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Roland HUREAUX

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 20:47

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/L-avortement-entre-l-ideologie-et-le-reel

 

La campagne pour retirer le droit à l’objection de conscience des médecins, la proposition d’inscrire le droit à l‘avortement dans la constitution ou encore les débats sur la nomination du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême montrent , s’il en était besoin,  que la question   l’avortement provoqué n’est pas close. Une question où l’enjeu idéologique occulte largement la réalité vécue  par les premières concernées.

 

Une jeune femme qui se trouve enceinte confrontée aux pressions de son employeur ou de son chef de service qui lui laissent entendre ou font dire qu'encore un congé de maternité, ce n'est plus supportable pour l'entreprise :  gare au prochain "plan social".

Une autre menacée par son compagnon que la paternité affole    d'être plaquée si elle garde l'enfant.

Une troisième, lycéenne mineure que ses parents veulent à toute force faire avorter :  "Tu es trop jeune pour te charger d’enfant. Ce n'est pas raisonnable". Tout le monde lui dit qu'elle risque de gâcher ses études et donc son avenir.  Les professeurs, au moins ceux qui sont au courant, aussi.   Elle n'avait d'ailleurs pas osé au départ avouer sa grossesse.

Ces pauvres femmes se retrouvent seules ; elles ne savent, face à tous ces gens qui les poussent à avorter, à qui se confier.  Les collègues de bureau sont de l'avis de tout le monde, à l'hôpital on ne "juge" pas et donc on ne fait rien pour la dissuader, au contraire. Heureusement la lycéenne   a quelques copines de classe, secrètement admiratives de   sa promotion de fille en femme, pour comprendre son désir de garder l'enfant. Mais feront-elles le poids ?  

Ces cas ne sont pas isolés. Tous ceux qui connaissent la "vrai vie" savent qu’ils sont très répandus, probablement majoritaires.

Le drame des avortements sous pression laisse parfois des traces, intermittentes, dans la rubrique des faits divers. Il y a quelques années, du côté de Bordeaux, un   adolescente était allé voir un avocat pour attaquer en justice ses parents qui l'avaient forcée à avorter. En Bretagne, le petit ami de la fille assassine ses beaux-parents après l'avortement auquel ils l'avaient contrainte et qui avait entraîné leur rupture[1].

N'y a-t-il pas là une bonne cause à défendre pour les associations féministes ?  Ces femmes subissent dans ce qu’elles ont de plus intime des pressions extérieures qui constituent une forme de violence. Des pressions qui, pour la plupart, viennent d’hommes, d'hommes qui, en la circonstance, refusent d'assumer leur rôle de père et   font la preuve de leur lâcheté, n'illustrant ainsi que trop bien une certaine imagerie féministe.  

Ceux qui exercent ces pressions sont presque tous en position hiérarchique : les parents, l'employeur, le médecin, on n’ose plus dire le chef de famille.

 

La Barbe et ivg.net, même combat ?

 

A quand donc l'union sacrée de La Barbe ou des Tumultueuses avec   IVG.net ?

Ce serait possible si les réalités avaient encore une place en politique. Hélas les idéologies on tout envahi.

Loin de défendre les femmes victimes de ces pressions bien réelles, bien plus réelles aujourd’hui que les inhibitions ou interdits qui viendraient de la vieille morale (un fantôme évanoui depuis longtemps), les mouvements féministes ont obtenu du  gouvernement pour qu'il   confère un caractère délictueux aux publications des sites qui tenteraient de donner aux femmes des raisons pour résister à ces pressions. En les informant par exemple à la fois des risques de l'avortement, bien réels eux aussi, et des solutions alternatives (accouchement sous X par exemple). Le délit   d'entrave à l'IVG   instauré à la sauvette en 1992 a été étendu "en urgence" en décembre 2016 aux sites, principalement catholiques, dédiés aux femmes qui s’interrogent. Parlons d'une urgence !

Les pressions que nous évoquons sont d’une légalité douteuse, mais comme elles ne sont jamais sanctionnées, personne ne se gêne pour les exercer. Inciter la femme qui hésite à résister à ces pressions est au contraire puni très sévèrement par la loi. Pire : avec la nouvelle loi  , une femme pour qui l’avortement aura été une expérience douloureuse (et il y en a tant !)    n’a  même pas   le droit de s'exprimer publiquement, par exemple sur Youtube. Elle doit garder sa souffrance pour elle.

La douleur est censurée comme a été censurée par le CSA, puis par le Conseil d'Etat la joie d'une mère qui avait gardé son enfant trisomique.

Car ce n'est pas le réel qui compte, c'est l’idéologie ; ce ne sont pas les souffrances des femmes soumises à des pressions de leur entourage, c'est la symbolique, une symbolique figée, schématique : plus d’avortements, de gauche ; moins d’avortements, de droite et même très politiquement incorrect:  la Marche pour la vie est plus compromettante qu'une manifestation néo-nazie.

On peut aussi bien dire : pour la méthode globale, de gauche ; pour les méthodes classiques :  de droite. Pour Castro, de gauche, pour Poutine, de droite etc.  Tout aujourd’hui n’est plus que symbole.

 

Un champ symbolique simplifié

 

Cette sémiologie simplifiée à l’extrême a envahi tout le champ politique   au point d'interdire non seulement le débat, mais le réel.

La victime de la dégénérescence idéologique, c’est en effet le réel. Le réel qui se trouve forclos (verwerft), selon l'expression de Jacques Lacan, comme le sont   les souffrances de femmes ayant été contraintes à avorter - une souffrance si   politiquement incorrecte que non seulement elle ne doit pas s'exprimer mais que, pire, elle n’est pas supposée exister.  

Les opposants à l'avortement ne sont pas exempts non plus de ce déni du réel :  quand fut abrogée l'obligation de l'autorisation parentale, ils poussèrent des hauts cris, ignorant apparemment que dans la majorité des cas, ce sont les parents qui poussent leurs filles mineures à avorter et elles qui résistent.  

En ce domaine, comme dans d’autres, c’est le réel qui se trouve perdant à ce jeu absurde.

L 'autre nom de l'idéologie est l’absurdité. Mais par derrière, beaucoup de souffrances comme celles que nous évoquions au début de cet article. 

Les féministes se mettront-elles à défendre les femmes vraiment en détresse ? Les changements de pied sont déjà arrivés en politique : la défense des langues régionales était cataloguée autrefois à l'extrême droite :  Mistral était un ami de Maurras. Quand l'auteur de cet article s'était    pointé il y a quelques années à un gala de poésie occitane, il fut pris à partie   par des écolos barbus selon qui, étant de droite, il n’avait rien à faire là !  

L’homosexualité était au temps de Proust associée à une vieille aristocratie décadente et réactionnaire. Encore en mai 68, qui s'en souvient ?  les homosexuels ou ceux qui en avaient l’air étaient catalogués à droite : ils étaient tenus pour des « esthètes », amateurs d'une culture raffinée donc bourgeoise. Les groupuscules de gauche (PC) ou gauchistes (Ligue communiste, UJCML etc.) cultivaient au contraire un style macho, à l’imitation de l'idée qu’ils se faisaient de la virilité ouvrière genre Stakhanov. Comme on voit, les choses ont bien changé. Tout est donc possible.

 

                                                Roland HUREAUX

 

 

[1] Ces faits, déjà anciens, ont été mentionnés le premier dans Marianne, le second dans Ouest-France.  

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 20:45

Aussi bien dans les sphères gouvernementales que chez certains Gilets jaunes,   se répand l’idée que la crise  sociale en cours et le grand débat national pourraient  déboucher sur une large réforme des institutions . Parmi les manifestants , s’est répandu  le  mot d’ordre du référendum d’initiative citoyenne  (RIC) , porteur de tous les espoirs.   

Cela nous parait une dangereuse illusion.

Il est évident par exemple que le retour à la proportionnelle ou la simple introduction d’une dose de proportionnelle  dans les élections législatives non seulement ne serait pas une solution à la crise mais  nous éloignerait  au contraire de toute solution.

Pour le général de Gaulle ,  que les institutions  soient bonnes  ou mauvaises, si les hommes étaient mauvais -  incompétents , corrompus ou   mal intentionnés - , la politique menée  serait de toutes les façons mauvaise.   Mais si les hommes appelés à diriger  le pays étaient  bons,  il ne  fallait pas  alors  que les mécanismes institutionnels  les empêchent d’agir avec détermination et efficacité . Dans le cadre où elles  ont    fonctionné  jusqu’ici,  grâce en particulier au droit de dissolution et   au scrutin majoritaire , les présidents qui voulaient faire des  réformes  de rupture,  De Gaulle lui-même,  puis Mitterrand,  ont  pu les faire. Que certains présidents aient été animés de mauvaises idées ou encore qu’ils  n’aient pas voulu user de leurs pouvoirs est une autre affaire : ils n’auraient pas fait mieux sous un autre régime. Sans doute les entraves à l’action du gouvernement  ont-elles été  multipliées depuis plusieurs décennies  au point d’altérer les vertus primitives de la Ve République  :   extension des pouvoirs du conseil constitutionnel,   élargissement de la possibilité de saisine,   quasi-suppression du vote bloqué,  mais l’essentiel demeure : un président assis sur une forte  majorité peut encore  agir.

