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Roland HUREAUX

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19 novembre 2021 5 19 /11 /novembre /2021 14:06

« C’EST CELUI QUI LE DIT QUI L’EST »

 

Discours de haine et inversion accusatoire

 

Les Antifas tentent d’empêcher une réunion publique d’Éric Zemmour à Nantes tout en demandant, impunément, qu’on l’assassine . Cent cinquante journalistes appellent dans Mediapart à faire le black-out sur sa campagne au nom de la lutte contre le fascisme, le racisme, l’homophobie : « nous ne serons pas complices de la haine » disent-ils.

Ces positions suscitent bien entendu une indignation légitime, surtout quand elles sont adoptées par des hommes de gauche qui cultivaient autrefois les valeurs la liberté, de tolérance, d’ouverture au débat auxquelles ils ont aujourd’hui manifestement tourné le dos. De telles prises de position, qui sont loin d’être isolées, laissent augurer une campagne présidentielle d’une extrême violence, porteuse de tous les dangers, analogue à celle qui a eu lieu il y a un an aux Etats-Unis.

 

Le fait idéologique

 

Il est difficile de comprendre cette montée aux extrêmes sans faire référence à l’idéologie au sens que Hannah Arendt donnait à ce terme. Par rapport à ce critère, non, Zemmour et ses adversaires ne doivent pas être mis dans le même sac.    Seuls ses adversaires de gauche adoptent, et cela sur presque tous les sujets, des postures idéologiques. Idéologie :  conjonction de la simplification de la pensée et du messianisme, projet politique qui ambitionne de reconstruire le monde à partir d’une vision erronée de la société et de l’histoire. Simplification, l’idée que le monde sera meilleur si les nations, mais aussi les cités, les tribus, n’ont plus droit à l’existence, simplification la conviction  que le masculin et le féminin ne sont que des constructions culturelles destinées à cacher la domination masculine et que le salut du monde passe par leur abolition. Simplification l’idée que le monde doit aller vers une suppression de la police (ce qui arrive aux Etats-Unis dans certaines villes démocrates, livrées à l’anarchie ) et que ce qui se joue dans les tribunaux n’est qu’un rapport de domination. Simplification que de penser que le monde doit aller  vers un métissage généralisé.  Contrairement à ce que croient les idéologues, le monde est complexe.

A partir de ces simplifications, ils construisent une utopie   de portée quasi-métaphysique : fin de l’oppression de classe, de race, de sexe, des frontières etc.  Ce qu’on appelle paresseusement le progressisme, c’est cela : fixer une direction à la société vers un mieux utopique qui parait à ses adeptes si évidente et si nécessaire qu’ils n’imaginent pas que tout le monde ne s’y rallie pas.  Dès lors nait une intolérance absolue : ceux qui ne se rallient pas sont soit bornés soit pervers.  Pour que le projet se réalise, il faut qu’ils soient éliminés par tous les moyens, y compris la force, et ne méritent surtout pas que l’on discute avec eux.

Dans une compétition électorale, le débat peut rester serein si aucun des deux camps n’est dans une démarche idéologique. Il tournera à la guerre civile si les deux le sont : par exemple dans l’Espagne de 1936.  Il le sera aussi si un seul des deux camps fonctionne sur un mode idéologique. C’est ce qui se passe aujourd’hui.

C’est dire que dans les débats pré-présidentiels actuels, il ne faut pas établir de fausse symétrie. Même si Darmanin découvre  toutes  les semaines  un groupuscule radical   qu’il situe à l’extrême droite, ce groupuscule   n’a aucun rapport avec Eric Zemmour ; et si ce dernier  n’existait pas, nul doute que les idéologues trouveraient un nouvel adversaire à diaboliser car l’idéologie a besoin d’une bête noire. Dans les années soixante, c’est le général de Gaulle lui-même qu’on traitait , à jet continu, de fasciste.

Pour savoir qui est l’idéologue, il faut chercher qui est le premier à user de méthodes violentes, ou qui est le plus violent. Dans la situation actuelle, la réponse est claire : c’est l’extrême-gauche qui ne veut pas jouer le jeu.

 

L’inversion accusatoire   

 

Mais alors pourquoi ces gens prétendent-ils lutter contre la haine ?   C’est que la démarche idéologique revêt un autre caractère, ce qu’on peut appeler l’inversion accusatoire : le fait d’accuser l‘autre de ses propres turpitudes avec tant de véhémence que l’opinion non prévenue peut s’y tromper. Si l’un des deux camps accuse l’autre, sur un ton hystérique, d’être haineux, une chose est certaine, c’est que lui l’est. « C’est celui qui le dit qui l’est » dit-on dans les cours de récréation.

On peut reconnaitre la démarche idéologique à différents symptômes que nous avons relevés : simplification, utopie, sens falsifié de l’histoire, manichéisme – il y en a d’autres.  Mais il y a un  symptôme sûr :  l’inversion accusatoire.

Dès qu’elle apparait dans la confrontation, rien ne sert de s‘indigner, et il ne faut   surtout pas se laisser intimider, il faut comprendre que c’est là le signe le plus manifeste de la démarche idéologique avec tout ce qui va avec : intolérance, refus du débat, violence verbale conduisant à la violence physique, remise en cause de toutes les règles du jeu, éthiques ou juridiques, et … haine.

Dès lors qu’on ne la confond pas avec les oppositions religieuses ou le souci légitime de l’identité, la vraie haine raciste est rare en France. Elle n’atteint pas en tous les cas le degré de fureur de la haine antiraciste ou prétendue telle.   C’est peut-être le plus grand inconvénient de la « diversité » promue par certains, c’est qu’elle ouvre la porte à la haine antiraciste laquelle, comme toute haine idéologique est hyperbolique – souvenons nous des « vipères lubriques » de Staline.  C’est là aujourd’hui le danger ; il faut le conjurer et pour le conjurer le bien comprendre.   Il en va de l’avenir de la démocratie.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

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9 novembre 2021 2 09 /11 /novembre /2021 19:59

MACRON EST-IL VRAIMENT INTELLIGENT ?

 

https://www.causeur.fr/macron-reformes-lepre-sondages-popularite-152849

29/07/2018

Depuis qu’il a été élu président de la France, il virevolte avec ce qui semble du brio. Ses discours, comme celui qu’il a récemment prononcé devant le Congrès réuni à Versailles, ont du style.  Beaucoup de Français pensent que notre pays est mieux représenté par lui.  Il a, à un degré caricatural, l’assurance bien connue des hauts fonctionnaires français -  qui, sur la scène internationale, ne plait pas à tout le monde et  ne signifie pas non plus qu’il ait des idées.   

L’OPA magistrale[1] qu’il a réalisée sur la France au printemps 2017 était assurément le signe d’une certaine intelligence.  En ce temps de confusion de toutes les valeurs, avoir violé les règles républicaines fondamentales qui tiennent chez nous   les juges éloignés des processus électoraux passe non pour une faute mais pour un exploit : bravo l’artiste, dit-on  !  La subversion du clivage gauche-droite qu’il a opérée n’est pas nouvelle mais jamais elle n’avait été poussée aussi loin.

