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Roland HUREAUX

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 20:06

IMPOSSIBLE D’ETRE MONDIAISTE ET LIBERAL

 

Retour à Jean-Jacques Rousseau

 

Article paru dans Front populaire

 

Il était habituel il n’y a pas si longtemps de qualifier quelqu’un de « libéral et européen ». L’association de ces deux qualificatifs positifs allait presque de soi.

Être ouvert sur l’Europe – et par-delà, sur le monde – ne pas faire partie de ces nostalgiques à béret basque et baquette repliés sur le  terroir, était une posture éminemment chic.  L’un allait avec l’autre : européen voulait dire libéral, libéral voulait dire européen (nous dirons européiste car chacun est européen, qu’il le veuille ou non,  par la géographie et par la culture. )

Même aujourd’hui, où l’on parle du retour des nations,  surtout hors d’ Europe, cette formule vaut encore.

 

Le libre-échange contre l’autarcie fasciste

 

Les années trente avaient vu fleurir, sous l’effet de la grande dépression, les politiques autarciques : Allemagne, Italie, l’URSS ayant, elle,  fermé ses frontières dès 1917. Autarcie allait avec dictature, et donc libre-échange avec démocratie.

Cette posture s’est traduite d’abord par une volonté au sortir de la guerre d’instaurer un  libre-échange général , d’abord européen, puis mondial.  Le GATT, créé en 1947,  devenu l’OMC, s’était  fixé dès le départ l’objectif d’établir un espace mondial de liberté économique qui visait certes l’expansion des échanges et la prospérité générale[1]  – nous en voyons les effets avec la crise actuelle, à un moment où les échanges n’ont jamais été aussi libres !
Mais le libre-échange avait aussi une valeur morale. Il était une manière de se positionner contre les dictatures totalitaires.

C’était oublier que le mahatma Gandhi prêchait aussi l’autarcie (d’ailleurs certains ne l’avaient-ils pas taxé  de fascisme ?) , conscient que l’ouverture du marché qu’ avait imposée  la Grande-Bretagne  à l’Inde dans le cadre colonial avait ruiné son industrie [2].

C’était oublier aussi que le libéralisme politique avait connu son essor  dans la deuxième moitié du XIXe siècle, sous  l’égide  du protectionnisme le plus strict, lequel  avait permis entre autres à l’Allemagne et aux Etats-Unis de devenir de grandes puissances industrielles[3].

Il n’était pas  encore question en 1945  de libre circulation des capitaux , instaurée dans le cadre mondial à partir de 1986, ni de libre circulation des hommes, promue  par le traité d’Amsterdam (1995) destiné en théorie à permettre la liberté de mouvement  des ressortissants  de l’UE au sein d’un espace  unique, mais qui a , de fait, favorisé l’arrivée de plus en plus importante d’immigrants.

 

Vers une gouvernance mondiale

 

Les trente dernières années ont vu, en parallèle,  se développer la perspective d’une  gouvernance  mondiale. Jean Monnet  était déjà un mondialiste [4].  , faussement appelé  le père de l’Europe car  il s’est tenu à l’écart du traité de Rome qui a mis  en place les seules  institutions  durables de  la Communauté européenne  et qu’il  a tenté ensuite  de saborder le traité de réconciliation franco-allemand de 1963   Les directives européennes  si souvent mises en cause par les peuples d’Europe, spécialement  en  France, ne sont  pour la plupart que la mise en forme de directives extérieures, de l’OMC, de l’OMS, du FMI, du GIEC. Jacques Attali n’a-t-il pas  dit tout haut que la crise du Covid était l’occasion de créer enfin un Etat mondial ? C’est   aussi ce que dit le président  du Forum de Davos , Klaus Schwab[5],  qui ambitionne un « great reset », ce qui ne signifie nullement un changement de la direction prise  par le monde  au cours des trente dernières années,  mais au contraire une accélération des tendances qui n’entraient jusque-là dans les faits que lentement en raison de résistance de peuples : le plan de relance européen ne représente que 0,7 % du PIB de l’UE mais il est orchestré de telle manière que pression maximale s’exerce sur la Pologne et la Hongrie pour  qu’elles rentrent dans le rang et acceptent plus de supranationalité sur des sujets sensibles : immigration, mœurs , constitutifs de de leur identité.

Dès avant l’épidémie actuelle, des instances anti-fake news, en d’autres termes de  censure, s’étaient mises en place  à tous les nouveaux : public , à Bruxelles, dans les Etats nationaux, mais aussi privé : les hommes les plus riches du monde, patrons des Gafas, soutiens  de l’ordre mondial, s’arrogent le droit  de filtrer les messages dont ils offrent le vecteur : le président Trump s’est vu privé d’accès aux réseaux   dans les semaines qui ont précédé l’élection du 3 novembre . Tout aussi choquante est la quasi-unanimité des médias des deux côtés de l’Atlantique pour soutenir l’idéologie mondialiste. Pas de démocratie sans une presse non seulement libre mais plurielle.  Pendant ce temps, les tribunaux multiplient les procédures contre toute ce qui ne serait pas  politiquement correct, c’est à dire qui n’irait  pas dans le sens de  pensée dominante en matière d’ouverture à l’immigration, de féminisme (ou plutôt hyperféminisme), d’islamophobie, d’homophobie, de climat de libre-échange.

 

The great reset

 

L’épidémie du Covid-19 s’est accompagnée d’un recul sans précédent des libertés à l’initiative de  comités  mondialisés qui imposent leur disciplines aux Etats et aux citoyens : les plan de confinement sont presque partout les mêmes. Le seul pays qui s’en soit exonéré (sans avoir plus de malades), la Biélorussie,  est soumis à de fortes pressions.

La menace du réchauffement climatique   sert aussi de moyen de pression sur les Etats, les entreprises et les individus pur leur imposer une bureaucratie et une réglementation de plus en plus lourdes, l’attrition des industries classiques sans considération de la baisse de revenu et du chômage qui s’en suivront.

Malgré ces pressions quasi unanimes de l’ordre mondial contre les opinions divergentes, le suffrage universel a résisté au Royaume-Uni en imposant  le Brexit ; mais comme il risquait  aussi de passer outre les  pressions de médias unanimes aux dernières élections américaines,  une fraude massive a été organisée, dont nous ne connaissons par l’ampleur réelle  mais dont personne ne conteste le fait, pour assurer la défaite de Trump. Le patron de Facebook, l’homme le plus riche du monde s’était targué d’être celui  qui désignerait le prochain président[6].

 

Le retour du modèle chinois

 

Il est question de rendre obligatoire, selon le vœu de Bill Gates, deuxième fortune mondiale, la vaccination contre toutes sortes de maladies qui serait certifiée par une puce sous la peau. L’immense Chine a déjà établi un contrôle sans égal de sa  population.  Il y a quelques années ce système  totalitaire apparaissent comme un vestige du passé, le signe d’un régime en voie de mutation. Aujourd’hui, loin d’être un cas à part , la Chine pourrait bien être notre avenir. Le principe d’un enregistrement des faits et gestes de chacun, grâce à des caméras omniprésentes, conduisant  à l’attribution  d’une note globale de civisme conditionnant les droits de chacun fait son chemin.

Les disciplines de confinement de plus en plus strictes au fur et à mesure que la pandémie recule, vont habituer les terriens à obéir aveuglement et à oublier ces libertés fondamentales qui constituaient le cœur de notre civilisation même avant la Révolution française.

