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Roland HUREAUX

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 21:34

GHETTO ? VOUS AVEZ DIT GHETTO ?

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Ghetto-Vous-avez-dit-ghetto

 

Manuel Vals n'a pas mâché ses mots à la suite de l'affaire Charlie en dénonçant l' « apartheid territorial, social, ethnique » à l’œuvre dans les quartiers populaires, en fustigeant « la relégation périurbaine, les ghettos », généralement musulmans .

Ghetto ? Rien que ça.  Il faudrait y  regarder de plus près  avant d'appliquer un tel qualificatif aux banlieues françaises.

A Berlin , oui, il y a un ghetto turc : des quartiers turcs sans allemands et des quartiers  allemands sans turcs. A Londres aussi,  jusqu'à un certain point . Mais à Paris ? Dieu merci une certaine mixité demeure .  Jusqu'à quand ?

Si ghetto immigré il y a en France ,  n'en déplaise à M. Vals  qui  préfère culpabiliser les Français que chercher les vraies responsabilités, c'est essentiellement en raison de la délinquance et de l'insécurité qui règnent  dans  quartiers où les immigrés sont nombreux , spécialement pour ceux qu'il faut bien appeler les indigènes, c'est à dire les Français de souche.

Tous ceux qui en ont les moyens s'évertuent désormais à quitter ces quartiers, ce qui rend d'autant plus dramatique la situation de ceux qui ne le peuvent  pas, en particulier les Français sans ressources, notamment les personnes âgées. Mais l'insécurité est également  pénible pour la grande majorité des habitants issus de l'immigration  qui souhaiteraient  eux aussi y  vivre tranquillement. 

Le premier  moyen de réduire les ghettos est donc que les forces de police reconquièrent  les "territoires perdus de la République".  Si la sécurité représente   80 % du problème de la  ségrégation,  de nombreuses logiques administratives , parties des meilleures intentions, génèrent aussi un sentiment  de ségrégation.   

C'est le cas de la loi Boutin  du 25 mars 2009   réformant le  logement social. Cette loi tend à pousser hors du parc social tous ceux qui se  trouvent  au-dessus du plafond de ressources. On sait que les plafonds de ressources sont limitatifs à l'entrée,  mais qu'une fois  la famille logée en HLM, elle peut y rester  même si ses ressources augmentent  dans le courant de sa vie, ce qui est cas le plus général.  Une grande partie des locataires , les plus anciens, généralement nationaux, se trouve donc au-dessus du plafond de ressources. La rationalité administrative   à l'état brut impose que les subventions de l'Etat dont bénéficient les sociétés  HLM ne profitent  qu'à "ceux qui en ont vraiment besoin"  et que donc que l'on chasse par différents moyens  ( surloyers etc.) ceux qui ont atteint ou dépassé le  plafond  . Il est aisé de comprendre  que cette politique , poussée   depuis des années par l'Inspection des Finances, en éliminant  les classes moyennes du parc social, tend elle aussi  à renforcer la ségrégation, ce qui est fort dommage.

 

La perversité des zonages administratifs

 

Avec  le meilleur intentions du monde  ont été délimitées  en 1981 des ZEP ( zones d'éducation prioritaire) , devenues ECLAIR , majoritairement  peuplées d'immigrés et où les écoles reçoivent pour cela, des moyens supplémentaires.  L'existence de ce zonage a , qu'on le veuille ou non , un effet psychologique disqualifiant sur les élèves  du  quartier  et même sur leurs parents. Les jeunes qui y habitent n'étant pas plus bêtes que les autres savent qu'ils se trouvent dans une ZEP  ; ils ont ainsi  le sentiment d'une ségrégation même si elle   apporte à leur école des avantages. D'ailleurs est-ce bien d'une pédagogie de luxe que les élèves en cause ont besoin , n'est-ce pas plutôt d'une discipline plus rigoureuse  ?

Le zonage urbain dépasse largement la question scolaire . En matière de police, ont été ainsi délimitées 49 zones de sécurité prioritaire .

En matière de "politique de la ville" , il y avait jusqu'à une date récente 751 zones urbaines sensibles (ZUS), parmi lesquelles 416 zones de redynamisation urbaine (ZRU), comprenant elles-mêmes 100 zones franches urbaines (ZFU), sans compter   2 493 quartiers ciblés par les 497 contrats urbains de cohésion sociale.  Rien que ça !

Une réforme récente a  tenté de simplifier ces zonages : en lieu et place des différents périmètres que nous venons d'évoquer , sont identifiés  1300 quartiers sensibles. Mais le principe d'un zonage subsiste.

Ces zonages s'ajoutent à d'autres, plus anciens,   qui ont  eu , eux aussi,  des effets pervers moins connus . Ainsi les plans d'urbanisme qui tendent   depuis  longtemps à séparer les  zones d'activité des zones d'habitation et, parmi celles-ci, en fonction du COS, les zones pavillonnaires et les zones d'habitat collectif.

Zoner, ça fait rigoureux, ça fait technocratique. Mais le résultat  est , qu' on le veuille ou non, toujours psychologiquement désastreux.

Comment un  jeune qui sait qu'il se trouve ans une ZEP, une ZSP, une ZUS, une ZRU et une ZFU  ne se sentirait -il pas quelque part victime d'une sorte d'apartheid , au moins psychologique ?  

Il serait tellement plus subtil de mettre fin une fois pour toutes à tous ces zonages , tout en demandant aux différentes administrations concernées de garder une différenciation des moyens et des actions mais de manière  pragmatique, non systématique et surtout non écrite.

Combien de problèmes sociaux naissent ou sont aggravés par  un excès de rationalité administrative ?   