Macron  fait preuve d’une incontestable habileté politicienne. Il est vrai que la bêtise d’une certaine droite, contaminée par les logiques techniciennes, lui facilite la tâche : en lançant des réformes qui plaisent à celle-ci comme celle du code du travail ou de la SNCF ou encore la sélection à l’entrée des universités, il conduit une partie de l’opposition républicaine à l’approuver et dès lors les Français à se demander à quoi elle sert.     

Il reste que l’intelligence, la vraie intelligence politique, ce n’est pas de savoir vibrionner au jour le jour ou de gérer sa « com », c’est la capacité à s’adapter au monde tel qu’il est.  

Ses nombreux faux-pas diplomatiques,  tant  à l’égard des Etats-Unis que  de l’Italie ou des pays du groupe de Visegrad, tout comme le conformisme de ses réformes, amènent à douter que  le nouveau président soit  vraiment aussi intelligent qu’on le  dit et qu’il le croit.

 

 

Une vision de l’Europe déphasée

 

Or sur ce plan, Macron donne, il faut bien le dire, des signes inquiétants de psychorigidité. D’abord, sur l’Europe. Discours après discours, il présente un plan de relance de l’Europe supranationale, d’un idéalisme exalté, sans paraître voir que cela  n’intéresse plus personne : ni aucun de nos partenaires, ni personne en France. Le président en est resté   sinon à Jean Monnet, du moins aux années 2000, au temps des grands débats sur la Constitution européenne et il n’a sûrement jamais compris   pourquoi le non l’avait emporté en 2005. Depuis, il y a eu le Brexit qu’il n’a pas avalé non plus ; et il y a l’opposition forcenée du groupe de Višegrad à tout approfondissement : loin de tendre la main à ces vieux pays, amis historiques de la France, il les insulte et se les met à dos.   La classe politique allemande, paralysée, s’arc-boute pour empêcher la montée de l’AFD, parti eurocritique. Les Italiens viennent de montrer qu’ils ne veulent pas de l’Europe de Bruxelles : Macron les rappelle à l’ordre avec arrogance, ignorant visiblement   combien les Italiens détestent les leçons de morale venues de France -   surtout après avoir été contraints d’accueillir seuls près de 800 000 réfugiés.  Irrité de voir que les choses ne vont pas comme il le souhaiterait, il ressort la vieille rengaine que l’Europe n’aurait pas dû être élargie, et va même jusqu’à qualifier de « lèpre » le « populisme » de ceux qui résistent    au projet européen. Demain des « vipères lubriques » ? On le dit ouvert mais il refuse le pluralisme , moderne mais il refuse l’histoire. 

 L’évolution de l’opinion publique n’est pas le seul signe de l’usure du projet européen : pour maintenir l’euro à flot, la Banque centrale européenne poursuit sa fuite en avant inflationniste (c’est le sens du quantitative easing) : jusqu’où ? Le vaisseau Europe fait eau de toute part ; Macron seul ne semble pas s’en apercevoir : est-ce le fait d’un homme intelligent ? Dans la défunte Union soviétique nul doute que Macron aurait été plutôt du côté de Brejnev (ou de Souslov[2] !)  que de Gorbatchev.

Le projet européen de Macron pourrait intéresser l’Allemagne sous un seul angle : la récupération de notre industrie de défense. Après le démantèlement d’Alstom dont il porte largement la responsabilité et au motif de faire l’Europe de la défense, le GIAT (le char Leclerc), la DCN (le Charles de Gaulle) sont en train de passer subrepticement sous pavillon allemand. Aveuglement ou volonté délibérée de laminer  la singularité française ? Beaucoup  se le demandent. 

 

Macron sur les rails

 

Même oubli de l’intérêt national au bénéfice de l’idéologie dans les rapports avec la Russie :  si le front ukrainien semble un peu calmé - grâce à Trump plus qu’à Macron  - ,  les sanctions à l’encontre de la Russie que Fillon voulait lever ne sont pas près   de l’être et lèsent toujours autant  les intérêts de la France. Si les Russes avaient apprécié l’invitation surprise du nouveau président à  célébrer la visite du tsar Pierre le Grand à Versailles, par-delà les ronds de jambe,  rien n’a changé quant au fond dans la relation franco-russe : les Russes s’en sont certainement aperçus.

De tous temps, les changements à la tête de l’Etat ont servi    à corriger la ligne politique d’un pays    quand elle était mal engagée, sans que le nouveau président ait à se désavouer.  Or elle l’avait été rarement  aussi mal  qu’en  Syrie sous Sarkozy et Hollande : la rupture totale des relations diplomatiques,  le soutien constant aux milices djihadistes, les  mêmes qui se félicitaient bruyamment des  attentats en France (  quand elles  ne les avaient  pas organisés) , la  diabolisation  hystérique et – infantile quand on sait comment se manipule aujourd’hui l’opinion internationale, - du gouvernement syrien,  tout en constituant une trahison des chrétiens d’Orient,  nous  ont aliéné inutilement  un pays , ancien mandat français, qui avait été au cours des deux  dernières décennies un partenaire précieux. Or Bachar a aujourd’hui pratiquement gagné la guerre, les augures du Quai d’Orsay (la « secte » néoconservatrice) qui prédisaient en 2011 sa chute en huit jours   en sont pour leurs frais.  Visiblement Macron reste sur la même ligne que ses prédécesseurs ; au lieu de s’adapter à la nouvelle donne, il laisse son ministre des affaires étrangères, le médiocre Le Drian, accuser toujours aussi   stupidement Assad de massacrer son peuple. Des forces spéciales françaises, armées d’hélicoptères [3],  sont présentes dans le nord de la Syrie, on se demande pour quoi y faire : même Sarkozy et Hollande n’étaient pas allés jusque là. Alors que Trump retire ses forces du pays, Macron y augmente  les siennes ; prétendant de manière ridicule avoir convaincu Trump de rester, il s’attire un démenti cinglant.  Tout aurait pu changer sur ce front et rien ne change [4]. Loin de déplacer les lignes, comme Trump a su le faire à sa manière avec la Corée du Nord, Macron reste sur le même rail.

 

Des réformes sans imagination

 

Dans les affaires intérieures, beaucoup louent le  dynamisme du nouveau président, ses multiples efforts pour faire « bouger la France ». Il   donne le vertige par la multiplication des projets de réforme.

Mais    quelles réformes ?  La vérité est que loin d’être originaux, les projets Macron étaient tous dans les cartons des ministères et ne sont que le prolongement des réformes effectuées au cours des quinze ou vingt dernières années, lesquelles ont si bien réussi à la France comme on sait !

