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Roland HUREAUX

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 07:33

L’ENTREE EN SCENE DE TRUMP OBLIGE A UNE REFORME RADICALE DES INSTITUTIONS EUROPEENNES

 

http://www.causeur.fr/trump-europe-changement-russie-brexit-42601.html

 

Pour une Europe à géométrie variable

 

Les critiques retentissantes de Donald Tromp à l'égard de l’Union européenne et même de l’OTAN et son appui au Brexit ont suscité l'indignation et le désarroi de la plupart des responsables politiques de l'Europe occidentale, le premier ministre britannique Teresa May exceptée.

Il était pourtant clair, avant même cette déclaration, que, du seul fait de l'élection du nouveau président américain et de sa volonté affichée de s’entendre avec Poutine, l'Union européenne   se trouvait   remise en cause dans son fonctionnement actuel tel qu'il résulte du Traité de Lisbonne de 2008.

Elle se voit désormais confrontée à un double défi :

- Le Royaume-Uni n'est plus en position marginale mais retrouve au contraire son rôle traditionnel de partenaire privilégié des Etats-Unis ;

- La Russie de Poutine sera elle aussi, d'une autre manière, réintégrée dans le jeu    international, y compris européen, avec le risque que s’établisse un duopole américano-russe sur l'Europe occidentale.  

On ajoutera qu'en cas de crise, analogue à la crise grecque, rien n'assure que Washington viendra à la rescousse de Bruxelles pour forcer un accord de dernière minute, comme ce fut le cas en juillet 2015.

Face à ces données radicalement nouvelles, il est urgent de reconfigurer les institutions européennes pour les adapter à la   situation géopolitique qui en résulte. L'Europe doit "ouvrir ses fenêtres" aux partenaires de son environnement proche et sortir d'une opposition frontale entre les "in" et les "out » qui s'avèrera très vite suicidaire.

 

Au lieu d'un trou noir, une galaxie

 

La solution : s'orienter résolument vers un schéma d’Europe à la carte (qui s'applique déjà d'une certaine manière, tous les membres actuels de l'UE n'étant pas dans l'euro). Remplacer des institutions centrales monolithiques qui, à vouloir concentrer toutes les compétences, pourraient vite devenir un « trou noir », par une galaxie d’agences thématiques spécialisées, sur la modèle de l’Agence spatiale européenne ou de l’OCCAR. Les différents sujets d'intérêt européen qui sont aujourd'hui  traités à Bruxelles  pourraient continuer de  l'être , par le même personnel le cas échéant, mais la participation à chacune de ces agences serait "à géométrie variable",  certains membres actuels pouvant s'en retirer et certains pays aujourd'hui à l'extérieur,  comme désormais  le Royaume-Uni, mais aussi  la Russie et pourquoi pas  la Turquie ou  le Maroc , pouvant adhérer à  l'agence correspondante ou  se joindre à elle pour telle ou telle action. La coopération politique, appuyée sur un secrétariat spécifique, suivrait le même modèle, avec la possibilité d’associer certains pays tiers en fonction de l'ordre du jour.

L'autre solution, aujourd'hui envisagée dans les milieux européens, mène à une impasse. Elle consiste à dire : face aux risques de marginalisation, pour continuer à « peser », l’Union européenne telle qu'elle existe doit serrer les rangs, défendre   très fort l’acquis, s’intégrer si possible davantage.  Concrètement, durcir le Brexit pour punir Londres, maintenir les sanctions envers la Russie (alors même que les Etats-Unis vont les lever bientôt !), continuer de battre froid Donald Trump au nom des "valeurs ».  Qui ne voit que cette voie est une impasse ?   Elle conduirait à placer l'Ouest du continent sous un contrôle encore plus étroit de l'Allemagne, dont la chancelière est affaiblie par ses frasques migratoires   et mal vue par Trump. Qui imaginerait d'ailleurs que l’Allemagne, bordée par une France nécessairement inféodée et donc sans poids, pourrait résister à    Washington, Londres et Moscou coalisés ? Comme aux "heures les plus sombres de notre histoire » !  Le plus probable dans un tel schéma est que les Allemands ne seraient plus que la courroie de transmission du nouveau pouvoir international. On aurait là l'aboutissement paradoxal de soixante ans de la construction européenne : les affaires l’Europe décidées entièrement en dehors d'elle. 

Une Europe à géométrie variable permettrait au contraire, à la fois d'atténuer la rigueur du Brexit et d’éloigner la Russie de la tentation du duopole en la réintroduisant dans quelque chose comme un nouveau « concert européen », de rompre ainsi le front de la mise en tutelle. Même perspective pour la Turquie aujourd'hui contrainte à s'inféoder à Moscou.

Même s'il ne préjuge pas de l'avenir de l'euro avec lequel il n'est pas formellement incompatible, ce schéma obligera les adeptes d’une intégration sur le   modèle monnetiste au sein d'un super-Etat périmant peu à peu les Etats-nations, avec ses frontières, son armée, son drapeau, et pourquoi pas ses timbres, à en faire leur deuil. 

Mais qui ne voit que le modèle de l'Europe bloc contredit la complexité qui est au cœur du génie européen. Comme le dit Jean-Jacques Rosa [1], il s'oppose aux tendances modernes privilégiant, non les constructions monolithiques, mais les   organisations plurielles, souples, interconnectées sans hiérarchie stricte. Ajoutons qu'au moment où la Russie est débarrassée du communisme et les Etats-Unis de ce projet mondial qu’était aussi le néo-conservatisme, le monde    s’éloigne, pour le plus grand bien de la paix, des modèles idéologiques du XXe siècle auxquels on peut, même de manière atténuée, assimiler le projet européen de l'après-guerre.

La réorganisation des institutions européennes que nous proposons n’est pas une option. Qui peut croire que l'édifice actuel (ou ce qu'il en reste) pourra se maintenir longtemps en excluant frontalement les deux principaux centres financiers de la planète (New York et Londres) et la première puissance énergétique et militaire du continent ? 

 Si l'Union européenne ne procède pas à une réforme rapide de ses institutions, dont la France pourrait prendre l’initiative, on peut craindre qu'elle ne coure à une cataclysmique dislocation.

 

                                                           Roland HUREAUX

                                                           Mars 2017

 

 

 

 

 

 

[1] Jean-Jacques Rosa, L'erreur européenne, Grasset.

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 07:31

 

LES   ENGAGEMENTS DE CAMPAGNE CONTRADICTOIRES DE TRUMP RENDENT PEU LISIBLE SA POLITIQUE AU PROCHE-ORIENT

 

http://prochetmoyen-orient.ch/trump-pour-les-nuls/

 

L’apparence chaotique de la diplomatie de Donald Trump peut s’expliquer par l’opposition résolue de la quasi-totalité de l’oligarchie états-unienne à son projet diplomatique tel qu’il l’avait exposé  dans sa campagne électorale : fin des guerres du Proche-Orient inspirées par le régime change, sans autre but apparent que de défendre les droits de l’homme ou d’établir la démocratie dans le monde arabe , priorité à la lutte contre le terrorisme islamique, recherche d’un accommodement avec la Russie de Poutine.

 

L’isolement intérieur de Trump

 

Ces ambitions se heurtent à l’hystérie antirusse d’une partie du pays, spécialement des cercles washingtoniens.  Elles se heurtent aussi au rejet systématique de la personnalité du nouveau président  par la plupart des grandes forces qui  comptent dans le pays  : la quasi-totalité des médias , notamment ceux de la côte Est  , New York Times,  Washington Post, CBS     ( seule exception  notable:  Fox News) , de la plupart des services de  renseignement  (une vingtaine au total),  du département d’Etat , d’une partie de l’armée et de la justice , des membres du Congrès, même républicains, d’un large segment  de l’oligarchie économique ( spécialement le monde de la communication : Hollywood, Gafsa). Face à une si formidable opposition, Trump est obligé de donner des gages en enfourchant les bottes de son prédécesseur, ainsi qu’il l’a fait en bombardant le 7 avril dernier l’aéroport syrien d'Al-Chaayrate après la supposée attaque chimique de de Khan Cheikhoun. Des gages qui contredisent ses promesses électorales. De même, il caresse le Pentagone et l’appareil militaro-industriel par la perspective   d’une augmentation des crédits.

Accusé par ses ennemis d’avoir été élu grâce à l’intervention des réseaux russes, il n’a pu   rencontrer Poutine en tête à tête qu’en marge du G20, le 7 juillet, sept mois après son élection.

Une autre explication à ce manque de lisibilité est le tempérament de Trump lui-même, qui, dans le plus pur style Far West, pense qu’il sera d’autant mieux respecté dans le monde qu’il sera, comme Nixon et Reagan avaient essayé de l’être, imprévisible.

 

La promesse de désengagement se heurte à la volonté de soutenir Israël 

 

Mais nous pensons qu’il y a une troisième raison à son attitude, encore plus décisive : le fait qu’il n’a pas été élu sur une ligne mais sur deux qui   s’avèrent en partie contradictoires.

Le premier est celle que nous indiquions, la priorité à la défense des intérêts des Etats-Unis sur les aventures idéologiques, le pragmatisme face à la Russie, que l’on peut compléter par son hostilité au libre-échange, à l’immigration, son scepticisme vis-à-vis de l’Union européenne et même, par moments, de l’OTAN.   

Mais il y a une seconde thématique qu’il n’a cessé de brandir : le soutien inconditionnel à Israël, allant jusque reprocher à Obama d’avoir été trop timide dans ce soutien. Une des conséquences de cette thématique est la menace de remettre  en cause de l’accord de Washington, conclu au nez et à la barbe de   l’allié israélien avec l’Iran par Obama le 14 juillet 2015.

De fait, chacune des deux   thématiques de Trump se voulait en opposition frontale aux positions prises par Obama. Obama avait été interventionniste – jusqu’ à déclencher, tout Prix Nobel qu’il soit, quatre guerres au Proche-Orient et en Ukraine, Trump ne le serait pas, n’hésitant pas non plus à critiquer le prédécesseur républicain d’Obama, George W. Bush pour la seconde guerre d’Irak. Obama, dont les mauvaises relations avec Netanyahou étaient notoires avait pris quelques distances (toutes relatives) avec Israël ; lui, Trump, s’en rapprocherait.

Rapprochement assez logique si on considère   que dans l’environnement extrêmement hostile dans lequel il se débat, Trump n’a pas besoin d’ajouter encore l’hostilité de l’AIPAC, le puissant groupe de pression pro-israélien de Washington.  Rapprochement symbolisé par le rôle important joué dans son entourage par son gendre Jared Kushner, mari d’Ivanka, à la fois juif pratiquant et sioniste.

La question est de savoir si ces deux lignes sont compatibles.

Le soutien inconditionnel à Israël, conduit Trump à épouser son hostilité radicale à l’Iran, voire la volonté de Netanyahou de régler son compte à ce pays, peut-être au prix d’une guerre, au minimum par un isolement renforcé.

Trump ira-t-il jusqu’ à dénoncer l’accord de Washington ? Il n’en semble pas loin.

En tous les cas, à partir du    postulat d’un soutien inconditionnel à Israël, on revient facilement à la logique des interventions militaires au Moyen-Orient telles que ses prédécesseurs les avaient menées.  

Ces interventions ont eu pour cible principale les régimes arabes de type nassérien ou baasiste, qui s’étaient assigné depuis 1945 l’objectif d’échapper aux logiques tribales ou étroitement religieuses, et de construire des Etats, de modèle français au civil, de modèle soviétique pour ce qui est de l’armée, du parti unique et   des services secrets.   Des Etats, Irak, Syrie, Libye et même Egypte, sur lesquels il y aurait beaucoup à dire quant aux droits de l’homme mais qui garantissaient une certaine tolérance religieuse, en particulier des chrétiens, et valaient mieux en tous les cas que le chaos qui règne aujourd’hui.   Ces Etats rencontraient l’hostilité non seulement des néo-conservateurs américains avides de démocratiser le Proche-Orient mais aussi des dirigeants   israéliens, qui pensaient, à tort ou à raison, que leur existence menaçait la sécurité de l’Etat hébreu.

