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Roland HUREAUX

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:31

A propos des négociations Union européenne-Turquie sur les réfugiés

 

 LAISSONS REPOSER EN PAIX LE PETIT AYLAN

 

http://roland.hureaux.over-blog.com/2016/03/laissons-reposer-en-paix-le-petit-aylan.html

 

Alors que les négociations entre l'Union européenne et la Turquie sur les réfugiés (ou assimilés) transitant par ce pays pour gagner l'Union européenne venaient de commencer, l’évènement était illustré sur France Info par une interview   du père du petit Aylan qui, on s'en souvient, avait été photographié mort sur une plage il y a quelques mois, ce qui avait fortement ému la conscience occidentale.  Le père a, à cette occasion, lancé un appel "pathétique" à l'Europe pour qu’elle ne se ferme pas aux réfugiés. On ne pouvait mieux entrer dans le jeu d'Erdogan qui veut à toute force les y faire passer.

Rappelons que chaque passage entre la Turquie et une île grecque rapporte entre 5000 et 10 000 dollars à la Mafia turque, sans compter les risques, alors qu’un billet d'avion Istamboul-Berlin coûte 170 €. Mais pour prendre l'avion, il faut un visa. Qu'attend donc la généreuse Angela Merkel pour envoyer des visas au lieu de laisser racketter ces malheureux par des réseaux qui ne pourraient sans doute pas opérer sans l'accord de son ami Erdogan ?

On se souvient de toute l'ambigüité de la photographie évoquée : d'abord il était clair que celui qui avait trouvé le petit Aylan sur la plage avait commencé par le photographier avant de voir s'il ne respirait pas encore, à moins qu'après l'avoir retiré, on l'ait trainé à nouveau au bord de l'eau pour faire la photo (des manipulations de ce genre ont déjà valu à certains le Prix Pulitzer).

On a dit, sans que cela soit démenti, que le père était lui-même un passeur. On a dit aussi qu'il allait en Europe non pour s'y réfugier mais pour se faire soigner les dents. Il est étrange en tous les cas que son fils se soit noyé et pas lui.

On sait que le corps a été ramené au village natal   pour y être inhumé et on apprend que le père est aujourd'hui interviewé à Erbil, en Irak, non loin de la zone des combats. Si le père peut aujourd'hui résider là, quel   besoin avait-il donc d'emmener sa famille sur la Mer Egée ? Cela n’a jamais été expliqué.

Il reste que le petit Aylan est mort et que cette mort, quelles qu’en soient les circonstances, demeure tragique. La photo, arrivant à point, a fait pleurer toute l'Europe, culpabilisant ceux qui pouvaient penser qu'il n'était pas raisonnable d'accueillir tout d'un coup tant de monde sur le continent.

 

Qui se souvient des enfants irakiens ?

 

Mais quand les sanctions occidentales sur l'Irak, entre 1990 et 2003, ont fait mourir un demi-million d’enfants irakiens, privés de médicaments et parfois de nourriture, personne n'a pleuré.

Il est vrai que les puissances dominantes pensaient alors qu'il fallait imposer ces sanctions. Alors que les mêmes puissances pensent aujourd'hui que l'Europe doit accueillir des millions de migrants. Voilà pourquoi un seul décès d’enfant a causé a plus d'émotion qu'un demi-million. 

Personne n'évoque non plus les sanctions très lourdes qui ont été imposées à la Syrie en 2011 privant ce pays de médicaments. Ces sanctions font aussi mourir des enfants et aggravent la désorganisation de l’économie syrienne, ce qui est une des causes du   départ des jeunes Syriens vers l'Europe.

Washington, Bruxelles et Berlin voulaient il n'y a pas si longtemps que le vieux continent accueille plus de réfugiés. Envisagent-ils, selon la même logique humanitaire, que ces sanctions soient levées ?   

Quel est le lien entre le gouvernement turc qui encourage le passage des réfugiés tout en aidant Daesh à continuer la guerre, les organisations mafieuses de passeurs qui tirent des milliards de dollars de ce trafic, les forces internationales qui poussent l'Europe à ouvrir grandes ses portes et les circuits médiatiques qui nous amènent quand il le faut des photos ou des interviews propres à susciter l'émotion ?  Voilà une vraie question.

 

                                               Roland HUREAUX

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:30

 

LA DROITE NE DOIT PAS REFAIRE L'ERREUR DE 2003

Xavier Bertrand et Christian Estrosi ont paru heureux de leur élection à la tête de deux grandes régions françaises. C'est bien normal, d'autant que leurs chances apparaissaient fort compromises quelques semaines plus tôt.

Ils ont remercié les électeurs de gauche qui, en suivant les consigne du parti socialiste demandant à "faire barrage au Front national », leur ont permis ce succès.

Ils ont eu tort.

Ils n'avaient à remercier personne sinon leurs électeurs en général. Si des électeurs de gauche ont voté pour eux, c'était leur affaire. Ils avaient leurs raisons : choisir ce qu'ils tenaient pour un moindre mal. Ces raisons les regardaient. L'ingratitude est parfois une vertu politique.

Bertrand et Estrosi font la même erreur qu'avait commise Jacques Chirac.

Que Chirac ait bénéficié en 1995 et en 2002 d'un coup de pouce de certains réseaux de gauche est indubitable. Cela lui a permis de battre au second tour puis d'éliminer dès le premier tour un Jospin qu’une partie de la gauche n'aimait pas : passant pour honnête, il ne   paraissait pas un candidat "normal".

Mais c'est au second tour de 2002   que Chirac a bénéficié d'un apport massif de voix de gauche soucieux de battre le père Le Pen dont la présence au second tour, le fameux 21 avril, avait créé un immense choc. Chirac avait été ainsi élu avec le chiffre record de 80 % des voix, sans précédent sous la Ve République.

Il déclara alors que, se sentant une dette envers ces électeurs, il devait tenir compte aussi de leurs aspirations et mener une poltique modérée, tirant vers le centre gauche.

Ce fut une grave erreur. Chirac était pompidolien. Après le raz de marée de l'UDR en juin 1968, Pompidou avait dit en conseil des ministres : "N'abusons pas de notre victoire". De Gaulle lui avait répliqué sèchement "Une victoire, ça s'exploite".

 

Une occasion manquée

 

Avec plus de 4 suffrages exprimés sur 5, Chirac avait en 2002 ce qu'il n'avait pas eu en 1995 : une légitimité assez forte pour lancer une politique de réforme hardies. Or cette occasion, il ne l'a pas saisie.

Au lieu de cela, il confia à Jean-Pierre Raffarin la charge de constituer un gouvenrment dont le principal projet, la décentralisation, ne heurtait personne mais se trouvait en décalage complet par rapport aux vrais problèmes des Français.

Les réformes qu'il aurait dû faire sont bien connues puisqu’elles sont encore à l’ordre du jour :  restauration des   fondamentaux de   l’école, refonte de la justice des mineurs, contrôle de l'immigration, révision d'un système social aussi dispendieux qu'injuste.  Au moment où, en Allemagne, Gerhard Schröder se lançait dans une politique de dévaluation interne, par une réduction drastique des dépenses publiques et donc des coûts, il aurait été nécessaire de faire la même chose chez nous pour que la zone euro ne se trouvât pas durablement et irréversiblement déséquilibrée. Hors une modeste réforme des retraites, rien de tout cela ne fut fait. La réforme de l'éducation nationale opérée dans la discrétion par Gilles de Robien en fin de mandat devait être abrogée par Sarkozy. Croyant ménager le peuple de gauche en s'abstenant, Chirac ne ménageait que les options idéologiques de ses états-majors

Or c'est bien de cela que pâtit la France depuis plus de quarante ans, de l'absence de réformes dont la plupart peuvent être qualifiées sans honte de droite.

