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Roland HUREAUX

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 20:14

https://www.bvoltaire.fr/macron-et-les-europeennes-une-victoire-a-la-orwell/

 

Il n’a pas fallu attendre longtemps après la proclamation du résultat des    européennes  pour que le chœur des  médias pro-gouvernementaux  ( presque tous) présente le résultat  comme une victoire  du président.

Ceux qui ne partagent pas ses orientations,  soit une large majorité des Français,   ne doivent pas être dupes : ce n’est nullement  là  une analyse objective de la situation  mais l’effet d’une opération de communication de type nouveau ,  fondée sur l’idée que , quel que soit le résultat effectif de la bataille, il suffit de claironner assez fort que  c’est une victoire  pour que ce soit une   victoire .

La médiatisation du monde , aux deux sens du terme : l’importance des médias  , de plus en  plus  uniformes,  et le fait que le contact avec les images  remplace le contact direct avec les  choses  rend ce genre d’opération possible .

George Orwell a  décrit un monde totalitaire  où  la propagande en arrive à imposer que    « la paix, c’est la guerre »,  « la liberté,  c’est l’esclavage ». Aujourd’hui,   «  la défaite , c’est la victoire  ».

Qu’en est-il au juste  ? Le seul sujet de  satisfaction  dont peut se targuer le pouvoir est d’avoir limité l’avance du Rassemblement  national à 0,9 %,  ce qui est moins que le triomphe  annoncé.

Hors  cela , on ne voit pas  de quoi pourrait se réjouir Macron : par rapport au premier tour des présidentielles, il a perdu 3, 5 millions de voix,  et encore une partie des voix de Fillon , 2 à 3  millions,  se sont-elles  entre temps  ralliées à lui , ce qui suppose que la désaffection de son électorat d’origine est encore plus étendue.  

Le RN a aussi perdu des  voix , mais moins : 2,3 millions et il en gagné 550 000   par rapport aux élections européennes précédentes.

 

1 Français sur 10

 

Le score de Macron en pourcentage , 22,4 % , soit 11, 2 %  des  inscrits est très faible pour un pouvoir en place . Il signifie qu’un  Français sur 10 seulement a voulu  voulu donner un satisfecit au président .   Cela correspond à peu près au fait que  80 % des automobilistes  donnaient  au début  du mouvement  des signes d’approbation aux Gilet jaunes ( au moins en province) .  Il n’y a pas là  de quoi chanter victoire. D’autant que  ce résultat comprend une grande partie de votes  légitimistes , ceux  de  gens qui votent  presque systématiquement  pour  le pouvoir en place, en particulier dans l’électorat âgé ou très âgé.  Compte tenu du comportement de  ces  électeurs, 20 % est le plancher quasi-incompressible en-deçà duquel  peut difficilement  descendre un président en exercice .  A comparer aux  60-70 % d’opinions  favorables des  nationaux : Poutine, Orban,  Salvini .

Néanmoins Macron  pense  avoir une base suffisante pour « continuer les réformes » . Et une partie de la bourgeoisie , notamment ceux qui sont  passés des Républicains à En marche,  réclame  « des réformes, des réformes » sans se demander si celles que projette Macron sont bonnes  ou pas. 

Gageons que même si Macron avait essuyé une défaite retentissante, il aurait quand même dit «  Je continue ». Il dit ça depuis six mois que la crise de Gilets jaunes a commencé.  C’est le propre des idéologues : rien ne les arrête, rien n’est susceptible de remettre en cause leur certitude que leurs idées sont bonnes et surtout pas un mouvement populaire  ou un désaveu électoral.

Mais si le peuple n’a exprimé rien  de  précis dans  cette élection sinon un bien faible enthousiasme pour le pouvoir  en place, il serait illusoire de croire   qu’il va laisser passivement  un pouvoir à la légitimité si faible, continuer comme si de rien n’était. Gageons que ceux qui se rallient à lui aujourd’hui  , notamment parmi les    Républicains,   n’en seront pas très fiers aux échéances du printemps  prochain.

 

Roland HUREAUX

 

 

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 20:12

 

https://www.causeur.fr/eelv-yannick-jadot-europennes-162331

 

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/L-illusoire-succes-des-ecologistes-aux-elections-europeennes

 

Une des surprises du récent scrutin européen aura été le succès inattendu de la liste  écologiste menée par Yannick Jadot. Avec 13, 5 %, elle arrive en troisième place devançant clairement les Républicains tombés  à 8,5 %.

Ce succès a eu des conséquence  sur le rapport gauche-droite , étonnamment déporté vers la gauche alors que chacun s’accorde sur l’idée qu’il y  a  aujourd’hui plutôt une droitisation de l’ opinion.  Le total des formations de gauche ( en y incluant En marche) atteint 54,91  %  des voix pour seulement 41,84 % pour la droite ( et  3,85 %  d’ inclassables,  tels les animaliers ).

Si on recense  les partisans de l’Europe de Bruxelles (LR inclus) , on arrive à 58,81 % des voix  contre 35,73 % seulement contre   – à comparer aux 55 % de Français qui avaient refusé  le traité constitutionnel en 2005, la  dernière fois  où  on les a consultés à ce sujet. 

Dans les deux cas, c’est le poids du vote écologiste qui fait la différence .

Il est d’autant plus nécessaire de  relativiser la portée de ce vote qui fausse l’image de la répartition  des forces politiques. 

A toutes le européennes, les écologistes font un bon résultat :   9,72 % en 1999;   7,41 % en 2004  ;   16,28 %  (  c’est Cohn-Bendit qui tire la liste) en 2009 ; 8,95 %  en  2014  - avec plus de 50 % d’abstentions ne l’oublions pas . En revanche leurs résultats aux présidentielles  sont généralement décevants:  5,25 en 2001 ( candidat :  Mamère)   ,  1,57 % en 2007 , 2,31 en 2012 ;  pas de candidat en 2017 ( ce qui a permis à Macron d’être au second tour ).  Clairement, les Verts représentent un vote défouloir dans une élection, l’élection européenne, que les Français ne prennent  qu’à moitié au sérieux,  mais dès qu’il s ‘agit de désigner celui qui les dirigera, ils se trouvent relégués au second plan. Il en est de même aux municipales   où les Verts représentent une force d’appoint pour la gauche  mais dirigent rarement les  mairies.

 

Pas d’autre choix

 

Ce n’est pas seulement pour se défouler que les Français ont voté   pour les Verts , c’est aussi parce  que certains n’ont pas eu d’autre choix.  Ne voulant pas donner un satisfecit au pouvoir en place,  ni voter au extrêmes , déçus par les partis de de droite, il  ne  leur en restait  que cette option. Une option qui  semble engager bien peu  :   un vote gentil en faveur  de gens qui se préoccupent de l’avenir de la planète et    de la  défense les petits oiseaux . C’est  généralement  le vote  d’une  gauche en désarroi . Et parfois même  d’une  droite tout aussi  perturbée : au dernier scrutin beaucoup de  gens qui votaient  habituellement LR ont, malgré la bonne mine de  Bellamy , voté vert.  Etait aussi en course une liste écologiste apolitique , celle du méritant  Dominique Bourg,  mais elle n’a attiré que 1,82 % des voix, le vote vert par excellence  restant  celui d’Europe Ecologie . Au fond , Jadot , c’est  le vote de ceux qui , quoique médiocrement intéressés par le scrutin, n’ont pas voulu s’abstenir.

Pour autant, cet était pas un vote indifférent.  C’est délibérément  que ceux qui ont voté Jadot , dont beaucoup  avaient voté  Macron à la présidentielle   se sont détournés de  lui. 

Contrairement à ce qu’on a pu dire  , ce n’était pas un  vote anti-gilet jaune   et en faveur de la  taxe carbone. Sur les ronds-points le problématique environnementale était présente : personne n’y remettait en cause le réchauffement de la planète , regrettant seulement que le pouvoir  fasse payer les contre-mesures aux classes populaires  et pas aux  grandes fortunes. 