 Au titre de la réforme de la fonction publique, il annonce la rémunération   au mérite de fonctionnaires ; sait-il qu’elle a été instaurée dès 2001 par une loi bien connue appelée « Lolf », mise en œuvre par Sarkozy et dont on connait déjà les   effets pervers ?   Faute de critères de rendement fiables, la porte a été ouverte à l’arbitraire, parfois à la   promotion (ou prime) canapé, l’ambiance s’ en est trouvée détériorée et le zèle découragé. Les  deux piliers de l’Etat  que sont le ministère des finances et  la représentation locale de l’Etat ont  été gravement désorganisées.  Macron veut aller encore plus loin…

Les Ordonnances  travail, auxquelles certains trouvent cependant  quelques aspects positifs, sont-elles autre chose qu’une   mise aux normes européenne ?  Comme l’est l’adhésion au Ceta, laquelle intervient      au moment   où un Jacques de la Rosière, ancien patron du FMI, remet en cause une partie des dogmes libre-échangistes.

La réforme de la SNCF est la transposition mécanique d’un règlement de Bruxelles.   Déjà affaiblie par la séparation, économiquement absurde mais imposée par le dogmatisme de la commission, des réseaux et de l’exploitation, la SNCF le sera plus encore.

En décembre dernier, le gouvernement s’est réuni au grand complet à Cahors pour marquer son intérêt ou la « France périphérique ». Il n’en est pas sorti une seule idée. Est annoncée, au contraire, la fermeture de milliers d’écoles   rurales pour renforcer les ZEP et sans doute celle de nombreuses petites lignes de chemin de fer. L’abaissement de la limitation de vitesse à 80 km à l’heure, va d’abord toucher ces zones.

La réforme annoncée du bac est dans les cartons du ministère depuis des années. Elle s’inscrit dans la progressive déconstruction du système éducatif : course à la facilité, dilution de la notion de discipline scientifique, notes de gueule. 

Il est vrai que, par exception,  l’enseignement primaire semble géré par le ministre Blanquer plus intelligemment que par ses prédécesseurs :  il faudrait voir dans ce retour au bon sens l’influence de Brigitte Macron. Dommage qu’on   ne la voie pas ailleurs !

 

La communication d’abord

 

De cette réformite sans imagination, deux lectures.  Celle de l’oligarchie économique, médiatique, technocratique, des think tanks libéraux qui tous font chorus : la France a besoin d’être réformée ; tout le monde sait quelles réformes il faut faire.  Si on ne les a pas encore faites, c’est que les gouvernements successifs ont manqué de « courage ».

L’autre lecture se réfère à   Guy Debord : la société du spectacle (disons de communication) dans laquelle nous sommes entrés a besoin de s’étourdir de réformes, lesquelles, au point où nous en sommes, ne sauraient faire aller les choses que de mal en pis : « Le société du spectacle dans sa phase avancée (…) n’est plus pour l’essentiel réformable. Mais le changement est sa nature même, pour transmuter en pire chaque chose particulière »[5] . Dans cette optique, la réforme est d’abord un produit de communication (de « spectacle »).

Les réformes de type technocratique   ne font que suivre les logiques de celles qui les ont précédées et qui sont précisément les causes des problèmes. Avec Macron, nous les voyons  à l’œuvre de manière caricaturale. Comment espérer trouver les remèdes aux maux de l’Education nationale dans les cartons d’un ministère   qui est le responsable de ces maux ? La   technocratie française   élabore des   projets de réforme   qui, chacune dans son domaine, suit un schéma simple, voire simpliste, ignorant la  complexité des choses, en général le même depuis quarante ans : regrouper   les communes, fusionner   les services, étendre le mode de gestion privé, flexibiliser l’emploi, mettre aux   normes européennes ou internationales (celles de l’OCDE pour le bac). Face aux résistances, jamais, au grand jamais, leurs initiateurs se demanderont si dans ces résistances, il n’y aurait pas quelque chose de légitime.  On se contente d’y voir l’effet   de l’archaïsme, de la routine, d’un   conservatisme « bien français ». Nul   n’imagine que ce pourrait être à la technocratie de s’adapter.  Penser qu’il pourrait y avoir  de bonnes et de mauvaises   réformes comme il y a de bons et de  mauvais remèdes, est une question hors du champ  épistémologique de ceux qui nous dirigent, comme dirait Foucault. Réformer est devenu intransitif comme communiquer ou changer. Face à ces blocages, « enfin Macron vint »[6] , selon une expression dont on peut penser qu’elle était ironique.  Cette fois, ça passe où ça casse.

Macron, c’est jusqu’à  la caricature l’incapacité à critiquer à partir d’une connaissance du terrain  (qu’il n’a pas) ou  d’idées neuves (qu’il n’a pas non plus) les projets des administrations  que  la plupart du temps, le gouvernement  avalise. Loin d’apporter la touche du vrai chef (« l’œil du maitre ») comme le faisait par exemple un Pompidou, homme supérieurement intelligent, lui, et critique lucide des logiques technocratiques, Macron ne doute pas que les services aient, sur tous les sujets, raison. Comme en politique étrangère, il est sur les rails et il y reste. 

Tragique malentendu : les Français étaient las d’une classe politique usée, et en réalité d’une technocratie dont les projets étaient avalisés passivement par les politiques. Voulant du nouveau, ils élisent  quelqu’un qui ne   propose   rien d’autre que de donner un coup d’accélérateur aux réformes qu’inspire  la dite    technocratie.

Or la France d’aujourd’hui   rencontre des problèmes graves qui, comme jamais jusqu’ici, conditionnent son avenir. Ces problèmes :  démographie, désindustrialisation, dépenses publiques excessives, justice et insécurité, déliquescence de l’éducation nationale   Il y a là de quoi être inquiet :   Macron, prisonnier des logiques du passé, ne semble armé intellectuellement pour se saisir sérieusement d ’aucun de ces problèmes. Bien au contraire, la plupart de ses projets font craindre leur aggravation.

Comment s’étonner qu’au bout d’un an, s’installe le doute   sur la    capacité de Macron à vraiment réformer la France . Les Français ne vont pas tarder  à comprendre, avant lui sans doute,  qu’il se situe aux antipodes de ce qu’ils attendent. 

 

Le bon élève de Sciences po

 

Il  y a, disaient les Romains, pour chacun, un sommet, une acmé, un moment de la vie où il atteint sa pleine réussite.   Pour le jeune Macron, ce fut ses années Sciences po-ENA-Inspection des finances, sous l’égide    d’un Richard Descoings à l’heure de sa gloire.  La plupart des thèmes évoqués plus haut, de l’Europe supranationale à la privatisation des services publics et à la philosophie libérale–libertaire, connaissaient alors leur plus grande faveur, ils étaient si évidents que bien peu osaient les remettre en cause surtout s’ils voulaient sortir dans les premiers  de l’ENA, temple du politiquement correct. Typique de cette école, la rhétorique balancée du « en même temps ». Le mépris ostensible de la francophonie qui pousse Macron à faire ses discours en anglais avait déjà entrainé la multiplication des cours en anglais à la rue Saint-Guillaume, sans que la cote de l’école y ait d’ailleurs gagné. Dans le milieu fermé  qu’il  fréquentait  alors, la criminalisation de la France  coloniale, familière aux   universités américaines,  ce n’était pas une  provocation, c’était une évidence.

