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Roland HUREAUX

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 10:11

 

 

Il se peut que les observateurs qui, suivant les sondages qui donnent Emmanuel Macon vainqueur de la présidentielle de 2017 n’aient pas compris ce qu’une telle victoire aurait de subversif pour la démocratie française.

Certes, formellement, l’élection serait régulière.

Mais elle aurait été obtenue à un prix qui ne pourrait laisser qu’un goût amer.

 

Une manipulation judicaire

 

D’abord la manipulation judicaire partie de l’Elysée qui a abouti à affaiblir considérablement François Fillon. Une fois posé l’usage   de l’alternance démocratique, depuis longtemps admis dans notre pays, il paraissait naturel qu’après un quinquennat de Hollande particulièrement désastreux – au point d’interdire au sortant de se représenter -  le candidat de la droite de gouvernement, François Fillon, désigné au terme d’une primaire incontestée, prenne la relève avec ses équipes.

Pour des raisons qui restent à éclaircir, Hollande et son entourage ne l’ont pas admis. Turpitudes à cacher, affaiblissement du sens républicain, égoïsme sordide, Hollande a décidé de remettre en cause   cet usage en mettant tous le moyen l’Etat, les moyens judicaires en premier lieu, en marche pour détruire l’image du candidat dans l’opinion, dans l’espoir de conserver l’Etat PS qu’il avait mis en place.

S’il est vrai qu’au début, Hollande a espéré réaliser cette opération pour lui-même, son retrait et la faiblesse du   candidat socialiste ont fait qu’elle a profité à Emmanuel Macron. Ce dernier ne pouvait pas ne pas être au courant de ces manigances : proche de Jean-Pierre Jouet, secrétaire général d’Elysée que l’on dit au centre de la manœuvre, ayant eu le secrétaire général adjoint Boris Vallaud, mari de Najat Vallaud-Belkacem comme chef de cabinet à Bercy, quand il était    à la tête d’une administration fiscale qui n’a pas de secret pour son patron, le candidat Macron apparait au cœur d’une   manipulation dont il est le premier bénéficiaire.

Est-il utile de dire qu’en ayant la haute main sur le parquet financier, qu’il a créé et où il a effectué les premières nominations, et en permettant son instrumentalisation politique, Hollande n’a pas respecté, c’est le moins qu’on puisse dire, l’article 64 de la Constitution selon lequel « le président de la République est garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire ? «

On pourra alléguer que Francis Fillon aurait pu se défendre mieux. Il reste que la manœuvre qui a déstabilisé sa candidature est sans précédent dans une République où le pouvoir judiciaire était tenu par la loi et par la coutume à l’écart de la politique et où les présidents de la République successifs n’avaient jamais dans le passé utilisé de tels moyens.   

 

Une presse dont le pluralisme est évacué

 

L’autre dévoiement auquel Macron devrait, s’il était élu, son élection, est la quasi-unanimité de la presse écrite et audio-visuelle en sa faveur –  contre François Fillon.

Cela aussi est sans précédent dans la démocratie française.

L’affaire Fillon n’aurait pas eu le retentissement que l’on sait si la   presse ne s’en était délectée hors de toute mesure, pendant des semaines et des semaines, avec   une insistance sans proportion avec la gravité toute relative des faits. 

Une telle unanimité tient sans doute à la sociologie journalistique dont la formation orientée et l’esprit grégaire tel qu’il s’est développé dans les écoles de journalisme et les salles de rédaction, plus le terrorisme intellectuel interne au milieu, assurent une large majorité aux plumes de gauche et d’extrême-gauche, même dans les journaux classés à droite, dont témoignent tous les sondages

Elle tient aussi à l’accaparement des médias par des groupes financiers diffusant presque tous une idéologie libérale-libertaire, compatible avec la gauche, et qui pouvait être hostile à ce que représente François Fillon : la bourgeoisie catholique enracinée de filiation gaulliste. On sait les sentiments favorables pour Macron de gens comme Pierre Bergé et Xavier Niel, patrons du Monde et de l’Obs, Bernard Arnault, patron des Echos et du Parisien, Vincent Bolloré, patron de Canal Plus, François Pinault, patron du Point et naturellement des patrons de toutes les chaînes publiques. On sait aussi par quelles manœuvres Macron ministre des finances s’est acquis l’appui de Patrick Drahi bénéficiaire d’une autorisation d’achat de SFR qui représente un avantage de plusieurs milliards et qui possède, BFM, Libération, L’Express. Le candidat Macron s’est attiré d’autres sympathies moins connues dans la presse régionale : Jean-Michel Baylet, Michel Lucasa.

Nous savons depuis deux siècles que la démocratie est inséparable du pluralisme de la presse. Cette unanimité des médias en faveur d’un seul candidat, au détriment des dix autres, est le signe d’une dégénérescence profonde de notre héritage démocratique. Il y a un précédent, l’unanimité de la presse nord-américaine en faveur d’Hillary Clinton. Elle n’a certes   pas empêché Trump d’être élu mais elle l’empêche de gouverner. Là aussi une vieille démocratie est en train de déraper dangereusement.   

A l’appui de la presse s’ajoutent les moyens financiers colossaux dont semble bénéficier le candidat Macron et dont l’origine demeure mystérieuse. Là aussi nous nous trouvons en rupture avec une époque où la répartition de ces moyens n’était certes pas égalitaire mais où elle était plus équilibrée.

A ces deux dimensions qui ont infléchi le résultat des urnes, s’ajoutent, dans une pénombre plus difficile à scruter, les pressions internationales qui s’exercent en faveur de Macron, soldat sans états d’âme de tous les réseaux qui se sont attachés au fil des ans à réduire la souveraineté    de la France : OTAN (avec ses têtes nord-atlantiques pro Clinton), Union européenne, Allemagne, sans compter les réseaux propres à la haute finance dont le candidat est issu.

Perméabilité d’une personnalité apte à se plier à tous les conditionnements et qui semble à bien des égards immatures ? Conditionnement propre à la dernière génération de Sciences Po, style Richard Descoings ?    Exigences impitoyables de certains commanditaires hors du champ des radars ?  Il faut bien dire que, sur aucun sujet, Macron n’a pris la moindre distance par rapport aux idées dominantes dans le monde occidental : immigration, euro, russophobie, libre-échange, éducation, idées libertaires etc. Au point d’apparaitre comme un candidat formaté à l’avance pour imposer à la France ce qui dans la plupart des domaines suscite le rejet du peuple.

Connaissant ces rejets de plus en plus violents, qu’attestent de nombreux sondages, les forces qui appuient Macron semblent avoir choisi de passer outre, de passer à la vitesse supérieure   pour imposer aux Français un président qui reflète leurs idées :  celles des maîtres du monde. En raison de la difficulté même de l’entreprise, ils n’ont pas lésiné sur les moyens.

Ce sont ces moyens qui ont permis au candidat Macron, grâce à des méthodes de communication adaptées et sans doute cher payées, quoique parfois ridicules, de faire illusion au point que la distance abyssale entre ses vraies idées    et les aspirations profondes du peuple français n’apparaisse pas au grand jour.

Rien ne dit que leurs yeux ne s’ouvriront pas avant le second tour. Il est dans la logique de la Ve République telle que l’a voulue le général de Gaulle que le peuple français n’élise pas son président sans un face à face ultime où il   regarde les yeux dans les yeux celui auquel il va confier son destin. Mais si d’aventure tel n’était pas le cas, et que Macron soit quand-même élu, le réveil serait rude. Les Français ne pourraient qu’avoir le sentiment de s’être fait forcer la main avec de moyens déloyaux. Comment ne  verraient-ils pas  dans cette élection  un véritable hold-up sur la république ?   Compte tenu de la place de la France dans l’histoire de la démocratie, ce serait là le signe d’une crise grave de celle-ci.  Il n’est pas sûr qu’une telle élection acquise avec de tels moyens, ne prélude pas à un rejet violent et rapide du nouveau président.

 

Roland HUREAUX

 

 

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 22:25

 

Quand Hillary Clinton a appris que Trump, son ennemi juré, avait bombardé l’aéroport de Shayrat (Syrie), elle a applaudi des deux mains. On l’avait vue   aussi, dans une vidéo, sauter de joie d’un air carnassier en apprenant la mort de Kadhafi.

Ce ne sont pas que des symboles. Hillary Clinton est la figure emblématique du clan néo-conservateur aux Etats-Unis (à cheval sur les démocrates et les républicains) qui a déjà mis à feu et à sang sept pays (4 millions de morts au total, selon Michel Onfray).

Macron n’a pas l’air aussi agressif que Hillary mais il est le représentant de ce clan dans la bataille électorale française. Il   partage d’ailleurs avec H. Clinton toutes les options libertaires de ce que Jean-Paul II appelait la « cuture de mort ».

