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Roland HUREAUX

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 05:50

L’IMMENSE MALENTENDU

 

Quoique  60 % des Français, selon les sondages, n’aient pas souhaité   pas que le nouveau président ait la majorité ,   la vague En Marche  a été fort peu  amortie au second tour des élections législatives, sur    fond de résignation et d’abstention encore plus grande  qu’au premier tour.

LREM  a raflé la majorité absolue des  sièges  de   la nouvelle Assemblée.

Les  candidats En Marche, inconnus pour la plupart, se son retrouvés  en tête aussi bien à Aubervilliers que dans le 7e arrondissement.

Ici les électeurs de droite ont voté  En marche pour se débarrasser des caciques de droite qu’ils avaient  trop vus. Là les électeurs de gauche ont voté En Marche pour ne plus voir des caciques de gauche trop usés. Les uns croient qu’En marche est une droite moderne, les autres qu’elle est une gauche moderne.

Il y a fort à craindre que cette apparente convergence du vote de quartiers ou de régions de France que tout sépare ne recouvre un immense malentendu.

 

Malentendu sur les hommes

 

Malentendu sur la qualité des hommes : les électeurs veulent donner un « grand coup de balai » à une classe politique qu’ils imaginent corrompue : place aux jeunes ! Rien ne laisse pourtant supposer que les nouveaux soient plus vertueux    que les anciens. Les affaires que l’on signale ici ou là au sujet de certains, en sus de l’affaire Ferrand   laissent craindre le contraire. Mais le crédit fait aux macronistes est tel que personne ne veut entendre ces signaux. Qui pourrait croire que, parmi 577 candidats recrutés çà et là, à la va vite, hors des cercles politiques et donc sans visibilité antérieure, ne se soient pas glissés  quelques aigrefins ? En  tous les cas beaucoup de médiocres. D’autant que l’adhésion à ce mouvement n’exige aucune conviction précise. Rien de commun avec la vague de 1959 qui avait subi l’épreuve de la Résistance ou avec  celle de 2001, longuement mûrie dans le giron des mandats locaux : celle-là vient de nulle part. 

Tout laisse penser au vu des exemples que l’on entraperçoit ici ou là que le niveau des élus de la nouvelle vague (en dehors de tel  grand mathématicien emblématique) sera très inférieur à celui des sortants, pourtant pas mirobolant lui non plus.  Beaucoup de candidats En marche, en tête au premier tour, ont refusé  les débats de second tour de peur d’y perdre la face. Leurs prestations publiques ont été souvent lamentables. A part quelques  chevaux de retour du centrisme comme Jean-Louis Boulanges ou Marielle de Sarney qui, après des années aux marges ont trouvé là une occasion inespérée d’émerger, la plupart des nouveaux élus n’ont pas d’expérience de la vie parlementaire. Cela promet de beaux pataquès. Ils s’y feront, dit-on, ce qui veut dire sans doute qu’ils sauront bien vite revenir aux ornières… 

 

Malentendu sur les projets

 

On compare volontiers cette vague à celle qui avait suivi l’élection du général de Gaulle en 1959 ou de François Mitterrand en 1981. Mais De Gaulle savait ce qu’il allait faire. Mitterrand devait appliquer   le programme commun de la gauche. A part la réforme du Code du travail et la prétendue moralisation de la vie politique   dont personne n’espère  rien, et peut-être un peu plus tard la fort contestable   PMA pour couples homosexuels, qui peut dire ce qu’on peut attendre   de la nouvelle majorité ?  Au vu du programme du nouveau président, à quelques mesures cosmétiques près, rien ne laisse pressentir autre chose qu’un quinquennat Hollande bis. Tout le contraire du renouvellement attendu. 

Peut-être beaucoup des nouveaux députés imaginent-ils   pouvoir, par un changement d’ « esprit », porter remède à l’immense malaise des Français. Mais que savent-ils ils des raisons de ce malaise ? Combien d’entre eux ont une connaissance assez fine de la chose publique pour en analyser les causes ? Le président lui-même l’a-t-il ?

Il est à craindre au contraire que, partageant de manière assez imprécise le souci de faire du neuf, la plupart ne soient prisonniers des archétypes idéologiques soi-disant modernes qui sont, dès qu’on les étudie un à un, la principale cause des maux dont souffrent nos compatriotes ? Plus d’intercommunalité et de décentralisation alors que les maires et les contribuables en sont   accablés ? Plus d’Europe pour résoudre le chômage et simplifier les règlementations ? Plus d’ « ouverture à l’autre » pour prévenir le terrorisme ? On ajouterait plus de pédagogie pour résoudre l’illettrisme, si le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, n’avait pris quelques mesures de bon sens plutôt rassurantes dans le climat de déraison   où nous nous trouvons : retour au redoublement, au latin, aux classes d’élite dites bilingues - pas question en revanche de remettre en cause la méthode globale, la plus grande des folies. Mais précisément ces mesures montrent que seul est populaire et efficace ce qui apparait rétrograde par rapport aux modes. Et il en est ainsi dans presque tous les domaines. Ce qu’attendent en réalité les Français :  tout le contraire du macaronisme. Macron ne réussira qu’en   faisant de l’anti-Macron.

 

Malentendu social

 

Reste le malentendu sur les orientations sociales du nouveau gouvernement. On frémit à voir les masses de gauche (à ne plus confondre avec la classe ouvrière, la vraie ou ce qu’il en reste, qui vote à près de 50 % pour   le Front national : toujours les « damnés de la terre ! ») se précipiter pour soutenir un gouvernement   dont le seul projet immédiat sérieux est la réforme du Code du travail laquelle ne vise à rien moins qu’à abroger un siècle de progrès social.  La grande devise de l’ultralibéralisme : « marche ou crève » !   Gageons qu’il ne faudra pas attendre pour que Neuilly et Saint Denis cessent d’être en marche dans   le même sens. Les malentendus sont fréquents en politique mais ils ne durent généralement pas longtemps.

 

Roland HUREAUX

Juin 2017

 

 

 

 

 

 

   

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 05:49

L’INSTRUMENTALISATION DE LA JUSTICE DANS L’AFFAIRE FILLON REPRESENTE UNE SUBVERSION DE L’ETAT DE DROIT ENCORE PLUS GRAVE QUE CE QU’ON A DIT  

 

Qui peut douter du caractère profondément subversif à l’égard de nos institutions de l’attaque menée à la fois par la justice et par la presse contre François Fillon principal candidat de la droite classique à l’élection présidentielle de 2017 ?

On pourra déjà relever les multiples infractions à la   loi qui ont émaillé la procédure lancée à son encontre : entre autres viol et recel de viol du secret de l’instruction, viol et recel de viol du secret fiscal.  Ce sont ces infractions qui ont permis par exemple que le 25 janvier, une information visant   François Fillon soit ouverte l’après-midi même du jour où un hebdomadaire satirique avait relaté un certain nombre de faits relatifs à l’emploi de son épouse.  Alors même que la justice est si lente en tant d’autres circonstances.    

On pouvait aussi se demander si le délit soupçonné était bien de la compétence du parquet financier et même si, séparation des pouvoirs oblige, il ne relevait pas plutôt de la discipline interne au pouvoir législatif.

 

La trêve judicaire existe

 

Mais la subversion est encore plus grave que tout cela car c’est la procédure elle-même qui viole sinon la lettre du moins l’esprit de la loi.  

L’article L. 110 du Code électoral, dispose en effet   qu’ « aucune poursuite contre un candidat, en vertu des articles L. 106 et L. 108, ne pourra être exercée, aucune citation directe à un fonctionnaire ne pourra être donnée en vertu de l’article L. 115 avant la proclamation du scrutin ». L’article 110, prévu à l ‘origine pour les élections législatives et locales, a été rendu applicable à l’élection présidentielle par la loi organique du 6 novembre 1962. 

Ce n’est donc pas seulement l’usage qui instaure au bénéfice des candidats en période électorale ce qu’il est convenu d’appeler une « trêve judiciaire », c’est la loi.

Il est vrai que cette disposition ne couvre pas exactement l’affaire Fillon, cela pour trois raisons : la mise en examen, le 14 mars, a eu lieu avant l’ouverture   de la campagne électorale, le 20 mars (et même le 9 avril si on veut s’en tenir à une interprétation étroite), elle ne concerne pas des faits de corruption mais seulement un soupçon d’emploi fictif, Madame Fillon n’étant pas candidate, elle a pu être, elle, mise en examen pendant la campagne électorale.

Mais loin de témoigner de  la régularité de la procédure, ces détails montrent plutôt  qu’on s’est servi de la lettre des textes, pour engager une action manifestement contraire à leur esprit. 