Macron est comme un animal  parfaitement adapté à un certain   milieu mais inadaptable ailleurs. Dans ce milieu, il peut certes faire preuve de brio. Mais il détone dès que l’environnement  change tant soit peu. Le nouveau président est aussi déphasé aujourd’hui  que l’était Mitterrand en 1981 avec son lourd  programme de nationalisations. Mais Mitterrand, vieil animal politique, avait su s’adapter. On ne voit pas à ce jour, le moindre indice que Macron en soit capable.

Comprendra-t-il que ce qu’il a appris à l’Institut d’études politiques de Paris il y a vingt ans est complétement à côté de la plaque dans une planète dominée par Poutine, Trump, Xi et qui voit partout la révolte des peuples contre les logiques technocratiques et le retour des stratégies nationales ?    On peut craindre que non.  

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

[1]Olivier  Piacentini , OPA sur l’Elysée, Editions de Paris, juin 2018

[2] Idéologue marxiste qui représentait dans les années soixante-dix  le conservatisme le plus étriqué au Bureau politique du parti communiste soviétique.

[3] Forces modestes au demeurant, de l’ordre de la centaine.

[4] Hors la nomination récente d’un ambassadeur spécial, qui n’implique pas la reprise des relations diplomatiques.

[5] Guy Debord, La société du spectacle, 1966

[6] Commentaire, n°158, été 2017

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9 novembre 2021 2 09 /11 /novembre /2021 19:11

12/04/2021

 

Questions à Roland Hureaux sur le projet de loi contre le communautarisme   

Paru dans Monde et Vie

  1. Emmanuel Macron avait parlé de séparatisme à propos des citoyens les plus religieux – musulmans mais pas seulement - qui se mettraient à vivre à côté des lois de la République. Quel sens à la nouvelle dénomination du projet de loi « pour conforter les principes de la république » S’agit-il de conforter ou de modifier la loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat (1905), dont l’histoire, déjà longue, est semée d’évolutions.

Le mot de séparatisme, dont il n’est plus question aujourd’hui, était trompeur, sans doute volontairement. Il désigne habituellement la volonté de certaines parties d’un Etat de se séparer pour faire un autre Etat : Corse, Catalogne, Ecosse. Evidemment, les musulmans de France ne veulent pas faire un Etat indépendant ; certains ne cachent pas que leur objectif à terme est que la France, toute la France et pas une partie, devienne un Etat musulman. C’est un projet à moyen terme mais dans l’immédiat, ils comptent, quoique minoritaires, imposer leur loi à certains quartiers ou à certains secteurs de la vie publique : l’école, en interdisant par exemple les théories de Darwin, les cantines en y bannissant le porc, pour tous, pas seulement pour eux, la rue en y imposant le voile. Historiquement l’islam ne s’est jamais répandu en faisant de l’apostolat de terrain mais par le haut : en prenant le pouvoir pour ensuite subjuguer le reste de population.

On parle maintenant   d’une loi pour « conforter les principes de République », Pourquoi pas les « réconforter » comme on le dit pour un malade ? C’est l’aveu que ces principes ne sont pas solides et donc déjà une victoire de la partie   adversaire. Comme toujours dans la politique gouvernementale à l’égard de l’islam, nous   sommes dans les grands principes et l’imprécision, là où il faudrait être précis : la « Charte des principes de l’islam de France », qui complète la loi en reste aussi aux généralités,  et , comme elle contient des absurdités  telle que « l’égalité-femme homme est un principe fondamental attesté par le Coran », sa crédibilité est faible.  

L’islam n’est pas fait de principes fondamentaux mais de codes tâtillons réglant la vie publique et la vie privée en détail. Plutôt que d’emphatiques proclamations de principe, il aurait mieux valu à mon sens une prise de positon claire et précise d’Etat pour dire aux musulmans ce qui est compatible avec les lois de la république et ce qui ne l’est pas. On le fait un peu avec l’interdiction faite aux médecins de délivrer des certificats de virginité : c’est bien le moins ! Sur la polygamie, la loi reste ambiguë : elle permet certes de refuser ou retirer un titre de séjour aux polygames (mais le fera-t-on ?), elle réserve la pension de réversion à la première épouse mais reconnait aux autres la qualité de « conjointes » ; et tout cela « sous réserve des engagements internationaux de la France », donc de la jurisprudence des Cours européennes qui est ce que l’on sait.  Théoriquement, la loi permet d’interdire le voile aux mères de famille accompagnantes « collaboratrices du service public » mais c’est flou et, comme on sait, Macron l’a déjà concédé. Quand je dis qu’il faudrait moins de principes et plus de précisions, je pense que l’Etat pourrait dire par exemple « la viande de porc ne sera pas imposée aux enfants musulmans dans les cantines, mais hors de question de leur réserver une vaisselle qui n’aurait pas été utilisée par les mécréants » comme le dit la Loi islamique. Ou encore : le hijab est interdit dans les lycées mais permis dans les universités. D’accord pour ne pas laisser entrer les caricatures de Mahomet à l’école, par respect des consciences, mais cependant la théorie de l’évolution, qui est scientifique, sera enseignée etc. Or nous n’avons rien de tout cela : on n’a même pas osé par exemple interdire par exemple de voiler les fillettes dans la rue, ce que nous trouvons choquant.

 

  1. « Bien d’avantage qu’une simple modalité d’organisation des pouvoirs, la République représente un projet » nous explique le législateur pour présenter l’exposé des motifs de son projet de loi. De quel projet s’agit-il ?

Renan disait que « l’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours »., donc une approbation, sinon un projet. Mais il a dit aussi que ses membres « sont un même peuple lorsqu’ils ont une communauté d’idées, d’intérêts, d’affections, de souvenirs et d’espérances. »  Je n’accorde pas pour ma part, je vous l’ai dit, et les musulmans non plus d’ailleurs, beaucoup d’intérêt à ces formules sans contenu précis. Projet commun, pourquoi pas ? A condition qu’il laisse sa place au jeu démocratique, et laisse un large espace aux choix individuels.

 

 

  1. On emploie beaucoup le mot de « neutralisation ». Au nom du principe de la neutralité de l’Etat, ne risque-t-on pas de voir se créer un mouvement de neutralisation de la société, en transformant en délit toutes coutumes ou toute liberté chrétienne (les crèches, les fêtes publiques, Jeanne à Orléans, les messes durant les férias dans le sud) ? Le but du législateur n’apparaît-il pas comme la promotion d’un athéisme social ?