 

                                                           Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 21:32

LE BREXIT A SAUVE LE BIPARTISME AU ROYAUME-UNI, MAIS PAS DANS LE RESTE DE L'EUROPE

http://www.causeur.fr/brexit-nigel-farage-grece-espagne-39547.html

Dieu sait combien on a entendu dans les milieux de la bienpensance européenne que David Cameron avait été irresponsable d'organiser un référendum sur le Brexit. "Quelle idée de consulter le peuple sur une affaire aussi grave !  Nous n'en serions pas arrivés là s’il ne l'avait pas eue".

Cameron a certes défendu le Remain mais le Brexit l'a emporté. Or pas de référendum, pas de Brexit.

C'est oublier dans quel contexte a été prise la décision de consulter   le peuple britannique sur le maintien dans l'Union européenne. David Cameron n'avait pas le choix. S'il n'avait pas promis un référendum lors des dernières élections, l’UKIP de Nigel Farage, parti nationaliste, risquait de prendre peu à peu l'ascendant sur le    parti conservateur. Et dans le système électoral britannique, uninominal à un tour, il ne faut qu’un léger effet de balancier pour que tous les sièges   soient perdus pour le parti qui se laisse dépasser, menacé alors de sombrer. En raison de ce système, l’UKIP, presque partout devancé par le parti conservateur ne pouvait avoir de députés qu’au Parlement européen, élu, lui, à la proportionnelle. Farage n’avait réussi à arracher pour lui-même aucune circonscription. Ils les auraient toutes eues si la promesse du référendum n'avait relâché la pression qui s’exerçait en faveur de son mouvement.

C'est ainsi qu'a été sauvé le parti conservateur dit tory, le plus vieux parti du monde, puisqu'il   existe depuis le XVIIIe siècle.

C’est aussi ainsi qu'a été sauvé le bipartisme à la britannique. Ce système n'a connu en trois siècles qu’une mutation : dans l'entre-deux guerres, alors que les tories se maintenaient, les   travaillistes ont   supplanté les libéraux, qui ne sont plus aujourd’hui qu'une survivance.  

Après la victoire du Brexit, on a pu voir comment le parti conservateur a refait rapidement son unité derrière le nouveau premier ministre Teresa May.

La force du parti conservateur a été de laisse subsister en son sein (et même au sein du   gouvernement) des européistes et des eurosceptiques, et cela malgré le climat de quasi-guerre civile qui a régné entre les deux camps, comme toujours sur les enjeux européens, pendant le référendum.

 

L'Europe fait éclater le paysage politique

 

S'il n'y avait pas eu de référendum, nul doute que serait arrivé au Royaume-Uni ce qui est déjà arrivé en Italie, en Espagne, en Autriche, en Grèce : l'éclatement du bipartisme traditionnel au bénéfice de nouveaux partis. En Italie, la démocratie chrétienne et le parti communiste ont pratiquement disparu. En Espagne, le PSOE et l'Alliance populaire sont très affaiblis. L'Autriche avait vu depuis la guerre une alternance régulière des sociaux-démocrates et des chrétiens-sociaux. On a pu voir comment ces deux partis se sont effondrés aux dernières élections présidentielles pour ne laisser face à face au second tour qu’un candidat nationaliste et un candidat écologiste.

On disait que l’Europe de Bruxelles   faisait éclater toutes les structures préexistantes : les Etats au bénéfice de régions, la démocratie au bénéfice de la technocratie ; il se peut qu’elle soit à présent en train de faire éclater, les uns après les autres, les systèmes politiques des différents pays membres, ce à quoi la Grande- Bretagne a voulu échapper.

Et c'est ce à quoi la France n'échappera pas tôt ou tard, dès lors que le processus européen poursuit sa course et que les partis qui ont   dominé jusqu'ici la scène politique   française, l'UMP et le PS, à la différence du parti conservateur britannique (et dans une certaine mesure du parti travailliste), ne tolèrent pas en leur sein de divergences au sujet de l'euro et de l’Europe.

C'est bien en effet ce qui se passe en France. Mélenchon, eurocritique, se trouve depuis longtemps relégué à l'extrême gauche.  Chez les Républicains, un Jacques Myard, eurocritique aussi, a été éliminé des instances dirigeantes lors de leur dernier renouvellement. Sur les six candidats principaux à la primaire des Républicains, Sarkozy, Juppé, Fillon, Le Maire, Mariton, Kosciusko-Morizet, aucun ne remet véritablement en cause le cadre européen. Myard et Poisson qui le remettent en cause   ne jouent pas le premier rôle.  Alors même que les militants, eux, sont très partagés entre les deux options, sur une base d’environ moitié-moitié.

En ne tolérant pas les minorités eurocritiques en leur sein, les partis dominants ont cru renforcer l’Europe de Bruxelles.  En réalité, ils l’ont affaiblie. Le résultat de leur attitude est que la critique de la construction européenne, très populaire, faute d'exutoire dans les partis classiques, s'est cristallisée dans les partis hors-système, Front national en tête, ce qui pourrait bien faire éclater le système.

Ce que le Royaume-Uni a évité par le référendum sur l'Union européenne, c'est aujourd'hui ce qui pend au nez de la France mais aussi sans doute de l'Allemagne et d'autres. Pour ces pays, les échéances de 2017 pourraient bien signifier un profond renouvellement du panorama politique, tel qu'il existe depuis un demi-siècle.

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 21:24

LA DROITE NE DOIT PAS REFAIRE L'ERREUR DE 2003

Xavier  Bertrand et Christian Estrosi ont paru heureux de leur élection à la tête de deux grandes régions  françaises. C'est bien normal, d'autant que leurs chances apparaissaient fort  compromises quelques semaines plus tôt.

Ils ont remercié les électeurs de  gauche qui , en suivant  les consigne du parti socialiste  demandant à "faire barrage au Front national",   leur ont permis ce succès.