Autrement dit : à mesure que se profile une gouvernance mondiale, les libertés reculent partout. Cela n’est pas une coïncidence.  Loin d’être libéral, le mondialisme est , de manière intrinsèque, antilibéral et synonyme d’une oppression croissante insidieuse.

 

Relire Jean-Jacques Rousseau

 

Il est un auteur qui avait, à sa manière, prévu cela. C’est Jean-Jacques Rousseau qui, dans le  Contrat social, montre que les états de dimension réduite, comme la république de Genève sont un terrain plus favorable à la liberté et la démocratie que les grandes unités politiques. « Le rapport des magistrats au gouvernement  doit être inverse du rapport des sujets au souverain . C’est à dire que plus l’Etat s’agrandit, plus le gouvernement doit se resserrer. » ( Livre III, chapitre II). Un Etat comme le France  nécessitait , selon lui, un pouvoir ferme et centralisé : la monarchie louis-quatorzienne puis la République jacobine. A l’extrême, l’Empire russe ou l’Empire turc, par leur immensité, semblaient voués  au  summum de tyrannie[7].  

De ce texte capital, on peut dégager une loi qui devrait inspirer toutes les réflexions de notre temps, et qui contredit les préjugés répandus depuis 1945 : plus un Etat est grand plus les libertés sont opprimées, moins la démocratie est possible. A fortiori si se construit un état continental comme ambitionne de l’être l’Union européenne ou un Etat  mondial. Ajoutons que la suppression des libertés y est d’autant  plus nécessaire que ces nouveau Etats  sont hétérogènes.

Nous retrouvons la réflexion de Pierre Manent[8] sur l’émergence de démocratie en Europe qui , selon lui, n’a été possible que dans  des Etats nationaux homogènes, grands au départ mais devenus , de fait, plus petits  par les  progrès des moyens de communication.

Qui ne sait d’ailleurs que dans les hauts lieux où s’élabore la pensée politique mondiale : Trilatérale, club de Bideerberg, Forum de Davos, CFR, on   planche depuis des années sur les nécessaires restrictions  à apporter à la démocratie , toujours menacée selon ces gens,  par le  populisme,  en vue d’une meilleure gouvernance de la planète ?

Le mondialisme est un ennemi de liberté, comme à plus petite échelle l’est le   centralisme européen [9]; Il faut que cela se sache et que cela soit dit partout car il en va de notre dignité d’hommes et de femmes libres .

 

Roland HUREAUX

 

[1] Selon la théorie de Ricardo dite des avantages comparatifs, appliquée de manière exclusive et sans nuances.

[2] En 1800, l’industrie indienne est au niveau de celle de l’Allemagne. Un siècle après, elles sont à des niveaux complètement différents.

[3] Comme le montre l’économiste belge Paul Bairoch.

[4] " La Communauté européenne  elle-même n'est qu'une étape  vers les formes d'organisation du monde de demain" (Jean Monnet , Mémoires, LP, 1978, tome II, p. 330)

[5] Klaus Schwab & Thierry Malleret,  Covid19 :  the great reset, Forum publishnig, 2020.

[6] Il n’était que temps qu’une procédure anti-trust soit lancée  contre Facebook.

[7] Cette idée se trouve déjà, en partie , chez Aristote

[8] Pierre Manent, La raison des nations, Gallimard 2006.

[9] Nous ne parlons pas de fédéralisme européen car il y a belle lurette, en dépit de l’invocation du  principe  de subsidiarité, que l’Europe qui se construit est centralisée  – il ne saurait d’ailleurs en être autrement comme nous l’avons démontré.

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 20:03

ESPERONS QU’ILS AURONT ENFIN COMPRIS

 

Si l’on en croit les sondages, les  catholiques pratiquants, après avoir en majorité soutenu  Macron lors des élections de  2017, seraient les  derniers  à lui être encore  favorables.

S’il est vrai que cette popularité commence à s’éroder, on peut dire qu’il aura fallu bien du  temps pour  en arriver là.

Il ne faut pas regarder que les sondages . Une partie des  évêques, en tous les cas leur structure centrale la Conférence des évêques de France où subsiste un fort noyau de macroniens, la presse catholique  mainstream : La Croix, La Vie, Le Pèlerin et la plupart des journaux catholiques  diocésains  ont favorisé puis célébré  plus ou moins ouvertement  l’élection de Macron. Pour ce qui est des journaux, rien ne laisse supposer qu’ils aient vraiment changé. Ajoutons l’enthousiasme de certaines associations relais comme les APEL.

Il y a aussi le bouche à oreille  des beaux quartiers où  les   pratiquants étaient notoirement inclinés  vers Macron. Pour des raisons sociologiques :  ceux qui payaient l’ISF y étaient  nombreux et   influents – la considération financière passant, hélas,  presque toujours plus que les  autres.  Quelqu’un dont les idées personnelles étaient bien moins hostiles au catholicisme comme François Mitterrand est loin d’avoir bénéficié d’un tel crédit.  L’âge aussi  a joué : les personnes âgées restent le dernier bastion du macronisme.

Tout cela  explique la honteuse réception de Macron par l’épiscopat français aux Bernardins le 9 avril 2018 . Elle aurait pu être protocolaire, réservée et polie mais elle s’est terminée  par une standing ovation sans précédent dans l’histoire des relations de l’Eglise et de l’Etat  depuis Clovis. 

Pourtant dès cette réception,  Macron avait annoncé la couleur.  Il ne cachait pas que sur certains sujets, on sait lesquels,  il avait des idées différentes d’eux.  Il  s’est même permis, dans son discours,  de donner une leçon d’humilité aux évêques : il ne se sont pas là, dit-il, pour faire des « injonctions », mais seulement pour apporter des « questionnements », ce qui est évidemment moins dérangeant. Macron appelait les catholiques à s’engager dans la Cité mais surtout pas pour dire ce qu’ils pensent !  Donc pas de rappel intempestif de la loi naturelle ou de la doctrine chrétienne de tous les temps en matière bioéthique et évidemment pas de réédition de la Manif pour tous !   

Anecdotique ? La photo officielle du nouveau président a en arrière-plan Les Nourritures terrestres  de Gide, manifeste libertaire et homosexuel.

Autre terrain : à  peine arrivé au pouvoir, Macron s’est efforcé  de durcir la  guerre de Syrie, c’est à dite en  clair de renforcer l’aide aux djihadistes qui massacraient les chrétiens d’Orient. Heureusement, il a dû en rabattre quand Donald Trump s’est engagé dans une politique   d’apaisement.  

Comme on pouvait s’y attendre, le président a entrepris les réformes sociétales qu’il avait annoncées,  même si elles marquent le pas aujourd’hui (mais gare à une accélération subite si une fenêtre de tir se présente ! ) : autorisation de l’insémination artificielle des femmes seules ou en couple de femmes, allongement du délai  de l’avortement légal, voire autorisation jusqu’à la fin de la grossesse en cas de difficultés « psycho-sociales », une expression dont on sait  bien ce qu’elle veut  dire.  Si certains de ces projets, tous votés par l’Assemblée nationale mais pas par le Sénat, proviennent de propositions parlementaires,  chacun  sait que celles-ci  n’ont de chance  de prospérer que si elles reçoivent l’appui du gouvernement .  Ce dernier a su arrêter une proposition particulièrement scabreuse, celle d’implanter l’embryon d ’une des femmes en couple dans l’utérus de sa compagne mais pour le reste, il a donné son accord.

