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Roland HUREAUX

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 19:43

 

JUIN 1940 : LES VRAIES CAUSES DE LA DEFAITE

14/06/2020

Beaucoup d’idées fausses ont circulé au sujet de la défaite française  de mai-juin 1940. Le remarquable  livre de Dominique Lormier paru il y a quelques années «  Comme des lions, mai-juin 1940 : le sacrifice héroïque de l’armée française. »[1], toujours actuel et qui devrait être répandu dans  toutes les écoles, est là  pour  nous rappeler ce que ces semaines eurent  d’héroïque.

En un mois, l’armée française perdit 58 829 hommes au combat  qui  ne furent pas, loin s’en faut, contrairement à une légende  répandue outre-Atlantique  tués en fuyant. L’armée allemande compta  63 682 tués . Les pertes quotidiennes allemandes  furent supérieures à celles de la campagne de Russie de 1941. Sur les 3000 chars allemands, 1100 furent  détruits, principalement par les Français ; sur les 4000 avions allemands, 1400  furent mis hors de combat par les Français et les Anglais.

En ajoutant 21 000 civils, les pertes françaises approchèrent  les sommets d’août et septembre 1914 ; à l‘Ouest,  aucune   armée  n’a perdu autant d’hommes en si peu de temps pour  résister à la force nazie.  En plus de la contre-offensive bien connue de Montcornet  menée par le colonel de Gaulle,  de nombreux  faits d’armes  sont à signaler : le village de Stonne (Ardennes), changea de mains dix-sept fois en trois jours ; à  Landrecies (Nord) , deux chars lourds français mirent hors de combat plus de cent véhicules blindés allemands.   Non,  les Allemands n’eurent pas la partie facile : c’est eux qui écrivirent que les Français  s’étaient battus  « comme des lions ».

Il est aussi faux d’imputer la défaite  à un armement  insuffisant :  nous avions deux fois plus de canons  ( mais pas assez d’antiaériens) , presque autant de blindés : 2268  (2858 avec les Anglais et les Belges ) dont   600 Somua S-35  qui surclassaient tous les chars allemands , au nombre de  2574. Principale défaillance : l’aviation : 4000 avions allemands pour 1100 français (1800 avec les alliés), ce qui rend d’autant plus inexcusable que certains de ces   avions soient restés dans les hangars  faute de doctrine d’emploi.  Le général de Gaulle exagéra donc quand il dit le 18 juin que nous avions été « submergés par la force mécanique de l’ennemi »,  mais il savait qu’un chef n’ humilie pas son peuple blessé, ce dont Vichy ne devait pas se priver .

Il faut le dire : la défaite  est entièrement  imputable   au commandement.    Notre état-major plus âgé de dix ans en moyenne que l’Allemand, se trouvait  plus éloigné des lignes de  100 km. 

Après la retraite des grands chefs de la première guerre mondiale, ne restait que  Pétain,   statue du commandeur  qui surveilla tout au long des années trente    les  nominations .  La médiocrité a régné . L’armée française fut alors  victime d’un mal encore plus répandu dans l’Etat aujourd’hui , et pas seulement au ministère de la santé : le règne d’une  pensée unique  calée sur la défensive incarnée par la ligne Maginot  et rien d’autre. Pensée inadaptée mais  surtout , comme toutes les  pensées étroites,  intolérante à toute dissidence, faisant la chasse aux  esprits libres  , rarement  les plus mauvais,  tenus à l’écart des postes de commandement.  Ce conformisme allait de pair avec un  grand désordre dans  ce qui relevait seulement des armées  et non  de l’échelon politique : transmissions, logistique , coordination.

Il serait, on le voit , tout à fait injuste  de  mettre la défaite  sur le compte des Français dans leur  ensemble  comme le fit   le gouvernement  de Vichy . Les chefs militaires responsables de la défaite, qui, au Japon, se seraient sans doute fait hara kiri,  sont à peu près les mêmes qui prirent le pouvoir le 17 juin 1940 , le responsable de la charnière des Ardennes se retrouvant par exemple  ministre de la défense . Ils étaient mal placés pour   mettre en cause , comme ils le firent, le vices et la décadence des Français et les appeler à une  pénitence réparatrice. Ils ne furent pas le seuls : si   Marc Bloch  insiste dans son Etrange défaite[2]  sur la responsabilité du commandement  il  impute aussi la défaite à l’ échelon politique et à la société française, toutes classes confondues . La responsabilité de la société est devenue la doxa  d’aujourd’hui. Elle  est injuste. Le corps social français des années trente conservait, bien plus que la nôtre,  des bases solides  qui s’exprimèrent dans la vaillance de nos soldats. Elle empêche de regarder en face  des dysfonctionnements de l’Etat qui sont plus que jamais d’actualité.

« Des lions commandés par des ânes[3] » , comme dit Charles Gave ; c’est ce  que  nous avons vu  en juin1940.  Ca ne devait pas être la dernière fois.  

 

Roland HUREAUX

 

 

 

[1] Dominique Lormier , Comme des lions , Calmann-Lévy, 2005

[2] Marc Bloch, L’étrange défaite , Folio, 1990 ( écrit en 1940)

[3] Charles Gave , Des lions menés  par des ânes, Robert Laffont, 2003.

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 19:41

 

LES QUATRE FRACTURES PROVOQUEES PAR LE CONFINEMENT

03/06/2020

L’épidémie du Covid-19  et surtout les mesures qui ont été  prises pour la combattre, principalement   le confinement,   ont généré ou aggravé  quatre  fractures de la société française.

La première   s’est creusée entre les personés âgées et les autres. Ce sont déjà , du fait de  la nature,  les personnes âgées qui sont  plus affectées par la maladie. Mais les circulaires du ministère de la santé  prévoient qu’au-delà de 70 ans, elles ne seront plus prioritaires dans l’admission aux  soins intensifs. La chloroquine interdite, il ne leur reste plus en cas de contagion que d’attendre chez elles et , s’il y a aggravation, la perspective d’une sédation profonde  ( autre nom de l’euthanasie). Le   seul  fait de risquer  de  se voir appliquer  ce traitement – ou  non-traitement  -  ne peut   être qu’  anxiogène.

L’autre  fracture est économique et  financière : le clivage entre la France à revenus garantis : fonctionnaires, retraités, salariés de grandes structures comme les banques et le  tertiaire où le télétravail était possible ,  qui a pu continuer  et continuera à être payée  et la France  qui a vu s’effondrer tout à coup ses rentrées d’argent  : commerçants et artisans, PME , entreprises de transport ,  bref l’essentiel du secteur productif.  Il est inexact de dire que l’Etat subventionne le chômage partiel.  Le mot partiel fait illusion :   c’est du chômage tout  court qu’il s’agit , partiel pour  l’entreprise,  et encore pas  toujours,  et total pour le salarié. Par une approche moins hystérique  et un confinement plus souple, l’Allemagne a mieux protégé son secteur reproductif.  On attentait du gouvernement  quelque geste fort de  solidarité nationale pour permettre à l’économie de repartir le jour  venu à plein régime , par exemple une garantie des  revenus  des  professions affectées  ou un moratoire sur  les dettes fiscales  et sociales et sur les dépôts de bilan  : rien ne vient  ; le risque que la prudence des consommateurs aidant, la crise se prolonge,  est sérieux.

La troisième fracture concerne le confinement : il est très inconfortable  pour les uns, ceux qui vivent dans de  petits  appartements, sociaux ou pas, dans les villes et ceux qui ont  pu quitter la région  parisienne ( 20% de sa population, dit-on) pour rejoindre des maisons de campagne plus ou moins spacieuses.