Tel ne serait  plus le  cas si la proportionnelle était  réintroduite. Elle rend, on le sait, difficile la constitution de majorités. Elle ouvrirait la porte aux combinaisons de partis , aux compromis qui rendraient impossible  de prendre à bras le corps  les  problèmes graves ressentis par  les Français.   Tout inclinerait les partis à se mettre d’accord sur les propositions de la technocratie, française ou européenne,  qui sont précisément celles que, depuis longtemps, les  Français rejettent .

La solution des  problèmes passe au contraire par une action gouvernementale résolue qui implique  le maintien des institutions actuelles. Nul doute en effet que pour résoudre la crise que traverse le pays ,  il faudra  opérer en de  multiples matières, économie,  justice, éducation , gestion migratoire, des réformes profondes, mais pas toujours politiquement correctes et , dans bien des domaines, en rupture avec la culture dominante dans les principales  administrations.   

S’il est vrai que beaucoup de partis, Rassemblement national en tête,  revendiquent  la proportionnelle ,  n’est-ce pas le  signe qu’ils ne se préparent pas sérieusement à exercer le pouvoir  - ou en tous les cas à  changer en profondeur le pays ?    

La réduction  du nombre de parlementaires, comme la proportionnelle , affaiblirait la strate politique face à l’administration.   Elle était  déjà  dans le programme de Macron  qui avait, lui aussi, joué  sur le rejet  des politiques qui s’exprime dans le mouvement des Gilets jaunes.   

 

Et le référendum d’initiative citoyenne ?

 

Quant  au fameux référendum définitive citoyenne ,  ceux qui le demandent avec tant d’insistance n’ont aucune chance de l’obtenir : tout au plus leur concèdera-ton un simulacre  limité par de nombreux verrous   ou excluant  les sujets les plus litigieux :  Europe, immigration, fiscalité .

Pourquoi ? Parce que le problème bien réel de  communication qui se pose aujourd’hui  entre  le gouvernement et la population  ne relève  nullement des  institutions.  Il tient aux présupposés idéologiques du pouvoir en place lequel tient pour des acquis définitifs  toute une série de principes : le maintien de l’euro  et donc la règle d’équilibre  budgétaire qui en découle , la  transition énergétique, la priorité au développement des métropoles  et d’autres qui , combinés, ne lui laissent  que très peu de marge de manœuvre et donc de capacité de dialogue. Un pouvoir aussi corseté  ne se risquera jamais  à  mettre en  danger ces principes par la démocratie directe.

Et si tel n’était pas le cas , si un gouvernement, celui-là ou un autre, se libérait par on ne sait quel miracle – ou quelle révolution ( comme celle dont Gorbatchev prit l’initiative ),  on pourrait certes  instaurer un RIC,  mais serait-il   encore utile ? Un gouvernement  libéré de tous les a priori idéologiques , qui n’aurait d’autre ligne de conduite que la défense de l’intérêt  national,   pourrait bien plus facilement , avec ou sans référendum,   ouvrir un vrai dialogue avec la population et ainsi  satisfaire,  au moins en partie,  les  revendications des  gilets jaunes . Il   retrouverait  ainsi sans difficulté   les voies  de la confiance.

La principale revendication des gilets jaunes est économique : une rattrapage  du pouvoir d’achat , un abaissement des impôts pour ceux qui en payent, une plus grande justice dans la distribution de richesses : il est clair que cela relève de la politique   classique et  non point  de changements  institutionnels, qui, en l’état, ne sauraient être que des leurres.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 20:44

 

https://www.ndf.fr/politique/31-12-2018/la-desastreuse-politique-etrangere-demmanuel-macron/

 

Beaucoup  craignent que  le mouvement   des Gilets jaunes ne porte atteinte à l’image de la  France dans le monde  dont on suppose que le president Macron l’a  relevée avec brio.

Ce serait oublier que cette  image n’était  déjà pas très  brillante . Avant même cette révolte, la  politique  étrangère de Macron  s’était  avérée déplorable.

Pour commencer, il s’est mis à dos  trois grands partenaires : les Etats-Unis, la Russie , la Grande-Bretagne et un nombre important d’autres  pays en Europe et dans le monde.

Le président Trump ne peut pas ne  pas considérer avec méfiance un président notoirement  proche des réseaux  Obama– Clinton qui lui font une guerre de tous les instants . Macron  en partage les principaux présupposés : mondialisme, bienfaits de l’ immigration, attitude entièrement positive pour l’UE et l’  OTAN, orientations libertaires  ( auxquelles Trump,  qui n’est certes pas  un moraliste patenté,  a cependant mis fin par ses  nominations la Cour suprême). La visite du jeune président à Washington au printemps 2018, ignorée  de la  presse américaine comme un événement insignifiant,  avait été célébrée comme un grand succès par une  presse française complaisante . La désinvolture  de Trump  l‘égard du president français  était pourtant visible. Ayant déclaré  avoir  convaincu Trump de  maintenir ses forces  en Syrie, il s’est attitré un démenti cinglant. 

Malgré quelques ronds de jambes ,  Macron n’est pas très   pris  au sérieux non plus  par  Poutine dont il ne partage  aucune des convictions. Alors que  Fillon avait laissé espérer la levée des sanctions frappant la Russie, Macron n’a même pas esquissé un geste dans ce  sens. En Syrie, la volonté de   Macron de maintenir une présence de  l’OTAN et donc de prolonger l’état de guerre exaspérerait sans doute Poutine si le président français  qui veut  y  prendre la relève des Etats-Unis avait le moyens de le faire de manière significative. Mais l’hostilité est là  : encore plus que leurs  prédécesseurs , Macron et Le Drian s’en tiennent à une rhétorique anti-Assad et donc antirusse. C’est en vain que notre pays  tente d’être admis au processus de paix d’Astana que pilotent les Russes :  malgré d’assez bonnes relations avec Israël, la France de Macron ,  en raison des fautes de ses prédécesseurs et des siennes propres, pèse désormais peu au Proche-Orient.  Qui ne voit au demeurant que les options  du président russe,   fondées sur l’affirmation nationale , les valeurs morales et religieuses sont exactement inverses de  celles de Macron ?

La France, au travers du commissaire Barnier, en  pleine communauté de vue  avec le président français n’a cessé  de  mettre des  bâtons dans les roues  à la négociation du Brexit.  On doute que les Britanniques  nous en soient reconnaissants.

 

Faire l’Europe contre les Européens

 

Macron a  de grandes ambitions pour l’unité de l’Europe , mais il a commencé par se mettre à dos tous  ceux qui  ne les partagent pas, le groupe de Visegrad, l’Autriche, l’Italie , moins par ces divergences elles-mêmes que par son arrogance et ses  propos offensants. Etait-il nécessaire de les invectiver  du haut d’un  moralisme d’autant plus hypocrite que la France  n’a pas plus qu’eux,  voulu accueillir l’Aquarius ?  Les l’initiatives de Macron en Libye, justifiées dans leur principe, ne pouvaient qu’échouer dès lors  qu’il a voulu court-circuiter l’Italie  l’ancienne puissance coloniale. Un Européen cultivé connait la susceptibilité ancestrale de nos voisins transalpins à l’égard de la France ; Macron est un Européen mais pas cultivé. 

Sur le continent   africain, le nouveau president dont des  proches ont affirmé que le mot francophonie lui fait horreur, cache mal son indifférence. Son discours de Ouagadougou était presque aussi maladroit que celui de Sarkozy à Dakar . Les deux avaient  en commun   une ignorance abyssale des réalités de ce continent  , et une fascination qu’ on ne peut que juger malsaine  pour  Paul Kagame , président du Rwanda qui  est non seulement   responsable de plusieurs millions de morts  (dix fois plus environ que le  premier génocide auquel il se targue d’avoir mis fin )  , mais de plus  insulte la France et l’armée française à jet continu depuis 25 ans.  Qu’ont  pensé les Africains  en voyant Macron faire une campagne active pour que la candidate de    ce dictateur sanguinaire antifrançais soit portée à la tête  de la francophonie ? « Poignez vilain , il vous oindra » : suffit-il  de donner des coups  de pied au derrière de  la France pour qu’elle s’aplatisse ?  Autre leçon : les  grands discours  des Occidentaux sur les droits de l’homme en Afrique  sont totalement hypocrites. La  communauté congolaise de Paris , elle,  a été furieuse.   La France a abandonné la Centrafrique . La Russie  s’y installe  à sa place : on s’en étonne à l’Elysée  et on multiplie les contorsions pour revenir , non sans  quelques maladresses de Mme  Parly.

Le cas Kagame n’est pas un cas isolé. Tout se passe comme si Macron  se trouvait   des affinités  avec les ennemis de la  France et au contraire détestait les   amis traditionnels de notre pays :  Russie, Pologne, Chrétiens d’Orient ( qui ne demandent  que le retour de  la paix en Syrie) .

Comme la haine de soi  ( ou du pays que l’ on incarne) est un sentiment  ignoré hors de l’Europe occidentale, Macron qui ne manque aucune occasion de dénigrer les Français dans les pays étrangers y  apparait comme un extraterrestre. Dans la jungle internationale, ceux qui ne  défendent pas bec et ongles leurs intérêts nationaux  sont  méprisés.  Qu’en est-il de l’opinion des  Chinois qu’il est allé voir ? On craint de le savoir. 