S’il est vrai que l’article 110 du code électoral est limitatif, on peut, au vu du contexte, en inférer facilement que ce n’est pas pour exclure la période antérieure, ni les autres griefs que ceux de corruption que le législateur a marqué ces limites, bien au contraire.  

L’article 110   est issu de la loi du  31 mars  1914 sur laquelle  le rapporteur a pu  apporter en son temps  la précision suivante , immédiatement ratifiée par le Garde des sceaux :    «Il reste entendu qu’aucune poursuite, hormis le cas de flagrant délit et de violence matérielle, qu’il importe de réprimer immédiatement, aucune poursuite tendancieuse cherchant à déshonorer le candidat, en le rendant suspect de faits qu’il n’a peut-être pas commis, ne doit être permise pendant toute la période électorale. C’est l’esprit dans lequel devra être appliquée la loi. »

L’esprit du texte est donc clair : il vise à écarter l’inférence judicaire de la procédure électorale.  

Ajoutons qu’au moment où    il a été voté, les campagnes électorales étaient plus courtes que ne l’est aujourd’hui une présidentielle. 

Le juriste Romain Rambaud[1], tout en ayant le grand mérite de rappeler cette disposition émet l’hypothèse elle pourrait être obsolète, n’ayant donné lieu à aucun contentieux ni à aucune jurisprudence. Mais n’est-ce pas   tout   simplement   parce que cette disposition, profondément ancrée dans la tradition républicaine, avait été jusqu’ici respectée. Une loi que l’on respecte serait-elle obsolète ? Elle l’est si peu que, dans le même esprit, la loi no 82-213 du 2 mars 1982 créant les Chambres régionales de comptes dispose expressément que les conclusions des chambres relatives à la gestion d’une collectivité locale ne pourront pas être rendues publiques dans les six mois qui précèdent une élection municipale. La Cour des comptes, elle, n’a pas besoin d’un texte pour respecter comme une évidence cette obligation de réserve. 

Il ne s’agit en effet pas seulement d’une loi ou d’un usage mais de ce qu’Orwell appelait la common decency, ces règles de modération non écrites mais évidentes sur lesquelles reposent tant la vie en société que la démocratie.

Rappelons que lors de l’élection présidentielle de 1965, François Mitterrand était encore sous le coup d’une inculpation relative au faux attentat de l’Observatoire. Le général de Gaulle avait alors expressément refusé que cette procédure, déjà vieille de six ans, soit réactivée.

Autre temps, autres mœurs. Autres hommes aussi.

 

Contre la   séparation des pouvoirs

 

Si l’on admet que le code électoral a voulu écarter l’interférence de la justice dans le processus électoral, on peut rappeler aussi qu’il   s’inscrit dans une tradition à la fois plus fondamentale et     plus ancienne que la République elle-même puisqu’elle date de l’Assemblée constituante laquelle, à l’article 13 du titre II de la loi des 16 et 24 août 1790, toujours en vigueur, dispose que :

« Les juges ne pourront, à peine de forfaiture, troubler de quelque manière que ce soit les opérations des corps administratif, ni citer devant eux les administrateurs pour raison de leurs fonctions ». Un interdit repris par la  loi du 16 fructidor an III:  «Défenses itératives sont faites aux tribunaux de connaître des actes d'administration, de quelque espèce qu'ils soient, aux peines de droit».

Certes il n’est question  que d’administration mais les élections ont pour but de désigner ceux qui la dirigeront et elles peuvent même être tenues elles-mêmes pour des opérations administratives.

Au reste on n’a pas assez dit   que ce n’est pas tant   la justice (au sens de magistrature assise) qui a interféré dans le processus électoral mais le pouvoir exécutif lui-même. Le parquet financier, comme tous les parquets est aux ordres du Garde des sceaux, lequel est aujourd’hui, de fait, subordonné au président de la République (quand il dispose, comme c’est le cas, d’une majorité). II est même parfois question de rattacher le parquet au ministère de l’intérieur.

Le juge d’instruction, lui, est en théorie indépendant mais sa désignation par le parquet au sein d’un corps judicaire hautement politisé ne saurait être neutre. C’est ainsi que la plupart des observateurs interprètent celle qui a été effectuée   dans l’affaire en cause.

L’extrême diligence dont a fait preuve le parquet financier à l’encontre de François Fillon contraste avec la passivité avouée de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique et le Parquet de Paris, sollicités en vain notamment par l’association Anticorps, pour instruire le cas   d’Emmanuel Macron, principal bénéficiaire de l’opération, dont les obscurités financières devraient susciter, plus que les affaires de François Fillon, des interrogations.   

Aucun président de la République depuis 1958 (et a fortiori avant), même quand il était candidat à sa propre succession, n’avait interféré de manière aussi flagrante avec le processus électoral que ne l’a fait Hollande,

Qu’en instrumentalisant la justice le président ait    gravement manqué à l’obligation que lui fixe  l’article 64 de la Constitution : « Le Président de la République est garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire », ne doit sans doute pas le gêner :     en ces temps de cynisme généralisé, une obligation qui n’a pas de sanction n’éveille guère de scrupules.  N’a-t-on pas cependant affaire à un de ces graves manquements aux devoirs de la charge suprême qui justifient le qualificatif de haute trahison ? 

On peut aller plus loin et dire que la double interférence du pouvoir exécutif   et de l‘autorité judicaire dans l’élection présidentielle, que certains qualifient non sans motif de « coup d’Etat », remet en cause l’Etat de droit lui-même     puisque, rappelons- le, par-delà la constitution en vigueur, par-delà la République elle-même, il y a la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789  dont l’article 16 dispose que  « toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution. ». Point de constitution, voilà où Monsieur Hollande nous aura menés.

 

Roland HUREAUX

Juillet 2017

 

 

 

 

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L’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen dispose que  « toute société dans laquelle la séparation des pouvoirs ( n’est pas) déterminée, n'a point de Constitution. ». L’article 13 du titre II de la loi des 16 et 24 août 1790, toujours en vigueur, dispose que : « Les juges ne pourront, à peine de forfaiture, troubler de quelque manière que ce soit les opérations des corps administratif,  interdit repris par la  loi du 16 fructidor an III 

La loi du  31 mars  1914 (article 110 du  Code électoral  interdit la poursuite pou fait de corruption de candidats en campagne .

La loi no 82-213 du 2 mars 1982 interdit aux  Chambres régionales de comptes dispose de rendre publiques  les conclusions de leurs enquêtes   dans les six mois précédant une élection.

 

 

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 05:45

LA PUNITION DE LA FRANCE

 

Macron, instrument de la mise en tutelle de la France

 

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/La-punition-de-la-France

 

" Il faut ignorer l'Allemagne, pardonner à la Russie et punir la France." La déclaration faite en mars 2003 par Condolezza Rice, la conseillère du président Bush pour la sécurité nationale, est la réaction au refus de notre pays de participer   à la deuxième guerre du Golfe.

Thomas L. Friedman, le célèbre éditorialiste du New York Times, allait plus loin :  pour lui, la France « n'est pas seulement une alliée irritante ou une rivale jalouse. Elle est devenue l'ennemie des Etats-Unis ».

 

Delenda est Gallia

 

Qu’avait donc fait la France ? Avait-elle envoyé des commandos au secours de Saddam Hussein ? Lui aurait-elle livré des armes   ?   Avait-elle interdit le survol de son territoire aux avions de l’OTAN ? Pas le moins du monde :  elle s’était contentée de ne pas participer à la coalition qui a détruit l’Irak en 2003 dans une guerre   qui, selon Donald Trump lui-même, fut une erreur. Une erreur fondée sur l’idée que l’Irak avait un programme d’armes de destruction massive, ce qui s‘est avéré faux. Mais l’Empire à son apogée (ou à son déclin ?) est ombrageux : il veut désormais des alliés inconditionnellement  alignés.

Qu’a donc été la punition promise par Mme Rice ?

Nous le savons aujourd’hui : empêcher que la France ait des présidents susceptibles de s’écarter de quelque manière que ce soit de la ligne américaine, et qui   donc   aient quelque personnalité. Bref, priver la France de chefs susceptibles de s’opposer aux Etats-Unis ou même de faire le moindre écart par rapport à leurs diktats.

C’est ce qui est arrivé à partir du retrait de Chirac.

Sarkozy avait certes quelque caractère mais il était intellectuellement   acquis à l’hégémonie américaine. Il a fait voter le traité de Lisbonne, réintégré la France dans le dispositif militaire de l’OTAN, s’est engagé dans la guerre de Libye et a participé au déclenchement de la guerre de Syrie.

Hollande a été un allié encore plus docile, voire servile du grand frère américain et de l’ensemble des    forces occidentales qui le soutiennent.