Mais il est  une quatrième fracture dont on a peu parlé, et qui est sans doute  la plus choquante  : entre la  caste des  super-pistonnés du monde politique, médiatique ou médical qui peuvent se faire prescrire par un  médecin compréhensif  le traitement  du Pr Raoult , à base de chloroquine et d’antibiotiques et le commun de mortels qui se heurte à l’interdit imposé par le ministère de la santé.  A ces privilégiés , on peut ajouter l’armée française qui a commandé 70 kg de chloroquine.  Comment une société avancée, qui se targuait de l’excellence de son  système de santé ,  a-t-elle pu accepter que, selon les directives ministérielles, le médicament le moins inefficace soit refusé  aux populations à qui on n’a rien d’autre à dire  en cas de contamination que :  restez chez vous et prenez   du doliprane !

Qu’un tel  discours  ait été reçu  par le grand  nombre, alors que chacun  en haut lieu  s’efforce d’échapper ces  prescriptions (ou  non-prescriptions ) , sans susciter une immense  révolte , témoigne du degré d’ asservissement mental qu’on a réussi à inoculer à   notre société. 

 

Roland HUREAUX  

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 19:38

ENTRE LE PAPE FRANCOIS ET MACRON, VRAIES ET FAUSSES CONVERGENCES

09/05/2020

Il se dit qu’entre le président Macron et le pape François, le courant serait bien passé lors de la visite du président français au Vatican le 26 juin dernier.

Ils semblent notamment partager les mêmes idées sur la nécessité d’accueillir les migrants qui se présentent sur les rivages de l’Europe.

Les associations qui défendent les immigrés en France taxent certes le president d’hypocrisie : la France va accueillir, dit-il, des passagers du navire Lifeline mais « pas plus de quelques dizaines. »  Macron déclare la France ouverte mais instaure contre ceux qui aident les clandestins un « délit de solidarité » (bien malheureux oxymore pour une disposition annulée par le Conseil constitutionnel). A l’inverse, d’autres relèveront qu’elle accueillera de nombreux   passagers de l’Aquarius, mais sans le dire et après qu’ils aient transité par l’Espagne.

Hypocrise toujours : quoique la France n’ouvre son territoire qu’au compte-gouttes, Macron se donne le beau rôle en prenant violemment à partie les gouvernements d’Italie, d’Autriche, de Hongrie, de Pologne qui ne veulent plus d’immigrants.  

Il reste que, quoi qu’en pensent les associations humanitaires, le president Macron est immigrationniste ; s’il ne va pas plus loin dans sa politique d’accueil, c’est pour tenir compte d’une opinion publique particulièrement hostile aux nouvelles arrivées.

Ce n’est pas seulement    pour se faire bien voir du pape, c’est pour marquer discrètement où vont ses préférences qu’il a rendu visite à Rome à la congrégation San Egidio, une association catholique qui faisait autrefois   un travail très utile en proposant sa médiation dans certains conflits armés (elle avait fait merveille au Mozambique) et qui fait aujourd’hui un travail nuisible en aidant les passeurs, liés à la Mafia, à conduire à bon port des migrants de Libye.

On peut promouvoir l’accueil des immigrés au nom de la charité chrétienne : c’est, on l’espère, la seule raison qui motive le pape.

 

La tentation mondialiste, de Soros à Sutherland

 

Mais on peut aussi le promouvoir par idéologie : l’idéologie mondialiste prônée par les instances internationales (ONU, Union européenne, Banque mondiale, Bilderberg, Davos, etc.) ou par des associations   comme celles de la galaxie de George Soros subventionnées par son Open Society Foundation : l’immigration, pensent-ils, en assurant le mélange de populations sur le territoire européen, y affaiblira le sentiment national et donc les tensions. Elle facilitera l’abolition des Etats nationaux.

C’est, on peut le craindre, de ce côté que se range Macron.

A l’hostilité  aux nations , s’ajoute dans les instances précitées, une approche purement technocratique des questions  démographiques : il manque quarante  millions de naissances  pour équilibrer la pyramide des âges des pays d’Europe, il faut aller chercher quarante  millions  d’ immigrés pour  combler les vides et permettre en particulier de payer les retraites ;   dans cette approche, seuls le chiffres comptent, les hommes ont une sorte de cheptel fongible, hors de toute  considération ethnique ou culturelle.

Il y a des Soros catholiques : le plus notoire, mort début 2018 , Peter Sutherland, a été   commissaire européen, secrétaire général de l’OMC, secrétaire général adjoint de l’ONU   chargé des réfugiés,  président de la Trilatérale,  dirigeant du Club de Bilderberg , président  de BP  puis de Goldman Sachs : cet homme, pas spécialement venu des  « marges » , chères au pape François, a été de 2015 à 2017, directeur de la Commission Internationale Catholique sur la Migration (ICMC), proche conseiller du Vatican.

L’idéologie mondialiste est une de plus dangereuses qui soit :   elle part de l’erreur anthropologique qui consiste à croire que le cosmopolitisme et le mélange des peuples apaisera les confits intercommunautaires, alors qu’une connaissance tant soit peu fine de l’histoire, y compris récente, conduit à penser le contraire.  L’Europe de Soros et de Sutherland, ce sera celle de la haine généralisée, de la guerre de tous contre tous. Suffit à le démontrer l’expérience de tous les pays multiconfessionnels : Algérie, Palestine, Liban, Bosnie, Sri-Lanka, pour s’en tenir à la période récente. A moins qu’un groupe ne prenne nettement le dessus :   si on prolonge les courbes démographiques, ce ne saurait être que le musulman.

L’erreur est analogue à celle des marxistes qui pensaient que la suppression de la propriété privée rendrait les hommes moins égoïstes ; selon la loi, énoncée par Hayek, du résultat contraire aux buts recherchés, qui s’applique à toutes les idéologies, c’est, comme l’a montré Alexandre Zinoviev, le contraire qui s’est produit : dans le régime soviétique, a régné partout l’égoïsme le plus sordide.

Faire le choix des mélanges de population, en Europe ou ailleurs, serait criminel, tant le plus élémentaire bons sens laisse présager des suites désastreuses qu’ils auraient.

 

L’Esprit Saint ou l’idéologie

 

L’Esprit Saint n’inspire certes les autorités religieuses que dans le domaine strict de la foi et de la morale ; il n’est donc pas assuré qu’il les inspire aussi en politique. Toutefois, la sagesse séculaire des Eglises, le sens pastoral (puisqu’il est dit que « le bon pasteur connait ses brebis ») devraient y suppléer en vue de les garder de la forme moderne du mal que sont les idéologies, parmi lesquelles le mondialisme.

Ce sera plus difficile pour Macron qui a été élu sur un programme de dépassement des nations, tous ses soutiens étant de cette école-là. Il est d’autant plus nécessaire que les opinions publiques maintiennent leur pression pour empêcher une politique migratoire irresponsable qui aurait des conséquences tragiques.

 

Roland HUREAUX

 

 

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 19:36

LE SECRET DE L’AFFAIRE POLANSKI

04/03/2020

Tou(te)s  les excité(e)s qui protestent contre  les nominations de Roman Polanski à la cérémonie des César pour son admirable  film J’accuse, ignorent  sans doute les    tenants  et des aboutissants géopolitiques  de  l’affaire.