En dehors  de ces lois que Macron a  sans doute promises  aux réseaux internationaux qui l’ont fait élire, rappelons-nous la triste affaire Vincent Lambert : quelle naïveté chez ceux qui croient   que l’issue malheureuse de  l’affaire ne résultait pas   d’une volonté expresse du président !   

 

L’ombre de la culture de mort

 

Autre fait significatif :  les   dispositions scandaleuses  prises   sous  prétexte de Covid au printemps 2020 : sédation  lourde ( c’est à dire mise à mort) pour  les personnes âgées atteintes  ou paraissant atteintes du Covid  dans les maisons de retraite. Il ne fait pas de doute que  la pandémie a servi de prétexte à l’ extension insidieuse de l’euthanasie promise par Macron. Quelles étranges  affinités du jeune et fringant président avec la culture de mort ! Jeune  et chargé de l’avenir de la France mais qui ne veut pas d’enfants .

Il est regrettable que, pour les raisons sociologiques  mentionnées plus haut,  les organisateurs de manifestations contre les projets  bioéthiques   que nous venons d’évoquer aient refusé de le mettre en cause personnellement , comme si tout cela se passait dans son dos ! Les mêmes n’avaient pas tant ménagé  Hollande.

Quand le nouveau premier ministre, Castex ,  a fait en juillet dernier, son discours d’investiture , il n’a pas même   évoqué  les projets bioéthiques (ou anti-éthiques). Pourtant le lendemain , l’Assemblée était invitée  à débattre en urgence  de ces projets , ce qui n’a pas  empêché le site très officiel Alethéia  de se demander sottement qui parmi les nouveaux ministres étaient les plus catho-friendly, expression ridicule  qui signifie, outre le parallélisme mal venu avec gay-friendly, que l’on se contentera de quelques gentillesses pour en être content, indépendamment de prises de position de fond. Dans le même temps le ministre Véran déplorait publiquement,  avec une franchise de bien mauvais goût,  que le Covid ait diminué le rythme des avortements . Idéologie oblige,  des instructions ont été  données pour que  tout soit fait afin qu’ils puissent être  pratiqués alors même qu’en dehors de la réanimation, le autres services hospitaliers  tournaient  au ralenti.

Comment s’étonner dans un tel contexte que le confinement ait révélé  au  grand jour le mépris que le président a, en son for intérieur, pour  l’Eglise catholique et le  christianisme.  L’interdiction temporaire   des messes, alors que les supermarchés  restent  ouverts, la difficulté à moduler ou à lever   cette  interdiction alors que la politique est   beaucoup plus permissive  à l’égard de  certains commerces : pour Macron et son entourage, il est clair que  l’homme ne vit pas d’autre chose que  de pain.

N’hésitons pas  à le dire : le mépris insidieux qui est celui de l’actuelle équipe au pouvoir pour l’Eglise va bien au-delà  de la lutte   ouverte menée contre elle par les hommes de la  IIIe République. Elle est au fond beaucoup plus destructrice. Elle ne s’en prend pas seulement à une institution mais à l’homme.

Si les catholiques ont encore tant soit peu de poids dans la société française, la sanction de ce gouvernement   qui n’a déçu que ceux qui n’avaient pas   voulu regarder  en face ce qu’ était Macron,  doit être électorale. Elle ne doit certes pas se traduire par un appel  à voter pour Untel ou Untel, mais l’influence  sous-terraine   qui a joué  en sa faveur en 2017 doit désormais s’exercer  à son encontre.  Si  certains organes  de presse ou institutionnels  ont  été noyautés par le parti macronien , ils doivent être recadrés   dans le sens d’une vraie  neutralité. Sur le plan de l’éthique chrétienne  personne ne peut faire pire que le gouvernement  actuel. 

 

                                                                                   Roland HUREAUX

 

 

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 20:02

EN TERMINER AVEC LES ANNEES TRENTE

 

Paru dans le Blog de Front populaire , repris par Médiapart

 

Depuis près d’ un siècle, la politique occidentale est structurée  par les clivages des années vingt et trente. Il faut que nous prenions enfin conscience de la  mutation qui a marqué le monde depuis lors et  que nous en tirions les conséquences.

Dans le contexte de l’entre-deux guerres, marqué par la menace de deux totalitarismes, le bolchevik d’une côté, le national-socialiste et accessoirement le fascisme[1] italien de l’autre , la raison, la modération, la liberté, la démocratie, elles,  étaient au centre, compris assez largement, des vrais conservateurs aux socialistes non communistes.

De fait c’est la coalition des deux totalitarismes, formalisée par le pacte germano-soviétique  du 23 août 1939  qui déclencha  la seconde guerre mondiale, même si Hitler l’aurait de toutes les façons faite . Les extrêmes représentaient alors une  menace de guerre,  ils étaient ouvertement ennemis de la démocratie, des libertés, de l’ordre international, indifférents à la morale, partisans du recours à a force.

Tenons provisoirement  les quarante-cinq ans de guerre froide pour une parenthèse.

 

Dix guerres depuis 1990

 

Considérons à présent ce qui s’est passé au Proche-Orient depuis 1990, à partir de la  première  guerre du Golfe.  Au total une dizaine de guerres,  en élargissant le théâtre des conflits aux Balkans et à l’Ukraine, en incluant  les deux  guerres du golfe, l’Afghanistan, la Libye, la Syrie, le Yémen,  les intervenions d’Israël à Gaza et au Liban . Dans  tous ces cas, on cherche en vain où  la main des Etats-Unis et de l’OTAN, désormais compétent sur terre entière,   n’apparaisse  pas pour susciter, encourager et armer les bellicistes.

On peut voir aussi la main de l’Occident dans  d’autres  confits très  meurtriers, comme l’affrontement Iran-Irak des années quatre-vingt et celui  du Rwanda, entièrement  imputable aux Etats-Unis selon Boutros-Ghali , alors  secrétaire général des Nations-unies, ou les confits du Soudan. L’ actuelle guerre  du Sahel est la retombée la guerre de Libye qu’Obama et Sarkozy ont déclenchée.

Il est  certes difficile de tenir Bush fils (ou son « vice » [2], Dick Cheney ) pour des modérés centristes ; ils prétendaient cependant  défendre  la  démocratie contre des dictatures. Dans chacun des  conflits qu’eux et les autres présidents américains (Bush père, Clinton, Obama) ont déclenchés, ce sont, en  Europe occidentale,   les modérés   centristes allant, en France d’une partie des républicains aux socialistes et aux écologistes  qui applaudissent et souvent  engagent nos troupes, au moins à titre d’auxiliaires. Ce sont au contraire les  partis dits extrêmes qui critiquent ces engagements  : Rassemblement national,  gaullistes, communistes et autres forces d’extrême gauche.

Sans vouloir en faire la promotion,  on ajoutera  que ces partis ne présentent aucun des caractères des partis totalitaires des  années  trente : pas de refus de principe de la  démocratie élective – bien au contraire,  ils ne semblent exister que dans les semaines que précèdent les échéances électorales – pas  de défilés dans les  rues en uniforme, pas d’assassinats politiques.

Ils n’en font pas moins l’objet, en particulier  ceux qui se positionnent à droite, sans que les autres en soient exempts, d’accusations récurrentes qui les assimilent  aux partis bellicistes des années trente. Dès qu’ils ouvrent le la bouche pour contester le courant dominant, la réductio ad hitlerum  surgit.

