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Roland HUREAUX

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 18:01

Article publié par Liberté politique 

 

Bill Gates est un des hommes les plus riches du monde.  Il aime l’humanité.

Il  veut en supprimer une partie.

Avec une fortune de plus de 50 milliards de dollars, Bill Gates était classé l’homme le plus riche du monde en 2010. Il a décidé d’en consacrer une partie (déjà 14 milliards) à une « charity» dirigée par sa femme, la Bill et Melinda Gates Foundation, créée en 2000.  

Sa priorité est la santé. Et parmi les actions de santé, la vaccination :   la

GAVI, l'Alliance mondiale pour la vaccination et l'immunisation, a été  lancée   grâce à un don de 750 millions de dollars de la Fondation Gates. Jusque-là,  rien  à dire.

Mais Bill Gates veut aussi réduire la couche de gaz carbonique dans l’atmosphère. Pour cela, il pense  qu’il faut réduire la population humaine. Certains experts estiment  que l’optimum serait une population réduite à 600 millions d’hommes et de femmes, soit des 9/10. Lui ne va pas jusque là mais il croit possible  de réduire très vite la population de 10 à 15 % - en attendant mieux - grâce à un vaccin contraceptif dont  sa fondation finance la mise au point.

Convaincu de leur mission humanitaire, les époux Gates parcourent le monde pour répandre leur message malthusien.

Dans un partenariat public-privé qui se voulait exemplaire, la Fondation Gates, le gouvernement britannique et le Fonds des Nations Unies pour la population ont organisé à Londres un sommet mondial sur le planning familial. Tout en se disant catholique pratiquante, Melinda Gates a pris à partie les positions de l’Eglise catholique en la matière. Campés sur leurs certitudes, les riches de ce monde peuvent toiser de haut les rois et les papes.

 

Eliminer les 9/10 de la population mondiale

 

Bill Gates n’a pas inventé grand-chose. Il ne fait que refléter un large consensus dans l’élite mondialisée selon lequel, les hommes se porteraient mieux si la population était réduite à un demi-milliard. C’est le chiffre que donnent généralement  des personnalités comme David Rockefeller, Mikhaïl Gorbatchev, Ted Turner, Jacques Cousteau etc

Faut-il s’attarder sur le paradoxe moral qui conduit, pour servir les hommes, à mettre en place un plan destiné à en réduire le nombre ?  Si  la personne, comme le disait Kant, est la fin de toute vie morale et ne peut  en être le moyen, l’ajustement du nombre des hommes ne saurait être, de quelque manière qu’on y  procède, tenu pour un moyen du bonheur des survivants.

On peut aussi prendre le problème à l’envers : si la population est réduite des 9/10, la question de savoir si la vie est bonne ou mauvaise ne se posera plus pour 9 hommes sur 10. On pourrait définitivement  résoudre le problème en supprimant le dernier dixième !  

Mais par-delà ces considérations morales, le raisonnement de Bill et Melinda Gates repose sur de graves erreurs.

D’abord le fait, largement établi, que la réduction du nombre des naissances n’est pas d’abord une question technique mais une question de volonté, pas celle des élites, celle des peuples. Avant la guerre de 1939, il n’y avait en France et en Allemagne ni pilule, ni stérilet, ni stérilisation et l’avortement était peu répandu et pourtant les taux de fécondité étaient tombés au-dessous du seuil de reproduction. Dès qu’un vouloir collectif existe dans une population, cette population (que l’élite mondiale tend à considérer comme un troupeau irresponsable) prend les dispositions nécessaires pour réduire la natalité.  De fait, les politiques de contrôle des naissances ne jouent qu’un rôle d‘accompagnement, largement inutile quand la population ne veut pas réduire les naissances, par exemple dans l’Inde des années soixante,  superflu quand cette population veut les réduire, ce qui est le cas à peu près partout dans le monde aujourd’hui.

Le deuxième fait qui invalide largement les projets de la fondation est que, avec ou sans Bill Gates, la population mondiale va atteindre, vers 2040,  un plafond et ensuite diminuer. Quel plafond ? Chaque année, les Nations Unies  révisent  ce plafond à la basse : on le fixe à présent à  9 milliards d’habitants.

Il y en a aujourd’hui 7. On voit qu’il n’y a pas que quoi s’affoler, notamment sur le plan alimentaire. S’il y a de la nourriture pour 7 milliards, il y en aura pour 9 (sachant qu’au moins un milliard est mal alimenté, mais c’est une autre question). Le sait-on ? Les terres encore non ou mal exploitées dans le monde sont  très étendues, notamment en Russie ou en Afrique noire et dans les Amériques.

Le taux de fécondité (nombre moyen d’enfants par femme) qui est l’indice décisif du renouvellement des générations est au-dessous du seuil de reproduction dans une grande partie du monde (en particulier, Chine, Russie, Europe occidentale, dominions britanniques, Iran, Brésil etc.) et dans aucun de ces pays, il ne parait sur la voie d’un redressement, à l’exception de la Russie qui, tombée très bas, a pris des mesures vigoureuses pour redresser sa natalité. Mais ces mesures sont loin d’avoir fait repasser ce pays au-dessus du seuil de reproduction. Il n’est même pas sûr qu’  elles y parviennent jamais.

Et là où la fécondité est au-dessus du seuil de reproduction, elle se trouve partout en baisse : Inde, Pakistan, Monde arabe, Afrique noire. En prolongeant les courbes, on les voit passer au-dessous du seuil  dans les prochaines années (Inde, Algérie) ou les prochaines décennies (Afrique sub-saharienne).

Seuls restent au  niveau d’équilibre, les Etats-Unis.

Ces tendances  ne signifient certes  pas une diminution immédiate de la population comme l’imagine Bill Gates,  car le taux de fécondité s’applique à une population de femmes qui est très  supérieure à celle qu’il y avait sur la terre il y  50 ans. Les phénomènes démographiques ont ainsi un fort moment d’inertie : les effets ne suivent jamais immédiatement les actions tout simplement parce que, même en se fixant des objectifs chiffrés ambitieux, on ne saurait faire disparaître (heureusement !)   les populations déjà nées.

Et de ce fait, le coup de frein qu’envisage Bill Gates n’aurait immédiatement qu’un faible effet à la marge, nullement la réduction de 1 milliard qu’il envisage.

Et réciproquement, sans ce coup de frein, le plafonnement de la population et sa réduction arriveront néanmoins immanquablement.

On peut même se demander si, à long terme, le vrai problème que  devraient se poser  les puissants de ce monde n’est pas d’abord là.  Il n’y a pas d’exemple d’un pays passé au-dessous du seuil de reproduction  (fécondité de 2,1 enfants par femme) qui se soit relevé. Le taux de fécondité peut se stabiliser (généralement entre 1,2 et 1,6) mais même à ce niveau stabilisé, il entraîne  encore une diminution de la population. De ce fait,    toutes les courbes de population prolongées   conduisent non pas à une stabilisation à un niveau raisonnable, ni à un niveau « optimum » de 500 milliards d’hommes  (et de femmes),  mais à une disparition pure et simple de l’humanité à échéance de deux ou trois siècles. Deux ou trois siècles, c’est loin, dira-t-on.  On peut aussi bien dire que compte tenu de la durée déjà accomplie de l’aventure humaine, 2 millions d’années au moins, c’est demain. Les choses pourraient se retourner. Elles le feront probablement,  mais on n’en a pas encore la preuve.

En tous les cas, il n’y aura pas ce jour là de Bill Gates pour nous dire qu’il y a trop d’hommes sur la terre  et l’intéressé pourrait d’ores et déjà penser à d’autres manières de dépenser utilement son argent.

 

Roland HUREAUX *

Auteur de Le temps des derniers hommes, Le devenir de la population mondiale, Hachette, 2000 ?

 

 

 

 

http://endoftheamericandream.com/archives/from-7-billion-people-to-500-million-people-the-sick-population-control-agenda-of-the-global-elite

 

Le régime nazi avait mis en place des mesures natalistes énergiques en 1937 mais elles avaient à peine commencé d’avoir des effets au début de la guerre. En France, le Code de la Famille n’a été établi qu’en  1939. 

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 17:57

A l'usage de ceux qui combattent le projet ridicule de marier des personnes du même sexe 

 

 

Objection: Il est réactionnaire de s’opposer au mariage unisexe : cela se fera tôt ou tard.

 

Réponse : Etre réactionnaire veut dire que l’on s’oppose à un mouvement  irréversible de l’histoire, que l’on va contre le  sens de l’histoire. Mais en dehors du progrès scientifique et technique,  qui peut dire ce qu’est aujourd’hui  le  sens de l’histoire ?  On a cru un moment que c’était  le communisme.  Maintenant que l’URSS est redevenue la Russie, on a vu ce qu’il en était. Qualifier telle ou telle position de réactionnaire est un argument terroriste.

 

Les pays avancés ont déjà instauré le mariage homosexuel ; il est temps que la France y vienne.  

