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Roland HUREAUX

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8 janvier 2019 2 08 /01 /janvier /2019 09:06

 

CONFÉRENCE

 

L’Eglise et la science au cours des siècles

 

     par

   Roland Hureaux

                              historien, essayiste

        à la Paroisse Notre-Dame de  l’Assomption

                       88, rue de l’Assomption

                                  75016 Paris

                              Salle Jean XXIII

 

             Le dimanche 13 janvier à 15 heures

 

La conférence sera suivie d’un verre de l’amitié

 

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20 décembre 2018 4 20 /12 /décembre /2018 18:40

La mesure emblématique annoncée par le  président Macron  dans son allocution du 10 décembre, le relèvement de 100 € du SMIC,  a  montré  à elle seule qu’il n’avait  pas vraiment compris ce qu’est le mouvement des Gilets jaunes.  Sans tenir une telle augmentation  pour négligeable, force est de constater qu’elle n’intéresse qu’un petit nombre de  manifestants.  Beaucoup d’autres sont au-dessus de ce seuil mais n’arrivent quand-même pas à s’en sortir . C’est  notamment le cas des petits propriétaires qui n’ont droit à rien  et payent des impôts et des charges de plus en plus lourds. Le président ignore aussi  que les travailleurs indépendants jouent un grand rôle dans le mouvement. Les retraités également : la suspension de la CSG sur les retraites de moins de de 2000 €, qui en satisfera peut-être  une partie  , ne va pas au fond des choses quand les charges qui pèsent sur ces petits retraités , eau, gaz, électricité,  s’alourdissent sans cesse.   Confondre  les demandes des  gilets jaunes avec une   revendication syndicale classique portant sur les   bas salaires est très réducteur   ; pour Macron et les    hautes sphères l’Etat, ce sont les « petits » , masse indistincte, qui revendiquent, c’est tout . Leur échappent les autres dimensions comme l’angoisse des classes moyennes  en voie de   paupérisation  ou  le désir de reconnaissance. 

 

Macron  a beau présenter des espèces  d’excuses , se dire prêt au dialogue , les Français ont du mal à lui trouver l’air sincère .

Il  a consulté, fait remonter peut-être  quelques chiffres, il se dit à  l’écoute, mais fondamentalement, il  n’a pas fait l’effort d’aller au-delà des quelques clichés,  pour comprendre dans toute leur diversité  ce que sont les Gilets jaunes. Car pour Macron , la société française se résume à des clichés et  sur aucun sujet, il ne semble avoir remis en cause sa conception du monde.

Il n’ a pas parlé de l’Europe, mais il elle  reste pour lui  plus que jamais en toile de fond. D’aucune manière,  il n’envisage de remettre en cause, ni l’euro ni les plafonds de déficit imposés à Bruxelles.  S’il ne le fait pas ,il est clair qu’ il ne pourra pas satisfaire vraiment les revendications des gilets jaunes. Or, n’en doutons pas,  le projet européen  compte toujours pour lui  plus  que le peuple français.

 

Aller plus vite et plus loin ! Précisément ce qui est à craindre

 

Pour résoudre la crise, loin de changer d’orientation, il  propose d’aller plus vite et plus loin dans le programme de réformes qu’il s’était fixé ; or c’est bien ça que craignent les Français . Non  que,  comme il l’a dit,  les Gaulois soient réticents au changement, mais parce qu’ils ne croient pas  au genre de réformes que veut faire Macron. Ils ne croient pas que,   si ces réformes sont difficiles,  si elles sont douloureuses aujourd’hui , tout ira mieux demain. On leur serine  cela  depuis vingt ou trente ans et ils ne voient rien venir, sinon  l’ érosion  continue de leur pouvoir d’achat.  Ces réformes projetées, d’ailleurs ils les connaissent   , ce sont celles qui se trouvent  dans les cartons des ministères  depuis  dix, vingt ou trente ans . Jamais en effet on n’a vu un president adhérer aussi aveuglément à tout ce qui émane de la  haute technocratie, sans qu’ apparaisse la moindre  plus-value pouvant  émaner de son expérience  personnelle ou de sa réflexion.  Corollaire de ce conformisme sans égal  , un mépris, tout aussi sans égal pour ceux qui n’adhèrent pas à ces logiques , mépris que le président a déjà eu maintes fois l’occasion d’exprimer et dont personne ne pense qu’il s’en serait tout à  coup guéri . 

 

Absence totale d’imagination

 

Parmi ces réformes  annoncées, la réforme de l’Etat . Mais on la mène  depuis bientôt trente ans avec toujours les mêmes schémas simplistes : gestion privée, affaiblissement  des corps , fusions, évaluation, rémunération au mérite  . Le résultat  que voient les gens de la base : la gestion privée, ce sont  des augmentions de tarifs incessantes ;  la  prime au résultat, c’est  l’envol des rémunérations du haut de l’échelle et,  pour le reste, des critères arbitraires, le favoritisme, la mauvaise ambiance,  la désorganisation , le  découragement. C’est dans ce sens que Macron veut aller « plus vite et plus   loin ». Non merci, disent les Français.

Il propose aussi plus de décentralisation  Mais on en fait depuis quarante  ans ! Quel manque d’imagination !  Le résultat, les Français le connaissent aussi :  toujours plus de pouvoirs  à des  élus en qui  ils ne font plus confiance et qui, pensent-ils , s’en mettent plein les poches, des impôts locaux de plus  en plus lourds, spécialement l’impôt foncier.  Les riches s’imaginent qu’il n’y a qu’eux qui payent des impôts.  Ils se trompent : de réforme en réforme,  on est arrivé à ce que   certains    petits retraités en payent  en proportion  plus que les  PDG !  Mais cela ,  Macron ne le  sait pas.  

Pas de remise en cause non plus des  logiques environnementales auxquelles des gens comme lui  ont réussi à donner une tournure exclusivement  punitive ; il est même allé jusqu’à parler dans son discours de  « dette climatique » , comme pour culpabiliser un peu plus les Français, spécialement les « beaufs » qui roulent au diésel.  Comment  les Français  n’auraient-ils  pas entendu dire que des scientifiques émettent des doutes  de plus en plus grands sur la réalité du réchauffement  climatique  ? Comment   ne sauraient-ils pas que la plupart des grandes puissances, hors d’Europe,  s’en désintéressent ? Alors pourquoi eux seuls payeraient ? Et le président n’a-t-il pas entendu dire que les Français rejettent massivement  les éoliennes qui défigurent ce qui sera bientôt leur    seule richesse: les   paysages ?    Eoliennes qui ne sont rentables que grâce aux subventions dont le coût pèse directement  sur   leur facture d’électricité.   