Il fut un temps, disons de 1930 à 1980, où une grande partie des réformes nécessaires pouvaient être qualifiées de gauche : elles visaient la réduction de inégalités, l'amélioration de la protection des travailleurs, l’égalité de chances à école. Un Guy Mollet y excella. La droite aurait alors eu tort de   remettre en cause ces réformes et elle ne s'y risqua pas. Ce temps est révolu non seulement parce que beaucoup a été était qui n'est plus à faire, mais aussi parce que la gauche, désormais plus préoccupée du sociétal que de social et acquise au capitalisme mondialisé, ne s'y intéresse plus. Ce qui intéresse le vrai peuple, loin de le rechercher, elle le rejette avec mépris comme "populiste". Cette gauche est idéologique ; ce ne sont pas des progrès   concrets de la condition populaire qu'elle poursuit mais l'application de schémas idéologiques a priori, tous plus destructeurs les uns que les autres. Beaucoup d'hommes de gauche reconnaissent que c'est la gauche (ou plutôt les idées de gauche quelquefois appliquées par des hommes de droite comme René Haby, ministre de Giscard) qui a détruit l 'école républicaine.   L'hypertrophie des budgets publics et les transferts sociaux abusifs, combinés avec l'asservissement à la politique monétaire de Berlin sont une des causes du chômage, une justice idéologique où le déterminisme entraine la négation de la responsabilité encourage la délinquance etc.

Pour faire les réformes nécessaires, qui sont souvent - pas toujours - un retour au régime ancien, dans ces domaines sensibles où le politiquement correct s'exprime de manière terroriste, il ne faut pas avoir de complexes vis à vis de la pensée dominante, mais il faut aussi une forte assise politique, celle que Chirac avait après le 21 avril et dont il ne s'est pas servi.

Comme il est tout à fait possible que le prochain président soit élu selon le même schéma qu’Estrosi et Bertrand, fera-t-il la même erreur ? Ce serait encore cinq, voire dix ans de perdus ;    la France y survivra-t-elle ? 

 

                                               Roland HUREAUX

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:29

LA GRANDE DERELICTION DU MONDE RURAL

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/02/26/31001-20160226ARTFIG00293-petite-histoire-de-la-politique-agricole-commune.php

Jamais le monde rural français dans son ensemble, pas seulement les agriculteurs, n’aura eu   autant qu'aujourd'hui le   sentiment de la   déréliction. C'est la conséquence de quarante ans d'abandon où il faut bien dire que la gauche aura eu plus que sa part.

Depuis que celle-ci s'est "boboïsée", les hautes sphères du parti socialiste sont persuadées, de manière aussi sotte qu'injuste, que le monde rural est, dans son ensemble, incurablement pétainiste et de droite - ils ne sont jamais allés en Ariège ! -    et que le moteur du développement de la France ne saurait être que les grandes métropoles, cela au rebours de la politique d'aménagement du territoire qui avait si bien réussi, dans les années 60 et 70, à maintenir un tissu économique étalé.  Significatif   de cet état d’esprit :  le déménagement récent de la DATAR à Saint-Denis.

En 1984, Mitterrand céda aux pressions américaines d'inclure l'agriculture dans les négociations du GATT, dont elle avait été préservée jusque-là, ce qui avait permis l'instauration par le traité de Rome (1957), au grand dépit de Washington et de Jean Monnet, de la politique agricole commune première manière poussée par le général de Gaulle car très favorable à la France.

 

Le tournant de 1992

 

A partir de 1984, la main est dans l 'engrenage. Fait sans précédent dans les négociations internationales, l’Europe (et spécialement la technocratie française) réforma la PAC en 1992 pour anticiper les demandes de la partie adverse :  remplacement les soutiens des prix agricoles par des subventions, système jugé plus moderne parce qu'il était américain. Ce fut pour la vieille France paysanne le "coup du lapin » :   la déconnection prix-revenu les frappa dans leur honneur, ce système beaucoup plus cher pour les finances publiques, les faisant apparaître désormais, aux yeux du    reste de la société, comme des assistés, avant qu'ils ne soient aussi tenus pour des pollueurs. La baisse de prix corrélative profita plus à l'industrie agro-alimentaire qu'aux consommateurs. 

Le même année 1992 était votée la loi Joxe dont le but avoué était la disparition à terme des 36 000 communes rurales jugées archaïques parce quelle ne coûtaient pas assez cher.

Face à la complaisance des négociateurs européens, la partie américaine   tordit le bras de la commission de Bruxelles pour lui faire accepter les accords de Blair House (1993), consolidés par l'Accord de Casablanca (1995) prévoyant le démantèlement des politiques européennes de soutien (pas plus lourdes pourtant que les américaines, moins que les suisses ou les japonaises). L'habileté de nos adversaires fut d'introduire une "clause de paix " qui ne rendait les décisions exécutoires qu'au terme d'un délai d'environ dix ans. Etaient particulièrement touchées les céréales et l'élevage (notamment laitier). 

 

Le renversement de la balance France-Allemagne

 

Le délai passé, il fallut bien appliquer l’accord. L’affaiblissement de la PAC deuxième manière qui en résulta au milieu des années deux mille coïncida avec la mise en place de l'euro où l'Allemagne se tailla d'emblée un fort avantage compétitif particulièrement sensible dans l'agriculture. La mise en valeur des anciens kolkhozes de la RDA, le recours à une main d’œuvre bon marché venue de l'Est (pas de SMIC agricole !), la sous-traitance polonaise et le coût plus faible des facteurs permirent très vite à l'agriculture allemande, qui avait toujours été déficitaire par rapport à la française, de devenir excédentaire, particulièrement pour le porc, la viande bovine et le lait. Quand les taux de change avaient désavantagé   l'Allemagne, la France était venue à son secours par les "montants compensatoires" (1969-1986) ; aucun geste en sens inverse cette fois de la part de l’Allemagne ; il est vrai que les gouvernements français ne lui ont rien demandé !  Les contre-sanctions russes sont venues s'ajouter à cela. Les prix tirés comme jamais    vers le bas provoquent   le désespoir de nombreux éleveurs (un suicide tous les deux jours !), par ailleurs harcelés par des contrôle sanitaires et environementaux de plus en plus tatillons et, pour les plus endettés, un Crédit agricole impitoyable.

Le monde rural dans son ensemble était au même moment frappé par la crise des industries  rurales touchées  plus que les autres par les  délocalisations, le déprise des servies publics victimes d'une gestion de plus en plus libérale et le bouleversement incessant  des structures administratives, tendant à faire disparaitre à peu  près tous les repères qui avaient si longtemps structuré nos campagnes :  la commune (héritière de l'ancienne paroisse) ,  le canton,  le département et même  les régions   bien inutilement fusionnées : plus de capitale régionale  désormais entre la Loire, la Garonne et le Rhône , soit un  tiers de la France.  Si la population rurale se développe   dans la périphérie des grandes villes, elle continue à vieillir et à se raréfier, souvent misérable, dans de larges espaces (Massif central, Plateaux de l’Est). Tandis que les gendarmeries ferment, la délinquance se répand dans les campagnes. Bien plus que l’immigration, c’est le sentiment d’abandon et la perte des repères, du fait de réformes aussi coûteuses qu’absurdes, qui a favorisé la montée du vote du Front national, jadis plus faible dans les petites communes, aujourd'hui plus fort.