D’autre part, les Etats-Unis, comme Israël et l’Arabie saoudite, sont préoccupés par l’« arc chiite », qui va du Liban, aujourd’hui dominé militairement par le Hezbollah[1]  à l’Iran en passant par la Syrie de Bachar el Assad (les alaouites dont ce dernier fait partie ne sont pas exactement des chiites et le gouvernement syrien a aussi des appuis parmi les sunnites), mais il est allié de l’Iran auquel il doit sa survie. Paradoxe : au sein de cet arc, se situe le gouvernement irakien qui a été mis en place par Washington et qui est son allié dans la lutte contre Daech, en particulier à Mossoul. Si les Etats-Unis veulent soutenir Israël, s’ils ne veulent pas que les chiites   contrôlent   tout l’Irak et que le gouvernement de Syrie et la Russie ne soient pas les seuls à combattre Daech, ils doivent continuer d’intervenir dans ces pays.

 

Le rôle de l’Arabie saoudite

 

Le meilleur allié d’Israël dans la région est l’Arabie saoudite. Le récent voyage de Trump à Ryad lui a permis de réitérer   le soutien des Etats-Unis mais avec une contrepartie : la cessation de tout soutien de la monarchie wahabite au terroriste islamiste, et une victime :  le Qatar : l’émirat aussi   était un allié d’Israël   mais il s’était rapproché du Hamas et de l’Iran, ayant intérêt à cogérer avec celui-ci l’immense nappe de gaz que les deux pays se partagent.

De même, les Etats-Unis ne peuvent que continuer à appuyer l’Arabie dans la guerre qu’elle fait    à l’Iran au Yémen par milices interposées.

On le voit : dès lors qu’il a fait de l’appui total à Israël un principe de base, il reste peu de marge de manoeuvre à Trump pour mener au Proche-Orient une diplomatie très différente de celle de son prédécesseur.

Les conséquences de cet engrenage se font nécessairement   sentir sur les relations avec la Russie. Poutine soutiendra jusqu’au bout le gouvernement de Bachar el Assad et prend mal que les Etats-Unis, en violation du droit international et en soutenant au besoin Daech, comme récemment à Deir-es-Zor[2], empêchent Assad de reconquérir tout le territoire syrien et peut-être même planifient encore son renversement.

D’autre part, il est douteux que la Russie, ni même la Chine acceptent que les forces israéliennes ou saoudiennes pénètrent en Iran. La Russie a fourni à celui-ci les redoutables fusées antimissiles S 300 et les S 400 russes, les meilleures fusées antiaériennes qui soient, ont toute la région à leur portée. 

Il est clair que si Trump veut rompre avec la politique belliciste d’Obama, il devra faire, sinon des choix tranchés qui ne sont pas dans les habitudes des diplomates, du moins passer des compromis avec tous les acteurs de la région. 

 

Roland HUREAUX

Septembre 2017

 

 

[1] Stratégie du chaos ou pas, le désordre qui a régné pendant 15 ans au Liban a permis l’émergence de cette milice plus aguerrie que les autres et qui constitue une menace pour Israël.

[2] Le 17 octobre 2016, à Deir-es-Zor, dans l’Est de la Syrie, l’aviation américaine est intervenue pour soutenir Daech qui était sur le point d’être chassé de la ville par les troupes gouvernementales.

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 07:30

Après les mesures prises par Macron en  ce début d’année,

 

LA CHAPE DE PLOMB   S’APPESANTIT  SUR LA FRANCE  

 

https://www.causeur.fr/vitesse-80-fake-news-macron-prix-149158

 

Après un discours de vœux présidentiel assez plat, la rentrée a été inaugurée par trois coups de massue qui laissent pressentir  ce qu’est  la véritable nature du macronisme. 

D’abord une hausse sans précédent des tarifs publics : Fioul domestique + 36 %, Electricité =17 %, Forfait hospitalier : + 15 %, Cartes grises + 15%, Tabac + 10, %, Timbres + 10 % etc.

Toutes ces mesures vont frapper les classes populaires, d’autant qu’elles s’accompagnent d’une hausse de la CSG (+ 21,7 %) ciblée sur les personnes âgées. Or les  revenus, salaires et retraites,  stagnent, on le sait,  depuis des années.

Peut-être certaines de ces hausses étaient-elles nécessaires, mais comment justifier celle  des frais bancaires de 23 % qui va peser principalement sur ceux qui ont  du mal à joindre les deux bouts. Il est clair que les banques qui comptent sur ces frais  pour rattraper certaines folies spéculatives ont été mieux entendues par l’ ancien banquier qui trône  à l’Elysée que ce que Christophe Guilluy appelle la « France   périphérique ».

Il est probable qu’ avec ces coups  de matraque, la suppression promise de la taxe d’habitation, sera vite absorbée et au-delà. 

Va  dans le même sens, la décision d ’abaisser la vitesse limite sur route à 80 km/h et de renforcer toute une série de sanctions, comme  celles qui frappent l’usage du portable en voiture. Les amendes de stationnement  seront augmentées de 130 %, pas moins. Ces mesures sont d’ une utilité douteuse : elles vont sauver des vies , dit-on. Peut-être,  mais pourquoi ne pas instaurer la  vitesse-limite à 0 km/h pour avoir 0 accident  ? Le nombre d’accidents mortels a considérablement baissé depuis plusieurs années.  En tous domaines, la sécurité absolue, c’est la fin des  libertés. Elle n’existe  que dans les cimetières.

Mais est-ce vraiment pour améliorer  la sécurité  routière que  ces mesures  ont   été prises ?   N’y  a-t-il pas là aussi la volonté de cogner, dans un domaine où la légitimité de règles de plus en plus sévères   et de sanctions de plus en plus lourdes est difficile à contester.  La sécurité routière est plus facile  à assurer que la sécurité tout court pour laquelle le gouvernement n’a aucun plan.  Il est plus facile de transformer en délinquant un  honnête homme qui roule à 85 km/h sur une route départementale que d’ attraper les vrais délinquants. Sarkozy en début de  mandat avait déjà usé de cette ficelle  en frappant fort  sur… les prostitué(e)s du Bois de Boulogne. Le discipline  routière  est une bonne école pour la discipline ou court : elle habitue le public à obéir à la manière forte .  Elle est comme la marche  au pas dans la caserne : exercice apparemment sans conséquence mais qui  donne aux  conscrits le pli d’ obéir sans murmurer.

La  troisième  mesure n’est  qu’annoncée mais elle est encore plus  inquiétante : la volonté de contrôler les   fausses nouvelles  circulant sur internet  , particulièrement dans les réseaux sociaux . Ce projet ne concerne pas que les  périodes électorales : les pouvoirs du CSA d’ interdire l’octroi d’un canal  numérique à certains seraient accrus  .  Mais en période électorale, la porte serait grande  ouverte , pour  demander au juge de dire le vrai  et le faux. L’immixtion de l’autorité judicaire dans le processus électoral est contraire à  toutes les traditions républicaines de notre pays. Macron a  été élu  grâce  à elle ( affaire Fillon) ;  il est visible que, se sentant quelque part vulnérable, il compte sur elle pour se faire réélire. Il  est vrai que la loi de 1881 sur la presse sanctionnait déjà  la diffusion de fausses nouvelles. Mais ni la police,  ni la justice n’avaient jamais fait de  zèle sur ce  sujet et cela concernait   la scène publique,  pas les correspondances numériques dont beaucoup ont une caractère privé. Dans un pays où près de 95 % des médias  soutiennent  le gouvernement  , comment ne pas voir  dans cette intention,  le projet d’une réduction totalitaire du dernier  espace de liberté qui demeure : la toile ?  Macron et Erdogan, même combat ?

 

Un gouvernement illibéral

 

Ainsi se précise peu  à peu le plaquage  sur la France d’une chape de plomb  qui n’a rien à  voir avec l’allure décontractée  et branchée , soi-disant « libérale »,   que se donne le président. 

Chape de plomb  que l’on observe déjà dans d’autres domaines : l’étouffement progressif des  collectivités locales par la diminution des dotations, la quasi disparition de l’ opposition au sein d’ une assemblée aux ordres où la majorité  n’a , faute de compétence et d’ancrage local, pas les moyens de contrôler le pouvoir.   

Si  les Ordonnances travail accroissent quelque peu la liberté  des  patrons ( on s’en aperçoit avec la vague de licenciements qui en a été l’effet immédiat ! ) , elles rendent une partie de la population plus vulnérable et donc plus malléable. Ces textes prétendus  libéraux  contiennent  au demeurant quelques  dispositions également dangereuses pour les libertés : si, comme il est normal, les indemnités de licenciement accordées  par les tribunaux sont désormais plafonnées, elle ne le sont pas s’il est possible d’alléguer une  discrimination quelconque (femmes, non-blancs, musulmans, homosexuels etc.). Le règne du politiquement correct  judicaire n’est pas près de se terminer  : on  s’en rend d’ailleurs compte   au vu  des poursuites en cours. 

La politique de Macron a bien peu à voir avec le vrai libéralisme. Les décisions fiscales : l’ exonération de l’ISF des seules  très grandes fortunes, financières, la suppression de la taxe  d’habitation,  vont prendre en sandwich les classes moyennes , déjà écrasées mais seules à  même de compenser les pertes de recettes. Il est déjà  question d‘un super impôt foncier  dont seraient exonérés les investisseurs étrangers ou d’augmenter la taxe foncière, déjà très lourde dans beaucoup de communes . N’est ce pas la liberté qu’on veut écraser en prolétarisant   les couches  intermédiaires  instruites et enracinées, à même donc  d’avoir encore quelque sens critique ? L’Empire romain finissant n’ avait pas procédé autrement : une population accablée d’impôts glissant peu à peu dans le servage , à l’exception des très fortunés, la ruine  des classes moyennes,  un encadrement quasi-totalitaire des  populations.  

Ne nous sera même pas épargnée la suite du grand remue-ménage des structures    locales, parfaitement inutile et toujours  coûteux : il est bien connu que  les animaux de laboratoire dont on bouleverse sans cesse les repères  territoriaux deviennent amorphes ! 

 

Aucun effort pour réduire la dépense publique

 

Fort peu libérale est aussi l’absence dans le gouvernement actuel   de la moindre velléité de réduire  les  dépenses  publiques, qui atteignent déjà le record mondial, sauf les dépenses régaliennes (armée, justice), les seules auxquelles il ne faudrait  pas toucher. Comme Hollande, Macron a l’intention de respecter les critères  de la zone euro : moins de 3 % de déficit, sans toucher aux dépenses sociales.  Il ne lui reste qu’à augmenter les impôts : scénario connu.

Ne nous y trompons pas : la plupart de ces mesures ont été imposés de l’extérieur, en particulier de  Bruxelles. En moins grave pour le   moment, le  traitement qui est appliqué à  la France ressemble à celui, totalement inhumain, que l’Union européenne inflige à la Grèce.  

Derrière une diplomatie virevoltante (et non exempte de  bourdes ), il y a la volonté de renforcer  une Europe supranationale qui ne pourra être qu’ allemande : la chape de plomb d’une discipline monétaire et financière, l’intolérance à la dissidence, l’ouverture  à  une immigration sur laquelle on compte à  la fois pour payer les retraites  et affaiblir  les traditions nationales. On peut y ajouter la tendance déjà  vieille de plusieurs décennies d’appliquer tous les règlements  à la lettre sans cette flexibilité qui faisait le charme des pays latins.   Même si  le gouvernement  de  Berlin est pour le moment  en crise, l’esprit  est là.

