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Roland HUREAUX

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 13:18

 

Une nouvelle dominance mondiale ?

 

Se répand de plus en plus aujourd’hui  l’idée  que domine  le monde un certain nombre d’hommes , généralement nord-américains  , animés de  la même idéologie : dépassement des Etats, abolition des règles morales traditionnelles en matière de sexualité, fongibilité et indifférence des sexes et des   races, ouvertures des frontières au libre-échange, au mouvements  de capitaux et surtout aux mouvements migratoires,  volonté d’instaurer un gouvernement mondial  chargé notamment de contrôler le climat et de réduire la population de la planète.

Ils imposent d’autant mieux leurs idées qu’ils ont la main mise directe ou indirecte sur la grande majorité des médias internationaux. 

Leurs adversaires, défendent à l’inverse le fait national, les frontières, la morale naturelle (dite aussi laïque), la famille. Loin d’être invités à débattre, ils font l’objet d’anathèmes violents ou d’une exclusion médiatique. Le qualificatif qui leur est le plus souvent apposé est celui de populistes, ce qui laisse supposer que les dominants disqualifient tout ce qui vient du peuple.

Comme si le contrôle de la presse ne leur suffisait pas, ces forces   ont commencé à imposer leur propre censure avec la complicité de gouvernements nationaux ou de la Commission européenne.  Cette censure vise ce qui échappe à la presse officielle : les réseaux sociaux s’arrogent le droit de chasser les propos « haineux » et plus généralement tout ce qui ne va pas dans leur sens, voire de censurer le président des Etats-Unis lui-même.

Bien que la vision du monde propre aux opposants à l’ordre mondial soit généralement qualifiée de complotiste, on peut se demander si cette appellation est fondée dans la mesure où la plupart des  actions dénoncées   ne sont pas secrètes. Il suffit de consulter internet pour voir que la plupart du temps, leurs protagonistes agissent parfois seuls et au   grand jour : c’est ouvertement que John D. Rockefeller, une des dernières figures de cette dynastie, avouait   travailler à l’établissement d’un gouvernement mondial. Ajoutons que la plupart de ces magnats pense œuvrer pour le bien de l’humanité : ainsi ceux qui veulent un monde sans frontières ou la réduction de la population de la planète.

L’important est qu’un très petit nombre d’hommes, tels Bill Gates, George Soros ou Warren Buffett, semble aujourd’hui déterminer beaucoup de choses de la politique internationale, bonnes ou mauvaises.  S’ils sont peu nombreux, on ne voit pas comment ils consulteraient l’ensemble de la population des pays concernés ; on dira alors qu’ils ne sont pas démocrates et même que c’est eux qui complotent contre la démocratie.  Ils l’avouent d’ailleurs à leur manière : démocrate vient demos, le peuple, l’équivalent de populus en latin, d’où vient populiste, mot qui suscite leur dégoût.

 

Les effets du Covid 19

 

La récente crise du Covid 19 a montré une large concertation à l’échelle mondiale de la riposte à la crise : confinement - jugé par beaucoup excessif-, atteintes aux libertés fondamentales ; le ministère de la santé français semblait être aux ordres de l’OMS. Or l’OMS, en principe institution internationale publique, reçoit 40 % de son financement de Bill Gates qui était il y a peu l’homme le plus riche du monde.

Il est patent qu’un médicament, ni bon, ni mauvais en soi, mais qui était alors le seul sur le marché, la chloroquine ait été interdit au tout début de l’épidémie en France et dans la plupart des pays.   Le même Gates qui n’a aucune qualification médicale s’est prononcé contre son utilisation.

A l’occasion de cette crise, les liens qui existent entre Bill Gates, l’OMS, les grandes industries pharmaceutiques (Big Pharma) et les principaux responsables de la santé en France et ailleurs ont été mis au jour sans que personne ne les conteste.

Nous n’irons pas jusqu’à dire que l’épidémie, en principe partie de Chine, mais d’un laboratoire international où même la France était partie prenante, a été délibérée. Malgré quelques faits troublants, nous n’en avons aucune preuve.

Il reste qu’au moins dans le domaine de la santé, l’épidémie du Covid et la manière dont elle a été gérée ont contribué, d’une manière ou d’une autre, à nourrir l’idée d’un complot international : analogie de méthodes d’un pays à l’autre, hostilité de principe à tous ceux qui s’en écartaient.

Du Covid, passons à la géopolitique.  Le seul pays d’Europe à avoir, à tort ou à raison, refusé totalement les mesures préconisées par l’OMS est la Biélorussie qui passe pour une dictature fermée. Des élections présidentielles contestées y ont eu lieu cet été. Selon la Charte de Nations-Unies (article 2-7), la démocratisation de ce pays relève de son peuple et de personne d’autre. Est-ce un hasard que des éléments extérieurs aient tenté récemment d’y fomenter une révolution, comme une révolution avait été fomentée il y a huit  ans en Ukraine – et plus tôt en Géorgie ?   On les appelait « révolutions orange ». Il suffisait qu’en émergent des pouvoirs hostiles à la Russie pour que l’Occident les qualifie de démocratiques. Au même moment, le FMI imposait à la Biélorussie des exigences exorbitantes.

Sur un plan plus large, en France, les opposants au système dominant dénoncent une entreprise mondiale (ou mondialisée) de réforme s’attaquant aux racines mêmes de la société occidentale.  La Foundation for an Open Society et ses centaines de filiales, créées par George Soros, sont souvent mises en cause comme étant à l’origine de la critique et de la subversion des sociétés occidentales, dans leurs structures familiales et autres ou dans le soutien financier et inconditionnel aux mouvements migratoires comme aux manifestations contre la présidence Trump en Californie. Une étude récente de l’ European Center for Law and Justice  a même montré  que des obligés de la Fondation Soros avaient pénétré la Cour européenne des droits d’homme pour y imposer leurs normes. Au demeurant, ces actions sont publiques : les comptes de ces fondations figurent sur internet.  Les auteurs de l’étude en cause ont récidivé et montré la même infiltration des instances de l’ONU chargées des droits de l’homme[1].  Pour ceux qui penseraient que systématiser ce genre d’approche relève d’un fantasme franco-français, précisons que Robert Kennedy Jr, avocat new yorkais, petit-neveu du président, reprend à peu près les mêmes accusations à l’égard de Bill Gates. De même Reiner Fuellmich, un des plus grands avocats allemands, celui qui avait fait rendre gorge à Volkswagen pour des tests antipollution frauduleux. Le débat que nous connaissons – ou devrions connaître – en France, si nous étions encore en démocratie -  est le même que celui qui divise tous mes pays occidentaux – et d’autres.

 

Géopolitique

 

Des manifestations contre l’obligation vaccinale se multiplient   à Berlin, à Londres, à New York. Nous avons évoqué d’autres terrains d’actions internationales    concertées : le rôle de l’Etat américain dans les guerres du Proche-Orient n’est guère contesté.  Il a été inspiré par les « néo-conservateurs » - qui sont en réalité des démocrates, tendance Obama-Clinton, désireux d’étendre par la force la démocratie dans le monde. Trump a en partie mis fin à cette politique. Jusqu’ici Biden n’a pas, heureusement, repris cette politique.

Quand le Parlement français a adopté (après un vote très contesté du   Sénat) la loi Taubira instaurant le mariage homosexuel, le 17 mai 2013, le président Obama a obtenu un mois après jour pour jour que la Cour suprême oblige tous les Etats américains qui étaient réticents, soit 40 sur 50   à légaliser ce genre de cérémonie. Obama l’avait promis à Clooney et Weinstein, les hommes le plus puissants de Hollywood à l’époque, soutiens traditionnels du parti démocrate. Mais pour convaincre la Cour suprême, il fallait qu’un grand Etat européen bascule :  ce devait être la France.

Nous pourrions, si nous savions tout, nous étendre sur le rôle des forces économiques ou idéologiques   internationales dans la conduite des affaires du monde :  selon le mode américain des revolving doors, les allers-retours entre la politique et la finance sont habituels   ainsi de Draghi et Barroso. Le secrétaire général des Nations-Unies, António Guterres, pense que pour l’Europe, l’arrivée massive d’immigrés était « la solution et non pas un problème ». Un de ses prédécesseurs, commissaire européen, puis secrétaire général adjoint des Nations-Unies, président de Goldman Sachs et de British Petroleum, l’irlandais Peter Sutherland, aujourd’hui décédé, déclara lors d’une audition à la Chambre des Lords britannique, que « L’Union européenne doit, par l’immigration, saper l’homogénéité des nations » et que le multiculturalisme était un facteur de prospérité.  

Quelle est la puissance de ce qu’on appelle désormais l’Etat « profond » américain sur la scène mondiale, profond par opposition à l’Etat de surface qui est bien obligé, lui, d’obéir au président démocratiquement élu, ou de faire semblant ? Grande sans doute.