L’immigration, dit-il, mérite une « réflexion » et un « débat » . Le lendemain, il ratifie le Pacte mondial sur les migrations dont il sait que les Français ne veulent pas.

Malgré ses promesses   de dialogue, rien de tout cela  n’ébranle   Macron qui reste campé sur  ses certitudes européennes , réformatrices ,   climatiques ou migratoires .

« Le bon berger connait ses brebis ». Pas lui.

Ce  président, dont la rigidité  intellectuelle n’a sans doute  aucun précédent  parmi les chefs d’Etat  français  , aura assurément  du mal à convaincre les  Gilets jaunes de rentrer chez eux.    

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

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20 décembre 2018 4 20 /12 /décembre /2018 18:37

Depuis au moins quinze ans, la politique économique de la  France est déterminée par trois  paramètres fondamentaux que la crise de Gilets  jaunes a remis  en cause.

Ces paramètres : d’abord l’euro auquel  les gouvernements  successifs ont choisi de s’accrocher coûte que coûte, quels que soient les inconvénients que certains y voient pour l’économie française. L’euro , on est dedans ou dehors , il n’y a pas d’entre-deux. Ce premier paramètre est donc déterminant.

En découle l’objectif de l’équilibre budgétaire, conforment aux engagements communs des membres de la zone,   et même,  si possible,  d’excédents afin de commencer à résorber la dette. Un objectif que la France n’a jamais réussi à atteindre.

S’y ajoute un troisième paramètre, inavoué celui-là  : le refus de toucher à l’Etat social particulièrement généreux qui caractérise notre pays. Cela est particulièrement vrai de la  dernière période : 2012-2018. Macron était   le  conseiller économique puis le ministre des finances de Hollande ; il y a donc parfaite continuité intellectuelle entre les deux mandatures. Ceux qui attendaient de Macron un vrai  libéralisme , conduisant à la réduction des prélèvements  obligatoire  oubliaient qu’il avait  été élu d’abord avec les voix   de gauche.

Mais si l’on remonte dans le temps, la configuration  n’était  pas sensiblement  différente :  Chirac   et Sarkozy avaient beau venir de la   droite, leur tempérament   ne les poussait pas particulièrement  à la rigueur  et donc à remette en cause les acquis sociaux,  d’autant que  sentant leur assise  fragile ,  ils ne souhaitaient   pas  se confronter  aux syndicats. Les deux lois Sarkozy sur les retraites  eurent  peu d’effets   immédiats.

 

La hausse des impôts, variable d’ajustement

 

Maintien de l’euro,   objectif d’équilibre budgétaire mais faible volonté de contrôler les dépenses publiques,  la seule variable d’ajustement restait   celle des impôts lesquels  n’ont  cessé en conséquence de s’alourdir , particulièrement depuis 2012 .   Au demeurant , de l’équilibre budgétaire recherché , la France ne s’est approchée que de manière imparfaite.  Elle a obtenu par  dérogation de ne l‘atteindre  que de manière progressive, à partir d’un premier objectif  de 3 % qui devait se réduire mais  qui qui  a été reconduit d’année en année.

Comme la hausse de la  fiscalité ne pouvait  peser ni  sur les très grandes  fortunes, trop mobiles,  et que Macron a même fait bénéficier de la   suppression de la part financière de l’ISF , ni  sur le tiers  du bas  de l’échelle , smicards ou assistés,   il ne restait qu’à écraser chaque année un peu plus les classes moyennes, au sens très large, en y incluant par exemple les petits retraités propriétaires de leur logement .  Cela ne choquait  ni la fibre socialisante du pouvoir actuel , de l’école Terra nova, plus  indulgente aux « exclus » , migrants compris, qu’ aux  travailleurs véritables,  ni son  libéralisme de type mondialiste peu sensible au sort des classes  moyennes  jugées  trop enracinées . Un libéralisme très différent  par exemple de celui de Margaret Thatcher qui s’appuyait , elle,  sur les classes moyennes.

Ajoutons, pour compléter le tableau,  la mollesse chronique de la  croissance. Pour compenser  l’avance de compétitivité que l’Allemagne s’était donnée, de manière d’ailleurs assez peu loyale,  dès l’entrée dans l’euro ( réformes Schröder) , il aurait fallu une  « dévaluation interne » à l’espagnole ou  à  la grecque    par la baisse des salaires et  des  charges  publiques . Même la droite n’en a jamais eu que la velléité : on sait combien le programme Fillon qui  l’envisageait un peu  lui a porté préjudice. Et  rien ne dit qu’une telle stratégie  qui aboutit  à contracter la demande  et l’activité et donc  les recettes fiscales aurait réussi . Ni que le peuple français ait été prêt à l’ accepter , comme le montrent les évènements  actuels.

Le handicap de compétitivité que certains  chiffrent à 25 %  a donc perduré  avec l’effet attendu : du côté allemand, croissance et excédents ; du côté français, déficit, même agricole,  et  désindustrialisation rapide.  Macron président n’a pas fait mieux à cet égard  que Macron ministre.

Dans ce contexte  peu stimulant, les présidents successifs , Hollande surtout, ont  annoncé régulièrement , jusqu‘au  ridicule,  le redémarrage de l’économie  et la baisse du chômage. Aujourd’hui personne n’y croit . Et personne ne croit surtout que les réformes de Macron  vont  ramener la croissance;  nul   ne pense donc que les sacrifices  qu’il veut imposer au peuple français serviront  à quelque chose.

La politique monétaire  flexible  de la BCE ( quantitative easing) a un moment donné l’illusion que l’activité  pouvait repartir.  Mais elle n’a produit  qu’une   bulle, atténuée en France pour les raisons qui l’on a dites, et  d’autant mieux dissipée  que la BCE a cessé cette politique.  

 

La coupe est pleine

 

Dans sa dimension économique, le mouvement des Gilets jaunes est l’aboutissement de cette conjoncture : une croissance molle, des dépenses publiques  élevées, des impôts lourds  pesant sur la  classe moyenne et la  classe moyenne inférieure  ayant le sentiment d’être devenues la « vache à lait » du système. Même si  les sacrifices exigés des Français  n’ont pas été jusqu’ici  aussi lourds que ceux qui ont été imposés à certains pays du Sud, pour  beaucoup, la coupe est  pleine.