 

Le péril centriste

 

En tous les cas, ce n’est pas eux,  mais les soi-disant modérés qui  représentent aujourd’hui un  risque pour la démocratie. Nous venons de le voir sur le plan des relations internationales. Tous  soutiennent   les institutions européennes  qui ont prétendu se fonder sur le  rejet des  nationalismes bellicistes  d’autrefois , mais qui n’en sont pas moins responsables ( ou co-responsables) aujourd’hui  des guerres des Balkans et de l’Ukraine,   qui ont encouragé les conflits  du  Proche-Orient  déclenchés par les  Etats-Unis    et  qui continuent d’y jouer un rôle criminel en prolongeant au-delà de toute raison les sanctions  qui frappent  les  populations  syriennes et yéménites  qui font mourir chaque jour de faim ou de maladie nombre   d’adultes et d‘enfants. Si elle n’est pas en pointe pour combattre, l’Europe  institutionnelle l’est  pour imposer des sanctions meurtrières.

Sur le front de l’Est, si tant est qu’il y ait un front, les Européens, au moins ceux de Bruxelles et de Strasbourg, font une surenchère démentielle contre  la Russie. Les technocrates européens qui ignorent tout  de l’histoire, identifient Poutine à Hitler, selon le schéma simpliste que nous avons évoqué.  Ce sont les « souverainistes » qui sont au contraire, partisans de la détente vis  à vis de la Russie  laquelle  ne remet d’aucune manière le statu quo en cause[3].

Observons en parallèle l’évolution  de la démocratie dite libérale aux Etats-Unis et en Europe de Ouest . Tous les pays ont,  de manière étonnamment coordonnée, profité de la crise du Covid pour restreindre les libertés fondamentales , en théorie de manière provisoire   mais, au gré de beaucoup de scientifiques, très au-delà de ce qui était nécessaire.

Les politiques internationales (OMS, OCDE) et européennes  prévalent  de plus en plus sur les vœux des représentations nationales  et  la volonté de peuples[4].

 

Le virus de l’idéologie détruit le libéralisme  

 

Un des fondements de la démocratie est le pluralisme de la presse : or depuis quelques années  s’est abattu sur le monde occidental   la chape de plomb  de l’uniformité, d’une  pensée unique qui relègue aux marges toutes  les idées dissidentes. Parmi les  nouveaux oligarques,  beaucoup voudraient verrouiller l’internet où se sont réfugiées  celles-ci.

Sur tous les plans, le libéralisme  recule  dans les pays qui prétendent  en être les porte-drapeaux.   Certes nos rues   ne sont pas encore remplies de cohortes de gens en uniforme  marchant au pas.  Mais les tribunaux poursuivent sans ménagement tout propos  s’éloignant  de  la pensée unique. Pas de camps de travail mais le risque de la marginalisation professionnelle ou même de l’hôpital psychiatrique pour les dissidents[5].  Les Gafas , organismes multinationaux purement privés et  jouissant chacun dans sa sphère d’un  monopole, se permettent  de censurer sur la terre entière  les particuliers et même  des  chefs d’Etat  qui ne sont pas en conformité avec leur idéologie.

Seul le suffrage universel, malgré une  presse monocolore, semblait laisser  une chance aux pensées hors normes  ; le système qui n’avait pu empêcher le Brexit se blinde : quel qu’en soit le résultat final,  inconnu à ce jour,  la dernière  élection présidentielle américaine  a montré   l’ampleur de la fraude à laquelle  n’ont pas hésité à recourir les tenants de la  pensée dominante, le parti démocrate en l’occurrence, le parti de Roosevelt, de Kennedy, de Carter et de tant d’autres défenseurs de la démocratie, aujourd’hui bien mise à mal.

Il s’est  donc produit  depuis les années trente, une véritable mutation, au sens génétique  du terme : les ennemis de la paix et de la démocratie ne sont plus aux  marges  mais au centre de l’éventail  politique, ils se disent libéraux mais ils ne le sont plus depuis longtemps, ils se disent  démocrates mais ils n’hésitent pas à  manipuler le suffrage   pour garantir, contre  les peuples  , la victoire de leurs  idées.

Inséparable de ce recul de la démocratie  se trouve l’ impossibilité du débat. Il est remplacé, sous l’impulsion des forces du centre, par la véhémence des anathèmes, la volonté de priver l’adversaire de tout moyen d’expression, la disqualification a priori de ses arguments , le remplacement des désaccords politiques à  l’ancienne par une guerre à mort où le manichéisme hystérique s’est substitué à l’échange d’arguments. Nous ne sommes pas loin des « vipères lubriques ».

Il y aurait beaucoup   à dire sur la mutation interne qu’a connue la pensée  libérale au cours des dernières années:  elle s’est simplifiée  - « il y a les fascistes et nous »  et est devenue  messianique  «  il y a un mouvement irrésistible des sociétés avancées , tous ceux qui le refusent sont voués  aux « poubelles de l’histoire ». Simplification manichéenne. C’est à une véritable idéologisation du libéralisme que nous  assistons . Comme toutes les idéologies, elle conduit à une (absence de ) pensée rigide et mécanisée. Vipères, poubelles, la pensée pseudo-libérale  nous rapproche du vocabulaire stalinien.

 

Patriotisme contre nationalisme idéologique

 

Par derrière, un   grand malentendu   explique cette évolution : la confusion entre , d’un côté,   le prétendu nationalisme idéologique , en réalité universaliste qui n’était  en réalité pas national du tout : un homme comme Hitler pensait à lui et à l’humanité, qu’il prétendait regénérer,  mais très peu  à l’Allemagne,  et , de l’autre,   le patriotisme simple et sain, celui de tous les groupes humains depuis le commencement de l’histoire.   Les idéologues , pour se justifier, refont  l’histoire. Pour les idéologues néo-libéraux,  les idéologies totalitaires sont à l’origine de toutes les guerres  et elles ne sont que le prolongement du nationalisme, qu’ils amalgament à   tout forme de défense du  peuple, de son identité, de ses intérêts nationaux, voire à tout souci de maintenir contre le   mondialisme une forme d’indépendance nationale. Résister au mondialisme, ou à sa version régionale, l’européisme, c’est être nazi !

Or  cette vision des choses  est fausse. La vraie fracture se situe entre  , d’un côté,  les  idéologues,  communistes ou  nazis hier,  néo-libéraux impérialistes aujourd’hui, mus d’abord par un projet mondial et,  de l’autre,   ceux qui veulent mener une politique normale, hors de tout projet eschatologique, soucieux de défendre d’abord leur indépendance  et  les intérêts de leur peuple. De  nombreux exemples montrent que ceux qui défendent seulement les  intérêts forcément cantonnés de leur peuple particulier,  que l’on confond à dessein    avec des idéologues   conquérants sont les plus sûrs   garants de la paix : De Gaulle que, à l’instigation de l’idéologue mondialiste Jean Monnet, Roosevelt tenait  pour un dictateur en puissance,  a terminé  deux guerres sans en commencer   aucune ; désavoué par un  référendum,  il s’est retiré du pouvoir. Alors que d’autres ont fait voter par le Parlement un traité européen refusé par le peuple.   Nixon et  Reagan tenus pour fascisants par certains , n’ont déclenché aucune guerre ;  Trump , non plus . Voyons au contraire en face le tragique palmarès de ses prédécesseurs, soi-disant libéraux,  comme Obama[6], responsable de quatre guerres et de près d’ un million de morts.