 

Au total, 11 Etats sur 200 dans le monde, seulement,  l’ont instauré. 

Aux Etats-Unis, seuls 9 Etats sur 50. Le pays est très divisé sur le sujet, certains Etats comme la Californie ou le Maine,  qui l’avaient instauré, sont revenus à la législation antérieure (on ne dira pas  « en arrière »  car il n’y a en la matière  ni avant ni arrière).  

En Europe, les petites monarchies du Nord et, plus récemment l’Espagne et le Portugal l’ont  institué (sans adoption pour ce dernier). Le Royaume-Uni a une sorte d’union civile très proche du mariage. Mais à ce jour aucune des grandes républiques continentales : France, Allemagne, Italie, Russie n’a instauré le mariage homosexuel.  

 

Vous êtes opposé au mariage unisexe pour des raisons religieuses qui ne regardent que vous.

 

C’est un problème universel qui dépasse largement les considérations purement religieuses.

La reproduction sexuée existe dans le monde végétal et animal depuis un million d’années.

Le caractère sexué de l’espèce humaine est antérieur aux grandes religions. La question est  liée à la nature humaine. Il s’agit d’abord  d’une question de droit naturel ou de morale  naturelle.

Cela n’empêche pas les religions d’avoir une opinion sur ce qu’est le droit naturel. S’agissant du mariage unisexe, elles ont toutes la même : y sont  opposées à ce type de mariage  (sauf les  protestants les plus sécularisés, peu nombreux).

 

Il n’y a pas de droit naturel, ni de morale naturelle.  Seule compte la loi positive.

 

C’est ce qu’ont prétendu les régimes totalitaires : l’homme, disaient-ils,  peut s’affranchir de la nature pour se « modeler » lui-même à son gré, créer le Surhomme. On a vu le résultat.

Si le droit naturel est contesté, au nom de quoi peut-on alors parler des droits de l’homme ?  

 

En vous opposant au mariage homosexuel, vous faites preuve d’homophobie, un sentiment aussi  répréhensible que le racisme.

 

C’est une accusation odieuse. Le mot « phobie » signifie que les positions politiques ne seraient déterminées que par l’irrationnel, par  les sentiments, qu’elles émaneraient du ventre et du bas-ventre. Il serait interdit de raisonner.

Notre opposition au mariage uni sexe n’a rien à voir avec un quelconque sentiment vis-à-vis des homosexuels qui sont  aussi respectables que tout autre. Il s’agit de raison. La raison, un mot qui n’est pas à la mode. Il faut le réhabiliter.

Nous pensons qu’il est déraisonnable, à la fois inutile, antilibéral et destructeur des repères anthropologiques d’instaurer un mariage  unisexe. C’est sur le plan de la raison, des raisonnements et des arguments que des citoyens libres doivent débattre et non sur les accusations de « phobie »  de ceci ou de cela.

Considérer que la revendication de telle ou telle catégorie est excessive ou non justifiée, ce n’est pas de la « phobie ».

Il est odieux que le gouvernement ait  mélangé le projet de loi avec la lutte contre une prétendue homophobie.

 

 

 La population française y est favorable

 

Dans ce cas pourquoi ne pas soumettre la question à référendum ?  

Il s’agit d’une question anthropologique fondamentale  qui déborde même le cadre constitutionnel. La conception qu’une société se fait des rapports de l’homme et de la femme est au moins aussi  importante que celle des rapports entre le gouvernement et le Parlement. C’est donc au peuple de décider directement.

Quand, dans le cadre de sondages,   les gens sont questionnés à froid, ils tendent généralement à répondre en fonction du  courant dominant, sans réfléchir. Six mois avant le référendum sur le traité constitutionnel européen du 29 mai  2005,  70 % des électeurs sondés (comme 95 % des médias) lui  étaient favorables. Après quelques semaines de débat, le résultat s’est inversé : on n’a plus eu que 45 % pour et 55 % contre. Qui donc peut dire ce que pense vraiment le peuple français ?

Aux Etats-Unis, chaque fois que, dans un Etat, la question a été soumise à référendum, le résultat a été  négatif.

 

L’instauration du mariage homosexuel est une mesure qui va dans le sens du   libéralisme

 

Bien au contraire, c’est la première fois que la loi se mêlera directement de sexualité. L’institution du mariage n’a de sens que par rapport à la filiation (même si par  extension elle s’applique aussi à des couples stériles). Si la sexualité n’était qu’un jeu gratuit sans conséquences sur l’engendrement, le mariage n’aurait aucune raison d’être.

Il y a des gens qui se retrouvent tous les soirs au bistrot pour jouer aux cartes sans que la loi  s’en soit jamais mêlée !

A la rigueur la loi peut-elle, dans le mariage,  sans  qu’il y ait des  enfants, reconnaitre une solidarité, mais dans ce cas pourquoi ne pas reconnaitre aussi les couples solidaires (et généralement chastes) que forment un frère et une sœur, une mère et son fils, voire trois frères, un frère et deux sœurs etc. ? 

 

NB : Dans la doctrine chrétienne, la sexualité et surtout l’amour qu’elle exprime, ont  aussi une  valeur propre, reconnue par le sacrement de mariage en dehors de la fécondité. Donc ce dernier argument ne s’applique qu’au  mariage civil. Le mariage civil (ou républicain)   n’a un caractère officiel que parce qu’il implique  des tiers.

 

 

L’individualisme est dans l’air du temps

 

Si l’on en croit Freud, l’homosexualité dérive presque toujours de l’incapacité de  rompre  le lien privilégié de l’individu avec sa mère.  Elle témoignerait donc  d’un déficit d’ individuation. Mais on n’est pas obligé de croire ce que dit Freud…

 

 

Vous représentez les gens qui se sont opposés au divorce, à l’avortement,  à la dépénalisation de l’homosexualité, ceux qui regardent toujours vers le passé.

 

Les questions ne sont pas di tout  comparables. S la société française s’est à un moment donné donné des règles protectrices  contre le divorce ou l’avortement ( qu’on ne saurait en soi considérer  comme un bien, à la rigueur comme un moindre mal ) et les a ensuite assouplies ( sans les faire disparaître) , c’est parce qu’il y avait de vrais problèmes à résoudre :   difficultés dans les couples, avortements clandestins . Rien de tel en matière de mariage homosexuel : il ne s’agit nullement de résoudre un problème. Un nombre infime de gens revendiquent vraiment qu’on le légalise  pour eux. Une politique qi ne vise à régler aucun problème, c’est de l’idéologie.

Les promoteurs de cette idéologie ne cachent  guère que la phase suivante sera de vider le mariage de toutes ses contraintes  et de son contenu : obligation de fidélité, de cohabitation, pour en arriver à sa destruction totale.

 

La manière dont les gens vivent leur sexualité ne regarde pas l’Etat

 

En effet, ce sont les conséquences de la sexualité, principalement la filiation,  accessoirement la solidarité matérielle qui décharge la collectivité,  qui regardent  l’Etat et non la sexualité en tant que telle.   En consacrant une union qui ne génère  pas naturellement d’enfants et qui  exclut les solidarités familiales non homosexuelles, l’Etat,  pour la première fois,  au travers du  mariage homosexuel, se mêle directement de  sexualité.

 

Le mariage civil est tellement dévalué qu’instaurer un mariage homosexuel n’a pas d’importance

 

Cette objection vient de milieux contre-révolutionnaires ou intégristes  pour qui dévaluer  le mariage républicain permet d’affaiblir encore la « gueuse ». C’est une attitude inacceptable de type sectaire. Le mariage républicain intéresse la res publica, il est donc l’affaire de tous. Même si la multiplication des divorces et l’extension des unions de fait  l’ont  altéré, il n’en reste pas moins une institution fondamentale  de la société que tout le  monde, croyant ou incroyant, doit défendre.

 

Ce n’est pas un sujet important : très peu de gens sont concernés

 

Il est vrai que les homosexuels actifs sont peu nombreux (3 % maximum de la population pour les hommes, 1 % pour les femmes, selon les sondages faits dans le monde anglo-saxon) et parmi eux, la plupart  n’ont nullement  l’intention de se marier.

Mais l’enjeu n’est pas là : c’est un certain  ordre symbolique que les partisans du mariage homosexuel  veulent subvertir.

Par là le projet de mariage unisexe a un caractère idéologique et non démagogique. La démagogie consiste à satisfaire (ou promettre de  satisfaire)  des revendications illégitimes ou dangereuses, éventuellement coûteuses. L’idéologie  vise à imposer une théorie  officielle  qui ne va pas de soi, et, pour cause, puisque elle est en général contre nature (suppression de la propriété privée, du marché  etc.).  En l’espèce, la demande  effective de mariages homosexuels  est quasi inexistante. C’est d’idéologie à l’état pur qu’il s’agit.

Mais cela ne veut pas dire que l’affaire n’est pas importante, au contraire.