C’est en  vain que Macron a cru qu’avec une forte  volonté , il réussirait là où ses prédécesseurs  avaient  échoué. L’équation  telle que nous l’avons exposée, fondée sur une posture qui se veut à la fois européenne, libérale et sociale n’a pas de solution.  La crise que la France traverse ( avec d’autres pays d’Europe ) ne pourra se résoudre que par un changement de paradigme.

 

Roland HUREAUX  

 

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20 décembre 2018 4 20 /12 /décembre /2018 18:36

Même si le mouvement des Gilets jaunes parait se tasser  un peu à l’approche des fêtes de fin d’année, le président Macron  n’est pas loin de faire l’objet d’une véritable réaction de rejet d’une partie  des Français.

Les manifestants  scandent de plus en plus souvent « Macron démission » comme si pour beaucoup , son départ comptait plus que la satisfaction, d’ailleurs difficile,  de leurs    revendications.

S’ expriment à son encontre , surtout en province,  dans la « France périphérique », des réactions de haine violente   rarement perçues  dans le  passé  récent de  notre pays.

Loin de les apaiser, ses apparitions  à la télévision ont  semblé  aggraver le phénomène. Macron  n’a manifestement pas la dimension du  chef à même de reprendre la  main   par un  verbe efficace .

Bien au  contraire, sur les écrans,  sa véritable personnalité , notamment son côté  méprisant,  apparait dans toute sa vérité. Les Français qui ont voté pour  lui , dans leur immense majorité,  ne le connaissaient pas   : il a été élu sur l’idée d’une rupture avec la politique  traditionnelle symbolisée par le thème « ni droite,  ni gauche ».  Il l’a été aussi par l’assassinat politique de François Fillon  grâce à une instrumentalisation de la  justice contraire aux traditions républicaines, qui lui a libéré le chemin pour un  second tour facile contre  à Marine le Pen. Il n’a  été élu, d’aucune manière,  pour ce qu’il était.  

Or cette personnalité,  nos compatriotes  la découvrent peu à peu et , pour différentes raisons, elle ne leur plait pas. Macron, n’hésitons pas à le dire,  ne gagne pas  à être connu.

Il se situe en effet aux antipodes du chef tel que  les Français le  souhaitent. D’abord  par son style : narcissisme, morgue, mépris du peuple ou au moins de cette partie du peuple qui n’épouse pas ses desseins ; jamais confronté au processus électoral de proximité, le président   apparait à beaucoup de   Français comme une sorte d’extraterrestre.

Ensuite et surtout  par ses idées : quelle qu’elles soient , elles ne  sont pas susceptibles de débat. Macron est enfermé dans une idéologie  au sens fort du terme :  un système de pensée clos  inaccessible à la contradiction  et pour laquelle, de ce fait,   toute concession, telles celles queil a dû se résoudre à faire récemment,  est  provisoire. Cette idéologie a plusieurs   composantes. D’abord l’Europe supranationale qu’il veut renforcer et la monnaie unique  qu’il veut maintenir coûte que coûte. Il est clair que pour lui, la réalisation du  grand dessein européen  importe plus que l’intérêt des Français.

Enfin  ce qu’il est devenu habituel d’appeler la « transition écologique » : réduction des rejets de carbone  par une taxation punitive de ceux que l’on accuse d’en être à l’origine et , ce qui est pourtant contradictoire, démantèlement des centrales   nucléaires .   

Une vraie satisfaction des revendications des Gilets jaunes mettrait en cause la réalisation de ces objectifs fondamentaux de Macron . Ceux qui s’enferment dans un système ne peuvent  que rien lâcher ou tout  lâcher.

Une telle situation est  sans précédent dans l’histoire de France.  Quelqu’un disait récemment : il faut se méfier des  peuples qui ont mis à mort  leur roi ;  pourtant si une courte majorité  de Conventionnels avait voté la mort du roi de France , il s’en faut de  beaucoup  que le roi, ni même la royauté aient suscité dans le peuple une   réaction de rejet.  Louis XVI restait populaire en 1793. Peut-être Charles X en 1830,  mais les mouvements  de foule furent alors  cantonnés à Paris. Napoléon Ier et Napoléon III, la Troisième République  sont tombés sur des défaites militaires. En mai 1968 , si s’est exprimée la lassitude par rapport au général de Gaulle, mais  il n’y avait à son égard ni mépris, ni vraiment  rejet. Seul depuis lors Nicolas Sarkozy,  a  essuyé une hostilité analogue dans une partie de l’ opinion, mais il a pu compter jusqu’au bout  sur le carré des militants  de l’UMP qui en avait fait son  homme. Rien de tel pour Macron  dont le mouvement   En Marche  se révèle pour ce qu’il est  :  un bulle, sans idéologie ou militantisme  substantiel.

Il est difficile aujourd’hui d’imaginer une sortie de crise  sans le départ  de Macron.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

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20 décembre 2018 4 20 /12 /décembre /2018 18:35

https://www.atlantico.fr/decryptage/3559888/pourquoi-les-gilets-jaunes-sont-plus-rationnels-qu-il-n-y-parait-roland-hureaux

 

Le mouvement des Gilets jaunes qui s’est levé partout en France ces derniers jours  n’est pas , contrairement  ce que voudrait faire croire le pouvoir, une fronde irréfléchie.

C’est au contraire un mouvement profondément rationnel.

Doublement rationnel.

D’abord parce qu’il exprime une souffrance bien réelle d’une grande partie des Français. Bien peu sont  épargnés  par la politique économique  de  ces dernières années ( Macron était le conseiller économique de Hollande et en porte donc la pleine responsabilité ). Les classes populaires voient chaque jour se réduire  leur niveau de vie  par la stagnation des salaires,  la hausse   du carburant, du gaz, de l’électricité,  des loyers, des assurances . Tant l’Etat que toutes les  grandes structures ( GDF, SNCF, mutuelles ),  ont fait du pouvoir d’achat populaire leur variable d’ajustement, croyant que l’on peut indéfiniment  et impunément le rogner  pour équilibrer leurs comptes , voire distribuer toujours plus d’avantages à leurs dirigeants . Les retraités  sont en outre frappés par  la hausse de la CSG. La suppression annoncée de la taxe d’habitation s’avère un leurre. Les collectivités locales voient  leurs dotations se réduire. Les agriculteurs frappés par les sanctions envers la Russie, le seront  encore davantage par le CETA non encore voté mais déjà appliqué . Jeunes  et moins jeunes voient les usines se fermer,  le chômage  s’aggraver,   les salaires baisser pour des emplois de plus  en plus précaires.  