 

Idéologie et haine de soi

 

Une des formes de la haine de soi est l’idéologie. Celle de Macron est assez claire : la priorité n’est pas pour lui de défendre  les  intérêts de son pays , comme  il en a reçu le mandat,  mais de promouvoir  la religion européenne , selon une conception supranationale qui , à l’heure du Brexit et du retour des nations,  apparait singulièrement déphasée . C’est de là que découle  sa complaisance pour la proposition  extravagante  que la France cède à l’Europe son droit de véto au Conseil de sécurité.  Il enrage contre les pays et contre les  peuples qui , de plus en plus nombreux,  ne  veulent plus de cette Europe-là . Les idéologues ayant l’injure facile,  ce refus est tenu  par lui pour  une « lèpre ».

Il tente de  mettre l’Allemagne dans son jeu. Elle est le le seul pays avec lequel il n’ait  pas de sérieuses difficultés, ce qui est assez facile dès lors que  , comme avant lui  Hollande, il  s’aligne sur la chancelière sur presque tous les dossiers . Parti supplier les Allemands  de se rallier à son projet d’Europe supranationale , il a reçu une standing ovation au Bundestag.   Mais ignorant tout de l’histoire  et du caractère allemand,  il ne mesure sûrement pas l’art de «  finasser » ( finassieren) de nos amis d’outre-Rhin toujours prompts à appuyer les  idées généreuses   ( la paix au  temps de Stresemann, l’Europe aujourd’hui) mais n’oubliant jamais   de  soustraire discrètement les marrons tirés  du feu.  Les Allemands , à qui toute idée de solidarité   financière fait horreur,   profiteront  sans doute de la bonne volonté du president français pour, sous couvert d’Europe de la défense, reconstituer à notre détriment,   avec  l’accord désolant de Macron,  leur potentiel   dans l’industrie  d’armement : déjà le futur char européen, peut-être bientôt les constructions navales, en attendant les avions de chasse et l’arme nucléaire.

Il reste que la vision que Macron a exposée au Bundestag : un bloc continental ouest européen  dominé par l’Allemagne ( il ne ne l’a pas dit mais cela va de soi) avec une armée européenne, antagoniste de la  Russie ( cela,  il l’a dit ) mais aussi des Etats-Unis et de la  Grande Bretagne, poussant même  jusqu’à  l’Ukraine, ne peut que rappeler de mauvais souvenirs , même si elle a peu de chances de se réaliser !

En politique internationale comme dans les  rapport  entre les personnes, il faut « aimer son prochain comme soi-même » .  Si Macron voulait  que la France soit aimée  et respectée dans le monde, il faudrait  qu’ il commence par l’aimer et la respecter  lui-même. 

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 20:42

Même s’ils ne s’en rendent pas compte…

LE TRAITE FRANCO-ALLEMAND D’AIX-LA-CHAPELLE EST UN PIED DE NEZ AUX GILETS JAUNES

 

https://www.bvoltaire.fr/le-traite-franco-allemand-daix-la-chapelle-est-un-pied-de-nez-aux-gilets-jaunes/

 

Intervenant  immédiatement  après le lancement  du grand débat national, le traité franco-allemand d’Aix-la-Chapelle signé par Emmanuel Macron et Angela Merkel  le 22 janvier 2019 , montre  , s’il en était besoin,  que ce grand débat n’est qu’une mascarade. Il révèle au grand  jour que le  président   français n’a l’intention de rien céder sur ses positions essentielles.   

La principale  est   la volonté de construire coûte que coûte une Europe supranationale à laquelle ce traité , passé  avec la seule Allemagne, donnerait l’impulsion.

Depuis sa mise en place en 2000 , l’euro  se trouve au cœur de la relation franco-allemande . Or il   est, de l’avis des meilleurs  experts,  dont  presque tous les prix Nobel d’économie [1] , la principale cause de  la  stagnation de l’économie française,  laquelle  a entrainé une stagnation voire le  recul du pouvoir d’achat. Précisément ce qui a causé l’exaspération des Gilets jaunes.

Cette stagnation contraste avec la prospérité allemande .  De 2000 à 2018, la production industrielle allemande a progressé de  42 % , celle de la France a  reculé de 3 %, celle de l’Italie de 15 %, celle de l’Espagne de 16 % ( alors que  leur évolution avait été jusque-là parallèle) . La balance du commerce de l’Allemagne affiche   aujourd’hui un  surplus  de 248  milliards d’euros, celle de la France   un déficit   de 67 milliards.

On peut débattre  pour savoir si , dans son principe,   une monnaie unique  pouvait réussir.   En tous les cas,  elle a entrainé un déséquilibre  grandissant entre  la France et l’Allemagne. Cela dès le départ : les Allemands ont mis au pot un mark à prix réduit , ce qui a  fait baisser le coût de   leur produits, tandis que les Français, la vanité et l’ignorance économique de leurs  dirigeants aidant, ont mis au pot un   franc  surévalué, ce qui renchérit leurs   produits. S’y ajoute la réforme économique du chancelier  Schröder opérée d’entrée et sans concertation, tendant à réduire encore les  coûts allemands afin  d’assurer un avantage décisif à l‘Allemagne.    Si la France avait eu la même croissance que l’Allemagne, comme elle l’avait eue  de 1950 à 2000, elle aurait 40 % de production industrielle en plus , soit 40 % de pouvoir d’achat, précisément  ce qui manque aux Gilets jaunes pour boucler leurs  fins de mois.

La  seule   solution   est un changement de parité  monétaire entre les deux  pays , ce qui suppose l’éclatement de la zone euro, lequel se produira un jour ou l’autre de toutes façons. Faute qu’on s’y résolve ,  les usines françaises ferment les unes après  les autres et les éleveurs se suicident .

Changer la parité monétaire n’a rien de déshonorant . Le cours d’une monnaie est le prix moyen auquel se vendent les   produits d’un pays . Dévaluer, ce n’est  que  faire une grande braderie, pour relancer les ventes et, en amont , la production.

La récession française entraine un  cercle vicieux   : le chômage augmente, du coup les dépenses sociales  aussi, la base fiscale rétrécit, les impôts augmentent.   Cette augmentation des impôts et des charges empêche la relance . Le système Macron se bloque. Ceux  qui attendent le retour de la prospérité d’ une monnaie forte, c’est-à-dire en vendant cher,  ne comprennent rien.

C’est le cas du président Macron. Définitivement accroché à l’euro,  il  n’a aucune « bille » à concéder.  Signer un    traité franco-allemand la semaine où il  lance le débat constitue  un pied de nez aux Gilets jaunes.

 

Roland HUREAUX

 

 

[1] Le seul Prix Nobel français en vie, Jean Tirole se dit favorable à l‘euro ( à la différence de son prédécesseur décédé, Maurice Allais) mais à condition que l’Allemagne  subventionne les pays en retard. Autant rêver.

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 20:41

 

https://www.atlantico.fr/decryptage/3575153/il-y-a-quatre-vingts-ans-le-iiieme-reich-lancait-l-operation-aktion-t4-destinee-a-eliminer-les-handicapes-physiques-et-mentaux-roland-hureaux

 

http://libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Il-y-a-80-ans-debutait-l-operation-Aktion-T4

 

https://www.ndf.fr/histoire-de-comprendre/26-06-2019/il-y-a-80-ans-debutait-loperation-aktion-t4/

 

C’est à  l’été 1939 , il y a quatre-vingt ans presque jour pour jour , qu’a été mis en place par le IIIe Reich le dispositif Aktion T4  destiné à éliminer les handicapés physiques et mentaux d’Allemagne. 

Si le début officiel de l’opération est le 1er septembre,  au commencement de la guerre, la décision avait  été prise antérieurement  et il est vraisemblable que son exécution a été préparée tout au long  de l’été . L’opération,  pilotée par la Chancellerie,  a reçu le nom de code  T 4 parce que l’  administration dédiée   a été installée dans une villa confisquée à une famille juive au 4 de la Tiergartenstrasse  (rue du Jardin des Plantes) , une des avenues les plus huppées de Berlin.  

C’est là que fut recrutée   une équipe  restreinte  dirigée par Philip Bouhler,    destinée à réaliser  cette élimination,  en liaison  étroite avec le Dr Karl Brandt, médecin personnel du führer[1].

Dès avant son accession au pouvoir  , Hitler avait ce projet   en tête. Il découlait de son     idéologie  préconisant l’élimination des  faibles et des tarés, à la  fois pour améliorer la race et  pour  débarrasser le pays de la charge des  improductifs. Il ne fallait   pas trembler pour  le faire  car, selon lui,  le monde appartenait  aux forts  aptes à surmonter les sentiments de  pitié . Cela n’a cependant pas empêché  Hitler de  déclarer   que l’opération  visait à infliger  « une mort miséricordieuse »   à des gens dont la   vie  ne valait pas la peine d’être vécue. Entre les deux-guerres, l’idée d’une élimination des tarés,  portée par la philosophie de Nietzsche[2], était déjà   dans l’air du temps , non  seulement  en Allemagne mais aussi dans le monde anglo-saxon.

Dès 1933, les nazis avaient pris des  mesures d ’ « hygiène raciale »   : stérilisation obligatoire des porteurs de  maladies héréditaires,   légalisation de  l’avortement dans le cas où un de parents en serait affligé .  Mais pour des raisons politiques,  Hitler  préféra  attendre la guerre pour aller plus loin tout en préparant les esprits par une propagande insistant sur le coût social des handicapés  . A partir de 1938, la même  propagande  prétendit  que  des parents de handicapés de plus  en plus  nombreux écrivaient pour demander leur élimination.