Ils ont eu  tort.

Ils n'avaient à remercier personne  sinon leurs électeurs en général. Si des électeurs  de gauche ont voté pour eux , c'était leur affaire . Ils avaient leurs raisons : choisir ce qu'ils tenaient pour un moindre mal . Ces raisons les regardaient. L'ingratitude est parfois une vertu  politique.

Bertrand et Estrosi font la même erreur qu'avait commise  Jacques Chirac.

Que Chirac ait bénéficié en 1995 et en 2002 d'un coup de pouce de certains réseaux de gauche est indubitable. Cela lui a permis de battre au second tour puis d'éliminer dès le premier  tour un Jospin qu'une  partie de la gauche n'aimait pas : passant pour honnête, il ne   paraissait pas un candidat "normal".

Mais c'est au second tour  de 2002   que Chirac a bénéficié d'un apport massif de voix  de gauche soucieux de  battre le père Le Pen dont la présence au second tour , le fameux 21 avril, avait créé un immense choc. Chirac avait été  ainsi élu avec le chiffre record  de 80 %  des voix, sans précédent sous  la Ve République.

Il déclara alors que,  se sentant une dette envers ces électeurs,  il devait tenir compte aussi de leurs aspirations et mener une poltique modérée, tirant vers le centre gauche.

Ce fut une grave erreur. Chirac était pompidolien. Après le raz de marée de l'UDR en juin 1968, Pompidou avait dit en conseil des ministres : "N'abusons pas de notre victoire". De Gaulle lui avait  répliqué  sèchement "Une victoire,   ça s'exploite".

 

Une occasion manquée

 

Avec plus de 4 suffrages exprimés  sur 5 , Chirac avait en 2002 ce qu'il n'avait pas eu  en 1995 : une légitimité assez  forte pour lancer une politique de réforme  hardies. Or cette occasion , il ne l'a pas saisie.

Au lieu de cela,   il confia  à Jean-Pierre Raffarin la charge de constituer un gouvenrment dont le principal projet, la décentralisation,  ne heurtait personne  mais se trouvait en décalage complet par rapport aux vrais problèmes des Français.

Les réformes qu'il aurait dû faire  sont bien connues puisque elles sont encore à  l'ordre du jour:  restauration des   fondamentaux de   l'école,   refonte de la justice de mineurs,  contrôle de l'immigration, révision d'un système social aussi dispendieux qu'injuste.  Au moment où, en Allemagne,  Gerhard Schröder se lançait dans  une politique de dévaluation interne , par une réduction drastique des dépenses publiques et donc des coûts, il aurait été nécessaire de faire la  même  chose chez nous pour  que la zone euro ne se trouvât  pas durablement et irréversiblement déséquilibrée. Hors une modeste réforme des retraites, rien  de tout cela ne fut fait. La  réforme  de l'éducation nationale opérée dans la discrétion par Gilles de  Robien en fin de mandat devait être abrogée par Sarkozy. Croyant ménager le peuple de gauche en s'abstenant, Chirac ne ménageait que les options idéologiques de ses états-majors

Or c'est bien de cela que pâtit la France depuis  plus de quarante  ans, de l'absence de réformes dont la plupart peuvent être qualifiées sans honte de droite.

Il fut un temps, disons de 1930 à 1980,  où une grande  partie  des réformes nécessaires pouvaient être qualifiées de gauche : elles visaient la réduction de inégalités, l'amélioration de la protection des travailleurs, l' égalité de chances à école. Un Guy Mollet y excella. La droite aurait alors eu tort de   remettre en cause ces réformes et elle ne s'y risqua pas . Ce temps  est révolu  non seulement parce que  beaucoup a été était qui n'est plus à faire, mais aussi parce que la gauche, désormais plus préoccupée du sociétal que de social et  acquise au capitalisme mondialisé, ne s'y intéresse plus. Ce qui intéresse le vrai peuple, loin de le rechercher,  elle le rejette avec mépris comme "populiste". Cette gauche est idéologique; ce  ne sont pas des progrès   concrets de la condition populaire qu'elle poursuit  mais l'application de schémas idéologiques a prion , tous plus destructeurs les uns que les autres. Combien d'hommes de gauche  reconnaissent que c'est la gauche        ( ou plutôt  les idées de gauche quelquefois appliquées par des hommes de droite  comme René Haby, ministre de Giscard )  qui a  détruit  l 'école républicaine. L'hypertrophie des budgets publics et  les transferts sociaux abusifs, combinés avec l'asservissement à la politique monétaire de Berlin  sont  une des causes du chômage , une  justice idéologique où le déterminisme entraine la négation de la responsabilité encourage la délinquance etc.

Pour faire les réformes nécessaires, qui sont souvent - pas toujours - un retour au régime ancien,  dans  ces domaines sensibles où le politiquement correct s'exprime de manière terroriste, il  ne faut pas avoir de complexes vis à vis de la pensée dominante, mais il faut aussi une forte assise politique, celle que Chirac avait après le 21 avril et dont il ne s'est pas  servi.

Comme il est  tout à  fait possible que le prochain président soit élu selon le même schéma qu' Estrosi et Bertrand, fera-t-il la  même erreur ? Ce serait encore cinq,  voire dix ans de perdus ;    la France y survivra-t-elle ? 

 

                                               Roland HUREAUX

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 21:21

NOTE                                                                                               20/11/2015

 

L'aide des gouvernements français aux islamistes de Syrie de 2011 à 2015 : une haute trahison   

 

Dans le concert d'indignation et d'unanimité qui a fait suite aux attentats du 13 décembre à Paris, l'opinion a-t-elle compris avec toute la clarté requise que le gouvernement français apporte depuis 2011 aux djihadistes de Syrie ( avec lesquels les auteurs d'attentat sont en relation), une aide importante  à la fois en armement non létal et létal , en conseillers militaires et peut-être même en combattants sous un statut à déterminer (troupes régulières,  services secrets, mercenaires ?) ?

