Ceux qui chantent cette chanson n’imaginent  généralement  pas que   les riches,  mobiles, maîtrisent beaucoup   mieux que les pauvres  les règle du jeu de la mondialisation laquelle,  de manière intrinsèque , accroit l’écart  des richesses. Tout ce qui rapproche les peuples ( en fait les Etats) éloigne les classes sociales.   Le mondialisme est un système de vases communicants où les plus riches  des différents pays s’alignent sur le plus riches du monde , où les plus pauvres  doivent s’aligner sur les  plus pauvres   d’Afrique ou d’Asie.

L’ennemi désigné du capitalisme , ce sont les Etats-nations, il est donc à droite , facilement amalgamé  à une extrême droite qui  semble se complaire  dans le rôle du  repoussoir que le système médiatique lui a assigné .

Les clefs de l’influence , le triangle d’or,   sont aujourd’hui une grande fortune,  la possession d’un  grand média,   une image de gauche . S’il manque l’un de ces trois piliers , comme par exemple à la famille Dassault qui n’a pas une image  de gauche, le trépied est bancal . Xavier Niel ancien proxénète, 8e fortune de France,  a les trois  piliers ; il téléphone, dit-il,  tous le soirs à  Macron pour  le conseiller. La gauche donne au grand capital le lustre  moral qui lui manquait.

Ainsi est rompue l’alliance constitutive de la  gauche depuis 1789 , entre le peuple et l’espérance messianique. Dit autrement, le capitalisme a réussi à confisquer aux peuples jusqu’à leur arme idéologique bicentenaire et leur privilège moral  bimillénaire [5]. L’idéologie  étant intrinsèquement mensongère, il suffisait d’y penser.

 

Une révolte à mains nues

 

Confrontés à cet immense carcan , il fallait bien du courage aux peuples pour oser se rebeller . Beaucoup  pensaient que les Français étaient  définitivement amortis et n’attendaient plus  que de se laisser broyer par la machine euro-mondialiste . Même les références de gauche qui  alimentaient le discours de la révolte leur avaient été volées.  D’avance une telle révolte était  stigmatisée sous le  vocable de « populisme ».

Pourtant à l’automne 2018, les Gilets jaunes ont osé . Révolte pathétique face  un pouvoir qui ne cache pas  sa volonté d’imposer l’ordre  ultralibéral au  prix même de l’intérêt national. Révolte  d’une population en voie de paupérisation .

Révolte aussi  d’un peuple  sans structures . Les syndicats affaiblis, et de fait intégrés au système,  n’ont pas voulu  l’  assumer  (comme en son temps la révolte étudiante de mai 68)  et encore moins l’encadrer.  Il est significatif que le mouvement  des Gilets jaunes ait suivi  de quelques semaines l’échec de la  grève contre la réforme  de la  SNCF – baroud d’honneur probablement concerté contre le démantèlement d’un service public emblématique.   

La révolte des  Gilets jaunes est pathétique  surtout parce qu’elle est privée  de  ce qui fit la force du mouvement ouvrier  aux XIXe  et  XXe siècle : une idéologie de combat portant une conception du monde, juste ou non qu’importe,   mais opérationnelle dans la lutte.   L’échec de l’expérience soviétique, la mutation de l’expérience chinoise vers un capitalisme caricaturalement inhumain , ont contribué au  discrédit des idéologies de contestation radicale que portait  la gauche. Au demeurant  l’extrême gauche européene peut  passer    pour un soutien indirect au système : le refus de dénoncer l’immigration de masse  ne peut que réjouir  le tenants du nouvel ordre mondial , de même le rejet  du patriotisme que la pensée dominante   assimile au nationalisme , au fascisme et à bien pire encore. Comment reconstituer, pourtant,  les régulations sociales à même de  protéger le faibles – et les classes moyennes,  sans   une certaine    réhabilitation des nations   ?  Il est significatif que ce soit   dans le vivier de l’ultragauche que le pouvoir est allé puiser pour assurer le pourrissement  du mouvement des Gilets jaunes et son discrédit vis-à-vis de la masse conservatrice.