 

Une mutation capitale

 

Les mutations sont fréquentes  dans la sémantique politique : les tenants de l’écologie et des langues régionales étaient d’extrême droite au début du XXe siècle, ils sont à l’extrême gauche aujourd’hui. De même les défenseurs des homosexuels ( voir Proust ). Le retour à la terre de Vichy est passé à l’écologisme le plus radical. En Russie, les nomenklaturistes communistes de 1985 sont devenus de oligarques  ultralibéraux  en 1995. Les « patriotes » , à l’extrême pointe de la Révolution française, passent à l’extrême droite en 1900, puis à nouveau à gauche en 1945, puis encore à droite.  Le Front national, sigle  communiste en  1945 , passe pour fasciste aujourd’hui . Il est urgent que  ceux qui aspirent à une politique normale, non idéologique,   effectuent, dans  leur tête la  révolution copernicienne qui s’impose et comprennent enfin que la vraie menace pour  la paix et pour la démocratie, vient aujourd’hui des centristes, prétendus libéraux.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

[1] Hannah Arendt dénie au régime de Mussolini le  caractère d’un  vrai régime totalitaire, ce qui aurait bien déçu l’intéressé.

[2] Le  film d’Adam Mac Kay ( 2018) sur le vice-président Dick Cheney, The Vice.

[3] L’annexion de la Crimée en 2014  répondait au coup d’Etat de Kiev tendant à faire rentrer l’Ukraine, y compris la base historique russe de Sébastopol, dans le giron de l’OTAN

[5] Un médecin français radié et une avocate allemande enfermée récemment.

[6] Obama n’en a pas moins reçu le Prix Nobel de la Paix.

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 20:00

A propos des élections américaines

   

LES RICHES GAGNENT TOUJOURS

 

Le vieux  Marx,  qui aura bientôt 200 ans , nous avait prévenus : les sociétés sont gouvernées par une classe dirigeante et en attendant une hypothétique révolution prolétarienne, la vie politique n’est qu’un théâtre d’ombres où  cette  classe dirigeante impose ses volontés aux politiques.

La classe dirigeante, ce n’est pas le pharmacien du coin, ce sont les quelques dizaines d’immenses fortunes, aujourd’hui propriétaires de tous les grands médias de l’Occident, et qui décident seuls de  ce qui est politiquement correct ou ne l’est pas. On le savait dès le XIXe siècle : quand les intérêts de la bourgeoisie sont en jeu, la démocratie n’est pas pour elle une valeur absolue : elle s’était ainsi  ralliée à  Napoléon III parce qu’il était garant de l’ordre . Elle avait  applaudi  la  répression féroce de la Commune. La République n’a pu s’installer que parce qu’ elle « serait  conservatrice ou ne serait  pas » (Gambetta).

Les  événements  présents des Etats-Unis s’inscrivent dans cette logique. Donald Trump, malgré l’ image d’homme de droite que lui a faite une presse aux ordres,  avait la quasi-totalité des   plus grands milliardaires américains contre lui. Et cela lui a été fatal.

Si l’on regarde son électorat : en gros, dans ce pays où les choses sont simplifiées, parmi les Blancs, la moitié la plus riche a voté Biden, la moitié  la plus pauvre a voté Trump.

Si l’on regarde la géographie électorale, les grandes métropoles,  à commencer par celles de la côte Est et la Californie ont voté Biden, les zones d’habitat dispersé : Amérique des villages , peu nombreux, et des  petites et moyennes villes, spécialement dans les Etats de l’intérieur, où les revenus sont moins élevés, ont  voté Trump.  Les Noirs à cause du souvenir de Kennedy, hostile à la ségrégation,  et d’Obama  ont continué à voter  démocrate mais nettement moins que la dernière fois,  confirmant que le clivage de classe est plus pertinent que celui de la  race. Les Latinos aussi.

Pourquoi ce clivage électoral brutal ? La politique économique, déterminante en dernière instance, l’explique.

Nous l’avons oublié en Europe où le libre-échange   passe pour progressiste.   Le protectionnisme profite au peuple et le libre-échange, généralement le dessert. Il en va de même du contrôle l’immigration.

Le protectionnisme promu par Donald Trump a  protégé  les entreprises américaines et donc l’emploi  contre la concurrence étrangère, principalement  chinoise. Il a permis d’ouvrir ou de réactiver de nombreuses usines ou activités qui avaient dû fermer en raison des délocalisations.

En fermant les frontières aux immigrés latino-américains, Trump a mis fin à la pression à la baisse qu’exerçaient les nouveaux venus,  à commencer sur les salaires des  ouvriers non qualifiés noirs  ou latinos ; cette relation  de cause à effet est moins  visible en Europe en raison des minima sociaux de toutes sortes ;  elle apparait à cru en revanche aux Etats-Unis : toute  entrée de nouveaux immigrants fait baisser les salaires et  monter le chômage de ceux qui sont déjà là, surtout les moins qualifiés , souvent de couleur.  C’est ce qui explique la pénétration que certains trouvent surprenante de Trump dans l’électorat noir ou latino. Il n’a pas pris de posture antiraciste comme ses adversaires démocrates mais, en créant des millions d’emplois non-qualifiés, il a facilité l’accès à l’emploi des jeunes noirs. Et c’est cela qu’ils attendent :  Jobs not words.

Cette conjoncture économique, résultat direct de la politique de Trump,  lui aurait permis une réélection facile si l’arrivée, très opportune pour ses adversaires, du Covid-19, l’année de l’élection, n’avait mis fin à  ce retour d’une  prospérité partagée.

Mais n’importe comment, il est très difficile  de se maintenir au pouvoir contre la classe dirigeante des super-riches.

Pourtant la  politique « populiste » , c’est-à-dire favorable au peuple, ne semble  pas avoir affecté les bénéfices colossaux des oligarques  américains, en premier lieu les patrons des Gaffas, ses plus coriaces adversaires. Pas plus que le contrôle de l’immigration n’a empêché le président du Mexique d’être un des derniers à  soutenir  Trump. Alors pourquoi tant de haine ? Pourquoi tant de fanatisme chez les anti-Trump ?  Au point de les amener à  violer toutes les  règles de la démocratie : nous ne parlons pas tant de la fraude électorale dont la réalité est acquise  mais  dont  l’ampleur reste débattue que de la position unanimement hostile de  l’ensemble des médias au cours du mandat  et surtout de la campagne électorale : Trump fut en permanence privé d’accès aux médias, ce qui l’obligea à user de tweets pour communiquer, vecteur dont il est même aujourd’hui privé , et à vie !   Nous parlons des  oukases inouïs du patron de Facebook, première fortune mondiale,  annonçant à l’avance que c’est lui  et lui seul  qui désignerait  le vainqueur de la présentielle et qui se permet  d’interdire à vie le citoyen Trump et 70 000 de ses supporters  de tout  accès aux réseaux sociaux.  Toutes les spéculations de Marx sur le pouvoir de l’argent sont dépassées : désormais les très riches dirigent directement.

Trump lui-même milliardaire mais très en dessous de ses ennemis des Gafas (dans la ploutocratie américaine,  il n’aurait pas même pu se présenter en  2016 s’il n’avait pas été  doté de quelques moyens personnels) , n’a jamais manifesté son désir de subvertir le  capitalisme. Il n’est ni Lénine ou Trotsky. Mais ça ne suffisait pas : les milliardaires qui ont dirigé l’offensive contre lui ne supportaient pas qu’il ne  soit pas entièrement aux ordres, qu’il ait mené une politique qui ne va pas dans le sens de leur idéologie : libre circulation de marchandises et des hommes, perspective d’un gouvernement mondial  se substituant à terme  à celui des Etats-Unis. Le grand capital ne pardonne pas à ceux qui ne lui sont pas entièrement inféodés. Et généralement il gagne.