Dans la plupart des  domaines, les logiques  technocratiques, les mêmes qui depuis longtemps suscitent l’exaspération  des Français : réduction du nombre des  communes, urbanisme de plus en plus contraignant, multiplication des vaccins   obligatoires, installation d’éoliennes, réformes de l’Etat démobilisatrices,   ne sont pas remises  en cause  mais seront aggravées. Pour les bureaux qui les promeuvent, l’exaspération que la plupart de ces logiques suscitent chez les Français ne sont pas interprétées  l’expression légitime d’une autre rationalité qu’il conviendrait de prendre en compte  mais comme une résistance irrationnelle qu’enfin la conjoncture  politique permet de briser.    L’Education   nationale , confiée à Jean-Michel Blanquer sera-t-elle l’exception ?  On demande à voir.

Si le mesures  qu’a prises ou  ou s’apprête à  prendre le présent gouvernent, ne suscitent pas de réaction significative, il est à craindre que notre pays ne s’enfonce peu à peu dans un nouvel un âge de fer où l’esprit de liberté qui l’a longtemps caractérisé ne serait  plus qu’un souvenir.

 

Roland HUREAUX

Javier 2018

 

  

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 07:28

https://fr.aleteia.org/2017/10/30/roland-hureaux-la-provocation-independantiste-de-la-catalogne-condamne-leurope-des-regions/

 

La tentative de coup de force séparatiste de la part de la Generalitat de Catalunya, a révélé une crise du modèle fédéral du royaume d’Espagne. Pourtant ce modèle paraissait équilibré, comme une bonne illustration du principe de subsidiarité. Cette crise était-elle prévisible ? 

 

Je ne crois pas que ce que vous appelez le modèle fédéral espagnol ait jamais atteint son point d’équilibre.

Il  ne résulte nullement de l’application du principe de subsidiarité,  mais du contexte particulier de l’Espagne. Certaines régions espagnoles comme la Catalogne ou le  Pays basque sont caractérisées depuis longtemps par un particularisme, dû notamment à l’existence d’une langue propre.

Le régime franquiste si honni par le politiquement correct européen,   s’est fondé  à partir de 1936 sur la défense de l’unité  de l’Espagne contre toutes les formes de séparatisme. Après la mort de Franco en 1974 et la démocratisation  qui a suivi, il a paru normal de rendre à  ces régions une large autonomie,  le retour à la monarchie facilitant une forme d’ « union  personnelle » qui ne supposait pas des institutions  unifiées d’une région  à l’autre.

Mais le fédéralisme espagnol a été empoisonné pendant quarante  ans par le  terrorisme basque auquel  il n’a été mis  fin que  très récemment. Les Catalans apparaissaient alors plus raisonnables que les Basques. Aujourd’hui , c’est l’inverse . Depuis que la situation s’est normalisée au Pays basque,  elle s’est détériorée en  Catalogne . Le jeu de la Généralité (vieux nom historique pour désigner  le gouvernement provincial ) avait  été tout au long de ces années,  en échange de son maintien formel dans l’unité  espagnole,  de tirer le plus d’avantages  possibles  de Madrid de telle  manière que cette région,  plus riche que les autres,  se soustraie de plus en plus à la solidarité   nationale .

Aujourd’hui , cela ne suffit plus à une importante minorité de Catalans (environ 40 %) qui terrorise    la majorité qui ne veut pas  se séparer de l’Espagne ; les formes de ce terrorisme sont diverses ,   la principale étant  la quasi-interdiction de la langue espagnole.

Une telle opération tendant à l’élimination du castillan (espagnol),  n’aurait pas été possible,   notons-le au passage,  avec le basque,  langue pré-indo-européenne, compliquée et inadaptée au monde moderne  alors que le catalan est facile.

Je n’ai  pas d’explication décisive à  cette évolution : on incrimine la richesse des Catalans  qui, dans un mode où le libéralisme a développé un peu partout  l’égoïsme,  ne veulent plus partager.  Mais je ne crois pas que ce soit seulement une question d’argent . Il  faut aller chercher plus loin : la déchristianisation conduit au  nihilisme. Le nihilisme appelle des idéologies  de remplacement. L’aile gauche de l’indépendantisme catalan, qui est aussi son aile marchante,  associe la nationalisme à toutes les formes du nihilisme contemporain : immigrationnisme ( qui, couplé  avec la dénatalité, menace à terme de plus en plus rapproché  la survie même du peuple catalan , ce dont  personne,   là comme ailleurs,  ne se préoccupe ), liberté  des moeurs, remise en cause de l’héritage historique etc. Sur le terrain propre à la Catalogne, la recherche d’une idéologie s’est greffée  sur la vieille revendication  autonomiste pour en faire un indépendantisme extrémiste. Les Basques avaient connu cela avec l’ETA qui n’était pas seulement  un parti indépendantiste mais aussi un parti révolutionnaire de type marxiste-léniniste.

 

Le gouvernement espagnol est décidé à prendre le contrôle de l’exécutif catalan, au risque de durcir les oppositions. L’épiscopat, qui apparaît sensiblement divisé, pourrait jouer un rôle de médiation, mais comme le Vatican, semble hostile à toute solution contraire au respect de la Constitution. Est-ce surprenant ?

 

Le gouvernement espagnol a pris ses  responsabilités en s’appuyant sur la Constitution  qui, tout en permettant de larges autonomies , verrouille assez bien l’accès à l’indépendance.  Je note que  dans  l’Europe éclairée , très peu le lui reprochent.

Même le pape François, d’habitude  si politiquement  correct, soutient le gouvernement espagnol.

Il parait en effet que les archevêques de Madrid et de Barcelone ont eu des entretiens avec les deux parties. Je serais cependant étonné que l’Eglise,  affaiblie par la déchristianisation et qui, sur certains sujets sensibles comme l’immigration, fait preuve d’une singulière irresponsabilité , ait encore un crédit suffisant pour  aboutir à un résultat. Mais pourquoi pas ?  

 

Depuis longtemps, l’Union européenne favorise la montée en puissance des régions en Europe aux dépens de la souveraineté des États nationaux.  Pourtant, les autorités de Bruxelles donnent l’impression de redouter désormais un régionalisme déstabilisateur. Va-t-on revenir à une politique européenne plus raisonnable ?

 

Oui, je crois que l’on est en train de faire à Bruxelles un virage à 180 ° . Pendant des années la politique  de Bruxelles  avait  été de promouvoir l’ « Europe des régions »  ( au mépris , on le notera au passage,  de la théorie du fédéralisme selon laquelle   le niveau 1 ne connait que le niveau 2, délégant au niveau 2 les relations avec les niveaux inférieurs. ) Pour des  pays assez solides comme la France, cela n’a pas eu encore de conséquences dramatiques ;  mais pour des  pays plus fragiles comme  l’Espagne, il en a été autrement  . La  raison  de cette politique européenne était d’abord  , vous le dites, d’affaiblir les Etats   pour  faire prospérer sur  leur déchéance l’instance supranationale, les régions apparaissant comme une sorte d’ « allié de revers ». Paradoxe : les nationalismes corse , basque,  catalan ,  kosovar apparaissaient politiquement   corrects alors que le nationalisme français, allemand,  espagnol ,  serbe, russe était assimilé au nazisme.   Derrière cette théorie ,   on repère  l’influence de l’Allemagne qui , forte de    son homogénéité ethnique par-delà même  ses frontières  ( Autriche,  Suisse , autrefois Sudètes ),  s’est toujours  attachée à promouvoir  (  notamment en 1940-44)  les revendications ethnicistes  dans le reste de l’Europe  pour affaiblir les autres  pays. C’est ainsi  que  l’Allemagne  a poussé autant qu’elle a pu en faveur de l’adoption de la Charte des langues régionales mais aussi de   l’éclatement de la Yougoslavie aujourd’hui divisée en sept  Etats  ( J’ai  noté que l’Espagne a eu la sagesse, presque seule en Europe occidentale , de ne pas reconnaitre   le Kosovo indépendant) .  

Bruxelles  a constaté récemment qu’il était plus facile de faire appliquer ses directives dans un Etat unitaire  comme la France que  dans des pays fédéraux comme l’Allemagne ( où  il lui  faut parfois négocier  avec  les 15 Länder) ou la Belgique : avec-vous noté que c’est la Wallonie et non la Belgique, ni aucun autre Etat,  qui a fait des difficultés pour adopter le traité de libre-échange  avec la Canada ?  

Mais en Catalogne, Bruxelles est confronté, pour la première fois de manière aussi grave,  aux conséquences catastrophiques   que pourrait avoir un peu partout  la déstabilisation des Etats . L’indépendance de la Catalogne entrainerait l’éclatement de l’Espagne, des tensions en France (surtout en Corse) ,en Italie, au Royaume-Uni, en Belgique . Et si le nationalisme local   triomphait partout ,   comment l’entreprise européenne ne serait-elle    pas remise  en  cause , d’autant qu’elle en porte en partie la responsabilité  ?    Un peu comme le retour à la surface des  traditions gauloise, ibérique ,   germanique, bretonne  au  Ve siècle  ( stimulé  par les invasions barbares) avait  entrainé la dislocation de l’Empire  romain.

Entre son idéologie régionaliste et  un  réflexe élémentaire de survie, l’Union européenne a fait le choix de  la survie. 

 

 

 

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 07:27

CATALOGNE : LA RECREATION EST FINIE

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Le-regne-du-mensonge-histoire-du-communisme/Catalogne-la-recreation-est-finie

La Catalogne avait tout pour plaire au  courant dominant (mainstream) européen : une forte identité mais régionale, pas nationale,  non exclusive  d’un vif  sentiment europhile,  Bruxelles apparaissant comme un garant de l’autonomie  face  aux tentations  unitaires de Madrid ;  le souvenir de la guerre civile où  cette province se trouvait du   côté « sympathique » , celui des républicains, une large ouverture à  l’immigration ( plus de 15 % de la population) , la métropolisation ( 5,5  des 7,5 millions de Catalan vivent   dans l’agglomération de Barcelone),  une grande tolérance de mœurs:    paradis des rencontres  « gay », de la prostitution (certains villages y sont entièrement dédiés) et   jusqu’ à un date récente, des  Françaises  allaient se  faire avorter à Barcelone ; sur la voie royale menant du Maroc  à l’Europe, le cannabis  y était quasi en vente libre.

Au sérieux traditionnel que l’on reconnait au peuple catalan, s’ajoutait ainsi une image de modernité progressiste de bon aloi.

On se serait attendu à ce que le mouvement pour l’indépendance soutenu par près de la moitié de la population, avec des appuis à droite mais surtout à gauche et à l’extrême gauche, reçoive tout naturellement l’aval de la nomenklatura politique et médiatique ouest-européenne.

Las, les choses se sont gâtées.

Les élites européennes prennent peur

La perspective de l’ indépendance se rapprochant, sous l’impulsion de l’actuel gouvernement régional catalan de Carles Puigdemont et sur fond de grave crise des partis nationaux ( populaire, socialiste)  , les forces qui dominent l’Europe ont vu  tout à coup avec effroi le danger que représenterait  une indépendance « pour de bon »  de la Catalogne:  la contagion  à d’autre provinces espagnoles, à la Corse, des tensions accrues entre les régions italiennes ou belges, un  précédent pour l’Ecosse .   Comme il s’en faut de beaucoup que l’idée d’indépendance fasse l’unanimité dans ces régions, où l’opinion est généralement divisée par moitié, les risques de guerre civile pointaient un peu partout. S’agissant de la Catalogne elle-même, qui pouvait dire si l’ordre public serait sérieusement assuré par un gouvernement régional habitué depuis longtemps à se positionner contre l’Etat  sur un territoire qui intéresse de plus en plus les réseaux mafieux ? 