Il se peut que l’offensive contre le mariage, comme celle qui s’attaque à la différence sexuelle (théorie du gender)  entre dans la stratégie  d’un certain mondialisme qui s’attache à effacer peu à peu tous les repères identitaires : nations, culture, histoire, statuts,  et donc sexe. L’objectif  visé est une société  atomisée, sans  repères, entièrement disponible  aux forces du marché.

 

Vous voulez instaurer  l’ordre moral

 

Le mariage entre un homme et une femme est, à la limite, indépendant de la morale, puisque il vise  à régler la filiation et  à reconnaître des solidarités concrètes. Il est protégé par le Code civil qui prohibe l’adultère (même dépénalisé, l’adultère  demeure une faute civile  à l’égard du  conjoint). Ces dispositions justifient des poursuites.  Jusqu’ici, les relations homosexuelles étaient   à l’abri de ce genre de poursuites ; elles ne le seront plus.

De toutes les façons, la notion d’ordre moral, lancée par Mac-Mahon en 1873,  est un épouvantail qui n’a aucun sens. La loi consiste à introduire  un certain ordre dans la société. Et la morale  (au moins la morale républicaine),  c’est d’abord la prise en considération des intérêts d’autrui (article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 : « La liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ».)

Dans un pays libre, ces obligations légales doivent être  réduites au minimum, pour préserver au maximum la sphère   individuelle.   Ce minimum est ce qui est nécessaire à la survie de la communauté et à la paix civile.

Or l’instauration du mariage homosexuel  aboutit à étendre un certain ordre moral  (en tous les cas légal) sans  aucune utilité sociale.

 

Rien ne dit que l’adoption par des couples homosexuels ait des répercussions sur l’équilibre des enfants

 

Les études qui ont  été faites, notamment aux Etats-Unis,  tendraient à montrer le contraire. Mais elles sont peu nombreuses.

Les cours de récréation sont un milieu féroce : comment sera traité  un enfant qui affichera avoir pour père et mère deux hommes ou deux femmes ? En particulier dans les quartiers où la population musulmane, violemment hostile à l’  homosexualité , est majoritaire.

Si un accident venait à vous faire disparaître avec votre conjoint, souhaitez-vous que votre enfant soit confié à un couple homosexuel ?

 

Il vaut mieux, pour élever les enfants un bon couple homosexuel  qu’un mauvais couple hétérosexuel

 

La question se pose-t-elle ? S’agissant de couples homosexuels, il ne saurait s’agir, au moins pour l’un des deux partenaires,  que d’adoption.  Mais  il existe suffisamment de « bons »  couples hétérosexuels qui voudraient adopter  et n’y arrivent pas, faute d’enfants à adopter, pour  qu’on aille chercher des couples unisexe.

Autres possibilités : la PMA ou les mères porteuses : ce sont des solutions très discutables  qui tendent à considérer les enfants comme des objets qui  s ‘achètent, les ventres des femmes comme des objets qui se louent.

De toutes les façons, on peut se demander si même peu satisfaisants par leur comportement, , deux parents de sexe différents ne sont pas préférables pour la maturation des enfants. Pour la plupart des psychologues, la maturation de l’enfant exige la présence de l’élément masculin et de l’élément féminin.

 

 

 

La famille homosexuelle avec enfants existe déjà ; il ne s’agit que de reconnaître  une situation de fait.

 

C’est une chose  qu’un (une)  chef de famille monoparentale permette à  un tiers du même sexe de vivre à son domicile, c’en  est une autre que la   loi consacre officiellement l’un comme père, l’autre comme mère, s’ils sont du même sexe.

 

Tout le monde a le droit d’avoir des enfants,  sans qu’il  doive  y avoir  de discrimination

 

Personne n’a le « droit »  d’avoir des enfants comme on a le droit d’avoir un chat ou un caniche. Le fondement de la démocratie occidentale est  la morale kantienne : « ne jamais considérer une personne comme un moyen (ou un objet) mais comme une fin ». 

Ceux qui ont coopéré pour mettre un enfant au monde ont le devoir de l’entretenir et de l’éduquer, sauf dans les cas où ils s’avèrent radialement incapables de le faire  et que l’enfant est  placé. Dans les autres cas, personne n’a, en soi, le droit d’avoir des enfants.

S’il y a discrimination, elle est dans la nature qui n’a pas permis à ce jour,  à un couple homosexuel d’engendrer naturellement. Elle l’interdit même à bien des couples hétérosexuels. Si on tente par des subterfuges  de contourner cet interdit de la nature, on ouvre la porte à des pratiques monstrueuses (mères porteuses, marchandisation de la grossesse etc.).

 

 

 

Réserver le mariage aux hétérosexuels est une discrimination

 

C’est la nature qui discrimine, non la société. 

Il y a des discriminations illicites : de race, de religion, de sexe. Mais il en est d’autre de légitimes : tout le monde n’a pas le droit d’être polytechnicien ou député ; seuls ceux qui ont passé le concours ou ont été élus peuvent y prétendre.

Il est   aussi  des discriminations très cruelles dans la société dont personne ne parle : qui prétendra que les jolies filles ne sont pas  avantagées dans la recherche d’un emploi ? Ou que  les personnes âgées qui n’ont que 350 € par mois pour vivre ne sont pas très désavantagées.

(S’agissant de discrimination, il est notoire que certains lieux de  divertissement sont pratiquement  interdits aux hétérosexuels ; que dirait-on si d’autres étaient aujourd’hui interdits aux homosexuels ? )

Au demeurant il n’est  interdit à personne de  se marier selon le mode ordinaire  : avec quelqu’un du sexe opposé. Il n’y a donc pas de discrimination à proprement parler.  Ceux qui ne trouvent pas, comme on dit,  « chaussure à leur pied » ne sont pas les moins malheureux,  mais la loi n’y peut rien.

Autre considération : se marier n’est pas un privilège. C’est entrer dans un statut qui comporte  des devoirs  et des droits définis à l’article 212 du Code civil ; si l’on ne considère pas  qu’être parent est un droit,  que reste-t-il ? Le droit  d’exiger le respect ( mais n’est-il pas une exigence universelle ?) Celui de contraindre le  partenaire à vivre sous le même toit, d’exiger sa solidarité financière.  Le droit pour le conjoint trompé de se pourvoir devant les tribunaux ?   Mais est-ce la recherche de ces  droits qui motive vraiment les partisans du mariage homosexuel ? On sait bien que non.

 

S’opposer aux droits des homosexuels, c’est du fascisme

 

Au temps de Proust, l’homosexualité passait pour  l’apanage d’une aristocratie passablement rétrograde - et décadente. Les valeurs symboliques se  sont inversées : la promotion de l’homosexualité est passée à gauche et fait moderne (comme la défense des langues régionales, autrefois défendues par Charles Maurras). La raison de ces changements de « couleur » sont un beau sujet pour les  historiens.

L’homosexualité était répandue dans les milieux de la collaboration (tel ministre de Vichy fut  surnommé « Gestapette »). Que le régime nazi ait persécuté  à un moment donné les homosexuels tient d’avantage à une rivalité de factions qu’à un parti pris doctrinal (cf. Les Damnés de Visconti qui montre comment  l’homosexualité, encouragée chez  les SA,  servit de prétexte à  leur élimination par les SS).

Au demeurant, il ne s’agit nullement  de combattre l’homosexualité qui doit demeurer de l’ordre de  la sphère privée, mais seulement de  s’opposer à une revendication jugée illégitime et qui n’est sans doute le fait que d’une minorité de la  minorité homosexuelle.

 

Les sociétés du passé ont reconnu l’homosexualité

 

C’est une légende.

Certes l’homosexualité a toujours existé, au moins dans les classes dirigeantes (dans certains  villages,   au XIXe siècle, les paysans ne savaient même pas ce que c’était !)

Mais il n’a jamais été question d’en faire une institution analogue   au mariage.

Dans la « Légion sacrée thébaine »  au temps d’Epaminondas (IVe siècle avant J.C.) , la rivalité entre jeunes guerriers amoureux les uns des autres fut utilisée pour les rendre  plus combatifs mais ce ne fut pas, semble-t-il, une institution.

La seule mention d’un mariage homosexuel  dans la littérature historique est une    parodie  (Suétone, Vie des Douze Césars, Néron, XXVIII).

La revendication  d’un mariage homosexuel  est très récente : on n’en trouve même pas trace en  Mai 68. Elle est le propre de sociétés  qui ont  gravement perdu leurs  repères, dans ce domaine comme dans  d’autres (dérive de la sphère financière etc.).

Le  pays de Descartes doit  raison garder.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 17:54

 

Des onze pays qui ont institué le mariage homosexuel, sept monarchies et seulement quatre républiques.

Les monarchies : les Pays-Bas, la Belgique, le Danemark, la Norvège, la Suède,  l’Espagne, le Canada.

Les républiques : l’Islande, le Portugal, l’Afrique du Sud et l’Argentine.