C’est en ce sens que le vote vert a été porté par une grande illusion. Loin d’être un  vote gentil , c’est l’appui porté à une idéologie  qui recouvre bien plus que le souci de la nature  :  si Macron  est européiste et mondialiste, Jadot est encore plus européiste et encore plus mondialiste, au point que certains soupçonnent  que le thème du réchauffement climatique a été lancé pour favoriser l’établissement d’une gouvernance mondiale.   Or, c’est , confusément, le mondialisme que les Gilets jaunes ont rejeté en réclament plus de proximité ( le référendum d’initiative  populaire), et une augmentation du pouvoir d’achat ( le contraire de la politique d’austérité dictée à Bruxelles ) . Avec les Verts,  ceux  qui  ont voté    contre Macron auront  encore plus de Macron.  

Les Verts ( au moins ceux d’EELV) sont des idéologues sur  d’autres plans   : ultra-libertaires  certains envisagent la suppression de la famille, le retour à l’état sauvage en matière sexuelle. Les catholiques pratiquants, toujours tentés par ce qui  a l’air apolitique,  le savent-ils ? La plupart des écologistes , inspirés par les idées de Bill Gates, sont hostiles à toute idée de politique familiale afin de favoriser la  décroissance  démographique, l’attrition d’une humanité prédatrice et pollueuse. Hostiles à  tout souci de  perpétuation ou de puissance,  ils ne  sont pas effrayés par l’idée d’un grand remplacement  ou d’une immigration de masse.  Qu’en suivant cette voie, on assite au cours des prochaines décennies à la disparition des seuls peuples ( les Occidentaux) qui se préoccupent de l’avenir de la planète   , les autres s’en moquant, n’est  pas pour les inquiéter .  Etonnamment pour  des  partisans de la nature, la  plupart sont favorables à la fécondation artificielle et au mariage de même sexe. Même si tous ne sont pas sur cette ligne, le noyau dur  de l’idéologie écologiste est  bien un antihumanisme . Le caractère idéologique de l’écologie politique  se voit à son intolérance : alors  qu’une question comme celle du réchauffement  climatique devrait rester  ouverte  à un débat scientifique serein, elle  ne donne lieu plus lieu chez eux  et ailleurs qu’à des  anathèmes haineux.    

Aujourd’hui hui les Verts sont  euphoriques. Ivre de son succès, Jadot  a dit  se désintéresser d’avenir de la gauche , suscitant la réaction de Noël  Mamère, l’homme la vieille  garde gaucho-écolo, premier maire de France  à avoir  célébré un mariage homosexuel, alors illégal. Le plus probable est qu’aux prochaines municipales, face à un parti socialiste en perdition, les écologistes tenteront de se présenter sous  leur propre enseigne .   C’est alors   que les déconvenues pourraient venir.

 

Roland HUREAUX

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 20:08

 

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/L-antichristianisme-fondamental-du-projet-europeen

https://www.bvoltaire.fr/lantichristianisme-fondamental-du-projet-europeen/

 

L’entreprise européenne a longtemps porté avec elle ,  surtout dans le monde catholique,  un fumet  de bien-pensance . De  manière corollaire,   planait sur  ceux qui s’y opposaient  le soupçon d’ être de mauvais chrétiens. 

Bien-pensance : les Eglises  ont pris parti pour le oui chaque fois qu’il y a eu des référendums  sur  le projet européen ( 1992, 2005) , croyant faire entendre  là  la voix de la  raison.  Cela est vrai de la Conférence des Eglises européennes mais aussi de la  Conférence des évêques de France.  La presse catholique du courant principal  est à l’avenant.   C’est dans cette ligne que le  14 mai dernier,  le CECEF  (Conseil des Églises chrétiennes en France)  a publié un communiqué appelant à soutenir l’entreprise européenne aux prochaines  élections.

On invoque  les pères fondateurs, démocrates-chrétiens (et catholiques) tous les trois ; Adenauer, de Gasperi et Schumann . Le drapeau européen frappé des  douze étoiles d’or rappelle celles qui nimbent  la Vierge de l’Apocalypse .  De ce fait,  un homme  comme Charles de Gaulle, quoique catholique pratiquant,  se trouvait être  un  chrétien suspect du fait son opposition à  Bruxelles. Pour les mêmes raisons,   beaucoup de   laïcistes   se sont méfiés de la construction européenne.

 

Inversion des signes

 

Il est clair que ceux qu’inspirent encore ces vieilles lunes n’ont pas pris la mesure  de la véritable inversion des  signes qui s‘est produite  au cours des quarante dernières années :  tout se passe en effet comme si Bruxelles était devenue au contraire  le centre nerveux de l’antichristianisme en Europe.

On s’est longtemps contenté  de dire que l’Europe des Six  issue du traité de Rome ( lieu significatif) était dominée par les forces catholiques et que l’élargissement  y avait seulement  accru le poids du monde protestant et donc  anglo-saxon. Mais aujourd’hui la mutation est allée  plus loin.  En témoignent  le  refus d’inscrire les racines chrétiennes de Europe dans les textes constitutifs,  la propagande active en faveur  des évolutions libertaires les plus débridées , tant de la commission que du Parlement européen,  où la majorité social-démocrate et populaire est toujours prête à toutes les surenchères, le harcèlement des pays qui  leur  résistent.

Le  moment clef  de cette inversion fut sans doute  le rejet brutal de la candidature de Rocco Buttiglione  au poste de commissaire européen en 2004  [1]. Buttiglione n’était pourtant pas un fieffé réactionnaire : proche de Jean-Paul II, il l’est aujourd’hui du pape   François.

Ancien membre de la Cour des comptes européenne, Romain Rochas   a, au vu de son expérience des hautes sphères de l’Union , rompu avec l’européisme. Il vient de publier un  Livre noir de l’Europe[2] où il  révèle entre autres la profondeur  de l’antichristianisme des institutions européennes.

Si cela était nécessaire, on en verra la confirmation dans le récente réunion électorale qui s’est tenue à Varsovie en présence de Donald Tusk , président du Conseil européen en faveur de l’opposition européiste  au gouvernement polonais.   Y   ont été tenus ,  sans que Tusk les désavoue, des discours  d’ une  grossièreté  et d’une violence inimaginables à l’encontre de l’Eglise  catholique , laissant loin derrière tout ce qui pouvait se dire en France au temps du petit père Combes.

 

Le fait idéologique

 

Il faudrait de longs développements  pour  approfondir les raisons de cette mutation  qu’ a connue l’idée européenne au point d’être désormais associée à  l’antichristianisme   le plus  virulent .  Mais il est assez clair qu’elle est inséparable de la dérive idéologique de la construction européenne. Loin d’être un projet de coopération naturel  entre pays libres désireux de travailler ensemble, le projet européen est conçu aujourd’hui par ses  partisans  comme un projet messianique  d’abolition des frontières et d’arasement du fait national.  Il n’est pas seulement une réalité  politique mais une révolution destinée  à remettre en cause cette réalité anthropologue fondamentale qu’est le fait national.

L’expérience de siècle dernier  a montré que le fait idéologique, que ce soit le communisme ou  le socialisme national ( dit nazisme ),  est toujours allé  avec  une hostilité radicale au fait religieux, ce qui est normal dès lors qu’il se pose comme une Eglise  de  substitution.  Comment s’étonner qu’il en aille de même avec  la troisième  des grandes utopies, l’utopie mondialiste, dont le projet  européen n’est, de l’aveu de Jean Monnet lui-même , qu’une étape ?   Emmanuel Todd a montré comment l’engagement européen des élites françaises est parallèle à  leur déchristianisation,  la foi en  la monnaie unique ayant peu à peu remplacé chez elles  la foi au Dieu unique.

Il  est temps que ce qui reste de  croyants en France et en Europe ouvrent les yeux devant ce qui n’est pas  seulement un affadissement des convictions chrétiennes des Pères fondateurs mais à une véritable inversion  du rapport du projet européen   à la civilisation chrétienne  pour laquelle  il est devenu une véritable machine de destruction. 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

[1] Ce rejet  a d’ailleurs  suscité  un courant    de  méfiance vis-à-vis des institutions de Bruxelles au sein de la  Curie romaine, jusque-là favorable au projet européen.