Ajoutons l’influence d’un  matraquage médiatique  qui répercute avec une  efficacité  inégalée, même  dans les régimes totalitaires, l’ idéologie dominante .  La revendication des Gilets jaunes se limitait pour  l’essentiel au pouvoir d’achat mais il n’était pas bien vu autour des ronds-points de remettre en cause l’euro, pourtant  principale cause  de la réduction du niveau de vie  en France et dans une partie de l’Europe .  Pas davantage,  le réchauffement climatique accepté sans  critique par la plupart de Gilets jaunes : ils voulaient seulement que le prix n’en soit pas payé que  par le peuple . Mais n’est-ce pas là précisément le but  de ce que Rémy Prudhomme[6]  appelle l’idéologie du réchauffement ( au sens d’Hannah Arendt)  que de faire payer le peuple ?

La rigidité du carcan idéologique qui enserre désormais le pouvoir macronien ne lui permettait que des concessions cosmétiques . Faute de  comprendre cette logique , certains Gilets jaunes ont pensé, de manière illusoire,  pouvoir contourner ce carcan par le référendum d’initiative citoyenne, ce qu’un pouvoir idéologique ne concèdera jamais.  

Le monde est-il  définitivement  verrouillé, de plus en plus inégalitaire  et de plus en plus autoritaire,  comme  un nouveau « 1984 » ?  Le mouvement des  Gilets jaunes   ne serait-il qu’un ultime sursaut  précédant un cadenassage généralisé ? Un tel pessimisme serait faire fi de l’histoire   qui est toujours  venue, à un moment donné,  bousculer ce qu’on croyait être  des situations définitives. L’Ancien régime,   avec ses qualité et  ses  défauts, semblait  une Bastille  imprenable ;  elle fut prise. Dans les années trente, les meilleurs esprits ne croyaient  plus à l’avenir de la démocratie libérale ;  elle a gagné en 1945. Personne   n’aurait imaginé  ( sauf le général de Gaulle ) que l’Union soviétique s’effondrerait: aujourd’hui, qui l’eut cru ?  Leningrad s’appelle à nouveau Saint-Pétersbourg .

Le mondialisme permet une concentration sans cesse croissante des fortunes. Mais  la cupidité a ses limites : dans un capitalisme qui reste  techniquement  fondé sur la   consommation de masse , le pouvoir d’achat populaire  ne peut être impunément laminé,   au risque du krach  .  C’est peu ou prou ce qui  arriva   en 1929.  Cinquante ans de capitalisme keynésien – dont la crainte du communisme ne fut pas la moindre motivation – nous  a préservés  de ce scénario. Il est à nouveau à l’ordre du jour.

Le  mouvement des Gilets jaunes a  montré que les peuples  que l’ultra-libéralisme idéologique s’attache    à anesthésier , bougent encore. A mains nues il a   suscité dans le système une immense  peur [7] .   Continuant à petit régime, il exprime un sentiment  populaire qui connaitra, n’en doutons pas,  d’autres avatars. Il demeure porteur d’espoir.

 

Roland HUREAUX

 

[1] Karl Marx, demeuré toute sa vie un esprit libre , aurait , croit-on, récusé toutes les idéologies qui se sont réclamées de lui .

[2] Cela vaut pour l’organisation  générale de  la  société ; cela vaut aussi pour de nombreuses politiques sectorielles , par exemple  les théories pédagogiques ou les méthodes de gestion publique .

 

[3] Certes , il était arrivé dans le passé que les bourgeoisies conservatrices fassent alliance avec les idéologues quand elles  se trouvaient gravement  menacées : avec l’ idéologie fasciste en Italie à la sortie de la première  guerre , avec   l’hitlérisme en Allemagne après  la grande crise.   Mais ces  épisodes furent transitoires et localisés. 