 

Roland HUREAUX   

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 19:59

L’ENTREE DES MANIFESTANTS AU CAPITOLE : UNE « PSYCHO-OP ».

 

Que le président Trump ait été bien imprudent en appelant à une manifestation devant le Congrès sans un service d’ordre musclé à même d’en contrôler les débordements  fait peu de doutes. D’autant  qu’il avait l’unanimité des médias occidentaux contre lui et que donc on ne lui ferait pas de cadeaux.

Rappelons pour mémoire que,  quand il a succédé à Obama en 2016, c’est Barack Obama lui-même qui avait encouragé  les manifestations contre le  nouveau président. Les  démonstrations ont continué pendant plusieurs mois. George Soros ne s’est pas caché de les organiser. Des figures éminentes de la presse et du spectacle , démocrates, avaient appelé à assassiner[1] ou renverser  le président  élu . Obama, un président qui a déclenché quatre guerres (pour mémoire, Trump : aucune) est aujourd’hui acclamé comme   l’homme emblématique de la décennie 2010, presque un saint.  Comme il avait  l’appui des médias,  personne ne lui a reproché les dérapages de 2016.  

 

Une opération menée par des pros

 

En fait l’ opération du Capitole ressemble à une psychoop (opérations psychologique) comme en pratiquent depuis longtemps la CIA ou le Pentagone. Les spécialistes de ces méthodes sont les mêmes qui ont diabolisé Mlilocevic (blanchi depuis par le TPI) en 1999 , Saddam Hussein en 2003, Assad en 2011 et Chavez. Ils ont l’entrainement  ; compléter la défaite de Trump par une damantio memoriae sur de bases mensongères était à leur portée.  L’opération la plus notoire fut de lancer le    bruit que les soldats de Saddam Hussein entraient dans les maternités du Koweït pour débrancher les couveuses.  Nous savons aujourd’hui que c’était absolument faux, mais bien trouvé pour noircir encore, comme si elle en avait besoin, la figure de Saddam Hussein. Les Etats-Unis, « cette nation de boutiquiers » disait Napoléon,  ignorent tout de l’esprit  chevaleresque  ; vaincre ne leur suffit pas, il leur  faut avilir.

Les Soros, Bezos, Gates,  Zückerberg  et autres ( Biden n’étant qu’une marionnette entre leurs mains) qui, par en-dessous, ont été les artisans principaux de la défaite de Trump, dont une moitié de l’Amérique croit,  à tort ou à raison,  qu’elle résulte de la fraude démicrate, ont acquis, au moins Soros,  une solide expérience en Europe de l’Est et en Amérique latine pour  manipuler les élections et diaboliser ceux  qu’ils veulent abattre, ce qui est  facile quand on contrôle toute la presse occidentale. Trump étant depuis quatre ans leur bête noire, il aurait été étonnant qu’ils n’utilisent  pas la totalité de leur savoir-faire et de leurs moyens pour y parvenir. Que Trump ait été interdit de Twitter et de Facebook par la volonté d’un seul homme sans légitimité politique devrait inquiéter beaucoup   plus sur l’avenir de la démocratie que quelques chaises  cassées au Capitole.

On a  réussi à  présenter l’entrée des émeutiers au Congrès  comme une tentative de coup d’état. C’est absurde : Trump n’est pas si débile qu’il n’ait compris qu’il avait tout à perdre à une telle opération qui ne pouvait que révulser les élus de tous bords. Depuis le 18 brumaire on sait que quand on fait un coup d’Etat, ce sont des soldats que l’on fait entrer dans les assemblées, pas des manifestants incontrôlés. 

Que certains agitateurs,  du genre antifas, déjà vus aux manifestations de Black live matters aient été aperçus au Capitole  laisse soupçonner qu’il s’est agi en partie d’une opération sous faux drapeau. Que toute l’opinion occidentale ,  particulièrement  la française  et tous les médias ait été dupe en dit long sur la   la dégénérescence de la démocratie en Occident.

 

Roland HUREAUX

 

 

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 19:57

L’ELECTION DE BIDEN,  DESASTRE INTELLECTUEL DE LA GAUCHE INTERNATIONALE 

 

Comment peut-on prétendre que la défaite supposée de Trump à l’élection présidentielle américaine est une grande victoire de la gauche, de la démocratie  et pourquoi pas du peuple ?  C’est pourtant ce qui fait aujourd’hui consensus dans la gauche française et européenne.

Comment ne pas voir qu’une telle affirmation est stupéfiante d’absurdité si l’on se réfère aux fondamentaux la gauche historique : la paix contre la guerre, les petits contre les gros, l’égalité conte l’inégalité, la démocratie contre tout ce qui peut en réduire le champ.

Commençons par quelques rappels de sociologie électorale. Aux Etats-Unis où le phénomène bobo (bourgeoisie bohême soi-disant libérale) a plus d’ampleur que chez nous, les présidentielles ont montré un vote de classe particulièrement tranché. Sur l’échelle des revenus, la moitié supérieure a voté Biden, la moitié inférieure a voté Trump. Les noirs faisaient exception : républicains après Lincoln, ils étaient devenus démocrates sous Kennedy, et encore plus sous Obama. Ils ont été sensiblement plus nombreux, cette fois, comme les hispaniques, à voter Trump, cela pour des raisons essentiellement économiques : en bloquant les frontières, Trump a multiplié et revalorisé  les emplois peu qualifiés. Personne dans l‘histoire des Etats-Unis n’avait fait autant que lui pour l’emploi des gens de couleur !  Preuve que classe prime la race. Sur le plan géographique, c’est la même chose : les grandes métropoles (New York, Chicago, Los Angeles, San Francisco etc.) ont voté Biden, et l’Amérique  périphérique pour reprendre la formule du géographe Christophe Guilluy,  soit les petites villes du Middle West, les  régions industrielles en déclin,  les campagnes, a voté Trump.

Les  plus grands milliardaires des Etats-Unis dont  Bill Gates, George Soros, les patrons des Gafa comme  Zuckerberg et Bezos , ont  presque tous  soutenu Biden.  

Parlons maintenait guerre et paix. Les imbéciles voient Trump comme un homme de guerre, une réincarnation des dictateurs des années trente. Rappelons qu’il est le premier président américain depuis trente ans à ne pas avoir entrepris de guerre !   Son prédécesseur démocrate, très engagé auprès de Biden, Obama, prix Nobel de la Paix en a entrepris quatre dont le bilan cumulé est de près d’un million de morts. Non seulement Trump, malgré ses rodomontades face à l’Iran n’a entrepris aucune guerre mais il en a terminé deux : Irak et Syrie que les démocrates sont prêts à relancer, au moins la seconde ; il a pris des initiatives audacieuses à l’égard de la Corée du Nord et des talibans qui ont contribué à un début de détente avec ces ennemis jurés.  S’il ne s’est pas rapproché plus de la Russie, c’est qu’il en a été empêché par les démocrates qui l’ont poursuivi inlassablement pour l’en empêcher au moyen de procédures judiciaires, d’ailleurs avortées. Biden promet de durcir encore la politique américaine vis-à-vis de la Russie : jusqu’où ?