A quoi s’ajoutent huit  états des Etats-Unis et deux du Mexique (qui sont aussi des états unis).

Pour être plus exact, il faudrait ajouter à la liste le Royaume-Uni qui a institué une union civile donnant tous les droits du mariage et en retirer le Portugal où le mariage ne donne pas le droit à l’adoption. Cela  ferait huit monarchies et trois républiques !

Il est en tous les cas clair que les monarchies, minoritaires dans le monde,  sont surreprésentées parmi les pays ayant fait le choix de ce développement institutionnel.

Jusqu’à l’élection de François Hollande, les grandes républiques continentales : France, Allemagne, Italie, Russie,  résistaient ferme. A ce jour, l’Islande est en Europe (si tant est que ce petit pays de 470 000 habitants en fasse partie ) la seule république ayant pleinement satisfait à la revendication des militants « gays ». 

Pour comprendre ce paradoxe, on peut alléguer la « modernité »  des monarchies nordiques, un mythe bien mis à mal par le succès des romans de Stieg Larsson (série Millenium) qui montrent la profonde dégradation de la société suédoise, jadis tenue pour modèle.

On peut aussi se référer à l’image qu’avait l’homosexualité aux beaux jours de  la IIIe République. A en croire Proust, elle semblait alors  l’apanage d’une vieille noblesse catholique, passablement décadente. Dans la Recherche du Temps perdu, presque tous les aristocrates s’avèrent en être. Seuls les juifs (Bloch, Swann) aiment les femmes. L’homosexualité allait  souvent de pair avec le snobisme, si bien analysé par le romancier : la volonté d’être à tout prix différent, de « se distinguer ». La « distinction » : le contraire de l’égalité républicaine.

A la même époque, le monde paysan  ignorait dans sa grande majorité qu’il put même y avoir des homosexuels. La classe ouvrière, malgré sa déréliction, était fière de sa  virilité. Le bon ouvrier était heureux d’avoir une compagne à lui et fier de subvenir, quand il le pouvait,  aux besoins de  ses enfants. Sa vie difficile  ne le décourageait pas de vouloir  perpétuer  la race : contre le côté de Guermantes : Germinal !

L’art  des années trente (pas seulement dans les pays communistes) a bien illustré  le mythe de la virilité ouvrière. Stakhanov, héritier de l’Hercule Farnèse. René Girard a montré comment la proximité avec le feu, la forge, le haut fourneau, faisait entrer l’ouvrier dans une forme de sacré,  tout en lui interdisant le raffinement.  

Aujourd’hui les valeurs se sont largement inversées : même s’il trouve quelques partisans à droite, le  militantisme homosexuel est intrinsèquement lié à la gauche. La remise en cause de l’héritage  judéo-chrétien, dans laquelle s’inscrit  la revendication du mariage « gay », fait partie de  l’héritage « bobo » de mai soixante-huit ; il a pénétré la gauche au fur et à  mesure que celle-ci s’éloignait de la classe ouvrière (ou de ce qu’il en reste).

Evolution analogue pour la défense du bas-breton. Apanage de la droite monarchiste au début du XXe siècle, revendication bien portée à gauche aujourd’hui.  Cette mutation du sentiment identitaire explique en partie le basculement à gauche de terres jadis conservatrices comme l’Ouest ou le Pays basque. Au point que  le nouveau premier ministre soit breton. Les sentiments républicains de cette deuxième gauche,  en passe de devenir la première,  à laquelle   se rattachent les nouvelles terres socialistes, furent  longtemps tenus en suspicion.  

On peut ajouter que la république est la res publica, la chose publique. Le mariage républicain avait pu reprendre l’héritage du mariage chrétien ( ou du moins s’y superposer ) parce que l’union de l’homme et de la femme apparaissait utile à la république. Avant la révolution, la philosophie des Lumières reprochait aux moines de se soustraire à ce  devoir.  L’article  4  de la Déclaration des droits et devoirs de l’homme et  du citoyen du 5 fructidor  an III dit que « Nul n'est bon citoyen, s'il n'est bon père, bon frère, bon ami…bon époux ».

La revendication du mariage « gay »,  dont l’appellation  même semble récuser le sérieux républicain,   s’inscrit plutôt dans  la montée de l’individualisme. Malgré la revendication concomitante d’un droit d’adoption, il ne  semble pas que ceux qui le demandent ( et qui sont loin de représenter tous les homosexuels, comme en témoigne le succès de l’association Plus gay sans mariage )  soient d’abord soucieux d’assumer mieux  les devoirs de la République.

Avec la bienveillance pour les  prescriptions de l’islam, même les plus attentatoires à la laïcité (dont Elisabeth Badinter déplorait qu’on laisse à l’extrême-droite  le soin de la défendre), l’adhésion sans nuances  à l’Europe ou au mondialisme,   chers à la fondation Terra nova,  une partie de la gauche s’éloigne des valeurs traditionnelles de la république.  Le  mariage unisexuel s’inscrit dans la même tendance.

 

Roland HUREAUX

 

Il y en avait dix mais la Californie et le Maine y ont renoncé à la suite  d’un référendum.

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 17:45

Article par dans Liberté politique 

 

Qu’en autorisant les joueuses  de football à porter le voile, la FIFA ait  en réalité ratifié le fait que, dans certaines équipes, elle y seront obligées, fait peu de doute.

Le Comité olympique a suivi la voie ainsi ouverte et cela n’est sans doute pas fini.

On n’a cependant pas assez remarqué combien jouer au football voilée était absurde, au regard sinon des traditions de l’islam dont nous ne sommes pas juges, du moins de la signification anthropologique du voile.

Le voile féminin n’est en effet pas propre à la religion musulmane. Il était largement répandu dans le monde grec et romain. Saint-Paul le recommande vivement aux femmes. Les religieuses prennent le voile. Et il y a à peine  une génération, les paysannes de nos campagnes ne sortaient  qu’avec un foulard : ce n’était pas une obligation mais un usage.

La signification de cet usage n’est pas épuisée par l’interprétation féministe qui n’y voit, de manière simplifiée, que le signe d’un assujettissement à l’homme. Au moins dans la tradition judéo-chrétienne, c’est à la fois plus et autre chose.

C’est d’abord la soumission à Dieu : le chapeau ou la kippa que portent les  juifs mâles, la calotte des prêtres d’antan n’ont  pas  elles-mêmes d’autre signification.  Les empereurs romains se drapaient la tête en sacrifiant.

Dans certains cas, la signification est inverse : les grands d’Espagne avaient le privilège de rester a couverts en présence du roi alors que les autres devaient se découvrir.  Mais cela est exceptionnel.

S’agissant de la femme, la soumission à Dieu porte avec elle la soumission à l’ordre du monde.

 

La troisième dimension

 

Mais il y a plus.

Cette soumission, dans la tradition religieuse occidentale, n’est pas anéantissement mais changement de plan.

La femme se faisant, par le voile,  humble et douce,  subvertit un ordre social que l’on peut appeler masculin, fondé sur le rapport de force, l’orgueil, la dureté, voire la violence. Elle se met en retrait par rapport au plan commun dans ce qu’on pourrait appeler la  troisième dimension. Elle indique de manière implicite que l’univers des combats, des conflits, de la lutte pour la vie, n’est pas le tout du monde, qu’il y a autre chose.

D’ailleurs, certaines  femmes savent bien faire comprendre que, pour elles,  tout conflit, toute guerre sont assimilables à des  jeux d’enfants et  la preuve que les hommes restent de grands enfants. Elles seules sont  vraiment  adultes !

Or, même si l’on ne refuse pas aux femmes le droit  d’y jouer, le football, comme la plupart des autres sports  mais de manière particulièrement marquée, est précisément une plongée dans ce monde de la compétition, du  combat, du rapport de forces. Un match, quel qu’il soit, constitue une mimésis  de la guerre.

C’est dire combien, si l’on comprend bien la signification du voile, jouer au football en portant le voile est absurde.

On peut en dire autant du port du voile dans les villes  occidentales de la part de jeunes  musulmanes pour qui il représente, moins  un usage qu’ une affirmation identitaire, voire militante.

Militant veut dire  soldat. Porter  le voile non point parce que c’est  l’habitude  ou bien une obligation religieuse à laquelle on se soumet humblement, mais pour affirmer haut et fort – « de manière ostensible » dit la loi française – son rattachement communautaire, est un contresens par rapport au sens primitif de cet objet. Le contresens atteint le comble pour celles qui les portent avec un blue jean.

Dans nos pays, la question du voile est d’abord posée par l’islam. Ceci posé,  nous ne dirons pas autre chose, même si le phénomène est, lui,  très limité,  de celui dont se couvrent tout aussi ostensiblement les femmes qui fréquentent Saint-Nicolas-du-Chardonnet : qu’elles le veuillent ou non, ce voile non plus n’est pas naturel, et,  de fait, il a aussi un motif identitaire. Le voile ne saurait par définition être partie prenante  à aucun combat,  fût-ce un combat de civilisation. Le voile est  précisément ce qui vous met en dehors des combats, non pas sur la touche, mais dans une autre dimension.