 

[4] Solon ( VIe siècle avant J.C.) imposa une remise des dettes et le partage des terres.

[5]Ce  privilège est  issu du judéo-christianisme ; rien de plus étranger à toute problématique sociale que l’Antiquité gréco-latine.

[6] Rémy Prud’homme, L’idéologie du réchauffement, Science molle et doctrine dure,  L’Artilleur, 2015

[7] Fin 2018, au plus fort de la crise, des patrons du CAC 40 ont supplié Macron de tout lâcher. Un hélicoptère était prêt sur le toit de l’Elysée pour l’ évacuer.

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 20:35

AVEC LE   PLAN DE RELANCE EUROPEEN,  L’ECONOMIE S’EFFACE DEVANT L’IDEOLOGIE. 

15/12/2020

Lors du  conseil européen des  10  et 11 décembre consacré au  le plan de relance européen et au projet de budget pluriannuel, un nouveau  psychodrame a été évité . Personne, en particulier les Hongrois et les Polonais ne voulait gâcher le pot de départ de Mme Merkel qui termine sa présidence de l’UE, sans doute la dernière.  Mais la préparation a été rude.  La Pologne et Hongrie ont à nouveau  été  mises au banc des accusés : elles bloquaient, dit-on, les vilaines, la relance de l‘économie européenne.

La presse mainstream avait fait chorus pour les avertir :  désormais ces pays doivent cesser de jouer les trouble-fêtes. Ils n’ont plus le vent en poupe (à cause de l’élection supposée de Biden) ; ils ont intérêt à se ranger. 

 

Un plan de relance illusoire

 

Double malentendu.  D’abord de quel plan de relance parle-t-on ?

Le PIB européen, donnée annuelle, était en 2019 de 150 000 Milliards d’euros. Le plan de relance représente 750 milliards (prêts et dons compris) mais sur sept ans.

Ce fameux plan de relance représente donc 750 000 : 7 = 107 milliards par an, soit 0,71 % du PIB européen à partager en 27, sachant que 37  % doivent être consacrés à la lutte contre le réchauffement climatique, construction d’éoliennes et tutti quanti.   Voyez ce qui reste pour l’économie normale.  Et c’est sur cela que l’on compte pour faire une relance ?

La seule vraie relance de fera à l’échelon national : déjà l’Allemagne, grâce à son excédent commercial   colossal et à son endettement minimal, annonce un méga plan  de 1100 milliards. Onze fois plus que le petit plan français de Macron, de 100 milliards et fortiori plus que les   autres pays.  

La vraie relance pour ces derniers, s’il y en a une, viendra non de Bruxelles mais de Francfort où la BCE rachète largement, au titre du quantitative easing les prêts des banques aux Etats. Sans ce secours d’une ampleur   bien plus importante que le prétendu plan de relance, l’Etat français ne pourrait plus payer ses fonctionnaires. C’est ce qui s’appelle vivre à crédit.

Comprenons que le vrai but de ce pseudo-plan est politique, pas du tout économique, il est de   faire avancer l’intégration européenne en instaurant, ce qui jusque-là n’avait jamais été fait : un emprunt européen, parfaitement  contraire aux traités . La Commission européenne et la France ont tout fait pour obtenir cette « avancée » vers la supranationalité.  Macron est même allé, pour vaincre les résistances, jusqu’à sacrifier l’intérêt financier de la  France  (comme si elle pouvait se le permettre !). Les pays du Nord (les « pingres ») ont obtenu une baisse de leur cotisation normale fondée sur la richesse, les pays du Sud une part substantielle des crédits, plus que proportionnelle à leur population, de peur qu’ils ne quittent l’Union, comme l’a fait le Royaume uni. La France, elle, n’a eu ni l’un ni l’autre et payera  plus qu’elle ne recevra ! Tout cela pour faire droit au  grand dessein  européen de son président,  plus important  à son gré que les intérêts bassement matériels des Français.