Seul un renversement complet des politiques menées depuis une génération, permettra d'éviter un complet dépérissement de la plus grande partie de notre territoire et la perte sans retour d’un des grands atouts de la France. 

 

                                                           Roland HUREAUX

 

 

       

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:28

LA DEGRADATION DES MŒURS N'EST PAS LA OU ON CROIT

http://www.bvoltaire.fr/rolandhureaux/degradation-moeurs-nest-on-croit,313937

La très mauvaise opinion qu'ont les Français de leur personnel politique ne tient pas seulement aux dérives de celui-ci, moins nouvelles qu’on ne croit. Elle tient aussi aux pratiques de certains juges et plus encore à l'instrumentalisation sans précédent de la justice par le pouvoir politique en place.

Nul ne doute en effet que l'auto-saisine du parquet   financier le jour même de la parution dans Le Canard enchaîné de prétendues révélations sur l'emploi de son épouse par François Fillon ne parte de très haut.

Sans doute François Hollande n'est-il pas candidat à sa propre succession, mais il tient toujours l'appareil d’Etat. Et derrière lui, existe bien quelque chose comme un clan qui se partage aujourd'hui les quelques centaines de postes dont dispose le pouvoir et qui ne veut pas les abandonner. Ce clan sait bien que si Macron ou Hamon, peu importe lequel des deux, sont élus, il gardera la plupart de ces postes, alors que si c'est Fillon, il les perdra, immédiatement ou à terme.

Le vrai changement, ce n'est   pas ce que l'on reproche à François Fillon, quoi qu'il en soit une goutte d'eau dans l’océan des turpitudes de la République, pas seulement celles de la Cinquième, c’est l'instrumentalisation, devenue aujourd'hui systématique, de la justice à des fins politiques. C'est aussi l’acharnement sans précédent d'un système qu'on pourrait appeler "médiatique -mimétique », devenu depuis quelques années monolithiques.

L'élection présidentielle de 1965

Souvenons-nous par contraste de l'élection de 1965. Le principal compétiteur de Charles de Gaulle était François Mitterrand lequel se trouvait encore empêtré dans l'affaire de l'Observatoire, inculpé (c’est ainsi qu'on disait alors) pour outrage à magistrat car il était soupçonné d'avoir organisé, pour faire parler de lui, le 15 octobre 1959, un attentat contre lui-même.  Non seulement De Gaulle se garda bien de remuer l’affaire au cours de la campagne électorale, mais François Mitterrand put ensuite bénéficier de la mesure d’amnistie qui suivit l’élection. 

On ajoutera que des gaullistes ayant, pendant la même   campagne, proposé de faire circuler la photo devenue célèbre où on voit   le maréchal Pétain remettre la francisque à Mitterrand, le général refusa net.

Autre temps, autre mœurs.  Il serait évidemment indécent de comparer de quelque manière De Gaulle à Hollande, mais si dégradation des mœurs il y a, elle n'est peut-être pas seulement où on pense.

 

                                                                       Roland HUREAUX

 

 

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:27

ANNA LINDH, JOE COX: A STRANGE COINCIDENCE

 

Anna Lindh was Swedish, left, and favourable to Sweden joining the euro. Minister for Foreign Affairs, she became the Muse for the supporters of the euro. The mother of two young children, she is murdered at age 46 in Stockholm.

Joe Cox was English, left, and favourable to maintaining the United Kingdom in the European Union. Labour MP, she became the Muse for the opponents of the Brexit. The mother of two young children, she is murdered at age 42   in Leeds.

The first murder took place September 11, 2003, three days before the poll.

The second murder took place June 16, 2016, six days before the poll.

Two pathetic victims.

In both cases, the murderers are unbalanced. They had done stays in a psychiatric hospital. The first was of Serbian origin, the second is English. Murderers in the style  of Lee Harvey Oswald said François Asselineau,  a French politician, President of a small euro-sceptical  party, the UPR, who  as soon as  June 8 envisaged that proponents of staying in EU  have recourse to an attack similar to that struck Anna Lindt[1] .

The noise ran as the murderer of Joe Cox, apolitical for some, neo-nazi for other, would have yelled at the time of the murder "Britain first". But the quoted witness denied having heard nothing of that kind. The technicians of communication know that: after a drama, the first word is memorized.

Anti-Brexit press immediately installed the murderer in the role of fanatical supporter of the Brexit. Badly inspired supporter since polls were beginning to turn in favour of the Brexit.

Being against the Europe of Brussels, is this not be nationalistic and therefore Nazi, and therefore potential criminal?

The murder of Stockholm, coming too late probably, had not changed the outcome of the election: The Swedes had refused the euro and feel very well of it today. The murder of Leeds   has already reversed the polls in favour of the supporters of   Britain remaining in the European Union.

 

Between completism and naivety

 

Between   completism and   naivety, the ridge line is narrow. The coincidence between the two dramas remains troubling.

What is certain, is that the Brexit would destabilize strongly the European Union and that it is one of the centrepieces of the politico-military and economic architecture binding presently the Western world. Obama, more imperial than ever, came to tell the British what they should vote.  

Defenders of the Western order are not kidding. Neither the ideologues. The logic of ideologies - and European building claiming to do away with nations, like others wanted to do away with social classes is one -, have always put    their logic before any other consideration. They would not be for sure afraid of crime.    

If British voters, after saying no to the Brexit, discover one day that they have been manipulated, there is no doubt that Europe will have a taste of blood.

 

                                                                                   Roland HUREAUX

 

 

 

 

 


[1] http://reseauinternational.net/assassinat-de-la-championne-anglaise-du-camp-pro-europe-jo-cox-scenario-pronostique-par-francois-asselineau-des-le-8-juin-lors-dune-interview-verite/

 

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:26

POURQUOI ON NE PEUT PAS ETRE

A LA FOIS SOCIALISTE ET REPUBLICAIN

L'exemple du prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu

Publié dans Le Figaro du 2 septembre 2015

Pourquoi le gouvernement socialiste est si acharné à instaurer le paiement de l'impôt sur le revenu par prélèvement à la source ?  Cela aurait pu être aussi bien une réforme de droite et la gauche l'aurait alors   combattue avec véhémence.

La première raison est que le ministère des Finances l’avait dans ses cartons depuis des années et que tout ce qui est dans les cartons, bon ou mauvais, finit par en sortir. Un gouvernement dont la marge de manœuvre est devenue très faible se doit néanmoins de "faire des choses". Il demande alors à ses fonctionnaires s'ils ont des idées et ceux-ci proposent de manière un peu mécanique ce que le ministère tient en réserve. Dans une société où tout désormais est informatisé, il peut sembler assez logique que le règlement de l’impôt, comme déjà en partie la déclaration de revenu, se fasse automatiquement   depuis les ordinateurs de l'employeur.  Comme tout le reste de l'économie, l'impôt se dématérialise.

Sur le plan de la trésorerie, les recettes fiscales viendront en moyenne plus tôt dans l'année, ce qui peut arranger un Etat exsangue.