L’Union européenne qui avait si ardemment   encouragé la dislocation de la Yougoslavie et si longtemps prôné une « Europe des régions » destinée à affaiblir les Etats, a tout à coup perçu le danger : elle    ne peut pas se permettre une dislocation de l’Espagne et une fragilisation de toute l’Europe méditerranéenne, dont les économies sont déjà affaiblies par    la toute-puissance d’un euro plus fait pour l’Allemagne que pour elles. C’est toute l’Europe occidentale qui en subirait le contrecoup ; la construction européenne pourrait même être remise en cause.

Au même moment, Bruxelles prend  conscience qu’il est plus facile de faire appliquer les directives européennes dans un Etat discipliné comme la France que dans quinze  länder allemands : le régionalisme débridé pourrait passer de mode.

Devant la provocation que représentait l’organisation d’un référendum sauvage par la Généralité, le 1er octobre dernier, le président du gouvernement Mariano Rajoy n’a fait que son devoir en faisant intervenir la police de manière parfois musclée pour empêcher les opérations de vote. L’unité de l’Espagne a reçu   l’appui du roi Philippe VI.  En d’autres temps, l’opinion européenne, toujours portée à la sensiblerie, aurait crié à la provocation, dénoncé les violences d’Etat, la répression policière. Mais elle a au contraire appuyé Rajoy.   Juncker, Macron et même   le pape François sont venus à sa rescousse.  

La grande manifestation du 8 octobre à Barcelone a montré que, quand le contexte s’y prête, la fermeté emporte autant l’adhésion que la gentillesse. Et en tous les cas qu’une partie substantielle des Catalans ne voulait pas couper les ponts avec Madrid.

Ces événements et le retour à l’ordre qui s’amorce, rappellent, après des années de « fête catalane » un peu irresponsable, que la politique est une chose sérieuse et qu’elle peut même parfois virer au tragique. La question de l’unité de l’Espagne ne fut-elle pas, au moins autant que   la question religieuse et bien plus que la lutte des classes, au fondement de la guerre civile espagnole de 1936-1939 ?  

En Catalogne, la récréation est finie.

 

Roland HUREAUX

Novembre 2017

 

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 07:23

 UN TERRORISME NI BARBARE, NI AVEUGLE, NI INCOMPREHENSIBLE

 

Le souci de se trouver en phase avec des évènements liés au terrorisme, qui ont stupéfié beaucoup de nos compatriotes, doit-il conduire à une escalade de qualificatifs emphatiques qui n'ont pas le seul inconvénient de la répétition, voire de la trivialité, mais aussi celui d’induire en erreur sur la véritable nature du phénomène en cause ?

 

Ni barbare

 

A peu près tous les éditoriaux nous ont dit ainsi   que les attentats de Nice et de Saint Nicolas du Rouvray étaient « barbares ». Pitié pour les barbares qui méritent mieux que ça !  Au moins ceux de l'Antiquité, les vrais.  Le mot signifiait pour les Grecs, des hommes qui balbutiaient, c'est-à-dire   qu'ils ne parlaient pas le grec, ni plus tard le latin.  Aux Ve et VIe siècle de notre ère, ces hommes, Germains ou Asiates, venus du Nord et de l’Est, se sont jetés sur l'Empire romain moribond parce que, refroidissement climatique oblige, ils n’arrivaient plus à vivre chez eux. Ils en ont alors occupé la partie occidentale. Mais quand ces barbares   se jetaient sur une ville, il ne ne se livraient pas à des violences gratuites, ils pillaient les biens (le vase de Soissons !), ils violaient les femmes et même ils s’appropriaient les terres.  Rien qui, d'une certaine manière, ne sorte des bornes de la nature humaine ordinaire.

II est vrai que côté Sud, au VIIe siècles sont venus d'autres barbares, les Arabes du désert, dont les motivations de base n'étaient guère différentes mais qui en avaient une de plus : répandre l'islam. La fureur des combats passés, ils imposaient aux adeptes des religions vaincues le statut de dhimmis, c'est à dire de protégés et les contraignaient à payer un impôt spécial. Très vite, le zèle religieux se refroidissant, beaucoup de ces nouveaux maîtres ont préféré freiner la conversion des   peuples conquis pour préserver les rentrées fiscales.

 

Ni aveugle

 

On nous dit aussi que le terrorisme est "aveugle". Il est vrai qu’il suppose des dommages collatéraux importants. Ainsi   à   Nice près du tiers des victimes de la promenade des Anglais étaient, dit-on, des musulmans. Les dommages collatéraux, frappant la population civile, les Occidentaux connaissent :     20 000 civils en Yougoslavie, 500 000 en Irak, 160 000 en Libye. Les terroristes n'ont pas été les seuls à frapper en aveugles. Pourtant les terroristes - ou leurs commanditaires - ont visé chaque fois des cibles hautement significatives : un journal jugé blasphémateur (Charlie), un lieu d'amusement populaire jugé satanique (le Bataclan), la République elle-même (le 14 juillet à Nice) puis l’Eglise catholique. Le terrorisme est, on le voit, tout   sauf aveugle.

Il est vrai qu'on nous dit généralement que le meurtrier est   un forcené, un déséquilibré, quitte à se raviser ensuite. Les forcenés, les vrais, oui, sont aveugles mais la vague de terrorisme que nous connaissons aujourd'hui n'est pas, pour l’essentiel, le fait de forcenés.

 

Par-delà la haine, l'idéologie   

 

Autre lieu commun : les tueurs seraient mus par la haine la plus absolue. Nous n'avons pas eu leurs confidences puisqu’ils sont généralement morts dans les attentats. Mais depuis l'attentat de Sarajevo (1914), l'Europe a déjà une longue expérience du terrorisme.  Invoquer la haine exacerbée, c'est oublier que la plupart des meurtriers auxquels nous avons affaire ne sont que des exécutants qui se sont engagés pour une cause et ont promis d'obéir aux ordres quels qu’ils soient, même au prix du sacrifice de leur vie. Rien ne dit que les tueurs de Saint Etienne du Rouvray n’avaient pas au fond d'eux-mêmes horreur   de tuer un prêtre ou un vieillard. Derrière, se trouvent des commanditaires mus par une idéologie : le dessein de tuer est pour ceux-ci le terme d'une chaîne de raisonnement logique, trop logique, dont on connait les prémisses :  il y a une lutte morte entre l'islam et ce qui n’est pas l'islam. Gagneront ceux qui n'auront pas peur de tuer. Choisissons donc les cibles qui auront le maximum de retentissement. S'il y a sans doute de la haine dans cette démarche à caractère idéologique, les prémisses en sont d’abord de mauvaises idées

L'idéologie, c'est deux   choses : d'abord une   vision simplifiée du réel qui pose les prémisses d’un raisonnement fou, mais d'un raisonnement quand même    logique, ensuite la maîtrise d'un pouvoir, pouvoir d'Etat ou pouvoir sur une organisation. Hors du pouvoir, les idéologues ne sont que de doux rêveurs. Au pouvoir, ils sont le plus dangereux des hommes.

Plus que de haine, il faudrait parler de possession, dans la mesure où ceux qui entrent dans la logique idéologique, généralement terroriste, sont tenus par cette chaine de raisons à laquelle ils ne trouvent pas d’échappatoire.  Prisonniers d'une certaine conception du monde, ils n’y voient généralement pas d'alternative sauf à changer complètement leur vision, à se convertir ou reconvertir.

 

Rien d'incompréhensible

 

Il est dès lors absurde de dire que le terrorisme est "incompréhensible". Le mécanisme idéologique tel que nous venons de le décrire n'est pas nouveau: à l’œuvre depuis longtemps, il explique en grande partie les crimes qui ont eu lieu dans les régimes totalitaires du XXe siècle lesquels dépassent largement ceux du terrorisme : 40 millions de victimes en Union soviétique, 80 millions en Chine, 50 pour l'Allemagne nazie (en incluant la guerre qu’elle a provoqué) etc.

Dans tous les cas, il est faux d'imaginer que ces crimes ont été commis par des assassins mus par une haine exacerbée, comme le serait celle d’un mari jaloux ou d’un homme voulant se venger d'une offense.    Ce genre de haine reste, elle aussi, dans l’ordre de la nature. Le crime idéologique est, lui, le produit d'une mécanique froide dont il n'est pas exclu que chacun des maillons déteste ce qu'il fait. Il y a des crimes individuels qui partent des tripes. Les grands crimes historiques, eux, partent d’abord d’idées folles.  Haine ou racisme au départ, certes, mais que le mécanisme idéologique élève à la puissance x.   

Comment ont germé ces idées folles, est une autre histoire.  Mais n'oublions pas que le plus grand des péchés est l'orgueil, qui peut échauffer l'esprit hors de toute mesure.

La société ne survivra pas s’il n'y a pas des hommes et des femmes lucides, gardant en toutes circonstances une froide capacité d'analyse, pour      tenter de maitriser l'irrationalité apparente des évènements.  La première chose que nous devons aux victimes de ces crimes atroces (pour le coup l'épithète est justifiée mais elle ne prétend à aucune fonction explicative) est de comprendre, pas pour être "compréhensif " naturellement, mais comprendre pour combatte, combattre pour mettre un terme à ce qui s’apparente à une grave maladie intellectuelle peut-être propre à la modernité.

 

                                                           Roland HUREAUX

 

 

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 06:29

ANGELA MERKEL EST-ELLE RESPECTABLE ?

 

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Angela-Merkel-est-elle-respectable

 

Avant qu’Angela Merkel n’essuie une défaite retentissante au élections allemandes de dimanche dernier - ce qui ne l’empêchera sans doute pas de continuer à gouverner -, la bienpensance internationale ne tarissait pas d’éloges pour elle : Obama, Macron et même le Pape François qui lui envoie des compliments   dans son dernier livre pour avoir accueilli un million de migrants. Il avait même été question un moment de lui décerner le Prix Nobel de la Paix.

Certains émettent il est vrai  quelques réserves sur l’opportunité politique de cette admission qui a multiplié les troubles à l’ordre public en Allemagne (alors que le premier devoir d’Etat de la chancelière est de les empêcher), développé des réactions de rejet et, aux dernières élections,  fait entrer Alternative fur Deutschland au Bundestag : nous  ne  le tenons nullement  pour un parti néo-nazi comme le dit une certaine  presse, mais cette entrée en scène n’était sûrement pas le  souhait de la chancelière.

Et ce n’est pas fini : si ce parti n’a obtenu que 13 % de voix, qui sait ce qu’il en sera dans le futur ? La forte minorité musulmane verra son  poids   croître du fait de l’énorme différentiel de fécondité entre autochtones  et immigrés.   Même si les frontières allemandes sont fermées, l’exaspération va monter ; elle pourrait faire advenir au pouvoir un vrai parti d’extrême droite. Nous   connaissons le tempérament bipolaire de nos amis d’outre-Rhin. La constitution de la République de Weimar passait pour la plus démocratique du monde, sa société pour le plus ouverte d’Europe, on connait la suite. Pour toutes ces raisons, certains trouveront la politique d’ouverture d’Angel Merkel quelque peu légère, voire irresponsable.

 

La responsabilité de Merkel dans la guerre de Syrie

 

Mais ce n’est pas de ce point de vue que nous nous plaçons. Au fur et à mesure que les événements de 2015-2016 s’éloignent de nous, nous percevons mieux ce qui s’est passé.