Au  point de départ : Roman Polanski est accusé du   viol  d’une adolescente de 14 ans dans une réception hollywoodienne de 1977, soit il y a plus de quarante ans. Affaire classée depuis longtemps  par la justice américaine non sans que le  réalisateur ait versé  une indemnité conséquente  à la mère de l’adolescente.   Les points obscurs sont  nombreux :   que faisait cette  jeune fille dans ce genre de réception dont on sait comment elle tourne le plus souvent ? S’agit-il vraiment d’un  viol ou d’une simple relation sexuelle ? Ne s’agit-il pas d’une manipulation de la mère de la  jeune fille pour extorquer le maximum à Polanski, ce à quoi elle est parvenue  ?  Circonstance  atténuante  pour  Polanski : le choc qu’avait   représenté pour lui l’assassinat de sa jeune femme enceinte , Mia Farrow, par le démoniaque Manson  quelques  années plus tôt ( 1969 ) .

Toujours est-il que, bien que l’affaire soit classée depuis longtemps, elle est réveillée en 2009 par un juge américain qui demande l’extradition de Polanski,  résidant en Suisse . 

Pourquoi ce  cold case est-il soudain sorti du tiroir ?  Alors même que la jeune fille, devenue sexagénaire , déclare ne plus en vouloir du tout au cinéaste et lui écrit même de temps en temps.

Comme par hasard , la justice américaine ( dont l’affaire Alstom a montré aux naïfs qui l’ignoraient   la politisation  ) réveille l’affaire au moment précis  où Polanski termine   son  tout  aussi admirable film  : The ghost writer  ( intraduisible, disons  le « nègre »)  . Ce film , sorti en 2010, raconte comment un jeune diplômé est embauché par  un ancien premier ministre britannique  pour   rédiger ses mémoires.  Le ghost writer enquête et découvre  peu à peu comment toute  la  carrière du premier ministre a été programmée dès le commencement par les services secrets  d’une grande puissance d’outre-Atlantique pour s’assurer du contrôle du Royaume-Uni. Toute ressemblance avec  Tony Blair  ( ou  d’autres  de ce côté-ci de la  Manche) est bien sûr purement fortuite…

Un film essentiel : c’est tout le système de domination de l’Europe occidentale    par l’Amérique depuis un demi-siècle   qui est mis au jour.

Si ce film avait été l’œuvre d’un  obscur cinéaste   pour salles d’art et essai, il serait  passé inaperçu.  Mais là,  c’est le grand Polanski , membre à part entière du Système,  qui vend  la  mèche.

Les représailles ne se sont pas fait attendre et si les Européens se sont gardés d’extrader Polanski (encore heureux) , sa vie continue d’en être  sérieusement  empoisonnée, avec la participation d’extrémistes de tout bord  toujours prêt(e)s à jouer les soutiers des puissants. 

Comme on  le voit le fond de l’affaire Polanski  n’a rien à voir avec la question féministe, mais  tout à voir avec la  résistance à l’ordre mondial.

 

Roland HUREAUX

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 19:34

LE PRESIDENT MACRON A-T-IL PETE LES PLOMBS ?

02/02/2020

Le président Macron aurait-il « pété les plombs » ?

C’est ce qu’on peut  légitimement se demander au vu de la  série rapprochée de propos ou de gestes indignes ou absurdes dont il a été l’auteur  ces dernières semaines.

Lors de sa visite à Abidjan à la fin de 2019, il  déclare ainsi  à ses interlocuteurs, qui ne lui demandaient rien,   que la colonisation avait été  un « crime de la République », s’attirant une réplique bien sentie d’Alexandre Benalla, son ancien favori,  mettant en relief  les bienfaits de la colonisation, une opinion sans doute plus proche de celle de la plupart des chefs d’Etat africains.

Au retour de Jérusalem, il n’a pas hésité  à mettre  sur le même plan la guerre  Algérie et la Shoah «  La guerre d’Algérie est sans doute le plus dramatique ( des « défis mémoriels ») . Elle  a à peu près le même statut que la Shoah pour Chirac en 1995. » Ce propos a suscité l’indignation des juifs, des enfants de pieds-noirs , de harkis –  et des simples personnes de bon sens connaissait l’histoire et attachées à l’honneur de la France.

Accessoirement on se souviendra qu’il s’est  fait accompagner à Abidjan d’un  rappeur  spécialiste des insultes à la France.

Plus récemment, il assène à  Pascale Marinière, présidente des associations familiales catholiques :  « Votre problème, c’est que vous croyez qu’un père, c’est forcément un mâle ».

Comme si cela ne suffisait pas, il visite le festival de la  bande dessinée à Angoulême et y arbore un gaminet (T-shirt) marqué  « Non aux violences policières », alors même que ces violences ( surtout à l’encontre des Gilets jaunes)  ont été commises en son nom et peut-être même sur ses ordres. Indignation des policiers et d’une  partie de la  classe politique.

Le plus notable de  ces dérapages  vise  la mémoire de la France. Ce n’est pas la première fois que  Macron criminalise, depuis l’étranger, le  passé du pays qu’il est supposé défendre en tout lieu et en toutes circonstances.

On peut voir là  le signe de son inculture  .  A tout le moins de sa dépendance vis à vis de la  doxa des universités  américaines où la thèse du caractère criminel  de la  colonisation européenne est  indiscutée  - et indiscutable du fait du terrorisme idéologique qui règne désormais sur les campus du « pays de la liberté ».  L’enseignement   que Macron a reçu à Sciences po Paris sous l’égide de Richard Descoings   est le reflet  de cette doxa.

On peut y voir aussi  un dessein plus pervers d’  abaissement de son propre pays aux yeux du monde. Pourquoi  ce qui semble être une  haine de la  France ?

La culpabilisation est devenue aujourd’hui un moyen de domination qui fait tomber les défenses de celui que  l’on veut dominer.  Macron exécuterait ainsi un projet  de domination de la France   voire  d’anéantissement de sa personnalité , selon des directives venues d’on  ne sait où mis dont on peut soupçonner qu’elles sont  incluses dans un projet mondialiste pour lequel la France, la « grande nation » par excellence,  doit , plus que toute  autre , être abaissée dans ses prétentions et ramenée à la « normalité ».  L’humiliation est un moyen de la castrer définitivement.

Tel serait, par-delà la gaminerie,  le sens  de la  sortie d’Angoulême : la France c’est d’abord un  Etat ; subvertir cet Etat qu’il est supposé diriger par une  attitude scandaleuse,   correspondrait  à un dessein.

 

Toute idéologie tourne à la folie

 

La  folie que portent avec elles ces déclarations ne fait que refléter la folie propre à toute  idéologie.

C’est particulièrement  vrai de  son  affirmation sur la paternité qui n’est qu’une déclinaison de    l’absurde théorie du genre : paternité et maternité ne sont pas, selon cette théorie,  des réalités physiques mais  des processus mentaux ; une femme peut donc être père et un homme mère. Par rapport à ces théories fumeuses, Macon n’a visiblement aucun recul. Il est totalement dépourvu de ce bons sens supérieur  qui , face aux idéologies, caractérise  les grands leaders.

L’idéologie telle que   l’a décrite Hannah Arendt est une  politique  menée avec des idées  fausses ou faussées ;  elle a pour caractéristique de poursuivre sa logique jusque bout . Au début, sa folie  n’est pas encore visible  et quelqu’un comme M. Macron a pu  apparaitre à beaucoup comme un président normal. Mais comme dans  un véhicule qui dévie peu à peu de sa trajectoire   ,  la folie se fait de plus en  plus manifeste. 

L’idéologie de  Macron est un mélange de mondialisme , d’ultralibéralisme et    de  philosophie libertaire , qui comporte théorie du genre .

L’idéologie se termine  toujours mal , pas forcément  de manière criminelle mais en tous le cas par une  crise grave  .  C’est à ce  point que  nous sommes peut-être rendus. Les déclarations du président  font voir  la  folie du système dans lequel il s’est    enfermé. Il se peut qu’elle  ait atteint un seuil critique.