 

Les néo-conservateurs libéraux libertaires

 

Les néo-conservateurs veulent faire régner la démocratie et les droits de l’homme dans le monde, en particulier au Proche-Orient, au besoin par des bombardements massifs de populations civiles (comme en Libye) et un soutien actif aux islamistes. Mais ils sont aussi libre-échangistes en économie, libertaires dans les questions de société, partisans d’immigration aux Etats-Unis et surtout en Europe (Obama a, comme Macron, félicité Merkel pour sa politique d’accueil), partisans de l’euro et de l’Europe de Bruxelles (là aussi Obama a pris parti contre le Brexit). Mais ils sont surtout violemment hostiles à Poutine et tout ce que représente la Russie d’aujourd’hui, notamment son opposition aux surenchères libertaires.   

Cette mouvance mondialiste, dont les ramifications traversent l’Atlantique et qui est soutenue par les grandes banques (Goldman Sachs en tête) est souvent réduite à sa dimension économique :  il s’en faut pourtant de beaucoup qu’elle se contente de défendre les intérêts purement économiques du capitalisme :  démantèlement des systèmes sociaux, liberté des échanges, réduction de l’Etat, privilèges du capital.   Comme disait un de   ses représentants les plus éminents, le milliardaire Warren Buffet, par ailleurs financeur des campagnes   pro-avortement : « Je crois à la lutte des classes, mais maintenant, c’est nous le parti des riches qui la gagnons ». Si le néo-conservatisme libéral se réduisait aux questions économiques, ce serait après tout un moindre mal.  Mais certains de ses membres ont d’autres préoccupations : ils ne préparent rien moins que la guerre contre la Russie de Poutine. George Soros, autre milliardaire philanthrope, s’est juré de l’abattre. Comment ? On se le demande sinon en risquant un affrontement nucléaire. Ils n’acceptent pas non plus que leurs plans de destruction de l’Etat     syrien   aient été mis en échec par Poutine    et veulent y intensifier la guerre.

Pour exécuter ce projet, il leur faut une Europe parfaitement unie derrière l’OTAN :  pas   une tête ne doit dépasser. Il leur faut un alignement total de tous les pays, et d’abord celui qui a si souvent joué les fortes têtes, la France. C’est la raison pour laquelle ce clan a tout fait pour y imposer un président à sa botte :  Emmanuel Macron, entièrement acquis à toutes ses idées, jusqu’à la caricature.

 

Fillon ne suffisait pas

 

Il ne serait agi que d’un projet économique, Fillon aurait fait l’affaire : le candidat des Républicains ne remettait en cause aucune des orientations économiques voulues par les réseaux mondialistes : comment l’aurait-il fait puisque son bras droit, Henri de Castries préside le club de Bilderberg, un des lieux emblématiques de cette mouvance ? Il ne contestait ni le libre-échange, ni l’euro et proposait même un programme de réduction du pouvoir d’achat    populaire qui avait tout pour leur plaire. Mais ça ne suffisait pas : l’élection de Fillon aurait rapproché la France de la Russie et donc rompu le front euro-atlantique dont ils rêvent.

Il se peut même que cette obstination à éliminer Fillon et à imposer Macron soit lié à ce projet de guerre.  

Un projet qui a un adversaire : Donald Trump dont l’élection a été pour ce clan un sérieux revers et qui avait fait campagne en promettant de mettre un terme aux opérations de renversement de régime (régime change) au Proche-Orient et de chercher un terrain d’entente avec la Russie. Mais Trump fait face à d’énormes difficultés pour imposer ses vues à un Etat   américain acquis dans sa majorité aux thèses des bellicistes. Le bombardent évoqué plus haut était sans doute un gage qu’il a dû donner à ses opposants[1].

Dans ce contexte, la France est rien de moins qu’un champ de bataille pour des forces qui la dépassent. L’élection de Macron serait une victoire du clan Clinton (Obama lui a téléphoné son soutien) et une défaite pour le camp de la paix, qui ne se réduit pas à l’entourage de Trump.  Elle pourrait accélérer la mise à l’écart de ce dernier   que les néo-conservateurs attendent pour reprendre leur œuvre de mort.

Les chrétiens d’Orient ont par là même tout à craindre d’une victoire de Macron. Sa visite au Liban a montré qu’il était totalement aligné sur la politique menée par l’OTAN depuis six ans dans la région, une politique qui a consisté   à fournir des armes et entraîner les djihadistes   contre le régime Assad mais aussi contre la minorité chrétienne (et d’autres minorités) que, avec ces armes, les djihadistes massacrent. L’élection de Trump leur avait amené un petit espoir de paix. Celle de Macron la ferait envoler.

L’enjeu de la nouvelle bataille de France, c’est donc la paix du monde. Clairement Macron est du côté de tous ceux qui complotent contre elle.  Il serait au minimum leur allié passif. Quels que soient les défauts de sa rivale, elle serait, comme Fillon, du côté de l’ouverture et donc de la paix.  

Avec ses allures de Peter Pan, jeune, immature, aérien, et vaguement irresponsable, par là si séduisant, Macron fait penser à ce joueur de flûte conté par les frères Grimm qui, par son jeu magique, avait entrainé à sa suite les enfants de la ville de Hamelin pour les emmener vers la mort.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

[1] Certains pensent que Trump, de guerre lasse, se serait   rallié aux positons des néo-conservateurs. Cela n’est pas certain.  

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 18:30

 

La drépanocytose (du grec drepanon, faucille), également appelée hémoglobinose S ou sicklémie est une maladie du sang héréditaire qui se transmet par des gènes récessifs. Elle se traduit par une forme d’anémie. Elle était au départ principalement répandu en Afrique.

Depuis 2001, son dépistage est systématique en France sur les enfants  considérés comme à risques,  ceux dont  les deux parents ont des origines dans une région « à risque » , soit en pratique, essentiellement des parents originaires d’Afrique subsaharienne, du Maghreb, des Antilles, ou quand un seul des deux parents est à risque,  si le père est inconnu ou  qu’ il y a des antécédents dans la famille.  

Malgré les critiques, ce dépistage n’a pas été, pour des raisons de coût, systématisé à l’ensemble de la population [1]: il permet donc de connaitre de manière assez précise l’origine géographique des enfants qui naissent en France.

 

Les leçons d’un dépistage

 

Le pourcentage des enfants de parents entrant dans la définition ci-dessus était de 31,5 % en 2010 (et 60 % en Ile de France), de 35, 7 % en 2013 (67,9 % en Ile de France) ; il est de 37, 2 % en 2014 (69,06 % en Ile-de-France) et de 38,85 en 2015 [2].

Il se peut que, ponctuellement, le dépistage soit effectué sur d’autres populations mais selon Valérie Gouttereau, directrice de la fédération parisienne de dépistage, pour l’essentiel, les maternités chargées du dépistage s’en sont tenues à ces critères[3] .

L’ensemble ainsi défini ne saurait être qualifié de racial puisqu’il comprend des populations aussi bien de race noire originaires d’Afrique subsaharienne que de race blanche originaires d’Afrique du Nord.

Il ne comprend pas tous les immigrés puisque ceux qui viennent d’Europe de l’Est ou d’Extrême-Orient ne sont pas inclus.

Mais il comprend plus que les immigrés puisqu’il inclut la plupart des originaires de l’Outre-mer – sachant que leur taux de fécondité est aujourd’hui aussi bas qu’en métropole[4]. Il comprend aussi une partie des enfants d’immigrés   nés en France, dits de de la deuxième génération.

Il comprend des Français et des étrangers.

Il est difficile d’apprécier la religion de cet ensemble mais on peut penser qu’il comporte plus de 80 % de musulmans, les autres étant des Africains ou des Français ultramarins chrétiens.

Ceci précisé, l’augmentation du nombre d’enfants jugés à risque a été de + 1, 5 % en moyenne par an sur 5 ans (2010-2015). Sur cette base, on peut estimer que ce nombre est au moins de 40 % en 2017 et devrait passer la barre des 50 % en 2024.

Pendant la période considérée, le taux de fécondité (ou indice conjoncturel de fécondité) de la France s’est maintenu autour de 2 enfants par femme. Il a cependant baissé à 1,96 en 2015, puis 1,93 en 2016.  Pour simplifier les calculs, nous le maintiendrons à 2.

 

L’INSEE confirme

 

Un récent rapport de l’INSEE[5], établi en fonction de critères légèrement différents, confirme la tendance : il montre que depuis 2011, les naissances d’enfants issus de deux parents nés en France diminuent (de 580 756 à 535 302 en 2015, soit une baisse de 7,8%), celles d’enfants dont l’un ou les deux parents sont nés à l’étranger (mais qui ne sont donc pas forcément nés en Afrique) sont en hausse de 6,07%. Le nombre de naissances d’enfants dont au moins un parent est né hors UE était de 18 ,4 % en 2000, de 23, 9 % en 2010, de 25,9 % en 2015, ce qui montre une évolution analogue mais amortie, du fait de la différence des périmètres. La croissance de ce deuxième ensemble n’est que de 0, 5 % par an depuis 2000-2015. Ce recensement ne donne cependant pas de renseignement sur la fécondité du groupe ainsi défini qui agrège des âges différents   

On peut à partir des données du dépistage calculer le taux de fécondité de chaque composante de la population :

Considérant que la composante que nous appellerons « d’origine africaine » représente environ 10 % de la population totale, qu’elle approche   des 40 % des naissances actuelles, on peut estimer grossièrement qu’elle représente environ 20 % des femmes en âge d’être fécondes.