C’était bien en ce sens que l’entendait le vieil islam où le djihad était exclusivement une affaire d’hommes. Le voile était le signe que les femmes s’en tenaient à l’écart.

Pascal dit que le propre d’une coutume est qu’on la suit sans nul autre motif que le fait qu’il s’agit d’une coutume. C’est ainsi que pendant des siècles et des siècles les femmes ont porté le voile. Naturellement, si on peut dire. C’est ainsi que le portaient  nos aïeules de toutes conditions. C’est ainsi qu’on le voit encore porté par une vieille grand-mère  venue du bled et qui s’habille à Saint-Denis comme on s’habille au bled.

Aucune « raison » là-dedans, même pas le souci de respecter une prescription rituelle (au demeurant contestée), encore moins de s’affirmer ceci ou cela. Simplement un usage immémorial  suivi avec simplicité  conformément à sa signification profonde.

Mais ce n’est pas du tout dans cet esprit que le voile est porté par les jeunes femmes nées en Europe ou celles qui vont le mettre sur les terrains de foot. Elles croient s’inscrire dans une tradition. A la lettre peut-être, mais  dans l’esprit, les malheureuses ne s’en rendent pas compte, elles la contredisent  de la  manière la  plus radicale.  

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 17:43

Article par dans Atlantico 

 

Même parmi ceux qui  s’opposent au nouveau gouvernement, il est aujourd’hui acquis qu’une augmentation générale des impôts et des charges sociales (CSG , impôts des retraités etc.) constitue une mesure nécessaire et, par là, courageuse. Avec quelle ardeur l’opposition elle-même n’appelle-t-elle pas à la ratification de la « règle d’or » qui  implique une telle  augmentation !

L’esprit de pénitence qui tend à se répandre en Europe depuis les débuts de la crise donne le champ libre à toutes les formes de  discours sacrificiels : les temps sont durs, face à des déficits considérables, il faudra faire des  efforts terribles, se serrer la ceinture, il faudra être saignant etc.   

A ce titre, même si certains contestent la répartition des impôts et préféreraient que le voisin en paye davantage et eux moins, l’idée qu’une augmentation générale des impôts et des charges soit, à la fois inévitable et courageuse, n’ est guère contestée.

A  tort car cette politique ne fera qu’aggraver le principal handicap  français : être le pays du monde où tout à la fois les dépenses publiques (56 % du PIB ) et les prélèvements obligatoires (45 %) sont aujourd’hui les plus élevés.

Certains se réjouiront sans doute que le pays de Jean Jaurès marque là sa différence socialisante et qu’à l’heure du libéralisme triomphant, il reste quelque chose du supposé  «modèle social français»

Des économistes feront tourner   des modèles où ce taux élevé de prélèvements n’empêche pas le pays de demeurer compétitif – comme la Suède l’était avant même les réformes libérales qui l’ont fait passer après nous au palmarès de la dépense publique. Cela serait admissible si la politique de change venait compenser le déficit de compétitivité qu’implique pour les entreprises un tel niveau de charges. Mais c’est loin, on le sait, d’être le cas, puisque  la France, avec l’euro,  n’a plus de politique de change propre.

On dira aussi qu’un niveau de prélèvement,  et donc une économie publique élevés - est une protection contre la crise, l’Etat étant en mesure d’éviter l’effondrement du circuit de la production/consommation. N’est-ce pas ce qui semble aujourd’hui préserver la France d’une crise plus grave ?

 

Les nombreux inconvénients d’impôts trop lourds

 

Quels que soient ces arguments, on ne saurait ignorer tous les inconvénients  d’un niveau de prélèvements élevé : 

La dépense publique n’est pas, comme la dépense privée, autorégulée. Le contrôle de toutes les chambres des comptes du monde ne remplacera jamais le marché, l’exigence  de l‘équilibre et du profit qui régule l’économie privée. D’où des gaspillages, des privilèges indus qu’une certaine presse se plait à signaler, sans nécessairement en comprendre les causes. Si le gouvernement est faible (et quel gouvernement ne l’est pas aujourd’hui ? ), que l’Etat et les nations sont contestés un peu partout dans leur légitimité, la dépense publique génère la dépense publique et une sorte de spirale inflationniste entraine vers le haut les budgets publics, sans que quiconque sache comment les contrôler.

Sur le plan civique, arrivé à un certain niveau, l’impôt n’est plus tenu pour légitime. L’incitation à la fraude devient plus grande, non seulement parce  que la vertu s’affaiblit mais aussi parce que la fraude est plus avantageuse qu’à un niveau de charges faible. La société ayant – souvent  plus que les organismes chargés des contrôles - connaissance de ces fraudes, la démoralisation et l’esprit de combine, voire la corruption, gagnent le corps social.   Un des moyens d’échapper à l’impôt est de fuir à l’étranger, ce qui est une double perte pour le pays : perte d’un revenu public, perte d’une activité économique. C’est une des raisons pour lesquelles les libéraux disent que   « trop d’impôts tue l’impôt ».

Sur le plan politique, une dépense publique lourde accroit le pouvoir des politiques. Ils sont donc tentés d’utiliser la  manne qu’ils ont à gérer pour faciliter leur réélection. Dans certaines collectivités locales françaises, des maires, des présidents de conseil généraux peuvent exercer des pressions sur les gens  qui craignent,   les uns de perdre un  emploi contractuel, les autres l’accès aux marchés publics. La démocratie est ainsi mise en péril.

Enfin sur le plan moral, que devient l’individu quand près de 60%  de la richesse se trouve socialisée ? Le sentiment d’étouffement ne croît-il pas jusqu’à devenir insupportable, surtout pour les hommes d’initiative qui savent par avance qu’ils se trouveront frustrés de la plus grande partie des profits qu’ils feront.

Que faire donc, face à des déficits qui demeurent élevés (et qui signifient chaque année, rappelons-le, une augmentation à due concurrence de l’endettement public) ?

Il n’existe que trois solutions :

Celle que nous venons d’évoquer et qui a les faveurs du pouvoir et d’une opinion largement conditionnée : augmenter les impôts ;

La plus difficile et qui a peu de chances de se produire à court terme : réduire  des dépenses publiques ; la droite ne l’ayant pas vraiment fait, qui croit  que la gauche le fera ?

La plus simple mais que le système européen interdit pour le moment : monétiser  les déficits et  la dette publique.

Cette monétisation signifie que l’Etat s’approprie le revenu tiré de la création monétaire - au lieu de l’abandonner aux banques comme c’est le cas en France depuis 1973 - ,  et s’en sert pour combler les déficits. Il emprunte ainsi à la banque centrale à taux zéro, ce qui allège d’autant ses charges (en France, la moitié du déficit public est constitué par ces intérêts).

Solution de facilité dira-t-on. Certes ! Mais depuis le commencement de l’histoire, tous les Etats y ont eu recours en période de difficultés. Elle  a prévalu au long des trente glorieuses, ce qui n’a pas empêché les prix d’être stables au cours des années soixante.

Que les statuts de la BCE s’y opposent n’a pas empêché Mario Draghi de monétiser de fait 100 milliards de dettes espagnoles, italiennes et grecques, portugaises et irlandaises. Toutefois le système inventé par les dirigeants européens, qui se veut punitif, préserve la marge, en l’espèce plus que confortable, des banques.

De toutes les façons, il est certain que la monétisation est une mauvaise solution. Mais y a-t-il une bonne solution ?

La  réduction des dépenses publiques, à supposer qu’un gouvernement en soit capable,  souhaitable à moyen  terme, présente aussi des dangers : effectuée trop brutalement elle  entraine une récession,  une baisse des recettes publiques et de nouveaux déficits,  une  spirale récessive, trappe sans fond dans laquelle s’enfoncent les pays du Sud de l’Europe et s’enfoncera sans doute bientôt  toute l’Europe. 

Mais  entre plusieurs  maux, il faut choisir le moindre et  le moindre, dans le cas de la France, ne saurait être, de quelque manière qu’on le considère, une nouvelle augmentation  des impôts et des charges.

Elle l’est d’autant moins que l’histoire montre que ces augmentations sont généralement irréversibles ; si des temps meilleurs surviennent, la tentation des gouvernements est de ne pas les rendre aux contribuables mais d’engager au contraire de nouvelles dépenses, comme le fit par exemple  Rocard entre 1988 et 1991.

Et tous les défauts d’un système à lourde fiscalité demeurant, le pays s’enfonce irréversiblement dans une situation qui n’est satisfaisante ni au regard de la justice sociale, ni des libertés,  ni de la croissance.

Au niveau de l’Etat la vertu ne procède pas d’une vision comptable étroite. En augmentant massivement les impôts et les charges, comme elle s’apprête à le faire, la gauche rend un bien mauvais service au pays.