[2] Romain Rochas, Le Livre noir de l’Europe, Ed. Sydney Laurent

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 20:03

Contrairement à ce que prétend M.Macron,

 

L’EUROPE, C’EST LA GUERRE

 

https://www.bvoltaire.fr/leurope-cest-la-guerre/

 

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Contrairement-a-ce-que-pretend-Monsieur-Macron-l-Europe-c-est-la-guerre

 

Acculé, Emmanuel Macron sort l’artillerie lourde . Suivant une rhétorique  trop connue , il dénonce avec véhémence  le nationalisme, , cause selon lui de toutes les guerres et de tous les  malheurs . Il lui oppose l’Europe – et avec elle tout ce qui transcende les nations : le mondialisme,  la supranationalité,  l’ouverture des frontières  identifiés au  bien.

C’est  faux historiquement :  la principale cause des guerres et des grands massacrées du XXe siècle,  ce n’est pas le nationalisme , c’est l’idéologie. C’est en tous les cas vrai pour la seconde guerre mondiale, la guerre froide,   les grands massacres de Staline ou de Mao lesquels n’ont pas tué par nationalisme mais au nom d’  une idéologie totalitaire.

Le slogan de Macron  est également faux en ce qui concerne l’Europe. On dit « l’Europe ( celle de Bruxelles )  , c’est  la paix ». Mais l’Europe était déjà  en paix quand ont été mises en place    les institutions  européennes  actuelles,    à partir de 1957.  Et depuis ? Qui est responsable de la  guerre des Balkans, qui est  responsable de la guerre d’Ukraine ? Sans doute les  Etats-Unis ,  mais ils n’auraient pu rien faire sans l’appui des Européens et  des  instances de Bruxelles. Pourtant favorable à la  construction européenne,  l’ancien chancelier Helmut Schmidt n’a pas hésité, peu avant sa mort,  à mettre en cause le rôle des commissaires de Bruxelles dans le conflit ukrainien.

Aujourd’hui, les anti-Poutine le plus exaltés, dont  certains envisagent même une guerre contre la Russie se trouvent  Bruxelles.  L’UE lui a infligé des sanctions économiques    lourdes et n’envisage pas de les lever . Cela sous le prétexte de l’annexion de la Crimée qui offense certes le droit international mais pas plus que l’indépendance de l’Etat mafieux du Kosovo  encouragée   par Bruxelles. Interrogé sur la défense européenne par un journaliste : « Pour se défendre de qui ? » Macron a répondu  : « de la Russie par exemple ». Bien inutile provocation :  l’Europe n’existerait qu’en se trouvant un ennemi !

 

L’UE est toujours du côté de la guerre

 

Les guerres qui ont ensanglanté  le Proche-Orient au cours des dernières années,  dont celle de Syrie,  ont fait près de 5 millions de morts. Elles   se sont toutes faites avec   l’appui des instances de l’Union européenne. Elle a ainsi subventionné largement l’Observatoire   syrien des droits de l’homme, officine de propagande djihadiste basée à Coventry, voix des opposants à Assad. Elle a aussi  imposé un embargo qui  a  fait souffrir  presque autant le peuple syrien que les combats[1]. Cette machine  inhumaine  se refuse à les abroger  alors que la guerre est pratiquement terminée.    Même chose  au Yémen où les famines dues aux sanctions tuent encore plus que les bombardements saoudiens.

Les guerres récentes du Proche-Orient  n’ont pas  été causées par le nationalisme , mais par  la fureur idéologique des mondialistes américains, dits néo-conservateurs,   relayée par  les européistes de tout poil  au nom des grands  idéaux :    droits de l’homme, démocratie,  lutte contre le  nationalisme. Ces guerres  ont au contraire été désapprouvées par ceux que l’on taxe de nationalisme ou d‘extrémisme, à droite ou à gauche.  

Pourquoi la construction européenne  menace-telle la paix ? Parce qu’elle est elle-même     une idéologie , ce qui veut dire    un projet messianique de transformation  de la condition humaine fondé sur des concepts simplificateurs : hier  l’abolition de la propriété  ou des classes sociales , aujourd’hui celle des nations.   Les  idéologues sont manichéens : ils diabolisent leurs adversaires intérieurs ,   mais aussi extérieurs  ,  tenus pour des  monstres innommables auxquels on ne saurait faire quartier : Milosevic ( pourtant blanchi par le TPI ) , Saddam Hussein,  Assad  … demain Poutine ?

C’est cette approche idéologique propre à l’Union européenne qui menace  la paix en Europe ,  bien plus que le nationalisme,  une expression qui dans la bouche de Macron  et des  mondialistes  ne désigne d’ailleurs que l’amour sain de sa propre patrie et donc l’attachement à sa souveraineté. 

 

Roland HUREAUX   

 

[1] Les sanctions  économiques de Bruxelles étaient  interrompues  dès qu’une ville passait sous contrôle djihadiste ! L’embargo sur les armes a été, lui , levé en 2014.

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 19:59

Quatre pays ont immédiatement  imputé  à l’Iran l’attaque de deux pétroliers, l’un japonais, l’autre norvégien,   qui a au lieu le 13 juin dans le détroit d’Ormuz : les Etats-Unis, le Royaume-Uni, Israël et l’Arabie saoudite. La Russie et l’Iran démentent. L’Allemagne a émis des doutes , la France et les autres pays européens ne se sont pas prononcés à ce jour.

Le moins qu’on puisse dire est que le Etats-Unis sont de moins en moins crédibles dans ce genre  d’accusation. Depuis longtemps, ce  pays a pris l’habitude d’organiser des incidents ou des attaques sous faux drapeau  qu’il impute bruyamment à  ses adversaires, se servant souvent  de ce prétexte pour les attaquer. 

Le 2 aout 1964 , le gouvernement américain prétendit que deux de ses  destroyers avaient  agressés par  des  torpilleurs nord-vietnamiens dans le golfe du Tonkin. Le  président Johnson en tira  prétexte pour  franchir un pas de plus  dans l’escalade de la  guerre du Vietnam. Ces attaques se sont avérées plus tard être un montage.

La première guerre du Golfe (1990)  a commencé par une invasion  bien réelle, elle, du Koweït  par  Saddam Hussein, mais les services de propagande américains répandirent  le bruit que les soldats irakiens pénétraient dans les maternités koweïtiennes  pour y débrancher les couveuses des bébés: mensonge aujourd’hui avéré.

Le prétexte immédiat de la guerre de Yougoslavie (1999) fut  le prétendu massacre de 45 civils à Rajak (Kosovo).  Il semble a posteriori  que cela ait été en réalité  un  combat à la régulière entre l’armée serbe et la résistance armée kosovar, travesti  en génocide par une propagande internationale sans précédent. Au même  moment,  Human Right Watch , proche du gouvernement américain,  annonçait que les forces serbes avaient expulsé 862 979 Albanais du Kosovo vers les pays voisins . Précision chiffrée d’autant plus admirable que   rien de tel ne s’était passé. 

La seconde guerre du Golfe (2003)  qui a abouti au renversement de Saddam Hussein a commencé avec l’accusation que ce dernier  mettait au point  des armes de destruction massive , chimiques et atomiques. On se souvient du général Colin Powell brandissant une fiole accusatrice à la tribune d’ONU. Le même à avoué  dix ans après que tout cela  était faux.

Reste  la guerre  de Syrie, commencée en 2011 : après qu’il ait  servi de prétexte à la rupture de relations diplomatiques des pays occidentaux avec Damas,  le massacre d’une centaine personnes à Houla ( 10 juillet 2012 ) s’est avéré être  le fait de la  rébellion[1].

Trois attaques supposées chimiques ont entrainé un déchainement  international sans  précédent à l’encontre du  gouvernement Assad et, pour le premier,  failli déclencher une guerre mondiale : le 21 août 2013  à  la Ghouta , faubourg de Damas , le 4 avril 2017 à Khan Cheikoun, le 12 avril 2018 à  Douma. Au moins la première et la troisième de ces opérations   se sont avérées être   des attaques sous faux drapeau de djihadistes soutenus par l’OTAN.