Qui dit refugiés, dit guerre. Nous parlons   de l’horrible guerre de Syrie qui a fait près de 300 000 morts et déplacé la moitié de la population du pays. Or il est notoire   que la Stiftung Wissenschaft und Politik (SWP),  le plus puissant think tank européen, a  participé dès 2005  à la préparation de la guerre contre la Syrie.   Les Allemands  étaient en particulier chargés de développer les contacts avec les islamistes anti-Assad, proches des Frères musulmans syriens dont le siège  est à Aix-la-Chapelle.  Les militaires allemands ne semblent certes pas être intervenus sur le terrain comme les Américains, les Britanniques  et  les Français l’ont fait en envoyant des forces spéciales et en   bombardant,  mais ils ont joué un rôle important dans la formation de miliciens   djihadistes (prétendus démocrates) destinée à déstabiliser le régime du président Assad. Ces formations ont été dispensées  en Turquie, facilitées par les relations anciennes entre Berlin et Ankara.  L’Allemagne a aussi fourni des armes à la rébellion.

Tout cela s’est  certes fait dans le cadre de l’OTAN qui avait distribué les rôles, mais sour le contrôle d’Angela Merkel qui ne pouvait ignorer la responsabilité de son pays dans le déclenchement de la guerre de Syrie.

Continuons : dès lors que les réfugiés ont afflué sur les côtes d’Asie mineure , voulant  pour la  plupart gagner l‘Allemagne, de deux  choses l’une : ou bien  l’Allemagne ne voulait pas les accueillir et il était facile de  demander à Erdogan de les retenir, d’autant qu’il a  reçu 4 milliards de Bruxelles pour cela  ( voire de ne pas les faire venir car ce sont ses services qui , avec la mafia locale,  sont allés les chercher) ; si  l’Allemagne voulait les accueillir et c’est  ce qu’a dit  Mme Merkel  à l’été 2015 ,  alors , il était très facile d’affréter   des charters  à partir d’Ankara et  d’ Istamboul qui ne leur auraient rien ou très  peu coûté  ( prix d’un vol  aller et retour Istamboul-Berlin  : 170 €). Au lieu de cela, on a laissé ces malheureux se saigner aux quatre  veines pour payer les 4000  ou 5000 euros que réclamaient les passeurs, on les a laissé traverser la mer Egée sur des embarcations de fortune et on les a obligés à remonter à pied la péninsule balkanique dans les conditions les plus sordides.  Quelque part Mme Merkel e responsable de la mort du petit Aylan qui avait fait  la une des médias.

Que cette grande humaniste ait obligé les réfugiés à passer par les réseaux mafieux peut s’expliquer de plusieurs manières : a-t-elle été obligée de ménager la mafia turque, très influente dans la communauté turque d’Allemagne ? A tout le moins a-t-elle du ménager son ami Erdogan[1] qui  est proche de cette mafia. Elle a pu aussi penser que la sélection par l’argent     amènerait en Allemagne une main d’œuvre plus éduquée, main d’œuvre que les pays en cause avaient  pris le soin de former  pendant plusieurs années. Tout cela au seul bénéfice de l’industrie allemande ?

 

Roland HUREAUX

Novembre 2017

 

[1] Depuis le coup d’Etat de juillet 2016, les relations  entre Merkel et Erdogan se sont  refroidies.

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 06:28

 

UN MONDE NOUVEAU

 

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Nous-entrons-dans-un-monde-nouveau3

 

http://www.magistro.fr/index.php/template/lorem-ipsum/de-par-le-monde/item/2939-nous-entrons-dans-un-monde-nouveau

 

Quand l'ambassadeur de France à Washington, dépité, tweete après l'élection de Donald Trump : « un monde s'effondre devant nos yeux », c'est "la fin d'une époque, celle du néolibéralisme", il contrevient certes aux usages diplomatiques, mais il dit la vérité.

Un monde nouveau était né en 1945, qui devait devenir bientôt celui de la guerre froide : une confrontation idéologique sur fond de menace nucléaire ;   les États-Unis et l'URSS ont su heureusement éviter un affrontement majeur.

Le monde a connu un premier grand changement avec la fin du communisme en 1990.

Il vient d'en connaître un second.

Ivres de leur victoire sur le marxisme, les cercles dirigeants américains ont, après la chute du rideau de fer, rêvé de la « fin de l’histoire » par le triomphe univesel de la ddémocratie libérale et du libéralisme économique. C'est là l’émergence de l'école néo-conservatrice (qu'on peut aussi bien appeler néo-libérale) une idéologie qui se joue du clivage gauche-droite :   elle a inspiré autant l’action d'un démocrate comme Bill Clinton (et surtout d ‘Hillary Clinton entièrement acquise à cette idéologie) que d’un républicain comme George Bush fils et, à un moindre degré, de Barack Obama. Elle s'impose de fait aux classes dirigeantes européennes, avec l’appui des médias dont l'unanimité (le "politiquement correct ») n’est pas sans rappeler celle des régimes totalitaires.

Partisans de la démocratie libérale, du libre-échange, y compris des capitaux, les néoconservateurs en vue vont plus loin : ils préconisent aussi la libre circulation des hommes, au point d'encourger les migrations et la disparition à terme des États au bénéfice d'une gouvernance mondiale.  Ils prônent non seulement la liberté politique mais le libertarisme dont le symbole est le mariage homosexuel, aujourd'hui imposé de force aux pays du Tiers monde par un chantage aux subventions.  

Les résistances des peuples à ce monde nouveau sont diabolisées coMme du "populisme". L'Union européenne, selon le vœu de Jean Monnet lui-même, est conçue de plus en plus comme le banc d'essai de ce monde nouveau.

Beaucoup de néoconservateurs   considèrent que ce modèle doit s'imposer par la force, à tout le moins par des actions de dstabilisation délibérées contre tout ce qui lui résiste, au besoin en violation du droit international. Ces actions de déstabilisation sont accompagnées d'une propagande planétaire destinée à diaboliser le récalctirant en l'accusant des pires crimes.  La première victime fut , en 1999,  le président de la Yougoslavie ,  Slobodan Milosevic  , dont le Tribunal prénal international vient pourtant de reconnaître  qu'il n' avait aucune charge contre lui… mais il est  mort  en prison entretemps . Après dix ans de chaos où elle ne semblait menacer personne (période Eltsine : 1990-1999), la Russie est remise en ordre et se relève avec Vladimir Poutine à partir de 2000 autour d'un Etat fort et du retour aux valeurs traditionnelles que combattait le communisme, en premier lieu le christianisme orthodoxe.  Elle est à son tour diabolisée. Les « révolutions orange » fomentées par l’Occident (Géorgie, Ukraine) visaient à   encercler la Russie d’États hostiles selon le plan décrit par le géopoliticien américain Bigne Brezinski[1]. La dernière est celle de la place Maïan en Ukraine que Valéry Giscard d'Estaing qualifie de "coup d'état de la CIA " et qui a entraîné la guerre d'Ukraine.

L'attentat  du 11 septembre 2001 avait donné un motif aux États-Unis pour appliquer  la  politique de démocratisation par la force (régime change) au Proche-Orient : invasion de l'AfghanIstvan, puis de l'Irak. A partir de 2011, les printemps arabes (qui s’en prenaient à des régimes souvent impopulaires mais aussi excitées de l'extérieur) entrainèrent le renversement des gouvernements en Tunisie, en Égypte et au Yémen. Non au bénéfice de vrais ddémocrates mais des islamistes. Cela n'était pas pour déplaire aux Etats-Unis, qui, depuis le pacte passé en 1945 entre le président Roosevelt et le roi d'Arabiee Ibn Séoud[2], avaient toujours favorisé les islamistes dans le monde musulman pour y faire pièce à l’influence du communisme athée. Cette alliance a été reprise contre la Russie chrétienne.

Des dictateurs qui résistèrent aux printemps arabes, et, de fait, à l'islamisme, le premier fut renversé par une intervention occidentale : Kadhafi en Libye, le second, Assad en Syrie fit l'objet d'une déstabilisation totale de son pays :  la Russie et la Chine qui n'avaient approuvé que du bout des lèvres à l’ONU l’intervention occidentale en Libye, mirent leur véto à celle qui était projetée en Syrie. Néanmoins une coalition composée des pays d'OTAN, des monarchies pétrolières arabes et de la Turquie apporta un soutien militaire et financier aux djihadistes qui voulaient renverser le régime d'Assad. Les chrétiens d'Orient ont été les premières victimes, mais pas les seules, de leur action. Trump a reconnu lui-même que Daech était une création des États-Unis.

Sur un autre registre, le TAFTA (traité de libre-échange transatlantique), répond à l’idéal d'un monde commercialement unifié où les États eux-mêmes seraient passibles de tribunaux en principe indépendants.

Alors qu’au temps de la guerre froide, les États-Unis avaient été toujours sur la défensive face à l’idéologie communiste (Corée, Vietnam, Afghanistan), ils se sont trouvés, devenus idéologues à leur tour, presque partout en position offensive depuis 1990.   

Au total la politique néoconservatrice est responsable de la guerre civile dans au moins six pays :  Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, Yémen, Ukraine. Les vagues de migrants et l'extension du terrorisme en Europe occidentale en sont la conséquence directe ou indirecte.

Cette politique avait eu des résultats aussi désastreux au Rwanda et dans certains autres pays d'Afrique noire.

Les États-Unis ne pouvaient cependant prétendre étendre leur modèle à des mastodontes comme la Chine ou le Pakistan, sachant que l'Inde pouvait être tenue pour un pays démocratique et le Japon, entièrement inféodé aux États-Unis, aussi. Toujours communiste en théorie, capitaliste en fait et fort peu démocratique, la Chine, au nom d’un idéal de libre-échange généralisé, fut admise à l’OMC [3] en 2000 : trichant alors avec les règles non écrites du marché mondial, elle en profita pour déstabiliser les économies occidentales grâce à une monnaie largement sous-évaluée qui lui a permis de vendre ses produits très bon marché.  Ses excédents gigantesques sont le revers des déficits tout aussi gigantesques des Etats-Unis et, en partie, de la désindustrialisation de l'Europe. L'attitude peu amène des Américains, dont les bases surveillent de près son environnement immédiat, a amené la Chine à se rapprocher   de la Russie, alors même que leur commune adhésion au communisme les avait jadis opposées

La politique américaine des 25 dernières années s'est appuyée sur des dizaines  d'institutions  tendant à répandre la doctrine néoconservatrice : think tanks richement dotés par les grandes banques ou les grandes entreprises, forums internationaux  (Davos, Bilderberg),  Trilatérale, CFN,   et  aussi des initiatives personnelles  comme celle du milliardaire George Soros , qui finance la Foundation for an open society , dont les objectifs (chute de Poutine, révolutions oranges, soutien aux femens, promotion de la LGBT et de l'avortement, encouragement aux migrations, etc.) correspondent à peu près à ceux  des néoconservateurs,  ou encore de Bill Gates, plus orienté, lui,  vers la lutte contre le réchauffement climatique et le contrôle des naissances ( il veut réduire la population de la planète des 9/10e sans dire cependant  qui il gardera ). L'Union européenne et presque tous les Etats  qui la composent  se sont peu à peu inféodés à Washington  , comme le montre l'exemple des sanctions imposées à la Russie,  destructrices pour l’agriculture française. Depuis le refus de Jacques Chirac de s’engager dans la guerre d'Irak que les Américains avaient presque tenu pour un crime, aucun gouvernement d'Europe occidentale n'a osé résister à la politique néoconservatrice.