M.Hollande  annonce qu'il va faire une guerre totale  aux djihadistes. Il le disait déjà après l'affaire Charlie. Mais  quelle est sa légitimité et sa crédibilité sur ce terrain  puisque ces mêmes djihadistes, il les a aidés jusqu'en septembre 2015 au moins ?   

L'affabulation que nous n'aidons que des "rebelles modérés" ( ou terroristes modérés ?)  ne tient pas. L'"Armée syrienne libre" a-t-elle jamais existé ? Ce n'est pas  sûr et , en tous les cas,  elle n'existe plus,  ou comme c'est probable , elle est une couverture de djihadistes purs et simples. Al Nosra (nouveau nom d'Al Qaida) dont Fabius disait qu'il "faisait du bon boulot" a massacré les chrétiens de Malula.  

Il faut le dire: les gouvernements français successifs ont aidé en Syrie des djihadistes et personne d'autre.

Faire éclater la vérité au peuple français  n'est pas une tactique, c'est un devoir.

L'UMP ( Sarkozy , Juppé ) ayant commencé,  ce parti  ne dira rien.

Il convient qu'une personnalité de premier plan , sans forcément exiger d'emblée la démission du gouvernement mais avec force et  clarté ,  demande une commission d'enquête parlementaire qui fasse toute la lumière sur ces faits.

Le mot de Haute trahison (qui n'a jamais eu de définition juridique précise) peut être prononcé s'agissant d'une aide à des gens qui n'ont jamais caché leur hostilité radicale à nos valeurs et qui, au demeurant, ont toujours été considérés comme des  ennemis sur le plan intérieur.

L'alibi des prétendues horreurs du régime Assad ne tient pas. Il faut faire la part de la propagande. La plupart des accusations à son encontre se sont avérées fausses ( exemple: utilisation des gaz, massacres de Homs) ou douteuses ( mort de Rafic Hariri ) . Régime laïque et tolérant, au moins sur le plan religieux, il s'est trouvé confronté à une agression islamiste cent fois plus lourde que celle que nous essuyons. Au vu de notre  propre réaction face aux événements , on devrait comprendre qu'il ait lui aussi  réduit les libertés. "Pas de tolérance pur les ennemis de la tolérance".  Erdogan vient de "bombarder son propre peuple" au Kurdistan et il a reçu le G20 sans que personne ne le lui reproche. 

 

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 21:11

Chers Amis,

Pendant quelques mois, j'avais négligé de publier au fur et à mesure mes articles sur  mon Blog.

Je reprends ce jour cette publication.

En raison du   retard accumulé , vous recevrez quelques dizaines d'articles d'un coup.

Je vous remercie par avance de l'intérêt que vous leur porterez.

Bien fidèlement à  vous.

Roland Hureaux

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 20:51

LE LIBRE FLOTTEMENT DES MONNAIES PEUT REMPLACER LES  PROTECTIONS DOUANIERES

 

Le débat sur le protectionnisme a été rouvert en Europe par la crise , singulièrement la  crise de l'industrie européenne, laquelle perd chaque jour un peu plus de sa substance.

Deux grands pays s'y opposent : l'Allemagne et la Grande-Bretagne, pour des raisons différentes.

L'Allemagne parce que son potentiel industriel et surtout sa capacité à contenir la hausse des coûts de production, combinés avec  la facilité pour sous-traiter dans les pays à bas salaire de l'Est,  lui permettent pour le moment de résister, mieux que d'autres,  au choc de la concurrence  asiatique . Même si certaines de ses branches industrielles, comme la sidérurgie, dépérissent aussi .

Les Allemands se gaussent volontiers  des tendances protectionnistes des Français, oubliant qu'au XIXe siècle le grand théoricien du protectionnisme, Friedrich List était allemand et celui du libre-échange, Frédéric Bastiat, français ! L'industrie allemande n'aurait pu connaitre l'essor qui fut le sien au temps de Bismarck sans une solide protection douanière.

Les Anglais, eux ont  une vraie tradition libérale et s'opposent au protectionnisme par doctrine; mais il faut savoir que  le flottement de la livre leur  permet de se défendre mieux que les autres de la concurrence.

Le débat sur le protectionnisme ne serait sans doute pas revenu à la surface sans la contrainte de l'euro: presque tous les pays de la zone euro ( sauf l'Allemagne) n'affrontent pas la concurrence internationale dans des conditions de marché normales du fait que  la plupart doivent subir le handicap  d' une monnaie surévaluée, un euro fort qui est sans doute à la mesure  de l'Allemagne mais pas à la leur. Il est donc vain de les taxer de "frilosité" car ce dont ils pâtissent, ce ne sont pas à proprement parler de l'ouverture internationale et  des  lois du marché  mais d'une situation monétaire artificielle qui précisément échappe aux lois du marché.

En effet, le libre-échange mondial serait beaucoup plus facile à supporter si  tous les pays pouvaient le faire en ajustant en permanence ou à intervalles réguliers, leur taux de change  à leur compétitivité réelle, cette compétitivité ne résultant pas seulement de leur  potentiel industriel et de la qualification  de leur  main d 'œuvre mais aussi de leur capacité à contenir l'inflation  intérieure.

 

Rétablir l'  équilibre extérieur est toujours possible si la variable monétaire est maîtrisée

 

Dans quelque situation qu'un pays se trouve sur le plan  de ses échanges extérieurs, un changement de parité  pourra toujours lui permettre de rétablir l'équilibre : une réévaluation de sa monnaie s'il est excédentaire, une dévaluation s'il est déficitaire.