 

Roland HUREAUX

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 19:32

POUR UNE EUROPE A GEOMETRIE VARIABLE

13/01/2020

Les péripéties saugrenues qui ont entouré  le Brexit montrent combien est insatisfaisante la situation actuelle de  l’Union  européenne .

Elle apparait comme un bloc compact  qui ne laisse d’autre choix à un Etat  que d’être dedans  ou dehors.

Cela est absurde au regard de la complexité de l’héritage européen, des relations diversifiées qui se sont tissées au fil des siècles entre les différentes nations ,  grandes et  petites,  qui la composent. La Grande-Bretagne ne se sent peut-être  pas aussi européenne que d’autres pays ; elle n’en est pas moins , de manière éminente,  partie prenante à l’histoire de l’ Europe.   Qu’elle n’ait pas supporté le carcan de Bruxelles est une chose, qu’elle soit  tenue pour totalement exclue en est une autre .

 Cela est d’autant plus vrai que les principaux acteurs de la négociation du Brexit, la commission de Bruxelles, la France et , au moins officiellement  l’Allemagne , veulent  une Europe de plus en plus intégrée qui deviendrait à  terme une seule entité se droit  international . Une  entité qu’on appelle  à tort fédérale car elle  est en fait de plus en plus  centralisée : en de nombreuses matières Bruxelles a plus de pouvoir en Europe que Washington aux Etats-Unis.

Imaginer qu’en constituant un bloc centralisé, elle deviendrait une Europe puissance est un leurre , au moins aussi longtemps  que les décisions seront prises par une majorité de petits Etats dont le politique étrangère est déterminée    à Washington ( et si elle ne l’était pas à Washington, elle  le serait à Berlin !). En 1956, deux grands Etats européens , la France et la Grande-Bretagne pouvaient  se permettre, pour le meilleur et pour le pire,  d’entreprendre une expédition militaire au Proche-Orient contre l’avis des Américains. Les Européens peuvent-il aujourd’hui envoyer ne serait-ce qu’un émissaire diplomatique sans leur feu vert ? Probablement pas. Etonnant aboutissement de 70 ans de construction européenne !   De fait ,  dans son action extérieure, l’Europe , c’est aujourd’hui l’OTAN  et rien d’autre.

 

L’Europe vers la  guerre ?

 

Nous touchons là  un deuxième risque  de l’Europe-bloc : ce bloc, pour se montrer qu’il existe , ne sera-t-il pas  porté, comme jadis  l’Allemagne de Bismarck,  à se chercher des ennemis ? Et lequel sinon  la Russie ? L’hystérie antirusse règne aujourd’hui à Bruxelles , pire que dans la plupart des  capitales du continent, sauf peut-être celles de  la Pologne et des pays baltes,  est inquiétante.   Elle  n’est pas pour déplaire à   Washington, au moins aux faucons de l’Etat profond qui interdisent à Trump tout rapprochement avec Poutine et demeurent influents à Bruxelles . La résolution  votée par le Parlement européen le 19 mars 2019 sur l’état des relations politiques avec la   Russie n’est pas  loin de la déclaration de guerre.  

La configuration  géopolitique actuelle de l’ Europe est au demeurant    bien étrange si l’on se réfère à l’histoire récente du continent  :  excluant les Etats-Unis et la Russie , mais aussi le Royaume-Uni , elle est limitée à l’ Ouest par l’Atlantique   mais jusqu’ où va-t-elle à l’Est ? Elle a déjà englobé les pays baltes. Au mépris de mille ans d’histoire commune avec la Russie,  les dirigeants européens  ont   voulu à toute force placer de  manière unilatérale  l’Ukraine sous leur influence exclusive, ce qui, selon le regretté Helmut Schmidt[1]  qui n’était pas précisément un extrémiste , fut la principale  cause de la guerre actuelle.   Et au-delà ? Cette Europe  s’étendra-t-elle jusqu’à Stalingrad ? Nous  n’en sommes pas loin ; d’autant    que , le Royaume-Uni parti , l’hégémonie allemande sur les institutions de Bruxelles se fait de plus en plus pesante.  Mais ne forçons cependant pas le trait : s’il est vrai que leurs périmètres sont analogues, l’Europe d’aujourd’hui n’est pas  celle de   1943 !   

La brutalité du choix qu’offre l’Europe-bloc ne gêne pas seulement le Royaume-Uni : au dehors,  la Russie, la Norvège ou la Serbie peuvent aussi se  prévaloir, au moins en partie , de l’héritage  européen. La Pologne et  la Hongrie , à l’inverse, aujourd’hui incluses,   mais dont l’histoire est originale ,  se trouvent  mises  à l’index par les instances de l’Union, comme les mauvais élève de la  classe.

S’il fallait , en dehors de l’héritage  chrétien,  chercher une donnée vraiment spécifique au continent  européen, ce serait justement la complexité ,  effet  du découpage naturel  assez étonnant  de ce petit « cap d’Asie »,   mais surtout  témoin de la richesse  de son histoire et de sa  civilisation. Une complexité qui se trouve  abolie par le modèle aujourd’hui dominant d’intégration , fondé sur l’idée d’Etats-Unis d’Europe , importée d’outre-Atlantique par des esprits simples et manifestement inadaptée à un continent aussi singulier que le nôtre.     

Face à cette dérive que représente l’idée d’une  Europe bloc,  il est urgent de reconfigurer les institutions européennes pour les adapter à la   réalité géopolitique du continent. L'Europe doit "ouvrir ses fenêtres" aux partenaires de son environnement proche et sortir d'une opposition frontale entre les in et les out  , comme on dit à Bruxelles, qui s'avèrera très vite suicidaire.

 

Au lieu d'un trou noir, une galaxie

 

La solution : s'orienter résolument vers un schéma d’Europe à géométrie variable  (qui s'applique déjà d'une certaine manière, tous les membres actuels de l'Union  n'étant pas dans l'euro) ;  remplacer des institutions centrales monolithiques qui, à vouloir concentrer toutes les compétences, pourraient vite devenir un « trou noir », par une « galaxie » d’agences thématiques spécialisées, sur la modèle de l’Agence spatiale européenne ou de l’OCCAR[2]. Les différents sujets d'intérêt européen qui sont aujourd'hui  traités à Bruxelles  pourraient continuer de  l'être , par le même personnel le cas échéant, mais la participation à chacune de ces agences serait à la carte ,   certains membres actuels pouvant s'en retirer et certains pays aujourd'hui à l'extérieur,  comme désormais  le Royaume-Uni, mais aussi  la Russie et pourquoi pas  la Turquie ou  le Maroc , pouvant adhérer à  l'agence de leur choix  ou  s’y  joindre  pour telle ou telle action. La coopération politique, appuyée sur un secrétariat spécifique, suivrait le même modèle, avec la possibilité d’ y associer certains pays tiers en fonction de l'ordre du jour.

Une Europe à géométrie variable permettrait à la fois d'atténuer la rigueur du Brexit et d’éloigner la Russie de la dérive vers l’Asie de l’Organisation de coopération de Shanghai ou encore de la  tentation du duopole Washington-Moscou,  en la réintroduisant dans quelque chose comme un nouveau « concert européen »  conforme à ses aspirations profondes. Même perspective pour la Turquie aujourd'hui contrainte à s'inféoder à Moscou.

Telle que nous la présentons, cette formule  ne serait pas incompatible avec un directoire,  qui ne saurait qu’être informel,  des principales puissances et des pays   les plus  engagés dans les diverses   coopérations .