Donc sur 100 femmes en âge d’être fécondes, 80 sont autochtones et 20 originaires d’Afrique.

Les 80 autochtones donnent naissance à 60 % des bébés, soit, sur 200 bébés, 120, tandis que les 20 femmes d’origine africaine donnent naissance à 40 % des bébés soit sur 200 bébés, 80.

Leur taux de fécondité respectif est donc de

a) pour les autochtones : x = 120 / 80 = 1,5  

b) pour les immigrées d’Afrique : y = 80 / 20 = 4  

Si notre chiffre de 20 % de femmes fécondes issues d’Afrique était sous-estimé, l’écart serait légèrement inférieur - et inversement.

Le taux de fécondité de 4 est certes élevé, mais il est inférieur à la   moyenne africaine subsaharienne (5,5) ; il est en revanche supérieur à la moyenne nord-africaine (2,8). Il est cependant habituel aujourd’hui que les taux de fécondité soient supérieurs dans une population immigrée que dans le pays d’origine : c’est ce qu’on observe entre les Mexicains de Californie et ceux du Mexique. Le fait de disposer de plus de moyens financiers ou encore celui de s’installer dans la vie au sein du pays d’accueil peuvent expliquer cette différence.

Le taux de fécondité de 1,5 est inférieur à   la moyenne de l’Europe (1,6) [6], toutes composantes confondues mais il reste sans doute supérieur à la moyenne des populations autochtones en Europe (difficile à estimer).

 

La baisse de la fécondité des Français

 

Le taux de fécondité français était de 2,90 enfants par femme en 1966, à la fin du baby-boom. Il a chuté à 1,80   en 1975 et même à 1,69   en 1980. Il est remonté à partir de 1993 jusqu’au niveau de 2,01 en 2008, palier où il se maintient jusqu’en 2014. Il baisse, comme on l’a dit, à nouveau à 1,96 en 2015 et 1,93 en 2015.

Il était courant jusqu’ à une date récente de considérer qu’il y avait une exception française : un taux de fécondité qui se maintenait proche du taux nécessaire au renouvellement des générations (2,1) au rebours d’une évolution négative du reste de l’Europe.

On tenait le recul temporaire de la fécondité de la fin du XXe siècle pour l’effet du retard de l’âge au mariage. Dans la génération 1975- 2000, l’âge moyen du mariage ou de la mise en ménage et donc du premier enfant n’a cessé de reculer de près de dix ans (d’environ 20 ans à environ 30 ans). Ce retard a déterminé    un creux des naissances mais le retard ne jouant plus, on a supposé que la natalité aurait ensuite remonté.

Les données que nous avons rappelées laissent cependant penser que cet remontée de la toute fin du XXe siècle   est au contraire due à la part de plus en plus importante de la natalité immigrée, spécialement africaine, dans la natalité française.

Non seulement la natalité immigrée a permis une remontée du taux de fécondité total mais on peut même penser que depuis les environs de 2008 (où le taux   de 2 enfants par femme   été à nouveau atteint), la hausse de la natalité étrangère a accompagné une baisse de la natalité autochtone.

Selon les études faites par Michèle Tribalat[7], la fécondité des étrangers, plus précisément de ceux qui viennent d’Afrique, du fait d’une intégration alors relativement rapide, avait tendance à s’aligner assez vite sur le niveau français dans les années 1970, et 1980. Mais cette tendance s’est renversée à partir des années 1990 du fait de la communautarisation croissante, entrainant une hausse de la fécondité d’origine africaine.

Cette évolution communautaire ne résulte pas seulement de facteurs géopolitiques ou religieux, elle est le simple effet de l’arithmétique. Plus une population immigrée est importante, plus le tissu relationnel qu’elle offre aux nouveaux arrivants se suffit à lui-même et plus faibles sont les chances pour eux de rencontrer un indigène dans leur vie quotidienne. N’excluons   pas cependant l’émergence d’une motivation religieuse militante : de plus en plus de jeunes gens nés en France et donc   de nationalité française, vont chercher une femme au bled afin de s’assurer de sa virginité et de sa docilité – non seulement à porter le voile mais aussi à   avoir beaucoup d’enfants[8]. Quoique le taux de fécondité soit en baisse dans tous les pays musulmans – il est même devenu en Iran plus faible qu’en France -, les minorités militantes, comme les Palestiniens de Gaza constituent une exception.

Si ce facteur, conjugué à l’accroissement continu de l’apport des étrangères dans l’ensemble des femmes fécondes, avait seul joué, on aurait assisté à un relèvement continu du taux de natalité national. Or tel n’a point été le cas puisque ce taux, n’a connu qu’un palier de 2008 à 2014 et a ensuite recommencé à baisser. La seule explication est dès lors que le taux de fécondité de la partie autochtone de la population française (ou d’origine non africaine) a recommencé à baisser à partir d’une date difficile à déterminer, mais qui pourrait avoisiner l’an 2000.

De ces données, les professionnels hospitaliers sont conscients : ils savent   par exemple que l’essentiel des 230 000 avortements   qui sont exécutés chaque année en France (un niveau particulièrement   élevé par rapport aux pays comparables et que la large diffusion de la   contraception n’arrive pas   à améliorer) sont essentiellement le fait de femmes autochtones, les femmes d’origine africaine répugnant à y avoir recours. 

Quoique le grand public ignore le détail de ces évolutions, il en a une perception confuse, ce qui pourrait être une des raisons du grand malaise qu’ont suscité en France les vagues migratoires des années 2015-2016. Mais à l’inverse, le sentiment de crise que connait aujourd’hui notre pays, est probablement   une des causes de   la baisse continue de la fécondité autochtone.

Une baisse qui ne permet plus de parler d’exception française, si tant est que cette exception ait jamais existé.

Une baisse qui ne permet pas non plus de renvoyer aux ténèbres de l’idéologie ce que les statisticiens de l’ONU appellent le phénomène du replacement

Une baisse qui enfin démontre l’absurdité de la politique menée par le gouvernement Hollande –, consistant à baisser encore le plafond du quotient familial et à mettre fin en décembre 2014, à l’arrivée de son ministre des finances Macron, à l’universalité des prestations familiales instaurées à la Libération, ce qui revient   à les réserver en grande partie aux populations nouvelles.

 

Roland HUREAUX     

 

 


[1] En 2012, la Haute Autorité de Santé (HAS) a été saisie par la Direction Générale de la Santé de la question de la généralisation de ce dépistage à la totalité de population. Malgré les remarques de la DGS sur le danger de stigmatisation d’une partie de la population avec les dérives politiques qu’elle peut susciter la HAS a conclu dans son rapport d’orientation de décembre 2013, rendu public en mars 2014, qu’il n’y avait   pas d’éléments permettant de justifier la pertinence d’une stratégie de dépistage néonatal systématique de la drépanocytose en France métropolitaine.

[2] Rapports de l’Association française de dépistage et   de prévention des handicaps de l’enfant 2013, 2014, 2015

 

[3] Le Monde 12/09/2014

[4] Sauf en Guyane et à Mayotte

[5]  INSEE :  Rapport sur les évolutions de la population française en 2015 , 17/01/2017 ; voir aussi Alain Nueil, Quand l’INSEE valide le Grand remplacement, Causeur, février 2017.

 

[6] Cette moyenne était de 1,4 ; elle a remonté un peu principalement grâce à la Russie (qui est incluse dans le calcul )  .

[7] Michèle Tribalat, Assimilation : la fin du modèle français, Paris, Le Toucan, 2013.

[8] Erdogan, président de la Turquie, a appelé les femmes turques d’Europe occidentale à se détourner du Planning familial.

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 21:25

LE DEUXIEME TOUR DE LA PRESIDENTIELLE RESTE TRES OUVERT
 

Tout le monde semble dire que le second tour de l’élection présidentielle est déjà plié : Macron a suffisamment d’avance pour faire une élection de maréchal.

Il a même fait la fête comme s’il y voyait déjà. Au Front national, certains ressortent la vieille rengaine que l’échéance décisive sera 2022, oubliant qu’en politique les trains passent rarement deux fois.

Les médias, tout au long de la fastidieuse soirée du 23, nous ont ressassé qu’il n’y avait qu’un seul vote possible et que c ‘était Macron, qu’il fallait impérativement « faire barrage au Front national ».

Les derniers mois   nous ont pourtant rappelé que ceux qui pensaient gagner dans un fauteuil, comme Fillon en janvier, s’exposent à bien des déconvenues. La présente campagne, plus que d’autres, nous a habitués à d’étonnants rebondissements.

 

Des sondages trompeurs

 

Les sondages sont à 60/40 en sa faveur. Mais ils étaient aussi à ce niveau   en faveur de Clinton contre Trump à deux semaines de l’élection et   c’est Trump qui a gagné. En 2012, Sarkozy devait être battu avec le même écart :  il n’a perdu que par 52/48.

Contrairement à ce qu’assènent les médias, le scrutin est encore très ouvert.