Mais la principale raison de cette réforme relève de l'idéologie socialiste. Il sera plus facile d'alourdir encore les prélèvements obligatoires car ils seront devenus indolores. S'il est un signe par lequel on reconnait aujourd'hui un gouvernement de gauche, c'est que la hausse des prélèvements ne lui fait pas peur, alors même que la France a déjà les plus élevés du monde. Il n’est pas difficile d’être socialiste en ce sens-là :  il suffit de laisser les choses aller, leur tendance naturelle étant à l'augmentation !   Il faut un volontarisme féroce pour empêcher les dépenses publiques de croitre, a fortiori pour les réduire. Pour les laisser grimper, il suffit de laisser filer la démagogie et le désordre administratif, de n'être ni trop contrariant ni trop rigoureux.

Si la hausse de ces prélèvements, aujourd'hui au-dessus de 50 % (et qui seraient   près de 55% si une partie n'était financée par l’emprunt), est le signe du socialisme, alors plus l'impôt sera indolore, mieux cela vaudra.

 

Contre la tradition républicaine

 

Or cette logique en heurte de front une autre : rien moins que la tradition républicaine.

A cette tradition, on   peut même trouver des antécédents   dans cette Angleterre médiévale où le "consentement à l'impôt" par un Parlement élu avait été mis par la Magna Carta (1215) au fondement même des libertés.

Il n'en va pas différemment dans la tradition républicaine à la française basée sur la pleine conscience du citoyen libre qui, de manière démocratique, donne par ses représentants son consentement au règlement des charges communes qu’assument l’Etat et les collectivités locales (article 14 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.)   Cela suppose la clarté, la transparence, et l'acte clair qui consiste à porter sa contribution à un percepteur.

Certes cette tradition connait déjà des entorses : les collectivités locales sont financées pour plus de moitié par des dotations de l’Etat, ce qui affaiblit la conscience civique au regard de leurs dépenses. La facilité avec laquelle ces collectivités se laissent aller aujourd’hui à augmenter les impôts est déjà un mauvais présage pour ceux qui voudraient instaurer le même système à l'échelon national.

La TVA est aussi un impôt indolore, et, pour cette raison, celui dont le rapport est le plus grand.

De même les contributions sociales sont obscurcies, pour les salariés   par le paiement direct par l’employeur (dont l'Etat qui s'en exonère en partie) et la distinction factice de la cotisation employeur et de la cotisation salarié.

L'impôt sur le revenu (avec les impôts locaux, insuffisants on l'a dit) restait la seule contribution rappelant aux Français que c'est eux qui payent en dernière instance les charges publiques. Il est clair que l'instauration d'un prélèvement direct à la source, c'est-à-dire chez l'employer, de l'impôt direct mettra définitivement fin à cet acte de conscience citoyenne qui subsistait dans notre République.

Les citoyens, souvent assistés, seront définitivement immergés    dans ce que Michel Schneider appelle Big Mother, image d'un   Etat matriciel congestionné et tout-puissant, donnant l'impression qu'il est la Providence universelle sans laisser apparaitre   comment il se nourrit de leur travail.

Le fossé entre la masse des salariés et les travailleurs indépendants qui continueront à payer directement l’impôt, sera encore approfondi. La vie des entreprises sera compliquée, la confidentialité de l'impôt remise en cause, l'incitation à la dépense publique accrue…

Il est clair que le projet de prélèvement à la source de l'impôt direct montre que le socialisme moderne tel que l'incarnent Hollande et Valls est profondément contraire à ce qu'il est convenu d'appeler la tradition républicaine.

 

                                                                       Roland HUREAUX

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:25

HOLLANDE CHEZ CASTRO : LA NOSTALGIE  N'EST PLUS CE QU'ELLE ETAIT

 

https://www.marianne.net/debattons/tribunes/hollande-chez-castro-le-coup-de-vieux-du-socialisme-francais

 

Il fut un temps où, dit-on, les tyrans tentaient de se rajeunir en buvant le sang de  jeunes hommes, ou à tout le moins en les fréquentant.

François Hollande n'est pas un tyran. Son originalité n'en est pas moins grande :  il tente de se rajeunir (et avec lui le socialisme français) en rendant visite à un vieil homme, malade de surcroît , Fidel Castro.

L'intérêt économique et politique  de cette visite n'apparait pas  avec évidence. Il semble plutôt que le président français ait voulu rappeler aux plus anciens de la gauche française les heures héroïques où , encore au sortir de l'enfance, ils s'enflammaient  pour ce qu'on appelait alors  le "modèle cubain"    et  pour la résistance  courageuse que le lider maximo  opposait à l'Amérique. Qui s'en souvient ? Les plus engagés sacrifiaient même  leurs vacances pour aller y couper la canne à sucre.

S'il suffit d'un voyage pour se prouver qu'on est  encore de gauche, pourquoi ne pas l'entreprendre ? Si  Che Guevara était encore de ce monde, Hollande serait sans doute allé le voir aussi.

Prudent, le président fiançais ne fait cependant le voyage  qu'après  que les premiers pas d'une réconciliation entre Washington et La Havane aient été accomplis. Face au nouvel ordre mondial, François Hollande n'a jamais eu rien d'un provocateur.

Le Cuba  de Castro est un petit pays pauvre proche de la côte de Floride qui résiste depuis 55 ans aux Etats-Unis. La France de Hollande est un grand pays, encore riche , qui s'assujettit aujourd'hui  volontairement aux mêmes Etats-Unis, dont pourtant un océan le sépare. C'est dire que toute comparaison  entre eux serait hasardeuse.

Au temps du général de Gaulle, la France, en se démarquant de la position de Washington, pouvait jouer les intermédiaires, comme,  par  exemple dans la  guerre du Vietnam. Pleinement intégrée aujourd'hui au bloc occidental,   elle ne  cherche à  se distinguer , en Libye, en  Syrie, en Ukraine que par la surenchère. Dans l'affaire cubaine, c'est au  pape François    qu'on a demandé de jouer les intermédiaires. Le président Raul Castro s'est d 'ailleurs rendu à Rome pour le remercier.

Le socialisme cubain a été longtemps un mythe . Mythe très éloigné de la réalité non seulement sur le plan économique mais encore plus  sur celui des libertés. François Hollande marie les homosexuels. Qui sait qu'au  début, Fidel Castro les mettait  en camp de concentration? Une   dimension du castrisme passablement  oubliée. Mais là aussi les temps ont changé.

François Hollande,  rallié avec armes et bagages à la  logique du capitalisme mondial, a un drôle d'air aux côtés du vieux lutteur de la Havane. En cherchant à  rajeunir le socialisme français, il se peut qu'il montre au contraire combien celui-ci  a, comme l'ancien chef de la Révolution cubaine,  pris un coup de vieux.

                                                           Roland HUREAUX

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:24

FRONTIÈRES : LE PAPE FRANCOIS NE S'EGARE-T-IL PAS ?

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Frontieres-Le-pape-Francois-ne-s-egare-t-il-pas

Parmi les documents exprimant la pensée du Saint-Siège, on connaissait l'encyclique, le motu proprio, l'exhortation apostolique, la lettre apostolique, la constitution, la déclaration, l'homélie, le bref. Depuis quelques années, nous en découvrons un autre : les libres propos tenus par le pape à la presse dans l'avion de retour d'un voyage.

Il n'est pas sûr que ce dernier genre soit celui qui ait   le plus d’autorité. Il emporte en tous les cas le plus de risques de propos mal interprétés.

Dans son voyage de retour du Mexique, le Saint Père, si l'on en croit La Croix, a condamné avec la plus grande véhémence l'idée d'un mur séparant les États-Unis du Mexique destiné à barrer les immigrants mexicains. Il est même allé jusqu'à dire que "ceux qui construisent des murs et non des ponts ne sont pas chrétiens". N'était-il pas allé jusqu’à célébrer deux jours avant la messe au pied du dit mur ? 