Les uns et les autres prêchent l’urgence de lutter contre le réchauffement climatique où ils voient un prétexte pour établir un gouvernement mondial. Ils contrôlent à eux seuls plus de 90 % de la presse occidentale, ils arrivent à imposer une idéologie dominante dont on a vu les caractères principaux : mondialiste, antiétatique (nous préférons ce mot à celui de libéral), libertaire et tout ce qui en résulte, « antiraciste », à l’occasion pro-islamiste, favorable à l’immigration, au libre-échange, défavorable à la famille, aux nations classiques, ultra-écologiste etc.  Le conformisme qui s’est emparé de la profession de journaliste suffit à garantir le monolithisme de la pensée : ainsi aux Etats-Unis, 90 % des médias étaient hostiles à Trump, au Royaume-Uni, 80 % étaient hostiles au Brexit (qui l’a pourtant emporté, ce qui montre que le verrouillage des opinions n’est pas définitif). En France, 90 % sont favorables à l’Union européenne, bien qu’en 2005, 55% des Français se soient déclarés contre.

 

Une maladie de l’Occident

 

Tous ceux qui ont circulé dans le monde savent que les problèmes ne se posent pas de manière très différente d’un pays à l’autre. Même Poutine, qui, en Russie, offre l’exemple de la résistance aux idées dominantes dites « politiquement correctes », est confronté à un   parti occidentaliste qui voudrait ramener la Russie sur les   rails.  Seuls des pays étrangers à notre héritage : Chine, Japon, Afrique noire ne semblent pas touchés par cette    problématique. Quand le pape François a réuni un synode sur la famille, c’est la menace de schisme des évêques africains qui a fait obstacle à   une mention positive de ces orientations dans le document final.

Tous les figures de proue de l’ordre idéologique dominant, de quelque pays qu’ils soient mais surtout des Etats-Unis, ont aussi en commun d’avoir été violemment anti-Trump. Bien que le président Donald Trump n’ait  pas eu  l’intention de bouleverser  le capitalisme mondial, il a commis à leur égard des fautes inexpiables :  il a pris  sur certains  sujets des options clairement contraires aux leurs -   alors qu’au début, il n’avait  pas d’opinion  bien nette sur les sujets sociétaux, il a participé  aux marches   pour la vie,  dans un pays que la  question de l’avortement  a mis au bord de la guerre civile ; il a instauré un certain protectionnisme, rompant avec le dogme du progrès illimité du libre-échange ; il a aussi mis fin à la politique de  démocratisation forcée ( regime change)  du monde arabe, et quoi qu’il ait été obligé de ménager les bellicistes américains,  il ne tenait pas la   Russie de Poutine   pour un ennemi absolu.  Il a, à tort ou à raison, réservé son agressivité à l’Iran mais sans lui faire la guerre . Ajoutons qu’il est le seul président depuis trente ans à n’avoir pas déclenché de guerre.

Avec Biden, ces forces dites à tort « libérales » ont trouve un président à leur convenance mais qui s’est bien gardé, jusqu’ici, à revenir à la politique d’Obama.

 

Une Russie post-idéologique

 

Au niveau international, Poutine reste   l’ennemi numéro un des mondialistes libéraux-libertaires pour des raisons qu’il nous faut préciser : certes, l’Etat russe, compte tenu de son héritage séculaire, n’est pas prêt à obéir à un quelconque gouvernement mondial, mais quelque chose de plus profond est en jeu : la Russie est un Etat post-idéologique. Après l’expérience terrible du communisme, idéologie pure et dure, de 1917 à 1990, les Russes sont méfiants ; ils savent reconnaitre l’idéologie, en particulier dans sa dimension antireligieuse et ils la fuient.  

Les leaders occidentaux se sont, eux, après 1990, jetés tête baissée dans le mondialisme prétendu libéral : abolition des frontières, y compris migratoires, ultra-libertarisme, antiracisme hystérique, repentance à tout va.  

Comme toute idéologie descend, d’une manière ou d’une autre, de la philosophie des Lumières, ce mondialisme ultralibéral est en quelque sorte cousin du communisme, lui aussi issu des Lumières.  Le mondialisme ploutocratique remplace l’internationalisme prolétarien ; il est une idéologie de remplacement pour ceux qui ont besoin d’une espérance séculière.   Or, à la différence de nos libéraux occidentaux, les dirigeants russes actuels ont dépassé l’héritage des Lumières dont ils ont vu où il les a menés : exaltant la patrie, les communautés historiques, l‘héritage religieux et culturel, réticents à toute forme d’universalisme (et donc étrangers au véritable impérialisme toujours lié à un projet mondial), ils représentent   pour les mondialistes occidentaux une remise en cause radicale. L’opposition qu’ils expriment   est bien autre chose que celle de la droite et de la gauche en Occident.  Ce n’est pas pour rien que George Soros a désigné Poutine comme son ennemi numéro un.

Cette opposition entre deux visions du monde, plus radicales que celle qui a longtemps opposé l’Est communiste et l’Ouest libéral, les républicains et les démocrates, la gauche et la droite européennes, a trouvé au cours des trente dernières années   un terrain de prédilection aux Etats-Unis, notamment lors de la dernière élection présidentielle, mais n’a pas épargné l’Europe, bien au contraire.

 Pour les idéologues mondialistes, les choses sont simples : il y a une évolution inexorable du monde vers ce qu’ils appellent le « progrès » : toujours moins de frontières, toujours plus d’émancipation sexuelle, toujours plus d’indifférence au « genre », à la race, à la religion.   Comme tous les idéologues, ils ne pensent pas seulement que leurs idées sont meilleures mais qu’elles vont dans le sens de l’histoire identifié à un progrès perpétuel.  Il est remarquable que dans un pays comme la Pologne, les plus ardents adhérents à la construction européenne et au mondialisme soient les anciens communistes : les idéologues se reconnaissent entre eux. La maîtrise des médias leur permet d’imposer cette vision du monde à une majorité passive et de livrer à l’anathème leurs adversaires. Dès que l’idéologie entre en jeu, une diabolisation haineuse se substitue au dialogue.

Le conglomérat d’acteurs, pour éviter de parler de complot, qui promeuvent le mondialisme libéral trouve son épicentre à l’aile centriste   du parti démocrate américain, pas son aile gauche, symbolisée par Bernie Sanders peu concernée par cette dictature idéologique, celle qu’ont incarnée les époux Clinton et Obama et qui a fait élire Biden.   Et il n’est pas excessif de penser que les mêmes qui donnent le sentiment de dominer l’Europe tirent les ficelles du monde dans son ensemble, tels les patrons des Gafams. Au travers du Washington Post dont il est devenu propriétaire, Jeff Bezos (Amazon), une des premières fortunes mondiales, contrôle une bonne partie de l’opinion américaine.  Les Gafams se sont arrogé le droit, par une censure aussi rigoureuse que sélective, d’interdire la circulation de toute opinion contraire à l’idéologie dominante.

La bataille des présidentielles américaines de novembre 2020, était une bataille d’importance mondiale. Deux visions du monde opposées s’affrontaient.  Pour les démocrates, l’élection de Trump avait été un malheureux accident qu’il leur fallait effacer. Ils y sont apparemment parvenus. Le projet de Great reset présenté au Forum de Davos par son président Klaus Schwab se situe dans la continuité de l’idéologie mondialiste. Les auteurs du rapport et tous ceux qui les soutiennent, soit les grandes fortunes mondiales, voient dans l’épidémie de Covid - et la dictature sanitaire qui s’en est suivie, une occasion de refonder le monde sur leurs principes : gouvernement mondial, abolition des nations, lutte sans merci contre le réchauffement climatique, au risque de faire disparaître l’industrie classique, restriction des libertés. C’est ainsi que la principale menace pour les libertés vient aujourd’hui, de ceux qu’on appelait encore récemment les « libéraux ». 

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[1] https://eclj.org

 

 

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 13:15

Texte de souvenirs rédigé par les anciens historiens de l'Ecole normale supérieure de Saint-Cloud - proportions 1960-1975

Mon premier souvenir de la section d’histoire de Saint-Cloud - et de ses mémorables voyages dans les provinces de France - est une bataille de boules de neige autour du puits de Moïse à Dijon. Dans mon Sud-Ouest natal où la neige est rare, je n’en avais pas connu beaucoup.

Jean-Louis Biget veillait à ce que ces voyages soient d’un très haut niveau mais on s’y amusait bien.  Si on pouvait deviner chez le joyeux Daniel Roche le futur professeur au Collège de France, qui aurait anticipé chez le très festif Gérard Chesnel, enfant de Lisieux mais pas tout à fait enfant de Marie, le si sérieux ambassadeur qu’il est devenu, non sans avoir été témoin en Extrême-Orient d’immenses tragédies ?  Il y a l’histoire qui s’apprend et aussi celle qui se vit.

Nous étions, disons-le, bien logés et bien nourris. Je me souviens en particulier d’un dîner à l’Hôtel Wilson de Cahors où la longue kyrielle  de hors-d’œuvre, excellents mais simples et rustiques, semblait ne devoir jamais se terminer    – je ne m’en plaignais pas -, sinon pour enchaîner sur deux plats de résistance et la suite, le tout arrosé de vin de Cahors.  J’ai retrouvé plus tard la même histoire dans Le déjeuner de Sousceyrac de Pierre Benoît. Sousceyrac, petite bourgade du Ségala, dans le même département du Lot où s’était parachuté   Gaston Monnerville. 500 grands électeurs, presque tous paysans du Causse l’avaient élu sénateur sans regarder  d’où il venait.  Le contraire du racisme, c’est ça : ne pas même penser à la couleur de la peau.

Le jour de cette étape  à Cahors, nous avions eu le renfort de cet autre grand ancien de Cloud, Marcel Durliat, un des meilleurs spécialistes français de l’art médiéval, professeur à la faculté de Toulouse, proprement possédé par son sujet, le genre de possession qui l’aura mené tout droit au paradis. 