Même s'il ne préjuge pas de l'avenir de l'euro avec lequel il n'est pas formellement incompatible, ce schéma obligera les adeptes d’une intégration sur le   modèle monnetiste  à  faire leur deuil du  super-Etat qui demeure leur objectif , destiné à périmer  peu à peu les Etats-nations, avec ses frontières, son armée, son drapeau, et pourquoi pas ses timbres et son équipe de football.

Le  modèle d’une  l'Europe bloc ne contredit pas seulement  la complexité qui est au cœur du génie européen. Comme le dit Jean-Jacques Rosa [3], il s'oppose aux tendances modernes privilégiant, non les constructions monolithiques, mais les   organisations plurielles, souples, interconnectées,  sans hiérarchie stricte. Ajoutons qu'au moment où la Russie est débarrassée du communisme et les Etats-Unis de ce projet mondial qu’était aussi le néo-conservatisme, le monde    s’éloigne, pour le plus grand bien de la paix, des modèles idéologiques du XXe siècle auxquels on peut, même de manière atténuée, assimiler le projet européen de l'après-guerre.

La réorganisation des institutions européennes que nous proposons n’est pas une option. Qui peut croire que l'édifice actuel (ou ce qu'il en reste) pourra se maintenir longtemps en excluant frontalement les deux principaux centres financiers de la planète (New York et Londres) et la première puissance énergétique et militaire du continent ? 

 Si l'Union européenne ne procède pas à une réforme rapide de ses institutions, on peut craindre qu'elle ne coure à une cataclysmique dislocation.

 

                                                           Roland HUREAUX

 

 

  

 

 

[1] Entretien - Bild 16 mai 2014

 

[2] L'Organisme conjoint de coopération en matière d'armement, basé à Bonn, qui avait  bien fonctionné avant d’être absorbé par l’Agence européenne de défense.

[3] Jean-Jacques Rosa, L'erreur européenne, Grasset.

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 19:30

 

L’EUROPE EN RECESSION DEMOGRAPHIQUE

12:01/2020

 

L’Europe n’est pas le seul continent qui ne renouvelle plus sa population : l’Asie et l’Amérique n’en sont pas loin. Seule l’Afrique maintient un taux de fécondité très supérieur à ce qui est nécessaire à la perpétuation  des générations : 4,5 ( 4,9 au sud du Sahara)  , en baisse certes depuis trente ans où il était à 7 mais suffisant pour alimenter une forte croissance démographique pour encore trente ou quarante ans.

L’Europe est cependant le continent qui a montré la voie de la baisse , sans retour à ce jour, de la  fécondité , passant dès les années soixante-dix au-dessous du seuil de 2,1 enfant par femme, tenu pour le minimum assurant le renouvellement à l’identique des générations. 

L’Europe  est aussi le continent où se  trouvent   les pays les plus touchés par la  dénatalité: Espagne 1,3 , Roumanie : 1,2 (2017) – avec le  Japon  et une partie du  Sud-Est asiatique.  

Il n’en avait pas toujours  été ainsi : du XVIIe au milieu du XXe siècle la population de l’Europe avait cru plus que celle du reste du monde, moins par  la natalité, déjà en diminution lente ( dès le XVIIIe siècle en France ) , que par la baisse progressive de la mortalité due à une moins mauvaise alimentation, mortalité qui reste alors très élevée  dans  le reste du monde.

Depuis le milieu du XXe siècle au contraire , le reste du monde ,  appelé le Tiers monde au temps de la  guerre froide,  connait une soudaine explosion démographique qui connait son maximum vers 1970 et ralentit ensuite peu à peu jusqu’à  la situation actuelle. Elle s’explique essentiellement par la soudaine baisse de la mortalité due aux progrès  de la médecine et à leur diffusion très rapide dans les colonies à partir de 1945.

L’ Europe , dont une partie des  pays a  connu un  baby-boom dans  l’après-guerre , qui a surtout touché   les vainqueurs de la deuxième guerre mondiale ainsi que  les Etats-Unis et le Canada, voit sa fécondité globale baisser partout à partir de 1964 et passer au-dessous du seuil de reproduction  dans les  années 1970 . Le passage au-dessous du seuil a eu lieu en 1968 pour la Suède, 1969 pour l’Allemagne de l’Ouest, 1973 pour Royaume-Uni, 1974 pour la France et l’Italie.

Ces années coïncident avec le début des méthodes chimiques de contrôle des naissances, mais il faut  savoir que les taux de fécondité étaient déjà  tombés très bas dans les années trente sans elles. Intervient aussi un peu plus tard en Europe  la légalisation de l’avortement.

L’effet de ces évolutions : après avoir vu sa  population prendre une place de plus en plus grande dans le monde  du XVIe au XXe siècle,   l’Europe voit au contraire son poids relatif  diminuer  depuis lors inexorablement comme le montre le tableau suivant :

Population de l’Europe (Russie incluse) :   % du total  mondial :

 

1000 : 14 %

1400 : 17 %

1650 : 22 %

1900 : 27 %

1950 : 22 %

1960 : 20 %

2005 : 11,3 %

2015 : 10  %

2050 :   7 %   (prévision)

 

10 % en  2015 représentent 738 442 000 habitants pour une population mondiale de 7 349 472 000.

La divergence de  ces  évolutions est  particulièrement marquée entre deux continents qui se trouvent sur la même longitude, l’Europe et l’Afrique. La population de l’Afrique était nettement  inférieure à celle de l’Europe vers 1950 (rapport 0,4/1 , soit 223 millions d’Africains pour 549 millions d’Européens) . Elles s’égalisent  vers 1980. Aujourd’hui, le rapport est de 1,6 /1 ; il devrait passer vers  3,4 à 4 /1 en 2050. Soit pour une population européenne en légère baisse autour de  730 000 000 , Russie comprise, une population africaine de 2,5 à 3 milliards. Encore faut-il préciser qu’une partie des Européens de  2050 seront , dans des proportions à déterminer, des  immigrés ou descendants d’immigrés d’autres continents. La population de l’Asie et de l’Asie sera, comme celle de l’Europe,  stable ou en légère baisse.

La densité de l’Europe ( UE seule, donc sans la Russie : 114 habitants au km 2) demeure aujourd’hui  nettement supérieure à celle de l’Afrique : 40 h au km2 , 60 h sans le Sahara, laquelle est encore inférieure à la moyenne mondiale.

Au sein de l’Europe, il convient de distinguer différentes zones :

  1. L’Europe du Nord et du Nord-Ouest (France, Grande-Bretagne, Bénélux, pays scandinaves),  quoiqu’ en avance dans la promotion de la femme, maintient un niveau de fécondité insuffisant  pour se renouveler mais supérieur au reste du continent (de 1,7 à 1,9). L’hypothèse la plus répandue est que la modernité  même de ces pays  y rend mieux compatible la maternité et le travail féminin ; s’y ajoute  le maintien de  politiques familiales   significatives , quoique érodées ;   mais on peut se demander si  , au moins depuis l’an 2000, le facteur décisif  n’est  pas la part  des immigrés dans la population,  plus importante là que dans le reste de l’Europe ;

 

  1. L’Europe du Sud et de l’Est  a vu un effondrement dramatique du taux de fécondité dont elle ne s’est pas encore relevée . La principale raison en est la quasi-disparition  des systèmes de prestations  familiales au cours des quarante dernières années, à la fois dans les pays méditerranéens sous la pression des critères de convergence de Bruxelles et dans les pays de l’Est    à la suite de la chute du communisme et des pressions du FMI . En outre la population  immigrée y est nettement plus faible. Un certain relèvement de la fécondité s’y observe cependant depuis quinze ans , surtout dans l’ex-URSS où elle était tombée particulièrement bas.