Sans doute, dans un monde idéal, il n'y aurait pas de murs, pas plus que d'inégalités sociales. Mais dès lors que l’humanité ne s'est pas encore remise du péché originel, les tensions sociales sont inévitables et il est difficile de dire a priori quelle mauvaise solution sera préférable à quelle autre, encore plus mauvaise. Cela relève de choix politiques pour lesquels les hommes d'Église, à quelque niveau que ce soit, n’ont pas été dotés de la grâce d'état.

 

L'enjeu le plus important :  la guerre et la paix

 

Certains   ont vu dans ces propos une condamnation de Donald Trump, le candidat républicain à la présidence des États-Unis qui fait aujourd’hui la course en tête. Le pape a certes a cru bon de préciser qu'il ne le visait pas spécialement[1]. Trump semble pourtant le plus radical dans le refus de l’immigration clandestine aux États-Unis. Pourtant cela ne devrait pas suffire à le disqualifier ; nous pensons en effet que, dans l’exercice d’éventuelles responsabilités à la Maison-Blanche, il y a plus important que la question des murs, il y a celle de la guerre et de la paix. Les esprits superficiels diront que ces questions sont liées. C'est faux.

L'expérience de ces dernières années nous montre au contraire que ceux qui ont mis le plus de désordre dans le monde - et ils viennent des États-Unis - sont précisément ceux qui étaient portés par une vision universaliste fondée sur la condamnation de toute limite à la libre circulation des marchandises, des capitaux et des hommes (de la main d’œuvre) et hostiles par principe à toute structure étatique qui voudrait contrôler son propre territoire (et donc ses frontières).  C'est au nom de cet universalisme libéral qu'ont été entreprises les destructrices expéditions d'Irak, de Yougoslavie, d’Afghanistan, de Libye, qu'ont été encouragés les mouvements subversifs et par là de longues et douloureuses guerres civiles en Syrie, au Yémen, en Égypte, en Tunisie, et dans une certaine mesure en Ukraine. Dans ce dernier pays, la Fondation for an Open society de George Sors a été particulièrement active pour exciter les sentiments antirusses et promouvoir    les femmes[2]. Le bilan final de ces entreprises fondées sur la volonté d'établir un espace de libre circulation et par là de démolir les murs serait   de 4 millions de morts, à en croire Michel Onfray[3]  qui ne se trompe pas de beaucoup. Une des conséquences de ces guerres aura été le massacre et l'exode de centaines de milliers de chrétiens du Proche-Orient.

Dans cette affaire, il faut sans doute faire la part d'une certaine hypocrisie anglo-saxonne qui condamne les murs hors de chez soi et qui les bâtit à domicile. 

Il reste que les plus grands crimes de guerre de ces dernières années l'ont été par ceux qui, comme le pape François, voulaient abattre les murs, mais avec des B 52.  

En définitive, pour les Européens soucieux de paix que nous sommes, il est plus important que tout qu'un président des États-Unis préserve la paix dans le monde.

Peu nous importe à cet égard que Donald Trump soit plus radical que d'autres pour limiter l’immigration, dès lors qu'il a tenu, sur les grandes questions internationales, des propos qui nous semblent plus raisonnables que d'autres : quand il a condamné rétrospectivement la guerre d'Irak ou quand il préconise une politique d'entente avec la Russie.

Des propos de ce genre tranchent avec ceux que l'on tient dans l’establishment washingtonien sur la politique étrangère, démocrates et républicains confondus, peut-être parce que Trump est éloigné de ce monde fermé des think tanks, en osmose étroite avec l'administration américaine et le complexe militaro-industriel où se concoctent dans l'entre-soi les idéologies les plus folles   qu'on qualifie généralement de néoconservatrices.

Hillary Clinton est sans doute plus ouverte à l'immigration que Trump, mais elle nous fait froid dans le dos quand elle suggère de démocratiser l’Égypte tenue d’une main trop ferme à son gré par le maréchal Sissi, c'est à dire d'aggraver encore la déstabilisation du Proche-Orient.

 

 

 

Pas de candidat idéal

 

Il est douteux que nous trouvions le candidat idéal à la présidence des États-Unis. Pour le Saint Père, on suppose que ce serait quelqu'un qui serait généreux avec les immigrés et pacifique sur la scène internationale. Les pires seraient ceux qui construiraient des murs tout en étant agressifs à l'égard du reste du monde : nous ne sommes pas sûrs que les deux principaux rivaux de Tromp, Rubie et Cruz, n'entrent pas dans cette catégorie. Mais nous risquons d'avoir le choix entre des gens comme Donald Trump qui veulent construire des murs, mais ont une approche pragmatique et pacifique des affaires du monde et ceux qui comme Hillary Clinton ont peu ou prou la position inverse - et qui, qui plus est, se trouvent aux antipodes des exigences chrétiennes sur les questions sociétales. Compte tenu des enjeux, le choix devrait être vite fait.

L'expérience du XXe et   du début du XXIe siècle montre que ceux qui tiennent à leur pré carré et veulent le gérer à leur manière tout en comprenant que les autres fassent de même, sont en définitive moins dangereux que ceux qui promeuvent une ouverture générale des frontières et tentent de l'imposer par la force au reste du monde. Décidément Chesterton avait raison de dire que "Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles ». Or rien en politique, spécialement à l'ère atomique, n’est plus dangereux que la folie. 

 

                                                           Roland HUREAUX

 

 

 

[1] D'ailleurs le mur existe déjà. 

[2] Elle l'est aussi pour financer les mouvements en faveur de l'avortement.

[3] Interview à LCI

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:22

Un suicide pas tout à fait réussi

 Eric ZEMMOUR, Le suicide français, Albin Michel, octobre 2014, 534 pages.

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Un-suicide-pas-tout-a-fait-reussi

 

Au lecteur pressé qui n'aurait le temps de lire qu'une page de l'essai d'Eric Zemmour sur le "suicide français", nous recommandons celle qui traite de Louis Schweitzer (p.279), ancien PDG de Renault où est expliquée toute la cohérence entre la délocalisation de milliers d'emplois industriels, la multiplication par treize de son salaire et la présidence de la HALDE, sous-tendue par une conscience de gauche bien entendu.

Schweitzer apparait ainsi comme un personnage emblématique d'une génération où l’auteur tente de discerner les moments clef de ce qu'il tient pour le déclin de la France.

Une lecture en forme de chemin de croix :  pour qui a suivi la politique française des dernières décennies et sait déjà l’essentiel, Zemmour, pour peu qu'il en partage un peu le regard, remue le couteau dans la plaie !  Mais il  ne fait pas que cela :   ses   éclairages culturels  viennent utilement compléter les développements politiques :  le cinéma , avec le sinistre  Dupont la Joie d'Yves Boisset (1975) qui renvoie pour la première fois depuis 1789  à l'homme du  peuple français une image négative, des chansons prémonitoires comme celle d'Aznavour sur les homosexuels (Comme ils disent, 1972), le rôle du rap ou de Coluche ;   les éclairages sportifs , quant à eux,   révèlent une  vraie  compétence : ainsi est  décrite  la dénationalisation des équipes de football à la suite d' une décision dogmatique de la Cour de Luxembourg imposant aux vedettes du ballon rond  le principe de la  libre circulation des "travailleurs"  qui a transformé les grands joueurs en mercenaires. 