La faiblesse de ces personnalités, leur   manque de classe, l’alignement veule de la diplomatie française sur celle de l’OTAN, y compris contre nos intérêts les plus évidents même quand cette diplomatie s’est avérée criminelle (soutien aux terroristes), tout cela a conduit à un mépris universel pour la France. Elle ne compte plus et personne ne s’intéresse à ce que disent ses représentants, spécialement le dernier président.

Le discours de Villepin à l’ONU sous Chirac en 2003, avait été le chant du cygne de la diplomatie française, précisément ce qu’il fallait punir[1].

 

Les mécanismes de l’asservissement

 

Comment en est arrivé à pareil résultat ?

Il fallait en tous les cas contourner l’obstacle de l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel    voulue expressément par le général de Gaulle   pour s’assurer que le président français aurait du caractère.

Quand quelqu’un comme Condolezza Rice parle comme elle l’a fait, c’est qu’elle avait   quelques moyens d’agir sur notre pays, autres que le boycott du roquefort. Loin de nous de voir en tout   l’effet d’un complot. Il reste que ces néoconservateurs   américains dont elle était le porte-parole savaient ce qu’ils disaient en parlant de « punir la France ». Par quelles manipulations comptaient-ils le faire ?  Nous n’en aurons pas de sitôt le dernier mot.  Wall Street n’intervient pas forcément de    manière directe :  il subventionne des fondations   qui n’ont rien d’autre à faire qu’à suivre la politique des Etats européens et à veiller à leur alignement.

Ils utilisent pour cela des moyens variés. Les demi-habiles, comme disait Pascal, croient que l’influence passe par des pressions économiques : une bonne politique du personnel, planifiée assez en amont, est bien plus efficace[2].  Le recours au chantage n’est pas exclu. A tort ou à raison, certains voient dans la docilité d’Angela Merkel l’effet de   telles méthodes.  C’est pourquoi les plus vulnérables à ces pressions ont plus de chances qu’on les laisse émerger   -  comme autrefois les Soviétiques avaient   favorisé l’élection au secrétariat général des Nations unies de Kurt Waldheim dont ils étaient les seuls à connaitre le passé nazi. Mais   l’élection de candidats médiocres résulte aussi de l’élimination de  ceux qui le sont moins, qui pourraient avoir l’audace de jouer les fortes têtes dans le concert européen ou atlantique.  Beaucoup ne se doutent même pas qu’ils   ont été victimes de cette impitoyable mécanique. 

Il ne faut pas pour autant imaginer une organisation internationale centralisée. C’est de soft power qu’il s’agit :  les adhérents à la doxa internationale dans les pays concernés sont suffisamment nombreux et puissants (spécialement dans les médias et en France), pour agir par eux-mêmes.

 

Le cas Macron

 

La présente   élection présidentielle met au jour de manière particulièrement visible, voire caricaturale, ces mécanismes par lesquels on veut « punir la France ».

Nombre de Français se désolent de ne retrouver au second tour que Marine Le Pen installée par l’appareil médiatique dans la position du repoussoir   et Emmanuel Macron lequel, comme par hasard, apparait comme la figure achevée du leader dont les réseaux   transatlantiques   rêvent. Il est peu compétent en politique internationale et donc prêt à s’aligner sur l’Allemagne, Bruxelles et surtout l’Etat profond américain qui a soutenu   Hillary Clinton et qui, malgré Donald Trump, promeut un état de guerre larvée contre la Russie et   poursuit politique de déstabilisation de la Syrie en s’appuyant sur les djihadistes.  Un Macron partisan non seulement de maintenir mais de renforcer l’Europe et de l’euro, partisan de toutes les évolutions libertaires (mariage homosexuel en tête), du libre-échange et du mondialisme avec sa    conséquence, l’écrasement des classes moyennes, partisan de l’immigration et donc de l’arasement des classes populaires et de la balkanisation du pays, du reniement de la France (coupable selon lui de crime contre l’humanité et qui n’a pas de culture !). On pourrait continuer : sur aucun sujet, nous disons bien aucun, Macron ne s’écarte du discours dominant chez  les forces qui le soutiennent. Pourquoi le candidat préféré des médias colle-t-il d’aussi près à la doxa ?  Adhésion spontanée, personnalité immature et flexible apte à prendre les postures que l’on attend de lui ou bien contrainte implacable de ses mentors ?  Rappelons que le premier dîner de levée de fonds de Macron   a été organisé à Londres par un cadre de Goldman Sachs, or ces gens ne plaisantent pas : ils exigent un alignement à 100 %.

C’est précisément ce qu’ils ne trouvaient pas chez Fillon. Malgré la discrétion du candidat   des Républicains et son adhésion à l’essentiel de la doxa : libre-échange, Europe de Bruxelles, euro, programme économique libéral, non remise en cause des « avancées » libertaires, François Fillon voulait, conformément à la tradition gaulliste, faire évoluer la position française l’égard de la Russie. De même que la France de Chirac avait été tenue pour une ennemie de l’Amérique par sa simple abstention dans la guerre d’Irak, la politique de Fillon était jugée inacceptable car non entièrement alignée.

La haute banque, avec tout ce qui tourne autour, ne se contente plus d’un   pouvoir d’influence sur des hommes que le peuple élirait librement, elle veut   désormais prendre le contrôle direct du pouvoir politique. A l’évidence Macron est    l’instrument consentant et passif de   cette prise de contrôle.

La victoire de Fillon à la primaire des Républicains, contre un Juppé préprogrammé lui aussi, témoignait d’une perte de contrôle momentanée du système.   Eliminer par tous le moyens Fillon   que cette victoire    plaçait sur orbite pour la présidence, tel était le but de l’opération de déstabilisation fondée sur les salaires (parfaitement légaux) versés à son épouse, exécutée par une justice aux ordres et   relayée en grand par une presse désormais monolithique. Que l’opération ait été concoctée par Macron, principal bénéficiaire, et ses proches, Hollande et Jouyet en tête, qui peut en douter ?

Cette opération    viole, est-il nécessaire de le rappeler ?   tous les usages   de la République par l’ingérence éhontée de la justice dans un processus électoral, sorte de « coup d’état » sans précédent dans l’histoire électorale de notre pays.  

Elle vise à porter à l’Elysée par tous les moyens Emmanuel Macron, punition suprême du peuple français.  Le peuple français se laisser a-t-il encore manipuler ? On aurait tort de sous-estimer sa capacité de réagir.

 

Roland HUREAUX

Juillet 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

[1] Cela dit sans préjudice de l’évolution ultérieure de Villepin qui, au demeurant, avait été , avec l’affaire Clearstream, la première victime du  mécanisme  que nous décrivons.

[2] Le film de Polanski, The ghost writer, illustre à merveille cette planification très en amont du personnel politique européen. Les révélations qu’il contient ne sont évidemment pas étrangères aux problèmes judiciaires rencontrés par le réalisateur, à partir de faits vieux de 40 ans.

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 05:22

Pour des motifs techniques, l'enregistrement de mes articles dans le blog a été interrompu pendant quelques mois.

Il reprend ce jour.

Le nombreux articles  écrits et publiés pendant   ce temps seront ainsi  présentés d’un coup.

Ils seront ordonnés, si possible, dans l’ordre chronologique mais, au cas où celui-ci ne serait pas exactement respecté, les lecteurs du Blog  le reconstitueront sans mal en se référant à l’actualité.    

Veuillez nous excuser de ce contretemps.

R.H.

 

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14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 22:43

 

Les Républicains risquent de commettre une erreur stratégique en mettant la défaite présidentielle sur le compte exclusif de Fillon 

 

https://www.causeur.fr/francois-fillon-lr-sens-commun-wauquiez-146667

 

Le parti Les Républicains cherche les voies d’une refondation, en particulier au travers de l’élection prochaine d’un nouveau président.

S’il est aujourd’hui un commun dénominateur entre les différentes factions qui se disputent la direction, c’est le rejet de François Fillon coupable selon la plupart des dirigeants et beaucoup de militants  d’avoir conduit le parti à l’échec à la présidentielle.

Pour certains, le rejet va plus loin. Fillon s’étant incidemment déclaré catholique et ayant bénéficié, quand beaucoup le lâchaient, du soutien, très peu décisif en vérité, du mouvement   Sens commun issu de la Manif pour tous, tout se passe comme si la référence à la religion historique de la France était devenue infâmante, alors même que la droite française s’est longtemps organisée autour de l’Eglise catholique. Pourtant François Fillon, homme prudent, n’avait jamais remis en cause dans sa campagne les changements sociétaux apportés par le gauche – sauf l’extension du délit d’entrave à l’IVG, ce qui était bien le moins.  

François Fillon s’étant retiré de la politique active, il est bien peu de gens pour prendre sa défense.