Marine le Pen n’est certes pas arrivée en tête. 22, 3 % (soit 1,2 % au-dessous de Macron), c’est moins que les 27 % annoncés pendant longtemps. La différence c’est tout simplement Dupont-Aignan à 5%.  Plus Lassalle, Asselineau, Cheminade qui pêchaient dans les mêmes eaux.

Les reports de voix sont encore très incertains : les électeurs de Hamon iront pour la plupart à Macron, c’est sûr. Ceux de Mélenchon n’iront pas à Le Pen mais quelle proportion s’abstiendra ? Les gens de l’extrême-gauche ne sont pas tous complètement idiots et ils voient bien, pour la plupart, que Macron, candidat de la haute finance, est aux antipodes ce qu’ils sont. Les Républicains sont coupés en deux mais pas au niveau des dirigeants qui, presque tous, ont déjà appelé à voter Macron, y compris Fillon. Leurs électeurs en revanche sont loin d’être sur la même ligne. Il n’est pas sûr que, surtout en province, ils suivent ces consignes. Déjà   40 % ont l’intention de voter pour Marine Le Pen. Que feront les autres ?  

Au total, les deux camps sont plus équilibrés qu’il ne parait.

D’autant que l’électorat de Marine Le Pen est stabilisé : ceux qui ont voté pour elle au premier tour, comme la grande majorité de Français, savent qui elle est. Très   peu de Français, par contre, savent qui est vraiment   Emmanuel Macron.  Nous pensons bien sûr aux 2 millions d’euros gagnés chez Rothschild et qu’il aurait dépensés à raison d’1 smic par jour sans rien mettre de côté : étrange personnalité pour lui confier la France !  Certains de ceux qui ont assisté à ses réunions ont eu le même sentiment de quelqu’un de bizarre, voire malade. Les 58 % de Français propriétaires savent-ils qu’il se propose de doubler l’impôt foncier ?  Qui sait que Macron est le principal auteur du plafonnement   des allocations familiales de décembre 2014 et que la politique familiale ne figure même pas au programme de ce candidat notoirement « gay-friendly » ? Qu’il veut ouvrir encore plus grand les portes de l’immigration ? Qui sait qu’il envisage, libéralisme oblige, de généraliser le travail du dimanche ?   C’est tout cela et bien d’autres choses que ne savent ni ses électeurs du 1er tour, ni ceux qui comptent se reporter sur lui   au second tour.   Or ils ont le droit de le savoir. On ne confie pas la maison France à n’importe qui. Sa rivale a deux semaines pour faire la lumière sur lui. Toute la lumière.   Il faut espérer qu’elle le fera mieux que Fillon à qui cette tâche revenait au premier chef et qu’il a si mal faite.   

 

Roland HUREAUX   

 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 23:04

L’ELECTION DE MACRON SONNERAIT LE GLAS DE LA DEMOCRATIE

 

Il se peut que les observateurs qui, suivant les sondages qui donnent Emmanuel Macon vainqueur de la présidentielle de 2017 n’aient pas compris ce qu’une telle victoire aurait de subversif pour la démocratie française.

Certes, formellement, l’élection serait régulière.

Mais elle aurait été obtenue à un prix qui ne pourrait laisser qu’un goût amer.

 

Une manipulation judiciaire

 

D’abord la manipulation judicaire partie de l’Elysée qui a abouti à affaiblir considérablement François Fillon. Une fois posé l’usage   de l’alternance démocratique, depuis longtemps admis dans notre pays, il paraissait naturel qu’après un quinquennat de Hollande particulièrement désastreux – au point d’interdire au sortant de se représenter -  le candidat de la droite de gouvernement, François Fillon, désigné au terme d’une primaire incontestée, prenne la relève avec ses équipes.

Pour des raisons qui restent à éclaircir, Hollande et son entourage ne l’ont pas admis. Turpitudes à cacher, affaiblissement du sens républicain, égoïsme sordide, Hollande a décidé de remettre en cause   cet usage en mettant tous le moyen l’Etat, les moyens judicaires en premier lieu, en marche pour détruire l’image du candidat dans l’opinion, dans l’espoir de conserver l’Etat PS qu’il avait mis en place.

S’il est vrai qu’au début, Hollande a espéré réaliser cette opération pour lui-même, son retrait et la faiblesse du   candidat socialiste ont fait qu’elle a profité à Emmanuel Macron. Ce dernier ne pouvait pas ne pas être au courant de ces manigances : proche de Jean-Pierre Jouet, secrétaire général d’Elysée que l’on dit au centre de la manœuvre, ayant eu le secrétaire général adjoint Boris Vallaud, mari de Najat Vallaud-Belkacem comme chef de cabinet à Bercy, quand il était    à la tête d’une administration fiscale qui n’a pas de secret pour son patron, le candidat Macron apparait au cœur d’une   manipulation dont il est le premier bénéficiaire.

Est-il utile de dire qu’en ayant la haute main sur le parquet financier, qu’il a créé et où il a effectué les premières nominations, et en permettant son instrumentalisation politique, Hollande n’a pas respecté, c’est le moins qu’on puisse dire, l’article 64 de la Constitution selon lequel « le président de la République est garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire ? «

On pourra alléguer que Francis Fillon aurait pu se défendre mieux. Il reste que la manœuvre qui a déstabilisé sa candidature est sans précédent dans une République où le pouvoir judiciaire était tenu par la loi et par la coutume à l’écart de la politique et où les présidents de la République successifs n’avaient jamais dans le passé utilisé de tels moyens.   

 

Une presse dont le pluralisme est évacué

 

L’autre dévoiement auquel Macron devrait, s’il était élu, son élection, est la quasi-unanimité de la presse écrite et audio-visuelle en sa faveur –  contre François Fillon.

Cela aussi est sans précédent dans la démocratie française.

L’affaire Fillon n’aurait pas eu le retentissement que l’on sait si la   presse ne s’en était délectée hors de toute mesure, pendant des semaines et des semaines, avec   une insistance sans proportion avec la gravité toute relative des faits. 

Une telle unanimité tient sans doute à la sociologie journalistique dont la formation orientée et l’esprit grégaire tel qu’il s’est développé dans les écoles de journalisme et les salles de rédaction, plus le terrorisme intellectuel interne au milieu, assurent une large majorité aux plumes de gauche et d’extrême-gauche, même dans les journaux classés à droite, dont témoignent tous les sondages

Elle tient aussi à l’accaparement des médias par des groupes financiers diffusant presque tous une idéologie libérale-libertaire, compatible avec la gauche, et qui pouvait être hostile à ce que représente François Fillon : la bourgeoisie catholique enracinée de filiation gaulliste. On sait les sentiments favorables pour Macron de gens comme Pierre Bergé et Xavier Niel, patrons du Monde et de l’Obs, Bernard Arnault, patron des Echos et du Parisien, Vincent Bolloré, patron de Canal Plus, François Pinault, patron du Point et naturellement des patrons de toutes les chaînes publiques. On sait aussi par quelles manœuvres Macron ministre des finances s’est acquis l’appui de Patrick Drahi bénéficiaire d’une autorisation d’achat de SFR qui représente un avantage de plusieurs milliards et qui possède, BFM, Libération, L’Express. Le candidat Macron s’est attiré d’autres sympathies moins connues dans la presse régionale : Jean-Michel Baylet, Michel Lucasa.

Nous savons depuis deux siècles que la démocratie est inséparable du pluralisme de la presse. Cette unanimité des médias en faveur d’un seul candidat, au détriment des dix autres, est le signe d’une dégénérescence profonde de notre héritage démocratique. Il y a un précédent, l’unanimité de la presse nord-américaine en faveur d’Hillary Clinton. Elle n’a certes   pas empêché Trump d’être élu mais elle l’empêche de gouverner. Là aussi une vieille démocratie est en train de déraper dangereusement.   

A l’appui de la presse s’ajoutent les moyens financiers colossaux dont semble bénéficier le candidat Macron et dont l’origine demeure mystérieuse. Là aussi nous nous trouvons en rupture avec une époque où la répartition de ces moyens n’était certes pas égalitaire mais où elle était plus équilibrée.

A ces deux dimensions qui ont infléchi le résultat des urnes, s’ajoutent, dans une pénombre plus difficile à scruter, les pressions internationales qui s’exercent en faveur de Macron, soldat sans états d’âme de tous les réseaux qui se sont attachés au fil des ans à réduire la souveraineté    de la France : OTAN (avec ses têtes nord-atlantiques pro Clinton), Union européenne, Allemagne, sans compter les réseaux propres à la haute finance dont le candidat est issu.

Perméabilité d’une personnalité apte à se plier à tous les conditionnements et qui semble à bien des égards immatures ? Conditionnement propre à la dernière génération de Sciences Po, style Richard Descoings ?    Exigences impitoyables de certains commanditaires hors du champ des radars ?  Il faut bien dire que, sur aucun sujet, Macron n’a pris la moindre distance par rapport aux idées dominantes dans le monde occidental : immigration, euro, russophobie, libre-échange, éducation, idées libertaires etc. Au point d’apparaitre comme un candidat formaté à l’avance pour imposer à la France ce qui dans la plupart des domaines suscite le rejet du peuple.