 

  1. L’Allemagne constitue un cas singulier : le taux de fécondité y reste faible, malgré une population immigrée  importante  et  une politique familiale devenue très généreuse depuis l’arrivée au pouvoir d’Angela Merkel. Une explication est que l’Allemagne , moderne par l’économie, reste archaïque par les  mentalités : qu’une femme salariée y ait des enfants  y est moins bien toléré qu’ en France, en Angleterre  ou en Suède . D’autre part , les Turcs , principal groupe immigré sont moins féconds que les Maghrébins  dominants en France. Il ne faut pas non plus négliger l’impact du nihilisme induit par la culpabilité relative au nazisme  que différents forces idéologiques s’évertuent à étendre à tout le continent. La reprise   récente de la fécondité allemande est  encore insuffisante  (de 1,35  à 1,5 enfants par femme entre 2000 et  2016 ).

Du fait du relèvement récent de la fécondité dans tous les pays où elle était tombée très bas ( jusqu’à 1,1  en Bulgarie ou en Lettonie ) la fécondité moyenne des femmes européennes , tombée à 1,4 ( soit une perte d’effectifs d’1/3 à chaque génération )  en 2000 s’est relevée à 1,6 malgré une baisse assez générale en France et dans l’Europe du Nord-Ouest ( France métropolitaine  de 2 à 1,84 de 2014 à 2018 ) . Le redressement le plus spectaculaire  est celui de la Russie , dû à la politique familiale vigoureuse impulsée par Poutine et au climat positif qui règne dans ce pays : de 1,2 en 2000 à 1,8 aujourd’hui).  

Malgré ce correctif de tendance récent et limité, la fécondité  de  tous les pays d’Europe ( y compris l’Irlande ou l’Albanie  longtemps plus fécondes  mais qui se sont « normalisées ») demeure  sensiblement au-dessous du seuil de reproduction des générations.  Hors immigration,  l’Europe devrait voir   sa population  baisser sensiblement  au cours du XXIe siècle

Rappelons que les variations du taux de fécondité n’ont une  influence forte sur la population globale qu’une génération après. Le relèvement souhaitable de la fécondité n’aurait donc  pas d’effet immédiat. Le seul correctif possible est l’immigration, préconisée par la technocratie internationale sans considération de la cohésion des pays concernés .

Du XVIe au XXe siècle, l’Europe dont la population,  croissant plus vite , a, non seulement  vu sa part relative augmenter dans le monde mais encore  exporté des hommes dans le reste de la planète, spécialement  sur le continent américain  , alors qu‘aucun mouvement  inverse significatif ne s’observait. Depuis le milieu du XXe siècle, l‘Europe est devenue au contraire un pays d’immigration. Environ 35  millions de ses habitants  sont des immigrés ou enfants d’immigrés venus  d’autres continents. Ces immigrés  se trouvent surtout en Europe du Nord-Ouest et en Allemagne. L’Italie et l’Espagne commencent seulement  à  les voient affluer. Si le flux migratoire continue , ce n’est pas seulement  du fait de la croissance de la population africaine mais aussi  de l’attitude positive des instances internationales et européennes.

Aussi déterminant  que le flux de migrants est le différentiel de natalité entre eux et les Européens de souche, une donnée très difficile à appréhender de manière précise.  Le maintien d’un  équilibre satisfaisant de la population européenne exige non seulement  l’arrêt des  flux migratoires mais aussi  une  reprise  sensible  de la fécondité  dans les populations natives.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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4 novembre 2021 4 04 /11 /novembre /2021 17:26
LES REPENTANCES DE MACRON SONT AUSSI OFFENSANTES  POUR L’AFRIQUE QUE POUR LA FRANCE  

 

https://www.causeur.fr/macron-cote-ivoire-colonialisme-170638

27/12/2019
Il devient insupportable d’entendre le président Macron, chaque fois qu’il va en Afrique ( trop souvent à notre gré) cracher sur le passé de la France .  « Le colonialisme  , s’est-il cru obliger de dire à Abidjan , a été une erreur profonde et une faute de la République » .
Nous ne reviendrons  pas sur les arguments bien  connus qui réfutent ces propos sommaires : où en seraient ces pays s’il n’y avait  pas été colonisés  ?  D’autres, comme Driss Ghali dans Causeur [1], ont rappelé tout ce que la France avait  apporté à ses colonies africaines.
Macron s’abîme-t-il chaque  jour dans les affres de la culpabilité nationale ? Non . Au fond, il s’en fiche. Il dit cela parce qu’il se croit obligé de le dire. Ce faisant, il commet plusieurs  erreurs.   
D’abord il montre son ignorance. 
A une connaissance précise de l’histoire de nos anciennes colonies, prises une à une,  il substitue de poncifs   sur le  colonialisme en général   qui témoignent    de sa connaissance superficielle de la question. Sait-il qu’il fallut  en 1960 « pousser dehors » la Côte d’Ivoire qui aurait préféré rester  un département d’outre-mer ? Il est vrai que Houphouët Boigny avait été un ministre particulièrement en vue de  la  IVe République, un honneur  qu’aucune autre puissance coloniale n’avait accordé  à ses sujets.  

Sait-il que les  présidents de l’ancienne Afrique équatoriale française se sont cotisés pour ériger à Brazzaville  un mausolée à Savorgnan de Brazza qui avait fondé la colonie?

Sur le sujet de la colonisation  Macron ne  fait que répéter ce qu’on dit   dans les Universités américaines, gangrénées  par le politiquement correct  anticolonialiste . Il fut et reste le meilleur élève de Richard Descoings qui ne fit rien d’autre qu’américaniser  l’enseignement  des Sciences Po.   Il serait temps qu’il renouvelle sa culture  !

Chacun des pays que Macron visite est attaché à sa singularité . En leur appliquant  des clichés  passe-partout , il montre que, au  fond,  il ne s’intéresse pas vraiment    à eux.

 

Il est temps de traiter les Africains comme des gens normaux

 

Sent-il par ailleurs ce que peut avoir de blessant pour ses interlocuteurs  l’évocation du passé colonial ?   Rien de plus ambigu que la victimisation.  On ne rappelle  pas aux gens qu’ils ont été vaincus ou dominés, même sur le mode du repentir.  Dans le monde dur où nous vivons, être ou avoir été une victime n’a rien de glorieux.  Il faut    traiter  les Africains comme des  interlocuteurs  normaux . Que dirait-on si tout  président  italien ,  chaque fois qu’il visite  France,  venait  nous rappeler que nous avons été vaincus à Alésia , puis dominés,  fut-ce sur le mode de la  repentance?  Ces  subtilités échappent   à Monsieur Macron dont l’éducation ,  pour  avoir été bourgeoise,  ne comportait sûrement pas  ces délicatesses.

En clamant  que la colonisation a été   une « erreur » , il montre aussi  son absence de réflexion historique.  Erreur ? Tout au long de l’histoire ,  les civilisations   qui ont  pris de l’avance sur les autres  ,   ont été d’une manière ou d’une autre impérialistes vis-à-vis de leurs voisines  en retard . Les Perses, Grecs, les Romains, les Arabes, les Mongols  et pour finir les Européens.  C’est ainsi. Il n’y a pas à  pas avoir de repentance . Il faut seulement  savoir tourner la page .

Tous les guerres  africaines de la France ont d’ailleurs  fait bien moins de victimes que l’invasion du Congo-Kinshasa  par les troupes rwandaises de Paul Kagame entre 1997 et 1999, soit plusieurs millions. Non seulement  Macron n’a demandé  aucune repentance à ce personnage mais il ne manque  aucune occasion de  lui rendre les  honneurs , allant jusqu’à  l’inviter   au sommet du G7 de Biarritz et à promouvoir sa protégée à la tête de la francophonie. 