Or il y aurait en effet beaucoup à dire sur le procès sommaire qui lui est fait.

 

Mieux que Jacques Chirac

 

N’oublions pas qu’il a atteint, de justesse il est vrai, les 20 %, dans un climat de rejet des partis portiques qui avaient tenu le haut du pavé jusque-là , à comparer aux 6,5 % où est tombé Benoît Hamon le candidat du parti socialiste pourtant bien moins chargé d’opprobre que celui de LR.  Jacques Chirac n’a, lui, jamais n’atteint les 20 % dans un premier tour de présidentielle. Les promesses mirifiques d’après la primaire, où certains sondages   plaçaient Fillon près de 30 % n’ont certes pas été tenues, mais ces chiffres étaient gonflés par l’« état de grâce » qui suit toujours l’entrée en scène d’un candidat   et étaient appelés de toutes manières à se dégonfler, comme se sont dégonflés ceux de Marine Le Pen créditée elle aussi de 30 % en début de campagne.

On dit qu’il aurait dû se retirer en faveur d’autres   candidats qui auraient fait mieux. Qui ?  Baroin ?  Juppé ? Juppé avait certes les faveurs d’une certaine gauche mais    il aurait cédé pour cela plusieurs points   à Marine Le Pen :  le piètre score de la candidate du FN au premier tour est largement dû à la résistance de Fillon.  Qui sait d’ailleurs si, gagnant le primaire, Juppé n’aurait pas fait l’objet, lui aussi, d’une campagne de démolition, comme cela avait été le cas de Philippe Séguin, au départ favori des médias, à Paris en 2001 ?   Un face à face Juppé-Macron, aurait pu être  incertain compte tenu de la proximité des idées des deux hommes mais quelles auraient été les chances du plus âgé face à des électeurs en recherche de renouvellement ?

 

La principale erreur de Fillon : son programme

 

 Si François Fillon doit regretter quelque chose, c’est un programme inutilement agressif vis-à-vis des salariés et des classes populaires.  Ce programme  était peut-être bon pour  gagner la primaire dans un parti où les chefs d’entreprise sont influents, mais sûrement pas l’élection. Nul ne conteste (en dehors de Macron qui s’est bien gardé d’en parler) la nécessité de réduire les effectifs de la fonction publique mais il n‘était pas nécessaire de donner à ce projet le tour vindicatif anti-fonctionnaire   qu’il avait dans le programme de Fillon. Même erreur de communication s’agissant de la Sécurité sociale dont les gens ont compris qu’on voulait la « privatiser ». Beaucoup de fonctionnaires de droite (ils sont plus nombreux qu’on croit) ne se sont pas détournés mais refroidis : quand Fillon  a été attaqué ils n’étaient  pas   au rendez-vous .

Personne ne doute que les reproches qui lui ont été faits au sujet de son épouse étaient peu de choses auprès des vraies turpitudes de la République, notamment auprès de celles qu’on a pu soupçonner chez Macron, sujet sur lequel   ni la justice ni la presse n’ont daigné enquêter, et sur lequel Fillon aurait sans doute eu intérêt jouer la contre-offensive plutôt que de s’enfermer dans une piteuse  défensive.

Il reste que malgré les attaques d’un incroyable violence et totalement disproportionnées à l’encontre de Fillon, malgré le soutien quai-unanime des médias à Macron, à une semaine du premier tour, ce dernier ne décollait pas de 20 % et Fillon se maintenait au même niveau. Ainsi, les quatre candidats principaux, en incluant Marine Le Pen en baisse et Mélenchon en hausse, se tenaient autour de 20 %.

 

Le rôle décisif des stratèges de la gauche

 

Ce qui s’est passé ensuite a été peu évoqué : dans les quelques jours qui ont précédé le premier tour, une stratégie délibérée, en partie pilotée de l’Elysée,  a conduit à rabattre environ 5 % des voix de gauche   de Hamon, tenu pour définitivement perdu, vers Macron. Nul enthousiasme pour le macronisme   là-dedans, seulement un vote utile destiné à    préserver les prébendes , les secrets et les réseaux de gauche.  C’est une affaire qui s’est produite entièrement au sein de la gauche, entre gens de gauche : on ne voit comment on pourrait reprocher   à Fillon, ou à quelque chef de la droite que ce soit de n’y avoir pu y faire  obstacle.

La raison de fond pour laquelle une telle manœuvre   a pu réussir est que les électorats du PS et d’En marche étaient beaucoup plus  proches et donc   plus fongibles que ceux de LR et du FN entre lesquels un fossé important s’est creusé au fil des ans, ce qui n’est   pas sûrement pas la faute exclusive de Fillon.    

Le résultat, on le   connait : Hamon est tombé plus bas que prévu et Macron a pris les quelques points d’avance qui lui ont permis d’apparaitre comme le grand vainqueur du premier tour. Marine Le Pen, quoique affaiblie,  se maintenait de peu avant Fillon, ainsi éliminé.

Le rejet irraisonné du fillonisme s’est mué en rejet des catholiques dont le PCD a fait les frais : en témoignent l’annulation de l’investiture de Xavier Lemoine, dont l’expérience des banlieues eut été précieuse au sein du groupe LR[1] et l’offensive de Juppé ciblée sur Jean-Frédéric Poisson. Il est clair que la clan ultra-laïque, désormais fort au sein de LR supporte de plus en plus difficilement que l’on aille à   la messe dans un parti pourtant   fondé par le général de Gaulle. Une attitude d’autant plus absurde que les catholiques séduits par Macron, stupidement on le concèdera, ont au moins été aussi nombreux que ceux qui sont restés fidèles à l’ancien premier ministre.  

L’aboutissement de ce rejet, on le voit assez clairement.

L’un est une perte d’identité :  ceux qui risquent de se retrouver en position dominante au sein de LR seront les « macro-compatibles » dont on se demande toujours ce qui les distingue d’En Marche : d’ailleurs, beaucoup d’entre   se le demandent aussi. Certains  s’apprêtent à quitter le parti si la ligne droitière qu’incarne Laurent Wauquiez l’emporte, comme ce n’est pas invraisemblable, même si  la présence de la juppéiste Virginie Calmels à ses côtés devrait les rassurer.

L’autre est l’ouverture d’un espace important entre LR et   le FN qui donne dans la perspective des prochaines échéances, un singulière marge de progression à ce dernier.  Est-ce bien le but recherché ?

Autant que la mémoire de Fillon, ce qui est en jeu, c’est   qu’une analyse erronée de la présidentielle ne conduise Les Républicains à commettre une grave erreur stratégique.  

 

Roland HUREAUX

 

 

 

  

 

 

[1] On peut penser au vu des résultats qu’il aurait emporté le siège, passé à En marche.

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11 septembre 2017 1 11 /09 /septembre /2017 13:34

 

LA DEGENESE

 

Au commencement était un monde multiforme et infiniment  divers : des milliards de  galaxies et d’étoiles, des milliards de planètes, une Terre divisée entre la mer et la terre ferme, avec des êtres vivants mâles et femelles,  terrestres et  marins, des animaux et des plantes et,  sur la terre ferme , des    hommes  remarquablement divers par la race, la  culture,  la  langue, répartis sur les différents  continents et,  au milieu d’eux, la perle de la civilisation, les peuples européens, magnifiquement  différents ente eux , eux aussi.

Le premier jour, il fut décidé de réunir les différents peuples d’Europe en un peuple unique,  sous un Etat unique.

Le deuxième jour, il fut   décidé  de placer tous les peuples de la terre  sous un  gouvernement mondial unique,  avec une langue commune simplifiée , à la portée de tous.

Le troisième jour, il fut décidé d’unir les  hommes et les femmes pour constituer  un genre unique également capable (ou incapable) de procréer.

Le quatrième jour, il fut  décidé de ramener  les hommes à leur  condition naturelle ,  solidaires de tous les animaux, en généralisant pour marquer cette communauté,  le régime végétarien.

Le cinquième jour, la terre et la mer se trouvèrent confondus.

Le sixième jour, la terre et les cieux fusionnèrent en une immense galaxie.

Le septième jour, Dieu contempla ce qui était l’aboutissement de cette  évolution : un  monde entièrement unifié dont toutes les différences avaient été abolies et qui n’avait plus rien à espérer que le retour au néant.  

 

Roland HUREAUX

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 22:17

 

La baisse de la fécondité des Français

 

Le taux de fécondité français était de 2,90 enfants par femme en 1966, à la fin du baby-boom. Il a chuté à 1,80   en 1975 et même à 1,69   en 1980. Il est remonté à partir de 1993 jusqu’au niveau de 2,01 en 2008, palier où il se maintient jusqu’en 2014. Il baisse, comme on l’a dit, à nouveau à 1,96 en 2015,  1,93 en 2016 et 1,89 en 1997..