Connaissant ces rejets de plus en plus violents, qu’attestent de nombreux sondages, les forces qui appuient Macron semblent avoir choisi de passer outre, de passer à la vitesse supérieure   pour imposer aux Français un président qui reflète leurs idées :  celles des maîtres du monde. En raison de la difficulté même de l’entreprise, ils n’ont pas lésiné sur les moyens.

Ce sont ces moyens qui ont permis au candidat Macron, grâce à des méthodes de communication adaptées et sans doute cher payées, quoique parfois ridicules, de faire illusion au point que la distance abyssale entre ses vraies idées    et les aspirations profondes du peuple français n’apparaisse pas au grand jour.

Rien ne dit que leurs yeux ne s’ouvriront pas avant le second tour. Il est dans la logique de la Ve République telle que l’a voulue le général de Gaulle que le peuple français n’élise pas son président sans un face à face ultime où il   regarde les yeux dans les yeux celui auquel il va confier son destin. Mais si d’aventure tel n’était pas le cas, et que Macron soit quand-même élu, le réveil serait rude. Les Français ne pourraient qu’avoir le sentiment de s’être fait forcer la main avec de moyens déloyaux. Comment ne  verraient-ils pas  dans cette élection  un véritable hold-up sur la république ?   Compte tenu de la place de la France dans l’histoire de la démocratie, ce serait là le signe d’une crise grave de celle-ci.  Il n’est pas sûr qu’une telle élection acquise avec de tels moyens, ne prélude pas à un rejet violent et rapide du nouveau président.

 

Roland HUREAUX

 

 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 23:00

 

MACRON   N'EST PAS DU CENTRE, IL EST D’EXTREME GAUCHE

http://www.bvoltaire.fr/macron-nest-centre-dextreme-gauche/

Les gens sont crédules. Spécialement ceux de droite. Il suffit que Emmanuel Macron ait dit qu'il n'était "ni de gauche ni de droite" pour qu'ils le croient !

Il est, soit dit en passant, assez significatif du changement d'époque   de voir qu'il y a quelques années, c'était les gens de droite qui, honteux, se disaient apolitiques pour se faire accepter, et qu'aujourd'hui, ce sont au contraire les gens de gauche qui jouent ce jeu comme si s'afficher de gauche était devenu infamant.

Car, n'en doutons pas, Macron est de gauche. Il l’est même sur la plupart des sujets plus que Hollande.

Hollande n'a combattu que mollement l'immigration illégale, mais il n'a pas félicité Angela Merkel pour l'admission d'un million de réfugiés, vrais et supposés ; Macron lui, l'a félicitée, ce qui laisse supposer qu'il est prêt à l'imiter. 

Hollande a fait le mariage homosexuel, Macron envisage la GPA.

Hollande a bien instauré le 19 mars, anniversaire des accords d'Evian, en fête nationale mais il n'est jamais allé jusqu'à qualifier la colonisation de "crime contre l'humanité".

Hollande a fait la réforme du collège, fatale à la transmission de l’héritage, mais il n'a pas dit qu'"il n'y pas de culture française".  

Hollande ne faisait pas comme Macron des discours à l'étranger en anglais ; il est vrai qu’il le parle très mal !  

Sous Hollande, comme sous Sarkozy d’ailleurs, la lutte contre les discriminations homme/femme, français/immigrés, homo/hétéro, la défense intégriste de l’environnement (éoliennes) ont pris une place que beaucoup trouvent excessive et même oppressive quand elle conduit à poursuivre en justice ceux qui s'écartent de la pensée unique. Sur presque tous ces sujets, Macron en rajoute une couche. Il veut même, dans la lignée de son maître à Sciences Po, Richard Descoings, introduire la discrimination positive sous la forme d’ « emplois francs » réservés aux jeunes des banlieues ( au moins de certaines). On peut s'attendre en ces matières à un climat encore plus oppressif. Si Macron l’emporte, la pensée unique qui domine les médias va aggraver son emprise : les   dissidents comme Eric Zemmour seront encore plus sévèrement pourchassés.

Hollande "n'aimait pas les riches" et Macron se propose de supprimer l'ISF et de réduire l'impôt sur les bénéfices. Mais il fallait là aussi toute la bêtise de la droite pour   croire Hollande sur parole et, tombant dans le panneau, lui répondre en faisant l'éloge des riches. Hollande, un des meilleurs amis de François Pinault !  Macron veut supprimer l’ISF mais sur les patrimoines financiers seulement. Les patrimoines fonciers se verront en compensation beaucoup plus lourdement imposés. L'impôt foncier à la charge des seuls propriétaires aura aussi à financer l'abrogation de la taxe d'habitation que tout le monde paye.

Oui, Macron poursuivra en pire la politique de Hollande.  Non, il n'est pas du centre, il est d'extrême gauche, la seule vraie aujourd’hui, l’extrême gauche sociétale. Ceux qui ne le comprennent pas ignorent la nouvelle alliance propre à notre temps : celle de la finance internationale ultralibérale avec l'extrême gauche sociétale (LGBT, No borders etc.) tandis que, sur le plan économique, la finance s'allie aux assistés de toutes sorte, migrants compris, que la même finance multiplie en licenciant et en encourageant l’immigration. Tout cela au détriment des classe moyennes qu'il s'agit d'écraser encore car elles   ont le défaut pour les mondialistes d’être   porteuses d'un héritage de valeurs qu’ils veulent détruire.

 

                                                                       Roland HUREAUX

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 22:57

L’ELECTION PRESIDENTIELLE FRANCAISE PERTURBEE PAR  UN CLIMAT INTERNATIONAL EXPLOSIF 

A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle française, le désarroi de l’opinion est profond.

Les raisons en sont diverses :  pour la droite classique, l’ébranlement de l’image de leur champion désigné par les primaires, François Fillon, à la suite d’une manœuvre de déstabilisation judicaire et médiatique de grande ampleur largement conduite de l’Elysée,  a troublé les esprits. Pour la gauche classique, l’effondrement du candidat du parti socialiste également désigné par des primaires, Hamon,  et l’émergence de deux candidats hors normes : Macron et Mélenchon est un facteur de trouble au moins aussi grand. Seul l’électorat   de Marine Le Pen, stable au niveau  d’un Français  sur quatre, semble sans états d’âme.

Mais le désarroi de l’opinion ne s’explique pas seulement par les péripéties de la campagne électorale, il est tributaire   d’un   contexte plus général : le choc encore récent des attentats terroristes et de la vague migratoire de 2015-2016, l’affrontement de Washington et de Moscou, la guerre qui se poursuit en Syrie, en Irak et dans d’autres pays du Proche-Orient.

C’est sur ce contexte que nous voudrions insister.

 

Deux camps

 

La situation internationale est plus tendue qu’elle ne l’a jamais été depuis la fin la guerre froide.

L’épicentre de la tension se trouve aux Etats-Unis.  Pour la première fois dans l’histoire de cette grande démocratie, le résultat des élections présidentielles n’est pas accepté par  le camp vaincu. Donald Trump a été élu contre la quasi-totalité de l’establishment, de la presse, des banques et une grande partie de la classe politique. Le camp vaincu animé par Barack Obama et George Soros conteste la légitimité    du nouvel élu alléguant notamment une interférence électronique dans l’élection de la Russie que ces gens considèrent comme un ennemi mortel. Ils cherchent à le forcer  à  la démission   par la procédure de l’ impeachment.  En attendant, une grande partie de l’administration refuse de lui obéir.

La première intention de Trump était  de se rapprocher de la Russie de Poutine. Aux dernières nouvelles, il se peut que, contraint par cet environnement délétère, il ait décidé, afin de donner des gages, de prendre ses distances avec Moscou.

Il reste qu’une partie des opinions   occidentales se trouve en accord   avec Trump pour contester le libre-échange absolu, rejeter les abus de l’Union européenne et se rapprocher de la Russie. Les mêmes veulent réhabiliter les frontières pour contenir l’immigration et  ne veulent plus entreprendre de « guerres humanitaires » au Proche-Orient.  

Poutine est sur une ligne analogue, Marine Le Pen, qui a été reçue par lui, aussi.

En face, le camp qui tenait le devant de la scène avant l’élection américaine, sous la conduite   de Barack Obama et d’Hillary Clinton mais aussi d’Angela Merkel, Hollande, Juncker, Tusk, appuyé par la quasi-totalité des médias des deux côtés de l’Atlantique. Tous sont favorables au libre-échange généralisé, à l’euro, à l’ouverture des frontières aux migrants, au paradigme libertaire, radicalement hostiles à la Russie tenue pour une menace existentielle et par là à   ses alliés comme la Syrie et l’Iran. Les ennemis de ces derniers : Arabie saoudite, Qatar, Turquie et leurs protégés islamistes sont leurs alliés.

Ce camp a son champion dans l’élection présidentielle française : Emmanuel Macron.