 

Des conditions purement idéologiques

 

Premier enfumage donc : qu’il y ait vraiment un plan de relance. Deuxième enfumage : le prétendu blocage de la Pologne et de la Hongre (auxquelles s’est jointe par solidarité la Slovénie) : il n’y aurait eu aucun blocage si la commission, avec l’aval des principaux Etats, n’avait soumis l’accord à des conditions politiques parfaitement superfétatoires. Officiellement il s’agit de renforcer l’Etat de droit dans les pays suspects, soit les susnommés, notamment l’indépendance de la justice et le pluralisme de la presse. Cela fait bien rire quand on voit ce qu’il en est en France, voire en Allemagne !  En réalité, il leur est reproché leur fermeture à l’immigration et leur réticence à s’aligner sur ce que sont désormais les normes sociétales européennes en matière d’avortement ou  de mariage homosexuel. Plus fondamentalement, le mini plan de 0,7 % du PIB européen a été conçu  à Bruxelles comme un moyen de renforcer   la tutelle politique sur l’ensemble des Etats, cette conditionnalité ouvrant la voie à un contrôle accru des politiques intérieures de toute nature. On est, comme on voit, très loin de l’économie !

Mais pourquoi donc la commission s’est-elle compliquée la vie en imposant ces conditions politiques au plan de relance ? Pour le comprendre il faut le resituer dans la chaîne des forces mondialistes qui ont décidé de faire du COVID une occasion pour un reset mondial. Un reset , cela  veut dite une remise à plat de l’organisation du monde dans le sens souhaité au Forum de  Davos, au club du  Bilderberg, à la Trilatérale etc. et dans le cas d’espèce,  de faire avancer de manière décisive toute une série de politiques auxquelles  les  peuples renâclent : la lutte contre le réchauffement climatique, la désindustrialisation qui va avec le priorité environnementale, et en Europe la supranationalité , en vue de faire abandonner aux Etats de manière définitive les quelques prérogatives  qui leur restent.   La conditionnalité est une application du  reset. Tous ceux qui croient vraiment à une politique de relance, sont dupes d’une gigantesque tromperie.

Reste à savoir qui a gagné à l’accord conclu à l’arraché .  La presse du courant principal  a célébré la victoire remportée sur les récalcitrants qui ont accepté les conditions, en particulier celle de respecter l’Etat de droit.  Ils ont sans  doute été  soumis en coulisses à de très fortes pressions de l’Allemagne, d’autant plus efficaces qu’ils auront, surtout  la Pologne, une part importante du gâteau promos  (alors quels sont été peu touchés par le Covid, peut-être en raison de la fermeture de leurs frontières). 

Pourtant Monsieur Soros est furieux : dans un article publié par l’Obs , plus ouvert aux milliardaires qu’aux « populistes » , il  accuse les mêmes dirigeants de ces pays d’aimer trop l’argent  ( !) et  l’Union européenne de leur avoir tout cédé. On ne fait certes pas de bon accord sans ambiguïtés. Pour notre part, il nous étonnerait que, sur le fond, ces pays aient définitivement aliéné des éléments essentiels de leur indépendance.   Les gens de Bruxelles  croit y arriver .  Comme ceux qui   ignorent l’histoire, ils ne savent pas que la Hongrie occupée par les Turcs, a lutté pendant plusieurs siècles pour les chasser, la Pologne avait perdu la sienne de 1795 à 1918. Pologne et Hongrie ont  été soviétisées de force entre   1945-48 et 1990.  Ces pays ont le flair pour reconnaitre une démarche idéologique : face au projet mondialiste porté par  Bruxelles, ils sont sur un terrain qu’ils ne connaissent que trop.  Qui peut croire qu’ils vont remettre leur destin, en particulier tout ce qui touche à leur   politique migratoire, entre les mains des de la machinerie de l ‘UE ?     

Oui, la bataille en cours n’est que secondairement économique ; elle est essentiellement idéologique.