Sans doute aurait-il fallu distinguer, dans les étapes de cette "descente aux enfers" ce qui était inévitable, comme le déclin de la sidérurgie, les privatisations (pas toutes) ou une certaine mondialisation, de ce qui aurait pu être évité avec des politiques différentes, comme l'abandon du contrôle d'Airbus ou le droit du sol.  Mais l’auteur a une thèse : la mondialisation ne pouvait être que particulièrement   cruelle à la France dans la mesure où ses caractères historiques : Etat unitaire, héritage colbertiste, modèle social, lui étaient directement contraires. Il rappelle opportunément que l'initiative de l'Etat dans les années cinquante, soixante et soixante-dix est à l'origine de la plupart des    champions de l'industrie française :  aéronautique, espace, TGV, nucléaire etc. Il aurait pu ajouter «et européenne".

L'ouvrage, qui se veut une somme,  s'attache à ne rien omettre   de tout ce qui a contribué à raboter l'"exception française" et la France elle-même  :  mai soixante-huit  suivi du  ralliement des trotskistes au marché et aux logiques ultralibérales , l'essor du féminisme idéologique  ( qui a sans doute  le même rapport avec le bonheur des femmes que le stalinisme en avait avec celui des ouvriers   russes) , le regroupement familial,  le collège unique sacralisé par Haby,  ministre de Giscard, les lois mémorielles,   la revendication homosexuelle ,l'art contemporain,  la création de SOS Racisme à l'initiative de l'Elysée  qui , après le naufrage  de la gauche sociale,  a  assis   la nouvelle  gauche morale, la réintégration  de l'OTAN, l'adoption des  normes américaines, la transformation de l'IEP de Paris  sous l'impulsion de Richard Descoings  etc.

A la création de Canal Plus devenu selon l’auteur le chien de garde de la haine de soi, il aurait fallu ajouter la privatisation ostensible par Chirac de TFI, chaîne de référence, alors que la deux et la trois    restaient dans le domaine public ; les enseignants datent de l'éclatement du PAF vers 1987, la baisse de l’attention des élèves à l'école, la difficulté de plus en plus grande pour les adultes de les   contrôler. Zemmour n'évoque guère la décision prise par une gauche viscéralement hostile au monde rural, d'abandonner les politiques d’aménagement du territoire à partir de 1990, au risque    d'aggraver la concentration parisienne et le problème du logement.  La réforme de la PAC de 1992 donna le coup du lapin   à la vieille paysannerie française. L'auteur parle de   "Paris et la désespérance française ».

Zemmour rappelle le rôle de la gauche chrétienne ou postchrétienne dans l’attrition de l'Etat supposé "jacobin » :  Rawi Abdelal, professeur à Harvard a montré dans une étude jamais traduite le rôle décisif tenu au cours des années 1980 par les Français de cette école, les "Delors boys », dans l'accélération de la mondialisation financière où Warren Buffet voit la grande revanche des riches contre les pauvres.  Mais la gauche tout court   a su elle aussi détricoter   l'héritage de la Révolution française   avec la décentralisation, l'encouragement au communautarisme, la dégradation de l’école publique, le tout-marché (et son primat sur la démocratie au nom de l'Europe).

Certaines  innovations  dont les effets devaient s'avérer décisifs  sont passées  inaperçues  ,   personne   sur le moment n'en mesurant  la portée    : l'introduction des préambules  dans le bloc de constitutionnalité  sous Gaston Palewski (1971), porte ouverte au gouvernement des juges ; la loi Pleven ( 1972)  qui interdit toute discrimination sur la nationalité , votée à l'unanimité comme la loi Gayssot, comme la LOLF, comme  toutes les mauvaises lois ,  la loi Giscard qui interdit à l'Etat  de se financer par  la Banque de France (1973)  , loi sans laquelle la dette publique  ne  serait pas ce qu' elle est aujourd'hui.

La montée du gouvernement des juges a eu des effets fâcheux au cours de la période comme l’arrêt Motcho du Conseil d'Etat (1980) qui élargit le regroupement familial aux polygames ou l'avis de 1989 favorable au port du voile à l'école.  La loi est heureusement venue corriger en ces matières la jurisprudence.

On pardonnera quelques erreurs ici ou là : le Royaume-Uni n'a pas de régions ; Machiavel n'a sûrement pas déniaisé une France sortant vierge du Moyen-âge : un Louis XI que Chateaubriand appelle le "roi-jacobin » était déjà passé par là. Auraient pu être évités les poncifs inexacts sur le général de Gaulle : son   supposé maurrassisme, son   pacte avec les communistes ; on ne l'a jamais appelé le Père, sauf après sa mort.   Il n'est pas sûr que les centristes pro-européens qui appelaient de leurs vœux l’entrée de l'Angleterre dans le Marché commun aient été déçus par celle-ci :  la contradiction entre leur volonté d'élargissement et leur ambition supranationale   avait déjà   été relevée par le général de Gaulle. Zemmour cultive selon son habitude l’art des formules dont certaines sont un peu rapides : "c'était l'Etat qui faisait le droit ; à présent, c’est le droit qui fait l'Etat".

Pudique sur le sujet, comme il se doit, l’auteur ne mentionne pas ce qui sous-tend sans doute les évolutions qu’il déplore : la déchristianisation, qui n'avait jamais été aussi ample que dans la génération en cause. Peut-on suggérer que, à côté d'un dérèglement des mœurs après tout pas si grave, elle aurait pu entrainer   aussi, au moins dans les élites, un dérèglement des esprits ?  Quand la foi se retire, comme le montre Emmanuel Todd, l'idéologie occupe l'espace et avec elle la déraison.  On ne congédie pas impunément le Saint-Esprit. 

Il a été reproché à Zemmour d'avoir voulu réhabiliter Pétain. Ce n'était pas son intention. Il défend non pas Vichy mais la France, livrée depuis quarante ans   à une humiliante culpabilisation qui vise à saper la fierté nationale sans laquelle il n'est pas de nation vivante - et capable d'intégrer ses immigrés. C’est, non pas de la guerre comme on croit, mais de 1968 que date cette entreprise morbide ; et c'est   Jacques Chirac, non François Mitterrand, qui a identifié la France non plus à l'épopée gaulliste, mais à Vichy.  La première attaque est venue d'un historien américain, Robert Paxton, d’un pays qui, après les ruades gaulliennes, avait intérêt à abaisser la France. Mais la dénonciation obsessionnelle du pétainisme avait une portée plus large, de nature véritablement nihiliste, puisqu' à ce régime   était amalgamé de manière insidieuse    la morale traditionnelle (travail, famille, patrie) que la génération de 68 voulait détruire. Alors même que ces valeurs de toujours   avaient été tout autant exaltées par la Résistance.