Entre les deux écoles, quelques cas particuliers, Mme May, premier ministre britannique qui applique le Brexit et est donc critique de la construction européenne mais est également hostile à la Russie et tendrait même à faire sur ce chapitre de la surenchère.

François Fillon, quant à lui, est également un cas particulier : sa   politique se situe dans l’orthodoxie libérale à l’égard de l’Europe et du libre -échange et, quoique catholique déclaré, il n’envisage pas de remettre en cause les lois sur le mariage homosexuel ou l’avortement (ni de les aggraver). Le camp euro-atlantiste aurait pu s’en contenter. Une partie de la bourgeoisie française acquise au libre-échange et à l’euro comme Henri de Castries et bien d’autres s’en contentent aussi.  Pour parler comme les marxistes, il représente la bourgeoisie nationale alors que les partisans de Macron représentent  la bourgeoisie internationale.

Il semble pourtant que la position de Fillon, malgré sa modération, soit trop ambiguë pour les forces qui ambitionnent de fondre définitivement la France dans la mondialisation.  Dès lors qu’en décembre dernier, à l’issue de la primaire de droite, il apparaissait comme le probable vainqueur de la présidentielle, il a été tenu par certains comme l’homme à abattre.

 

La France : un enjeu majeur

 

Pour les mondialistes, l’enjeu de l’élection présidentielle française est critique. Le camp euro-mondialiste qui semblait assuré que le monde s’acheminerait sans heurts vers la « fin de l’histoire » : disparition des nations, des frontières, de entraves aux échanges, de la famille, de l’héritage judéo-chrétien, a essuyé depuis quelque temps une série de défaites : d’abord l’ascension de Poutine à la tête de la Russie   et son influence croissante dans la sphère internationale, ensuite la victoire du Brexit au Royaume-Uni, enfin la victoire de Trump aux Etats-Unis. Ne lui restait que l’Europe continentale de l’Ouest calée autour de Berlin et de Bruxelles avec la France et les autres pays de l’Union européenne sagement alignés derrière (sauf la Hongrie), plus le Canada, le tout appuyé sur des forces encore puissantes outre-Atlantique et la quasi-totalité des médias occidentaux.

Ces forces ont néanmoins craint que, malgré sa discrétion, Fillon élu ne se risque à rompre le front anti-Poutine par un geste d’ouverture en direction de la Russie, et que cette élection n’apparaisse comme un nouveau revers    pour leur camp, d’autant plus grand que la position géographique et symbolique de la France, en dépit de son abaissement actuel, demeure essentielle.  

C’est ce contexte international qui explique la gigantesque entreprise de   déstabilisation de Fillon, au bénéfice de Macron qui a commencé en janvier.

La dimension internationale de cette entreprise s’est appuyée sur des relais nationaux qui apparaissent assez clairement dans les soutiens de Macron (Bergé, Jouyet, Minc, Attali etc.) et qui s’est articulée avec la volonté forcenée de Hollande et des socialistes de rester à la tête de l’Etat au mépris des traditions démocratiques, sachant que l’élection de Macron, si elle pouvait changer le style du gouvernement, maintiendrait le clan Hollande au pouvoir.

Il n’y a aujourd’hui que deux fondements possibles à l’action politique : la première, ancestrale, est la défense d’un groupe humain, généralement une nation (de natus, ceux qui ont en partage la naissance au sens large), la seconde est la promotion d ’un ensemble d’idées ou d’un système, soit l’idéologie. Les tenants des nations restent centrés sur leur propre territoire, quitte à vouloir préserver une certaine influence dans l’environnement proche, les tenants d’une idéologie, eux, sont « hors sol » et universalistes : l’idéologie qu’ils veulent promouvoir, même portée par    un peuple particulier, leur parait bonne pour l’univers. Ces derniers   sont donc naturellement  expansionnistes et par là plus dangereux.  Que toute idéologie ait une   base   dans un pays particulier, ne signifie pas que le peuple de ce pays sera  privilégié par elle, au    contraire : on a vu combien le peuple russe avait souffert du communisme et combien le peuple américain profond a violemment jeté le libre-échangisme de Clinton au bénéfice des  idées  de Trump. Le projet euro-atlantique est plus qu’une option politique parmi d’autres, il est un projet idéologique au sens où l’était le communisme .

Un autre caractère de l’idéologie est son caractère absolu :   religion séculière prétendant refonder la condition humaine, elle prévaut sur toutes les autres logiques : pour elle, la fin justifie les moyens. Cela implique la transgression de toutes les règles autres que celles qui servent à sa préservation et à son expansion. Quand Jean-Claude Juncker dit qu’  « il ne saurait y avoir de choix démocratique contre les traités européens »[1] , il nous donne une indication précieuse sur la nature idéologique de ces traités.  Or la démocratie est fondée sur un certain nombre de règles non seulement constitutionnelles et législatives mais d’usage, de décence (la common decency chère à Orwell), sur un respect minimum de l’autre camp. L’élection est un substitut à la guerre civile et pour cette raison, elle ne saurait se transformer en   affrontement sans merci    où tous les coups seraient permis. Ces barrières sont balayées par les idéologues pour qui tous les moyens sont bons dès lors que leur idéologie est en danger.  C’est pourquoi, lors de l’actuelle élection présidentielle, les règles ont été balayées quand il s’est agi de détruire Fillon tenu pour « non fiable ». Les Français, spécialement ceux qui le soutiennent, ont été brutalement confrontés à ce qui ressemble à un affrontement mondial entre idéologues et patriotes, qui ne laisse plus guère d ’espace à une position de    compromis. Ils sont d’autant plus troublés qu’ils n’ont pas encore compris ce qui leur arrive.

Le paradoxe est que l’offensive contre Fillon, dont les mondialistes pensaient qu’elle profiterait à leur candidat Macron, pourrait in fine faire le jeu de deux candidats hostiles à l’euro et à l’Alliance atlantique qui sont Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Ce sont les risques d’un jeu qui s’apparente au billard : la balle rebondit sur la bande et va à l ‘inverse de ce qu’on avait prévu. Osons dire qu’ils l’auront bien cherché.

Le malaise que suscitent les élections présidentielles est inséparable de la découverte par les Français qu’ils vivent désormais dans un monde éminemment dangereux. Nous ne sommes pas ouvertement en guerre mais dès lors  que l’idéologie est entrée en scène  , sa logique est celle de la guerre. Les règles qui encadrent la démocratie sont le rempart de la paix civile et internationale, leur transgression brutale nous rappelle que nous sommes entrés dans un temps de troubles.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

[1] Déclaration faite à la suite de la victoire de Syra aux élections de Grèce, 16 janvier 2015

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 22:55

LA DERADICALISATION NE MARCHE PAS. TANT MIEUX !

 

http://www.causeur.fr/deradicalisation-islamisme-terrorisme-echec-43886.html

 

Il parait que les stages de déradicalisation ont échoué. Tant mieux. Cela prouve que l’homme est libre.

Les stages de déradicalisation :  une invention lumineuse du gouvernement Hollande en janvier 2015 après les attentats de Charlie et de l’hyper casher de Vincennes visant à faire renoncer à leurs convictions les jeunes musulmans ayant adhéré aux idées fondamentalistes et susceptibles de commettre des actes terroristes, voire en ayant commis.

Ces stages ont mal tourné.

Fondés sur le volontariat (encore heureux !) ils ont abouti à toutes sortes de déconvenues : locaux saccagés, violences des stagiaires, formateurs tournés en dérision, désertion.

Ces déconvenues ont fait l’objet d’un rapport de deux sénatrices, Benbassa et Troendlé, qui pointent l’amateurisme des associations agrées par le ministère pour mettre en place les « cellules de déradicalisation ». Comment n’y aurait-il pas eu amateurisme puisqu’il n’avait pas de précédent en la matière ?  

 

Djihad academy ?

 

Le centre de Pontourmy (Indre-et Loire) avait été mal accueilli par le voisinage qui y avait vu une « djihad academy » : on peut en effet se demander si mettre des radicaux ensemble est bien    le meilleur moyen de les déradicaliser. Ils l’ont été si bien qu’au bout de quelques jours,   tous se sont envolés.  Les « formateurs » ( comment faut-il les appeler ? ) sont piteusement restés seuls.

A Aulnay-sous-Bois, la fondatrice d’un centre vient d’être condamnée à quatre mois de prison avec sursis, pour détournement de fonds publics, blanchiment et travail clandestin : elle aurait pris pour elle 60 000 € de subventions.

Désemparé mais sommé après les attentats, comme toujours, par l’opinion de « faire quelque chose », c‘est à dire n’importe quoi, le gouvernement a lancé cette expérience. Y déverser l’argent public sans compter pouvait lui donner l’illusion de l’efficacité, ce  qui ne pouvait manquer d’attirer des aigrefins.

 

Orange mécanique

 

Mais par-delà ces péripéties, comment les grands humanistes   qui ont inventé un tel concept n’ont-ils pas   vu son côté « Orange mécanique ». On sait que dans le célèbre film de Stanley Kubrick, la police tente de guérir des délinquants à coup de chocs électriques.  