Il est vrai que certains  chefs d’Etat   africains usent ou  abusent de  l’alibi du mal que leur aurait fait la colonisation pour justifier leurs erreurs et  leur corruption. C’est particulièrement vrai de ceux de l ’Algérie. Le jeunes générations , tout aussi ignorantes que Macron de ce  que   fut    la colonisation , ne sont que trop promptes à  écouter ces discours . Il   ne sert qu’à entretenir  une  haine idéologique très éloignée de ce que  ressentaient  leurs pères colonisés  et qui est totalement stérile.  Macron rend un mauvais service à la jeunesse africaine  en l’entretenant. D’autant que ces sentiments sont transportés dans nos banlieues.          

Nous pourrions aussi rappeler qu’en  jouant  les coqs  quand il va en Afrique, il n ’ a pas pris la mesure du déclin de l’influence  française sur  ce continent  – dont la cessation du franc CFA dont il a l’air de se glorifier est un symbole . Seuls les dominants peuvent se payer le luxe de s’autodénigrer . Or la France ne domine plus rien sur  ce continent,  surtout  depuis son enlisement au Mali.  

 

Ne pas paver les  voies de la Chine

Mais comme là aussi les discours  oiseux risquent être  pris au sérieux,  à quoi sert désormais de vilipender  la colonisation    française sinon  à donner de la légitimité   aux entreprises concurrentes de la Chine,  de la Russie, des Etats-Unis , de l’Arabie saoudite bien moins respectueuses  de l’identité africaine que nous  ne l’avons été .

Ajoutons que les  pays africains   sont  des  pays  normaux , dont les chefs d’Etat , même corrompus,   savent ce qu’ils doivent à leurs peuples : ne pas les insulter, ne pas insulter leur histoire , les  rendre fiers de leur passé, soit les principes éternels  du leadership, exactement le contraire de ce que  fait Macron.  C’est dire que les rodomontades auto-flagellatoires du président français apparaissent aux Africains, comme  aux Asiatiques,  pour ce qu’elles sont : à la fois une bizarrerie et   le symbole de la décadence européenne.  L’intéressé n’en  récolte aucune estime, bien au contaire.   

Inculte, indélicat, pernicieux  et antinational, tel apparait Macron quand il fait ses virées  en Afrique. Il ferait  mieux  de rester chez lui.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

[1] https://www.causeur.fr/macron-colonisation-afrique-maroc-170537

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4 novembre 2021 4 04 /11 /novembre /2021 17:25

 

MACRON NE PEUT PAS ETRE UN BON REFORMATEUR

27/12/2019

 

https://www.atlantico.fr/decryptage/3585329/emmanuel-macron-ou-le-credit-reforme-epuise-regimes-speciaux-quinquennat-elysee-gouvernement-nouveau-monde-roland-hureaux

 

Ceux qui ont fait élire Emmanuel Macron, en France et à l’étranger, et qui    le soutiennent encore , spécialement au sein de la  droite classique, attendaient   de lui qu’il  prenne à bras le corps les problèmes du pays  et réalise enfin les réformes que ses prédécesseurs , de Chirac à Hollande, n’avaient pas osé faire : « Et Macron vint ! » titra Jean-Claude Casanova , non sans quelque ironie, après son élection[1].

Or ces réformes , il ne les fera pas, sinon à la marge. Pour la plus importante d’entre elles, celle des retraites,  il est possible qu’il sauve la face   en évitant   l’explosion sociale, mais il  est probable que, de concessions  en concessions,  le bilan financier pour l’Etat en soit in fine  négatif ,  comme l’avait été celui de  la réforme des retraites   concoctée par Sarkozy et Fillon en 2010.  Pour le reste, il est clair que Macron, a épuisé son crédit.

 

La logique du leadership

 

Les vraies réformes sont saignantes. Il est possible de les  faire accepter mais il faut pour cela que plusieurs conditions soient remplies .

La principale est qu’ une relation de confiance  soit établie entre le président de la République  et la population.

Pour que cette relation de confiance  existe, il faut que le peuple ait le sentiment que le chef de l’Etat  recherche avec ardeur son intérêt ,  à lui peuple, et son intérêt  seul .

Cette exigence n’est que l’expression de la  logique immémoriale du leadership, du pacte éternel entre  un dirigeant et son  peuple .

Cela exclut  toute  relation de dépendance du leader   vis-à-vis d’une force étrangère quelle qu’elle soit. C’est pourquoi  les réformes , dont certaines étaient pourtant utiles ,  entreprises par le régime de Vichy,  furent  récusées par les Français . Pétain était ressenti comme le « Prince esclave » , selon  l’expression du père  Gaston Fessard , et donc  illégitime  pour gouverner et  réformer.

Cela exclut tout autant  la dépendance vis à  vis des féodalités intérieures . En supprimant,  dès son arrivée,  la partie financière  de l’ISF , Macron a envoyé un très mauvais message à l’opinion , qui a  vu en lui  l’homme des très grande fortunes.

Cela exclut aussi  la dépendance du leader vis  vis de tout système , de toute utopie, en  bref  de toute idéologie. Or Macron a manifesté à plusieurs  reprises que sa préoccupation première  n’était pas  la puissance et la prospérité de la France mais de « faire  l’Europe » , un projet international  qui se distingue  peu du projet mondialiste    comme le montrent les traités de commerce signés avec le Canada et l’Amérique latine .  Il est impossible d’être à  la fois l’homme d’un système ou d’un projet idéologique et l’homme d’un peuple. L’idéologie, quelle qu’elle soit, et l’idéologie européiste n’est pas    la moindre, est incompatible avec le leadership.

Cela s’applique particulièrement  à toutes les  réformes que Bruxelles tente d’imposer à la France.  Quoique  les sondages montrent que la majorité des Français est  attachée à   l’euro, ils ne sont prêts à aucun sacrifice pour sa survie.  D’autant que,  sans être des  économistes qualifiés, ils sentent bien que toutes le réformes que ses dirigeants veulent  imposer  à la France ont moins pour but    le bien de  la France – qui pourrait  être poursuivi  par d’autres voies – que le maintien de   la France dans  l’euro et donc la survie de la  monnaie unique.

Il est déjà bien difficile de faire accepter des réformes  à un peuple quand son intérêt direct est en jeu, a fortiori  quand il ne l’est pas. Au demeurant  , à supposer qu’ils en acceptent les objectifs, soit  le rétablissement de l’ équilibre budgétaire  et celui des comptes extérieurs, donc la compétitivité de la  France   , les Français, moins aveugles que leurs dirigeants,  sentent bien que     cet objectif  est désormais hors de portée  et que donc leurs sacrifices ne serviront à rien. Hors de portée  dans les conditions actuelles , soit   avec un euro qui ,          par rapport aux prix intérieurs français, est nettement surévalué.

 

La rupture du pacte de confiance

 

Il ne  suffit pas que le président qui voudrait réformer  veuille d’abord  le bien des Français pour  que ses  projets  de réforme soient acceptées . Il faut  qu’il en donne le  sentiment ,  ce qui suppose du charisme, une empathie qui manquent singulièrement à Macron , lequel a,  à plusieurs  reprises,  laissé échapper des remarques qui montrent le mépris dans lequel il tenait  ses compatriotes. 

D’autant qu’il n’a pas  profité de la période dite d’ « état de grâce », les mois qui suivent son élection , pour entreprendre  les réformes les plus difficiles  comme celle des retraites. Celle-ci vient après le crise des gilets jaunes qui avait déjà marqué la rupture du pacte de confiance . Balladur avait su en 1993, dès son arrivée,  effectuer  une importante réforme de retraites qui , en raison du moment choisi, était passée comme une lettre à la poste.