Oui, je le crains. La religion était à l’origine, chez le Romains par exemple, le lien social, la « religio ». Après la Réforme, elle est devenue au contraire un motif de divisions, c’est à dire tout le contraire. La laïcité voulait au départ neutraliser l’espace public pour y maintenir la paix. Mais ce qui valait entre catholiques et protestants, n’est pas forcément adapté aux problèmes que pose l’islam.  Il n’y a pas d’un côté le christianisme, de l’autre l’islam et entre les deux le terrain neutre de la laïcité. En fait les musulmans sont bien plus horreur de la laïcité pure et dure qu’on veut leur imposer que du christianisme. Les laïques qui croient obtenir la paix religieuse en enlevant les crèches de Noël, choquent les  chrétiens mais exaspèrent  aussi les  musulmans pour qui la naissance d’Issa (Jésus) a de la signification. La stratégie actuelle qui consiste à combattre l’islamisme en enfonçant violemment le clou de la laïcité est totalement contreproductive. Et, de fait, elle sert d’alibi à certains pour liquider ce qui reste de symboles  chrétien, qui sont précisément  la seule chose que les musulmans respectent encore chez nous.  C’est absurde.

Il reste que certaines dispositions de la loi, si elles sont appliquées, peuvent avoir leur utilité : meilleur contrôle des associations  musulmanes recevant des subventions publiques pour qu’elles ne les utilisent pas à faire de  l’agitation islamiste, empêchement des   mariages forcés ou encore possibilité de fermer les lieux de culte subversifs - mais pour deux mois seulement, ce qui est bien peu.

 

  1. On n’a pas prononcé le mot « islam » dans ce projet de loi. N’est-ce pas pour éviter de régler certains problèmes particuliers que pose une religion de plus en plus puissante en France. On observe par exemple que la question du voile des des petites filles et du voile dans les universités est soigneusement laissée de côté. Quelle est la signification de cet évitement ?

Le mot islamiste figure dans le préambule en termes assez vigoureux :

« Un entrisme communautariste, insidieux mais puissant, gangrène lentement les fondements de notre société dans certains territoires. Cet entrisme est pour l’essentiel d’inspiration islamiste. Il est la manifestation d’un projet politique conscient, théorisé, politico‑religieux, dont l’ambition est de faire prévaloir des normes religieuses sur la loi commune que nous nous sommes librement donnés. Il enclenche une dynamique séparatiste qui vise à la division. » 

Mais comme la loi ne peut pas viser une religion et pas les autres, le dispositif de la loi s’applique à toutes, y compris celles qui ne posent pas de problèmes comme la religion catholique.   Et c’est là que   sous prétexte de prévenir des dérives islamistes, certaines dispositions  portent gravement atteinte à la liberté des catholiques : la plus grave, c’est la quasi-interdiction aux parents de faire l’école à domicile. Il y avait déjà eu une discussion à ce sujet en 1905 et sur une intervention énergique de Clémenceau, la liberté des familles avait été préservée. Mais, vous comprenez, Clémenceau, c’était un autre niveau que   Darmanin ! En théorie il s’agit d’empêcher que les musulmans n’envoient pas leur fille à l’école ou n’apprennent que le Coran à leurs fils, en réalité, il a là un acte de persécution des parents, généralement catholiques, qui font très bien leur travail d’enseignants mais qu’on suppose ne pas être dans la ligne de la doxa néo-libérale. Encore une attente inadmissible aux libertés.

Même chose pour le contrôle d’internet. Il est renforcé pour empêcher « les discours dits de haine ». Comme c’est le cas depuis plusieurs années, au nom de la lutte contre l’islamisme, on ne prend que de mesures sans effet contre lui mais on bride un peu plus les catholiques. La première fois qu’on a brandi l’étendard de laïcité, je crois que c’était lors de l’affaire des élèves voilées de Creil, le principal effet des mesures prises fut d’enlever quelques crucifix qui restaient encore dans des écoles publiques du Jura.  Ridicule ! Je note par ailleurs une crispation sur la laïcité qui ne fait absolument pas avancer le problème : ainsi   les préfets s’abstiennent de plus en plus d’aller à la messe alors qu’il y a trente ans, ceux qui le voulaient le faisaient sans complexes. Or ce n’est pas du tout le problème.

 

  1. Cette loi ne se caractérise-t-elle pas avant tout par un contrôle laïc des finances des associations cultuelles, au risque d’introduire une dialectique entre l’Etat de plus en plus officiellement athée et les religions ?

Non, je pense que le plus grave, c‘est, je vous l’ai dit, l’interdiction de l’école à domicile, atteinte grave à une liberté précisément républicaine, qui avait été reconnue par toutes les républiques.

Il est vrai que la loi instaure aussi un contrôle tatillon des finances et des activités cultuelles qui va peser lourd sur toutes les associations religieuses, mais surtout sur celles qui sont le plus soucieuses de respecter la loi, comme celles qui dépendent de l’Eglise catholique – on le voit avec le COVID. Encore une disposition qui vise en principe les musulmans, qui ne les atteindra guère et atteindra en revanche les catholiques. C’est toujours comme cela depuis quarante ans.

 

  1. Le volet éducation du document paraît particulièrement dangereux, en particulier l’article 24 de la loi qui donne une sorte de monopole des programmes à l’Education nationale…

L’Etat a toujours eu en France le monopole des programmes. Encore faut-il qu’on n’empêche pas les maîtres du privé de les compléter, par un enseignement moral par exemple, disparu de l’enseignement public depuis 1968. Encore faut-il que ces programmes ne soient pas trop précis laissant libre cours à la personnalité de chaque enseignant.

Or je note que, si on lit la loi en son état actuel, les établissements sous contrat qui participent au service public de l’éducation nationale, seront tenus à la  neutralité, ce qui est contraire à la jurisprudence établie autour de la loi Debré depuis 1959 préservant le caractère propre de chaque établissement.  

 

7. Le cardinal Parolin, secrétaire d’Etat du pape François a rendu public son scepticisme à l’égard de cette loi. « Cette loi écrit-il risque de mettre à mal les équilibres qui se sont créés depuis 1905 ». Que vise le chef de la diplomatie catholique à travers ce communiqué ?

La loi réécrit largement l’article 19 de la loi du 9 décembre 1905 et c’est très dangereux : elle complique, alourdit et menace à terme la liberté de culte en introduisant un contrôle tatillon des associations.  Pourquoi ?  Y avait-il un problème ? Non. On sent derrière les dispositions les ronds-de-cuir tatillons et méfiants qui veulent tout contrôler (ou les loges maçonniques qui veulent en finir avec l’Eglise catholique , ce que je ne peux pas écrire ) . Darmanin en est le digne porte-parole.

C’est précisément ce que la IIIe république avait su éviter pour apaiser les esprits. Mais pas le gouvernement d’Emmanuel Macron qui, sous des mines benoîtes, est le plus antichrétien que la France ait connu – même entre 1900 et 1905 : on le voit avec le projet de loi bioéthique. Il avait pourtant bénéficié et bénéficie encore de la confiance de beaucoup de catholiques, bien naïfs. Il serait temps qu’ils comprennent.