Dans cette configuration, l'Église catholique est tenue en suspicion. Alliée choyée contre le communisme jusqu’en 1990, elle est aujourd'hui ressentie par une partie des forces dominantes de la planète comme un lieu de résistance à l'ordre nouveau, en particulier par ses positions sociétales :  opposition à l'avortement, défense de la famille, mais aussi sociales :  la doctrine sociale de l'Eglise n'est pas l'ultralibéralisme.  Des révélations récentes de Wikileaks ont mis à jour des courriels de Sors où il déclare vouloir subventionner certaines tendances de l'Église catholique pour la faire évoluer et la diviser.  Il n’est pas exclu que certains gestes du pape François qui ont désorienté beaucoup de catholiques mais plu aux médias,  soient inspirés par le souci de se protéger de ces tentatives de déstabilisation.  Très discret sur la politique occidentale au Proche-Orient que les chrétiens jugent cependant responsable de leurs malheurs, il a signé à La Havane une audacieuse déclaration commune avec le patriarche Cyrille de Moscou (12 février 2016) qui laisse espérer un rapprochement avec l’orthodoxie.

La pointe extrême du néo-conservatisme se trouvait dans les projets d'Hillary Clinton : pousser la Russie dans ses retranchements, y compris par la menace d'une guerre nucléaire "limitée", pour l'affaiblir définitivement, intervenir massivement en Syrie pour empêcher la défaite des djihadistes.

 

L'échec du néo-conservatisme  

 

Pourquoi donc cette immense mécanique s'est-elle grippée ?

D'abord par la résistance de la Russie. Dirigée par un chef exceptionnel, Vladimir Poutine, elle a su déjouer les tentatives de déstabilisation, quitte à exercer des représailles comme l'annexion de la Crimée. Elle a aussitôt mis un terme à la série des « changements de régime » voulus  par Washington en défendant avec tous ses les moyens le gouvernement Assad en Syrie. Malgré les turpitudes dont on l'accuse[4], ce gouvernement demeure  le seul légitime en droit international, ce qui fait que  l'intervention russe, faite à sa demande, est légale, alors que  les actions de soutien aux djihadistes menées par les Occidentaux  depuis 2011 (dont celles des Français,  pourtant confrontés au terrorisme chez eux) sont  illégales.   

La  Russie et les États-Unis jouent en quelque sorte à front renversé puisque désormais la Russie n'a aucune idéologie à répandre . Elle se contente de défendre son intérêt national - conçu il est vrai largement,  comme il sied à  une grande puissance. Les Etats-Unis ont depuis 1990 la volonté d'étendre leur modèle ( ou celui de leurs alliés comme les islamistes ) au monde entier.

La Turquie, dirigée par un islamiste, Erdogan, un moment candidate à l'entrée dans l’Union européenne et alliée de l'Occident en Syrie, a jeté le masque après  la récente tentative de coup d’État, qui l'a conduite à  afficher ouvertement son despotisme et  à  se rapprocher de la Russie,  laquelle ne se mêle pas de son régime intérieur.

Le néo-libéralisme s'est surtout heurté au réveil des peuples, vilipendé sous le nom de "populisme". Loin d'être un idéal à attendre, le monde tel que l’ambitionnaient les libéraux est apparu  à  ces peuples ,  en Europe et aussi  aux États-Unis,  comme un  symbole de  délocalisations, d'immigration massive, de chômage , d'inégalités croissantes,   à quoi s’ajoutaient d’autres effets plus ou moins liés à la même idéologie :  atomisation de la société, perte des repères (nationaux, familiaux, en France communaux, de genre, déclin de l'enseignement), désespérance de l'individu écrasé par une machine mondiale sur laquelle il  n'a aucune prise.  

Certains modèles économiques (Bairoch, Todd) voient , au rebours de la pensée dominante, dans la libéralisation des échanges, une cause de la stagnation économique et du chômage, par disparition du moteur étatique de relance, dit keynésien, qui n'est efficace qu'à l'intérieur d'un espace protégé. Les idées protectionnistes reviennent à l'ordre du jour.

Les résistances à la pensée  dominante  se sont aussi exprimées  en Europe : en Pologne, en Hongrie et surtout au Royaume-Uni (Brexit) et en Italie (dernier référendumm qui exprimait en fait un refus de l'Europe de Bruxelles).

Mais la grande révolution est venue de l'élection de Donald  Trump, le 7 novembre 2016  contre son propre parti et contre  la totalité de l'establishment politique, médiatique, bancaire , des deux côtés de l’Atlantique.

Malgré une démagogie grossière, le nouveau président a une pensée en matière de politique étrangère  pas très différente de celle de Poutine ( ou autrefois de Nixon) : les États-Unis doivent être   forts,   mais pas pour répandre leur idéologie ou changer les régimes , pour défendre sans concession leurs intérêts . Il n'exclut pas un certain retour au protectionnisme, refuse  le TAFTA  et veut dialoguer  avec Poutine. Sa priorité n’est plus l'affrontement avec la Russie,  mais la défaite de l’islamisme. D'une alliance Etats-Unis - Islamistes contre la Russie, on pourrait passer à une alliance Etats-Unis -Russie contre l'islamisme. Rien  ne devrait changer pour autant   dans l'appui américain à Israël.

Trump s'est montré en revanche plus offensif  avec la Chine. Le rétablissement de la balance commerciale  américaine, nécessaire à l'assainissement de l'économie mondiale, passera sans doute par une épreuve de force avec la Chine, sinon militaire, du moins monétaire. 

Il est difficile de dire si Trump tiendra ses promesses de non-intervention. Il reste que, souhaitant renforcer la puissance de l’Amérique, il ne sera   un interlocuteur facile pour personne.

Que deviendra dans ce monde nouveau l'Europe de Bruxelles, déjà en situation de crise profonde, en particulier sur le plan monétaire ?  Il y a peu   de chances  qu’elle échappe  à un retour du fait  national,   qui n'est pas nécessairement à craindre.  Jean-Paul II disait que la cause des guerres n'était pas les  nations  mais la violation des droits des nations[5].  Si Trump leur donne le feu vert,  les pays d'Europe auront  de meilleures relations  avec  la Russie, ce qui  est une bonne nouvelle.  Trouveront-ils  pour autant,  habitués qu'ils sont depuis longtemps à la soumission ,  des hommes d'Etat à  même de peser entre Trump et Poutine ?   Peut-être.

Ce  ne sont pas les nations  mais les idéologies qui sont facteurs de guerre. Le néo-conservatisme libéral libertaire qui a mis à feu et à sang une partie de la planète vient de le démontrer. Pour la première fois depuis 1945, le monde est dominé par deux puissances n'ayant pas la prétention d'exporter un modèle idéologique. C'est de  bon  augure pour la paix.

 

                                                           Roland HUREAUX

                                                           Novembre 2017

 

 

 

 

[1] Zbigniew Brzeziński, Le grand échiquier, 1977.

[2] Dit pacte de Quincy car il fut scellé sur le croiseur Quincy au large de l'Arabie

[3] Organisation mondiale du commerce

[4] Souvent sans fondement : ainsi, il fait peu de doutes que l'attaque aux armes chimiques de la Ghouta (21 août 2013) a été une provocation des djihadistes pour susciter l’intervention américaine (cf. Rapport du Massachussetts Institute of Technology).

[5] Discours pour le 50e anniversaire de la fin de la 2de guerre mondiale, 8 mai 1995.

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 06:25

EN MARCHE VERS NULLE PART

 

Pourquoi Macron ne résoudra pas les problèmes de la France

 

Liberté politique, N°76, Février 2018

 

Comment ne pas être frappé du contraste entre les dithyrambes dont beaucoup d’observateurs ont couvert l’arrivée au pouvoir de Macron et de sa nouvelle majorité, qualifiés d’événement historique, de rupture majeure dans l’histoire de France, comparée même à 1789, avec le caractère insipide du long discours que le nouveau président a infligé aux chambres réunies en Congrès à Versailles, le 3 juillet dernier ?   Le discours de politique générale d’Edouard Philippe, nouveau premier ministre, devant l’Assemblé nationale le lendemain, quoique plus précis, était à l’avenant, dans la ligne du programme électoral de Macron.

Sans vouloir faire injure à quiconque, le discours du président faisait penser à une déclaration de la Conférence des évêques de France :  beaucoup de bons sentiments, rien que du politiquement correct et pas un mot qui tranche avec la langue de bois habituelle dans nos milieux dirigeants, n’oubliant ni le numérique, ni les handicapés[1].

Nos évêques n’auraient cependant pas fait preuve de ce cynisme froid qui inspire, entre autres, les projets de réforme de la justice. Macron    invoque haut et fort la transparence : quelle ironie de la part de quelqu’un qui n’a jamais fait la lumière sur ses opacités financières et dont le premier ministre, alors député, avait refusé, en violation de la loi, de déclarer   son patrimoine à la Haute-autorité pour la transparence de la vie publique ! 

Propos encore plus étonnant : « J’appelle à la retenue, à en finir avec cette recherche incessante du scandale, avec le viol permanent de la présomption d’innocence, avec cette chasse à l’homme où parfois les réputations sont détruites, et où la reconnaissance de l’innocence, des mois, des années plus tard, ne fait pas le dixième du bruit qu’avait fait la mise en accusation initiale. Cette frénésie est indigne de nous et des principes de la République. » Le président veut aussi « assurer l’indépendance pleine et entière de la justice » ; « Je souhaite que nous accomplissions enfin cette séparation de l’exécutif et du judiciaire en renforçant le rôle du Conseil supérieur de la magistrature, et en limitant l’intervention de l’exécutif dans les nominations des magistrats du parquet. »

Macron aurait-il déjà oublié qu’il n’a été élu qu’en éliminant son principal concurrent Fillon par une interférence caractérisée de la justice dans le processus électoral, dont il est sans doute, avec ses amis, le principal instigateur, en tous les cas le principal bénéficiaire, provenant elle-même d’une ingérence du pouvoir exécutif au travers du parquet financier, cela en contradiction avec les principes les plus sacrés de la République[2].  L’affaire Fillon a été en outre démesurément grossie par une presse qui ne chasse plus qu’en meute au mépris du pluralisme nécessaire à la démocratie.  Si les grands principes proclamés par Macron à Versailles avaient été appliqués un an plus tôt, il n’aurait probablement pas été élu. 

Mais laissons cela : après tout, il y a toujours eu de l’hypocrisie en tout pouvoir ; on passe   dessus quand elle accompagne un grand dessein.

Hélas, quand Macron parle d’une « transformation résolue et profonde, tranchant avec les années immobiles ou avec les années agitées », on cherche le    commencement de ce que pourrait être cette transformation.  « Nos concitoyens ont fait le choix d’un pays qui se remette en marche. » 

En marche vers quoi ?  C’est toute la question.

Il invoque la « cause de l’homme », le « progressisme » et, très étonnant de la part de celui qui est apparu comme le champion des forces nationales ou internationales les plus désireuses de dépasser le cadre hexagonal, « la souveraineté de la nation » (il évite l’adjectif nationale !), définie comme le fait de « pouvoir disposer de soi-même, malgré les contraintes et les dérèglements du monde ».

 

Des propositions institutionnelles hors de propos

 

Les seules propositions que fait Macron dans son discours de politique générale sont d’ordre institutionnel, comme si celles-là seules étaient à son niveau : beaucoup doutent cependant que les problèmes les plus graves de la France d’aujourd’hui aient un caractère   institutionnel. Il est ainsi prévu de réduire le nombre de parlementaires : qui peut croire qu’il y a là un enjeu essentiel ?  Est-ce pour faire de économies ? Non, puisque chacun aura plus de moyens.

Cette proposition est d’ailleurs fort peu en cohérence avec une affirmation ultérieure : « En faisant progressivement du mandat électif un statut, nous avons effacé ce qui en est la nature profonde : le lien avec le citoyen. »  Avec plus de moyens, le caractère statutaire du parlementaire ne sera-t-il pas renforcé ? Avec un député pour   200 000 habitants au lieu d’un pour 100 000, le rapprochera-t-on du citoyen ? Surtout s’il n’a plus aucun mandat local, ni enveloppe pour aider les communes.  La France qui a 577 députés trouve que c’est trop. L’Allemagne qui en a 709 ne le trouve pas. Le parlementarisme est visiblement plus fatigué  de ce côté-ci du Rhin [3].