Si nous devons nous cantonner à l'essentiel, nous ne ferions qu'une objection :  à l'égard de la vision qu'a l'auteur de l'Allemagne. En bon méditerranéen, il est, lui aussi, quelque part fasciné par elle. Il la tient pour une puissance sans cesse grandissante à laquelle la France aurait été contrainte au fil des ans, non seulement de céder le leadership en Europe mais de se soumettre. "La supériorité allemande est telle que la France ne pourra plus échapper sa vassalisation ». Est-ce si simple ? Il n'est de servitude que volontaire. La réunification n'a ajouté que 5 % de PIB à notre voisine, soit un an de croissance des Trente glorieuses, avec des montagnes de   problèmes (que nous l'avons aidée à régler au delà de toute mesure, au point de nous affaiblir plus qu'elle). Mais pour le reste, l’affaiblissement de la France, n’est   ce pas nous qui l'avons voulu   hors de toute exigence de notre voisin ? Déjà le préambule ajouté par le Bundestag en 1963 pour torpiller le traité de l'Elysée était l'œuvre d'un Français, Jean Monnet. Le franc fort puis la création de l'euro en 1993 résultent d’un mauvais calcul de Mitterrand qui ignorait tout de l’économie : il pensait que la réunification renforcerait l'Allemagne et que l'euro serait une compensation pour nous. Ce fut l’inverse : la réunification affaiblit durablement l’Allemagne et l’euro, tel qu'il a été conçu, c'est à dire un mark repeint, est à l'origine de l’affaiblissement de la France. Etonnante négociation de Maastricht où la France fait pression pour imposer à une Allemagne réticente une règle du jeu qui pourtant    favorise celle-ci ! Si Airbus est issu d’initiatives françaises, c'est volontairement que le gouvernement Jospin-Strauss-Kahn en transféra sans vraie contrepartie la moitié à l'Allemagne. A Pékin, on considère aujourd'hui que l'Airbus est un produit     allemand ! Il faut ajouter à ce tableau des capitulations sans défaite la guerre de Yougoslavie, règlement de comptes historique avec la Serbie, ennemie de toujours   de l'Allemagne et amie traditionnelle de la France, où rien n’obligeait Chirac à s’engager. Si l'Allemagne paraît aujourd’hui forte et la France faible, ce sont les élites françaises, toujours prêtes à trahir et, ajouterons-nous, d'une incompétence rare, qui ont fait ce choix.    Zemmour oublie cependant la fragilité de la prospérité allemande, fondée sur un appauvrissement sans précédent d'une partie de la population, la dégradation des équipements publics et une dénatalité qui épargne les dépenses scolaires. En définitive, une date nous parait plus importante que toute autre dans l'histoire de la relation franco-allemande :  à partir de l’an 2000, et pour la première fois depuis 1870, il y a plus de naissances en France qu'en Allemagne   -  et il ne s'agit pas seulement d’enfants d'immigrés !  Passée entre 1960 et 2015 de 46 à 67 millions d'habitants, la France est aujourd’hui le seul grand pays d’Europe à renouveler à peu près   ses générations. Est-ce pour cela que, seule, elle a opposé quelque résistance à   la vague du mariage homosexuel ?  Il y a en tous les cas des suicides plus réussis.

 

                                                                       Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 22:21

IL FAUT AIMER L'IMMIGRE...JUSQU'AU BOUT  

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Il-faut-aimer-l-immigre-jusqu-au-bout

Beaucoup de catholiques français ont du mal à suivre la hiérarchie catholique quand ses membres les appellent à se faire accueillants aux immigrés, notamment ceux qui traversent clandestinement la Méditerranée et arrivent jour après jour en Italie du Sud ou en Grèce.

Non que les chrétiens n'aient pas le sens de l’hospitalité, mais parce que, témoins de la déchristianisation, ils sont légitimement inquiets du devenir de l'identité chrétienne de la France, sentiment parfaitement légitime. Le succès de la pétition de Denis Tillinac demandant que les églises de France demeurent réservées au culte catholique et qui avait été signée aussi bien par des juifs que des musulmans et des incroyants   et approuvée selon un sondage par 75 % des Français témoignait de l'intensité de cette angoisse dans le peuple français.

Pourtant, on ne saurait attendre d’évêques catholiques, se référant au Christ, autre chose qu’une attitude de compréhension et d'accueil aux étrangers qui viennent sur notre sol. Le 17 juin 2015, le Conseil permanent de l'épiscopat français avait publié un texte dans ce sens. Au même moment, trois évêques faisaient une déclaration fondée sur le Livre du Deutéronome : « Aimez donc l’immigré, car au pays d’Égypte vous étiez des immigrés » (Ddt 10, 19). " Sans aller jusqu'à dire que tout clandestin doit être accueilli, ils revendiquent « une attitude humaine à l’égard des immigrés et réfugiés qui sont nos frères".

Il est difficile de demander aux évêques de France de ne pas aimer les immigrés, comme on doit aimer tous les hommes. Il est difficile de s'offusquer qu'ils invitent les fidèles et par-delà tous les Français à faire de même.

Mais s'il est légitime que les évêques catholiques aiment les immigrés, disons-le tout net, ils doivent les aimer jusque ' au   bout. Ce ne devrait pas être difficile pour les réfugiés chrétiens, en particulier ceux qui viennent de Syrie ou d'Irak.  Ce le sera peut-être plus pour les musulmans.

Or quel est, pour un chrétien, le bien le plus précieux ?  C'est évidemment Jésus-Christ.

 

A temps et à contre temps

 

Aimer les immigrés jusqu’au bout, c'est "à temps et à contretemps" (2 Tim 3, 14) leur annoncer Jésus Christ.

Il ne s'agit pas de les convertir car on ne peut convertir personne de force   mais de leur annoncer l'Evangile, c'est à dire une « bonne nouvelle" qui s'adresse à eux aussi. Cette annonce n’est pas pour l'Eglise une option, elle est une obligation. Même si ce devoir concerne aussi les laïcs et les simples prêtres, l'obligation s’applique particulièrement à ceux qui dirigent l’Eglise :   les évêques, successeurs de Pierre à   qui il a été dit "Allez de toutes les nations, faites des disciples et baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit" (Mt 28, 19).  Commandement auquel répond en leur nom saint Paul :   "Malheur à moi si je n'annonce pas l’évangile » (1 Co, 9, 16).

Or sur ce plan, il faut bien dire que l'Eglise a encore bien du chemin à faire tant est que la question de l'évangélisation des musulmans y demeure un tabou. Un converti de l’islam livre un verdict sans   appel :  selon lui, dans les milieux catholiques, 40 % sont hostiles vis à vis des conversions, 40 % réservés, et 20 % seulement franchement favorables. Il déplore en particulier que les grands médias catholiques soient muets sur le sujet. L'impression générale des musulmans qui veulent se faire baptiser est que, sauf exceptions, ils ne sont pas attendus. Il faut deux ou trois ans de catéchuménat pour être baptisé alors que cinq minutes suffisent pour prononcer le charabia qui fait de vous un musulman. Ces exigences et ces délais tirés du droit canon et qui visent les catéchumènes venant d'un milieu païen n'ayant jamais entendu parler de l’Eglise, s’appliquent-ils à des gens vivant au milieu de chrétiens, qui courent des risques en demandant le baptême et ont donc déjà mûri leur choix ? On peut se le demander.

Certains vont même jusqu'à dire que l'Eglise catholique est, sauf exceptions, plus portée à ouvrir les portes de la France au musulman que les portes des églises à ceux d'entre eux qui voudraient se convertir.  Singulier paradoxe.

On pourrait voir là l’écho de ce qui fut l’attitude des pouvoirs publics dans l’univers colonial, singulièrement en Algérie. Il y était permis de convertir les païens mais pas les musulmans et les missionnaires avaient plus ou moins adopté ce positon. En théorie, ce n'était   la position officielle ni de l'Etat ni de l'Eglise, mais c'était la position de fait de l'un et de l'autre. A la rigueur les missionnaires pouvaient-ils contribuer, par leurs écoles, à ce que les élèves musulmans deviennent de meilleurs musulmans, mais pas plus. Comme si le christianisme, bon pour les Européens, ne l’était pas pour les "indigènes" qui pouvaient bien se contenter d'une religion de seconde zone. Le Père de Foucault avait averti que cette politique conduirait à de grands malheurs : c'est ce qui est arrivé avec la guerre d'Algérie.