 

Dans le plus grand secret

 

La difficulté à surmonter  était la résistance prévisible des familles et des Eglises . Tout se fit donc  dans le secret. Si l’opération débuta avec la guerre de  Pologne , c’est que le  régime espérait que le bruit médiatique lié à la déclaration de guerre la couvrirait.

On commença  par les enfants : dès le 18 aout , une circulaire imposa  au médecins et sages-femmes de déclarer ceux qui  naissaient handicapés. Les parents étaient  informés de leur  transfert  dans des unités  dispensant des soins spécialisés ; ils   devaient signer une autorisation   . L’opération fut  très vite  étendue aux adultes : furent  particulièrement visés les psychopathes, les alcooliques, les infirmes, les faibles d’esprit,  les incurables.  L’inaptitude au travail était   le  critère déterminant.

L’opération  se fit hors des  hôpitaux psychiatriques,  dans six centres spécialisés , dont  des châteaux isolés,   répartis sur tout  le territoire. Les malades y  étaient amenés dans des autobus gris aux vitres  opaques   de la  société d’Etat Gekrat. Ignorant leur destination, les familles  recevaient  plus tard un faire-part de  décès pour cause d’épidémie et quelquefois une urne funéraire.   

La  majorité du corps médical  était au  courant  comme l’a montré le procès des médecins qui s’est tenu à Nuremberg en 1948. Après avoir essayé les piqures de  morphine ou scopolamine, l’administration du T4  jugea plus expéditif le recours au   monoxyde de carbone  , suivi d’une crémation.

On estime que,  pendant les deux années ( août 1939-août 1941  ) où  elle se déroula,  l’opération fit environ 75 000 victimes. Mais l’élimination des malades mentaux ou enfants  handicapés se poursuivit hors de l’opération T4 ,  dépassant au total   les  100 000 victimes.   

Le secret presque absolu dans lequel elle fut menée   fit que les réactions furent lentes. D’autant qu’en régime totalitaire, les   familles sont isolées les unes des autres et sous surveillance policière. Quand la chose filtra, des pasteurs protestants et de prêtres catholiques  écrivirent à la Chancellerie . La  protestation la plus spectaculaire  fut celle de Mgr Clemens-August  von Galen,  évêque de Munster qui, à l’été 1941,  saisit la justice  et  interpella  avec véhémence le gouvernement  du haut de sa chaire.  Que l’opération ait cessé peu après   est-il l’effet  de cette interpellation ou cette phase de l’opération était-elle  terminée ? Toujours est-il que l’évêque fit mis au secret et plusieurs de ses prêtres déportés .

Une autre raison de mettre  fin à l’ opération, était  qu’à  l’automne 1941, après l’invasion de la Russie, commençait  l’élimination  des juifs, d’abord par balle dans les terres  occupées de l’ Union soviétique puis,  de manière plus « scientifique »,  dans des camps. L’Aktion  T4 aura  servi en quelque sorte de  terrain d’expérimentation  à  cette autre opération,  prévue elle aussi  depuis longtemps. Le personnel qui avait été recruté pour éliminer  les  malades  mentaux  fut  en partie  transféré dans les  camps d’extermination.    

 

Roland HUREAUX

 

 

  

 

[1] Condamné à mort à Nüremberg ; Bouhler s’est suicidé  en prison.

[2] Le philosophe a à plusieurs  reprises  recommandé l’élimination des  tarés.

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 20:40

https://www.bvoltaire.fr/macron-et-le-venezuela/

 

Il semble que le président Macron  ait un tropisme particulier  qui le rattache au Venezuela.

Il s’est dépêché,  comme dix-neuf  pays de l’Union européenne,  de reconnaitre le pouvoir insurrectionnel du  président de l’Assemblée nationale, Juan Guaido . Il tente même d’en rajouter par des tweets controversés. Quoi que l’on pense de l’exercice de pouvoir par le président  Maduro, cette prise de position bruyante de Macron constitue une ingérence dans les affaires d’un pays souverain, interdite par l’article  2-7  de la Charte des Nations-Unies.

Dans ce genre de circonstance périlleuse, ce pays étant au bord de la guerre  civile, une certaine  retenue nous eut paru  préférable.

En  d’autres temps, la France aurait pris une position plus nuancée  lui permettant, le cas échéant,  de proposer sa médiation.  Nous en sommes loin : la président de la République  s’aligne, une fois de plus, sans nuances sur celle  des Etats-Unis , à  la manoeuvre pour reprendre  le contrôle d’un pays stratégique qui dispose des premières réserves   pétrolières du monde. Servilité  ou  réflexe pavlovien d’assujettissement ? Comme on le dit plus en plus,  dans la sphère internationale, la voix de la France est   devenue la  voix de son maitre. Mais qui écoute encore  le président Macron ?

Encore le Venezuela : quand Macron était ministre  des finances , il exerça une forte  pression  en faveur de la vente  de la division Energie d’Alstom par Généal Electric ;  ainsi que  cela fut rappelé dans les auditions devant la commission d’enquête de  l’Assemblée nationale, alors que beaucoup étaient réticents   devant  cette cession qui devait mettre fin à l’indépendance énergétique de la France   et particulièrement à la pleine maîtrise de notre filière nucléaire civile et  militaire, le jeune ministre  emportait la conviction,    reléguant aux orties toute idée de politique industrielle,  par cet argument qui se voulait frappent  : « la France n’est pas le Venezuela ».

Défendre  ses intérêts , avoir une pensée stratégique sur  le devenir de son  économie, spécialement  de ses industries liées à la défense,  serait pour Macron  le propre du Venezuela ( celui de Chavez et de Maduro ) , comme si les Etats-Unis et toutes les  grandes  puissances d’Europe et d’Asie n’avaient pas le souci  de préserver leur  industrie , spécialement leurs industries stratégiques.  Le malheur est que cet argument débile a  emporté la conviction. 

A supposer que Francesco Maduro défende l’intérêt national du Venezuelas ( ce dont on peut douter )  ,  ce serait là, dans la vison de Macron le crime suprême. Cette algarade  lamentable nous fait toucher du doigt ce qu’on reproche au Venezuela de Maduro :  non point de mal se gouverner, mais de vouloir rester indépendant, de vouloir  défendre ses intérêts , voire  d’exister. Avec Macron , c’est un reproche qu’on ne risque pas de faire à la France.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 20:37

L’Europe n’est pas le seul continent qui ne renouvelle plus sa population : l’Asie et l’Amérique n’en sont pas loin. Seule l’Afrique maintient un taux de fécondité très supérieur à ce qui est nécessaire à la perpétuation  des générations : 4,5 ( 4,9 au sud du Sahara)  , en baisse certes depuis trente ans où il était à 7 mais suffisant pour alimenter une forte croissance démographique pour encore trente ou quarante ans.

L’Europe est cependant le continent qui a montré la voie de la baisse , sans retour à ce jour, de la  fécondité , passant dès les années soixante-dix au-dessous du seuil de 2,1 enfant par femme, tenu pour le minimum assurant le renouvellement à l’identique des générations. 

L’Europe  est aussi le continent où se  trouvent   les pays les plus touchés par la  dénatalité: Espagne 1,3 , Roumanie : 1,2 (2017) – avec le  Japon  et une partie du  Sud-Est asiatique.  

Il n’en avait pas toujours  été ainsi : du XVIIe au milieu du XXe siècle la population de l’Europe avait cru plus que celle du reste du monde, moins par  la natalité, déjà en diminution lente ( dès le XVIIIe siècle en France ) , que par la baisse progressive de la mortalité due à une moins mauvaise alimentation, mortalité qui reste alors très élevée  dans  le reste du monde.

Depuis le milieu du XXe siècle au contraire , le reste du monde ,  appelé le Tiers monde au temps de la  guerre froide,  connait une soudaine explosion démographique qui connait son maximum vers 1970 et ralentit ensuite peu à peu jusqu’à  la situation actuelle. Elle s’explique essentiellement par la soudaine baisse de la mortalité due aux progrès  de la médecine et à leur diffusion très rapide dans les colonies à partir de 1945.

L’ Europe , dont une partie des  pays a  connu un  baby-boom dans  l’après-guerre , qui a surtout touché   les vainqueurs de la deuxième guerre mondiale ainsi que  les Etats-Unis et le Canada, voit sa fécondité globale baisser partout à partir de 1964 et passer au-dessous du seuil de reproduction  dans les  années 1970 . Le passage au-dessous du seuil a eu lieu en 1968 pour la Suède, 1969 pour l’Allemagne de l’Ouest, 1973 pour Royaume-Uni, 1974 pour la France et l’Italie.

Ces années coïncident avec le début des méthodes chimiques de contrôle des naissances, mais il faut  savoir que les taux de fécondité étaient déjà  tombés très bas dans les années trente sans elles. Intervient aussi un peu plus tard en Europe  la légalisation de l’avortement.

L’effet de ces évolutions : après avoir vu sa  population prendre une place de plus en plus grande dans le monde  du XVIe au XXe siècle,   l’Europe voit au contraire son poids relatif  diminuer  depuis lors inexorablement comme le montre le tableau suivant :

Population de l’Europe (Russie incluse) :   % du total  mondial :

 

1000 : 14 %

1400 : 17 %

1650 : 22 %

1900 : 27 %

1950 : 22 %

1960 : 20 %

2005 : 11,3 %

2015 : 10  %

2050 :   7 %   (prévision)

 

10 % en  2015 représentent 738 442 000 habitants pour une population mondiale de 7 349 472 000.