En dehors des très riches, désormais  dispensés de l’ISF,  et des profiteurs  du système social, toute le société se trouve écrasée.  

Il n’y a pas que l’argent : au motif de rechercher une société paradisiaque entièrement « sécure », des réglementations de plus en  plus strictes  transforment  la vie  quotidienne en enfer: écologie  punitive ( dont la hausse du gazole est emblématique), guerres aux conducteurs automobiles,  règles d’hygiène impitoyables  pour les entreprises  ; la  France en  rajoute même  sur les réglementations de  Bruxelles. Les tribunaux,   indulgents pour les vrais délinquants,   sanctionnent  impitoyablement  un mot de trop ou une  insignifiante  bourrade,  se font impitoyables  pour  les simples citoyens ou   les policiers : comment ne pas être profondément ému par le  suicide de la jeune policière Maggy Biskupski,  porte-parole pathétique  du malaise  des policiers ?   

Mais les Gilets jaunes ont aussi raison en ce que les politiques qu’ils mettent  en cause,  loin d’être rationnelles , comme le prétend  une  caste dirigeante arrogante et  autiste  -   qui ne voit dans ceux  qui la contredisent  que fainéants, « lépreux », illettrés , populistes -  sont le produit d’une logique folle , aux effets absurdes,  effet  de l’incompétence et  de l’  idéologie.

Comment comprendre  qu’un gouvernement veuille  réduire les déficits sans remettre en  cause les dépenses  publiques , avec l’effet d’un  écrasement  fiscal du pays ? Comment comprendre que l’on perpétue  ( quoi  qu’en dise le ministre) des méthodes pédagogiques absurdes qui détruisent l’Education nationale  pour aboutir à toujours plus d’illettrisme et d’inculture ?  Pourquoi construit-on des éoliennes inutiles qui  défigurent  nos paysages ? Comment accepter qu’on  multiplie les structures intercommunales couteuses, alors qu’il était si simple de laisser vivre des  communes,  grandes et petites,  efficaces et économes  ?

Comment comprendre que l’on entreprenne des guerres cruelles (Libye, Syrie) , souvent en appui de mouvements  terroristes,   qui multiplient les réfugiés, vrais ou supposés ?

Comment comprendre que sous prétexte  de le moderniser, on désorganise  l’Etat par des réformes incessantes  qui démotivent les agents et coûtent plus cher. Comment  comprendre que les aides sociales, parfois nécessaires, aboutissent souvent  à ce que  leurs bénéficiaires   vivent mieux que ceux qui travaillent ?

Comment comprendre  que sous prétexte de construire l’Europe , on renforce impitoyablement toutes les disciplines,   y compris monétaire,  suivant un modèle allemand dont  deux guerres mondiales ont montré que le reste de l’Europe n’en voulait pas ?   Que sous le même prétexte ou pour des motifs  purement financiers, on  vende à la découpe à des intérêts étrangers nos plus beaux fleurons  industriels  ( hier Alstom ou Alcatel, demain les constructions navales) et  que les organisateurs de ces véritables trahisons de l’intérêt national se trouvent récompensés par des bonus de plusieurs  millions d’euros ?

Le  progrès a toujours signifié l’amélioration des conditions de vie.  Comment comprendre , alors que  le progrès scientifique et technique  continue  plus  que jamais , que  la « marche en avant »  dont  certains se réclament se traduise par toujours plus de pénitence, de sacrifices , de régression sociale ?

Les logiques technocratiques que suit depuis des années l’Etat  français sont de plus en plus folles. En les refusant, les gilets jaunes sont , eux,  du côté du bon sens et de la raison. Remettre en cause  ces logiques folles pour revenir au bons sens est  aujourd’hui  indispensable  à   la survie de notre pays.  Loin d’être porteurs d’intérêts catégoriels étroits,  c’est à une véritable révolution intellectuelle et morale que  les Gilets jaunes  appellent  , pour ne pas dire  à  une Révolution tout court.  Porteurs  de la  plus noble des causes, ils sont décidés à ne rien  lâcher .

 

Roland HUREAUX

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20 décembre 2018 4 20 /12 /décembre /2018 18:34

 

Beaucoup  craignent que  le mouvement   des Gilets jaunes ne porte atteinte à l’image de la  France dans le monde  dont on suppose que le president Macron l’a  relevée avec brio.

Ce serait oublier que cette  image n’était  déjà pas très  brillante . Avant même cette révolte, la  politique  étrangère de Macron  s’était  avérée déplorable.

Pour commencer, il s’est mis à dos  trois grands partenaires : les Etats-Unis, la Russie , la Grande-Bretagne et un nombre important d’autres  pays en Europe et dans le monde.

Le président Trump ne peut pas ne  pas considérer avec méfiance un président notoirement  proche des réseaux  Obama– Clinton qui lui fait une guerre de tous les instants . Macron  en partage les principaux présupposés : mondialisme, bienfaits de l’ immigration, attitude entièrement positive pour l’UE et l’  OTAN, orientations libertaires  ( auxquelles Trump,  qui n’est certes pas  un moraliste patenté,  a cependant mis fin par ses  nominations la Cour suprême). La visite du jeune président à Washington au printemps 2018, ignorée  de la  presse américaine comme un événement insignifiant,  avait été célébrée comme un succès par une  presse francise complaisante . La désinvolture  de Trump  l‘égard du president français  était pourtant visible. Ayant déclaré  avoir  convaincu Trump de  maintenir ses forces  en Syrie, il s’est attitré un démenti cinglant. 

Malgré quelques ronds de jambes ,  Macron n’est pas très   pris  au sérieux non plus  par  Poutine dont il ne partage  aucune de convictions. Alors que  Fillon avait laissé espérer la levée des sanctions frappant la Russie, Macron n’a même pas esquissé un geste dans ce  sens. En Syrie, la volonté de   Macron de maintenir une présence l’OTAN et donc de prolonger l’état de guerre exaspérerait sans doute Poutine si le président français  qui veut  y  prendre la relève des Etats-Unis avait le moyens de le faire de manière significative. Mais l’hostilité est là  : encore plus que leurs  prédécesseurs , Macron et Le Drian s’en tiennent à une rhétorique anti-Assad et donc antirusse. C’est en vain que notre pays  tente d’être admis au processus de paix d’Astana. :  malgré d’assez bonnes relations avec Israël, la France de Macron ,  en raison des fautes de ses prédécesseurs et des siennes propres, pèse désormais peu au Proche-Orient.  Qui ne voit au demeurant que les options  du président russe,   fondées sur l’affirmation nationale , les valeurs morales et religieuses sont exactement inverses de  celles de Macron ?