 

Roland HUREAUX

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 20:23

Le Père Gitton ayant proposé un échange par internet de réflexion  libres sur la crise de l’Eglise , voici, dans le désordre, quelques   réflexions.

14/12/2020

Oui, je crois qu’il y a une crise de l’Eglise d’Occident  . Nous connaissons tous  les signes de son déclin en Europe occidentale ( catholiques et protestants).  Aux Etats-Unis , la haine antichrétienne, autour de la question de l’avortement  et de l’homosexualité,  divise profondément  le pays  alors que pendant des décennies on avait répété  que les Etats-Unis, pays religieux,  eux, ne connaissaient pas l’anticléricalisme à la Combes. Sont exempts semble-t-il de  cette évolution la Russie ( et encore )  , l’Afrique noire,  la Chine et toute l’Asie dont la péninsule  arabique où le christianisme progresse. On pourrait à la rigueur ne pas s’inquiéter pour l’Eglise elle-même qui peut bien déserter l’Europe et redémarrer sur d’autres continents , comme elle a déserté autrefois l’Asie mineure. Mais  je me soucie aussi de l’avenir de la civilisation européenne parce que c’est la mienne, parce qu’elle me parait essentielle à la bonne marche du monde,  parce que le catholicisme en est un  composante centrale  et que sans lui , elle va mourir, comme on l’observe déjà.

Je dois penser à mes ancêtres qui m’ont transmis  un certain héritage et à mes enfants qui doivent pouvoir en recevoir un qui se situe dans sa continuité .

Il faut  penser aux sentiments de tous ceux  qui ont consacré leur  vie au service de l’Eglise et qui ne peuvent se  contenter d’un faux optimisme.

Ce faux optimisme peut être alimenté par cette considération, incontestable, que le fait religieux est  bien davantage sur la scène publique qu’il y a soixante   ans : à cause des médias, à cause de l’islam , à cause des débats de société qui n’avaient pas lieu autrefois.

Mais ce n’est là  qu’un préambule ; ce n’est pas là-dessus que doit porter d’abord la  réflexion.

 

L’ambiance sociale  et culturelle dans laquelle s’accomplit l’action   pastorale  est déterminante. Prenons deux frères entrés au séminaire vers 1960, l’un dans un diocèse de France , l’autre chez le Missionnaires d’Afrique.  Même milieu familial, mêmes études  ou presque, même vie spirituelle.

Le premier connaîtra les déceptions que l’on sait, avec un statut social diminué .

Le second  aura vu, sans efforts particuliers,  sinon de faire son travail sacerdotal ordinaire, des milliers de baptêmes d’adultes, de nombreuses vocations indigènes, avec un  haut niveau de considération sociale, même en terre musulmane. Je rappelle que, contrairement à ce qu’on croit, le christianisme ne recule pas devant l’islam en Afrique, ni en Asie , ni nulle part sauf en Europe.

Pour prendre une image fluviale, le premier  des frères a ramé toute sa vie contre le courant, le second a ramé avec  le courant.

L’Eglise  n’est pas à la mode en Europe, elle est à la mode en Afrique ( et ailleurs ),  comme elle l’était en Europe occidentale aux IVe, Ve, VIe siècles.

 

Il ne faut pas tout faire remonter à la  Révolution française. Jamais en France la pratique  religieuse n’avait auparavant  atteint le niveau de 1789 ! Après  la crise que l’on sait,  elle a été suivie d’un siècle , le XIXe, où l’Eglise de France a rayonné comme jamais dans son histoire : nombreux prêtres , expansion missionnaire sur tous les continents  ( vers 1900, la moitié des  religieux et religieuses missionnaires dans le monde viennent de France), apparitions, exemples de  sainteté . Mais l’Eglise du XIXe siècle connait  tout de même la routine théologique,  une certaine difficulté à traiter  avec le progrès scientifique, une dénatalité qui ne vient pas forcément des milieux  catholiques mais qui a  , en France, cent ans d’ avance sur le reste de l’Europe. Il ne faut pas idéaliser non plus la pratique religieuse  au XIXe siècle  : dans certains romans de Balzac ou de Maupassant, on voit des régions entières profondément déchristianisées. Les missionnaires dont je parle ne viennent que d’une  partie de France. Sur la France entière , je ne  suis pas sûr que la pratique  ait jamais dépassé les 25 % ( sauf quand elle  était bien vue de la police : Restauration, Second Empire) .