Et de fait, le meilleur taux de change est sans doute celui qui  permet tout simplement à chaque pays  d'avoir des comptes extérieurs en équilibre

Ces ajustements peuvent certes être douloureux: une dévaluation renchérit le coût des produits importés, en particulier le pétrole, et donc , à très court terme, diminuera le pouvoir d'achat. Mais il ne s'agit là que d'une opération vérité : une monnaie surévaluée  donne toujours aux habitants d'un pays une rente imméritée - ayant pour contrepartie le ralentissement de la croissance et le chômage. La dévaluation, dans ce cas, n'est qu'un retour  au réel, douloureux mais nécessaire. Et d'autant plus facile à supporter qu'elle se traduira presque toujours  à brève échéance ( six mois  environ) par une relance de l'économie  .

C'est dire que si tous les pays retrouvaient une pleine liberté de fixer leurs taux de change ( nous réservons le cas particulier des Etats-Unis qui ne  sont pas tenus, du fait du rôle particulier  du  dollar, d'équilibrer leurs échanges extérieurs ) , les protections douanières ne seraient pas nécessaires, en tous les cas pour maintenir les grands équilibres. Un glissement de la monnaie  leur permettrait de vendre moins cher sur le marché mondial et donc à la fois de vendre plus et de maintenir certains secteurs menacés, au moins ceux qui se trouvent  proches du seuil de compétitivité.

Il est fréquent que ceux qui se plaignent du tout-marché, ont  en réalité, si l'on regarde bien,  à se plaindre en réalité des  entorses au marché. La logique du marché exige souvent, pour être pleinement efficace,  d' être poussée jusqu'au bout. Les Français trouveraient   la mondialisation plus "heureuse" si le taux de change de leur monnaie  (qui ne serait donc plus l'euro) était fixé , lui aussi, par le marché , ce qui n'est pas le cas , on le sait, dans le cadre contraint de l 'euro.

Si le protectionnisme n'est pas nécessaire à l'équilibre des échanges extérieurs, il peut  l'être en revanche à un Etat  qui voudrait  protéger certains secteurs stratégiques.

Le rééquilibrage des échanges au moyen  d'une dévaluation peut se faire par le dopage de certaines productions de faible niveau technique ( par exemple les produits agricoles ). Mais il  n'est pas incompatible, en théorie,   avec le sacrifice de  certains secteurs   prometteurs mais insuffisamment  développés  qui , même avec une monnaie dévaluée,  ne sont toujours pas compétitifs. Il est alors normal que la puissance publique, par souci du long terme,   veuille protéger ceux-ci  par des mesures adaptées : droits de douane ou contingents .

Un autre motif de protection particulière, dont il faut bien dire qu'il n'a hélas pas beaucoup préoccupé nos gouvernants depuis trente ans, est le  maintien de certains savoir-faire qui risquent de disparaître si les branches concernées  s'évanouissent complètement. Il ne faut pas insulter l'avenir en  passant trop vite à la trappe  ces savoirs. Il n'  aurait pas été inutile par exemple de conserver , comme témoin du passé et précaution  pour l'avenir, une ou deux mines de charbons sur le territoire français. De même qu'on ne saurait  imaginer que la France abandonne complètement toute  activité sidérurgique, ce qui est aujourd'hui un risque plus que sérieux.

Nous n'ignorons pas que les règles  tant de l'OMC que du Conseil de la concurrence de l'Union européenne s'opposent à de telles  politiques sectorielles et même à toute  politique industrielle, ce qui est regrettable.

Il y a  encore d'autres  raisons de faire quelques  exceptions au libre-échange  , par souci d'aménagement du territoire et d'équilibre régional. Malheureusement, la pression internationale et l'impéritie de nos gouvernements  tend à ce que ces préoccupations soient aujourd'hui perdues de vue  au point que la France, vieux pays agricole s'il en est,  pourrait un jour prochain n'avoir plus d'agriculteurs.

Le libre-échange et la protection ne  sauraient, quoi qu'il arrive, être tenus pour des absolus. Ce sont les touches d'un clavier sur lequel chaque pays doit  jouer la partition qui lui semble la plus propice à son intérêt national, à court terme mais aussi à long terme.

 

                                                                                   Roland HUREAUX

 

                                                 

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 15:33

Qui s'en souvient ? La presse internationale avait évoqué à la rentrée 2015 qu'Angela Merkel puisse recevoir le Prix Nobel de la Paix en récompense de sa politique d'accueil, jugée aussi audacieuse que généreuse, des réfugiés du Proche-Orient. 

Cela ne s'est pas fait, et heureusement.

Le magazine Time l'avait néanmoins désignée comme femme de l'année.

Après l'horrible attentat terroriste de Berlin , tout le monde a déchanté, la chancelière en tête : ses jours à la tête de l' Allemagne paraissent désormais comptés. Déjà les évènement de Cologne du 31 décembre 2015 et quelques attentats commis depuis lors avaient montré les risques de cette politique d'accueil.

Dès le début de 2016, la roi Abdallah de Jordanie avait révélé au Sénat américain que des terroristes avaient été infiltrés dans les flux de réfugiés.

Certains tiendront la chancelière pour une bonne âme abusée. Il faut pourtant y regarder à deux fois avant de lui accorder les indulgences . Il est vrai que parmi la cinquantaine de militaires Occidentaux ( dont 22 Français) qui conseillaient les djihadistes à Alep- Est ( de la mouvance d'Al Qaida) il ne semble pas y avoir eu d'Allemands. Mais l'Allemagne de Merkel n'en avait pas moins été à la manœuvre dès la fin des années 2000 pour introduire le chaos en Syrie : action de ses services secrets, fourniture d'armes et d'entrainement ( sur le territoire turc ) aux djihadistes . Tout cela dans le cadre du plan de l'OTAN destiné à renverser le président Assad par djihadistes interposés. Plan qui a , grâce à l'intervention russe, a lamentablement échoué mais a tout de même réussi à plonger la Syrie dans une guerre qui a fait 300 000 morts et 8 millions de déplacés.