La France, au travers du commissaire Barnier, en  pleine communauté de vue  avec le président français n’a cessé  de  mettre des  bâtons dans les roues  à la négociation du Brexit.  On doute que les Britanniques  nous en soient reconnaissants.

 

Faire l’Europe contre les Européens

 

Macron a  de grandes ambitions pour l’unité de l’Europe , mais il a commencé par se mettre à dos tous  ceux qui  ne les partagent pas, le groupe de Visegrad, l’Autriche, l’Italie , moins par ces divergences elles-mêmes que par son arrogance et ses  propos offensants. Etait-il nécessaire de les invectiver  du haut d’un  moralisme d’autant plus hypocrite que la France  n’a pas plus qu’eux,  voulu accueillir l’Aquarius ?  Les l’initiatives de Macron en Libye, justifiées dans leur principe, ne pouvaient qu’échouer dès lors  qu’il a voulu court-circuiter l’Italie  l’ancienne puissance coloniale. Un Européen cultivé connait la susceptibilité ancestrale de nos voisins transalpins à l’égard de la France ; Macron est un Européen mais pas cultivé. 

Sur le continent   africain, le nouveau president dont des  proches ont affirmé que le mot francophonie lui fait horreur, cache mal son indifférence. Son discours de Ouagadougou était presque aussi maladroit que celui de Sarkozy à Dakar . Les deux avaient  en commun   une ignorance abyssale des réalités de ce continent  , et une fascination qu’ on ne peut que juger malsaine  pour  Paul Kagame , président du Rwanda qui  est non seulement   responsable de plusieurs millions de morts  (dix fois plus environ que le  premier génocide auquel il se targue d’avoir mis fin )  , mais de plus  insulte la France et l’armée française à jet continu depuis 25 ans.  Qu’ont  pensé les Africains  en voyant Macron faire une campagne active pour que la candidate de    ce dictateur sanguinaire antifrançais soit portée à la tête  de la francophonie ? « Poignez vilain , il vous oindra » : suffit-il  de donner des coups  de pied au derrière de  la France pour qu’elle s’aplatisse ?  Autre leçon : les  grands discours  des Occidentaux sur les droits de l’homme en Afrique  sont totalement hypocrites. La  communauté congolaise de Paris , elle,  a été furieuse.   La France a abandonné la Centrafrique . La Russie  s’y installe  à sa place : on s’en étonne à l’Elysée  et on multiplie les contorsions pour revenir , non sans  quelques maladresses de Mme  Parly.

Le cas Kagame n’est pas un cas isolé. Tout se passe comme si Macron  se trouvait   des affinités  avec les ennemis de la  France et au contraire détestait les   amis traditionnels de notre pays :  Pologne, Russie, Chrétiens d’Orient ( qui ne demandent  que le retour de  la paix en Syrie) .

Comme la haine de soi  ( ou du pays que l’ on incarne) est un sentiment  ignoré hors de l’Europe occidentale, Macron qui ne manque aucune occasion de dénigrer les Français dans les pays étrangers y  apparait comme un extraterrestre. Dans la jungle internationale, ceux qui ne  défendent pas bec et ongles leurs intérêts nationaux  sont  méprisés.  Qu’en est-il de l’opinion des  Chinois qu’il est allé voir ? On craint de le savoir. 

 

Idéologie et haine de soi

 

Une des formes de la haine de soi est l’idéologie. Celle de Macron est assez claire : la priorité n’est pas pour lui de  de défendre  les  intérêts de son pays , comme  il en a reçu le mandat,  mais de promouvoir  la religion européenne , selon une conception supranationale qui , à l’heure du Brexit et du retour des nations,  apparait singulièrement déphasée . C’est de là que découle  sa complaisance pour la proposition  extravagante  que la France cède à l’Europe son droit de véto au Conseil de sécurité.  Il enrage contre les pays et contre les  peuples qui , de plus en plus nombreux,  ne  veulent plus de cette Europe-là . Les idéologues ayant l’injure facile,  ce refus est tenu  par lui pour  une « lèpre ».

Il tente de  mettre l’Allemagne dans son jeu. Elle est le le seul pays avec lequel il n’ait  pas de sérieuses difficultés, ce qui est assez facile dès lors que  , comme avant lui  Hollande, il  s’aligne sur la chancelière sur presque tous les sujets. Parti supplier les Allemands  de se rallier à son projet d’Europe supranationale , il a reçu une standing ovation au Bundestag.   Mais ignorant tout de l’histoire  et du caractère allemand,  il ne mesure sûrement pas l’art de «  finasser » ( finassieren) de nos amis d’outre-Rhin toujours prompts à appuyer les  idées généreuses   ( la paix au  temps de Stresemann, l’Europe aujourd’hui) mais n’oubliant jamais   de  soustraire discrètement les marrons  du feu.  Les Allemands , à qui tout idée de solidarité   financière fait horreur,   profiteront  sans doute de la bonne volonté du president français pour, sous couvert d’Europe de la défense, reconstituer à notre détriment,   avec  l’accord désolant de Macron,  leur potentiel   dans l’industrie  d’armement : déjà le futur char européen, bientôt les constructions navales, en attendant les avions de chasse et l’arme nucléaire.

Il reste que la vision que Macron a exposée au Bundestag : un bloc continental ouest européen  dominé par l’Allemagne ( il ne ne l’a pas dit mais cela va de soi) avec une armée européenne, antagoniste de la  Russie ( cela,  il l’a dit ) mais aussi des Etats-Unis et de la  Grande Bretagne, poussant même  jusqu’à  l’Ukraine, ne peut que rappeler de mauvais souvenirs , même si elle a peu de chances de se réaliser !

En politique internationale comme dans les  rapport  entre les personnes, il faut « aimer son prochain comme soi-même » .  Si Macron voulait  que la France soit aimée  et respectée dans le monde, il aurait fallu qu’ il commence par l’aimer et la respecter  lui-même. 

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 décembre 2018 4 20 /12 /décembre /2018 18:33

Novembre 2018

Il fallait une singulière maladresse pour augmenter les taxes sur le carburant au moment où le  cours du pétrole est reparti à la hausse.

Ce fut la goutte d’au qui a fait déborder le vase. Elle a déclenché le mouvement des gilets jaunes qui n’est sûrement   pas terminé.

Sa cause profonde  n’est pas philosophique : elle est la baisse continue du  pouvoir  d’achat  de presque toutes les  catégories de la population,  laminé mois après mois par la stagnation des salaires et des retraites, la hause de impôts directs ou indirects et des   cotisations sociales.