Il était courant jusqu’ à une date récente de considérer qu’il y avait une exception française : un taux de fécondité qui se maintenait proche du taux nécessaire au renouvellement des générations (2,1) au rebours d’une évolution négative du reste de l’Europe.

On tenait le recul temporaire de la fécondité de la fin du XXe siècle pour l’effet du retard de l’âge au mariage. Dans la génération 1975- 2000, l’âge moyen du mariage ou de la mise en ménage et donc du premier enfant n’a cessé de reculer de près de dix ans (d’environ 20 ans à environ 30 ans). Ce retard a déterminé    un creux des naissances mais le retard ne jouant plus, on a supposé que la natalité aurait ensuite remonté.

Les données que nous avons rappelées laissent cependant penser que cette remontée de la toute fin du XXe siècle   est au contraire dûe à la part de plus en plus importante de la natalité immigrée, spécialement africaine, dans la natalité française.

Non seulement la natalité immigrée a permis une remontée du taux de fécondité total mais on peut même penser que depuis les environs de 2008 (où le taux   de 2 enfants par femme avait  été à nouveau atteint), la hausse de la natalité étrangère a accompagné une baisse de la natalité autochtone.

Selon les études faites par Michèle Tribalat[1], la fécondité des étrangers, plus précisément de ceux qui viennent d’Afrique, du fait d’une intégration alors relativement rapide, avait tendance à s’aligner assez vite sur le niveau français dans les années 1970 et 1980. Mais cette tendance s’est renversée à partir des années 1990 du fait de la communautarisation croissante, entrainant une hausse de la fécondité d’origine africaine.

Cette évolution communautaire ne résulte pas seulement de facteurs géopolitiques ou religieux, elle est le simple effet de l’arithmétique. Plus une population immigrée est importante, plus le tissu relationnel qu’elle offre aux nouveaux arrivants se suffit à lui-même et plus faibles sont les chances pour eux de rencontrer un indigène dans leur vie quotidienne. N’excluons   pas cependant l’émergence d’une motivation religieuse militante : de plus en plus de jeunes gens nés en France et donc   de nationalité française, vont chercher une femme au bled afin de s’assurer de sa virginité et de sa docilité – non seulement à porter le voile mais aussi à   avoir beaucoup d’enfants[2]. Quoique le taux de fécondité soit en baisse dans tous les pays musulmans – il est même devenu en Iran plus faible qu’en France -, les minorités militantes, comme les Palestiniens de Gaza constituent une exception.

Si ce facteur, conjugué à l’accroissement continu de l’apport des étrangères dans l’ensemble des femmes fécondes, avait seul joué, on aurait assisté à un relèvement continu du taux de natalité national. Or tel n’a point été le cas puisque ce taux, n’a connu qu’un palier de 2008 à 2014 et a ensuite recommencé à baisser. La seule explication est dès lors que le taux de fécondité de la partie autochtone de la population française (ou d’origine non africaine) a recommencé à baisser à partir d’une date difficile à déterminer, mais qui pourrait avoisiner l’an 2000.

De ces données, les professionnels hospitaliers sont conscients : ils savent   par exemple que l’essentiel des 230 000 avortements   qui sont exécutés chaque année en France (un niveau particulièrement   élevé par rapport aux pays comparables et que la large diffusion de la   contraception n’arrive pas   à améliorer) sont essentiellement le fait de femmes autochtones, les femmes d’origine africaine répugnant à y avoir recours. 

Quoique le grand public ignore le détail de ces évolutions, il en a une perception confuse, ce qui pourrait être une des raisons du grand malaise qu’ont suscité en France les vagues migratoires des années 2015-2016. Mais à l’inverse, le sentiment de crise que connait aujourd’hui notre pays, est probablement   une des causes de   la baisse continue de la fécondité autochtone.

Une baisse qui ne permet plus de parler d’exception française, si tant est que cette exception ait jamais existé.

Une baisse qui ne permet pas non plus de renvoyer aux ténèbres de l’idéologie ce que les statisticiens de l’ONU appellent couramment le phénomène du replacement

Une baisse qui enfin démontre l’absurdité de la politique menée par le gouvernement Hollande –, consistant à baisser encore le plafond du quotient familial et à mettre fin en décembre 2014, à l’arrivée de son ministre des finances Macron, à l’universalité des prestations familiales instaurées à la Libération, ce qui revient   à les réserver en grande partie aux populations nouvelles.

 

Roland HUREAUX     

 

 

 

 

 

ANNEXES :

 

Naissances selon la nationalité des parents

En %

Naissances selon la nationalité des parents

 

2000

2005

2014

Les deux parents français

84,8

81,2

77,5

Un parent français, un parent étranger

8,7

11,7

14,1

Père étranger, mère française

5,1

6,4

6,7

Père français, mère étrangère

3,6

5,3

7,4

Les deux parents étrangers

6,5

7,1

8,4

Total des naissances

807 405

806 822

818 565

 

  • Champ : France y compris Mayotte en 2014.
  • Source : Insee, statistiques de l'état civil.

 

 

 

 

 

Naissances en France métropolitaines selon le lieu de naissance des parents (Union européenne à 28 ou non) depuis 1998

En 2015, 85,4 % des nouveau-nés en France métropolitaine ont au moins un parent né en France (90,9 % en 2000), 70,4 % ont les 2 parents nés en France (77,6% en 2000), 29,6 % ont au moins un parent né à l'étranger (22,4 % en 2000), dont 25,9 % un parent né hors de l'Union européenne (18,3 % en 2000) et 2,3 % des nouveau-nés en métropole ont au moins un parent né dans un DOM-COM. Entre 1998 et 2015, 3,6 millions de personnes nées en métropole sur un total de près de 14 millions de naissances (25,8 %), soit les personnes âgées de moins de 18 ans au 1er janvier 2016, ont au moins un parent né à l'étranger (22,1 % au moins un parent né hors de l'Union européenne).

 

 

 

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 22:13

 

La drépanocytose (du grec drepanon, faucille), également appelée hémoglobinose S ou sicklémie est une maladie du sang héréditaire qui se transmet par des gènes récessifs. Elle se traduit par une forme d’anémie. Elle était au départ principalement répandue en Afrique.

Depuis 2001, son dépistage est systématique en France sur les enfants  considérés comme à risques,  ceux dont  les deux parents ont des origines dans une région « à risque » , soit en pratique, essentiellement des parents originaires d’Afrique subsaharienne, du Maghreb, des Antilles, ou quand un seul des deux parents est à risque,  quand  le père est inconnu ou  qu’ il y a des antécédents dans la famille.  

Malgré les critiques, ce dépistage n’a pas été, pour des raisons de coût, systématisé à l’ensemble de la population [1]: il permet donc de connaitre de manière assez précise l’origine géographique des enfants qui naissent en France.

 

Les leçons d’un dépistage

 

Le pourcentage des enfants de parents entrant dans la définition ci-dessus était de 31,5 % en 2010 (et 60 % en Ile de France), de 35, 7 % en 2013 (67,9 % en Ile de France) ; il est de 37, 2 % en 2014 (69,06 % en Ile-de-France) et de 38,85 en 2015 [2].

Il se peut que, ponctuellement, le dépistage soit effectué sur d’autres populations mais selon Valérie Gouttereau, directrice de la fédération parisienne de dépistage, pour l’essentiel, les maternités chargées du dépistage s’en sont tenues à ces critères[3] .

L’ensemble ainsi défini ne saurait être qualifié de racial puisqu’il comprend des populations aussi bien de race noire originaires d’Afrique subsaharienne que de race blanche originaires d’Afrique du Nord.

Il ne comprend pas tous les immigrés puisque ceux qui viennent d’Europe de l’Est ou d’Extrême-Orient ne sont pas inclus.

Mais il comprend plus que les immigrés puisqu’il inclut la plupart des originaires de l’Outre-mer – dont le taux de fécondité est aujourd’hui aussi bas qu’en métropole[4]. Il comprend aussi une partie des enfants d’immigrés   nés en France, dits de de la deuxième génération.

Il comprend des Français et des étrangers.

Il est difficile d’apprécier la religion de cet ensemble mais on peut penser qu’il comporte plus de 80 % de musulmans, les autres étant des Africains ou des Français ultramarins chrétiens.

Ceci précisé, l’augmentation du nombre d’enfants jugés à risque a été    de + 1, 5 % en moyenne par an sur 5 ans (2010-2015). Sur cette base, on peut estimer que ce nombre est au moins de 40 % en 2017 et devrait passer la barre des 50 % en 2024.