« Il ne faut toucher aux lois que d’une main tremblante » disait Montesquieu, spécialement, aux lois emblématiques comme la loi de 1905.  Aujourd’hui on en change un article ; bientôt cinq, dix ? Or, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, la loi de séparation d’Eglise et de l’Etat constitue désormais une institution fondamentale de la France. Conçue conte l’Eglise, aujourd’hui elle la protège. En la modifiant, on fragilise  la laïcité et donc les  principes de la République que la loi se proposait pourtant de conforter. C’est sans doute le sens de la sage parole du cardinal Parolin : ne touchez pas à ce qui va bien.
Mais rassurez-vous : c’est en tous domaines aujourd’hui, et pas seulement celui-là, que les lois ont les effets contraires aux buts poursuivis, qu’elles aggravent au lieu  d’améliorer. Comme dit le théoricien marxiste Guy Debord, très proche paradoxalement du catholique Philippe Muray : « la société du spectacle ne peut se réformer qu’en pire ».  

  1. Comment le catholique que vous êtes verrait-il une loi sur l’islam en France ?  

Ce n’est pas en tant que catholique que je me prononce sur ces sujets-là, mais en tant que Français. Je vous l’ai dit : l’Etat doit dire de manière précise et détaillée - et unilatéralement, ce que comme porte-parole de la culture française, il accepte, et ce qu’il n’accepte pas. En évitant la surenchère et l’irréalisme : par exemple interdire le hijab à l’Université peut sembler souhaitable, mais pour tous ceux qui connaissent l’ambiance des amphis, serait inapplicable ; interdire le niqab ou la burqa dans l ‘espace public est nécessaire mais pas le hijab.   Et naturellement, il ne faut pas se mêler de ce qui se passe dans l’espace privé sauf si des femmes y étaient battues…

Mais là n’est pas le problème majeur : l’essentiel, c’est la démographie. L’islam ne pose pas les mêmes problèmes, quel que soit le cadre législatif, s’il représente 3 % de la population ou 30 % (nous sommes quelque part entre les deux). Il faut un équilibre entre les cultures qui marque clairement celle qui est normative, et cela dépend de beaucoup de choses plus importantes que les discours sur l’islam et la République : la natalité des uns et des autres, le rythme de l’immigration et le dynamisme relatif des religions. Par exemple tous ceux qui, dans l’Eglise de France, s’évertuent à freiner   les demandes, nombreuses, de conversion de musulmans sont des criminels : ils préparent la guerre civile. La France ne doit pas devenir le Liban, elle doit rester la France

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9 novembre 2021 2 09 /11 /novembre /2021 18:42

LE SALAIRE DE LA SERVILITE

 

La décision de l’Australie de rompre, sous la pression des Etats-Unis, un contrat de fourniture de douze sous-marins à propulsion classique  de 40 milliards d’euros, événement aux conséquences économiques considérables pour la France et camouflet diplomatique pour Macron, ne saurait surprendre ceux qui connaissent les manières habituelles de procéder des Américains avec leurs alliés, même européens. Les exemples de mépris foisonnent. L’excellent livre d’Éric Branca, L’ami américain (Perrin, 2017) les rappelle. Angela Merkel dont le téléphone personnel avait été mis sur écoute en sait quelque chose.  N’est-ce pas d’ailleurs la manière normale dont procèdent à toute époque  tous les alliés, ce que seule la naïveté française, qui confond alliés et amis, empêche de voir ?

La décision ne saurait surprendre non plus ceux qui savent combien la France pèse peu dans la sphère internationale après quatre ans de présidence Macron. Les flonflons, les rencontres multilatérales de toutes sortes où le président français sait si bien faire  le beau ne sauraient nous illusionner sur le peu d’autorité qu’il y a.   Macron paye là le prix de son insigne servilité, aux Etats-Unis et à l’OTAN. Sans doute le parti-pris l’avait-il amené à battre froid Trump, qui n’en avait cure, et comptait-il sur une lune de miel avec Biden  qu’il a  soutenu hors de toute réserve diplomatique !  Il a vu le résultat. Servilité en Syrie, où Macron a collé à la politique américaine aussi longtemps que se sont prolongées les hostilités et encore aujourd’hui où le feu couve toujours sous la cendre. Servilité quand   il s’est fait, avec une arrogance qu’on ne se serait même pas permis au temps des colonies, le commis voyageur de forces internationales hostiles auprès d’un Liban, ami historique de la France, frappé par le malheur. Servilité vis-à-vis de la Russie au point d’envoyer des forces françaises dans les pays baltes pour les protéger - appoint ridicule à un dispositif qui ne l’est pas moins. Si Macron a fait croire un moment qu’il pourrait jouer un jeu personnel avec les Russes, ceux-ci ont vite compris qu’il n’y avait rien derrière : ce ne fut qu’une courte valse dans une soirée de Saint-Pétersbourg concédée par un partenaire au carnet de bal déjà plein. Servilité quand Macron envoie (au nom de l’Europe !) un bâtiment français patrouiller en Mer de Chine, sans doute pour faire l’important. Servilité au moment de la tension, aujourd’hui réglée sans nous, entre Washington et Berlin au sujet du gazoduc Nord Stream 2 : Macron, traitre de comédie, a soutenu discrètement Washington quand   tout justifiait au contraire, pour une fois, une claire  solidarité européenne. Pour rien, sinon, peut-être, pour faire oublier des années d’assujettissement aux diktats économiques de Berlin.

Hélas, dans l’arène féroce des relations internationales, la servilité ne paye pas.  Il est toujours plus facile de piétiner celui qui est déjà couché que celui qui reste debout. Même si de puissants intérêts étaient en jeu, gageons que les Anglo-Saxons y auraient regardé à deux fois avant de faire un pied de nez pareil à Macron s’ils en avaient craint les moindres représailles. Représailles ? Suspension de notre participation à telle ou telle instance de l’OTAN, rappel de notre contingent en Lituanie, levée de telle ou telle sanction vis-à-vis de la Russie, renoncement à  toute  patrouille en Mer de Chine (acte symbolique dont les retombées diplomatiques auraient été considérables).  Mais nos « amis » en savent assez sur Macron pour deviner qu’ils n’ont rien à craindre de la sorte.

De toute les façons, qui ignore que dans l’espace anglo-saxon – et de plus en plus mondialiste -, les Français se sont que les cousins de province que l’on fait mine de ménager quand nul intérêt essentiel n’est en jeu ?  

Camouflet pour la France, l’affaire des sous-marins d’Australie est aussi le signe que ceux qui décident à Washington se moquent comme d’une guigne de savoir si Macron sera ou non réélu.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 18:30

L’ECHEC DE LA STRATEGIE DU CHAOS

5/11/2021

De la fin de la Seconde guerre mondiale aux années quatre-vingt-dix, les Etats -Unis et leurs alliés régionaux comme Israël, malgré plusieurs guerres, ne remettaient pas en cause le cadre étatique au Proche-Orient. En dépit de l’exception que constitue le  Liban – et sur un autre registre  la Palestine -, amis ou ennemis, démocratiques ou autoritaires, les Etats n’étaient pas remis en cause en tant que tels.