Sont particulièrement visées les catégories moyennes ou moyennes basses : ceux qui travaillent à plein temps , les retraités ordinaires. Sont épargnés, d’un  côté les très riches , ceux  qui ont un patrimoine principalement financier et qui bénéficieront  de la suppression de l’ISF , de l’autre côté  les titulaires de revenus sociaux ( à l’exception des allocations familiales ) : chômeurs,  titulaires du   RSA, migrants  qui bénéficieront entre autres de la suppression de la taxe d’habitation .

La hausse du gazole va toucher particulièrement  les « moyens pauvres » qui font de longs trajet pour aller  au travail, spécialement en  zone  rurale. Mais les zones rurales, il est clair que le pouvoir actuel n’en  a cure.

La hausse de la CSG touche , elle, les retraités.   Pour compenser les réductions aux deux extrémités de la pyramide, l’impôt sur le revenu et les  impôts fonciers vont  peser plus sur les classes moyennes de tout niveau.

Pourquoi Macron s’en prend-t-il au pouvoir d’achat  des classes moyennes  ?

Il n’a pas le choix.

Se voulant l’élève modèle de la  classe Europe, il  veut réduire les déficits .  A la différence des Italiens, il obéit à Moscovici  le doigt sur la couture du pantalon.

Il ne lui  reste pour ce faire que deux solutions . La première  : réduire les dépenses publiques : il n’en est  pas question. A la rigueur rogner encore   plus sur le budgets régaliens : défense, diplomatie, police mais surtout ne pas toucher    aux  prestations sociales ; il en rajouterait même. N’oublions pas qu’il vient de la gauche. 

Ne reste que la seconde  solution :   l’augmentation de impôts  . Ces impôts ne  peuvent toucher que les classes  moyennes ,déjà accablées ; ce n’est pas son problème .

Le libéralisme de Macron n’a rien  voir avec celui d’une Thatcher d’abord soucieuse d’épargner  les classes  moyennes. Il se situe  au niveau de la  gouvernance mondiale à  laquelle l’écrasement  des   classes  moyennes nationales  ne fait pas peur , si elle n’est  pas délibérément recherchée dans la mesure où cette  classe est encore porteuse de valeurs  et d’identité.

L’impasse dans laquelle Macron  a  enfermé la France est la  même que celle   de Hollande : l’ancien président n’avait su rien faire d’autre que  d’augmenter  les impôts . On continue.  Comment s’en étonner puisque  la politique économique  Hollande était déjà entre   les mains de Macron, d’abord comme conseiller à l’Elysée, puis  comme ministre des Finances ?

 

Roland HUREAUX

 

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20 décembre 2018 4 20 /12 /décembre /2018 18:32

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

LES GILETS JAUNES ONT RAISON DE SE REVOLTER

 

Le mouvement des Gilets jaunes qui s’est levé partout en France ces derniers jours  n’est pas , contrairement  ce que voudrait faire croire le pouvoir en place, une fronde irréfléchie.

C’est au contraire un mouvement profondément rationnel.

D’abord parce qu’il exprime une souffrance bien réelle d’une grande partie des Français. Bien peu sont  épargnés  par la politique économique  de  ces dernières années ( Macron était le conseiller économique de Hollande et en porte donc la pleine responsabilité ). Les classes populaires voient chaque jour se réduire  leur niveau de vie  par la stagnation des salaires,  la hausse   du carburant, du gaz, de l’électricité,  des loyers, des assurances . L’Etat et  les  grandes structures ( GDF, SNCF, mutuelles ),  ont fait du pouvoir d’achat populaire leur variable d’ajustement, croyant que l’on peut indéfiniment  et impunément le rogner  pour équilibrer leurs comptes . Les retraités  connaissent  la hausse de la CSG. Les collectivités locales voient  leurs dotations se réduire. Les agriculteurs,  frappés par les sanctions envers la Russie, le seront  aussi  par le CETA non encore voté mais déjà appliqué . Jeunes  et moins jeunes voient les usines se fermer  et le chômage  s’aggraver.  

Au motif de rechercher une société paradisiaque entièrement « sécure », des réglementations de plus en  plus strictes  transforment  la vie  quotidienne en enfer: écologie  punitive ( dont la hausse du gazole est emblématique), guerres aux conducteurs automobiles,  règles d’hygiène et de sécurité  draconiennes  pour les entreprises . Les tribunaux,   indulgents pour les vrais délinquants,   sanctionnent  impitoyablement un mot de trop et   sont sans pitié   pour  les simples citoyens ou   les policiers : comment ne pas être profondément ému par le  suicide de la jeune policière Maggy Biskupski,  porte-parole pathétique  du malaise  de cette profession  ?   

Les Gilets jaunes ont plus raison qu’on ne croit  car  les politiques qu’ils mettent  en cause,  loin d’être rationnelles , comme le prétend  une  caste dirigeante arrogante et  autiste  -   qui ne voit dans ceux  qui la contredisent  que fainéants, « lépreux », illettrés , populistes -  sont le produit d’une logique folle , souvent  absurde ,  effet  de l’  idéologie et de la fausse compétence.

Comment comprendre  qu’un gouvernement veuille  réduire les déficits sans remettre en  cause les dépenses  publiques , ce qui conduit à l’  écrasement  fiscal du pays , spécialement des classes moyennes ? Comment comprendre que l’on perpétue des méthodes absurdes qui détruisent l’Education nationale  ?  Pourquoi construit-on des éoliennes inutiles qui défigurent  nos paysages ? Comment accepter qu’on  multiplie les structures intercommunales couteuses, alors qu’il était si simple de laisser vivre des  communes,  grandes et petites,  efficaces et gérées à l’économie ?

Comment comprendre que l’on entreprenne des guerres cruelles (Libye, Syrie) , en appui de mouvements  terroristes,   qui multiplient les réfugiés, vrais ou supposés ?

Comment comprendre que sous prétexte  de le moderniser, on désorganise  l’Etat par des réformes incessantes  qui démotivent les agents et coûtent toujours plus cher.

Comment  comprendre que les aides sociales, parfois nécessaires, aboutissent souvent  à ce que  leurs bénéficiaires   vivent mieux que ceux qui travaillent ?