Pendant la période considérée, le taux de fécondité (ou indice conjoncturel de fécondité) de la France s’est maintenu autour de 2 enfants par femme. Il a cependant baissé à 1,96 en 2015, puis 1,93 en 2016 et environ 1,89 en 2017[5].  Pour simplifier les calculs, nous le maintiendrons à 2.

 

L’INSEE confirme

 

Un récent rapport de l’INSEE[6], établi en fonction de critères légèrement différents, confirme la tendance : il montre que depuis 2011, les naissances d’enfants issus de deux parents nés en France diminuent (de 580 756 à 535 302 en 2015, soit une baisse de 7,8%), celles d’enfants dont l’un ou les deux parents est né à l’étranger (mais qui ne sont donc pas forcément nés en Afrique) sont en hausse de 6,07%. Le nombre de naissances d’enfants dont au moins un parent est né hors UE était de 18 ,4 % en 2000, de 23, 9 % en 2010, de 25,9 % en 2015, ce qui montre une évolution analogue mais amortie, du fait de la différence des périmètres. La croissance de ce deuxième ensemble n’est que de 0, 5 % par an entre 2000 et 2015. Ce recensement ne donne cependant pas de renseignement sur la fécondité du groupe ainsi défini qui agrège des âges différents   

On peut à partir des données du dépistage calculer le taux de fécondité de chaque composante de la population :

Considérant que la composante que nous appellerons « d’origine africaine » représente aujourd’hui environ 10 % de la population totale, qu’elle approche   des 40 % des naissances actuelles, on peut estimer grossièrement qu’elle représente environ 20 % des femmes en âge d’être fécondes[7].

Donc sur 100 femmes en âge d’être fécondes, 80 sont autochtones et 20 originaires d’Afrique.

Les 80 autochtones donnent naissance à 60 % des bébés, soit, sur 200 bébés, 120, tandis que les 20 femmes d’origine africaine donnent naissance à 40 % des bébés soit sur 200 bébés, 80.

Leur taux de fécondité respectif est donc de

a) pour les autochtones : x = 120 / 80 = 1,5  

b) pour les immigrées d’Afrique : y = 80 / 20 = 4  

Si notre chiffre de 20 % de femmes fécondes issues d’Afrique était sous-estimé, l’écart serait légèrement inférieur - et inversement.

Le taux de fécondité de 4 est certes élevé, mais il est inférieur à la   moyenne africaine subsaharienne (5,5) ; il est en revanche supérieur à la moyenne nord-africaine (2,8). Il est cependant habituel aujourd’hui que les taux de fécondité soient supérieurs dans une population immigrée que dans le pays d’origine : c’est ce qu’on observe entre les Mexicains de Californie et ceux du Mexique. Le fait de disposer de plus de moyens financiers ou encore celui de s’installer dans la vie au sein du pays d’accueil peuvent expliquer cette différence.

Le taux de fécondité de 1,5 est inférieur à   la moyenne de l’Europe (1,6) [8], toutes composantes confondues mais il reste sans doute supérieur à la moyenne des populations autochtones en Europe (difficile à estimer).

(à suivre)

 

 

 

 

 


 

 
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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 22:09

La célébration de la rafle du Vélodrome d’hiver , le  16 juillet 1942 devrait être tous les ans  l’occasion d’un grand témoignage d’unanimité nationale autour du refus du racisme et de l’antisémitisme et du souvenir des victimes de ce crime innommable.  Elle est hélas empoisonnée depuis plusieurs années par la volonté d’en faire porter la responsabilité non au régime de Vichy, ni même à « l’Etat français » comme l’avait concédé Chirac, mais à la France, la France tout court comme entité historique et spirituelle et donc à tous les Français.

Le nouveau président Macron l’a fait cette année avec une insistance, voire une complaisance particulières [1].

M. Macron ne manque jamais d’accuser de crimes la nation qu’il est supposé diriger, comme il l‘avait fait à Alger avant son élection, qualifiant la colonisation française dans son ensemble de « crime contre humanité ». Il contrevient ainsi à un des principes les plus fondamentaux de l’exercice du leadership qui veut que le chef ait le premier devoir de donner du courage et de l’estime de soi à son peuple pour l’entrainer en avant, non de le disqualifier. Ne soyons pas étonné que, n’ayant pas compris cela, le nouveau président perde chaque jour un peu plus de sa légitimité.

Malgré l’aval de plusieurs présidents[2], cette thèse, que l’on ne s’y trompe pas, ne s’imposera jamais. 

Aucun pays au monde ne célèbre les turpitudes, avérées ou supposées de son passé : qui aux Etats-Unis envisage une journée du massacre des Indiens ? Exception bien normale :  l’Allemagne, mais pour combien de temps encore, tant on s’évertue à diluer sa responsabilité ?  

Ceux qui veulent frapper d’indignité la France en tant que telle jouent un jeu dangereux : en 1919, au traité de Versailles, le président Wilson du haut de son moralisme désincarné avait imposé la thèse de la culpabilité de l’Allemagne, thèse que le chauvinisme alors exacerbé des Français avait soutenue. Déjà humiliée par la défaite, ruinée économiquement, contrainte à des réparations qui, elles, étaient légitimes[3]  - et qu’elle n’a que fort peu réglées -, l’Allemagne s’est vue lui  infliger ce que les hommes détestent le plus : une condamnation morale comme responsable de la guerre. Condamnation que le peuple allemand ne pouvait que tenir pour injuste, la responsabilité de la guerre de 1914-1918 étant largement partagée.  Il y a un lien direct entre cette humiliation du peuple allemand et l’avènement d ’Hitler dont le rejet du traité de Versailles fut le principal thème de propagande. Partout et toujours, une condamnation ressentie comme  injuste suscite l’amertume et la haine. 

De même la proclamation de la responsabilité de la France est injuste à l’égard de nos concitoyens qui se trouvaient eux aussi au lendemain d’une défaite humiliante (s’il y a matière à repentance, c’est bien cette défaite, de laquelle tout découle) . Dans la mémoire collective, l’occupation a d’abord signifié d’effroyables   restrictions, la faim, le froid, les prisonniers retenus Allemagne, le travail obligatoire,  la présence humiliante de l’occupant, l’inflation, les représailles aveugles, la peur, la répression de la Résistance

A l’égard des centaines de milliers de Français résistants (77 000 fusillés ou déportés pour faits de résistance) et des millions qui ont, au risque de leur vie, caché des juifs –  ou des soldats anglais parachutés, à l’égard des résistants ou des Français libres, la déclaration de Macron est offensante.  Qui dira par quel mystère ceux qui veulent rabaisser la France, généralement venus de la gauche, reprennent les thèses qui rendent sa pleine  légitimité à   l’ «  Etat français »  ? Est-ce  à mettre en relation avec la forte présence de la gauche pacifiste à Vichy, justement   rappelée par l’historien israélien Simon Epstein [4] ,  Est-ce un hasard si les plus insistants à humilier  la France sont  aujourd’hui ceux qui s’accommodent le mieux  d’une Europe sous hégémonie allemande ? Rappelons que  la France est, de tous les  pays occupés, celui où le pourcentage  de juifs déportés est le plus faible : 26 %[5]. Cela ne fut   possible que  grâce à la mobilisation d’un peuple  qui n’était  pas, dans sa très grande majorité,  antisémite [6].

Les lois antijuives de Vichy (à commencer par le statut des Juifs décrété dès octobre 1940) ne visait nullement à satisfaire une opinion dont les préoccupations quotidiennes étaient à des années-lumière. Elles résultent des initiatives d’idéologues, demi-intellectuels, tel Darquier dit de Pellepoix[7] , soucieux d’effectuer une « mise aux normes européennes », de s’aligner sur une Allemagne victorieuse, désormais tenue pour normative, initiatives endossées    par   le gouvernement de Vichy.  

La collaboration de la police, de la gendarmerie et de l’administration locale à la déportation est un fait, mais elle se faisait sous le régime de la Convention de la Haye de 1907 sur le droit la guerre (Règlement annexe, article 43) selon laquelle, en situation d’occupation, l’occupant est responsable de l’ordre public -  dès lors peut réquisitionner les forces de l’ordre locales[8] . Ce qui n’exclut pas ici ou là des comportements  trop  zélés, - comme , bien plus souvent,   un sabotage  sournois

Nous ne nous étendrons pas sur la question largement traitée par ailleurs de la légalité douteuse du régime de Vichy[9].  S’agissant de sa légitimité, on s’en tiendra au critère mis en avant par Gaston Fessard dans son beau  texte sur Le prince esclave [10]  : la légitimité d’un chef (d’un régime) est inséparable de son indépendance. Il a la mission de défendre son peuple, ses intérêts, sa liberté. S’il est tenu d’obéir à d’autres forces, puissance  étrangère ou féodalités internes,  il ne pourra le faire qu’en trahissant les intérêts du peuple dont il a la charge  et donc en étant   infidèle à la mission qui fonde sa légitimité : il devient par-là illégitime.   Pour le général de Gaulle, le seul vrai chef était celui qui incarnait la liberté du peuple : en cas d’occupation étrangère, ce ne saurait être que le résistant et le libérateur, quelles que soient les conditions de sa désignation[11].  La mise en forme juridique de ces idées a été assurée par le grand juriste René Cassin, présent à Londres dès juin 1940 dont on ne saurait renier l’œuvre. L’homme du 18 juin, même autoproclamé, est ainsi   plus légitime pour incarner   la France que celui auquel un reste d’Assemblée nationale a illégalement conféré les pleins pouvoirs le 10 juillet.     