On ne faisait pas que manger et rire, on travaillait.  Du fait de la spécialité médiévale de Biget, principal organisateur, le voyage était centré sur l’art gothique et surtout roman. Visiter une église romane froide,  silencieuse et un peu humide  au fond d’une campagne désolée, fut pour moi une expérience pas seulement érudite mais spirituelle. Quelle émotion devant saint Pierre d’Aulnay, que je revins voir plus tard seul  en hiver !  

A un âge où on s’interroge sur les fins dernières sans s’être fixé sur rien, et malgré la laïcité stricte qui était celle de Jean-Louis Biget, j’avouerai que ces tournées au tréfonds du Moyen Age dans ce qu’il avait de plus austère ne manqua pas de m’influencer dans le sens d’un christianisme qui, par son art,  atteignait la grandeur par la simplicité. C’est l’époque où la collection Zodiaque, reflet de cet état d’esprit,  était très à la mode.  

Nous allions ainsi de monastère et monastère , pèlerinage  entrecoupé de haltes gastronomiques rien moins qu’austères. Cette époque coïncida avec l’entrée assez abrupte dans ma turne de Jean-Luc Guilhard, qui me demanda si j’étais tala, à quoi je demandai qu’il m’explique d’abord ce que ça voulait dire. Guilhard qui a préféré à l’enseignement classique, l’éducation des jeunes en difficulté  en quoi il a sans doute excellé.  Le Cercle tala, qui par son  nombre me donna l’assurance que la religion n’était pas tout à fait dépassée,  devenu une sorte de doublure du PSU,   gauchisme « soft » auquel je n’adhérais guère.  

L’aboutissement tout cela devait être l’agrégation où nous étions préparés intensivement par une équipe de caïmans ou conférenciers, maîtres des novices particulièrement dévoués , parmi lesquels  se distinguait encore Jean-Louis Biget, infatigable à nous expliquer les ressorts cachés,  économiques,  sociaux, culturels et religieux des sociétés médiévales, pas forcément les plus faciles à comprendre.

Parmi les autres professeurs, Serge Berstein que je devais retrouver trente ans plus tard au comité scientifique de la Fondation Charles de Gaulle et Pierre Lévêque avec qui je repris contact dix  ans après - il était alors doyen à Besançon - , pour l’informer, pas peu fier, qu’une équipe du parc naturel de Lorraine qui, par coïncidence, m’avait pris à son bord ce jour-là, venait de découvrir du ciel la structure d’un théâtre gallo-romain. 

La préparation de l’agrégation, c’était à nouveau la vie de monastère, mais laïque cette fois. Un énorme programme à avaler, peu de loisirs en dehors d’un entrainement  assidu à l’épreuve ultime. Travail peu pénible au demeurant quand on aimait vraiment l’histoire,  ce qui était mon cas. Bien peu se risquaient à aller au spectacle. Je réussis quand même, peut-être pour frimer, à m’échapper voir Le regard du sourd de Robert Wilson, le must de cette année là.   

Une année  (1970-1971) qui  ne fut pas ordinaire.  A côté d’élèves et d’auditeurs libres laborieux, d’abord soucieux de réussir le concours, se trouvait un petit groupe de quatre ou cinq  « gauchistes », dont au moins trois maoïstes, un trotskiste, pleins de mauvaise conscience d’être  là après avoir tant brocardé la culture bourgeoise et le système des concours, mais forcés par le règlement.  L’un, qui faisait un peu de cinéma, devint député socialiste.  Un autre s’entrainait à cogner les flics à coups de poing ou de pieds dans des portes qui n’en pouvaient mais.  Il a fini dans les premiers et est devenu poète. C’était, deux ans et demi après mai 68, l’époque où les groupes dits « gauchistes », moins nombreux mais plus violents,  affrontaient la police de Marcellin. Un dernier clamait haut et fort que, par esprit prolétarien, il ne passerait que le CAPES, ce qui sans doute aurait fait une belle jambe à de jeunes ouvriers. 

Ces maoïstes, peu nombreux mais très présents, connurent en cours d’année une crise de conscience quand au Bangladesh se leva une authentique révolte populaire contre la dictature militaire et où les dirigeants chinois prirent, géopolitique oblige, le parti de la dictature. Encore quelques mois et les mêmes  durent assister à la visite de Nixon à Pékin ! Un engagement passionné, suivi de  remises en cause, c’est aussi cela l’histoire.

Dans sa manière d’enseigner l’histoire, Jean-Louis Biget était resté fidèle au marxisme classique, peu distinct pour lui et pour sa génération de l’histoire économique et sociale de l’école des Annales, alors dominante. Envisageant   les assauts dialectiques des maoïstes, il préparait des cours bien blindés.  Mais les contestataires, imprégnés de l’anti-intellectualisme de la Révolution culturelle, n’avaient rien à faire de la dialectique. Bien malgré eux et parce qu’il fallait faire des concessions au système, ils savaient qu’ils étaient là pour bachoter et ils bachotaient. Ils eurent néanmoins le mérite de mettre dans cette année de préparation, une animation qui ne perturba jamais l’amitié qui nous liait tous, où les vrais adversaires n’étaient pas le révisionnisme de Liu shao-chi,  mais les agrégatifs des autres prépas, y compris celle de la rue d’Ulm, que nous réussîmes assez bien à suclasser à la sortie, en grande partie grâce à Jean-Louis. Merci.

 

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 13:13

 

Les résultats des élections régionales  qui ont vu , chez les Républicains actuels ou proches , l’émergence de trois candidats potentiels à la présidence : Bertrand, Pécresse et Wauquiez, facilement réélus dans leur région,  a remis à l’ordre du jour l’idée d’une primaire de la droite – nous disons droite car elle doit s’élargir au-delà des seuls membres de LR.  

Une primaire ? Jamais plus,  répond-t-on, avec ce côté expéditif qui caractérise trop de jugements politiques  ! On en a organisé une en 2016 et on a vu le résultat décevant. Ce fut encore pire pour le parti socialiste.

Que nenni !  Disons-le clairement : on n’a jamais organisé en France une vraie primaire, nous voulons dire  à l’américaine, c’est à dire une  primaire étalée sur plusieurs  mois et non bloquée sur un ou deux dimanches.

Quelle différence , dira-t-on ? Elle est considérable. Pour sauter d’emblée aux conclusions, disons  que le système utilisé en France était une machine à reconduire « toujours les mêmes ». La primaire à  l’américaine a l’effet inverse : elle a presque toujours fait émerger des hommes  nouveaux.  

Et Dieu sait si c’est nécessaire !

La crise des Gilets jaunes, puis l’abstention aux régionales  ont montré la grave perte de légitimité , en France comme dans le reste de l’Europe, des partis politiques classiques. Il est également significatif que le dernier président élu ait émergé hors de ces partis.

En bloquant le vote sur  deux week-ends , un pour  le premier tour, un pour second, comme on l’a fait en 2016, on instaurait de fait une présélection par la notoriété déjà acquise, c’est-à-dire que l’investiture était  réservée à ceux qui avaient déjà été quelque chose : au moins  président de la République ou premier ministre . Certes Fillon a doublé sur le  fil les deux candidats tenus pour favoris, Sarkozy et Juppé, mais il avait été tout de même cinq ans premier ministre ! Les autres, les « petits candidats » , non dépourvus de  talent  pourtant comme Bruno Le Maire,  ont été écrasés. En définitive ce genre d’exercice  fut un concours de notoriété déjà acquise.   « Il faudrait , disaient beaucoup de Français, du sang neuf  : pourquoi pas Untel ? ». « Oui , mais qui le connait ? ».   Dans une France qui aspirait   profondément  à changer les têtes, la primaire telle qu’elle a été alors  organisée ne pouvait aboutir qu’à  ne pas les changer . 

 

Une   primaire étalée à l’américaine

 

Les Français ne sont que  trop prompts à imiter l’Amérique quand il ne le faut pas. Et il faut dire qu’aujourd’hui les Etats-Unis sont loin d’offrir le visage d’une démocratie exemplaire. Mais  nous ne devons pas hésiter à nous en inspirer quand c’est justifié. En  étalant  les  primaires sur plusieurs  mois,  en procédant  deux fois par mois    à   une élection partielle   dans un groupe de départements,   on permettra   à des outsiders d’émerger. Gagnant la primaire dans un ou deux départements , ils attirent l’attention des médias et , s’ils sont bons, peuvent continuer  sur la lancée. S’ils ne le sont pas , ils jettent l’éponge. Aux  Etats-Unis les présidents élus, qui avaient au préalable arraché l’investiture d’un  des grands partis,   étaient   presque tous  inconnus avant l’élection :  Carter, Reagan, Clinton, Obama, Trump.  

Une primaire étalée mettrait en outre en valeur toutes les régions sans donner la préférence aux grandes.

Elle privilégie la capacité militante par rapport au  seul audiovisuel.

Le parti ou le bord qui tenterait cette expérience occuperait   le devant de la scène  pendant plusieurs  mois , ce qui ne  saurait lui nuire. 

Y a-t-il à cette heure  d’autre moyen de   faire émerger des hommes à la mesure des immenses problèmes qui se posent à la France et ainsi de réhabiliter la  politique aux yeux des Français  ?   L’enjeu est encore plus grand : c’est  ni plus ni moins que  de sauver la démocratie qu’il s’agit.