La divergence de  ces  évolutions est  particulièrement marquée entre deux continents qui se trouvent sur la même longitude, l’Europe et l’Afrique. La population de l’Afrique était nettement  inférieure à celle de l’Europe vers 1950 (rapport 0,4/1 , soit 223 millions d’Africains pour 549 millions d’Européens) . Elles s’égalisent  vers 1980. Aujourd’hui, le rapport est de 1,6 /1 ; il devrait passer vers  3,4 à 4 /1 en 2050. Soit pour une population européenne en légère baisse autour de  730 000 000 , Russie comprise, une population africaine de 2,5 à 3 milliards. Encore faut-il préciser qu’une partie des Européens de  2050 seront , dans des proportions à déterminer, des  immigrés ou descendants d’immigrés d’autres continents. La population de l’Asie et de l’Asie sera, comme celle de l’Europe,  stable ou en légère baisse.

La densité de l’Europe ( UE seule, donc sans la Russie : 114 habitants au km 2) demeure aujourd’hui  nettement supérieure à celle de l’Afrique : 40 h au km2 , 60 h sans le Sahara, laquelle est encore inférieure à la moyenne mondiale.

Au sein de l’Europe, il convient de distinguer différentes zones :

  1. L’Europe du Nord et du Nord-Ouest (France, Grande-Bretagne, Bénélux, pays scandinaves),  quoiqu’ en avance dans la promotion de la femme, maintient un niveau de fécondité insuffisant  pour se renouveler mais supérieur au reste du continent (de 1,7 à 1,9). L’hypothèse la plus répandue est que la modernité  même de ces pays  y rend mieux compatible la maternité et le travail féminin ; s’y ajoute  le maintien de  politiques familiales   significatives , quoique érodées ;   mais on peut se demander si  , au moins depuis l’an 2000, le facteur décisif  n’est  pas la part  des immigrés dans la population,  plus importante là que dans le reste de l’Europe ;

 

  1. L’Europe du Sud et de l’Est  a vu un effondrement dramatique du taux de fécondité dont elle ne s’est pas encore relevée . La principale raison en est la quasi-disparition  des systèmes de prestations  familiales au cours des quarante dernières années, à la fois dans les pays méditerranéens sous la pression des critères de convergence de Bruxelles et dans les pays de l’Est    à la suite de la chute du communisme et des pressions du FMI . En outre la population  immigrée y est nettement plus faible. Un certain relèvement de la fécondité s’y observe cependant depuis quinze ans , surtout dans l’ex-URSS où elle était tombée particulièrement bas.

 

  1. L’Allemagne constitue un cas singulier : le taux de fécondité y reste faible, malgré une population immigrée  importante  et  une politique familiale devenue très généreuse depuis l’arrivée au pouvoir d’Angela Merkel. Une explication est que l’Allemagne , moderne par l’économie, reste archaïque par les  mentalités : qu’une femme salariée y ait des enfants  y est moins bien toléré qu’ en France, en Angleterre  ou en Suède . D’autre part , les Turcs , principal groupe immigré,  sont moins féconds que les Maghrébins  dominants en France. Il ne faut pas non plus négliger l’impact du nihilisme induit par la culpabilité relative au nazisme  que différents forces idéologiques s’évertuent à étendre à tout le continent. La reprise   récente de la fécondité allemande est  encore insuffisante  (de 1,35  à 1,5 enfants par femme entre 2000 et  2016 ).

Du fait du relèvement récent de la fécondité dans tous les pays où elle était tombée très bas ( jusqu’à 1,1  en Bulgarie ou en Lettonie ) la fécondité moyenne des femmes européennes , tombée à 1,4 ( soit une perte d’effectifs d’1/3 à chaque génération )  en 2000 s’est relevée à 1,6 malgré une baisse assez générale en France et dans l’Europe du Nord-Ouest ( France métropolitaine  de 2 à 1,84 de 2014 à 2018 ) . Le redressement le plus spectaculaire  est celui de la Russie , dû à la politique familiale vigoureuse impulsée par Poutine et au climat positif qui règne dans ce pays : de 1,2 en 2000 à 1,8 aujourd’hui).  

Malgré ce correctif de tendance récent et limité, la fécondité  de  tous les pays d’Europe ( y compris l’Irlande ou l’Albanie  longtemps plus fécondes  mais qui se sont « normalisées ») demeure  sensiblement au-dessous du seuil de reproduction des générations.  Hors immigration,  l’Europe devrait voir   sa population  baisser sensiblement  au cours du XXIe siècle

Rappelons que les variations du taux de fécondité n’ont une  influence forte sur la population globale qu’une génération après. Le relèvement souhaitable de la fécondité n’aurait donc  pas d’effet immédiat. Le seul correctif possible est l’immigration, préconisée par la technocratie internationale sans considération de la cohésion des pays concernés .

Du XVIe au XXe siècle, l’Europe dont la population,  croissant plus vite , a, non seulement  vu sa part relative augmenter dans le monde mais encore  exporté des hommes dans le reste de la planète, spécialement  sur le continent américain  , alors qu‘aucun mouvement  inverse significatif ne s’observait. Depuis le milieu du XXe siècle, l‘Europe est devenue au contraire un pays d’immigration. Environ 35  millions de ses habitants  sont des immigrés ou enfants d’immigrés venus  d’autres continents. Ces immigrés  se trouvent surtout en Europe du Nord-Ouest et en Allemagne. L’Italie et l’Espagne commencent seulement  à  les voient affluer. Si le flux migratoire continue , ce n’est pas seulement  du fait de la croissance de la population africaine mais aussi  de l’attitude positive des instances internationales et européennes.

Aussi déterminant  que le flux de migrants est le différentiel de natalité entre eux et les Européens de souche, une donnée très difficile à appréhender de manière précise.  Le maintien d’un  équilibre satisfaisant de la population européenne exige non seulement  l’arrêt des  flux migratoires mais aussi  une  reprise  sensible  de la fécondité  dans les populations natives.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TAUX DE FECONDITE EN EUROPE

 

 

1980

 

2000

2010

2017

 

 

 

 

 

 

Europe sans la Russie

   

1,4

1,6

1,6

           

France

1,9

 

1,7

2

1,9

Royaume-Uni

1,9

 

1,7

1,9

1,8

Allemagne

1,4

 

1,3

1,3

1,5

Belgique

1,6

 

1,5

1,7

1,7

Pays-Bas

1,6

 

1,5

1,7

1,7

Suède

1,5

 

1,5

1,5

1,9

Norvège

1,8

 

1,8

2

1,7

Danemark

1,6

 

1,7

1,8

1,8

Finlande

1,6

 

1,7

1,9

1,6

Irlande

3,4

 

1,9

2,1

1,9

Suisse

1,5

 

1,5

1,5

1,5

Autriche

1,6

 

1,3

1,4

1,5

 

     

 

 

Espagne

2,5

 

1,2

1,4

1,3

Portugal

2

 

1,5

1,3

1,4

Italie

1,7

 

1,2

1,4

1,3

Grèce

2,3

 

1,3

1,5

1,4

           

Pologne

2,3

 

1,5

1,4

1,4

Tchéquie

2,3

 

1,2

1,5

1,6

Slovaquie

2,3

 

1,4

1,4

1,4

Hongrie

2

 

1,3

1,3

1,5

Roumanie

2,5

 

1,3

1,3

1,2

Bulgarie

2,1

 

1,1

1,6

1,5

Estonie

   

1,2

1,6

1,6

Lituanie

   

1,4

1,5

1,7

Lettonie

   

1,1

1,3

1,7

Slovénie

   

1,2

1,5

1,6

Croatie

   

1,7

1,5

1,4

Bosnie-Herzégovine

   

1,6

1,2

1,2

Serbie

2,2

 

1,7

1,4

1,5

Macédoine

   

1,8

1,5

1,5

Monténégro

   

                       x

1,8

1,6

           

Albanie

4,2

 

2

1,6

1,6

Kosovo

   

                       x

2,5

1,8

           

Ukraine

   

1,3

1,5

1,5

Biélorussie

   

1,3

1,4

1,7

Moldavie

   

1,7

1,3

1,3

           

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 20:36

 

MALGRE LES  APPARENCES,   LE TRAITE D’AIX-LA-CHAPELLE EST UN MAUVAIS COUP PORTE AUX RELATIONS FRANCO-ALLEMANDES

 

https://www.atlantico.fr/decryptage/3564688/pourquoi-le-traite-d-aix-la-chapelle-aggravera-le-desequilibre-entre-la-france-et-l-allemagne-roland-hureaux

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Malgre-les-apparences-le-traite-d-Aix-La-Chapelle-est-un-mauvais-coup-porte-aux-relations-franco-allemandes

 

 

Le mieux est l’ennemi du bien .

Le bien : la réconciliation franco-allemande voulue par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer , solennisée par le traité de l’Elysée du 22 janvier 1963.

Le supposé mieux  qui menace  cette réconciliation  : le traité d’Aix-la-Chapelle, singerie du premier qu’ Emmanuel Macron et d’Angela Merkel ont signé    le 22 janvier 2019   et qui vise à terme une « intégration », notamment militaire,  franco-allemande d’abord,  européenne ensuite . Il pourrait avoir au contraire l’effet de  raviver la rivalité franco-allemande, selon ce que Hayek appelle « la loi des effets contraires au but poursuivi ».