Ceux  qui   insistent tant  pour que la France soit tenue pour co-responsable des crimes nazis, ne visent pas seulement notre pays : compte tenu de la place de la France  en Europe, c’est à toute l’Europe que l’on veut   élargir la responsabilité de l’Allemagne . A toute l’Europe et donc à la civilisation européenne dont la Shoah   constituerait  l’aboutissement. L’affaire Pie XII lancée en 1962 par la pièce Le vicaire [12] voulait impliquer aussi l’Eglise catholique principale force spirituelle de l’Europe. Ces efforts rejoignent ceux des philosophes de l’école de Francfort, dont plusieurs   membres furent invités par Roosevelt à se joindre à l’armée américaine en vue de dénazifier l’Allemagne : leurs spéculations, fondées sur des analyses très contestables, plus idéologiques que scientifiques, tendaient à établir que le nazisme a fleuri sur le fondement d’un supposé modèle de « famille autoritaire » laquelle se trouvait être européenne et donc chrétienne [13]. C’est elle qu’il fallait éradiquer. Les philosophes déconstructeurs français[14] et leurs disciples américains, dont certains furent curieusement inspirés par Heidegger, ont repris le flambeau. Platon, les maîtres gothiques, Léonard de Vinci ou Shakespeare n’auraient été, dans une telle optique, que des jalons menant à Hitler ! Est-ce pour cela que Jacques Chirac détestait la culture européenne ?  Si l’objectif est, au travers de ces interprétations hasardeuses, de détruire la civilisation européenne, c’est la civilisation tout court qui se trouve menacée.   Faut-il pour combattre la barbarie, revenir à la barbarie ? N’est-ce pas ce à quoi nous assistons ?

Cette culpabilisation de l’Europe en général, favorisée par un édifice    européen qui la tient pour un tout, est-elle à mettre en relation avec la dépression morale, démographique et politique où s’enfonce de plus en plus le continent ? On peut le craindre.

Un des dangers les plus graves de cette approche est que, dès lors que les médias, l’école et désormais la plus haute autorité de l’Etat diffusent l’idée d’une France criminelle sur tous les plans :  Vichy, la colonisation etc.,   combien, parmi les millions   de jeunes issus de l’immigration qui sont dans nos écoles, voudront s’y  intégrer ? Qui ne voit que la montée des communautarismes, encouragé par le dénigrement systématique de la France et de l’Europe, pave la voie d’un nouvel antisémitisme ?

En ne préservant pas intacte l’image de la France, « princesse des contes ou madone aux fresques des murs » dont parlait le généal. de Gaulle, ce n’est pas une catharsis que l’on opère, c’est le retour des vieux démons que l’on prépare.

Un admirable roman signé Emile Ajar, pseudonyme de Romain Gary, grand résistant, La vie devant soi, [15], montre comment dans certains bas-fonds de la société, les filles se trouvaient entrainées vers la débauche : « Tu ne seras jamais qu’une petite vicieuse », leur dit-on dès leur plus jeune âge. Dire que l’antisémitisme est congénital aux Français est non seulement une contre-vérité historique[16]   mais aussi une incitation à ce qu’ils le deviennent.  Non, Vichy n’est pas l’essence de la France !  

L’évènement premier fut la défaite de 1940. Elle aurait pu être évitée   avec de meilleurs chefs. Déjà la stratégie de la ligne   Maginot, toute en défensive, résultait d’un complexe d’infériorité qui portait avec lui la servilité ultérieure à l’occupant que l’on dénonce avec raison dans le comportement d’une partie de l’administration française sous l’occupation. 

C’est dire que si tentation vichyste il y a en France, c’est dans une fierté nationale retrouvée que se trouve le remède. C’est à maintenir (notamment par ses idées stratégiques offensives) puis développer cette fierté nationale que s’est attaché, toute sa vie, Charles de Gaulle. C’est là bien plus qu’une    option politique   parmi d’autres. De Gaulle, Pompidou, Giscard d’Estaing et Mitterrand ont obstinément refusé de mettre au compte de la France et donc de tous les Français les crimes de Vichy. En cela, ils furent, eux, pleinement dans leur rôle de président.

 

Roland HUREAUX

 

 

  

 

[1] Au point de susciter   le revirement de Mélenchon qui, jusque-là avait adopté cette thèse et qui aujourd’hui la récuse.

[2] Jacques Chirac a déclaré « l’Etat français » responsable tout en rappelant qu’il ne représentait pas la France, formule ambiguë. Nicolas Sarkozy, sans revenir dessus, a fait le service minimum déclarant son peu de goût pour les repentances en général.  François Hollande s’est comporté en petit fonctionnaire de la nouvelle doxa allant jusqu’à  mettre sur le même plan la responsabilité de la France  et de l’ Allemagne dans  la Shoah.  En déclarant solennellement  le 16 juillet 2007  que « C'est bien la France qui organisa la rafle, puis la déportation » et  en dénonçant «  l’hypocrisie »  de ceux qui le nient, Macron est allé beaucoup plus loin que ses prédécesseurs.

[3] Rappelons que la guerre s’était déroulée en France et en Belgique, non en Allemagne. Les Anglo-saxons appuyèrent les prétentions de l ’Allemagne à ne pas payer.

[4] Simon Epstein, Un paradoxe français, Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, Albin Michel 2008.

[5] Le pourcentage est encore plus faible pour les Juifs de nationalité française.

[6] Malgré les complaisances de ses chefs pour Pétain, habile à amadouer les clercs, l’Eglise de France joua un rôle essentiel dans cet effort pour cacher les juifs.  

[7] Fils d’un maire radical de Cahors.

[8] Cela explique que lors de la rafle du Vel’ d’Hiv’ l’autorité allemande ait pu, en zone occupée, réquisitionner directement les forces de police locales sans l’aval explicite de Vichy – ce qui n’exonère pas celui-ci de bien d’autres turpitudes.

[9] Voir en particulier Jacques Sapir : Le Vel d’hiv et la faute d’Emmanuel Macron, 19 juillet 2017, https://www.les-crises.fr/tag/jacques-sapir/

[10] Gaston Fessard, Au temps du Prince esclave, Ecrits clandestins 1940-2945, Reed. Cratérion, 1989

[11]  Charles de Gaulle était cependant membre du gouvernement Paul Raynaud, le dernier d’une France indépendante, ce qui lui confère une certaine légitimité constitutionnelle.

[12] Attribuée à Rolf Hochhut, cette pièce de 1963, sans fondement historique, a été probablement forgée dans les officines du KGB désireux   de creuser le fossé entre l’Eglise catholique et le monde juif, tous deux opposés au communisme. Jusque-là positive dans le monde juif, l’image de Pie XII est devenue négative ensuite. Les études les plus récentes ont en partie restauré son image.   

[13] Boris Souveraine, Hannah Arendt, Emmanuel Todd ont au contraire montré que les totalitarismes trouvaient leur terreau dans la crise de ces modèles autoritaires. En outre, les philosophes de l’école de Francfort ignoraient tout des études d’Emmanuel Todd montrant la diversité des modèles familiaux européens.

[14] Principalement Foucault, Derrida, Deleuze, Bourdieu.

[15] Emile Ajar, La vie devant soi, Paris 1975 (Prix Goncourt)

[16] Les Français ne sont pas plus vertueux que d’autres peuples mais dans l’ancienne France, les juifs étaient absents de leur environnement quotidien (sauf à Paris et à Alger après la conquête), car à la différence de l’Europe centrale et orientale, Allemagne comprise, ils n’avaient pas part aux activités para-agricoles (régisseur, maquignon, aubergiste etc.) qui les auraient mis en contact avec le monde rural.

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 22:07

L’ « AGGIORNAMENTO » DE MACRON SUR LA SYRIE N’EST PAS SI RASSURANT QU ’ON DIT

 

https://www.causeur.fr/syrie-macron-trump-attaque-chimique-145407

 

On ne saurait entendre sans inquiétude le nouveau président français   se comparer à Jupiter quand on sait que   Jupiter était maitre de la foudre et qu’il l’est, lui, du feu nucléaire.