Parlons démocratie :  Trump l’aurait menacée. Voilà un dictateur qui a 95 % des médias (qui appartiennent aux milliardaires évoqués plus haut) et une bonne partie de l’administration contre lui.  Zuckerberg a bloqué les comptes du président Trump, entièrement privé de moyens d’expression en pleine campagne électorale. Le même s’est vanté que ce serait lui, l’homme le plus riche d’Amérique et personne d’autre,  qui déciderait  qui sera le prochain président.  On ne sait pas encore si son effet aura été décisif sur le résultat final mais pratiquement personne ne nie aujourd’hui l’existence de fraudes massives et seul le camp  démocrate en est accusé.  Quelle que soit l’issue finale du scrutin, la démocratie américaine  en sortira terriblement affaiblie. Cela n’empêche pas Biden de dire qu’avec lui les Etats-Unis défendront  plus fermement le « monde libre » et la démocratie : on croit rêver.

 

Ils n’ont rien compris !

 

Il est clair que la gauche française n’a rien compris de ce qui se passe dans le monde depuis trente ans ; elle n’a pas compris que l’abolition des frontières dont elle a fait son cheval de bataille, était le champ ouvert aux très riches au détriment des plus pauvres et même des classes moyennes que seuls les Etats peuvent protéger.  Elle n’a pas compris que c’était elle qui était devenue totalitaire et non les régimes prétendus extrémistes qu’elle dénonce. Pas davantage qu’en ayant abandonné sa dimension sociale, au bénéfice du sociétal, elle n’est plus qu’un   immense faux-semblant destiné  à tromper les peuples au bénéfice des puissants, que la haine du populisme sur laquelle elle fonde désormais sa légitimité, est en réalité la haine du peuple.

Si les gens de gauche sincères (il y en a encore), attachés à la paix, à la démocratie, à une plus juste répartition des richesses, n’opèrent pas une totale révolution  intellectuelle, s’ils  ne se mettent  pas à regarder  la réalité telle qu’elle est, ils seront  les  complices d’une des plus grandes impostures de tous les temps.

 

Roland HUREAUX

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 19:55

LA POLITIQUE ETRANGERE  DE TRUMP EST PLUS RATIONNELLE QU’ON NE CROIT

 

Seule sa réélection peut garantir la paix en Europe

 

Les Européens, qui ne font que suivre les idées dominantes  dans  la presse américaine, se trompent complètement sur la politique étrangère de Donald Trump : il serait, dit-on, imprévisible, incompétent  et   ne songerait qu’à mettre la planète à feu et à sang. Les journaux publient toujours la même photo où il apparait comme un furieux capable des pires extrémités.

La vérité est à l’opposé : la politique étrangère de Trump, compte tenu des contraintes qu’il subit, est parfaitement rationnelle et elle est même une garantie de paix, bien plus que ne le serait celle de son rival démocrate Biden, tributaire des réseaux les plus bellicistes,  ceux qui soutenaient le  couple Obama-Clinton.  

Disons-le tout net : sa politique a fait beaucoup pour favoriser la   paix au Proche-Orient : il est le premier président depuis Ronald Reagan, à n’ avoir commencé aucune guerre, alors que son prédécesseur est responsable de quatre (Libye, Syrie, Ukraine, Yémen), ce qui ne l’a pas empêché de recevoir le prix Nobel de la Paix . Ajoutons que grâce à lui, la Syrie et l’Irak sont sur la voie de la pacification. Il a engagé en outre un dialogue inédit avec les talibans d’Afghanistan et la Corée du Nord. 

Dès sa campagne électorale, Donald Trump avait affiché ses objectifs proche-orientaux et , pour l’essentiel, s’y est tenu  :  mettre fin aux regime change, à la doctrine qui voulait démocratiser les pays arabes par tous les moyens , au besoin en les bombardant ou en  y appuyant les islamistes les plus fanatiques, soutenir d’avantage  Israël, ce qui passait  par la rupture que l’on peut juger regrettable de l’accord  de Vienne avec l’Iran ou, plus symbolique,  le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.

Par derrière, un objectif inavoué : apaiser les relations avec Poutine, que Trump , poursuivi en justice par ses adversaires sur un soupçon de collusion avec Moscou , n’a pu atteindre qu’en partie . Il a néanmoins instauré une certaine détente  tout en maintenant une forte pression sur la Russie.

 

Un virage stratégique essentiel

 

Dans le triangle Amérique-Russie-Monde musulman, on peut dire en simplifiant que Trump a mis fin à l’alliance malsaine remontant au pacte du Quincy (1945) entre les Etats-Unis et l’aile la plus rétrograde de l’islam, notamment les mouvements terroristes actifs en Syrie, financés par les monarchies pétrolières.  Il a tenté de lui substituer une alliance avec le Russie contre le terrorisme islamique qui s’est traduite d’emblée  par la destruction de Daech. Dans la première configuration, qui était celle d’ Obama et  Clinton , l’Europe n’avait à attendre  que   des dommages collatéraux : terrorisme, immigration. Dans la deuxième, elle peut respirer.  

Ce changement, même entravé, devrait susciter chez les Européens une immense gratitude : ils avaient tout à perdre des scénarii   démocrates fous qui prévoyaient une guerre ultime contre la Russie dont l’Europe serait le théâtre, décrits  par George Friedman[1], président de Stratfor.  Nous devons sans doute aussi à Trump le recul du terrorisme en Europe, désormais privé de ses bases.

Derrière cette logique, une approche pragmatique : Trump défend les intérêts de l’Amérique d’abord (America first) et non point un projet mondialiste de démocratisation universelle, passant    par l’extension indéfinie du libre-échange, des migrations et de la théorie du genre.

Sans doute Donald Trump n’est-il pas un humaniste : il a opéré en 2018 des bombardements très spectaculaires en Syrie (tout en prévenant Poutine), il ne fait rien pour lever les sanctions inhumaines qui pèsent sur la Syriens  ni celles qui frappent la Russie, d’autant que leur levée profiterait   plus à l’économie européenne qu’à l’américaine.

Surtout, Trump subit des contraintes qui l’obligent à multiplier les leurres. La principale est celle d’une oligarchie médiatique, militaire et administrative, peut-être bancaire, ultranationaliste dont une partie ne songe qu’à en découdre avec Moscou. Les leurres : l’augmentation de crédits militaires, le mise en avant de faucons comme Pompeo ou Bolton qui ne sont pas les ultimes décideurs en matière de diplomatie, ce que le dernier nommé, vite retiré, a bien compris. Dans cette société belliciste qui se figure   dans un grand western planétaire, Trump, homme de communication comme l’était Reagan, a compris qu’il était moins dangereux de confier le rôle du bandit à l’Iran qu’à la Russie. L’assassinant de général Soleimani s’inscrit dans ce scénario ; après tout, il est moins grave de tuer un homme que de déclencher comme l’on fait ses quatre prédécesseurs, des guerres qui en tuent des centaines de milliers, ce que Téhéran a sans doute compris.

L’autre contrainte de Trump est son isolement intérieur qui le conduit à s’appuyer sur les réseaux sionistes les plus engagés, pas forcément juifs , comme les évangélistes qui forment sa base électorale.

Sur le scène extrême-orientale, Trump avait au départ envisagé de s’entendre aussi avec le président Xi. L’agressivité nouvelle de ce dernier, notamment dans la question de Taïwan, le rend difficile. D’autant que la guerre commerciale entre les deux puissances tend leurs relations, sans qu’à notre sens cela seul puisse être cause de conflit armé. La volonté de Trump d’opérer un rééquilibrage des échanges des Etats-Unis avec le reste du monde et singulièrement avec la Chine, si longtemps réclamé par les Européens, est pourtant légitime.