Les centaines de milliers de réfugiés qui ont tenté de gagner l'Europe à partir de l'été 2015 auraient pu prendra l'avion à Ankara ou Istamboul pour Berlin : cela leur aurait coûté 170€. Au lieu de cela, la chancelière, qui avait pourtant fait savoir quelle était prête à les accueillir, les a laissés traverser la mer Egée puis prendre la longue route des Balkans où chacun a été dépouillé par les passeurs de quelques milliers d'euros.

Même si Angela Merkel avait été naïve, loin d'être une circonstance atténuante, c'était là une faute majeure pour une femme à ce niveau de responsbilité. La naïveté est permise aux gens simples, elle ne l'est pas à la tête d'un Etat . Il n'était pas difficile de deviner que l'irruption d'un million de réfugiés ( ou "migrants") dans un pays comme l'Allemagne créerait d' immenses difficultés. Il fallait un haut degré d'irresponsabilité pour ne pas l'avoir prévu.

Pourquoi cette irresponsabilité ? En attendant que la chancelière écrive ses mémoires, ce qu'elle aura très vite le temps de faire, on n'a pas le dernier mot sur ce sujet. Pression du patronat qui avait besoin de main d'œuvre ? Mais est-il sérieux de raisonner en ces matières seulement en chiffres , sans prendre en compte les facteurs humains et culturels ? Pression d'Obama, voire des réseaux Soros ( et sa Foundation for an Open Society dont une des nombreuses filiales porte le nom de No Borders ) ? Pression et chantage d'Erdogan qui fut l'organisateur principal de l'exode de l'été 2015 ?

Mais peut-être ne faut-il pas oublier la psychologie d'Angela Merkel, qui mélangeant la générosité privée avec son devoir d'Etat, a cru faire œuvre pie en ouvrant, avec l'approbation de toutes les Eglises, toutes grandes les portes de l'Allemagne?

Pendant des siècles les princes chrétiens ont su qu'ils étaient d'abord comptables du maintien de la paix civile chez eux et que, face à cet immense devoir, les considérations de charité devaient être laissées à la sphère privée. Mais cette leçon est aujourd'hui oubliée. Nous vivons depuis longtemps sous le règne de ce que Chesterton appelait "les idées chrétiennes devenues folles", responsables de si grands malheurs. Emmanuel Todd , lui, parle des chrétiens "zombies", ce qui ne veut pas dire de mauvais chrétiens mais des gens issus du christianisme , aujourd'hui sortis de l' Eglise ( et souvent très hostiles à celle-ci) mais qui en conservent une vague sensiblerie, laquelle s'incarne en France dans la parti socialiste. Une sensiblerie idéologique qui obéit à ce Hayek appelle la loi des "effets contraires au but poursuivi ". Une étude reste à faire sur l'importance de ce phénomène dans la société contemporaine et sur les ravages qu'il y fait, jusqu'à mettre en danger la paix en Europe.

 

Roland HUREAUX

 

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 15:11

 

Les pas-de-clercs désolants de la diplomatie de Hollande, qui lui ont attiré un pied-de-nez humiliant de Poutine quand il a renoncé à venir à Paris inaugurer le centre orthodoxe de l'Alma , montrent l'urgence d'une nouvelle politique étrangère pour notre pays.

Entre un suivisme servile et dangereux vis à vis des Etats-Unis , un droit-de-l'hommisme naïf et moralisant et un soutien criminel aux islamistes de Syrie, notre diplomatie est devenue illisible. Les amis de la France déplorent aujourd'hui son absence de la scène internationale sauf quand il s'agir de jeter d' huile sur le feu des conflits du Proche-Orient .

Les fondements d'une nouvelle politique étrangère doivent être les suivants :

- la France respecte tous les peuples et donc les gouvernements qui les représentent . Elle doit, conformément à l'article 2-7 de la Charte des Nations-Unies, s'abstenir "d'intervenir dans les affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d'un Etat ", comme elle n'a , hélas, cessé de faire au cours des dernières année dans le sillage de l'OTAN;

- elle ne doit à l'inverse pas permettre d'ingérence dans ses propres affaires , et donc retrouver la plénitude de son indépendance. Loin de nous isoler, l'indépendance doit nous permettre d' élargir les horizons de notre diplomatie dans toutes les directions sans exclusive;

- la diplomatie française doit être dictée par le seul souci de l'intérêt national . Nous n'avons pas vocation à répandre dans le monde notre conception des droits de l'homme . Défendre l'intérêt national est un devoir vis à vis de nos concitoyens les moins aptes à se défendre eux-mêmes dans la jungle du mondialisme. Qu'une classe politique hors sol ait perdu cette mission multiséculaire de vue est la cause principale de son discrédit. Au demeurant, rien de plus pacifique que la défense des intérêts nationaux, qui permet toujours de trouver des compromis .

La France est membre de l'Alliance atlantique depuis 1949 ; elle doit le rester. Il s'agit, rappelons-le, d'une alliance défensive et non offensive. Ceci posé, notre participation au dispositif intégré ( OTAN) peut faire l'objet d'aménagements.

Quel que soit le devenir des institutions de Bruxelles, aujourd'hui en crise, la coopération politique européenne est plus nécessaire que jamais. Elle ne saurait toutefois amener la France à se lier les mains à l'égard de tiers. La levée des sanctions absurdes prises à l'encontre de la Russie doit être immédiate.