 

Roland HUREAUX

 

La  différence entre les taux de dépenses et de prélèvements est composée des déficits et des recettes non fiscales de l’Etat et des collectivités locales ( bénéfices des entreprises publiques par exemple).

 

Les libéraux contempteurs de ce modèle ont tort de mettre en cause l’héritage de la Résistance et du gaullisme. C’est sous Giscard que les dépenses publiques ont commencé à s’envoler et les mesures sociales les plus dispendieuses datent des dernières décennies. 

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 17:42

 

Un vieil ami me présenta un jour comme «un des plus conséquents», avec Chevènement dont le voisinage n’était pas pour me déshonorer, parmi les adversaires de l’euro et de l’Europe.

Ce qui voulait dire à demi-mot que mon opposition à l’euro avait un fondement intellectuel mais que celle du tout-venant n’en avait pas : elle n’était que réflexe grossier, que dans la masse des adversaires « cavernicoles » de la construction européenne, je faisais figure d’exception parce que jouissant d’un rayon de lumière.

Je fus  tenté de lui dire que   ce sont au contraire les partisans de l‘euro qui n’ont aucune respectabilité intellectuelle.

Nous nous en doutons aujourd’hui où nous voyons la lente et pénible agonie de la monnaie unique ponctuée de dix-neuf sommets destinés à le « sauver », tâche chaque fois plus difficile.

Mais nous aurions pu nous en douter plus tôt : l’idée même de l’euro heurtait les théories les plus claires de l’économie, comme celle des zones monétaires optimales ;  son évolution depuis cinq ans fait qu’on ne peut être favorable à l’entreprise sans aller violemment contre des lois économiques enseignées dès la première année d’économie : par exemple, comment espérer des échanges équilibrés entre les pays avec des hausses de prix divergentes ? Comment espérer un rétablissement des déséquilibres existants avec des divergences qui s’accroissent ? Comment attendre que les comportements   s’harmonisent alors que la monnaie unique mettait fin à la discipline minimale  imposée  par le marché des changes ?

Ceux qui ont espéré que les comportements économiques allaient converger en dix  ans, ignoraient non seulement quarante ans d’histoire économique européenne qui ont vu  ces comportements remarquablement  constants dans chacun de nos  pays, mais toute l’histoire de l’Europe qui démontre  le caractère profondément ancré des   tendances de chacun.

 

Qui  sont les ignorants ?

 

Face au mépris intellectuel dont les partisans de l’Europe accablent leurs adversaires, jusqu’à refuser le plus souvent tout débat avec eux, n’hésitons pas à le dire avec violence : il faut une rare inculture, une rare ignorance de la civilisation  et de l’histoire européennes pour croire que la machine bureaucratique installée à Bruxelles ou à Francfort pourra aboutir à quelque chose.

Il faut une absence totale de connaissance ou d’intuition de ce qu’est  la variété des tempéraments européens,  de  leurs différences charnelles, pour croire que les institutions de Bruxelles puissent en être l’émanation.

Disons-le : si nous sommes contre l’euro et la stupide bureaucratie bruxelloise ou francfurtoise, c’est que nous sommes, nous, comme l’était le général de Gaulle, les  véritables européens. J’ai d’ailleurs toujours vu plus de connaissances de la vraie culture européenne, de Shakespeare, de Schiller, de Pirandello, chez les « souverainistes » que chez les partisans de la construction européenne qui, à l’image de la bureaucratie stérile  qu’ils idolâtrent,  ne peuvent avoir qu’une culture profondément desséchée.

Hélas, ce n’est pas ainsi que fonctionnent les «citernes d’intelligence»  think tanks de tout acabit qui se chargent de réfléchir à l’économie ou à la géopolitique européenne ou mondiale. Ces officiels, à quelques exceptions près, partagent les préjugés que nous dénonçons et disqualifient dès le départ les eurocritiques (ceux qui critiquent l’Europe institutionnelle), comme des minus habens prisonniers de leurs préjugés grossiers.

Pourquoi, face à un phénomène comme la construction européenne, ce qui devrait être intelligent ne l’est pas et ce qui est supposé ne pas l’être, seul l’est ?

 

L’idéologie

 

Le mécanisme là aussi est clair pour ceux qui n’ont pas oublié l’histoire du XXe siècle : c’est le  «mécanisme idéologique », à la fois fausse science, eschatologie illusoire et  religion initiatique séculière,  qui tient pour seuls éclairés ceux qui adhèrent à ses formulations simplificatrices.

Car le propre de l’idéologie, c’est cela : simplifier la réalité, la méconnaître donc et,  en  la méconnaissant, la fausser et,  pourquoi pas, la charcuter et la détruire.  Les réglementations nombreuses de Bruxelles se résument à la déclinaison d’un seul principe simple : la réalisation d’un marché unique, normes uniques, libre circulation de tous les facteurs en prise avec un marché unique mondial. Point à la ligne. L’immense richesse accumulée par vingt cinq siècles de civilisation européenne, dont le fondement fut au contraire, la diversité proliférante, est ainsi vouée à l’arasement, comme l’agriculture russe fut arasée, avec le succès que l’on sait, par la collectivisation.

L’abolition des frontières est , dans cette logique, tenue  pour le signe du progrès avec le même aveuglement qu’au  temps des plans quinquennaux on tenait l’abolition de la propriété privée.

Les think tanks, prenons-en notre parti, ne seront pas longtemps pris au sérieux : ils ne sont en réalité que la forme éclatée de l’ancienne Académie des Sciences de l’Union soviétique où pour mériter les titres éminents qu’elle décernait, il fallait faire allégeance à la théorie, dont aujourd’hui tout le monde convient qu’elle était  absurde,  du  matérialisme dialectique.

Nous parlons des  effets  de l’idéologie : que l’Europe après quinze années de dévergondage financier provoqué par l’euro, plonge dans une récession qui pourra lui coûter la destruction de sa base industrielle, et à terme un effondrement dramatique de  son savoir-faire, est le résultat direct des politiques qui ont été menées, comme la famine fut le résultat de la collectivisation. Cette récession inquiète le monde entier : elle est le maëlstrom, le trou noir,  où pourrait s’engouffrer la prospérité mondiale.

Quelle que soit la morgue des nouveaux idéologues, n’ayons pas honte de nous-mêmes : nous  sommes les vrais partisans de l’Europe parce que nous seuls avons les clefs de sa future richesse et du maintien de sa civilisation,   nous  seuls  avons vu juste au sujet de l’euro et de tous les mythes qui sont derrière la construction européenne, nous seuls avons toujours eu et avons encore une conscience lucide de ce que fut l’Europe et de ce qu’elle doit être.

 

Roland HUREAUX

 

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 17:39

 

LA QUESTION  MARIAGE ENTRE PERSONES DU MÊME SEXE EST  D’ABORD UNE AFFAIRE DE RAISON

 

A Dijon, le premier ministre Jean-Marc Ayrault, défendant le projet de loi sur l’ouverture du mariage aux homosexuels, en réponse aux interventions de plusieurs évêques et d’autres autorités religieuses non catholiques, a cru bon de dire qu’ « aucune religion ne peut s’imposer à tous ».

Il témoigne ainsi d’une singulière confusion de pensée, qui n’est d’ailleurs pas absente non plus  de certaines  personnalités religieuses, car il ne s’agit pas d’abord d’une question religieuse.

A l’appui de son projet, Ayrault croit bon d’en appeler à la laïcité : "La France est une République laïque qui garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes, qui respecte les convictions religieuses et philosophiques, mais aucune ne peut s'imposer à tous. Le mode de vie des Français ne peut être soumis à aucune spiritualité. »

A aucune spiritualité, non, mais à la morale universelle, à la morale laïque, oui.

Contrairement au dogme, la morale n’est nullement fondée sur le relatif (sinon les « droits de l’homme »  n’auraient aucun sens !)  Même si elle appelle un débat afin d’en préciser le contenu  - et nous ne demandons que cela ! -  la morale doit réunir  les hommes indépendamment   de leurs  croyances métaphysiques.

L’idée d’une morale qui transcende les dogmes, d’une « morale laïque »,  est issue de la loi naturelle des scolastiques. Mais la philosophie des Lumières, Voltaire en tête,  l’a fait sienne.

La  morale laïque  Jules Ferry, dans sa célèbre circulaire aux instituteurs du 18 septembre 1883, la  définit comme « cette  bonne et antique morale que nous avons reçue de nos pères et mères et que nous nous honorons tous de suivre dans les relations de la vie, sans nous mettre en peine d’en discuter les bases philosophiques. ». Et l’illustre homme politique  républicain d’ajouter : 

« Au moment de proposer aux élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s’il se trouve à votre connaissance un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu’il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire, sinon, parlez hardiment : car ce que vous allez communiquer à l’enfant, ce n’est pas votre propre sagesse ; c’est la sagesse du genre humain, c’est une de ces idées d’ordre universel que plusieurs siècles de civilisation ont fait entrer dans le patrimoine de l’humanité. »

Est-il utile de dire qu’avec le projet de mariage homosexuel, nous nous  trouvons aux antipodes de la laïcité ainsi définie ?  