Comment comprendre  que sous prétexte de construire l’Europe , on renforce impitoyablement toutes les disciplines,   y compris monétaire,  suivant un modèle allemand dont  deux guerres mondiales ont montré que le reste de l’Europe n’en voulait pas ?   Que sous le même prétexte ou pour des motifs  purement financiers, on  vende à la découpe à des intérêts étrangers nos industries   stratégiques ( hier Alstom ou Alcatel, demain les constructions navales) ?

Le  progrès a toujours signifié l’amélioration des conditions de vie.  Comment comprendre , alors que  le progrès scientifique et technique  continue  plus  que jamais , que  la « marche en avant »  dont  certains se réclament se traduise par toujours plus de pénitence, de sacrifices , de régression sociale ?

Les logiques technocratiques que suit depuis des années l’Etat  français sont de plus en plus folles. Le macronisme en est la version outrancière.  En les refusant, les gilets jaunes sont du côté de la raison. Remettre en cause  ces logiques folles pour revenir au bons sens est  aujourd’hui  indispensable  à   la survie de notre pays.

Une politique alternative fondée sur le bons sens, c’est ce à quoi  l’association MOUVANCE FRANCE  a décidé de s’atteler. La dégradation de la situation à laquelle nous assistons nous conforte dans l’ idée qu’ il s’agit d’une tâche urgente.     

 

Roland HUREAUX,  Président de Mouvance France

 

Téléphone : 0688952539

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20 décembre 2018 4 20 /12 /décembre /2018 18:31

La crise des Gilets jaunes a montré la grave perte de légitimité des partis politiques français. Les difficultés qu’ils éprouvent   à désigner une tête de liste  aux prochaines européennes témoigne , entre autres signes, de la crise de leadership qui  traverse  tout l’arc politique.

Cela vaut  pour le  parti socialiste mais faut-il parler encore d’un  moribond ?

C’est vaut  aussi pour les  Républicains.

Ce parti a pourtant un chef , Laurent Wauquiez,  qui a reçu   toutes les saintes huiles  qui donnent en France  l’accès  aux hautes fonctions  : Normale Sup, ENA, Conseil d’Etat, un parcours sans faute  qui l’a mené à la présidence de la deuxième   région de France  et de son parti. Ce n’est pourtant pas un secret qu’il a   du mal à s’ imposer tant à sa  formation qu’à l’ opinion :  plus que dans sa personne que beaucoup mettent  en cause , il faut en chercher la cause dans le  travail de sape auquel se livrent  les réseaux   qui veulent rééditer  le coup de 2017 :  Macron   ( ou plus vraisemblablement aujourd’hui une  doublure)   contre Marine le Pen au second tour  de la prochaine présidentielle. Dans cette perspective , Wauquiez est un  gêneur comme l’était  Fillon. Plus ses chances sont grandes, plus il aura du mal à s’ imposer .

La question de la direction des partis ou de la candidature à  la présidentielle   pourrait se régler  par une primaire. Oui, mais voilà : la formule, dit-on,  a déjà été expérimentée  par  les républicains et les  socialistes  en 2016 et  ce fut pour les uns comme pour le autres un fiasco. Comme souvent en France , l’idée est alors  rejetée sans que l’on se donne la peine d’approfondir la question.  

La vérité est que  ce qui a été fait en 2016  n’était  pas  une vraie primaire  -  à l’américaine s’entend.

En bloquant le vote sur  deux week-ends, un pour  le premier tour, un pour second, on instaurait de fait une présélection par la notoriété déjà acquise, c’est-à-dire que l’investiture était   réservée à ceux qui avaient déjà été quelque chose : au minimum président de la République ou premier ministre .  « Il faudrait , disaient beaucoup, du sang neuf  : pourquoi pas Untel ? »  . « Oui , mais qui le connait ? ».   Dans une France qui aspire  profondément  à changer les têtes, la primaire telle qu’elle a été organisée ne pouvait aboutir qu’à  ne pas les changer . 

 

De vraies primaires à l’américaine

 

Les Français ne sont que  trop prêts à imiter l’Amérique quand il ne le faut pas. Autant qu’ils le fassent quand   c’est justifié  : il faudrait pour cela étaler les  primaires sur au moins six mois en procédant  chaque dimanche   à   une élection partielle   dans un groupe de départements  tirés au sort. Seul  un tel système  permettra à des outsiders d’émerger. Gagnant la primaire dans un ou deux départements , ils attirent l’attention des médias et , s’ils sont bons, peuvent continuer  sur la lancée. Aux  Etats-Unis les présidents élus, qui avaient au préalable arraché l’investiture d’un  des grands partis,   ont été  presque tous, depuis Carter jusqu’à  Trump,  à l’exception  de  Bush père et fils , des hommes nouveaux. Rien à voir  avec la France où  les électeurs ont le sentiment  qu’on prend toujours les mêmes. Pour cette raison, la nouveauté désirée, fut-elle illusoire, ne pouvait  venir en 2017 que de l’extérieur des partis classiques qui avaient  organisé une primaire à un seul scrutin.

Une primaire étalée mettrait en outre en valeur la province , surtout   si  la Région parisienne vient à la fin.

Le parti qui tenterait cette expérience occuperait  en outre   le devant de la scène  pendant au moins six mois , ce qui ne  saurait lui nuire.  

Il faut naturellement  faire une primaire ouverte qui ne serait pas  réservée aux responsables des partis ni même aux seuls encartés .

Le choix de la  tête de liste aux municipales de Paris  et de  quelques  grandes  villes où personne ne s’impose : Lyon, Lille,  Strasbourg  pourrait être pour les Républicains l’occasion d’expérimenter le  système.   

Y a-t-il à cette heure  d’autre moyen de   faire émerger des hommes à la mesure des immenses problèmes qui se posent et ainsi de réhabiliter la  politique aux yeux des Français  ?    

 

Roland HUREAUX

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20 décembre 2018 4 20 /12 /décembre /2018 18:30

 

La campagne pur retirer le droit à l’objection de conscience des médecins, la proposition d’inscrire le droit à l‘avortement dans la constitution ou encore les débats sur la nomination du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême montrent , s’il en était besoin,  que la question   l’avortement provoqué n’est pas close. Une question où l’enjeu idéologique occulte largement la réalité vécue  par les premières concernées.

 

Une jeune femme qui se trouve enceinte confrontée aux pressions de son employeur ou de son chef de service qui lui laissent entendre ou font dire qu'encore un congé de maternité, ce n'est plus supportable pour l'entreprise :  gare au prochain "plan social".

Une autre menacée par son compagnon que la paternité affole    d'être plaquée si elle garde l'enfant.