 

 

 

 

Roland HUREAUX

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 13:11

MAGNIFIQUES  MANIFESTATIONS  

 

Oserai-je le dire ? Je n’ai jamais vu des manifestations comme celles qui se déroulent dans toute le France chaque samedi contre le passeport sanitaire.

D’abord le nombre est considérable, beaucoup plus que ne l’étaient les gilets jaunes, ce que les organes de la presse de cour se gardent bien de dire. Que ça ne se sache pas est le signe d’un contrôle d’opinion de plus en plus serré.

D’autant que ces manifestations ne ressemblent à aucune autre.

J’ai déjà manifesté : au Trocadéro en faveur de Fillon, on trouvait un collègue ou une vielle connaissance tous les dix mètres.  Même à la Manif pour tous, même dans de manifestions plus à gauche.

 

Des manifestants non identifiés

 

Là personne. On peut suivre le cortège des heures sans reconnaître quiconque. Et les amis annoncés sont introuvables tant la foule est grande. Impossible aussi de dire s’il s’agit surtout de gens de gauche, de droite, de jeunes, de vieux : tous les bords, tous les âges s’y retrouvent.   

Pas davantage de marque claire de classe sociale : des   ouvriers, des cadres supérieurs, et beaucoup, beaucoup qui semblent inclassables.

Il y a en France des « gueules » : de militant du RN, de LR, de catholique pratiquant, du parti socialiste, de la CGT.  Là rien de typé.

Certains militants portent des drapeaux français sans que cela n’offusque personne, mais ici ou là un drapeau arc-en ciel ou des drapeaux étrangers occasionnels de pays d’Europe de l’Est ou d’Amérique latine : universalité de la France.

Des gens de couleur. Même, encore peu nombreuses, des femmes voilées.

Lié à cette diversité, le fait que les gens ne semblent pas se connaître   sauf des groupes de deux ou trois venus en semble, notamment des jeunes filles.

Cette diversité, c’est le peuple de France, tel qu’il est aujourd’hui. C’est le peuple de France qui se lève contre un pouvoir inique, sans précédent   dans l’autoritarisme, l’arrogance, le mépris, la dureté, au service d’un projet dont personne ne comprend la rationalité tant les cas de décès par covid sont devenus rares.  Le peuple de France que ne précède pas cette fois,  en tête de cortège, une brochette de députés et de sénateurs en écharpe, comme LMPT ou Charlie.  Sans doute les élus qui ont voté la passe ou sont restés lâchement chez eux ont-ils   compris qu’ils n’y seraient pas bienvenus.

 

Pas de bobos-gogos

Manquent aussi  les « bobos-gogos ». Bobos comme ceux qui ont voté Macron, le voyant comme un sauveur venu d’« ailleurs », gogos comme ceux qui font la queue pour se faire vacciner parce que , dans leur milieu,  ça se fait.

Un seul slogan, simple, digne de la France et de son histoire,  ancienne et récente : « Liberté ! » (et accessoirement un second très clair aussi : « Macron démission ! »)

Je me plais à penser que face à cette chape de plomb mondiale devant  laquelle les Français semblaient plus dociles que d’autres (comme la monarchie française paraissait la plus inébranlable en 1789 ! ), la France retrouvera  son rôle historique de chef de file des peuples libres, faisant la première éclater le carcan.

 

Continuer à manifester

 

Cela suppose que ces manifestations continuent et même qu’elles passent à la vitesse supérieure à la rentrée. Il ne faut pas écouter les voix de certains antipass qui susurrent que manifester ne sert à rien, que ça fait le jeu de Marcon (par quel détour compliqué ?  Je ne sais), qu’il faut faire autre chose, on ne sait quoi, réfléchir. Je ne crois pas une seconde que le président et sa clique seront heureux que le nombre de manifestants explose en septembre. Quel autre moyen d’ailleurs (à moins de passer au stade violent) de faire barrage à ce projet fou et criminel de vacciner d’office tous les jeunes et tous les enfants, voire les nourrissons alors même qu’il n’y a aucun décès du Covid au dessous de 45 ans   depuis le début de l’année. Empêcher cette ignominie doit être notre prochain objectif.

 

Roland HUREAUX

 

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 13:09

Il n’y a pas lieu d’être trop inquiet sur les futures relations de l’Afghanistan et des Etats-Unis depuis qu’il est tombé entre les mains des talibans.

Le vieux tropisme américano-islamiste qu’on a vu tant de fois à l’œuvre depuis 1945 va jouer d’autant mieux qu’aucun contentieux véritable n’oppose  les uns et les autres dès lors que les Américains abandonnent  le souci d’améliorer le sort des femmes d’Afghanistan.

Américains  et islamistes afghans partagent les  glorieux  souvenirs de leur alliance victorieuse contre les  Soviétiques entre 1979 et 1990, sans compter la fraternité que crée le combat entre  tous les belligérants.

Autre atout des Américains dans ce pays : le régime des talibans n’est bienvenu nulle part dans la région . La Chine, en prise avec le problème des Ouigours, l’Inde où l’islam est beaucoup plus présent,  les deux grandes puissances régionales, détestent les musulmans.   Les Russes les combattent impitoyablement chez eux,  même  s’ils seront sans doute  plus accommodants à l’extérieur. L’Iran chiite qui suit depuis longtemps les talibans, s’est bien gardé de jamais les aider, les considérant  comme de dangereux… « intégristes », qui plus est sunnites ! Le Pakistan est en principe avec eux, fraternité pachtoune aidant, mais leurs relations restent ambiguës :  Islamabad risque de perdre son leadership régional sur le front de l’islamisme. Seule Ryad pourrait avoir gagné un allié de revers contre l’Iran. Et peut-être Tel Aviv où il se dit parfois que les Pachtounes , d’où sont issus les talibans,  pourraient être une tribu perdue d’Israël convertie à l’islam.

Il restera aux Etats-Unis à régler leurs rapports avec le nouveau pouvoir. Parmi les problèmes dont on ne parlera pas en public, la culture du pavot, à laquelle les talibans d’avant 2001 avaient mis fin, qui a repris de plus belle sous les Américains et qui ne cessera sans doute pas de si tôt.

 

Un affaiblissement de l’Occident

 

Mais ce n’est là que le premier degré des conséquences. Vu de plus haut et de plus loin, le retrait des Etats-Unis d’Afghanistan, concédant après vingt ans de guerre une victoire totale sur le terrain à leurs adversaires ne pourra pas ne pas être perçu comme une défaite majeure de l’ Occident.

Elle vient après une autre grande défaite, moins spectaculaire car les médias se sont bien gardés de la souligner,  en Syrie. Après huit  ans de guerre dont l’objectif était de renverser le gouvernement de Bachar el-Assad, la coalition occidentale n’y est pas parvenue. Un échec d’autant plus retentissant que,  au sein de celle-ci,  des gens comme  Sarkozy et Juppé, pensaient au départ que ce ne serait l’affaire que de quelques jours. La raison de l’échec : la résistance de l’Etat syrien et surtout l’appui indéfectible qu’il a  reçu des Russes. Trump a eu la sagesse de prendre acte de cet échec en suspendant  les hostilité (mais non les sanctions très cruelles qui pèsent toujours sur ce pays). Dans le  camp démocrate, certains comme Hillary  Clinton envisageaient de les reprendre. Biden a eu la prudence de ne pas donner suite. Le résultat : Poutine est désormais l’arbitre principal du Proche-Orient.

Ces deux défaites ne sont pas passées inaperçues dans le monde. Il est probable que beaucoup de pays – et de peuples -  y auront vu un signe majeur du  déclin des Etats-Unis et de leurs alliés européens. Il est encore trop tôt pour mesurer l’impact politique, économique, voire culturel qu’aura  l’affaire afghane  . Les Chinois se sentiront-ils  encouragés  à poursuivre « la  route de la soie », seront-ils plus impatients de  mettre la main sur Taiwan ?  Une nouvelle fois les alliés des Etats-Unis auront vu qu’ils n’étaient pas des soutiens  fiables. Quelles conclusions en tirera Moscou, menacé à son tour si les talibans voulaient continuer à répandre l’islam salafiste ?  Les  Russes sont  en tous les cas confortés dans leur rôle de gendarmes de l’Asie centrale.

 

Le résultat d’agressions américaines

 

Ces deux échecs ne sont nullement la conséquence d’une attaque  que les Américains auraient subie et qu’ ils ne seraient pas arrivés à repousser. Dans les deux cas, la guerre a commencé  par une agression américaine, directe en Afghanistan (2001),  par islamistes interposés en Syrie (2011).

Dans les deux cas, les motifs invoqués étaient très  peu justifiés. En Afghanistan, il s’agissait de venger le 11 septembre dont le commanditaire supposé, Ben Laden, aurait entrainé ses hommes  chez les talibans alors au pouvoir en Afghanistan. Comment imaginer que des attentats aussi sophistiqués que ceux des Tours jumelles auraient pu être  préparés dans des cavernes de l’Hindou Kusch ? Mais il fallait que la bête blessée se vengeât tout de suite sur quelqu’un. Les talibans paraissaient une cible facile. L’Irak, autre cible,  encore moins impliquée dans l’attentat  mais   plus compliquée à aborder, attendit deux ans.