Dans le première moitié du XXe siècle , l’élan s’est maintenu . Les persécutions de 1905 ( moins graves à mon sens que celles que nous infligent de  manière bien plus insidieuse les pouvoirs publics actuels ), n’ont pas ralenti l’élan  des vocations , notamment  missionnaires. La Grande guerre a un effet très positif sur le catholicisme ; non seulement la guerre apaise l’opposition  ( Léon Blum , premier président du conseil à se rendre à la Nonciature) mais l’Eglise  maintient  son influence jusque vers 1950 .

Maintien de  son  influence avec une nuance signalée  par Pierre Chaunu : la France de 1905 est deux fois plus féconde sur le côté catholique que sur le côté laïciste  .  De 25 % d’une génération, on arrive à 50 % pour les familles chrétiennes , ce que le Pr Lejeune appelait la « sélection spirituelle ». Mais une infériorité culturelle persistante  décolore au fur et à mesure une partie de la jeunesse issue du milieu catholique, de manière variable selon les époques et les milieux, accélérée depuis 1968 ( ce qu’ Emmanuel Todd appelle le catholicisme zombie , caractéristique de la Bretagne déchristianisée et passée au PS ).

L’Eglise du XIXe siècle avait en effet un point faible : sa faible aptitude  à se confronter au  progrès des sciences et à  contrer les idées  issue des Lumières, selon lesquelles elle n’ est plus de notre époque  ( Nietzsche : « Dieu est mort »).  Elle gère mal la question de l’évolution.  Elle met du temps à comprendre ce qu’il y a de positif  chez Freud. Quels que soient les mérites de Pie X , il est désastreux que l’Eglise ait désigné  comme « modernistes »  ses dissidents de la fin du XIXe siècle :  c’était les crédibiliser  et conforter l’idée qu’elle n’était plus de son époque. Engels a dit que la théorie de Carnot était une « invention des curés » mais quel ecclésiastique du XIXe siècle en a jamais parlé ? Ils étaient trop occupés à réfuter Darwin, ce que le magistère n’a jamais fait. Dans la  première moitié du XXe siècle, apparait au contraire une  génération d’intellectuels catholiques -  ou sympathisants  comme Bergson , une théologie plus vivante une fois surmontée la crise moderniste. Sur le plan scientifique, le progrès des connaissances ne la disqualifie pas, au contraire :   le Big bang, longtemps tenu en suspicion par le milieu positiviste , le principe d’incertitude etc. la permanence du génome humain bouleversent la vision positiviste du monde.  Certes, l’opposition entre l’Eglise et les Lumières demeure un problème mais moins aigu qu’au XIXe siècle.

L’Eglise du XXe siècle accroit ainsi   sa capacité de dialogue et son intégration dans le mouvement  intellectuel général  ; elle devient  plus crédible.  Nous connaissons la conversion de grands intellectuels vers  1900. Apparait aussi  vers 1900 un  catholicisme de gauche qui reste intransigeant  sur le dogme ( ex. Maritain), ce qui n’existe plus aujourd’hui.   

Pourtant l’environnement se dégrade à partir de 1945 . Un autre front s’ouvre, celui de la morale sexuelle. Pourquoi ?

Tout part de l’expérience de la deuxième guerre mondiale , de la Shoah et de l’interprétation que lui donnèrent certains philosophes dits  de l’Ecole  de Francfort  ; ils se réclament de Freud mais Freud  n’a jamais  avalisé leurs thèses.