On pourrait même ajouter que si un Jules Ferry, un Gambetta avaient entendu quelqu’un proposer le mariage homosexuel, ils  l’auraient sans doute expédié  à Saint-Anne !

Car par-delà la morale, il y a la raison. Le plus choquant dans un tel projet n’est pas tant  l’atteinte à  la morale, qui en a vu bien d’autres, que l’entorse au bon sens. Si une telle loi était adoptée, ne serions-nous  pas entré définitivement  dans cette déraison collective qui, au dire de Hannah Arendt, menace toutes les sociétés et dans laquelle, au gré de certains, , le système financier international serait déjà entré. 

A supposer même que l’homosexualité fasse l’objet de tolérance, ce que nous ne discutons pas, une  société libérale ne doit-elle pas se  cantonner  à ne reconnaître et   réglementer dans ses lois que ce qui est d’utilité  commune. Une fois écartée l’adoption par  les homosexuels ( que récusent non seulement des religions millénaires mais   la déjà centenaire tradition freudienne), on ne voit pas quelle utilité commune, justifierait le mariage de personnes du même sexe. Si le mariage tour court existe, c’est d’abord pour régler la filiation.

Tout cela  n’est pas une question religieuse, certes. Mais l’unanimité des grandes religions est un indice tout de même significatif d’une certaine universalité. Comme au Bas-Empire romain, l’effondrement des institutions avait amené l’Eglise à jouer un rôle de suppléance dans la gestion des cités, la déraison collective où nous fait entrer ce genre de projet  fonde les autorités religieuses à rappeler ce qui leur paraît être  la voix de la raison. En attendant  que de grandes voix laïques prennent le relais.

 

Roland HUREAUX

 

 

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 17:37

Article paru dans Le Figaro 

 

Dans son  discours de politique générale, le premier ministre Jean-Marc Ayrault a confirmé la volonté du gouvernement d’ouvrir le mariage et l’adoption aux personnes du même sexe dès le  premier semestre de 2013.

Il n’est pas sûr   que le Français  soient prêts à cette révolution juridique autant que le laissent  penser les sondages. Si la  majorité parait indifférente, deux minorités très motivées s’affrontent. Les partisans de la réforme : une partie  des homosexuels, sans doute minoritaire parmi eux  mais très présente dans les partis politiques et les médias. Les opposants : surtout des catholiques engagés,  minorité moins influente mais probablement plus nombreuse et au moins aussi déterminée : il ne fait pas de doute que si le mariage entre personnes du même sexe n’avait pas figuré dans son programme, François Hollande aurait  gagné plus largement. Des agnostques  comme Michel Charasse sont également opposés à cette réforme au nom de la raison, ainsi que  la plupart des  adeptes des autres religions.

Certains peuvent  penser que,  face à l’ampleur des problèmes posés par la crise économique,  la question est futile.

Elle ne l’est pas : les Etats-Unis sont au bord de la guerre civile sur ce sujet.

Et pour cause : le mariage entre personne du même sexe constitue un bouleversement anthropologique de première magnitude.

 

Une  révolution anthropologique

 

La différence sexuelle  comme moteur de la vie, un moteur prodigieux et qui recèle encore bien des mystères, apparaît bien avant l’homme, dès les premiers organismes complexes,  il y a plus d’un milliard  d’années.

Dès  l’origine, les sociétés humaines ont éprouvé le besoin de régler la sexualité et surtout la procréation, sur la base d’une différence reconnue entre l’homme et la femme,  donnée plus  universelle encore que l’interdit de l’inceste.

Si l’homosexualité existe, elle  aussi,   depuis longtemps, l’idée d’un mariage entre personnes de même  sexe est en revanche absente de l’histoire, sinon sur le mode parodique (cf. la vie de Néron par Suétone).

Le mariage « unisexe » non seulement remettrait en cause cet ordre ancestral mais il  ouvrirait sans doute  la porte à d’autres remises en cause : y a-t- il une fatalité par exemple à ce que le chiffre 2 soit sacralisé, dès lors qu’il n’est plus fondé sur une symétrie ?  Sans pour autant admettre  la polygamie, ne faut-il pas ouvrir l’institution du mariage  à des communautés plus larges que le couple ? Sans qu’il soit question d’inceste, peut-on admettre que, comme c’est le cas aujourd’hui du fait du pacs, deux amis puissent se  léguer plus facilement  leurs biens que deux frères ou deux sœurs non mariés, lesquels  peuvent pourtant former une communauté tout aussi solidaire ? L’adoption homosexuelle remet en cause la  filiation, l’état-civil, demain la généalogie.  De fil en aiguille, le bouleversement de notre socle anthropologique envisagé   est  beaucoup plus ample  qu’il ne paraît.

La Constitution organise la société politique. Mais celle-ci n’est pas seulement une société d’individus, elle est aussi une société de sociétés : collectivités territoriales dont traite le  chapitre XII de la constitution, et naturellement  familles mentionnées à l’article 10 du préambule de la constitution du 27 octobre 1946. 

Les lois qui régissent cette cellule de base  de la  société politique  que constitue    la famille, ont, comme les droits des individus, une dimension métapolitique. Elles ont  dès lors,  par  leur caractère fondateur, une toute autre portée que les lois ordinaires, votées à l’intérieur du cadre constitutionnel.

Les grands textes  métaconstitutionnels comme la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789  ou les préambules des constitutions  les plus récentes ne parlent pas des rapports de l’homme et de la femme. L’article 4  de la Déclaration des droits et devoirs de l’homme et  du citoyen du 5 fructidor  an III dit que « Nul n'est bon citoyen, s'il n'est…bon époux » mais sans préciser le sexe du partenaire. Il est vrai qu’à l’époque où ces textes furent rédigés ces choses avaient un tel caractère d’  évidence qu’une telle précision n’  apparaissait pas  nécessaire. Tel n’est plus le cas aujourd’hui.

C’est pourquoi  l‘idée commence à faire son chemin   qu’un changement aussi fondamental que   le mariage de  personnes du même sexe appelle une procédure au moins aussi solennelle que celle qui a fondé les institutions politiques, à savoir le référendum.

François Hollande, qui ne mesure peut-être pas encore l’ampleur du  bouleversement qu’il se propose d’engager, s’honorerait de prendre l’initiative d’un tel référendum, lequel  serait l’occasion d’un grand débat à même d’éclairer enfin pleinement  toutes les dimensions du sujet. 

S’il ne s’y résolvait pas, on pourrait trouver là  l’occasion de  mette en ouvre  en vraie grandeur le référendum d’initiative populaire, tel que la réforme constitutionnelle du 21 juillet 2008  l’institue à l’article 11. Certes, la loi organique qui en précise les modalités n’est pas encore votée mais son défaut peut-il entraver l’exercice d’un droit désormais reconnu par la Constitution ?  Sans doute, les conditions mises à l’organisation d’un tel référendum sont-elles strictes : il doit être demandé par  un cinquième des  parlementaires et  un dixième du corps électoral (soit 4, 6 millions d’électeurs). Mais, compte tenu des passions que suscite ce sujet et surtout de son enjeu, un tel quorum  ne devrait pas être impossible à réunir.

 

Roland HUREAUX

 

 

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 17:35

 Publié par Liberté politique 


Mariano Rajoy, président du gouvernement espagnol depuis novembre 2011 est un homme sérieux, trop sérieux.

Après une victoire très large de la droite lassée d’un gouvernement  socialiste touché par la crise et qui avait totalement renié sa vocation sociale  pour appliquer les directives européennes, Rajoy avait annoncé qu’il concentrerait son action sur la gestion économique : rééquilibrer les comptes publics pour maintenir l’Espagne dans l’euro, sauver le système bancaire et si possible relancer la machine économique.

Comme si le gouvernement conservateur pouvait mieux faire sur ce sujet que le gouvernement socialiste, comme si les grands débats qui  divisaient la gauche et la droite au cours des années précédentes n’avaient pas été plutôt le mariage homosexuel, l’avortement, la mémoire de la guerre civile, tous sujets sur lesquels le socialiste Zapatero avait pris le risque de diviser gravement le pays.

Le choix de Mariano Rajoy : l’économie, rien que l’économie,  était d’autant plus audacieux, en un sens,  qu’il n’avait aucune chance de réussir sur ce terrain !  

Il ne faut pas être un grand expert  pour voir que si, à la rigueur,  la France pourrait encore survivre quelques temps dans l’euro, l’Espagne subit aujourd’hui un préjudice tellement lourd que, plus le temps  passe, plus ses chances de redressement se trouvent obérées.

Certes les taux auxquels elle  emprunte sont repassés au-dessous de la barre des 6 % , mais son endettement public, au départ  moindre que celui d’autres pays européens, y compris l’Allemagne, s’envole. La   situation des banques privées est très dégradée et la hausse des prix de revient au cours des dernières années a enlevé toute compétitivité aux produits espagnols.