 

Pas d’antiaméricanisme primaire

 

Dire cela  n’est pas donner dans  un antiaméricanisme primaire, c’est au contraire regretter qu’un pays qui fut longtemps le champion  de la liberté s’éloigne autant de ses valeurs fondatrices, sachant que la liberté et la démocratie sont inséparables de la vérité et de la transparence. Parmi les  seize services de sécurité dont ce pays dispose aujourd’hui (selon le même Colin Powell), plusieurs  ont fâcheusement adopté le culture du dirty trick.

Les  attaques sous faux-drapeau  avaient  été au départ  le fait de régimes totalitaires : ainsi la mascarade   de Gleiwitz qui vit le 1er septembre 1939 un commando SS revêtu de l’uniforme polonais simuler  l’ attaque d’un poste de douane  allemand ,  prétexte grossier  à l’invasion de la Pologne.

Dans le cas de l’attaque du détroit d’Ormuz, il est difficile d’imaginer comment l’Iran aurait pu s’en prendre  à un navire japonais  au moment où  le premier ministre japonais, Shinzo Abe,   était en visite officielle  à Téhéran.

Rien ne prouve cependant que malgré  sa détermination à briser  les reins de la République islamique, Donald Trump ait commandité  l’attaque d’Ormuz :  d’autres forces , internes ou externes  aux Etats-Unis veulent peut-être, comme  ce fut  le cas en Syrie,  l’entrainer  plus  loin qu’il ne  voudrait aller.

 

Roland HUREAUX    

 

 

 

 

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 19:57

https://www.causeur.fr/france-rwanda-genocide-armee-kagame-161988

 

Tout en prenant acte que M. Pierre Brunet croit à ma  bonne foi, je  maintiens que  ni la France ni son armée n’ont quoi que ce soit  à se reprocher dans les affaires du Rwanda.

Bien qu’il ait été sur place ( où et quand exactement ? A-t-il rencontré les responsables de l’opération Turquoise ? ), le romancier  Pierre Brunet ne remet pas  en cause la narration répandue  par la puissante machine de communication de Kagame et de ses alliés anglo-saxons.

Cette narration  est erronée sur plusieurs  points capitaux :

  1. Sur  le périmètre du drame : il y a eu entre 500 000 et 800 000 de morts au Rwanda même, surtout  en  1994 , mais il y en a eu 4 millions au Congo-Kinshasa  dans les années qui sont suivi  (rapport Mapping des Nations-Unies  de 2010) , principalement du fait de l’armée rwandaise tutsi de Kagame qui,  après avoir conquis le Rwanda,  a envahi ce qu’on appelait alors le Zaïre ; les victimes étaient soit des réfugiés hutu (qualifiés de « génocidaires », y compris les femmes et les enfants souvent terriblement mutilés comme en a témoigné de Dr Mukwege, prix Nobel de la Paix 2019, qui soignait celles-ci),  soit des congolais . Quand le Congo est passé sous  le contrôle de Kagame  par présidents fantoches interposés,  l’armée congolaise a participé aux massacres .  Dire que dans un cas il s’agit de génocide ( celui des Tutsi) et dans l’autre de simples massacres ( celui des Hutu) relève de la scolastique.  On peut reconnaitre  que quelques centaines de milliers de Tutsi ont été victimes des Hutu au Rwanda sans être obligé  de nier des massacres de Hutu et de Congolais près de  dix fois plus étendus au Congo.

 

  1. Sur la légitimité de l’entreprise de conquête de  Kagame  qui commence en 1990 :  qu’à l’indépendance, lors de la prise du pouvoir par  la majorité hutu au Rwanda  en 1962 , de nombreux Tutsi aient été massacrés ou contraints à l’exil ne légitimait nullement une reconquête .  Dans le Burundi voisin, où les Tutsi avaient conservé le pouvoir , les massacres de Hutu  furent  bien plus importants : 300 000 en 1972 , 50 000 en 1988. Le dernier  ( encore 200 000 victimes ? ) a eu lieu en 1993 et , à l’approche de l‘armée tutsi, a fait craindre le pire aux Hutu du Rwanda qui savaient cela.

 

 

  1. Sur la responsabilité des premiers massacres du Rwanda. Les enquêtes  de Pierre Péan et de Judi Rever  (basée entre autres sur des documents du TPIR)  ont montré qu’au fur et à mesure que l’armée tutsi de Kagame ( dite APR) entrait au Rwanda, elle massacrait à tour de bras les populations hutu, suscitant la fuite d’un million de réfugiés vers Kigali. Toutefois le communication de Kagame , assisté de grands cabinets américains, a été infiniment mieux maîtrisée que celle des  Hutu . Les massacres perpétrés par  ces derniers ont été vus en direct dans  le monde entier alors que ceux de Kagame ont été  soigneusement cachés et parfois même travestis  aux yeux de   correspondants crédules en massacres opérés par le camp adverse . Faut-il aller jusqu’à dire comme Judi Rever que Kagame a délibérément laissé  massacrer ses congénères pour mieux légitimer son pouvoir en victimisant son ethnie et aurait même infiltré les milices hutu ( dites Interahamwe) pour les exciter au meurtre ? Le  cynisme de Kagame dépassant l’imagination, tout est possible . Le fait que le livre de cette journaliste canadienne, In praise of blood , the crimes of the Rwandan patriotic front (WT, 2019)  fruit d’une vie d’enquête , ait été salué par la critique internationale  témoigne en tous cas d’un début  de retournement de l’opinion.

Le débat  suivant entre Jean-Pierre Elkabbach et Raphaël Glucksmann , ce dernier étant à l’origine de notre controverse , montre la légèreté des  informations du philosophe  :

https://www.cnews.fr/emission/2019-05-20/linterview-raphael-glucksmann-842069

 

  1. Sur la responsabilité   de Kagame dans l’attentat du 6 avril 1994 qui a déclenché le massacre des Tutsi. Pour la première fois, il y avait deux présidents hutu  (une ethnie qui représente, rappelons-le, 90 % de la population) au Rwanda et au Burundi , alors que ces pays avaient été soumis à  la minorité tutsi depuis le Moyen-âge ( ce qui montre l’absurdité de l’idée répandue par Kagame que les Tutsi seraient les juifs de l’Afrique centrale ! ) . Par quelle  singulière aberration a-t-on pu faire croire que,  quand ils  sont abattus tous les deux , des Hutu étaient  à l’origine de l’ attentat ? D’autant  que ces présidents,  vivant au milieu d’autres Hutu , point n’était  besoin qu’ils prennent l’avion pour  les  assassiner.   Le juge Bruguière a très  vite compris  la responsabilité de Kagame. Depuis,  les preuves à son encontre se sont  accumulées : traçage des lots de missiles utilisés et surtout aveux des proches de Kagame entrés en  dissidence . Ces témoins sont pourchassés à travers le monde par les sbires de Kagame pour qu’ils ne puissent pas parler. Après P. Karegeya qui voulait parler au juge Trevidic qui avait  repris le dossier ,   deux ont été assassinés en 2018 après que le même juge, avec une incroyable légèreté, ait donné  leur  nom  aux avocats de  Kagame; la semaine  dernière on a appris l’assassinat d’un troisième témoin  en Afrique du Sud.

Comme la terre  entière  commence à savoir aujourd’hui de quoi il retourne , la décision de non-lieu rendue  le 24 décembre 2018  à  11h du soir , démontre  seulement à la face du monde la soumission de  la justice française au pouvoir[1], sachant que Macron soutient  à fond Kagame. Heureusement  , la décision  est frappée d’appel.