Au  demeurant le président français  a-t-il vraiment le souci de faire des réformes utiles  ou seulement d’en   donner l’impressions à ses parrains,   à Berlin, à  Bruxelles  ou à Washington ?  Ces derniers connaissent mal les problèmes de la  France  . Depuis longtemps les gouvernements français  jouent la « comédie des réformes »,  lançant des  réformes à grand fracas  pour donner  dans ces capitales l’image d’une France qui bouge.  Cela aboutit parfois à de désastres. Un récent rapport interne à Goldman Sachs prescrivait la diminution  du nombre des communes en France en vue de diminuer les frais généraux du pays .  Or  loin de faire des économies, ce qu’on appelle l’ « intercommunalité » dont l’objectif était cette réduction, a considérablement   alourdi les coûts de la strate locale . Voilà une réforme  qui n’a guère de chances de réduire les    déficits français, au contraire. Il y en a d’autres . Mais à Bruxelles comme chez Goldman Sachs,  on  ne  connait la France qu’au travers de   quelques poncifs  dépassés [2], souvent répandus par nos compatriotes eux-mêmes  :  « La vieille France jacobine qui n’arrive pas à se réformer etc. » Le président français a d’abord le souci de  leur envoyer de la poudre  aux yeux et cela,  Macron sait faire.

Les grands réformateurs de droite,  de Gaulle , Reagan, Mme Thatcher, quelque appréciation que l’on porte sur leurs réformes,  furent des nationaux, voire de nationalistes.  Personne ne doutait qu’ils voulaient le bien de leur pays. C’est pourquoi leurs réformes furent appliquées.  

Penser  que les réformes   seraient mieux acceptées par les Français sous la botte de l’étranger, est un leurre,  comme on l’a on l’a vu aux heures sombres du XXe siècle.   Après l’Allemagne, l’Europe qui devait nous obliger à nous réformer : même illusion. Les stratèges qui , par divers subterfuges électoraux[3],  ont voulu placer, au travers de Macron,  un homme à eux à la tête de la France , susceptible  de réaliser enfin les réformes dont les Français avaient selon eux besoin ne pouvaient qu’échouer.   Moins que quiconque, Macron est à même de réformer la France comme elle doit l’être.    

 

Roland HUREAUX

 

 

 

[1]  Commentaire, n° 158, été 2017

 

[2] Les Allemands semblent nous  connaître  mieux.

[3] Entre autres par l’assassinat politique de Fillon.

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4 novembre 2021 4 04 /11 /novembre /2021 17:22

L’IMMACULEE CONCEPTION, EXEMPTION DU PECHE ORIGINEL

Paru dans la Revue Résurrection

08/12/2019

«  Et un dogme de  l’ immaculée conception par-dessus le marché ? — Mais ainsi, elle (l’Eglise) a maculé la conception. »   dit  Nietzsche [1]. Ce disant, il est probable que l’illustre philosophe confonde l’immaculée conception de Marie     et la conception virginale de Jésus. Quoique fils et deux fois petit-fils de pasteur, Nietzsche semble parfois n’avoir eu que des  idées approximatives sur  le christianisme.

Il reste que l’idée que la transmission du péché originel serait le fait de  la sexualité traine tout au long de l’histoire de l’Eglise    : venue des gnostiques, elle a  été entretenue par un certains jansénisme encore puissant au XIXe siècle et demeure répandue dans le grand public . La question  ne se pose évidemment pas pour un  auteur comme saint  Thomas d’Aquin qui ne croyait  pas  à  l’Immaculée conception.

Le Bienheureux pape Pie IX , quand il proclame le dogme dans la constitution apostolique   Ineffabilis deus du 8 décembre 1854 le définit de manière claire comme la seule exemption du péché originel :

Nous déclarons, Nous prononçons et définissons que la doctrine qui enseigne que la Bienheureuse Vierge Marie, dans le premier instant de sa Conception, a été, par une grâce et un privilège spécial du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tache du péché originel, est révélée de Dieu, et par conséquent qu'elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles [2].

Le reste de l’encyclique rappelle les précédents de cette doctrine  dans l’Eglise pour en montrer l’ancienneté et indique que la principale raison  de l’immaculée conception de Marie est qu’elle allait  devenir la mère du Sauveur.

Le pape  n’en dit pas plus sur le mode de la conception de  Marie, par une discrétion bien compréhensible face à un mystère sur lequel le Nouveau testament ne nous apprend  rien.

Mais  très tôt les auteurs de textes apocryphes s’étaient  préoccupés de compléter ces lacunes :

Le principal texte est celui du Protoévangile de Jacques ( chapitres 1 à 4) [3].

 

Joachim fut fort affligé (de ne pas avoir d’enfant ) et se rendit au désert, y planta sa tente et jeûna en disant «  Je ne descendrai ni pour manger ni pour boire jusqu’à ce que le Seigneur m’ait visité. La prière me sera nourriture et boisson »(…)

Anne était (aussi) fort affligée. Elle descendit dans son jardin pour se promener. Elle vit un laurier et s’assit dessous. Elle invoqua le Maître en disant : « Dieu de mes pères, bénis-moi et exauce ma prière , ainsi que tu as béni notre mère Sara et que tu lui as donné Isaac pour fils ».

Et voici qu’un ange du Seigneur se tint devant elle et lui dit « Anne , Anne, le Seigneur Dieu a exaucé ta prière. Tu concevras et tu enfanteras et on parlera de ta postérité dans le monde entier ».  Et Anne dit : « Aussi vrai que vit le Seigneur Dieu, si j’enfante soit un garçon soit une fille ,  je l’amènerai en offrande au Seigneur mon Dieu, et il sera à son service tous les jours de sa vie ».

Et voici que Joachim arriva avec ses troupeaux. Anne se tint aux portes de la ville et le vit arriver avec ses troupeaux. Aussitôt elle courut et se suspendit à son cou, disant : « Maintenant je sais que le Seigneur Dieu m’a grandement bénie ». Et Joachim reposa le premier jour dans sa maison.

 

Quoiqu’avec délicatesse, la fin de ce  texte laisse entendre  que la conception de Marie fut naturelle : ne fut surnaturelle que  l’exemption du péché originel , effet,  dit Pie IX,  d’ une surabondance de grâce venue s’ajouter à la nature ( et non  la guérir) .

La scène touchante   de la rencontre de Joachim  et d’Anne à la porte de Jérusalem , rencontre de deux époux qui s’aiment, a donné lieu à une riche tradition picturale dont on retiendra la fresque de Giotto à Padoue.

Deux autres apocryphes traitent de ce sujet   différemment  : l’Evangile du Pseudo-Matthieu [4] et le Livre de la nativité de Marie [5]  présentent  , eux,  une conception « à distance »  entre Joachim et Anne , annoncée à chacun par un ange.

Bien qu’ils aient popularisé les figures de Joachim et d’Anne  , inconnues par ailleurs, ces textes n’ont  en eux-mêmes aucune  autorité . Ils sont, comme tous les apocryphes,   plus tardifs que les textes canoniques . Pour le dernier évoqué, certains ne le font pas remonter plus haut que  le temps  de Charlemagne.  

 

RH

 

                              

 

 

[1] Le crépuscule des idoles , § 34)

[2] Ecrits apocryphes chrétiens, tome 1, La Pléiade , pages 82-85

[3] Ineffabilis deus  § 3 .

[4] Ecrits apocryphes chrétiens, tome 1, La Pléiade , pages 119-123

 

[5] Ecrits apocryphes chrétiens, tome 1, La Pléiade , pages 151-155

 

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