Ne pouvant plus guère vendre, le pays est conduit à un taux de chômage record qui avoisine les 25 % de la population active,  50% des plus jeunes !

 

Une équation impossible

 

Toujours bon élève, Marian Rajoy a choisi de rester dans l’euro. Régler les problèmes économiques de l’Espagne et rester dans l’euro, c’est ce que les mathématiciens appellent une équation impossible.

La récession, réduisant les recettes,  empêche de rééquilibrer les comptes publics ; si les dépenses publiques sont réduites, ce que préconisent d’une seule voix Berlin, Bruxelles et Francfort, la récession s’aggravera, aggravant le chômage et réduisant encore les rentrées fiscales et, du coup, le déficit s’aggravera. L’Espagne est déjà entrée dans cette spirale récessive.

Seule une sortie de l’euro, assortie d’une dévaluation de 40  ou 50 % permettrait une issue à la crise. Dans un tel scénario,  l’effort immédiat serait certes encore plus dur : les prix importés augmenteraient et les prix intérieurs aussi,  le pouvoir d’achat des Espagnols voyageant à l’étranger se trouverait  amoindri. Mais très vite, comme il advient toujours en cas de dévaluation, l’économie repartirait, alors que dans la situation actuelle, ce redémarrage n’a aucune chance de se produire.

Ajoutons que, rétablissant  sa souveraineté sur la banque d’Espagne, le gouvernement espagnol réglerait  plus facilement le problème de ses banques commerciales  et celui de sa dette propre.

Si l’Espagne s’acharne encore  à rester dans l’euro, nul doute que toutes ses difficultés présentes s’aggraveront.

Encore quelques années de ce régime et l’Espagne perdra le bénéfice de 50 ans de croissance économique : elle se retrouvera au niveau préindustriel du début  du franquisme.

Pour une Espagne récemment industrialisée, l’Europe et l’euro ont représenté une sorte de promotion sociale. Il est donc peu probable que ce pays prenne de lui-même l’initiative d’en sortir,  alors même que c’est son intérêt le plus évident.

Néanmoins, en bon espagnol, Rajoy reste fier. Il répugne à accepter l’aide que lui proposent ses partenaires européens sachant que cela signifierait une mise en tutelle de l‘Espagne. Il a raison. Mais quel autre choix, dans la logique qui est la sienne ?

Les seuls qui trouvent leur compte à cette politique suicidaire sont les Indignés. Ce mouvement de protestation contre l’austérité imposée par les institutions européennes était parti d’Espagne. Mais il était, à ses débuts, gêné aux entournures  de trouver  en face de lui un  gouvernement de gauche, celui de Zapatero. Maintenant que la même politique impopulaire est menée par la droite, dans ce mouvement où la sensibilité progressiste  domine, les choses se remettent en ordre. Avec un gouvernement de droite, chacun est à sa place : ceux qui imposent la rigueur et ceux qui protestent !

En se concentrant sur l’économie, Rajoy avait voulu éviter de s’engager sur le terrain politiquement incorrect des questions de société ou de mémoire. Il a probablement pensé que le vent de l’histoire étant ce qu’il est, les réformes hasardeuses menées par les socialistes, comme le mariage homosexuel, ne sauraient être remises en cause, malgré les millions de personnes qui avaient manifesté contre et qui l’avaient porté au pouvoir.

Il n’est pour le moment pas question de revenir sur  le mariage homosexuel, malgré le peu de succès qu’il rencontre. Cependant un projet de loi récent tend à restreindre le droit à l’avortement (dans des proportions au demeurant très raisonnables) : l’Espagne était devenue le pays où il était le plus facile en Europe.  Peut-être  le sage Rajoy a-t-il  compris que, contrairement aux apparences, il avait plus de chances de l’emporter sur ce terrain apparemment miné que sur celui de l’économie. Et que peut-être il touchait  là, en termes de civilisation,  un enjeu plus important que le sauvetage de l’euro, entreprise aujourd’hui sans espoir.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 17:33

 

L’attentant de Benghazi qui a coûté la vie à l’ambassadeur des Etats-Unis en Libye   est une tragédie pour lui et pour sa famille que l’on ne saurait condamner avec assez de force.

Très inquiétante est en outre la vague antiaméricaine, antioccidentale et antichrétienne qui balaye le monde musulman à la suite de  la diffusion sur la toile d’un film insignifiant mais jugé blasphématoire pour l’islam.

Sans nullement se réjouir de leur malheur , on peut cependant imaginer que ces  événements amèneront les Etats-Unis  à réviser la politique qu’ils mènent depuis des années à l’égard du monde musulman et que  l’on ne simplifie guère en disant qu’elle consiste à en soutenir de manière presque systématique les tendances les plus radicales  (quelque forme qu’elles prennent  : wahabisme, salafisme, frères musulmans)  –, au détriment de l’islam modéré, souvent laïque, et au risque de mettre en danger les minorités, notamment chrétiennes.

Cette orientation  n’est pas récente : dès 1945, le roi d’Arabie Ibn Séoud, wahabite, avait conclu un pacte, toujours en vigueur,  avec les Etats-Unis d‘Amérique, sur fond de pétrole, bien sûr, mais aussi de méfiance à l’égard des puissances européennes, Royaume-Uni et France,  encore influentes  au Proche-Orient. On peut ensuite égrener les nombreux cas où cette alliance s’est exprimée : soutien au FLN contre la France puis, plus discret, aux islamistes algériens, soutien aux Frères musulmans en Egypte, au gouvernement soudanais  en guerre contre les chrétiens avant 1990,  Afghanistan (où la création du  mouvement taliban par le Pakistan fut encouragée par les Etats-Unis en 1993) , Bosnie et Kosovo, soutien au régime turc actuel (dont les arrière-pensées islamistes sont de plus en plus transparentes), Pakistan, Indonésie, Libye. Les rebelles tchétchènes bénéficièrent de la  sympathie  constante de l’opinion  occidentale. Le drame du 11 septembre 2001 a à peine mis un bémol temporaire à cette politique.

Aujourd’hui ce soutien se manifeste  à l’égard de l’opposition syrienne, dominée comme on sait par les islamistes et dont la victoire se traduirait sans doute  par les pires représailles contre  les minorités alaouite ou chrétienne. Les régimes laïcs, Nasser hier, Saddam Hussein, Assad, furent au contraire toujours tenus en suspicion par Washington.

Ce n’est que quand ils se trouvent dans la périphérie trop proche d’Israël que les musulmans extrémistes ne bénéficient pas de ce soutien : Hezbollah, Hamas, encore que ce dernier soit tenu, à tort ou à raison,  par certains analystes,  pour une création d’Israël visant à affaiblir  l’OLP.

Dans la lignée de ce soutien, les récentes déclarations du Département d’Etat américain critiquant l’interdiction du voile en France, ingérence insupportable dans les affaires d’un pays allié et encouragement à tous ceux qui refusent l’intégration sur notre sol.

Même si aujourd’hui les Américains semblent avoir pris en grippe les chiites, c’est bien de leur aile la plus radicale que les Etats-Unis firent le jeu au travers de  l’Irangate qui sauva le régime des ayatollahs de la déroute  en 1980-88,  ou en renversant le Baath en Irak en 2003.

 

Quelle rationalité stratégique ?

 

Cette collusion pouvait se comprendre au temps de la guerre froide : l’islam représentait un allié  à la fois parce qu’il se positionnait  contre l’athéisme marxiste  et qu’il  n’était pas incompatible avec l’économie libérale.

Aujourd’hui, il faut bien dire  qu’elle apparait comme un mystère à beaucoup d’analystes qui cherchent à comprendre la rationalité stratégique des Etats-Unis. 

Les hypothèses les plus diverses sont émises : on dit que les Etats-Unis expriment là leur caractère, déjà décrit  par Tocqueville, de grande nation religieuse. On évoque les intérêts croisés des rois du pétrole texans et saoudiens. On dit que les Etats-Unis  veulent affaiblir l’Europe et la Russie sur leur flanc sud  ( et la Chine, s’agissant du soutien aux islamistes indonésiens) . On allègue qu’ils cherchent   à se faire pardonner leur soutien inconditionnel à Israël. Mais quel serait l’intérêt d’Israël à se trouver isolé au milieu d’un monde musulman fanatisé dont  toutes les minorités auraient été évacuées ? Les incidents du Sinaï consécutifs à la révolution égyptienne sont à cet égard une première alerte.

La vague d’extrémisme  qui déferle aujourd’hui  sur le monde musulman et qui touche au premier chef les diplomates américains a-t-elle des chances de ramener la grande puissance à une approche plus pragmatique des problèmes du Moyen-Orient et plus lucide des  risques  de l’islamisme ? On ne peut que le souhaiter.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

 

Le FIS (Front islamique du salut) qui perpétrait des attentats en Algérie et en France avait pu ouvrir un bureau à Washington

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