On rappellera que les évangéliques, très actifs dans les banlieues françaises, comme ils le sont dans certains pays musulmans, n'ont pas tant de scrupules. Est-il nécessaire de leur laisse le champ libre, au motif que là aussi leur message simplifié conviendrait seul à "ces populations" ?

D'autant que la jeunesse musulmane des pays occidentaux, même si elle ne le montre pas, est remplie d'une immense curiosité pour le catholicisme.  Ce qu'elle rejette d'abord de l’Occident c’est un laïcisme libertaire ignorant voire hostile au fait religieux. Ne rompant pas avec un fait religieux qui demeure pour eux essentiel mais paraissant mieux compatible avec la modernité, le catholicisme apparaît comme un moyen terme.

Il importe enfin qu'un christianisme tonique propose un chemin d 'absolu à une jeunesse déboussolée tentée par le djihad.   Cela ne vaut pas que pour les jeunes musulmans mais aussi pour tous ceux, d'origine chrétienne et éloignés de l'Eglise, que ce genre d'aventure tente aussi.  

 

Une rupture inévitable

 

Il est vrai que la conversion à l'islam suppose presque toujours une rupture du prosélyte avec sa famille, rupture qui peut être dangereuse pour lui et pour la paix civile. Que la conversion suppose une rupture avec la famille va tout à fait dans le sens de l'Evangile " qui aimera son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi". "N'allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais bien l'épée. Oui, je suis venu séparer l'homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère, on aura pour ennemis les gens de sa maison" (Mt 10, 34-35) et    "Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi" (Mt 10, 37). Par leur prudence, certains pasteurs voudraient néanmoins épargner aux   musulmans attirés par le baptême, le risque de ces antagonismes, points différents pourtant de ceux que courraient les prosélytes gréco-romains des premiers siècles.

Mais il se peut que ce soit l’idée même d’une rupture avec la famille qui   remplisse ces pasteurs de scrupules.   On peut se demander si, à force de parler (depuis un siècle seulement !) de la famille, l'Eglise catholique n’a pas fini par sacraliser à l'excès dans ce qu'elle a d’holiste, de captateur pour l'individu et si elle ne se trouve pas dès lors pleine de déférence pour la famille musulmane, au point de ne pas y encourager les ruptures.    C'est oublier que l'adhésion au christianisme est toujours un acte de rupture et que la vision holiste de la famille qui prévaut chez le musulman n'est pas du tout celle du christianisme qui, dans les affaires de foi, a toujours donné la priorité à l’individu sur le groupe. Loin d'être admirable, la famille musulmane résulte de la pétrification de la société archaïque, avec laquelle la Bible invite à rompre : "l'homme quitte son père et sa mère » (Gnu 1,24).

Au demeurant, la famille musulmane qui, au temps des colonies, se présentait comme un bloc compact imperméable à tout effort d'évangélisation, est aujourd'hui en crise : loin d'être le clan ancestral dirigé par le patriarche, elle est le plus souvent une famille monoparentale d'où le référent masculin a disparu où les enfants sont livrés à eux-mêmes.

 

Pour la paix civile

 

Evangéliser les musulmans n'est pas seulement un devoir et la plus grande forme d’amour à leur égard, c’est aussi une responsabilité vis à vis de la communauté française, par rapport à la paix civile.

Prêcher l'accueil le plus large et le plus fraternel aux immigrés et être pressé ensuite de leur donner ce qu’on a de meilleur, l’Evangile, est une attitude chrétienne cohérente.

Etre fermé à l'immigration et aussi à la conversion n’est pas forcément une attitude chrétienne mais c'est une attitude cohérente, qui pourrait refléter une vision tribale du christianisme et de la France.

Etre ouvert à l'immigration et réticent à la conversion, c’est, n'hésitons pas à le dire, gravement irresponsable. 

Le premier devoir de tout dirigeant est de préserver la paix civile car la guerre civile est sans doute la chose la plus horrible qui puisse arriver à un peuple.

Le pluralisme religieux dans un Etat est parfois   source de dialogue culturel et d’enrichissement réciproque. Mais si deux religions sont de poids, sinon égal du moins comparable dans un pays, comme pourraient l'être le christianisme et l'islam en France, si le premier continue dépérir et le second à prospérer, c’est la certitude de la guerre civile. Il n’y a pas d'exception à cette règle.  Il n'y en a pas dans l’histoire : la France du XVIe siècle, l’Allemagne du XVIIe siècle n'y ont pas échappé. Seules à l'époque moderne ont évité la guerre de religion dans les monarchies où s’appliquait la règle cujus région, eus religion. Voltaire dit sans ironie que   l’Inquisition épargna à l’Espagne les   guerres de religion.   Plus près de nous le massacre des Arméniens (en fait de tous les chrétiens sauf les protestants et les catholiques protégés par les Occidentaux) dans l'Empire ottoman de 1916 fut l'aboutissement tragique de siècles de coexistence entre chrétiens et musulmans.  La guerre d'Algérie (1954-1962) fut aussi une guerre de religion, sanction de l'attitude   évoquée plus haut ; elle   se termina par l'expulsion d'un million de juifs et de chrétiens en 1962.  Le Liban et la Bosnie, états multiconfessionnels où chrétiens et musulmans étaient à peu près de force égale ont connu deux atroces guerres civiles, le premier entre 1975 et 1990, la seconde entre 1991 et 1995. Jusque-là, pourtant, on vantait benoîtement l’harmonie qui y régnait entre les religions. 

Les religions orientales ne sont pas plus tendres : le Sri Lanka, divisé entre indigènes bouddhistes et immigrés hindouistes connait lui aussi la guerre civile.

C'est dire que laisser s'instaurer en France une situation où chrétiens et musulmans pèseraient d’un poids analogue serait une imprudence grave.

Il faut avoir la foi, dira-t-on, et se fier à la Providence. Sûrement pas pour éluder un devoir évangélique. Sûrement pas pour évacuer la vertu de prudence - au sens rigoureux de cette vertu :  non pas la prudence du bureaucrate qui ne veut "pas d'histoires", mais celle de l’homme accompli   qui voit loin et prend ses décisions en toute lucidité sans se bercer d’illusions. Pour Aristote, repris par saint Thomas d’Aquin, la prudence n'est rien d'autre que "la droite raison des actions à faire"[1]. Dans cette perspective, l'excès de lenteur peut être aussi coupable que l'excès de hâte.[2]

Il faut être clair : le prolongement naturel de l'esprit d'accueil à l'égard des musulmans qui viennent sur le sol français, ce n'est pas l'abstention de toute effort d'évangélisation au nom d'un respect de l'autre mal compris ou de la crainte des remous. L’appel cité plus haut est suivi d'une prière qui dit "Remplis nos cœurs de ton Esprit Saint, pour que nous vivions comme tes enfants, unis dans la diversité de nos cultures" ; on suppose que culture ne veut pas dire ici religion et que cet appel ne saurait signifier un acquiescement définitif à la différence religieuse.  Annoncer l’évangile aux immigrés, c’est   aller jusqu’au bout de l'amour, en souhaitant leur apporter ce que nous avons de meilleur. Toute autre attitude serait lâche, hypocrite et pleine de périls.

 

                                                           Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

[1] Somme théologique 2a - 2ae, qu’Est. 47, art. 1 & 2 

[2] Somme théologique 2a - 2ae, qu’Est.  53, art. 3

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