Pour le reste, qui ne serait d’accord avec la formule « Sachons mettre un terme à la prolifération législative », mais il n’est pas premier à le dire.

Toujours en matière de justice, la suppression projetée de la Cour de justice de la République, irait à l’encontre d’une vieille tradition républicaine, sans faire avancer quoi que ce soit. Le chef de l’Etat, restant, lui, irresponsable et inviolable, sera désormais le seul à bénéficier d’un régime d’exception : Macroprésident ! La réduction à dix du nombre de collaborateurs des cabinets ministériels va dans le même sens.  Loin d’être révolutionnaires, ces mesures, comme toutes celles qui se trouvent ans le projet de loi « rétablissant la confiance dans l’action publique », sont proposées par les uns et par les autres depuis trente ans. Gageons que loin de rétablir la confiance, elles  auront l’effet inverse , ne serait-ce que parce qu’ elles   confortent  l’opinion dans l’idée fort peu républicaine que le monde politique est un lieu d’abus , alors que le vrai problème est ailleurs : c’est   le contenu des politiques menées, la réduction au fil des ans des   pouvoirs des assemblées, au bénéfice de Bruxelles mais aussi de multiples instances juridictionnelles,   qui font que , comme la noblesse à la fin de l’Ancien  régime, les élus nationaux donnent le sentiment  de ne plus servir  à rien.  Par cette loi démagogique, qui jette leur tête au peuple, on leur demande de consentir à leur propre abaissement et même de l’aggraver.     

En matière d’institutions locales, sujet abordé de manière très vague, le sentier battu se fait boulevard ;   est invoqué un autre poncif :  la dénonciation du centralisme : « La centralisation jacobine traduit trop souvent la peur élémentaire de perdre une part de son pouvoir. Conjurons cette peur. Osons expérimenter et déconcentrer, c’est indispensable pour les territoires ruraux comme pour les quartiers difficiles. Osons conclure avec nos territoires de vrais pactes girondins, fondés sur la confiance et sur la responsabilité. Nombre de nos territoires l’attendent. » Mais que fait-on d’autre depuis quarante ans ?  Macron ignore-il que la France est devenue un des pays les plus décentralisés d’Europe[4] ? Même quand Raffarin en avait fait, faute d’autre, la grande idée de son gouvernement, la décentralisation, venant immédiatement après le 21 avril 2002, apparaissait déjà dépassée et en tous cas très peu à la mesure des démons que l’on voulait exorciser. 

Sur ce chapitre, le premier ministre va à peine plus loin dans le détail : il propose seulement d’encourager les « communes nouvelles », dispositif destiné à forcer la réduction (bien inutile, généralement coûteuse et, au fond, inhumaine ) du nombre de communes et évoque le regroupement des départements. Il est question de réunir une conférence des territoires, gadget assez symptomatique de ceux qui n’ont pas d’idées : « je ne sais pas quoi faire, concertons-nous ». Comme en matière agricole.

Philippe dénonce aussi la supposée inertie des collectivités locales : « Les jardins à la française ont leur charme mais ils se prêtent assez peu au foisonnement d'initiatives dont le pays a besoin et auxquels les collectivités sont prêtes. Comme l'a réaffirmé le président de la République hier, nous voulons donner aux libertés locales toutes leurs forces. »  On ne sait visiblement pas en haut lieu que nos collectivités ne sont pas avares de projets    coûteux, bien au contraire, et qu’il ne faut pas chercher ailleurs la source   de ces centaines de milliers de fonctionnaires que nous avons en trop.

Seule bonne idée sur ce chapitre : « Pourquoi ne pas permettre non plus sur la base du volontariat à certaines collectivités d'exercer des compétences pour le compte d'un autre niveau comme par délégation. » Que n’a-t-on pas pensé plus tôt à cette mesure technique ?

Autre poncif assez éculé : « Nous devons substituer à l’idée d’aide sociale, à la charité publique, aux dispositifs parcellaires, une vraie politique de l’inclusion de tous. »   Lao Tseu ne disait-il pas : « Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours » ?    C’était déjà la grande idée du RMI devenu RSA[5] spécialement à cet effet et de la plupart des politiques sociales instaurées depuis trente ans.  Nihil novo subi sole ! Au lieu de ressasser toujours les mêmes bonnes intentions, ne vaudrait-il pas mieux chercher à comprendre pourquoi les politiques qui s’en inspiraient ont échoué et nous dire en quoi on fera mieux cette fois ? Mais le nouveau président est sans doute trop au-dessus des contingences  pour s’interroger sur ce genre de sujet ! 

 

[1] Les déclarations de Macron et Philippe n’ont même pas   l’excuse d’être un document collectif où les angles sont nécessairement arrondis.

[2] L’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen dispose que « toute société dans laquelle la séparation des pouvoirs (n’est pas) déterminée, n'a point de Constitution. ». L’article 13 du titre II de la loi des 16 et 24 août 1790, toujours en vigueur, dispose que : « Les juges ne pourront, à peine de forfaiture, troubler de quelque manière que ce soit les opérations des corps administratif », interdit repris par la loi du 16 fructidor an III 

La loi du 31 mars 1914 (article 110 du Code électoral) interdit la poursuite pour fait de corruption de candidats en campagne.

La loi no 82-213 du 2 mars 1982 interdit aux Chambres régionales de comptes de rendre publiques les conclusions de leurs enquêtes   dans les six mois précédant une élection.

 

 

[3] Que le Tribunal constitutionnel de Karlsruhe ait récusé, à   la différence des juridictions françaises, la supériorité absolue du droit européen témoigne aussi du maintien d’un plus vif sentiment démocratique en Allemagne : étonnant renversement de l’histoire !  

[4] « La France apparaît comme le pays le plus décentralisé d’Europe, celui où le contrôle administratif est le plus faible, où la marge de manœuvre en matière d’acquisition et d’utilisation de ressources financières est la plus large et celui où les élus ont la plus grande liberté pour exercer les compétences locales » (Jacques Ziller, 1996)  

 

[5] RMI : Revenu minimum d’insertion ; RSA : revenu de solidarité active

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 06:04

Une économie précontrainte, une réforme du marché du travail encore imprécise  

 

Mais le problème principal, celui sur lequel tous les gouvernements sont attendus depuis plus de vingt ans, c’est le chômage. Il n’en est que peu question dans les deux discours inauguraux.

Depuis lors, les premières annonces relatives à l‘Ordonnance travail qui viennent d’être rendues publiques pourraient éclairer notre lanterne. L’ ordonnance s’inscrit dans la ligne des lois Macron et El Khomri, celle d’une politique de l’offre visant à accroître la flexibilité du travail et éventuellement à en limiter le coût. Il semble que ce soit    la seule réforme qui importe vraiment aux   mentors     qui ont soutenu Macron dans sa campagne   et celle qu’avant toute autre, attend Bruxelles.   Elle contient certes une bonne mesure : le plafonnement des  indemnités que les conseils de prudhommes pourront verser  en cas de licenciements   abusif ( que n’y a-t-on pensé plus tôt) .  Mais sur des points essentiels, comme le devenir les 35 heures, on reste encore dans l’incertitude.  Pas de quoi fouetter un chat !

Le bon accueil fait à cette annonce pose une question : les réformes ne sont-elles pas affaire, elles aussi, de communication. Echappent-elles vraiment  à la logique de la « société de spectacle »  ? Une bonne réforme ne serait pas une réforme qui va au fond des choses mais une réforme menée  par quelqu’un qui maitrise assez  les réseaux et les techniques de  communication pour faire croire qu’elle est bonne. Y compris vis-à-vis d’interlocuteurs  plus crédules qu’on ne croit comme le Medef ou  la commission de Bruxelles.

Emmanuel Macron l’a dit et redit : il ne met pas en doute l’Europe et l’euro. Bien au contraire, il se propose de « tout faire pour réconcilier les Français avec l’Union européenne » :  vaste programme !  Il manœuvre donc en matière économique dans le cadre précontraint de ses deux prédécesseurs, Sarkozy et Hollande, c ’est à dire avec une monnaie lourdement surévaluée   - par rapport aux coûts   français - qui rend les prix français peu compétitifs et qui fait que la généreuse création monétaire de la Banque centrale européenne (dite quantitative easing) profite peu à la France.  Le résultat : un chômage en augmentation, un déficit grandissant   de la balance commerciale, un peu partout des fermetures d’usines ou la disparition de de fermes.  Autant dire que   le quinquennat Macron sera la continuation du quinquennat Hollande. Comme le dit Emmanuel Todd :  « Réformer, flexibiliser, accepter la gestion allemande de la monnaie… une direction qui amène inévitablement à un ou deux points de chômage supplémentaires en fin de quinquennat. Pour Macron, poursuivre dans cette voie, c’est accepter de disparaître politiquement à  40 ans. Une hollandisation éclair. »[1]  Malgré le ballon d’oxygène provisoire de la  reprise mondiale, c’est cela, n’en doutons pas,  qui attend le nouveau président.

Beaucoup d’experts, et des plus sérieux[2], pensent que la seule solution est la sortie de l’euro – de la France… ou de l’Allemagne.  Faute de l’envisager, Macron est condamné à continuer la politique à la petite semaine de Hollande, à laquelle il a été très étroitement associé : contrôler – mal -  les déficits publics, principalement par des hausses d’impôts touchant les classes moyennes, se désoler de  la mollesse du taux de croissance, toujours en-deçà des prévisions, assister passivement au lent décrochage de l’économie française en ressassant qu’elle se relèvera demain.

L’autre solution pourrait être une action déterminée sur les coûts, par l’instauration de la TVA sociale par exemple, mais on n’en prend   pas le chemin puisque le nouveau gouvernement préfère financer les déficits publics par la CSG, non remboursable aux exportateurs, que par la TVA qui, elle, l’est.   Il reste ce que préconisent tous les think tanks ultralibéraux :    une dérégulation drastique du marché du   travail avec baisse des salaires, assortie de celle des dépenses publiques, en particulier sociales, soit la politique de l’offre telle qu’elle est imposée par le Commission européenne aux pays méditerranéens ; Macron voudrait aller  dans ce sens mais de manière beaucoup trop molle pour que cela ait de l’effet. Malgré une large majorité qui lui donne apparemment les mains libres, il n’est pas sûr qu’il ait assez de    légitimité pour passer en force sur ce chapitre. Aucune coupe sérieuse n’est ainsi envisagée dans les dépenses publiques (hors celles que nous avons indiquées).  Et même si une politique énergique de cette sorte était engagée, le résultat n’en serait nullement assuré, les mesures d’austérité ayant eu presque partout un effet récessif.  

En marche à beau apparaître comme le parti des « start-up », supposé moderne et ouvert aux idées nouvelles, les logiques macroéconomiques finissent toujours par prévaloir.

 

Politiquement correct : vers une démocratie illibérale ?

 

Les Ordonnances réformant le Code du travail     plafonnent les indemnités de licenciement, ce qui est raisonnable,  sauf en cas de violations des libertés , parmi lesquelles les  discriminations. Lesquelles ?   On le devine : les femmes, les homosexuels, les non-Blancs, les musulmans etc. La conséquence immédiate sera que, en cas de licenciement   collectif, les premiers touchés seront ceux qu’Anne Lauvergeon[3] appelait les « mâles blancs ». Au motif de lutter contre la discrimination, on instaure   la discrimination.  