La déstabilisation de la Syrie était au programme depuis plusieurs années, préparée notamment par les services secrets allemands. Elle fut engagée dans la vague des printemps arabes dont elle paraissait la continuation logique. La Russie avait une petite dizaine d’Etats alliés au Proche-Orient au temps du communisme, il ne lui en restait qu’un, la Syrie. Les néo-cons si bien nommés pensèrent  que Poutine se laisserait faire si on lui prenait le seul pont d’appui qui lui restait.  Il fallait aussi éliminer un allié de l’Iran au risque, en cas d’échec,  de renforcer toutes les armées hostiles à Israël : armée syrienne, Hezbollah Pasdaran,  voire certaines milices islamistes à qui ont   été offert dix ans d’entrainement de haut niveau. La Syrie des Assad n’avait jamais menacé Israël en quarante ans, mais là aussi l’hybris de puissance fit qu’on voulut la mettre à genoux, sans nécessité véritable.

Les erreurs d’appréciation furent multiples : en Afghanistan, les Américains, qui restent des républicains bon teint,  ont négligé la carte d’une  monarchie encore légitime dont le  prestige aurait pu faire pièce aux talibans, préférant s’appuyer sur  des  collaborateurs corrompus. En Syrie, on ignora le fait alaouite : le pays  ( et l’armée)  était entre les mains d’une minorité religieuse qui aurait été exterminée si elle le lâchait.

Dans les deux cas, les Etats-Unis faisaient la guerre sans  aucune politique  de rechange. Ils cherchèrent en vain une solution alternative  aux talibans ;  en Syrie, de même. Faire tomber Damas, c’était donner pouvoir à Al Qaida ( Al Nosrah ) , auteur supposé des attentats de 2001 , et sur le terrain, par un étrange paradoxe, principal alliés des Etats-Unis. L’impression dominante, surtout sous Obama, était que les Américains ne savaient pas exactement ce qu’ils voulaient. Même avec le plus puissante armée  du monde,  ce n’est pas comme cela qu’on gagne les guerres.

Voilà donc pour Washington et ses alliés, deux immenses baffes dont on peut dire qu’ils sont allés les chercher !  Par malheur dans ces deux affaires ,  la France, qui,  conforment à sa vocation, aurait pu tenir un rôle singulier,  a seulement joué le caniche qui suit le gros chien,  jusque dans ses pires égarements.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 13:07

MAIS QUELLE MOUCHE L’A PIQUE ?

 

Beaucoup, y compris parmi ses partisans s’étonnent que le président Macron ait engagé  une bataille aussi violente  pour imposer la vaccination  à tous les Français.

D’abord son discours , totalement dépourvu de chaleur, raide, autoritaire, méprisant, jouant de manière surfaite la statue de marbre inébranlable, où certains voient une pointe de sadisme,  et contenant en tous cas beaucoup d’assertions contestables. Le sentiment aussi qu’il était ailleurs. On était habitué à ce style mais pas à ce point.

Ca passe ou ça casse,  semble-t-il s’être dit.

L’appareil exécutif a peut-être les  moyens de passer la loi « en force », ce qui ‘est pas à l’honneur de notre parlement qui, à la différence du Parlement britannique ne sert plus même de « garde-fou ». Mais qui n’entend le rejet profond de la population française, non au vaccin mais à cette pression insensée, digne d’un pays totalitaire, qui s’exerce  sur eux.

Macron n’y va  pas  de main morte : l’accès à tous les spectacles, centres commerciaux, bars et restaurants,  piscines, trains, voire les écoles et les hôpitaux seront conditionnés par   la présentation du passeport  sanitaire,   c’est dire la preuve que l’on a    été vacciné. Les enfants pourront l’ être  sur l’avis d’un seul parent. Tout cela est inimaginable .

Le noyau qui résiste est en partie mu par la crainte des effets secondaires, immédiats ou dans  un certain délai,   d’un vaccin qui reste expérimental et use de procédés inédits, de type génétique. La France est un des rares pays qui n’offre pas l’alternative d’  un vaccin  normal, par virus inactivé  et donc sans risques,  comme c’est le  cas de la Chine ou  du Royaume-Uni. Les vaccins de ce type qui ont  été mis au point par des   laboratoires français sont bloqués.

La résistance, c’est aussi le vieil instinct de liberté  propre au peuple français et qu’on aurait tort de sous-estimer. Dans les manifestations,   on ne  reconnait pas les têtes habituelles de droite  et de gauche : c’est un signe.   L’individu résiste  d’autant plus que c’est à  son identité  génétique  , la plus intime  qui soit,  que l’on risque de toucher.

Même si une majorité finit par se faire vacciner,  les irréductibles ne pourront pas être réduits par la force. Ils sont une élite , ceux qui dans les tempêtes ont toujours dressé la tête et peut-être ceux qui qui seront aux commandes demain.

Pourquoi  cette subite offensive   ?  Les chiffres de décès, toujours faibles ( 115 par semaine en France, en baisse ) et même de contamination ne la justifient pas. Les pays qui ont abandonné tout effort de lute contre la pandémie comme le tiers des Etats américains ne se portent pas plus mal que les autres. Des pays très vaccinés comme Israël restent menacés.   

 

Le monde ne comprend pas

Le monde ne comprend pas : la presse britannique , un pays où tout est redevenu libre , met en doute la santé mentale de Macron[1]. Même son de cloche en Australie ( Sky News Australia : "Has Président Macron gone mad?").

Mme Merkel se gausse    et réaffirme qu’il n’ y aura aucune obligation vaccinale en Allemagne, tout en rappelant perfidement que Macron avait promis qu’il n’y en aurait pas en France…[2] Même réaction narquoise  en Chine, ce qui est  un  comble . Mais vraiment qu’est-ce qui lui prend ?  dit-on un  peu partout.

Si le Conseil d’Etat s’est fait discret, comme d’habitude,  le défenseur des  droits Mme Claire Hédon a mis en garde courageusement contre une dérive très grave en matière de droits de la  personne, et conteste la  procédure d’urgence.

Quelle est donc la motivation du président  se demande-t-on partout ?

La première hypothèse est un accès  d’autoritarisme, l’ impatience d’un homme devenu très impopulaire  ,  qui, le 14 juillet,  a descendu  les Champs   Elysées sous les sifflets  des rares présents. Ou encore la fâcherie d’un enfant gâté  qui casse les jouets. La France a un rang honorable quant aux taux de vaccination : 48 %. Pourquoi s’énerver ?  L’européiste Macron voudrait-il qu’elle donne  l’exemple au Vingt-sept, voire au reste du monde ?  

Est-ce une stratégie  de campagne ? Faire que les Français , devenus des zombies vivant dans la crainte de l’autorité  le réélisent dans un climat de quasi-terreur ? 

Troisième hypothèse : Macro, en a reçu l’ordre . On connait sa proximité avec Bill  Gates promoteur d’un plan de vaccination mondial  à qui Macron avait offert l’an dernier, malgré nos finances  délabrées, un demi-milliard pour promouvoir la vaccination dans le monde.

Le couple Gates – Fauci  est aujourd’hui aux abois. La Cour suprême a ouvert la voie,  à la demande de Robert Kennedy Jr  , avocat new-yorkais et neveu du président, à la possible inculpation de Gates  pour crimes contre l’humanité  - des vaccinations hasardeuses dans le Tiers Monde.  La justice a rendu publics les courriels de Fauci qui confirment beaucoup de soupçons des « complotistes », par exemple le caractère artificiel du virus.    Il n’est pas exclu que ces gens aient demandé aux pays d’Europe , via Bruxelles, d’accélérer le vaccination et que devant le  refus de Merkel et de Johnson , ils se soient rabattu  sur Macron , le meilleur élève de la classe mondialiste - comme Sanchez en Espagne. Les Français sauront lui rappeler qu’ils restent  des hommes libres.

 

Roland HUREAUX

 

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 13:06

REGIONALES : SE MEFIER DE L’ELECTEUR QUI DORT

 

Il serait hasardeux de tirer des conclusions des élections régionales pour les appliquer à la prochaine présidentielle.

 

Le club des sortants

 

Le premier vainqueur, c’est le club des sortants. Tous  les présidents de région sont réélus en métropole, aucune ( hors la Réunion) n’a vu  sa majorité basculer . Et comment s’en étonner ?  La région ne sert qu’à distribuer de l’argent aux départements et aux communes, aux entreprises, aux associations . C’est même   par elle que transitent les  crédits  européens  ( la fameuse « Europe des régions ») . Le président de région n’a presque aucun de ces pouvoirs régaliens qui pourraient faire des mécontents : police de la circulation  et du stationnement,  urbanisme, gestion des innombrables problèmes de proximité[1].  C’est essentiellement le maire et le préfet qui se chargent de ces tâches ingrates.  La fiscalité régionale, mêlée aux autres, passe inaperçue. 

Au départ,  les régions avaient  d’abord des compétences stratégiques : aménagement du territoire, action économique ( très limitée par les règles anticoncurrentielles  de  Bruxelles), formation professionnelle, plus les lycées et, de fait, l’enseignement supérieur. Mais les conseils régionaux ont  voulu se rapprocher  du terrain multipliant, en concurrence avec les conseils départementaux, les petites enveloppes destinées aux communes, finançant ici un cinéma, là le toit d’une église, un terrain de football, etc.  toutes opérations plus clientélistes que stratégiques. Comment ne pas dire merci aux présidents en place ?  Il  n’était donc pas facile  de battre un sortant. Et personne ne l’a fait.