Pour le général de Gaulle, le partenariat franco-allemand ne pouvait être qu’ équilibré.  Aujourd’hui il ne l’est plus. Le nouveau traité consacre une situation que de plus en plus de Français jugent trop avantageux pour  l’Allemagne.

 

Le rôle de l’euro

 

Cette situation  a une cause majeure : l’euro. On peut débattre  pour savoir si , dans son principe,   une monnaie unique  pouvait réussir. Plus de dix  Prix Nobel d’économie ont émis des doutes là-dessus. En tous les cas,  elle a entrainé un déséquilibre  grandissant entre les pays d’Europe et singulièrement  entre la France et l’Allemagne . De 2000 à 2018, la production industrielle allemande a progressé de  42 % , celle de la France a  reculé de 3 %, celle de l’Italie de 15 %, celle de l’Espagne de 16 % ( alors que  leur évolution avait été jusque-là parallèle ) . La balance du commerce de l’Allemagne affiche   aujourd’hui un  surplus  de 248  milliards d’euros, celle de la France   un déficit   de 67 milliards, sans que rien ne  laisse espérer un rééquilibrage.  

La première raison de ce déséquilibre tient aux conditions dans lesquelles les deux  pays sont entrés dans l’euro. Les Allemands ont mis au pot un mark à prix réduit , ce qui a  fait baisser  le coût de   leur produits exprimé en euros et les a rendus hyper-compétitifs, tandis que les Français, la vanité de nos dirigeants aidant, ont mis au pot un  franc  déjà surévalué, ce qui renchérit nos  produits. S’y ajoute la réforme économique du chancelier  Schröder opérée sans concertation  dès  l’entrée dans l’euro  tendant à réduire encore les  coûts allemands par rapport aux    autres pays  de la  zone afin  d’assurer un avantage décisif à l‘Allemagne.    Si la France avait eu depuis l’entrée dans l’euro la même croissance que l’Allemagne, comme elle l’avait eue  de 1950 à 2000, elle aurait 40 % de production industrielle en plus , soit 40 % de pouvoir d’achat, précisément  ce qui manque aux Gilets jaunes pour boucler leurs  fins de mois et au gouvernement pour satisfaire leurs revendications.

La seules solutions  préconisées   par les dirigeants  français : baisser les salaires et diminuer les charges sociales ,  mesures   tardives et timides,  inefficaces mais   suffisantes pour entrainer le mouvement  des Gilets jaunes ; il est  clair qu’il ne faut chercher aucune solution de ce côté-là.  La seule issue  est un changement de parité  monétaire entre les deux  pays . Elle    passe par    l’éclatement de la zone euro, lequel    se produira de toutes façons un jour ou l’autre. En  attendant,   les usines française ferment les unes après  les autres et les éleveurs se suicident . L’agriculture française , longtemps  exportatrice par rapport à l’Allemagne est devenue importatrice.

Cet appauvrissement de la France touche plus particulièrement nos fleurons industriels . Comme s’il y avait un plan concerté d’affaiblir la puissance française   , le contrôle de nos  entreprises stratégiques , produits du génie national : Alstom , Nexter (ex-GIAT)  ,  bientôt peut-être Naval-Group ( ex DCN)  et d’autres   est  transféré outre-Rhin – ou ailleurs. Airbus, issu de l’effort de  générations d’ingénieurs  français,  échappe aujourd’hui à  tout contrôle français. 

Le déséquilibre économique aurait pu être compensé par  une volonté politique active  faisant jouer les avantages dont  la France dispose par ailleurs : son  immense domaine maritime, sa  présence en  Afrique, son  statut de puissance nucléaire . Mais les dirigeants français font au contraire tout pour l’aggraver par leur désintérêt pour ces avantages  qu’ils sont prêts à brader et  leur servilité vis-à-vis du   partenaire d’ outre-Rhin. En France et dans  le monde , prévaut de plus en plus le sentiment   que  la France  est tenue en laisse par une Allemagne dominante, qu’en tout, c’est Berlin qui fixe la ligne prétendue commune.

Une  relation saine entre la France et l’Allemagne impose que la France, qui ne peut pas  rattraper l’industrie allemande, veille avec soin  à la préservation de ses atouts propres. Elle  implique au minimum   la rupture de la monnaie unique si désastreuse pour elle .  Plus on attend, plus le déséquilibre entre  les deux économies s’aggravera,  moins il subsistera d’agriculture  et d’industrie en France,   plus il sera difficile de revenir à  l’équilibre. Et probablement plus la rupture sera saignante.

Les relations « spéciales » franco-allemandes n’ont jamais plu aux pays du  reste de l’Europe . Ce traité ne leur plaira pas davantage.  Ils  attendent   confusément que la France joue sur le continent son rôle multiséculaire , celui de contenir  la démesure  germanique telle  qu’elle s’exprime par exemple par la politique économique restrictive que Berlin impose au reste du  continent. Une politique que le Prix Nobel Josef Stiglitz n’a pas hésité à qualifier  de « criminelle ».  Notre lâche  suivisme  laisse les pays concernés, souvent vieux amis de la France, loin du compte.

 

La paix repose sur le statu quo  

 

Ce  déséquilibre, qui irrite de plus en plus de Français,  le nouveau  traité franco-allemand, signé en Allemagne , l’aggrave.  Non seulement il consolide l’euro mais  il  engage la France à soutenir la revendication  allemande de disposer d’un  siège permanent au Conseil de sécurité. Cette revendication  a certes peu de chances d’être satisfaite  car   au moins dix pays , à commencer par l’Inde et le Japon,  voudraient aussi un siège.   Mais   cette clause,  qui n’a rien à faire dans un traité,  envoie au monde un nouveau signe d’allégeance de la France à  l’Allemagne. Plus grave : la question du siège permanent au conseil de Sécurité   est, de manière officieuse, liée à la possession de  l’arme nucléaire que certains milieux  allemands revendiquent aussi de façon de moins en moins discrète.     

Soyons clair :   la paix relative qui règne en Europe depuis 75 ans  ne résulte pas,  comme on le dit,   de l’Union européenne , qui en est plutôt une conséquence et qui d’ailleurs  porte une  une part de responsabilité  dans les conflits apparus récemment sur le continent : Balkans, Caucase, Ukraine, comme le reconnaissait pour ce dernier l’ancien chancelier Helmut Schmidt.  La paix règne parce que deux puissances continentales et deux seulement    disposent de l’arme   nucléaire. En remettant en cause  cet équilibre, le  traité menace la paix.

Dans son premier discours à Versailles, Macron appelait déjà à un renforcement de l’effort d’armement  allemand.  En organisant les transferts industriels évoqués ci-dessus, Macron concourt à un dangereux renversement du rapport des forces. Comment comprendre qu’un pays qui a été  envahi   trois fois en  un siècle par son voisin , veuille à toutes  forces lui transférer son savoir-faire  militaire  ? Certains diront que ces craintes  sont dépassées :  l’Allemagne s’est aujourd’hui assagie . Voire ! Dans un continent où Léningrad est redevenue Saint Pétersbourg,  qu’est-ce qui est dépassé ?  Dans le contexte d’extrême instabilité qui règne dans ce pays profondément  bouleversé par la décision folle de Merkel de faire entrer plusieurs  millions de réfugiés  -  à la demande du patronat demandeur  de main d’œuvre pour une économie en surchauffe grâce à l’euro    -     tout est possible. Qui sait ce qui peut arriver dans une Allemagne  au tempérament  bipolaire , passée jadis  en trois ans de « la constitution  la plus démocratique du monde »   (   la république de Weimar) à ce que  l’on sait  ? L’Allemagne actuelle   a déjà  plus que  sa   part de responsabilité dans le déclenchement  de la  guerre  des Balkans de 1999 qui a conduit  à l’humiliation de la Serbie,  un  ennemi    historique du  Reich, avec la complicité honteuse de la France, déjà prompte à jouer contre son camp[1]. Elle l’a aussi à un moindre degré dans celle  de la guerre d’Ukraine où l’Europe continentale retrouve son extension de 1942.   Quand, pour justifier le  traité d’ Aix-la-Chapelle,   Macron appelle à la constitution d’une défense européenne contre la Russie, pense-t-il à la Division Charlemagne ?  Qui sait   que de  jeunes officiers  de la  Bundeswehr se retrouvent tous les ans pour fêter l’anniversaire d’Hitler ?

 

Promiscuité

 

Ajoutons que les  peuples , comme les   individus,  n’aiment pas la promiscuité.  Les Allemands qui ont toujours refusé la notion de couple franco-allemand , trop familière  à leur gré ( ce dont  les médias français qui répètent à tout va cette expression ne se sont jamais aperçus ! ), le savent bien. Deux  voisins  qui s’entendent bien se détesteront vite si  les cloisons qui les séparent   sont abattues.    La réconciliation franco-allemande semblait  acquise . En    nous obligeant à partager le même  lit , Macron et Merkel la remettent en cause : les mariages forcés se terminent en général mal. 