Tout cela repose sur une vison scientiste et déterministe de l’homme dont on pense que même les convictions peuvent être modifiées par des méthodes adéquates.

Mêmes si nos centres sont plus confortables que le goulag ou le laogai, ils ne font pas moins penser, au moins dans le principe, aux techniques de lavage de cerveau dont ont usé les communistes  soviétique et  chinois.

A quand la déradicalisation des « politiquement incorrects » ?

Les convictions des djihadistes sont sans doute perverses mais ce sont des convictions, religieuses qui plus est, et par  là, sortant du champ du déterminisme.    

Une politique naturelle consiste à respecter leur liberté. Si leurs convictions les conduisent à commettre des actes délictueux voire criminels, on doit regarder l’acte, pas les convictions. La justice doit les punir, et bien sûr très sévèrement  mais pas aire joujou avec leur âme. Le châtiment est le corollaire de la liberté.    

Si on traite les fanatiques comme des malades susceptibles d’une thérapie, comment s’étonner que, leur liberté   niée, ils ne  se rebiffent ? Pour le pire généralement.

 

Roland HUREAUX

 

 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 22:54

ALERTE ROUGE POUR LES CLASSES MOYENNES : MACRON VEUT LEUR MORT

http://www.bvoltaire.fr/alerte-rouge-classes-moyennes-macron-veut-mort/

Sous ses allures de jeune premier, Emmanuel Macron n’a pas « un problème avec les classes moyennes », il veut tout simplement leur mort.

Nommé ministre des finances le 26 août 2014, il avait commencé fort : moins de quatre mois après, le temps de préparer la loi de financement de la sécurité sociale, il leur sucrait les prestations familiales. C’est-à-dire qu’il les modulait en fonction du revenu et les supprimait   au-dessus d’un certain seuil. Au point que certains ont pu dire qu’elles étaient désormais réservées aux populations immigrées (les populations indigènes à faible revenu n’ayant, hélas, plus guère d’enfants).  Le plafond du quotient familial avait déjà été baissé par Ayrault.  Pour la première fois depuis la Libération qui avait mis en place notre système d’allocation familiales, longtemps tenu pour un modèle, les Français n’y avaient plus tous droit.  L’Etat a ainsi économisé un milliard. Ce projet avait déjà été agité par Juppé puis Jospin mais jusque-là, il s’était heurté à la résistance du mouvement familial. Fatigue face à des assauts répétés ? Cette fois il est passé sans difficulté. Il est vrai qu’il s’agissait d’une proposition parlementaire mais on sait que, en ces matières, le Parlement ne peut rien faire sans l’accord de Bercy. Derrière le quarteron de députées féministes qui avaient pris cette initiative, il y avait bien sûr Macron.

Son programme comporte deux allègement fiscaux majeurs : la suppression de l’ISF (pour les patrimoines financiers seulement) et celui de la taxe d’habitation, que presque  tout le monde paye, mais qui, pour une moitié de la population qui ne paye pas l’impôt sur le revenu, est le seul impôt.

Par quoi remplacer ces allègements ?  Cela n’est pas dit dans le programme qui a un caractère démagogique, mais on le sait par ailleurs : par un alourdissement de la taxe foncière, soit directe (il faudrait alors la doubler), soit sous la forme d’un loyer fictif venant s’ajouter au revenu imposable.  Inutile de dire que cet aloutdissment serait prohibitif pour certains foyers, dont beaucoup de retraités ayant laborieusement   acquis leur petit pavillon tout au long de leur vie et qui sont déjà si lourdement imposés dans certaines communes qu’ils doivent consacrer à l’impôt foncier 3 ou 4 mois de leur retraite.

Cela ne gêne pas les promoteurs d’un tel projet, notamment Jean Pisani-Ferry, issu de France Stratégies, boîte à idées du candidat : c‘est délibérément, qu’on veut par-là   obliger les Français à se détourner de l’immobilier pour les orienter vers les placements financiers. Les retraités évoqués devront donc vendre leur pavillon, redevenir locataires et acheter des actions. Il leur faudra « bouger ». En marche !

Il s’agit en théorie de réorienter l’épargne vers la production mais est-ce bien utile dans   un pays comme la France qui regorge d’épargne ? 

L’autre grande forme de patrimoine populaire est l’assurance vie. Là aussi le candidat Macron se propose d’en abroger les avantages fiscaux pour l’imposer au taux unique de 30 %.

Exonérations aux deux extrémités de l’échelle sociale, alourdissement au milieu, ce sont bien les classes moyennes qui sont visées par le candidat Macron. La définition des classes moyennes a évolué avec le temps. Nous proposons d’y inclure tous les Français ayant un patrimoine, faut-il modeste, composé principalement d’immobilier (en général la maison d’habitation). Cela représente environ 58 % de la population dont une partie de la classe ouvrière, la majorité des natifs et, de fait, très peu d’immigrés. Tous ceux qui travaillent ou ont travaillé, excluant ceux qui sont assez riches pour ne pas avoir à le faire ou ceux qui vivent d’assistance. Comme dans la réduction des allocations familiales, on voit bien de quel côté penche Macron. 

Déjà la loi Macron, transposant des directives européennes dont la philosophie est analogue, commençait à laminer les professions à statut (notaires, huissiers en attendant les pharmaciens), qui, dans bien des banlieues, assurent encore un encadrement social minimum.

 

Contre ceux qui « sont nés quelque part »

 

Il a là plus qu’un choix politique   ou social, il y a un choix de civilisation. Macron s’en prend à tous ceux, comme disait Brassens « qui sont nés quelque part « (le chanteur en faisait partie !). A ceux qui ont une attache territoriale, un héritage reçu et à transmettre. Par derrière, le projet d’une société telle qu’en rêvent les élites mondialisées : des individus mobiles, sans culture, sans patrie, sans repères, sans attaches, « en marche » certes mais, comme les enfants qu’entrainait le joueur de flûte de Harlem, en marche vers l’abîme.

Il vaut mieux que tous les gens de droite (ou même de gauche) appartenant à la classe moyenne et qui envisagent de voter Macron aient   cela dans l’esprit.

 

Roland HUREAUX

  

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 15:28

LE GRAND SECRET DE L’ALLIANCE DE L'AMERIQUE ET DE L'ISLAMISME

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/grand-tabou-ces-etranges-et-persistants-interets-communs-entre-etats-unis-et-islamisme-roland-hureaux-2777072.html

 

Après   la vague d'attentats qui frappe les Etats-Unis et   l’Europe depuis quelques mois, on peut se demander si Bahar-el-Assad est toujours l’ennemi principal des Etats-Unis au Proche-Orient. Hélas, la réponse est claire : c’est oui.

Que juste après l'attentat d’Orlando, les plus hauts fonctionnaires du département d'État se soient plaints dans un manifeste[1]  que le président n'en faisait pas assez contre le chef d'État syrien en dit long sur l'état d'esprit qui règne aujourd'hui à Washington. Le président Barack Obama à beau condamner avec emphase comme "un acte de terreur et de haine " ce qu'il qualifie de «la pire fusillade de l’histoire des Etats-Unis", qui a fait 50 morts et 53 blessés, il sait très bien que la politique américaine ne changera pas pour autant.

Les présidents américains successifs ont clamé les uns après les autres   au son des trompettes qu'ils partaient en guerre contre le terrorisme, principalement islamique. Mais ils n’en ont jamais tiré les conséquences : on ne comprend rien au Proche-Orient si on n'a pas intégré que l'alliance entre les Etats-Unis et l'islamisme radical est une des données géopolitiques les plus fondamentales des 70 dernières années. Une alliance qui s’est même renforcée au cours de la toute dernière période.

L'attentat du 11 septembre, revendiqué par l'organisation Al Qasida, avait semblé la remettre en cause. Le golem islamiste avait échappé des mains de son artisan.  Il a donné lieu à des torrents de littérature emphatique sur la guerre planétaire sans merci que le "monde libre" devrait    désormais livrer au terrorisme, proclamé ennemi mondial numéro 1. Mais il n'en a rien été : comme le chien retourne à ses vomissements, les États-Unis ont très vite délaissé ces bonnes intentions pour déclarer la guerre à un ennemi qui n'avait qu’un lointain rapport avec l'attentat, si tant est qu’il en ait eu vraiment un, le régime de talibans en Afghanistan, et surtout un autre qui n'en avait strictement aucun, et qui constituait même dans sa zone un rempart contre l'islamisme, l'Irak de Saddam Hussein.

 

L'attentat d'Orlando ne changera pas la donne

 

Pour horrible qu’il soit, l'attentat d’Orlando risque encore moins de changer la donne, en tous les cas tant que le clan néoconservateur imposera ses vues à Washington.

L'alliance américano-islamique a commencé avec le pacte passé le 14 février 1945 sur le croiseur américain Quincy, au large de la péninsule arabique, entre le   président Roosevelt et le roi Ibn Séoul. Quand on sait comment le riche royaume saoudien, Etat ayant pignon sur rue   mais adepte de la doctrine fanatique du wahhabisme, a financé année après année   les mouvements islamistes, y compris terroristes, on mesure la portée de l'engagement américain.