Beaucoup d’observateurs se sont cependant trouvés rassurés par ses déclarations du 21 juin au Figaro et à sept autres journaux européens où il dit sur le Proche-Orient : « Je n’ai pas énoncé que la destitution de Bachar el-Assad était un préalable à tout. Car personne ne m’a présenté son successeur légitime ! ». Il déclare en outre donner la priorité   à « la lutte absolue contre tous les groupes terroristes ,  car ce sont eux, nos ennemis » et parce que « c’est dans cette région qu’ont été fomentés les attentats terroristes et que se nourrit l’un des foyers du terrorisme islamiste. »

En admettant que la paix en Syrie ne signifie pas nécessairement le départ de Bachar el-Assad, le nouveau président ouvrait la porte au processus de paix. Sachant que les Russes se lâcheront jamais le chef d’état syrien, au moins sous le pression des Occidentaux, la porte était fermée à toute négociation sérieuse aussi longtemps que ceux-ci faisaient de son départ le préalable à la paix. Cette  position de fermeture avait été celle de Hollande et Fabius et aussi  du  candidat Macron lors d’une visite qu’il avait faite au Liban  pendant sa campagne.

On ne saurait cependant se tenir pour pleinement rassuré par les prises de position les plus récentes du nouveau président.

 

Pas totalement rassurant

 

D’abord parce que le ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian ne semble pas être allé aussi loin dans ce que la presse a appelé l’ « aggiornamento » français.  Or il n’est pas un personnage négligeable : ancien ministre de la   défense où il s’est fait connaitre – en bien – par les cercles transatlantiques qui gouvernent l’Occident, il a été jugé après l’élection de Macron plus propre que d’autres à occuper le poste difficile de ministre des affaires étrangères car plus compatible avec les engagements atlantiques pris par la France depuis Sarkozy.  Compte tenu des exigences de compétence et d’alignement, Macron avait-il vraiment la possibilité de nommer   quelqu’un d’autre ?

Peu après sa prise de position sur la Syrie, Macron a fait l’objet d’un rappel à l’ordre  sous la forme d’une tribune publiée dans Libération du 3 juillet par 100 intellectuels (ou soi-disant tels) de gauche, relais zélés du militarisme nord-américain, pions infatigables et mobilisables à merci de la croisade anti-Assad.  On peut supposer que derrière cette prise de position voyante mais marginale, d’autres rappels   à l’ordre ont eu lieu de la part de tous ceux qui, en France et à l’étranger, ont soutenu Macron pendant sa campagne et dont aucun ne partage son nouveau point de vue sur la Syrie.

Est-ce pour cela que l'Elysée s’est cru obligé de publier le 5 juillet un communiqué pour  assurer l'opposition syrienne du soutien de la France [1] ?   L’opposition syrienne ?  Sur le terrain, des forces « démocratiques » ayant nom Al Qaida (aujourd’hui Fatah al-Cham) et   une série d’autres mouvements islamistes, ce qui relativise singulièrement « la priorité à la lutte contre tous les groupes terroristes ».

Entre temps, Macron a invité Trump à assister au défilé du 14 juillet, invitation à laquelle il n’y a rien à redire, s’agissant de célébrer le 100e anniversaire de l’entrée des Etats-Unis dans la guerre contre l’Allemagne aux côtés de la France. Certains se sont alors réjouis de voir    la France marcher la main dans la main avec l ’Amérique. Mais il s’agit de savoir quelle Amérique.

 

Une intervention militaire américano-française en Syrie ?

Peu rassurante en effet   est   la déclaration conjointe du 27 juin de Trump et Macron qui se sont dits prêts à riposter de manière coordonnée à toute nouvelle attaque chimique du régime syrien, après que les Américains aient accusé Damas de mener des préparatifs en ce sens.

En s’associant à    cette déclaration, Macron    suppose   acquis le fait   que les précédentes attaches chimiques étaient le fait d’Assad, ce qui est très contestable, à moins de  croire qu’il est complètement fou , ce qu’il n’est pas , autant que l’idée qu’il pourrait préparer de nouvelles attaques.

Cette allégation est en effet absurde car on ne voit pas quel intérêt auraient le président syrien, ni son armée, à faire usage de telles armes, de peu d’effet sur le terrain, mais qui peuvent provoquer une intervention américaine. Dans un cas au moins, l’attaque de la Ghouta en août 2013, des experts au-dessus de tout soupçon[2] ont démontré que ce n’était pas l’armée gouvernementale mais Al Nora (autre nom d’Al Qaida) qui était à l’origine de cette attaque : une attaque classique sous faux pavillon en vue de déclencher des représailles 

Tout laisse penser qu’il en a été de même dans l’attaque du 4 avril près de Khan Cheikhoun qui aurait fait 88 victimes (dont 30 enfants que les propagandistes ne manquent jamais de placer au mauvais endroit !) et qui a amené Trump à   bombarder en représailles la base d'Al-Chaayrate   près de Homs, première intervention armée ouverte de Washington contre le régime de Damas. On peut en dire autant d’au moins une des deux attaques chimiques qui ont eu lieu près d’Alep.

Il est intéressant de   rappeler le scénario de 2013 :

Le 5 juin 2013, Obama avertit solennellement le gouvernement syrien que toute attaque chimique entrainera des représailles américaines.

Le 21 août , une attaque chimique a lieu  dans le faubourg de la Ghouta près de Damas.  Il fait, selon les sources, 280 à 1720 victimes, surtout civiles.

L’ensemble des médias et des gouvernements occidentaux  tend immédiatement  un doigt accusateur  vers  Assad présenté sans examen comme  l’auteur de cette attaque . Hollande  et Fabius pressent Obama  d’intervenir militairement (ce qui est  peut-être à mettre en rapport avec l’accusation de l’ ambassadeur de Syrie aux Nations-Unies  selon lequel  la coopération militaire  française aurait apporté un  appui  technique à   cette opération).

Finalement   Obama   décide de ne pas intervenir et , pour sortir de la crise, saisit au bond    la proposition   russe de placer  sous  contrôle international puis de détruire les armes chimiques des forces gouvernementales. Le   Parlement britannique, méfiant sur la version officielle, refusa, quant à lui,  d’autoriser une intervention britannique. 

Le même scénario pourrait  se reproduire cet été. L’avertissement  américano-français à Assad, qu’aucune crainte raisonnable ne justifie , ouvre la porte à toutes les initiatives sous faux pavillon : soit  celles  de tel ou tel   service  secret américain , notamment ceux que Trump a tant de mal à contrôler ,   soit ceux de pays comme la Turquie , soit les groupes djihadistes qui continuent  de grouiller en Syrie.   

Ou bien Trump et Macron  croient vraiment   qu’Assad prépare une attaque chimique et ils sont  gravement désinformés,  ou bien ils mijotent  un sale coup ( dirty trick) qui pourrait mettre en péril la paix mondiale.

Qu’un haut  responsable du Pentagone ait affirmé contre toute vraisemblance qu’Assad préparait  une telle attaque  laisse en effet  penser qu’une  opération psychologique de grande ampleur est en gestation, et par là même une intervention sur le terrain. On n’est pas rassuré de voir Macron s’impliquer dans  une telle  affaire. 

Obama,  qui savait, comme Hollande ,    qu’Assad n’était pour rien dans l’attaque de la Ghouta, avait  renoncé à mettre  sa menace à exécution   . Mais Trump qui le lui a vivement reproché (et voulu démontrer en ripostant le 7 avril sur la base d’Al-Chaayrate à une attaque analogue qu’il était d’une autre trempe),    pourra difficilement  reculer devant des représailles  si  une nouvelle attaque chimique est attribuée à Assad.  

Si l’intervention américaine est  de quelque ampleur , les Russes ne pourront pas rester inactifs et un engrenage fatal serait ainsi enclenché. On ne peut que  regretter  que  Macron ait d’avance apporté sa caution à  une possible attaque de la Syrie par les forces de l’OTAN.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

[1] Macron venait de rencontrer Riyad Hijab, coordinateur du fantomatique Haut comité syrien pour les négociations (HCN). 

[2] On se réfère entre autres au  rapport rédigé par Richard Lloyd, ancien inspecteur de l'ONU spécialiste des missiles, et Theodore Postol, professeur au MIT, qui  affirment  que les attaques chimiques ont tout simplement été lancées depuis une zone tenue par les rebelles syriens. Pour étayer leurs propos, les deux experts américains ont étudié des "centaines" de photos et des vidéos d'ogive, de restes de roquettes, d'impacts sur le sol, et de barils contenant le gaz sarin, publiées sur Internet. Un  rapport de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OPCW) basé à La Haye, jamais rendu public, va dans le même sens. 

 

 

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