 

Responsabilité allemande

 

Sans doute les Allemands ont-ils  leur part de responsabilité dans ces dérives. Alors que  l’idéalisme européen des Français est souvent sincère, allant jusqu’à sacrifier  leurs  intérêts nationaux,  par vanité ou légèreté d’ailleurs plus que par vertu, celui des Allemands ne perd jamais de vue les intérêts allemands. Combien de chefs d’entreprise français appelés à coopérer avec des partenaires outre-Rhin  ont fait l’expérience de ce double jeu sournois ?  A deux reprises la France a volé  au secours des Allemands en difficulté : en 1969, elle  a  concédé les montants compensatoires , sorte de droits  de douane  à l’envers , à une agriculture allemande déstabilisée par  la dévaluation de 1969.  En 1972, elle a  restreint sa  masse monétaire et donc sa  croissance pour que l’Allemagne unie puisse absorber la masse des  marks de l’Est , prenant ainsi sa part du fardeau de la réunification. Aucun geste analogue bien évidemment à l’égard de la France  aujourd’hui en difficulté depuis son entrée dans l’euro.

 

Responsabilité française : la politique du  mépris  

 

Mais il serait injuste de faire  porter   aux Allemands seuls la responsabilité     du déséquilibre grandissant entre les deux pays.  Souvent les Allemands n’avaient  rien demandé : ce sont les prétendues élites françaises qui sont allées, sur bien des dossiers,    au-devant de leurs  souhaits. C’est  le cas pour le facteur   essentiel de ce déséquilibre ,   l’euro, lequel demeure , ne l’oublions pas,  une initiative française, témoin d’une  inculture économique unique au monde   de ses dirigeants  et de l’idée  sournoise, aux relents   vichystes,  qu’il faut imposer aux Français la  discipline allemande.  Pour le reste, les Français ont  au moins eu  le tort de ne pas s’être opposés    à des décisions clairement défavorables  pour eux : la politique économique  de Schröder, l’ouverture  migratoire de Merkel, la disqualification du nucléaire [2], notre carte forte, orchestrée par l’Allemagne,  la cession d’Alstom à Siemens, le glissement  progressif du pouvoir au détriment des Français  au sein d’Airbus.   Les bons comptes font les bons amis : loin de renforcer l’amitié entre les    deux pays, ces  complaisances l’ont peu à peu minée.

Que les Allemands ne s’y trompent  pas : la germanomanie des élites françaises relève moins  d’un intérêt pour l’Allemagne réelle que la plupart du temps ils ignorent,  que de leur   mépris pour le peuple français. Il est une catégorie de Français pour lesquels tout ce qui se fait ailleurs, singulièrement outre-Rhin est mieux. Nombre de réformes désastreuses  ont été faites chez nous  par imitation servile de l’Allemagne   comme   la réforme régionale ou la réorganisation du temps scolaire .    En revanche personne  ne connait  en France  ce qui aurait pu  être utilement  transposé comme  les  Instituts Fraunhofer.

Un signe qui ne trompe pas : de moins en moins de Français parlent l’allemand et de moins en moins d’Allemand parlent  le français . Macron lui-même, si fier de son anglais,  n’a jamais fait  l’effort d’apprendre la langue de Goethe.

Le mépris des classes dirigeantes pour les Français, quelque fois leur haine,  a un caractère pathologique. Quand elle va jusqu’à la servilité vis à vis de l’étranger, elle tient  de la bassesse ,  propre à une classe de parvenus qui n’a jamais appris  que le premier devoir d’une authentique élite est de servir son peuple et au minimum de l’estimer. 

Le général de Gaulle avait tout fait pour  que, par l’exaltation de     la France    libre , les Français retrouvent leur confiance en  eux-mêmes  et se débarrassent des    complexes nés de la  défaite de 1940. Mais depuis 50 ans , son œuvre a fait l’objet d’un travail incessant de sape , remettant à nu les vieilles blessures . La magnifique victoire remportée en 1918 par notre armée presque seule[3] a été délibérément occultée.   La germanomanie obstinée de  Macron résume  de l’attitude  honteuse des classes dirigeantes françaises depuis  des décennies.

 

Quand la France s’éveillera…

 

Il  faudrait une  forte ignorance de notre histoire pour imaginer que les Français continueront longtemps à accepter ce déséquilibre destructeur   qui leur est  imposé  par leurs élites.  Ils sont comme le cheval auquel son propriétaire  imposerait  un lourd handicap dans les courses pour lui cracher ensuite   dessus. Nul doute qu’ils vont  se réveiller  un jour  . Et mieux vaut tôt que tard. Le jour où  ils ouvriront les yeux sur ce qui leur a été infligé, ils auront   de bonnes raisons d’en vouloir à leur  oligarchie  . Mais ils risquent aussi d’en rendre responsable le peuple allemand  qui n’en demandait peut-être pas tant.

Les Gilets jaunes sont une forme de réveil. Sans doute perçoivent-ils mal l’impact  des relations franco-allemande sur leurs misères quotidiennes  . A tout le moins peuvent-ils voir que le président  Macron, en renforçant l’engagement de la France dans l’euro, se prive de toute marge de manœuvre et qu’il n’a donc  l’intention de rien concéder dans le grand débat national qu’il vient de lancer.

Négocié dans le secret , le  traité   d’Aix-la Chapelle a  été  conclu  entre    deux chefs d’Etat  et de gouvernement en grave déficit  de légitimité :   Emmanuel Macron empêtré  dans la crise des Gilets jaunes, dont   la cote est au plus bas  , Angela Merkel en fin de course,  gérant les affaires courantes . Il est en   rupture complète avec les aspirations du peuple français. Il va au  rebours du sens de l’histoire   qui voit partout le retour de nations soucieuses de maintenir leur souveraineté et de défendre leurs intérêts   : Etats-Unis,  Royaume-Uni, Italie, Europe de l’Est, Russie, Chine. De quelque manière qu’on le considère, il portera gravement  atteinte   aux relations entre la France et l’Allemagne. Caricature du traité de 1963,  il sera, au mieux, mort-né.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

[1] L’humiliation odieuse  infligée au président  serbe lors des  cérémonies du 11 novembre exprime le mépris des dirigeants français actuels pour les allégeances traditionnelles de la France.

[2]  Dont les absurdes  éoliennes , fabriquées en Allemagne, sont le symbole.

[3] Le  choc décisif a eu lieu de mars à juillet 1918 : les armées anglaise et italienne étaient épuisées, l’armée américaine  n’a été pour l’essentiel, opérationnelle qu’  après, l’armée allemande seule était, comme l’armée française,  au complet.

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 20:32

Vient de paraître  le dernier  livre de :

 

Roland HUREAUX

 

LA FRANCE ET L'OTAN EN SYRIE

Le grand fourvoiement

 

Editions Bernard Giovannangeli

 

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 20:27

https://lincorrect.org/la-france-et-lotan-en-syrie-entretien-avec-roland-hureaux/

 

  1. Vous faites remonter les origines la guerre en Syrie à l'assassinat de Rafik Hariri, que vous attribuez au Saoudiens, n'avez-vous pas peur d'être accusé de complotisme?

 

Ce n’est pas moi qui impute aux Saoudiens  l’assassinat de  Rafic Hariri, dont , je le rappelle,   tout  le monde a  sur le moment accusé  les Syriens , c’est   Hugh Grassley, doyen et président de la commission juridique du Sénat des Etats-Unis, une grande figure de la  politique américaine ( en octobre 2016) .  

Mais les origines de la guerre sont antérieures : dès le début des années  2000, la Syrie est  dans le collimateur des néo-conservateurs américains ( que je préfère appeler libéraux-impérialistes car je n’ai pas bien vu ce qu’ils conservaient ) . Le gouvernement  Assad a eu  un  sursis parce que  la cible prioritaire a d’abord été  Saddam Hussein. Mais dès l’élimination  de celui-ci,   le dispositif de mise au pas de la Syrie  s’est mis en place.

Vous parlez de complotisme ?  De quoi s’agit -il ?   Voir de complots partout ? Non, bien sûr, mais dire qu’il n’y en a jamais est tout  aussi erroné. En fait les  choses sont compliquées : parfois on croit qu’ y a un complot et il n’y en a pas , parfois on croit  qu’il n’y en a pas et il y en a   et   ils  ne se passent généralement pas comme on le  croit. Je note que ceux qui accusent tout le monde de complotisme ( le mainstream  américain  et européen) sont les mêmes  qui vous expliquent que   l’élection  de Trump résulte d’un  complot ourdi par Poutine !

Il y a des  guerres  qui arrivent par hasard, en raison de tensions mal maitrisées ; ce n’est  pas le cas des guerres du Proche-Orient de ces  dernières années ; elles ont été planifiées , généralement à Washington. Ça arrive aussi.

 

 

 

  1. Vous dénoncez également les ventes d'armes françaises à l'Arabie Saoudite et au Qatar. N'est-ce pas contradictoire avec les intérêts de notre industrie de défense?

 

Que la France cherche à vendre des armes  n’est pas  nouveau : une puissance moyenne comme la nôtre  a  besoin d’allonger  ses séries pour amortir les coûts fixes. Mais il est souvent arrivé, heureusement,  que l’on vende à des  pays qui ne  faisaient pas la guerre .  Rien n’obligeait  donc notre pays à inféoder sa diplomatie à celle de l’ Arabie saoudite ou  du Qatar qui est précisément celle que  nous combattons partout ailleurs , au Mali , au Niger , sur le territoire national : le soutien à l’islamisme le plus radical . Vendre est  une  chose,  s’inféoder en est une autre. D’autant qu’on ne connait  pas toujours le bilan final : nous avons vendu plus de dix milliards d’armes  à l’Arabie saoudite mais la guerre d’Afghanistan nous  a  coûté autant.