Une troisième, lycéenne mineure que ses parents veulent à toute force faire avorter :  "Tu es trop jeune pour te charger d’enfant. Ce n'est pas raisonnable". Tout le monde lui dit qu'elle risque de gâcher ses études et donc son avenir.  Les professeurs, au moins ceux qui sont au courant, aussi.   Elle n'avait d'ailleurs pas osé au départ avouer sa grossesse.

Ces pauvres femmes se retrouvent seules ; elles ne savent, face à tous ces gens qui les poussent à avorter, à qui se confier.  Les collègues de bureau sont de l'avis de tout le monde, à l'hôpital on ne "juge" pas et donc on ne fait rien pour la dissuader, au contraire. Heureusement la lycéenne   a quelques copines de classe, secrètement admiratives de   sa promotion de fille en femme, pour comprendre son désir de garder l'enfant. Mais feront-elles le poids ?  

Ces cas ne sont pas isolés. Tous ceux qui connaissent la "vrai vie" savent qu’ils sont très répandus, probablement majoritaires.

Le drame des avortements sous pression laisse parfois des traces, intermittentes, dans la rubrique des faits divers. Il y a quelques années, du côté de Bordeaux, un   adolescente était allé voir un avocat pour attaquer en justice ses parents qui l'avaient forcée à avorter. En Bretagne, le petit ami de la fille assassine ses beaux-parents après l'avortement auquel ils l'avaient contrainte et qui avait entraîné leur rupture[1].

N'y a-t-il pas là une bonne cause à défendre pour les associations féministes ?  Ces femmes subissent dans ce qu’elles ont de plus intime des pressions extérieures qui constituent une forme de violence. Des pressions qui, pour la plupart, viennent d’hommes, d'hommes qui, en la circonstance, refusent d'assumer leur rôle de père et   font la preuve de leur lâcheté, n'illustrant ainsi que trop bien une certaine imagerie féministe.  

Ceux qui exercent ces pressions sont presque tous en position hiérarchique : les parents, l'employeur, le médecin, on n’ose plus dire le chef de famille.

 

La Barbe et ivg.net, même combat ?

 

A quand donc l'union sacrée de La Barbe ou des Tumultueuses avec   IVG.net ?

Ce serait possible si les réalités avaient encore une place en politique. Hélas les idéologies on tout envahi.

Loin de défendre les femmes victimes de ces pressions bien réelles, bien plus réelles aujourd’hui que les inhibitions ou interdits qui viendraient de la vieille morale (un fantôme évanoui depuis longtemps), les mouvements féministes ont obtenu du  gouvernement pour qu'il   confère un caractère délictueux aux publications des sites qui tenteraient de donner aux femmes des raisons pour résister à ces pressions. En les informant par exemple à la fois des risques de l'avortement, bien réels eux aussi, et des solutions alternatives (accouchement sous X par exemple). Le délit   d'entrave à l'IVG   instauré à la sauvette en 1992 a été étendu "en urgence" en décembre 2016 aux sites, principalement catholiques, dédiés aux femmes qui s’interrogent. Parlons d'une urgence !

Les pressions que nous évoquons sont d’une légalité douteuse, mais comme elles ne sont jamais sanctionnées, personne ne se gêne pour les exercer. Inciter la femme qui hésite à résister à ces pressions est au contraire puni très sévèrement par la loi. Pire : avec la nouvelle loi  , une femme pour qui l’avortement aura été une expérience douloureuse (et il y en a tant !)    n’a  même pas   le droit de s'exprimer publiquement, par exemple sur Youtube. Elle doit garder sa souffrance pour elle.

La douleur est censurée comme a été censurée par le CSA, puis par le Conseil d'Etat la joie d'une mère qui avait gardé son enfant trisomique.

Car ce n'est pas le réel qui compte, c'est l’idéologie ; ce ne sont pas les souffrances des femmes soumises à des pressions de leur entourage, c'est la symbolique, une symbolique figée, schématique : plus d’avortements, de gauche ; moins d’avortements, de droite et même très politiquement incorrect:  la Marche pour la vie est plus compromettante qu'une manifestation néo-nazie.

On peut aussi bien dire : pour la méthode globale, de gauche ; pour les méthodes classiques :  de droite. Pour Castro, de gauche, pour Poutine, de droite etc.  Tout aujourd’hui n’est plus que symbole.

 

Un champ symbolique simplifié

 

Cette sémiologie simplifiée à l’extrême a envahi tout le champ politique   au point d'interdire non seulement le débat, mais le réel.

La victime de la dégénérescence idéologique, c’est en effet le réel. Le réel qui se trouve forclos (verwerft), selon l'expression de Jacques Lacan, comme le sont   les souffrances de femmes ayant été contraintes à avorter - une souffrance si   politiquement incorrecte que non seulement elle ne doit pas s'exprimer mais que, pire, elle n’est pas supposée exister.  

Les opposants à l'avortement ne sont pas exempts non plus de ce déni du réel :  quand fut abrogée l'obligation de l'autorisation parentale, ils poussèrent des hauts cris, ignorant apparemment que dans la majorité des cas, ce sont les parents qui poussent leurs filles mineures à avorter et elles qui résistent.  

En ce domaine, comme dans d’autres, c’est le réel qui se trouve perdant à ce jeu absurde.

L 'autre nom de l'idéologie est l’absurdité. Mais par derrière, beaucoup de souffrances comme celles que nous évoquions au début de cet article. 

Les féministes se mettront-elles à défendre les femmes vraiment en détresse ? Les changements de pied sont déjà arrivés en politique : la défense des langues régionales était cataloguée autrefois à l'extrême droite :  Mistral était un ami de Maurras. Quand l'auteur de cet article s'était    pointé il y a quelques années à un gala de poésie occitane, il fut pris à partie   par des écolos barbus selon qui, étant de droite, il n’avait rien à faire là !  

L’homosexualité était au temps de Proust associée à une vieille aristocratie décadente et réactionnaire. Encore en mai 68, qui s'en souvient ?  les homosexuels ou ceux qui en avaient l’air étaient catalogués à droite : ils étaient tenus pour des « esthètes », amateurs d'une culture raffinée donc bourgeoise. Les groupuscules de gauche (PC) ou gauchistes (Ligue communiste, UJCML etc.) cultivaient au contraire un style macho, à l’imitation de l'idée qu’ils se faisaient de la virilité ouvrière genre Stakhanov. Comme on voit, les choses ont bien changé. Tout est donc possible.

 

                                                Roland HUREAUX

 

 

[1] Ces faits, déjà anciens, ont été mentionnés le premier dans Marianne, le second dans Ouest-France.  

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