L’idée folle que la paix ou l’approfondissement de démocratie  passe  par la destruction des Etats ,  voire la remise en cause des frontières, au besoin par la force , a émergé  dans les cercles dits « néo-conservateurs »   aux Etats-Unis, en Europe occidentale et en Israël entre 1990 et 2000.

Contrairement aux idées reçues, ils transcendent outre Atlantique les frontières républicains/ démocrates , ayant inspiré aussi bien Clinton et Obama que Bush,   et ils sont tout sauf conservateurs puisqu’ils s’attachent au contraire à détruire ce qui existe, à commencer par la clef de voute  étatique.

Cette thèse est été élaborée  au sein du Project for a new américain century,  fondé en 1977 pour répandre les idées prétendues libérales.  Les expéditions d’Irak et l’Afghanistan (2001, 2003) s’inspirent de cette idéologie.  Condolezza Rice s’en fait l’écho quand elle appelle en 2006 à un « nouveau Moyen Orient. »

L’opinion mondiale, dument manipulée,  a cru que ce nouveau Moyen Orient émergeait de lui même au travers des « printemps arabes » de 2011. Or, loin  d’être spontanés comme on l’a fait croire,  les révoltes arabes étaient excitées par des agents de l’extérieur. La preuve  : les monarchies du golfe, proches des Etats-Unis et encore moins démocratiques  que les autres pays, furent épargnées.  

Le résultat est que plusieurs Etats  furent plongés  dans le chaos ; certains tels l’Afghanistan,  Libye ou le Yémen s’y trouvent encore. D’autres sont très affaiblis : Egypte, Tunisie, Jordanie. D’autres enfin s’en remettent difficilement :  Irak, Syrie.

« Diviser pour régner » est une vieille idée mais elle n’avait jamais été mise en œuvre de  manière aussi systématique. L’idée que la sécurité du  monde occidental, singulièrement celle des Etats-Unis et d’Israël,  serait mieux garantie dans un environnement composé de tribus ou micro-états confessionnels   en lutte les uns contre les autres a fait de grands ravages . L’Afghanistan, la Libye, le Yémen et , de plus en plus,  le Liban sont éclatés.    L’Occident a permis à Daech émerger dans le nord de l’Irak et en Syrie : certains se sont plaints que, comme Frankenstein,  la créature ait échappé à son créateur : ils l’ont pourtant bien cherché.

Ce projet destructeur a une dimension plus large. Par-delà l’impérialisme américain classique, l’idéologie mondialiste qui s’est développée autour du néo-conservatisme,  vise l’extinction des Etats sur toute la planète, ayant en perspective un gouvernement mondial régnant sur un monde  parcellisé. Le soutien à l’islamisme sunnite est un des moyens d’arriver à ce but  au Proche et Moyen Orient, comme le narcotrafic l’est en  Amérique latine et, peut-être la bureaucratie à  Bruxelles , laquelle  s’attache elle aussi à affaiblir les Etats en Europe. Des « révolutions orange », analogues aux printemps arabes, financées par des forces mondialistes , telle la Fondation pour une société ouverte,  ont ébranlé plusieurs pays de l’Est de l’Europe : Ukraine, Géorgie, Arménie. Ces forces détruiraient  même  la Russie de Poutine si elles le pouvaient.

Si la stratégie du chaos est dangereuse pour la paix du monde, elle l’est aussi pour les pays qui sont à son origine. Ces guerres où des puissances tentent de favoriser le chaos permettent le développement de milices   qui  se trouvent particulièrement entrainées et , par là,   dangereuses   pour  ceux-là même  qui les ont suscitées. Ces milices ne sont pas étrangères au développement du terrorisme dans des pays européens, pays  qui, dans le cadre de l’OTAN, les avaient appuyées en Syrie.  Le chaos favorise l’émergence de milices plus fortes que les autres . C’est la struggle for life.  Elles  représentent dès lors une menace accrue pour  les Etats. Au lieu de soutenir l’Etat libanais, Israël y a , pendant des années, nourri l’anarchie. Il se trouve, bien malgré lui,  confronté au Hezbollah, aujourd’hui beaucoup plus fort militairement que ne l’avait jamais été  l’armée libanaise. A qui la faute ? 

On peut dire qu’aujourd’hui cette stratégie est en échec. La guerre de Syrie fut à cet égard une épreuve test : l’alliance de l’OTAN et des réseaux islamistes (y compris Al Qaeda, responsable des attentats du 11 septembre) , a échoué à ébranler l’Etat syrien. L’appui apporté par les alliés de la Syrie a été à cet égard déterminant : le général Suleymani symbolisait à lui tout seul cet appui à la  résistance  à une entreprise démoniaque de destruction de l’Etat syrien. Comment s’étonner qu’il  ait été ciblé par les forces sombres qui  tentent  de dominer le monde ?

La mise en échec de la stratégie du chaos, à laquelle des hommes comme le général Suleymani ont sacrifié leur vie, est un pas en avant non seulement pour   la paix au Proche-Orient  mais pour la paix du monde.

Roland HUREAUX

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 18:28

EN TERMINER AVEC LES ANNEES TRENTE

 

Paru dans le Blog de Front populaire, repris par Médiapart

03/11/2021

Depuis près d’un siècle, la politique occidentale est structurée par les clivages des années vingt et trente. Il faut que nous prenions enfin conscience de la mutation qui a marqué le monde depuis lors et que nous en tirions les conséquences.

Dans le contexte de l’entre-deux guerres, marqué par la menace de deux totalitarismes, le bolchevik d’un côté, le national-socialiste et accessoirement le fascisme[1] italien de l’autre, la raison, la modération, la liberté, la démocratie, elles, étaient au centre, compris assez largement, des vrais conservateurs aux socialistes non communistes.

De fait c’est la coalition des deux totalitarismes, formalisée par le pacte germano-soviétique du 23 août 1939 qui déclencha la seconde guerre mondiale, même si Hitler l’aurait de toutes les façons fait. Les extrêmes représentaient alors une menace de guerre, ils étaient ouvertement ennemis de la démocratie, des libertés, de l’ordre international, indifférents à la morale, partisans du recours à a force.

Tenons provisoirement les quarante-cinq ans de guerre froide pour une parenthèse.

 

Dix guerres depuis 1990

 

Considérons à présent ce qui s’est passé au Proche-Orient depuis 1990, à partir de la première guerre du Golfe.  Au total une dizaine de guerres, en élargissant le théâtre des conflits aux Balkans et à l’Ukraine, en incluant les deux guerres du golfe, l’Afghanistan, la Libye, la Syrie, le Yémen, les intervenions d’Israël à Gaza et au Liban. Dans tous ces cas, on cherche en vain où la main des Etats-Unis et de l’OTAN, désormais compétent sur terre entière, n’apparaisse pas pour susciter, encourager et armer les bellicistes.