 

  1. Vous citez Roland Dumas qui qualifie le rôle de la France de Hollande et Fabius en Syrie de boute-en-train, de quoi s'agit-il?

 

C’est un  terme hippique que j’ai découvert à cette occasion : il n’est pas très gentil pour notre pays  : il parait qu’avant de  faire saillir une jument par un   étalon de première classe , on la chauffe avec un cheval de seconde classe.  Ce cheval de seconde classe qui  excite  le conflit mais qui  n’y  joue pas le premier rôle, c’est , selon lui , la France . Roland Dumas  qui n’a pas sa langue dans la poche, dénonce  le fait que la diplomatie de  notre pays ,  quoiqu’elle ne s’appuie  que sur des forces  limitées  et ne soit pas  décisionnaire (  Sarkozy a  essayé de faire croire   le contraire en Libye) est  apparue  comme la plus bruyante, la plus extrémiste  contre Kadhafi, puis contre Bachar el-Assad.   La France a rompu le plus radicalement les   relations diplomatiques avec la Syrie , sans se soucier d’y  maintenir le moindre contact : les services secrets syriens nous avaient pourtant  aidés dans la lutte contre le terrorisme , le lycée Charles de Gaulle a été fermé ; les parents d’élèves francophiles l’ont maintenu en activité malgré  notre gouvernement !   Fabius a dit à la tribune de l’ONU que Bachar  el Assad ne méritait pas de vivre, ce qui ne s’était jamais dit  dans les relations internationales .  Le même Fabius , qui    a salué les djihadistes d’Al Nosra  ( autre nom d’Al Qaida)  comme «  de petits gars qui font   du bon boulot »  était allé  , comme Hollande,  tirer par la manche Obama pour qu’il déclenche des représailles massives à la suite de l’attaque chimique supposée du 21 aout 2013, ce   qui aurait pu nous entraîner dans une guerre mondiale . Heureusement  Obama  n’ pas suivi .  Depuis l’élection de Trump , Macron qui se situe dans la continuité de ses deux prédécesseurs a tout fait pour que le nouveau président américain maintienne des troupes en  Syrie, c’est à dire pour que la  guerre s’y poursuive . Alors que les canons se sont presque tus, le gouvernement  français lance  une procédure contre Assad  devant le  Tribunal pénal international. Pourquoi pas contre nos alliés djihadistes qui ont massacré au moins autant  de civils ?  Le résultat  de ce jusqu’au boutisme infantile  , c’est que la France  se ridiculise. Elle n’est pas  associée au seul  processus de paix   sérieux, celui que mènent  les Russes à Astana. Les Syriens se sont jurés que la France n’aurait aucune part à l’immense marché de reconstruction  de  ce pays  à moitié détruit. 

 

  1. Comment jugez-vous le rôle de la presse catholique dans la défense des chrétiens syriens?  

 

Si on s’en tient à la presse « officielle » , La Croix   en particulier  qui est un peu  le journal officiel  de l’Eglise de France, je l’ai trouvé bien décevant.  Alors qu’il y avait près de deux  millions de chrétiens en  Syrie  ( moins aujourd’hui ) , on faisait appel à des correspondants  sunnites  anti-Assad et donc pro-djihadistes.  Les communiqués de l ’AFP  , hostiles au gouvernement , y  étaient repris souvent tels quels alors qu’ils étaient eux-mêmes  le copié-collé de ceux de l’ « Observatoire   syrien de droits de l’homme », une officine de  propagande  anti-Assad basée en Angleterre montée par les  Frères musulmans avec l’appui des services   secrets anglosaxons . On avait l’impression , surtout en Syrie, que   les chrétiens étaient bons pour nourrir les intentions de prière  mais que,  de fait , une partie de la presse catholique avait pris parti contre eux . Assad  était  considéré par les chrétiens comme un garant de leur sécurité contre des  groupes djihadistes que nous soutenions et qui  ne cachaient pas leur volonté de les anéantir. Dès lors que notre diplomatie  était hostile à Assad, elle ne  pouvait que se trouver dans le camp opposé  aux chrétiens . Je n’y vois pour ma  part aucune malignité  mais le   conformisme bêta  de journalistes en perte de repères , tous prêts  à  suivre  comme des moutons le courant dominant en Occident . Avec  en plus la naïveté propre aux  chrétiens toujours prêts à se laisser duper dès qu’on fait appel aux bons sentiments , aux  droits de l’homme , comme savent  le faire les propagandistes chevronnés  qui manipulent l’opinion occidentale.  Mais il ne faut pas généraliser : d’autres organes de presse catholiques ont eu un regard plus distancié  et plus proche de ce que ressentaient les chrétiens  de Syrie.

 

  1. Les tensions turco-russes  gèlent la situation au nord de la Syrie, comment cela peut-il se dénouer selon vous?

 

Je ne crois pas que ce soit  d’abord  les tensions turco-russes qui empêchent le retour complet à la paix , c’est  l’hostilité d’Erdogan aux Kurdes : il ne veut pas que le règlement de paix conduise à une autonomie de la zone kurde de Syrie , qui contaminerait la zone kurde de Turquie. Mais ce  sont plutôt   les Américains que les Russes qui souhaitent cette autonomie . Pour cette raison , les Turcs   gardent  un pied dans  le  Nord de la Syrie ;  pour la raison inverse, les Américains aussi  .  Il reste  en outre une enclave djihadiste à Idleb , près de la  frontière turque mais il  semble qu’elle ait échappé au contrôle turc.  Les plus désireux d’empêcher la paix d’advenir  entièrement, ce qui supposerait la reprise du contrôle de tout  le  territoire syrien par le gouvernement de Bachar el Assad, en conformité avec le droit international,  ce  sont les Américains , au moins certains Américains , ceux de l’ « Etat  profond »,   soit qu’ils  rêvent de revanche , soit qu’ils veuillent    garder la main sur le pétrole qui se trouve à   l’est du pays . Trump voulait éliminer Daech , ce qu’il a presque   fait , et ensuite retirer ses troupes.  Ce n’est pas  Macron, c’est le  Pentagone qui a obtenu  que les forces américaines  s’attardent encore un peu.  Assad est-il lui-même pressé ?  Il est  aujourd’hui très populaire dans son peuple. Si la paix revenait , le serait-il autant ? Souvenons-nous de ce qui est    arrivé à Churchill en 1945.

Comment la situation peut-elle se dénouer ? Je crois  que ça dépend surtout  des Russes qui sont désormais les vrais arbitres .  

 

  1. Pensez-vous que Donald Trump puisse changer la donne au Moyen-Orient?

 

 

Il l’a déjà beaucoup  changée. En ne faisant qu’appliquer son programme ,  à commencer par la fin  des interventions dites de regime change  ayant pour  but de démocratiser  les pays arabes , promues par les néo-conservateurs.  Peu de temps après son arrivée, il a interrompu le programme d’aide aux djihadistes appelé  Timber Sycamore. Il a  ensuite entrepris  sérieusement de détruire Dach :  avant lui, la coalition  faisait du surplace pour ne pas dire  qu’elle faisant semblant :  Trump a ordonné la reprise de Mossoul en Irak  et de Raqqa  en Syrie  et elles  ont  eu lieu. Il s’efforce aujourd’hui  de   liquider les dernières poches de Daech.   

Mais Trump a dû  prendre en compte  ses adversaires qui dominent les médias et l’administration  . Quand ont été annoncées  des attaques chimiques à   Khan Cheikhoun ( 2017 )  et à    Douma (2018), il ne pouvait pas rester les bras croisés face à une opinion américaine indignée et  déchaînée   ; il serait  passé pour un « dégonflé » ou un  agent de Poutine, comme on l’en accuse  . Il ne pouvait  pas dire non plus que qu’il s’agissait d’attaques sous faux drapeaux montées par des djihadistes appuyés par certains services occidentaux : même si c’était le plus probable, personne    ne  l’aurait cru.  Il a donc procédé à deux reprises à des bombardements de  représailles spectaculaires,  en prévenant  les Russes  de telle manière qu’il  n’y ait pas de victimes et    peu de dommages réels.

Mais l’autre point de    son programme   est un soutien accru à Israël. Compte tenu de  l’opposition qu’il rencontre dans  la classe dirigeante américaine, il ne peut pas se passer de l’appui des partisans de l’Etat hébreu .  D’où ces gestes spectaculaires que sont l’installation de l’ambassade américaine à Jérusalem,  la reconnaissance de l’annexion du Golan  et surtout  la rupture de l’accord nucléaire de Vienne avec l’Iran , signé par Obama,   auquel Israël  était très hostile. Il hausse le ton vis-à-vis de Téhéran  . Jusqu’où  ira- t-il ? Mon sentiment est que   plus il parle fort,  plus il agit de manière prudente  : une guerre contre l’Iran  perturberait  gravement le commerce du pétrole et se  traduirait  par une hausse importante des  coûts qui déstabiliserait l’économie mondiale .  

Reste que les deux points de son programme ne sont pas entièrement compatibles : ainsi Israël ne souhaite sûrement pas  que  les Américains quittent la Syrie. Nous verrons comment il gèrera ces contradictions.

 

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