Face au nazisme, l’opinion populaire  était que  l’Eglise enseignait le bien et que le christianisme  n’avait rien à voir avec les brutes immorales qui dirigeaient   les régimes totalitaires . Le premier réflexe des Allemands, des Italiens, et même des Français  , en réaction au socialisme national et à ses alliés,   fut de se tourner vers  des partis démocrates-chrétiens, supposés à l’autre bout du spectre ,  personne , dans l’électorat  ne doutant alors que   l’Eglise était du côté du bien.

Les philosophes de l’école de Francfort ( Adorno, Reich, Benjamin, Marcuse)  ont quitté l’Allemagne en 1933 pour se réfugier  aux Etats-Unis et sont revenus en 1945   dans les bagages de l’armée américaine désireuse d’éradiquer les racines du nazisme en Allemagne et en Europe. A partir d’enquêtes sociologiques contestables, Adorno a répandu  une équation perverse  : les gens les plus vulnérables aux idées nazies étaient , selon lui, ceux qui avaient le  plus  subi l’influence  de la famille européenne ( et chrétienne )  traditionnelle. Pour  vacciner l’Europe contre le retour de ces idéologies, il fallait détruire la famille  et donc l’héritage chrétiens.  L’instrument en serait  la libération sexuelle, la répression des instincts par la morale classique entrainant la  névrose,  la perversion et menant  au crime. Ces idées sont reprises par  Reich, Marcuse et bien d’autres. Sous une autre forme, trente ans plus tard par la French theory ( Foucault, Deleuze, Derrida – pas Lacan qui justifie la morale traditionnelle de manière cryptée).  Le roman , et le cinéma , obsédés par le question sociale avant 1939, ne s’intéressent plus qu’à celle de la sexualité  à partir de 1945.

Si Hitler qui était antichrétien et Mussolini fort peu religieux ne pouvaient guère  conforter un tel amalgame , Pétain et Franco en revanche ne s’y  prêtaient que trop.

Ainsi, pour la première fois de son histoire, l’Eglise était,  de manière subliminale, du côté du crime. Au lieu de « défendre les brebis contre les loups », la hiérarchie a multiplié les gestes de repentance qui ont conforté l’opinion  dans cette vision erronée de l’histoire . Quel jeune  n’apprend pas , même à l’école privée, que l’Eglise a commis tout au long de son histoire une longue kyrielle de crimes ?

Le temps que ces idées  fassent leur chemin, on arrive à mai 68 qui fut pour elles  un puissant relais.

La théorie de la libre sexualité pouvait d’autant mieux faire son chemin que la société de consommation en  émergence  faisait de la  jouissance un devoir civique : à l’heure des supermarchés,  recherche du  plaisir = achats de biens de consommations = croissance économique = emploi pour tous. Difficile d’être rigoriste en matière sexuelle quand tout poussait à l’hédonisme dans la vie économique.

La baisse des vocations sacerdotales  n’est  pas une tendance continue depuis le 60 ans  ans comme on tend à le faire croire. Elles se maintiennent à peu près jusque vers 1970 , soit la génération issue de la guerre,  avant d’enregistrer   une chute brutale en 1970-1975 ( comme d’ailleurs la natalité, même en pays protestant, ce qui relativise l’effet de Vatican II  ) d’environ 600 à 120 par an .  Depuis 1975, il n’y  pas,  à ce qu’il  semble, une baisse des ordinations  ( en incluant les dissidences et les vocations monastiques masculines  , elles se maintiennent   à ce  niveau avec de légères fluctuations : un  passage au-dessous de 100 ( chiffres à vérifier)  vers 2000 ,  qui pourrait être dû à l’invasion de la télévision ( puissant relais hédoniste ) dans la vie des enfants  nés vers 1980 ), une remontée après la Manif pour tous , ce qui montre que l’engagement politique ne dessert pas l’Eglise, au contraire .