Au point qu’on s’interroge de plus en plus sur l’utilité d’une structure  coûteuse  qui fait souvent double emploi avec les départements et l’Etat : on évoque  le retour à l’élections indirecte par les entités locales sur  un format plus réduit, soit la suppression pure et simple de la région.

 

Une abstention logique

 

L’autre vainqueur , ce sont les abstentionnistes :  près des deux tiers  du corps électoral. Elle s’explique aussi.

Ne nous y trompons pas : le rejet de la classe politique et du système , dans les profondeurs du peuple français, est violent. Les ténors  issus des Républicains, brillamment réélus :  Bertrand, Pécresse , Wauquiez auraient tort d’imaginer  que les électeurs,  assagis,  seraient  revenus au  bercail du « cercle de  raison », à un centre droit à  l’identité plus incertaine que jamais.

Il ne sert à rien de faire le procès des hommes politiques ;  c’est la  ligne ( ou l’ absence de ligne) des partis du courant principal, qui est en cause . Ils semblent ne plus faire qu’appliquer   des décisions prises au  niveau international ( OMC, OMS,  GIEC, OTAN, OCDE ) ou continental  ( CEDH) , la commission de Bruxelles n’étant qu’un rouage exécutif.   Cette politique mondialisée, les  Français n’en perçoivent pas toujours l’origine, mais ils l’abhorrent et voient qu’aucun politique  français n’est assez courageux pour la remettre  en cause.

Ce rejet peut s’exprimer électoralement de deux manières : le vote de rupture  ou l’abstention . C’est celle-ci qui a été choisie aux régionales.  Très intelligemment , les opposants au système  ont compris que , pour effectuer un vrai changement, les élections  régionales ne servaient  à  rien.

Ceux  qui sont allés voter  : les raisonnables, les obéissants, on les dit plus instruits  ( les fameuses  CSP +)  mais ils comprennent beaucoup de personnes âgées de niveau modeste qui ont voté comme on votait il y a cinquante ans : gauche /droite.   Habitués à ce monde , ils sont moins portés aux ruptures.

Mais, dans un autre contexte, par exemple  lors d’un second tour de présidentielle serré entre des options antinomiques, comme ce fut le cas récemment aux Etats-Unis[2], il ne faut pas exclure que cette masse qui semble aujourd’hui assoupie  (et comprend le plupart des jeunes) se réveille,  et cela pour « casser la baraque » faisant le choix de la rupture, surtout si le candidat des forces dominantes reste Macron dont l’élection a montré l’usure.

 

Pas de figure de référence

 

Une telle rupture supposerait qu’il y ait une figure de référence . Mais Marine Le Pen sort elle aussi affaiblie de ces régionales, malgré la mise en avant de ralliés crédibles  comme Garraud, Mariani, Juvin  . Son recul général ne s’explique pas seulement  par l’abstention  : ont aussi joué  une campagne peu imaginative , axée sur le seul thème de la sécurité ( dont la demande  qui ressort des  sondages n’est que l’expression d’un malaise beaucoup  plus profond) , les efforts de dédiabolisation  ( sur l’Europe, sur le covid etc.)   qui laissent  de moins en moins espérer  d’elle une vraie rupture, une politique interne qui a conduit à mettre à l’écart un peu partout  les militants éprouvés  au bénéfice de jeunes apparatchiks sans attaches locales , entrainant  la désorganisation de beaucoup de  fédérations.  Mais comme disait Siéyès, en politique, on ne supprime que ce qu’on remplace et pour le moment, M.Le Pen  n’est pas remplacée.

La gauche , depuis longtemps à la remorque d’un mondialisme  honni, est, malgré les gesticulations pathétiques de Mélenchon, encore moins en mesure d’offrir une alternative.

La stagnation générale de notre paysage politique qui ressort de ces élections  est en décalage  total avec l’immense malaise qui est celui de la France d’aujourd’hui. Dans un tel contexte, toute initiative qui  pourrait  faire bouger les lignes est désormais  bienvenue.

 

Roland HUREAUX

 

[1] Il est d’autant plus paradoxal que tant de candidats aient fait campagne sur la sécurité  sur laquelle la Région  n’a aucune prise.

[2] Dans certains états, la participation  a même atteint les 110 % !  

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 13:04

PAS DE PARDON A KIGALI

 

Ce titre à la Gérard de Villiers voudrait montrer l’inanité de la démarche du président de la République allant demander pardon à Kigali pour la supposée  « accablante responsabilité  de la  France »  dans le génocide qui a eu lieu au Rwanda  en 1994.

Nous ne croyons pas une seconde que les vraies  raisons de ce  voyage déshonorant soient la volonté de réconciliation entre la France et le Rwanda,  mais admettons.

D’abord qui peut parler au nom de qui  ? Kagame ne représente que les 5 % de Tutsi ( 10 % avant 1994) . Il est très probable que les 85  % de Hutus , vivant sous la terreur,  le détestent .  Kagame  est en place depuis 25 ans. Son régime est fatigué, sa cote internationale en baisse ( seul Macron semble l’ignorer) . Les Etats-Unis qui l’ont porté au pouvoir et toujours soutenu commencent à s’apercevoir – il était temps ! -  qu’il ne respecte pas les droits de l’homme : être élu  sans opposition, avoir mis quelques dissidents  en prison, c’est pour eux  plus grave que d’avoir  provoqué la mort de plusieurs millions de personnes. Il reste que l’idée fait son chemin outre-Atlantique que Kagame pourrait ne pas être un interlocuteur respectable.

Quant à Macron  que les deux tiers des Français ne souhaitent pas voir réélu[1] ,  combien se  sentent  encore engagé  par ce qu’il dit ?

Il reste que cette rencontre pose un  problème grave, et d’abord du côté du Rwanda.

 

La France n’a rien à se reprocher

 

La question n’est en effet pas celle de  la responsabilité  de la  France : elle n’a rien à se reprocher dans cette affaire . On peut douter de  l’opportunité de l’appui apporté  par François Mitterrand au  président hutu  Juvénal Habyarimana ( en place de 1978  à 1994). Mais discuter une politique n’est pas condamner  et encore moins criminaliser. Il n’était en tous cas pas honteux de soutenir ce  président : les grands massacres ont eu lieu après sa mort. Il avait une assise démocratique, celle de  l’ethnie hutu, majoritaire à 85 %. Il était infiniment moins despotique et criminel  et même moins  corrompu (et encore moins corrupteur ! ) que  Kagame qui lui a succédé. Il faut être beaucoup plus répressif pout assurer la domination d’une minorité de  5  % de la population que d’une majorité de 85 %. Or, dès le départ,  l’actuel régime  était fondé sur une terreur dont il y a peu d’exemples récents sur la planète.  

Il a été amplement démontré par ailleurs que les troupes de l’opération Turquise envoyées en interposition à l’été 1994, n’ont été en aucune manière complices de génocide[2]. Il n’y avait donc rien à se faire pardonner du côté français. Mais qui pardonnera  jamais à Kagame ?

Le problème véritable est celui de la responsabilité du dictateur  dans les crimes qui ont ensanglanté cette région. Elle est presque totale :

Kagame

  • A entrepris d’envahir le Rwanda en 1990 , sans aucune légitimité sinon celle  représenter l’ancienne noblesse tutsi en exil ;
  • A commis de terribles  massacres de Hutu au fur et à mesure que ses troupes avançaient  ; le million de paysans  hutu réfugiés à Kigali pour fuir en savaient  quelque chose ;
  • N’a pas appliqué  le cessez- le feu prévu  dans les accords d’Arusha  (1993) et continué à avancer , bénéficiant de  l’appui de ses parrains anglo-saxons alors que le camp gouvernemental  se trouva brusquement privé de celui de la France , seule à respecter les accords ;
  • A détruit en vol l’avion qui transportait le président Habyarimana  et son collègue du Burundi, également hutu, le 6 avril  2018, ce qui a déclenché la vague de massacres de l’été 1994  ( plusieurs centaines de milliers de victimes, pas seulement tutsi );
  • A lancé en  1997, ses troupes à l’assaut du Congo voisin, qu’elles ont parcouru pour éliminer les Hutu réfugiés et de nombreux Congolais, tuant les hommes et mutilant atrocement les femmes que le Dr Mukwege , prix Nobel de la Paix 2018  et témoin irrécusable,  s’évertuait à  réparer ( plusieurs millions de victimes hutu et congolaises)[3] (Cf Rapport Mapping du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés 2009).

Cela , tous les chefs d’Etat  le savent, en tous les cas les Africains. En allant demander pardon  au principal  responsable de ces atrocités, Macron se ridiculise à la face du monde.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[1] https://www.ladepeche.fr/2021/04/27/les-francais-jugent-durement-le-bilan-de-macron-9512348.php

[2] Voir en particulier Charles Onana ,  Vérité sur l’Opération Turquoise, L’Artilleur 2019 et Enquêtes sur un attentat , Rwanda  6 avril 1994 , L’Artilleur 2021.

[3] Rapport Mapping du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés , 2009. https://www.ohchr.org/documents/countries/cd/drc_mapping_report_final_fr.pdf

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 13:01

LES DEUX CLIVAGES FRANÇAIS

 

Il est commun aujourd’hui de pointer l’éclatement de la société française en de multiples entités, qui formeraient comme un « archipel », où on aurait du mal à reconnaitre la France d’autrefois « catholique et républicaine »[1].