 

  1. La France    a en effet livré, dès le début du conflit, des armes  au gouvernement légitime de Juvénal Habyarimana pour qu’il se défende contre une agression. Cette aide  a cessé avec les accords d’Arusha (1993)  ; elle a peut-être repris  quand il s’est avéré que la partie en face continuait  à être aidée par les Anglo-Saxons .  Mais la France n’a pas fourni les machettes qui furent le principal instrument des massacres . Plutôt que de mettre  en cause la France , il serait mieux venu  de mettre en cause les Anglo-Saxons qui ont  aidé   Kagame dès le début de son équipée. Boutros-Ghali ,  secrétaire général de l’ONU au moment des faits, a déclaré  que le responsabilité des massacres  du Rwanda reposait  à 100 % sur les Etats-Unis (www.globalresearch.ca/rwanda-20-years-on-100-percent-american-responsibility/5374383)On n’a pas connaissance qu’ils aient jusqu’ici exprimé le  moindre  remords ni que personne leur ait demandé d’ouvrir leurs archives.

Quand Kagame  a  été  mis en cause  par la justice française dans l’attentat  de Kigali, il a aussitôt contre-attaqué en inventant la complicité de notre armée dans le génocide,  ce que beaucoup  de gogos français ne demandaient qu’à  croire .  Le Général Lafourcade, commandant de l’opération Turquoise,  a  expliqué qu’avec des moyens très   limités, elle ne pouvait pas être partout. Sommé par le procureur Carla Del Ponte d’apporter des preuves à ses accusations ,  Kagame n’en a jamais  fourni. Il n’a jamais non plus laissé  le Tribunal pénal international   enquêter librement au Rwanda.

Il y a longtemps qu’une certaine attitude hostile  à tout ce que  fait la France en Afrique y  pave la voie de la  pénétration des  Américains et des Chinois . Il est temps que notre pays  cesse de battre sa coulpe, surtout quand il n’y a pas la moindre raison de le faire.  

La manière dont les évènements  du Rwanda ont été traités par le mainstream  international apparaitra , le jour venu, pour ce qu’elle est : une des plus grandes manipulations de l’histoire.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

 

1. Tout  démontre que l’enquête Trévidic-Poux est le fruit de tractations fort peu glorieuses, commencées à  la mi - 2007,  entre   Sarkozy et Kagame, tractations avalisées par la justice française, ce qu'a démontré Pierre  Péan dans son enquête du "Un" n° 140 : http://jkanya.free.fr/Texte17/manipulation110217.pdf

 

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 19:52

Paru dans la revue Liberté politique, n°81, juin 2019

 

L’hystérie qui règne  aux Etats-Unis et en Europe occidentale , spécialement dans les médias, à l’égard de Donald Trump, tenu de manière presque unanime  pour un fou et un dangereux va-t’en guerre  , empêche de voir ce  qu’il peut y avoir de cohérent dans sa diplomatie, au demeurant   conforme à ses engagements de campagne.

Il faut notamment un singulier  aveuglement pour  ne pas lui  faire crédit d’avoir pratiquement mis  un terme à deux guerres  : celle d’Irak  mais aussi celle de  Syrie, pays  dont il vient d’annoncer le retrait total des forces américaines, sans  en commencer aucune, alors que son prédécesseur, pourtant  Prix Nobel de la Paix avait , lui,   mis en guerre pas moins de quatre pays qui ne l’auraient pas été sans cela  :  la Libye, la Syrie, l’Ukraine et  le Yémen .  Trump a promis de mettre fin à l’absurde politique de regime change tendant imposer la démocratie à coups  de B 52 :  il a tenu. De même il a vaincu Daech que son prédécesseur faisait  semblant de combattre  et rompu les liens équivoques que les Etats-Unis ont trop longtemps entretenu avec l’islamisme  radical. Détente aussi du côté de la Corée  du Nord , après 75 ans de blocage. Il a même ouvert des pourparlers avec les talibans à Doha. Jusqu’ici ce fort en gueule s’est avéré  un « artisan de paix » ! 

Le point de départ de sa démarche est la volonté d’améliorer  les relations des Etats-Unis et de la Russie.  Les grands humanistes  européens qui le détestent tant devraient pourtant en  comprendre  l’intérêt . Deux puissances dotées d’immenses   arsenaux nucléaires ; un   champ  de bataille potentiel,  l’Europe occidentale :  comment les Européens un peu  conscients ne seraient-ils pas rassurés par  cette volonté de détente ?  

 

Pourquoi Trump doit montrer les dents   

 

Elle se heurte au militarisme déchaîné du clan Clinton et  de  tout ce qui tourne autour ( une grande partie du Pentagone, de l ’administration américaine , des médias,   les  gouvernements de  France et d’Angleterre et , parait-il,  la City de Londres) . L’absurde   théorie du complot  selon laquelle l’ élection  de Trump aurait  été machinée par Poutine    limite la marge de manœuvre de ce dernier  qui,  face à une opinion intérieure  au  nationalisme déchaîné,  lui interdit tout signe de faiblesse. La publication du rapport Mueller qui le dédouane n’a pas mis fin au harcèlement judicaire du clan Clinton.  Trump  est ainsi  conduit à   une gesticulation permanente, sous forme de déclarations tonitruantes ou de tweets, souvent grossière car  la cible en est l’Américain de base.  Cela explique aussi la  nominations de super-faucons, dont il n’est pas nécessairement prisonnier  quant au fond : James Mattis ( qui a démissionné, trouvant Trump trop conciliant ! ) , Mike Pompeo,  John Bolton. Ou encore  les frappes spectaculaires opérées en Syrie le 6 avril 2017  et le 14 avril 2018,  négociées avec les Russes  pour ne pas faire de victimes et éviter toute  escalade, en réponse à de  supposées attaques chimiques.   Qui vis pacem  para bellum , dit-on . Aux Etats-Unis, celui qui veut la paix doit aujourd’hui  faire semblant  de faire la  guerre.

En Amérique latine, l’art de la menace a eu plus d’effet sur le  Mexique, contraint de contenir l’émigration vers les Etats-Unis   que sur le Venezuela où la tentative  de renverser le président  Maduro a  à ce jour échoué.

La faiblesse de sa  position intérieure  oblige   Trump à ne se priver d’aucun appui   : cela explique largement   son choix de s’aligner  intégralement  sur les positons  du gouvernement israélien,  jusqu’au  transfert contesté de l’ambassade américaine à Jérusalem-Est , la reconnaissance de l’annexion du Golan   et la rupture spectaculaire de l‘accord nucléaire de Vienne avec l’Iran.  Le rapprochement avec Pyong-Yang  pourrait lui-même s’expliquer par la volonté d’isoler l’Iran   du seul  pays susceptible  de l’aider au  plan nucléaire.   

 

La guerre avec l‘Iran ?

 

Ces manœuvres bruyantes conduisent-elles à  une nouvelle  guerre,  contre l’Iran,  cette fois ? ou seulement  à satisfaire Israël et ses soutiens inconditionnels aux Etats-Unis ?  Le gouvernement  israélien  fait-il lui-même autre chose que de la gesticulation ? Et quid du gouvernement iranien que l’agressivité américaine aide si bien à   surmonter ses contradictions internes ?  Trump  connait assez l’art de manier les foules : il sait  qu’une grande puissance comme d’Amérique a besoin de désigner un ennemi : pour  lui, c’est l’Iran.  Ca vaut mieux en tous cas que la Russie. Cela reste cependant   un jeu dangereux non seulement  pour la paix mais  pour l’économie mondiale  qui serait confrontée en  cas de conflit, à une hausse vertigineuse du prix du pétrole. Cette considération économique pourrait relativiser la crise actuelle déclenchée par la mystérieuse attaque de deux pétroliers, l’un japonais, l’autre norvégien, près du détroit d’Ormuz, imputé par Washington , de manière peu crédible  au régime de Téhéran. 

Moins qu’un écrasement militaire de l’Iran , Trump pense le contraindre à une reddition  sans conditions  en durcissant les sanctions économiques auxquelles  il est soumis. Le dernier train l’a conduit à interdire à tous les pays du monde d’importer du pétrole iranien. Les dérogations consenties un temps à certains pays comme l’Italie sont terminées. L’Europe va s’incliner mais elle n’est pas seule en cause. La Russie n’a pas besoin de pétrole. Savoir si les trois consommateurs majeurs que sont le Japon, la Chine et l’Inde vont obéir  constitue   la grande   question qui conditionne l’avenir de l’Iran.