Au moment où une inquiétante tension règne entre les Etats-Unis et la Russie, la France n'a à faire allégeance à aucune de ces puissances. Mais un rééquilibrage est nécessaire en direction de la Russie , vieille amie de la France d'autant que l'Amérique de Trump, va prendre les devants dans le rapprochement avec Moscou, risquant ainsi de nous laisser au bord de la route . L'Europe va de l'Atlantique à l'Oural: il serait très dangereux pour la paix que le prochain président de la République française continue de cultiver une hostilité de principe envers la Russie, maintenant débarrassée de l'idéologie communiste . De même les relations avec les pays d'Europe orientale historiquement proches de la France comme la Pologne, la Hongrie, la Roumanie , la Serbie, la Grèce doivent être renforcées.

La priorité du partenariat franco-allemand ne saurait faire oublier les liens anciens , forgés dans le combat, avec le Royaume-Uni, ami comme nous de la liberté, ni avec nos "sœurs latines": Italie, Espagne , Portugal .

De l'autre côté de la Méditerranée , l'Algérie , le Maroc (et aussi la Tunisie ) sont des partenaires historiques incontournables. Leurs stabilité est pour la France une nécessité stratégique. La coopération avec ces pays doit s'approfondir , cela dans l'égalité et donc en excluant définitivement toute forme de repentance ou d'acrimonie dégradantes pour les deux parties.

La Françafrique , une fois écarté le souvenir d'un affairisme douteux, n'est rien dont nous ayons à avoir honte. Il est à l'honneur de la France d'avoir conservé , plus que d'autres puissances coloniales, des liens privilégiés avec ses anciens territoires . Dans un continent appelé à peser de plus en plus, ces liens sont une carte qu'elle doit jouer à plein . Les pays d'Afrique ont leurs problèmes mais nous devons cesser de leur faire la morale. Le contrôle nécessaire de l'immigration, qu'ils comprennent , doit se faire en partenariat avec eux, dans un esprit de codéveloppement.

La francophonie constitue une chance exceptionnelle qu'il convient d'exploiter . Soyons fiers de notre langue . Il est inacceptable qu'un représentant de la France dans une organisation internationale dont le français est langue officielle puisse s'y exprimer autrement qu'en français. Il faut aussi renouer sans tarder avec d'autres amis historiques de la France comme l'Egypte , l'Ethiopie, l'Iran, le Liban . La France a longtemps rayonné en Amérique latine : elle doit y reprendre toute sa place .

Hélas nos gouvernements, tant "républicain" que socialiste, se sont attachés au cours des dernières années , de manière criminelle, à attiser les conflits au Proche-Orient. Le rôle de la France doit être, par une diplomatie équilibrée, d'être dans cette région "artisan de paix" . La sécurité d'Israël , aspiration légitime, n'est pas incompatible avec le respect de la dignité et la stabilité des pays arabes environnants. Il est urgent de renouer les liens avec le gouvernement légal de la Syrie , dont une diplomatie incompétente avait prédit la chute mais qui est en train de reprendre le contrôle de la totalité de son territoire et de réparer des erreurs dramatiques qui ont contribué, tant à décimer les communautés chrétiennes qu'à alimenter chez nous le terrorisme.

L'immense Extrême-Orient n'est pas notre premier cercle . C'est en un sens une chance : la France pourra , sans prendre parti dans les conflits régionaux, développer ses relations , notamment commerciales, avec les géants de la région : Chine, Inde, Japon. Mais ses liens particuliers avec les pays de l'ancienne Indochine sont une carte à jouer. De même sa présence en Océanie , indispensable pour conserver la deuxième zone économique du monde, une zone à valoriser par une grand politique de la mer.

L'indépendance, loin d'être un repli sur soi, doit nous ouvrir au contraire à de nouveaux partenariats . Elle seule peut nous mettre à l'abri des orages qui montent à l'horizon . Elle seule permettra à la France de travailler efficacement à la paix du monde.

 

Roland HUREAUX

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 14:44

 

http://www.bvoltaire.fr/rolandhureaux/obama-prix-nobel-de-la-paix-na-plus-que-17-jours-pour-declencher-la-guerre,304072Obama : certains l' appellent par dérision le Prix Nobel de la guerre.

 

C'est exagéré : il a certes appuyé sur le bouton sans lequel les guerres de Libye et de Syrie - et peut-être du Yemen - n'auraient pas eu lieu.

Mais il a refusé de céder aux pressions d'une partie de son gouvernement et de ses alliés ( le France de Hollande et Fabius en première ligne ) qui voulaient bombarder la Syrie sans mandat de l'ONU en août 2013 à la suite de l'attaque chimique de la Ghouta ( banlieue de Damas). S'il avait là aussi appuyé sur le bouton, les Russes auraient riposté et on ne sait jusqu'où serait allée l'escalade . On peut supposer qu' il savait avant tout le monde, que ces attaques étaient une provocation destinée à mettre en cause Assad et non l'œuvre d' Assad lui-même[1].

De même le traité avec l'Iran de juillet 2015 est à mettra à son actif , tout comme la reprise des relations avec Cuba.

Sa fin de mandat est par contre moins bien inspirée : la décision d'expulser 35 diplomates russes ( une décision lourde s'agissant des deux "grands") , soi-disant en représailles d'une interférence numérique de la Russie dans la campagne présidentielle américaine, peut être jugée parfaitement rocambolesque.

D'abord parce que les preuves présentées sont minces.

Le principal grief : avoir fait circuler des courriels d'Hillary Clinton , demeure mal établi et à supposer qu'il le soit, ces courriels n'auraient pas porté préjudice à l'intéressée si elle avait été claire !

Et même si tout cela était vrai, il n'est pas d'usage que la guerre de l'ombre qui se livre depuis toujours entre grandes puissances soit portée à la lumière. A ce jeu, celui qui perd ne le dit pas. Surtout que les Américains n'ont en la matière de leçons de morale à donner à personne.