L’effet de cette disposition pourrait ainsi être d’aggraver la division du peuple en communautés et catégories [4]. Loin d’alléger l’atmosphère au nom d’une saine égalité républicaine, elle approfondira les clivages communautaires - et naturellement les rancœurs qui vont avec, dont on devine les conséquences électorales.

Ainsi, cette réforme  prétendue libérale, sur ce sujet au moins, n’est donc pas si libérale qu’on dit. Elle ne fera que développer les frustrations d’une partie de la population. Macron a été   porteur, non seulement d’un parfum de libéralisme mais d’un projet de « politiquement correct » renforcé : ouverture à l’immigration, intégrisme écologique, antiracisme, discrimination positive à   tous les étages etc., ce qui lui a valu la sympathie de la presse et le vote de beaucoup de musulmans. Il se montre ainsi le bon élève de la fondation Terra Nova qui prévoyait la formation d’un nouveau bloc de gauche s’appuyant sur les minorités, raciales, religieuses et sexuelles, comme le parti démocrate américain dans sa version Obama-Clinton.  Macron qui se plait à dénoncer les « démocraties illibérales » laisse craindre, lui aussi, un recul des libertés.

Est-ce au chapitre du communautarisme qu’il faut inscrire le projet d’ouvrir la PMA aux femmes seules ou lesbiennes ?  En partie au moins. 

On peut même craindre le pire : la nouvelle assemblée est, parait-il,   largement renouvelée et plus   diverse. Nous pensons qu’une des raisons pour lesquelles les politiques menées depuis vingt ans suscitent l’ire des français, c’est l’incompétence des décideurs. Que faut-il attendre de la nouvelle présidente de la commission de lois, issue d’En marche  qui demande à son entrée en fonctions « quand seront votés les décrets[5] ? ».

En fait rien ne laisse espérer un commencement de solution aux     problèmes qui ont provoqué le grand ras-le-bol des Français et qui les a amenés à s’imaginer  qu’avec un homme jeune et des équipes nouvelles, un air de modernisme qui semblait de bon aloi, les choses iraient mieux. Il est   tragique de penser que   nos concitoyens , dont un tiers a voté pour le Font national, ce qu’on semble perdre de vue, et qui attendaient une meilleure prise en compte de leurs préoccupations,  vont très vite se trouver     confrontés à une équipe  incompétente qui semble,  sur son  nuage, inconsciente   de la gravité de problèmes qui se posent à eux. Avec un gouvernement qui, loin d’apporter une   solution originale à leurs problèmes,  est entièrement conditionné par les idéologies qui en sont la source, et, de ce fait, ne propose sur à peu près tous les sujets, que la    continuation et l’aggravation des politiques menées depuis trente ans et qui les ont tant exaspérés.

 

La société du spectacle

 

Ainsi pourrait trouver son illustration, la formule de Guy Debord : « Le société du spectacle dans sa phase avancée (…) n’est plus pour l’essentiel réformable. Mais le changement est sa nature même, pour transmuter en pire chaque chose particulière »[6] .En d’autres termes, le spectacle politique a besoin de réformes permanentes mais ces réformes ne peuvent, dans les   domaines particuliers où elles s’appliquent, qu’empirer l’état des choses. 

Ce que Guy Debord appelait la société du spectacle (ne dirions-nous pas de communication ?)   apparaissait à cet auteur marxiste comme le stade suprême du capitalisme, le moment où,  cessant de gérer les choses, il ne gère plus que les représentations. N’est-ce pas ce à quoi nous assistons ?

La campagne de Macron qui ne voulait pas, au début, entendre parler de programme, jusqu’à ce qu’il en produise un, bien léger, sur la fin,  appuyée par les méthodes les plus modernes de communication politique (à côté desquelles les réunions de ses concurrents  paraissaient bien ringardes), fut-elle autre chose qu’un grand spectacle au sens debordien ? Que penser par exemple de ce mot d’ordre : « Pensons printemps, mes amis, pensons printemps ! ».

 

L’idéologie

 

Mais il se pourrait que pour comprendre, dans toute son ampleur l’illusion actuelle, il faille aller plus loin que Debord et faire appel à la notion d’idéologie.

L’idéologie peut être d’abord définie, comme l’ont fait Hannah Arendt ou Jean Baechler[7], comme une politique menée à partir d’une analyse simplifiée du réel (exemples : « la propriété, c’est le vol », il faut donc la supprimer : « les nations, c’est la guerre », il faut donc les abolir ; « l’histoire est tout entière déterminée par les races » ; « la prise en compte des sexes, c’est l’inégalité »). L’idéologie est aussi généralement l’imitation fallacieuse d’une démarche scientifique : ainsi la méthode globale de l’apprentissage de la lecture ou la théorie du genre.

Quoique le temps des grandes idéologies comme le marxisme-léninisme semble dépassé, des idéologies sectorielles ont proliféré dans presque tous les domaines de l’action publique :  économie, culture, éducation, justice, environnement ;  les désigner seulement comme libérales serait réducteur car elles sont loin d’être   cohérentes entre elles [8].

Il reste que, globale comme le communisme ou   sectorielle   comme la méthode globale, l’idéologie se reconnait à ce qu’elle est peu opératoire : elle a produit dans un cas un système économique stérile, dans l’autre la montée de l’illettrisme. Fondée sur la simplification, l’idéologie ne peut épouser la complexité du réel pour aboutir à des solutions opérationnelles.  Non seulement, elle est inefficace mais elle a des effets pervers car elle heurte une réalité à laquelle elle n’est pas adaptée. L’idéologie porte avec elle ce que Hayek appelait la « loi des effets contraires aux buts poursuivis ».  C’est une des raisons du rejet   populaire qu’elle rencontre très vite.

L’idéologie rejoint la société du spectacle en cela que l’une et l’autre   se fondent sur une simplification des choses, une   vision schématique du réel ayant plus de chances d’atteindre les masses, d’alimenter le spectacle politique qu’une approche complexe ou nuancée. A ce spectacle, il faut des bons et des méchants : la simplification conduit bien souvent au manichéisme et à une intolérance   d’autant plus véhémente que l’idéologue sait au fond de lui qu’il a tort ou qu’il se heurte à la résistance des peuples, disqualifiée comme  « populisme ».

Le second grand caractère d’idéologie est qu’elle porte un projet fondé sur l’idée du progrès (à l’image du progrès scientifique qui, lui, est réel) et donc d’un sens de l’histoire, d’un espoir eschatologique, corollaire d’une péremption radicale du passé : ce n’est pas non plus contradictoire avec la pensée de Guy Debord pour qui « la société du spectacle repose sur la destruction de l’histoire ».   L’idée d’une marche à sens unique de l’histoire fonde celle de modernité : est moderne celui qui est dans le bon sens, est réactionnaire celui qui va contre, une    démarche qui   abolit tout débat puisque la question n’est plus « où est le bien commun ? » mais « qu’est-ce qui est moderne et qu’est ce qui est antimoderne ? »  Elle n‘a de réponse que terroriste.

On comprendra qu’il ne soit, au moins en France, guère possible de remporter une élection sans avoir l’air moderne, sans se poser dans le sens de l’histoire. Fillon, après d’autres, a expérimenté ce qu’un certain air vieillot  dans un discours de vérité[9] pouvait avoir de disqualifiant. Cela, non seulement parce que dans une société toute imprégnée de l’idée   du progrès, la modernité est une valeur positive mais aussi parce que l’univers médiatique dont le pouvoir prescripteur est considérable, est particulièrement sensible à la modernité   avec tout ce qu’elle comporte d’illusion. Toute idéologie visant l’unanimité, on peut dire que la presse se fait d’autant plus monolithique qu’elle est idéologique sans que  soit nécessaire aucun ministère de la Vérité.  

Ce qui, à un moment donné, détermine ce qui est moderne (en dehors de la démarche scientifique et technique au sens strict), c’est l’idéologie : elle est la force de frappe qui impose une idée, un programme, un homme comme plus moderne que ses adversaires. Pour   avoir l’air moderne, il faut être idéologue, ou « politiquement correct », autre nom de la modernité idéologique.

Cette modernité idéologique, il faut le préciser, n’a rien à voir avec la vraie modernité : Macron, pur produit du Sciences po du tout début du XXIe siècle (ultralibéralisme, non-discrimination, mondialisme, anglomanie   etc.) a en réalité dix ou quinze ans de retard : il veut par exemple relancer le processus européen auquel personne ne croit plus. Il est néo-libéral comme d’autres étaient néo-gothiques. Mais étant idéologue, jeune et beau comme un ange saint-sulpicien , il a forcément   l’air plus moderne que ses adversaires. Cela au risque de mettre la France en porte à faux par rapport au vrai mouvement de l’histoire :    un peu comme le programme commun de 1981  avait mis notre pays en décalage avec un monde qui virait déjà au libéralisme intégral.

Or l’idéologie, on ne saurait trop y insister, est inapte à résoudre les problèmes de la France, comme des autres pays,       

D’abord parce que c’est elle qui les a généralement créés : nous avons évoqué les dysfonctionnements   de l’éducation   nationale ; on pourrait évoquer aussi bien ceux de la justice ou encore les tensions internes croissantes qu’une politique idéologique de l’immigration, inspirée par le mondialisme, a créés.  Y a-t-il un seul problème de la société française qui ne résulte des politiques menées depuis 20,30 ou 40 ans, généralement idéologiques, et non d’une évolution endogène de la société ? Ce n’est pas sûr.

Ensuite parce que, ayant créé ces problèmes, l’idéologie ne saurait,  conformément à la prophétie de  Debord,  que les aggraver. Il est significatif que les 4/5 des programmes des candidats proviennent des bureaux des différents ministères, chacun porteur d’une idéologie particulière. Ces ministères, prisonniers d’une certaine culture, ne proposeront rien d’autre que de pousser les choses un peu plus loin dans le sens de leur idéologie propre. Comment demander à ceux qui sont la cause du problème d’y porter remède ?  

En bref, il faut avoir l’air moderne pour être élu. Pour avoir l’air moderne, il faut être idéologue. Les idéologies sont la principale raison des dysfonctionnements de la société. Celui qui s’en inspire et qui est donc le plus apte à être élu, est ainsi,    par définition, le moins apte à résoudre les problèmes aux origines du mécontentement populaire. Tel est le paradoxe d’une démocratie de spectacle dans un univers de plus en plus idéologisé. Nos compatriotes ne tarderont pas à s’en apercevoir. 

 

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

[1] Libération, 6 septembre 2017

[2] Plusieurs Prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz, Paul Krugman, Amartya Sen, comme l’ancien Prix Nobel d'économie français, aujourd'hui décédé, Maurice Allais, sans  recommander tous  une sortie immédiate,  pensent que l’euro est responsable de la stagnation.  

[3] Ancienne présidente d’Areva, dont   le parquet financier tente  de suspendre les poursuites  engagées à son encontre http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/areva-le-proces-uramin-retarde-par-une-bataille-judiciaire-1221515.html.

[4] Déjà la   loi El Khomri, faux nez d’une loi Macron bis, ouvrait la porte entre les lignes à la pratique religieuse en entreprise, avec là aussi des risques de tension.   

 

[5] Marianne, 19 juillet 2017

[6] Guy Debord, La société du spectacle 1967 et Commentaires sur la  société du spectacle, 1988

 

 

[7] « L’utopie (autre nom de l’idéologie) se caractérise par la volonté d’organiser les activités sociales jusque dans le détail à partir d’un principe unique » (Jean Baechler,   Qu’est-ce que l’idéologie ? Idées-Gallimard, 1976, page 95)

 

[8] Ainsi le ministère de la Santé pousse à la fois à la fonctionnarisation des médecins et la libéralisation des pharmacies.

[9] Ce disant,  nous n’approuvons pas tout le programme de François Fillon, déficient à certains égards mais certainement pas démagogique.

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