Les rodomontades de Trump  hostiles à  l’Union européenne et à l’Allemagne recouvrent une vieille constante  de la politique anglo-saxonne vis-à-vis du continent européen  : y maintenir l’équilibre et donc affaiblir le plus puissant, qui est  aujourd’hui manifestement l’Allemagne. Hélas  l’aveuglement   idéologique empêche le président Macron, poche du clan Clinton,  de profiter de la perche qui leur est ainsi tendue.  Quand Trump demande que les pays européens  prennent leur part du  fardeau de l’OTAN, vieille revendication, jusqu’à menacer de la faire sauter , qui le lui reprocherait ?  

Face à  la Chine, le président américain a déclenché une   guerre économique  notamment par un retour  au protectionnisme,  mais cela est autre chose que la guerre tout court .  Que le libre-échange ne soit pas la panacée, de grands économistes comme   Keynes l’avaient déjà  vu . Le vrai risque   de   guerre , ce ne sont pas les droits de douane mais les déséquilibres commerciaux entre les pays.  Coupables au premier chef,  la Chine et l’Allemagne qui  recherchent,  depuis des    années , des excédents , aujourd’hui devenus colossaux,   au détriment  de leurs partenaires ,  dangereux tant pour la prospérité générale  que,  à long terme, pour  la paix. Qui ne voit  ce qu’il y  a de légitime  de la part de Trump à vouloir les ramener à la raison , ce que  personne d’autre n’avait  osé  faire jusqu’ici ?

Depuis le général de Gaulle  , les partenaires des Etats-Unis se plaignent  des déficits  commerciaux de ce pays  : comment reprocher à un président américain  de  prendre enfin ce problème  à  bras le corps , quitte à paraitre  quelque  peu agressif,   pour se donner  les  moyens de rééquilibrer la balance extérieure américaine , même s’il n’est pas sûr qu’il y parvienne ?   

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 19:48

http://www.libertepolitique.com/Pied-de-page/RETOUR-AU-CATHOLICISME-SOCIAL-POURQUOI-PAS-MAIS

 

Face à la crise des Gilets jaunes, dix-neuf intellectuels ont lancé récemment un « un appel pour  un nouveau catholicisme social »[1], demandant que les catholiques s’engagent en faveur du peuple des ronds-points , ou de ce que Christophe Guilluy appelle « la France périphérique »,   comme certains  avait tenté de le faire autrefois en faveur de la  classe ouvrière , et promeuvent  en particulier des « communautés solidaires »  dans lesquelles toutes les classes sociales puissent se reconnaitre.

Appel d’autant plus intéressant que le constat qu’ils font de la  crise est juste et que, fait exceptionnel,  il est signé par des personnalités de droite et de gauche.

Il reste que,  pour donner toute sa crédibilité à un tel appel, il faudrait que ses auteurs examinent la responsabilité du  catholicisme social lui-même, du  moins de certains de ses avatars,  dans la crise que nous vivons  aujourd’hui.  On peut en particulier penser que la monnaie unique européenne  , dénoncée  par maints économistes   comme une aberration [2]   ,  cause principale  des distorsions qui apparaissent entre les pays d’Europe et entre les composantes  de la société française,    a été tenue par beaucoup  comme une expression , à travers de l’idéal européen, du catholicisme social. Au point que  l’épiscopat   crut devoir intervenir  en  faveur du oui  lors du référendum très serré de 1992. 

 

La tentation de l’idéologie

 

Depuis qu’on en parle, soit un peu plus d’un siècle, la doctrine sociale de l’Eglise a toujours  été menacée par la tentation idéologique et, faute d’un retour sur ce passé ,  sa mise en œuvre s’exposerait aux mêmes effets pervers que ceux auxquels on assiste aujourd’hui.

Pendant dix-neuf siècles, il n’y avait pas  explicitement , au sein de l’Eglise catholique, un corps de doctrine construit sur  la société : tout au plus quelques points de repère : l’interdiction du prêt à intérêt – en principe toujours valide ! - , le devoir des dirigeants de faire le bien et d’être justes et celui des dirigés de leur obéir .

« Catholicisme social »  est dans cette perspective un pléonasme dans la mesure où toutes les élites ont eu et ont toujours, dans l’espace chrétien et même ailleurs,  le   devoir de défendre et de promouvoir le bien de leurs peuples  – à  l’exclusion de toute  autre considération. Ce bien inclut   une sollicitude   particulière pour  les classes défavorisées  sans qu’il soit   question pour autant de rechercher une égalité absolue.

Mais  l’apparition de quelque chose qui pouvait apparaitre, à tort ou à raison,  comme un corps de doctrine  structuré comportant notamment la défense des corps  intermédiaires, le principe  de  subsidiarité ( ce terme  ne figure cependant dans aucune encyclique) , en un siècle où les idéologies faisaient fureur   - à tous les sens du terme  – a  ouvert la  porte à la tentation de  tirer le christianisme social  vers l’idéologie, c’est-à-dire la   réalisation d’une utopie dont le souci passerait avant la gestion du bien commun au jour le jour.

Antonio Salazar ,  chef du gouvernement du Portugal de 1932 à 1968, eut l’ambition de construire un Etat en tous points conforme à la doctrine sociale de l’Eglise,   alors que beaucoup  y ont vu une dictature  ressemblant fort aux régimes fascistes contemporains.

Certains points de la doctrine  catholique, comme la promotion de l’esprit corporatif fondé sur la collaboration des classes, se retrouvaient d’ailleurs  dans la plupart de  ces régimes. La doctrine personnaliste qui apparait en France vers 1930 autour d’Emmanuel Mounier et de la revue Esprit  comporte   une méfiance pour le libéralisme ou la notion d’individu[3]  comparable  à celle que l’on trouve dans le socialisme et le  fascisme.

Après 1945, des catholiques de gauche  furent   tentés par l’engagement social aux côtés du parti communiste, ce qui en conduisit certains  à considérer que l’utopie communiste – dont on ignorait à l’époque les immenses dégâts  – était la réalisation la plus accomplie de l’idéal évangélique  d’égalité , de solidarité et de pauvreté  partagée. L’illusion a la vie dure : Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, un évêque argentin proche du pape François ne déclarait-il  pas récemment   que «  le pays qui réalise le mieux  la doctrine sociale de l’Eglise est la Chine (celle de Xi) » ?  Le magistère avait pourtant , avec lucidité, condamné dès 1937 de manière nette l’idéologie marxiste (Divini redemptoris) , en même temps qu’il condamnait  l’idéologie nazie (Mit brennender sorge).

En Europe occidentale,    la « construction » européenne prit le relais. Comme les idéologies d’avant-guerre,  elle était fondée sur l’idée  de dépasser les conditionnement anthropologiques  hérités du passé : l’instinct de  propriété hier, l’instinct  national aujourd’hui. Par son nom même, elle se rattache à ce que Hayek appelle le « constructivisme », forme appliquée de l’idéologie.

Ses promoteurs,  dont beaucoup  étaient au début sincèrement attachés au christianisme social, en vinrent assez vite à croiser les libéraux anglo-saxons auxquels la réalisation d’un espace sans frontière, tant pour les marchandises que pour les capitaux et les hommes,  ne pouvait que convenir.

L’idéologie est  par définition universelle ; elle ne saurait se cantonner à  un seul pays puisqu’elle repose sur des idées  générales valables  pour  tous les hommes. Le caractère idéologique d’un  certain  libéralisme inséparable de l’idéal européen, se voit  à la difficulté qu’il a de limiter  ses ambitions à un seul pays, voire à un seul continent.  Très vite , l’idéal européen est apparu comme la section régionale du projet mondialiste : Jean Monnet  le voyait d’ailleurs ainsi.