A ce grief principal , s'en ajoutent d'autres assez confus : tracasseries aux diplomates américains en poste à Moscou , tentative de perturber le système de régulation électrique de l'Etat du Vermont, victime, dit-on d'un virus d'origine russe.

Non, vraiment, Obama se ridiculise.

 

La paix en danger

 

Non seulement cela sent son mauvais perdant ( du côté du clan Obama-Clinton) mais, pire, le président, en agissant ainsi, met en danger la paix : les trois semaines de mandat qui lui restent suffiraient à déclencher une nouvelle escalade dans la mesure où il a derrière lui de grandes administrations : le Département d'Etat , le Pentagone , la CIA encore tenues par des faucons qui ne demandent qu'à en découdre avec la Russie.

A la déception de l'élection de Trump que ces gens là vomissaient et qui annonce une ligne différente s'est ajoutée celle de la victoire à Alep de l'armée syrienne soutenue par les Russes, sur les djihadistes soutenus par l'OTAN.

Or voilà bien la vraie raison de cette agressivité de fin de mandat : l'immense déception de ces forces qu'incarnait Hillary Clinton devant ce que l'ambassadeur de France à Washington, si piètre diplomate, a appelé la "fin d'un monde". La fin , non de la puissance américaine mais celle de l 'idéologie néoconservatrice au nom de laquelle les Américains se sont sentis investis du droit d'intervenir partout sur la planète pour y faire régner le bien, causant les dégâts que l'on sait. L'amertume est telle chez ces gens qui, le 20 janvier , date de la prise de fonctions de Trump, ne seront plus rien, que certains sont sans doute prêts à tout.

En ne réagissant pas à cette provocation de dernière minute, Poutine s'est montré le plus sage.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

[1] Selon l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, des Français auraient apporté leur concours à cette opération.

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 14:43

 

http://www.bvoltaire.fr/rolandhureaux/segolene-royal-seulement-une-etourderie,300222

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Segolene-Royal-seulement-une-etourdie

Ce qu'il y a de consternant dans la déclaration faite par Ségolène Royal à La Havane à l'occasion des obsèques de Fidel Castro, ce n'est pas qu'elle ait dit du bien du défunt. Un jour d' obsèques, il est mal venu, quoi qu'on pense de lui, de dénigrer le disparu.

Ce qui a choqué l'opinion, c'est le caractère à la fois exagéré et , quant au fond, erroné de cet éloge .

Etait-il nécessaire de dire que le Lider maximo a été "un monument de l'histoire ?

Il ne fallait surtout pas dire qu'il n'y a pas de prisonniers politiques à Cuba: il y en a , on en connait certains et il y en avait bien davantage encore dans les trente premières années du régime.

Evoquer l'existence sur l'île d'"une liberté religieuse" et d'"une liberté de conscience" est aussi choquant : un peu aujourd'hui , certes , et encore, mais on sait que, dans ce pays, pendant quarante ans, la religion a été persécutée et toute opinion dissidente bannie.

Il y avait pourtant des choses positives et justes à dire sur Fidel Castro: par exemple qu'il a incarné un moment la fierté du peuple cubain, une forme de résistance nationale contre un grand voisin quelque peu encombrant. Personnellement, je ne lui aurais pas reproché de dire cela. Mais l'idée d'une résistance nationale est étrangère aux valeurs de Mme Royal qui était une enthousiaste d' Hillary Clinton et des néoconservateurs américains, une mondialiste libérale et post-nationale convaincue .

Ce qui frappe dans les propos de Mme Royal ( dont on ne saurait évidemment oublier la proximité avec le présidant Hollande ) , c'est d'abord l'ignorance. Je crains en effet que Mme Royal croie sincèrement qu'il n'y avait pas de prisonniers politiques à Cuba. Cette partisane du mariage isosexe ignore sûrement que, dans les années soixante, Fidel Castro avait ouvert des camps de concentration pour les homosexuels. L'ignorance n'est pas blâmable à condition qu'elle rende modeste. Mais celle de Royal est sans gêne à l' image d'un parti socialiste de basse époque où les carrières se font au culot.

Cette dégénérescence des bonnes mœurs à l'international s'observe hélas, presque tous les jours. Le tweet grossier de l'ambassadeur de France à Washington, un personnage dont il n'est pas nécessaire de retenir le nom, envoyé au moment où il apprenait l'élection de Trump fut la fois discourtois pour celui-ci et nuisible aux intérêts de notre pays. Et il est toujours en place !

Ne parlons pas des torrents d'injures et de mensonges déversés depuis cinq ans par le Quai d'Orsay sur le président Bachar-el-Assad au mépris de tous les usages. Pour la première fois, un service diplomatique occidental se comporte comme les agences de propagande soviétiques de la grande époque.

Derrière ces comportements, il n' y a pas que l' ignorance, tant des faits que des usages, il y a aussi l'idéologie : l'ignorance est le terreau de l'idéologie, l'idéologie abêtit . A l'analyse objective du réel, elle substitue la projection de quelques valences schématiques : pour une partie de la gauche française, Castro porte encore le signe plus, comme Poutine porte le signe moins. A partir de là, on peut dire n'importe quoi : l'idéologie permet aux ignorants de pérorer sur des sujets qu'ils ne connaissent pas et dont la connaissance, au fond, leur importe peu, Encore heureux qu' à ce stade , il ne s'agisse que de mots. Mais les mots ne sont pas innocents. Depuis les commencements de l'histoire, au IIIe millénaire avant JC, la culture et la diplomatie ont eu pour but de pacifier autant que faire se peut les relations entre les hommes et les peuples : la culture pour comprendre l'autre, la diplomatie pour ne pas blesser inutilement . On craint le pire à voir disparaitre ces antiques vertus.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

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