On retrouve les États-Unis soutenant les Frères musulmans contre l'Egypte de Nasser au cours des années cinquante et soixante. Quoique rivaux des wahhabites, ces derniers professent la même doctrine, ayant pour objectif final le règne de l’islam sur le monde entier. Ils ont bénéficié des mêmes complicités occidentales équivoques : les Frères n'étaient-ils pas nés en 1928 dans le giron de la colonisation britannique ?

Les tenants de l'islam pur et dur n'ayant pas de doctrine économique s'accommodent facilement du libéralisme :  cela suffit à l’Américain.

A partir de 1979, les États-Unis se sont appuyés sur l'Arabie saoudite et sur les rebelles islamistes pour rendre la vie impossible aux Soviétiques qui avaient envahi l'Afghanistan. Ils fournirent en particulier à ceux-ci des missiles Stringer terriblement meurtriers pour l'aviation russe. Au moins l'alibi de la lutte contre le communisme était-il défendable.

Quand le Front islamique du salut (et le GIA) algérien tentait de prendre le pouvoir à Alger et commettait des attentats sanglants à Paris, il n’avait pas eu de difficulté à ouvrir à Washington un bureau qui ressemblait fort à une représentation diplomatique. La répression de l’islamisme en Algérie (1990-2000) a fait plus de 200 000 morts (Il est étonnant que   personne n'osa alors faire des reproches au gouvernement algérien, alors qu’on s'acharne sur celui de Bachar el Assad dont la position, face à une rébellion également islamiste, est analogue.)

Gulbuddin Hekmatyar, un protégé de Washington qui contrôlait le   sud-est de l'Afghanistan, s'étant trouvé impliqué de loin dans le premier attentat du WTC (1993), les Américains, par Pakistanais interposés, suscitèrent pour le punir et pour le remplacer le mouvement taliban, le plus radical qui ait existé, quitte à   le combattre à son tour à partir de 2001.

Dans les Balkans entre 1990 et 1999, l 'OTAN a   pris parti pour les musulmans (Bosnie, Kosovo), aidés par des djihadistes, contre les chrétiens orthodoxes.

La destruction du régime de Saddam Hussein en 2003 ne pouvait que plaire aux islamistes qui détestaient ce dictateur trop tolérant pour les minorités et, quoique musulman sincère, aux manières de mécréant. Il menaçait les monarchies du Golfe protégées par les États-Unis et adeptes d'un islam bien plus radical. La nature ayant horreur du vide, sa chute attira en Irak les islamistes de tout poil qui s’implantèrent dans le nord de la Mésopotamie. Servi par des complaisances anglo-américaines, turques, saoudiennes, qatari et autres, ce mouvement conduisit en 2013 à la création de Daesh.   

 

Les printemps arabes : de la démocratie à islamisme  

 

Depuis son accession à la tête de la Turquie en 2003, Récup Redorant, frère musulman lui aussi, a bénéficié de toutes les faveurs de Washington. Sa candidature à l'entrée dans l'Union Européenne l'a protégé d'un coup d’Etat militaire kémaliste (c'est-à-dire laïque) et lui a permis de renforcer l'islamisation du pays, tout en lui offrant une base arrière à la rébellion islamiste en   Syrie et en Irak. Daesh n'a pas d'allié plus solide aujourd'hui que la Turquie, membre de OTAN. Il suffirait que ce soutien lui soit retiré pour qu'il retourne dans les sables, mais personne n’exige d’Erdogan qu'il le retire.  

Ce soutien aux islamistes s'est déchainé à partir de 2011, notamment sous l’influence d'Hillary Clinton. On savait depuis toujours que démocratiser un pays arabe, c’était donner le pouvoir aux Frères musulmans, non que le peuple adhère à leurs doctrines mais parce que, seuls, ils sont présents sur le terrain pour soulager sa misère.  L’Occident se prit néanmoins d'enthousiasme pour les "printemps arabes" au point d'appuyer tantôt politiquement, tantôt militairement l'émergence de pouvoirs islamistes en Egypte, en Libye, en Tunisie, au Yémen avant de tenter de le faire en Syrie. Morsi et Erdogan, frères musulmans tous les deux, étaient les favoris d'Hillary Clinton.

Cette politique a failli réussir en Syrie où la dynastie Assad, pouvoir laïque fort, adapté à un pays religieusement pluraliste, se trouvait confrontée depuis des années à une opposition islamiste. Sans l'aide massive apportée aux opposants à Assad, il n’y aurait sans doute pas eu de guerre en Syrie. Ces opposants sont, quoi qu’on dise, idéologiquement proches de Daesh, même quand on feint, comme c'est le cas d’Al Nosra, branche syrienne d'Al Qasida ou d'Arar-el-Shama, de leur trouver des vertus démocratiques. Cette offensive anti-Assad s’est heurtée à la détermination des Russes à garder le seul point d'appui qu’ils avaient encore dans la région et à celle de la minorité alaouite dont sont issus les Assad, laquelle n’avait d'autre alternative que de rester au pouvoir ou d'être exterminée.

Pas plus que les attentats du 11 septembre, cette politique n'a été infléchie par les attentats de Paris et de Bruxelles ; seule la France semble s'être mise à l’écart. Et encore :  il y a quelques semaines, l'armée syrienne aurait   capturé des soldats d'Al Qaida encadrés par des conseillers techniques américains, anglais, français et saoudiens. Washington ne décolère pas que les bombardements russes   n'épargnent pas Al Qaida.  Al Qaida ! [2]

Contre qui cette alliance entre Washington et la mouvance islamiste ? Au Proche-Orient même contre tout ce qui avait encore apparence d'État sous la seule forme que l'on connaisse dans cette région : une dictature militaire plus ou moins laïque, fondée sur un parti unique de type baasiste ou nassérien. Bien que fort peu agressifs à l'extérieur (  la Syrie a certes tenté de faire valoir ses droits sur le Liban et l'Irak sur le Koweït mais il ne s'agissait que d'objectifs limités ), n'ayant jamais sérieusement menacé Israël, ces régimes furent pris en  grippe par les néo-conservateurs, qui pensaient que pour faire   un Etat  de droit, il fallait s'abord détruire  l'État et qui auraient voulu redécouper (reshape) le Proche-Orient selon des lignes ethnico-religieuses, mieux à même d’entretenir le chaos.

 

Contre la Russie

 

Mais cette politique est surtout dirigée contre la Russie instaurée en ennemie historique quand bien même elle n'est plus communiste ; une Russie plus vulnérable à l'islamisme par sa proximité et la présence de 15 % de musulmans sur son sol, alors que, malgré les Twain Towers et Orlando, la menace islamique est beaucoup plus lointaine en Amérique. Que l'islamisme qu'elle nourrit doive pourrir la vie aux Russes et aux Européens   lui importe peu.  Bien que menacée en première ligne, l’Europe s’est laissé entraîner avec une rare inconscience   à soutenir les États-Unis dans cette entreprise de déstabilisation contraire à ses intérêts. La France l’a fait au mépris d’alliés historiques qui avaient toujours bénéficié de sa protection comme les chrétiens d’Orient, premières victimes de l'appui apporté aux islamistes. La question proche-orientale est un moyen d'arrimer l'Europe occidentale au char américain, contre la Russie. Que le terrorisme et les flux de migrants déstabilisent les États d'Europe est plutôt bien vu dans certains cercles washingtoniens, où l'on compte que   ces États, une fois affaiblis par le multiculturalisme, seront plus dociles à l'instauration d'un espace euro-atlantique unifié.

Au vu de ces   collusions, nous ne cèderons pas à la tentation de dire des attentats : "les Américains les ont bien cherchés". Ce serait indécent : les victimes d'Orlando ne sont pas les mêmes que ceux qui élaborent à Washington les politiques de déstabilisation. D’ailleurs, il ne faut pas imaginer   que le terrorisme soit tenu pour un grave problème par les grands qui dirigent le monde. Malgré la rhétorique dont ils usent à l'usage du peuple, les attentats terroristes sont d'abord pour eux un moyen de déstabiliser l’adversaire (le seul qui compte, la Russie) ou de coaliser les opinions publiques autour d’eux, éventuellement de restreindre les libertés. Orlando, à cette échelle, est un non-évènement.

Aujourd'hui alliée à l'islamisme contre la Russie, l 'Amérique aurait l'option alternative de s'allier à la Russie contre l'islamisme. C'est plus ou moins le programme de Trump. Le laissera-t-on faire ? En tous les cas se serait là une rupture avec 70 ans de politique pro-islamiste :  on comprend qu’elle suscite des inquiétudes à Washington.

                                                           Roland HUREAUX

 

 

 

 

[1]  Le Monde, 20/06/2016

[2] Al Qaida (dont la branche syrienne s'appelle Al Nosra) est désignée comme une organisation terroriste à combattre dans   la Résolution de l'ONU du 18 décembre 2015 et a sinon revendiqué, du moins approuvé l'attentat du Bataclan, ce qui n'est pas le cas d'Arar-el-Shama.  Voilà ce que les forces spéciales françaises continuent à soutenir ! 

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