Les hauts-fonctionnaires  français qui ont  préparé vers 1987 , autour de Jaques Delors , la libéralisation intégrale des mouvements de  capitaux, d’abord en Europe puis dans le monde , se réclamaient  pour la plupart du  catholicisme  social :  familiers de la  finance , on  devait les retrouver aux  Semaines sociales, aux  Gracques ou aujourd’hui dans  l’entourage d’Emmanuel Macron. Il est difficile, au vu de l’ immense contestation  que rencontre  un peu partout le modèle de société qu’ils ont promu,  de ne pas voir dans leur  position  une nouvelle forme de glissement idéologique.

Parallèlement , beaucoup de ces catholiques français , partisans d’un super-Etat européen ont rejoint le parti socialiste , lequel ,  après un siècle d’anticléricalisme jacobin,  trouve aujourd’hui ses derniers défenseurs  dans l’Ouest , terre de ce qu’Emmanuel Todd appelle  le catholicisme    « zombie » ,  où  la foi  est perdue ( et souvent  remplacée par l’idéologie)  mais où  les bons sentiments demeurent.

 

Une Europe des riches

 

Ce n’est pas ici le lieu d’entrer dans  une discussion nécessairement   technique sur les effets pervers, économiques et sociaux , parfaitement prévisibles , de l’euro. Rappelons seulement que ses promoteurs avaient  placé, comme autrefois Salazar , qui par cette doctrine avait  ruiné le Portugal,  la stabilité monétaire  au premier rang  de leur utopie  prétendue chrétienne.   Considérons surtout  ce principe général que tout ce qui rapproche les gouvernants ou les élites des différents pays  ne peut que les éloigner  des  peuples. L’internationalisme est plein de bonnes intentions mais il a l’effet de séparer  les classes sociales  : les uns, les dirigeants,  sont à l’aise dans un univers mondialisé où ils  circulent aisément, les  autres ,  prisonniers d’  horizons plus  courts,    s’y défendent mal. Ajoutons que par  le même  effet mécanique, la mondialisation écrase aussi  les classes  moyennes , comme vient de le confirmer un rapport de l’OCDE. C’est bien là  le drame que vivent aujourd’hui en  France les  laissés pour compte  de la mondialisation – qui ne  sauraient être confondus  avec les « exclus » qui fréquentent  le Secours catholique - ,   mais n’en ont pas moins droit,  eux aussi, à  un Etat qui leur permette de  vivre . Disons-le nettement : ils  sont d’abord les victimes de la  construction européenne si chère à certains catholiques sociaux. Une construction  où beaucoup voient,  non sans motifs, une machine de guerre des riches contre les pauvres, à l’instar du  mondialisme dont elle n’est , de l’aveu de Jean Monnet lui-même, que l’antenne régionale.

C’est avec raison que le auteurs de l’appel  revendiquent d’ « édifier des communautés solidaires, fondées sur un lien de responsabilité commune » , mais  on ne saurait oublier que la première de ces communautés solidaires est l’Etat , seule « société parfaite »  selon saint Thomas d’Aquin. C’est en effet  au sein de l’Etat   français tout entier  que se creusent les fractures  les plus graves  :   non   au sein des villes, des régions ou des départements , mais entre les régions, entre les villes, entre la ville et la campagne,   entre les zones  prospères et celles qui sont à la traine. Ce sont aussi les Etats  que les projets idéologiques, qu’ils soient européens ou mondialistes, sans toujours  le dire ouvertement, se proposent de disloquer.

Il va de soi qu’un pays   quel qu’il soit , ne  saurait vivre isolé dans le monde d’aujourd’hui – comme dans  celui  du  passé. Mais la promotion du bien commun passe d’abord par celui des nations et exige pour cela  la remise en cause résolue  de toutes les logiques  transnationales qui empêcheraient les gouvernements d’accomplir cette mission. Retour au catholicisme social, pourquoi pas ?  mais non sans un sérieux examen de conscience visant les errements du passé où ceux qui se réclamaient   de cette doctrine ont eu souvent  plus que leur part de responsabilité.

 

Roland HUREAUX

 

[1] Tribune publiée dans La Vie le 9 janvier 2019.

[2] Selon Ashoka Mody , un économiste australien d’origine indienne dont le livre Eurotragedy (2018) a été récompensé comme le livre économique de l’année , il s’agit d’une véritable tragédie issue de l’incompétence économique des dirigeants européens.

[3] Emmanuel Mounier a fondé sa philosophie sur la distinction entre la personne et l’individu qui n’a pas de précédent dans la théologie chrétienne.

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30 mai 2019 4 30 /05 /mai /2019 12:20

https://www.causeur.fr/lrem-lr-rn-verts-gagnants-perdants-1617

Personne n’a  vraiment de quoi se réjouir de l’élection européenne de dimanche.

Avec 23,3  % des  voix,   le Rassemblement national  sort premier de la compétition  mais   de peu et  avec un résultat  qui ne marque qu’un petit progrès par rapport au premier tour  de la dernière présidentielle : encore a-t-il bénéficié du « vote utile » de  tous ceux  voulaient   sanctionner Macron  coûte que coûte : ce ne  sont pas forcément  là des votes  d’adhésion.  En faisant élire  trois personnalités extérieures dont  l’ancien député républicain Jean-Paul Garraud , le RN   a entre-baillé  la porte de la citadelle, juste ce qu’il fallait pour  ne pas avoir l’air d’une secte   mais pas assez pour se crédibiliser pleinement . Marine Le Pen   demande des législatives, ce qui est normal , avec  plus de proportionnelle , ce qui l’est moins : une telle revendication montre que le  RN n’est pas encore  dans sa tête  un parti de  gouvernement  ; il veut plus de places, il ne  veut pas se donner les moyens de réformer la France en profondeur ce qui  ne lui serait  possible  qu’ avec le maintien du  mode de scrutin actuel .  

Macron n’a pas réalisé son pari  d’être  en tête  malgré les efforts considérables   qu’il a prodigués dans la dernière    ligne droite  et  la valeur de test qu’il a conféré à l’élection . 22,4  % des voix  pour le parti du président, c’est bien peu même si ses partisans chantent victoire   : ce matelas apparemment incompressible  est surtout composé de personnes âgées légitimistes , issues pour une part  de l’électorat de Fillon. Tout au plus peut-il se consoler  en voyant que les partis européistes qu’il appelle « progressistes »,  sont au total majoritaires.

          Ce serait en revanche  une illusion  que d’imaginer que la remontée du taux de participation par rapport à 2014 , de 42,4 à 50,1 % marquerait un progrès de l’idée européenne. L’explique principalement  l’enjeu  très fort de politique intérieure que représentait cette élection.

Le parti socialiste ne sombre pas mais confirme son déclin. En ajoutant les 6,2 % de Glücksmann, dont les maladresses ont montré la légèreté ,  et les 3,3 % de Hamon , les socialistes arrivent péniblement à 9,5  %  

Le vote Mélenchon aurait pu être l’exutoire des gens de  gauche déçus de Macron – ils  sont nombreux : la perquisition  opérée chez lui en début de campagne,  contraire à tous les usages républicains , visait à  l’ affaiblir pour empêcher ce scénario ;  avec 6,3 %, elle n’y a que trop bien réussi.

Mais il fallait quand même un exutoire : ce fut le parti des  Verts .  Troisième parti avec 13,5  % : quel succès ! Mais il n’est que d’apparence :  loin de signifier  comme on le croit le retour en force de la préoccupation environnementale, ce résultat montre  que le vote écologiste était le seul qui restait  possible  aux déçus du macronisme  qui ne voulaient pas  voter  à droite ou aller aux extrêmes.  Un choix vague qui n’engage à rien et qui a l’air gentil ( faussement gentil : rien de plus sectaire que cette mouvance ). Vote de défiance envers  Macron , surtout chez les jeunes, le vote vert   débouche sur un renforcement des orientations essentielles du macronisme : européisme , mondialisme .

Des petits partis patriotes  ou identitaires ( Dupont-Aignan,   Asselineau, Philippot , Camus ), aucun n’a réussi à se poser  comme une force significative entre le RN et LR  . Ils ont été eux aussi victimes  du vote utile et   peut-être tout autant  de leur grisaille.