 

Roland HUREAUX  

 

[1] George Friedman, The emergent crisis in Europe, New York, 2015

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 19:48

L’ AVEUGLEMENT STUPEFIANT DES TENANTS DES IDEOLOGIES PRETENDUES PROGRESSISTES

 

Il faut une rare inconscience pour affirmer , comme le fait la majorité de la presse européenne et américaine  et les partisans de Biden à la présidentielle  américaine,   que la défaite de Trump sauvera  la démocratie.

Quelle démocratie quand on sait que 90 % des médias américains  lui étaient  férocement hostiles depuis le début,  que le PDG de Facebook se permet de dire à la cantonade depuis plusieurs mois que c’est lui qui décidera qui sera le vainqueur de l’élection,  que les patrons  des Gafa se sont permis de bloquer les tweets du président des Etats-Unis plusieurs semaines avant l’élection pour le priver de  tout moyen d’expression directe ?    

C’est bien  évidemment le contraire : si  Biden est élu président  des Etats-Unis avec de telles méthodes, c’est qu’il  n’y a plus de démocratie dans ce pays,   ni ailleurs en Occident  et , ne nous y trompons pas, la chape du plomb du politiquement correct, sexuel,  racial, climatique, sanitaire, migratoire va se faire    beaucoup plus lourde sur les Américains et sur nous. C’est un temps de ténèbres qui vient. Ajoutons que l’agressivité du camp démocrate  qui ,  après avoir éliminé Trump voudra éliminer son autre bête noire  Poutine, nous fera courir les pires dangers ,  danger de guerre,  bien plus grave et  immédiat que celui du réchauffement   climatique  dont on nous abreuve.  Il ne  restera bien entendu  pas grand-chose dans un tel contexte  des nos libertés:  rien n’arrêtera la montée de l’empire du Mordor.

La question est que ceux  qui font  preuve de tant d’aveuglement  croient à ce  qu’ils disent. Brejnev  ne croyait  pas vraiment à   la supériorité du système soviétique, mais eux croient , au-delà de toute raison,   que c’est Trump qui menace la démocratie et pas eux. Les scandales anti-démocratiques que nous venons d’évoquer leur échappent complètement.

Et cet aveuglement est la raison pour laquelle les Etats-Unis  sont aujourd’hui au bord de le guerre civile. Le libre-échange universel, la théorie du genre, la fongibilité sans limite des  races et des    cultures  sont des idées fausses et donc, dès lors qu’elles sont mises en œuvre par de gens puissants, elles sont de l’idéologie, un mélange de vision du monde simpliste et de projet messianique. Un projet messianique  fondé sur un sens supposé de l’histoire   , une séparation entre progressistes autoprogrammés ( c’est  à dire à dire l’avant-garde de la caravane qui mène  les sociétés au gouffre au gouffre) et supposés réactionnaires. Les  idéologues entrent en fureur quand leur projet est contrarié, comme  Donald Trump a contrarié le leur : cette contrariété n’est pas  une simple opinion divergente  qu’on puisse combattre avec des arguments, non, elle est la preuve que leur idéologie est fausse , qu’il faut qu’ils se remettent entièrement en cause : d’où la haine abyssale que les idéologues ont  pour  leurs adversaires.  L’idéologie  passe avant toute autre considération . La dimension messianique de leur projet les fonde à mépriser le droit, la morale, ce qu’Orwell , plus que jamais d’actualité,   appelait la common decency, la culture, la démocratie, les fondamentaux  de la nature humaine. Dès lors que dans une démocratie une partie substantielle de la population est atteinte par le virus   idéologique, aucun compromis  n’est  possible avec l’autre partie. Dès qu’ elle n’est pas ultra-minoritaire, l’idéologie conduit à la guerre civile. C’est ce qui se passe aux Etats-Unis sous nos yeux.

 

Roland HUREAUX

 

  

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 19:44

Il faut une rare inconscience pour affirmer , comme le fait la majorité de la presse européenne et américaine  et les partisans de Biden à la présidentielle  américaine,   que la défaite de Trump sauvera  la démocratie.

Quelle démocratie quand on sait que 90 % des médias américains  lui étaient  férocement hostiles depuis le début,  que le PDG de Facebook se permet de dire à la cantonade depuis plusieurs mois que c’est lui qui décidera qui sera le vainqueur de l’élection,  que les patrons  des Gafa se sont permis de bloquer les tweets du président des Etats-Unis plusieurs semaines avant l’élection pour le priver de  tout moyen d’expression directe ?    

C’est bien  évidemment le contraire : si  Biden est élu président  des Etats-Unis avec de telles méthodes, c’est qu’il  n’y a plus de démocratie dans ce pays,   ni ailleurs en Occident  et , ne nous y trompons pas, la chape du plomb du politiquement correct, sexuel,  racial, climatique, sanitaire, migratoire va se faire    beaucoup plus lourde sur les Américains et sur nous. C’est un temps de ténèbres qui vient. Ajoutons que l’agressivité du camp démocrate  qui ,  après avoir éliminé Trump voudra éliminer son autre bête noire  Poutine, nous fera courir les pires dangers ,  danger de guerre,  bien plus grave et  immédiat que celui du réchauffement   climatique  dont on nous abreuve.  Il ne  restera bien entendu  pas grand-chose dans un tel contexte  des nos libertés:  rien n’arrêtera la montée de l’empire du Mordor.

La question est que ceux  qui font  preuve de tant d’aveuglement  croient à ce  qu’ils disent. Brejnev  ne croyait  pas vraiment à   la supériorité du système soviétique, mais eux croient , au-delà de toute raison,   que c’est Trump qui menace la démocratie et pas eux. Les scandales anti-démocratiques que nous venons d’évoquer leur échappent complètement.

Et cet aveuglement est la raison pour laquelle les Etats-Unis  sont aujourd’hui au bord de le guerre civile. Le libre-échange universel, la théorie du genre, la fongibilité sans limite des  races et des    cultures  sont des idées fausses et donc, dès lors qu’elles sont mises en œuvre par de gens puissants, elles sont de l’idéologie, un mélange de vision du monde simpliste et de projet messianique. Un projet messianique  fondé sur un sens supposé de l’histoire   , une séparation entre progressistes autoprogrammés ( c’est  à dire à dire l’avant-garde de la caravane qui mène  les sociétés au gouffre au gouffre) et supposés réactionnaires. Les  idéologues entrent en fureur quand leur projet est contrarié, comme  Donald Trump a contrarié le leur : cette contrariété n’est pas  une simple opinion divergente  qu’on puisse combattre avec des arguments, non, elle est la preuve que leur idéologie est fausse , qu’il faut qu’ils se remettent entièrement en cause : d’où la haine abyssale que les idéologues ont  pour  leurs adversaires.  L’idéologie  passe avant toute autre considération . La dimension messianique de leur projet les fonde à mépriser le droit, la morale, ce qu’Orwell , plus que jamais d’actualité,   appelait la common decency, la culture, la démocratie, les fondamentaux  de la nature humaine. Dès lors que dans une démocratie une partie substantielle de la population est atteinte par le virus   idéologique, aucun compromis  n’est  possible avec l’autre partie. Dès qu’ elle n’est pas ultra-minoritaire, l’idéologie conduit à la guerre civile. C’est ce qui se passe aux Etats-Unis sous nos yeux.

 

Roland HUREAUX

 

  

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 18:58

Bonjour chers Amis, Après quelques mois d'arrêt pour raisons personnelles ( campagne électorale, écriture d'un livre), je suis heureux de vous annoncer  que je reprends mon blog. Dans un premier temps, je vais vous communiquer une série d'articles sur les élections américaines.

Je passerai ensuite à d'autres sujets.

Bien cordialement.

Roland HUREAUX

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