Il est cependant possible, dès lors que l’on prend quelque recul, de discerner deux clivages majeurs, distinct de ceux du passé, qui ne se croisent qu’en partie et auxquels la plupart des autres se ramènent.

 

Un clivage ethnique

 

Le premier de ces clivages est tout simplement ethnique et résulte de l’immigration. Il oppose les indigènes, que certains appellent les « Français de souche »   et les héritiers de plusieurs vagues d’immigration, dont les dernières, peu ou pas assimilées,   n’ont pas  encore accédé à la citoyenneté. Il est très difficile de donner des chiffres :  selon l’INED, près d’un Français sur trois aurait un grand-parent issu de l’immigration et ce pourcentage ne cesse de s’élever.  Mais il est risqué de mettre dans le même ensemble, des  petits enfants d’immigrés espagnols ou italiens sans attaches avec leur pays d’origine et entièrement francisés et de jeunes sub-sahariens arrivés récemment sur le territoire national.

Il se peut que le clivage principal soit aujourd’hui moins celui des origines que celui de la religion. Le fait que la majorité de l’immigration récente soit musulmane, combinée à certains caractères de cette religion comme la forte endogamie ou le rattachement à une Oumma internationale, instaure une distance sociale et culturelle que n’avaient jamais entrainée les vagues précédentes, venues pour l’essentiel de l’Europe catholique.  Ce qui perturbe le plus les indigènes, c’est moins le poids  numérique des allogènes, surtout musulmans, que   sa croissance relative du fait du différentiel de natalité et de la poursuite d’un flux d’immigration que les gouvernements d’Europe de l’Ouest ne se soucient que peu de freiner. A cet égard, l’interdiction des statistiques ethniques ou religieuses nourrit l’inquiétude ou les fantasmes plus qu’elle n’apaise les esprits. Le moment où les indigènes seront minoritaires est certes assez éloigné, mais il suffit qu’une communauté allogène  représente une forte minorité – et cette perspective est très proche ou déjà atteinte si l’on ne compte que le moins de trente ans - , pour que s’instaure un climat de guerre civile qui ne ferait que rendre plus difficile l’assimilation.  Voir le Liban ou la Bosnie. Disons le clairement : pour que la paix civile se maintienne, il faut que l’une des communautés  et de préférence l’historique  soit clairement hégémonique et que les taux de natalité soient comparables. Ajoutons que le repli sur soi, sociologique et bureaucratique, de l’Eglise catholique qui, multipliant les obstacles au baptême, semble réticente à la conversion des musulmans, nourrit aussi l’angoisse d’une mise en minorité des natifs, et, par là, son expression politique.

Que beaucoup de ces natifs ressentent leur différence avec les nouveaux venus, ne saurait cacher l‘hétérogénéité du monde de l’immigration : différence ente les maghrébins et les subsahariens, entre les maghrébins d’origine marocaine et algérienne (qui n’ont pas du tout le même souvenir de la colonisation), entre les subsahariens musulmans et chrétiens. Le fossé est également profond entre les musulmans africains et les autres : Turcs, Albanais, Tchétchènes. Bien que très divers, ces groupes ne se mélangent , en partie,  que dans les bandes délinquantes. Européens depuis cinq siècles et généralement chrétiens, les Roms et apparentés constituent un groupe à part que seule l’ignorance des Français de souche classe parmi les immigrés.

Que les islamistes militants, voire terroristes, ne constituent qu’une faible minorité ne saurait nous rassurer :  en cas de crise, la solidarité communautaire se ferait bien plus large, surtout si elle se conjugue avec la séparation des  territoires. 

 

Un clivage politico-existentiel

 

Mais sur le plan politique le clivage majeur n’est pas là. Il sépare de plus en plus ceux qui se rattachent à la « pensée unique » européenne et internationale et ceux qui s’y opposent. La pensée unique internationale :  l’euro et l’Europe de Bruxelles, une justice marquée par la cuture de l’excuse et  le rejet du répressif, l’antiracisme et la sympathie pour l’immigration, l’écologie, le mariage homosexuel et la théorie du genre, et surtout la haine du supposé fascisme, notion élargie à tout forme de sentiment national ou identitaire (sauf celui des minorités). Ajoutons que la mouvance dominante accepte mieux la discipline sanitaire.

Il est difficile de voir comment se partagent ces deux groupes :  moins significatifs que les deuxièmes tours des présidentielles en 2001 ou 2017, les référendums sur l’Europe (1992 et 2005), les sondages sur la PMA ou l’immigration  donnent le sentiment d’un partage moitié-moitié, d’autant plus inquiétant que, le durcissement idéologique aidant, le dialogue est de plus en plus difficile entre les deux France – entre la France et l’anti-France diront certains.

Mais le camp mondialiste contrôle la quasi-totalité des médias, la plupart des partis politiques, des sphères supérieures de l’Etat , des milieux d’affaires,  et a l’appui officiel de toutes les Eglises ; n’était ce rapport de forces inégal, ressenti par beaucoup comme oppressif, la France se trouverait au bord de la guerre civile comme le sont les Etats-Unis, selon les mêmes clivages.  

Ceux qui se rattachent au mondialisme : presque toute gauche, le centre et une partie de la droite classique; le seul grand parti qui s’en démarque clairement est le Rassemblement national, mais ses idées sur certains sujets comme l’immigration, quoique tenues pour politiquement incorrectes,  recueillent un assentiment majoritaire.

Il faut aussi tenir compte des attitudes schizophréniques : tel qui dit « j’ai toujours voté à gauche » et  ne supporte pas l’islam .

Les deux clivages, ethnique et politique, ont une dimension géographique. L’immigration récente tend à se concentrer dans les villes et au sein des villes, dans certains quartiers, généralement de banlieue.   Moins que d’un supposé racisme, cette ghettoïsation résulte de l’importance prise en France par le logement social et du laxisme judicaire qui n’assure pas la sécurité de indigènes dans les quartiers dominés par les allogènes.

Le second  clivage a aussi une base géographique, légèrement différente : l’adhésion au mainstream et à tout ce qui va  avec, est le propre des grandes métropoles, spécialement des quartiers bourgeois, dits  bobos, alors que l’opposition à la  pensée dominante vient plutôt des banlieues où les indigènes cohabitent avec les immigrés, des villes moyennes et petites et du monde rural.  En bref, d’un côté tous ceux qui profitent de  la mondialisation, plus ou moins branchés sur l’international (branchés tout court) et en face, tous ceux qui en pâtissent : paysans, ouvriers, chômeurs et de plus en plus une classe moyenne déclassée, en partie  le peuple des Gilets jaunes . Les fonctionnaires de tradition de gauche, comme les enseignants, protégés par leur statut, mais dont le niveau de vie régresse,  sont de plus en plus partagés.

Les deux clivages que nous venons de marquer bousculent les oppositions traditionnelles.  La droite et la gauche classiques cherchent en vain ce qui les sépare. L’extrême-gauche, sans projet,  propre, ne sert qu’à leur apporter un appui bruyant face aux défenseurs de l’identité.  Avec le passage à gauche des très grandes fortunes qui tiennent les médias, la lutte des classes  a changé de visage. La France cléricale et la France laïque sont des catégories à revoir : la première, attachée à la nation, est bousculée par l’attitude cosmopolite du pape François et de l’épiscopat, ainsi que de la quasi-totalité de la presse catholique : entre ceux qui suivent le courant officiel et ceux, nombreux,  qui ne le suivent pas (d’où vient la grande majorité de vocations), une sérieuse division s’est instaurée. Le France laïque est profondément remise en cause par l’islam, notamment à l’école :  les uns défendent l’« islamo-gauchisme » , les autres passent au Front national.  L’anticléricalisme, qui est plutôt un anticatholicisme,  est, contrairement à ce que l’on croit, plus virulent que jamais, notamment dans les médias : les uns rejettent, avec l’islam, toutes les religions, les autres refusent violemment  les positions de l’Eglise catholique sur les problèmes sociétaux (homosexualité, avortement) : qu’elle les mette en veilleuse n’y change rien. L’Eglise de France est cependant moins divisée sur ces questions que celles d’Allemagne ou des Etats-Unis. 

Les clivages entre régions se sont aussi très estompés. Deux facteurs  : les programmes de télévision (sauf pour les Maghrébins utilisant les paraboles) et les intermariages.  La modernité a très peu décloisonné les pays d’Europe entre eux (l’homogénéité économique et le monopole de l’anglais basique tendent  au contraire à les faire se replier) ;  en revanche, l’espace national est plus homogène que jamais, comme le montrent le chauvinisme sportif et les généalogies de plus en plus interrégionales. Les autonomismes régionaux se sont tempérés.

 

Danger d’éclatement

 

La politique conduit à d’étonnantes alliances à travers ces clivages. Le monde de l’immigration, malgré son horreur du mariage homosexuel, vote en partie comme la bourgeoisie libertaire  (dite bobo). La communauté juive, hostile généralement aux partis identitaires  mais pro-israélienne, vote souvent comme les Arabes pro-palestiniens. Jusqu’à quand ? Les anciens fiefs communistes comme le Pays noir, se reconnaissent de plus en plus dans le Rassemblement national. Les défenseurs de l’identité française trouvent plus de sympathie qu’on ne croit dans des groupes, souvent tenus pour « différents » :   originaires de l’outre-mer,  descendants de l’immigration ancienne ou des Harkis, Africains chrétiens, musulmans laïcisés  ou chrétiens d’Orient. Mais ces groupes sont trop peu nombreux pour déterminer de nouveaux clivages.