Reste le grand perdant de ces élections  : Les Républicains à 8,5 % . On ne saurait imputer cet échec retentissant ( au moins par rapport aux sondages), au seul  François-Xavier Bellamy   qui a fait une bonne campagne sans toutefois  percer l’écran .  Il est trop facile de l’imputer aux divisions des chefs ( ainsi la rivalité sournoise Sarkozy-Wauquiez) qui ne sont jamais que des causes secondes.  Bien plutôt à un mauvais positionnement ; sur les sujets  essentiels  ( euro, sociétal , politique étrangère ) ce parti est divisé  , moins entre ses dirigeants qu’entre  les chefs et la base ;   cette division  aurait pu être  une force , l’occasion de faire des Républicains un lieu d’ouverture et de débat , limitant la déperdition à droite , mais la hantise du politiquement correct  ne l‘a pas permis : la différence « catho » de sa tête de liste y était  tout juste   tolérée.   L’autre erreur :   sans doute pour suivre une partie de leur  électorat,   les Républicains ont été conduits  à faire  une opposition « constructive »   à Macron là où il aurait fallu  se montrer  , en bonne logique bipartisane , opposant intraitable . Pour être reconnu   comme le chef de file de l’opposition, il faut s’opposer . A qui ? Au pouvoir en place et à lui seul.  Attaquant inutilement  le Rassemblement   national, ce qui déplait à tous les électeurs de droite et d’une certaine manière le met en valeur , LR s’est  complu  dans le rôle du tiers parti entre les deux grands ; il s’est en quelque sorte « modemisé ».  

Le petit parti centriste de Lagarde ,  à 2,5 %,  n’a l’air de rien  . Mais que serait-il passé sans lui ?  Les Républicains  auraient  pu passer la barre des   10  % : 8,5 + 2,5 = 11  %  et ainsi sauver la face . Ou alors Macron , venant  en tête,  aurait remporté une nette victoire: 22,4  + 2,5 = 24, 9 %. Petites causes, grands effets.  

Reste un  champ politique en ruines : les deux partis qui émergent, les mêmes qu’à   la présidentielle, le RN et EM  sont tous deux pauvres en cadres,  mal structurés,   alors que les partis  classiques ( PS et LR), bien que menacés de disparaitre ,  ont encore des réseaux et des compétences ( au moins aux niveaux – 1 et au-dessous) :   situation  bien  singulière. Les partis classiques prendront-ils leur revanche aux municipales   où ils gardent des   atouts ? Peut-être. En émergera t-t-il de vrais chefs ,  plus convaincants que ceux qui aujourd’hui s’en  disputent la  tête ; c’est à voir.

Il est difficile  de prévoir de ce qui sortira de cette décomposition du paysage  politique . Macron qui pratique la stratégie du chaos et qu’  en bon idéologue , rien n’arrête,   semble s’en accommoder.    Tout reste à faire si l’on veut éviter que la présidentielle de 2022 ne soit la réédition de celle, calamiteuse, de  2017.

 

Roland HUREAUX

Président  de Mouvance France

 

 

 

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24 mai 2019 5 24 /05 /mai /2019 14:17

La décision de la Cour d’appel  de Paris   obligeant le CHU de Reims   à reprendre  l’alimentation de Vincent  Lambert apporte un immense soulagement, non seulement à  ceux de ses proches qui se préoccupaient de son sort , sa mère en tête, mais aussi à tous ceux qui  sentaient confusément combien la France se serait reniée par une exécution  aussi inhumaine    

Mais le combat n’est pas terminé et il exige une pleine lucidité. 

Il fallait un singulier cynisme au président Macron pour répondre à l’interpellation de Mme Lambert mère qu’il ne pouvait  interférer avec une décision de justice et donc interrompre la  mise à mort du malheureux Vincent .

D’abord parce que la justice n’a,  à notre connaissance,  pas obligé  de  mettre fin à ses  jours; elle s’est contentée, avant que la Cour d’appel n’en décide autrement ,  de ne pas   tenir cela  pour illégal.  La décision de mettre à mort Vincent Lambert  émanait en principe de l’hôpital et nul doute que  si le chef de service s’y était opposé,  la question de se serait  pas posée. Une partie du personnel infirmier  a d’ailleurs  manifesté sa  répulsion en arrêtant le travail  le lundi 20  mai, début de la procédure  létale.  Il  reste que,  dans un pays comme la France,  l’hôpital se  trouve dans  une chaîne  hiérarchique qui remonte au ministre de la santé et par-delà  au  président de la République. Quand Mme Buzyn, ministre de la  santé  annonce que la France  ne suivra  pas l’avis du  Comité spécial  de l’ONU pour   la   protection des droits et de la dignité des handicapés  demandant  le maintien en vie , au moins provisoire,  de Vincent  Lambert,  tous ceux qui connaissent les procédures diplomatique savent que ce n’est pas un  ministre technique qui peut statuer sur les rapports de la France et de l’ ONU.   Une telle  décision ne  pouvait émaner que  du président de la  République.

Comment s’étonner d’ailleurs que le président ait pris une telle position ?  Tous  les  bien-pensants qui , avant son élection et après, avaient  pris l’actuel président pour un enfant  de Marie devraient enfin faire  preuve de lucidité .

A commencer par les évêques   qui lui avaient réservé le 16 avril  2018 une standing ovation aux Bernardins  , laquelle ne figurera sans doute  pas parmi les épisodes  les plus glorieux de  l’ histoire de l’Eglise de France. Les  plus éminents  d’entre eux,   sur la même ligne que le pape François,  ont cependant  pris dans l’affaire Lambert  des  positions  particulièrement fermes : l’archevêque  de Paris,  Mgr Aupetit qui s’est exprimé   en prélat mais aussi en  médecin, l’archevêque de Reims ,  Mgr de Moulins-Beaufort , nouveau président de la  Conférence épiscopale et d’autres. Ils ont joué un rôle important pour influencer sinon   la Cour d’appel  , du moins  l’opinion  où semble  souffler désormais  un nouveau vent plus favorable à la vie.  

Aux Bernardins , Macron n’avait pas caché sa position : « Cette voix de l’Eglise, nous savons au fond vous et moi qu’elle ne peut être injonctive. Parce qu’elle est faite de l’humilité de ceux qui pétrissent le temporel. Elle ne peut dès lors être que questionnante. »  Sous cette rhétorique à l’eau bénite, quel mépris !

Il faut en être conscient : sur tous les sujets sensibles, le président est proche des positions que le pape Jean-Paul II appelait la culture de mort, la meilleure  illustration en étant   le projet gouvernemental d’ouvrir la procréation artificielle aux femmes seules ou lesbiennes ,   et peut-être de faciliter  l’adoption d’enfants ayant fait l’objet, en France ou à l’étranger, d’un contrat de gestation pour autrui. 

Sur tous ces sujets, Macron qui se proclame haut et fort  européen   est  pleinement en phase avec les instances de l’Union européenne. Il est loin le temps où on pouvait dire que celle-ci était une construction chrétienne ,   fruit d’initiatives de Pères fondateurs croyants .  Elle est aujourd’hui  le lieu principal d’où se diffuse  une culture hostile , non seulement à l’héritage chrétien mais à la  simple morale naturelle.    Les mêmes institutions ont,  on le sait,  refusé que soient invoquées dans les textes fondamentaux   les racines chrétiennes de l’Europe. Elles harcèlent au nom des droits de l’homme les quelques pays qui n’ont pas  légalisé pleinement  l’avortement. Au Parlement européen , les motions les plus extravagantes promues par une majorité pro-LGBT font florès.

Nous devons  espérer que  la France, grande nation européenne , saura résister aux sirènes d’une pseudo-modernité qu’ont suivies  de  petits pays sans repères comme les Pays-Bas ou la Belgique  et échapper  à la tentation de légaliser l’euthanasie , si redoutée  des personnes âgées hospitalisées.  L’émotion qui a suivi l’annonce de la fin  de Vincent  Lambert , comparable à bien des égards à  celle qui a suivi l’incendie de Notre-Dame, est à  cet égard un heureux présage.

 

Roland HUREAUX

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