Il ne faut pas être un démographe de  grande  pointure pour comprendre qu’une chute brutale de 600 à 100  nouveaux prêtres se transforme en un déclin continu quand on  l’envisage sur le long terme : chaque année – 600 + 100 = - 500. Mais dès que la génération de l’après-guerre sera  entièrement retirée ou décédée,  l’effectif sacerdotal en France devrait se stabiliser sur un flux de – 120 + 120 , à multiplier par  40 ou 50 ans d’activité pour avoir l’effectif global .

La froideur de ces chiffres  marque une mutation sociologique profonde  ; la fin du recrutement provincial et populaire, surtout paysan , le quasi-monopole des familles de la  vieille bourgeoisie, voire de l’aristocratie , - ou de quelques jeunes sans racines chrétiennes particulières , purs produits de l’Esprit .  Ainsi se termine l’alliance conclue aux XVIIIe et XIXe siècle entre l’Eglise de France et la paysannerie aisée et une partie  de la petite bourgeoisie de province, moins par un rejet violent de type soixante-huitard que par indifférence et conformisme. Dans les familles nombreuses parisiennes, beaucoup de jeunes s’installent en province où ils participent à la régénération des paroisses, selon un phénomène de geyser. De  sensibilité  presque toujours traditionnelle au départ, les séminaristes qui ne vont pas  chez les dissidents, s’adaptent au cours de leur carrière  à un milieu  conciliaire devenu par lui-même stérile.  

Quel a été  l’impact du concile Vatican II sur  ces évolutions ? Je ne  sais. Ayant suivi le petit catéchisme d’avant le concile je ressentais, bien que très  jeune, une église déjà  sur la défensive et quelque part complexée , se sentant en porte à faux . Le  renouveau théologique n’avait touché que les élites. Elle était donc vulnérable au premier choc .  Loin  d’être  la solution attendue à la crise ,  le concile  ( et surtout son environnement et ses suites) a aggravé le problème.

Autres  considérations  importantes :

  1. La mutation la plus fondamentale me parait la fin de la peur de l’enfer dans les masses. Qu’on le veuille ou non, dans l’avant-concile, beaucoup de  gens allaient à la messe ou  ne divorçaient pas par peur de l’enfer plus que par amour de l’Eglise ou de leur conjoint(e).  Le petit catéchisme avait formalisé cela sous l’appellation de la « grâce imparfaite ».  Pourtant  le Concile n’a nullement changé la doctrine traditionnelle sur ce sujet.

 

  1. L’école publique d’avant 1968 , fidèle à la Lettre aux instituteurs de Jules Ferry,  était très respectueuse de toutes les convictions et portait un fort enseignent moral dont   les enfants voyaient bien qu’il  convergeait  avec celui du  catéchisme ( cf. sur ce sujet un beau texte du cardinal Saliège  )  ; depuis 1968, la laïcité a changé de sens : suppression de la  morale, peu de respect pour les convictions des enfants, propagande antichrétienne insidieuse chez beaucoup  de professeurs. Cela aussi est destructeur.

 

  1. Le nouveau catéchisme qui a repris toutes les aberrations du pédagogisme laïque  a eu un impact négatif considérable . Il a un caractère suicidaire. Je m’interroge sur sa  genèse : bêtise , effet de mode ou volonté de nuire ? .  

Pour conclure  provisoirement, avant le  débat qui devra avoir lieu entre nous,  je ne vois aucune solution claire  à la crise . Je pense que l’Eglise passe pour plus généreuse qu’autrefois , mais perd sa  capacité de conviction si ses représentants ne  sont pas sûrs d’eux . Or pour être sûr de soi , il faut avoir une forte capacité d’argumentation et donc une foi évoluée.

Cela implique de ne pas donner tout au témoignage et rien à la raison. Certes ce ne sont  pas les arguments qui convainquent  la majorité de nos concitoyens, c’est bien  le témoignage, mais le témoignage doit être d’abord celui de gens équilibrés et  sûrs d’eux  - donc instruits.  Il se peut que les musulmans convertis, moins « décadents » aient aussi à y prendre  de plus en plus leur part .

 

RH

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