Le clivage majeur reste entre le camp mondialiste et le camp national.  Il est plus que politique : il est existentiel. Il ne faut pas négliger là les risques d’une fracture majeure, par exemple si la prochaine présidentielle aboutissait, entre des candidats séparés par cette question,  à un second tour serré sur fond de fraudes importantes. Le clivage que nous appellerons ethnique ou religieux , entre natifs et immigrants récents,  est largement subordonné au premier : si le groupe politique dominant   n’encourageait pas   secrètement l’immigration (à l’instar de tous les pouvoirs transnationaux,  de l’ONU à l’Union européenne),  n’exaspérait pas l’autre par un antiracisme exacerbé , généralement pire que toutes les formes de haine raciste,  ce que   Guillaume Bigot[2] appelle la populophobie, si une  justice non-politisée appuyait  mieux la police dans ses efforts de rétablir l’ordre sur tout le  territoire national, si les enseignants et les journalistes incitaient au respect de la  France, si l’on revenait de la laïcité  soixante-huitarde transgressive, type Charlie,  à celle de Jules Ferry   respectueuse  de toutes les croyances  ( mais aussi des  données scientifiques ) , il est probable que la question migratoire cesserait d’avoir  la dimension anxiogène et conflictuelle  qu’elle a  aujourd’hui et que, sauf changement majeur, elle aura de plus en plus.  Pour cela, il ne faut pas que les patriotes se trompent d’adversaire.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

[1] Jérôme Fourquet, L’Archipel français, Seuil 2019.

[2] Guillaume Bigot, La populophobie , Plon 2020.

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 12:59

 

Le plus intéressant dans la « Tribune des militaires » lancée par une vingtaine de généraux en 2e section n’est pas de savoir si elle est légale ou pas. Nul ne conteste le droit des anciens militaires à se présenter à toutes les élections, pourquoi n’auraient-ils pas celui de donner leur avis sur les affaires de la République ?

Non, le plus étonnant est l’écho extraordinaire rencontré par cette initiative qui, en d’autres temps, n’aurait eu qu’un impact limité. Il est vrai que le gouvernement y a mis du sien demandant au chef d’état-major des armées de lancer des poursuites,  à laquelle le parquet de Paris n’a pas donné suite ;    quoiqu’ elle ne dise pas grand chose hors du fait que les lois doivent être appliquées et l’ordre assuré, cette tribune a été , selon les sondages, approuvée par 58 % des Français, ce qui témoigne de la popularité de l’institution militaire. Des milliers d’officiers moins gradés ont signé.

 

Un élu républicain ?

Cet écho formidable témoigne de la très faible légitimité de l’actuel président de la République.

Dès son élection, il pouvait être tenu pour illégitime. En janvier 2017, le favori était François Fillon. Un article du Canard enchaîné le mettant en cause pour l’emploi de sa femme, une affaire tenue par beaucoup pour mineure entraine   le jour même de sa parution, célérité rare, l’ouverture d’une enquête par le parquet financier. Il s’en suit quatre mois de harcèlement médiatique et judiciaire sans lesquels Macron n’aurait pas été élu. Quoique  ces poursuites soient passées entre le mailles d’une législation nécessairement datée , elles représentaient une entorse grave à l’esprit des institutions telles qu’elles avaient  été établies  à la Révolution, bannissant notamment ce qui avait été une plaie de l’Ancien régime : l’interférence des corps judicaire dans l’ordre  politique : l’ article 13 du titre II de la loi des 16 et 24 août 1790 ( reprise par la loi du 16 fructidor an III ) , toujours en vigueur, dispose que  « Les juges ne pourront, à peine de forfaiture, troubler de quelque manière que ce soit les opérations des corps administratif, ni citer devant eux les administrateurs pour raison de leurs fonctions ». Que les élections chargées de désigner ceux qui dirigeront l’administration a tous les niveaux étaient inclues dans ces défenses a été confirmé par la loi du 31 mars 1914, devenue les articles L. 106 et L. 108 du Code électoral ou encore la loi n° 82-213 du 2 mars 1982 qui limitent les pouvoirs des juges à l’égard des candidats en période électorale. Celle qui était alors patronne du parquet financier, Eliane Houlette, a vendu depuis la mèche, avouant qu’il s’agissait d’une opération politique dont le but était de faire battre Fillon.

Bien que le Conseil constitutionnel ait validé l’élection de Macron en 2017, comme il le fait toujours avec les candidats élus, de nombreuses interrogations subsistent sur le respect réel des plafonds de dépenses 22 500 000 €. Ce ne sont pas des complotistes d’extrême droite mais des journaux anglais très respectables qui signalent un appui financier de Soros à hauteur de 2 000 000 €. Par quel canal ? Le premier dîner de recherche de fonds de Macron a eu lieu à Londres sous la présidence d’un dirigeant de Goldman Sachs.

 

L’exercice du pouvoir à contre-sens

 

C’est un respectable député LR, Olivier Marleix  qui après avoir présidé une commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Alstom , ce joyau industriel français vendu à General Electric avec un appui très fort de Macron encore ministre des finances – pour être ensuite démantelé, dénonce, comme la loi l’y oblige au parquet de Paris le large recouvrement de la liste des personnes ayant tiré parti de l’affaire Alstom et des contributeurs à la campagne de l’actuel président, indice d’une prise illégale d’intérêt.

Dans la promotion de Macron et la mise à mort politique de Fillon, de plus en plus de Français voient la main de l’étranger. Quoi qu’il prétende, Macon n’est pas un élu républicain. Rien de plus fallacieux que l’appellation de son parti La République en marche.

Après la conquête du pouvoir, il y a son exercice. Ce n’est ni la constitution ni la morale chrétienne qui obligent un chef d’Etat à défendre de toutes ses forces les intérêts de son peuple, c’est un principe anthropologique point différent de celui qu’observaient les chefs de clan de la préhistoire. C’est aussi un facteur fondamental de la légitimité. Bien des erreurs ou des turpitudes peuvent être pardonnées à un chef d’Etat à condition qu’il défende les siens. Macron ne donne pas le sentiment de l’avoir compris.

Macron, comme tous les narcisses, s’aime lui-même. Enfermé dans une idéologie et un entourage globaliste, il n’a que mépris pour cette partie, majoritaire aujourd’hui, de la population qui n’entre pas dans ses desseins de dissolution de l’entité France dans un monde global.  Il les considère comme des arriérés qui mènent un combat d’arrière-garde ; s’il ne le dit pas, il le laisse transparaitre et certains de ses proches le disent carrément. Alors que son devoir est de respecter et estimer son peuple.

Nous avons évoqué l’affaire Alstom ; il y en a d’autres où le président-enfant, come dirait Montherlant, donne le sentiment de faire joujou avec le capital industriel français pour le dilapider.  Il semble en outre prendre   un plaisir quasi pathologique à parcourir le monde, surtout l’Afrique pour mettre en cause le passé de la France, l’accusant de crimes, y compris où il n’y pas le moindre fondement comme au Rwanda où il doit se rendre   prochainement pour une nouvelle couche de repentance. Autre anomalie par rapport aux devoirs traditionnel du chef qui, de tous les temps, doit au contraire rendre son peuple fier de lui-même . « Sursum corda » est le mot d’ordre du vrai chef.

Il n’a pas hésité à sacrifier les intérêts français pour faire « avancer » la construction européenne, ce qui n’est pas son rôle.  Son attachement au projet supranational européen lui fait sacrifier pour le faire « avancer », ce qui n’est pas son rôle. Exemple typique : il était si ardent à faire aboutir le plan de relance européen qu’il n’a pas hésité à infliger à la France déjà exsangue uns sacrifice de plusieurs dizaines de milliards : elle en paiera 80 pour en recevoir 40.  Les pays du Sud et de l’Est ont reçu des aides substantielles, ceux du Nord, donc l’Allemagne, un rabais sur leurs cotisations, la France  rien. Macron a voulu être le coq qui claironnerait l’avancée de l’histoire, il n’a été finalement que le dindon de la France. Nos partenaires en rient doucement.

Le principe de subsidiarité veut qu’on puisse aimer le tout (l’Europe) sans sacrifier la partie (la France).  N’ayant aucune culture religieuse, malgré un passage dans un collège jésuite décoloré, il l’ignore.  N’a-t-il pas dit à Alger qu’il n’y avait « pas de culture française » ? Ni sans doute de culture européenne.

Dès qu’il se croit au dessous de la couverture   radar de l’opinion publique, Macron ne rate aucune occasion de trahir les intérêts français. Sa passivité devant la montée de l’immigration, du chômage et de la violence, justement dénoncée par les généraux, ne relève pas de l’incompétence mais d’un dessein idéologique délibéré. 

Mal élu, grâce à ce qui ressemble fort à une manipulation internationale, totalement inconscient de ses devoirs de chef de l’Etat vis-à-vis du peuple fiançais, Macron  apparait  plus fragile que jamais. Militaires ou pas, Il n’est pas sûr qu’il puisse solliciter un second mandat

 

                                                                                                                                              Roland HUREAUX

 

 

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