On peut voir aussi la main de l’Occident dans d’autres confits très meurtriers, comme l’affrontement Iran-Irak des années quatre-vingt et celui du Rwanda, entièrement imputable aux Etats-Unis selon Boutros-Ghali, alors secrétaire général des Nations-unies, ou les confits du Soudan. L’actuelle guerre du Sahel est la retombée la guerre de Libye qu’Obama et Sarkozy ont déclenchée.

Il est certes difficile de tenir Bush fils (ou son « vice » [2], Dick Cheney) pour des modérés centristes ; ils prétendaient cependant défendre la démocratie contre des dictatures. Dans chacun des conflits qu’eux et les autres présidents américains (Bush père, Clinton, Obama) ont déclenchés, ce sont, en Europe occidentale, les modérés   centristes allant, en France d’une partie des républicains aux socialistes et aux écologistes qui applaudissent et souvent engagent nos troupes, au moins à titre d’auxiliaires. Ce sont au contraire les partis dits extrêmes qui critiquent ces engagements : Rassemblement national, gaullistes, communistes et autres forces d’extrême gauche.

Sans vouloir en faire la promotion, on ajoutera que ces partis ne présentent aucun des caractères des partis totalitaires des années trente : pas de refus de principe de la démocratie élective – bien au contraire, ils ne semblent exister que dans les semaines que précèdent les échéances électorales – pas de défilés dans les rues en uniforme, pas d’assassinats politiques.

Ils n’en font pas moins l’objet, en particulier ceux qui se positionnent à droite, sans que les autres en soient exempts, d’accusations récurrentes qui les assimilent aux partis bellicistes des années trente. Dès qu’ils ouvrent le la bouche pour contester le courant dominant, la réductio ad hitlerum surgit.

 

Le péril centriste

 

En tous les cas, ce n’est pas eux, mais les soi-disant modérés qui représentent aujourd’hui un risque pour la démocratie. Nous venons de le voir sur le plan des relations internationales. Tous  soutiennent   les institutions européennes  qui ont prétendu se fonder sur le  rejet des  nationalismes bellicistes  d’autrefois , mais qui n’en sont pas moins responsables ( ou co-responsables) aujourd’hui  des guerres des Balkans et de l’Ukraine,   qui ont encouragé les conflits  du  Proche-Orient  déclenchés par les  Etats-Unis    et  qui continuent d’y jouer un rôle criminel en prolongeant au-delà de toute raison les sanctions  qui frappent  les  populations  syriennes et yéménites  qui font mourir chaque jour de faim ou de maladie nombre   d’adultes et d‘enfants. Si elle n’est pas en pointe pour combattre, l’Europe institutionnelle l’est pour imposer des sanctions meurtrières.

Sur le front de l’Est, si tant est qu’il y ait un front, les Européens, au moins ceux de Bruxelles et de Strasbourg, font une surenchère démentielle contre la Russie. Les technocrates européens qui ignorent tout de l’histoire, identifient Poutine à Hitler, selon le schéma simpliste que nous avons évoqué.  Ce sont les « souverainistes » qui sont au contraire, partisans de la détente vis à vis de la Russie laquelle ne remet d’aucune manière le statu quo en cause[3].

Observons en parallèle l’évolution de la démocratie dite libérale aux Etats-Unis et en Europe de Ouest. Tous les pays ont, de manière étonnamment coordonnée, profité de la crise du Covid pour restreindre les libertés fondamentales, en théorie de manière provisoire   mais, au gré de beaucoup de scientifiques, très au-delà de ce qui était nécessaire.

Les politiques internationales (OMS, OCDE) et européennes prévalent de plus en plus sur les vœux des représentations nationales et la volonté de peuples[4].

 

Le virus de l’idéologie détruit le libéralisme  

 

Un des fondements de la démocratie est le pluralisme de la presse : or depuis quelques années s’est abattu sur le monde occidental   la chape de plomb de l’uniformité, d’une pensée unique qui relègue aux marges toutes les idées dissidentes. Parmi les nouveaux oligarques, beaucoup voudraient verrouiller l’internet où se sont réfugiées celles-ci.

Sur tous les plans, le libéralisme recule dans les pays qui prétendent en être les porte-drapeaux.   Certes nos rues   ne sont pas encore remplies de cohortes de gens en uniforme marchant au pas.  Mais les tribunaux poursuivent sans ménagement tout propos s’éloignant de la pensée unique. Pas de camps de travail mais le risque de la marginalisation professionnelle ou même de l’hôpital psychiatrique pour les dissidents[5].  Les Gafams, organismes multinationaux purement privés et jouissant chacun dans sa sphère d’un monopole, se permettent de censurer sur la terre entière les particuliers et même des chefs d’Etat qui ne sont pas en conformité avec leur idéologie.

Seul le suffrage universel, malgré une  presse monocolore, semblait laisser  une chance aux pensées hors normes  ; le système qui n’avait pu empêcher le Brexit se blinde : quel qu’en soit le résultat final,  inconnu à ce jour,  la dernière  élection présidentielle américaine  a montré   l’ampleur de la fraude à laquelle  n’ont pas hésité à recourir les tenants de la  pensée dominante, le parti démocrate en l’occurrence, le parti de Roosevelt, de Kennedy, de Carter et de tant d’autres défenseurs de la démocratie, aujourd’hui bien mise à mal.

Il s’est donc produit depuis les années trente, une véritable mutation, au sens génétique du terme : les ennemis de la paix et de la démocratie ne sont plus aux marges mais au centre de l’éventail politique, ils se disent libéraux mais ils ne le sont plus depuis longtemps, ils se disent démocrates mais ils n’hésitent pas à manipuler le suffrage   pour garantir, contre les peuples, la victoire de leurs idées.

Inséparable de ce recul de la démocratie se trouve l’impossibilité du débat. Il est remplacé, sous l’impulsion des forces du centre, par la véhémence des anathèmes, la volonté de priver l’adversaire de tout moyen d’expression, la disqualification a priori de ses arguments, le remplacement des désaccords politiques à l’ancienne par une guerre à mort où le manichéisme hystérique s’est substitué à l’échange d’arguments. Nous ne sommes pas loin des « vipères lubriques ».

Il y aurait beaucoup   à dire sur la mutation interne qu’a connue la pensée libérale au cours des dernières années :  elle s’est simplifiée - « il y a les fascistes et nous » et est devenue messianique « il y a un mouvement irrésistible des sociétés avancées, tous ceux qui le refusent sont voués aux « poubelles de l’histoire ». Simplification manichéenne. C’est à une véritable idéologisation du libéralisme que nous assistons. Comme toutes les idéologies, elle conduit à une (absence de) pensée rigide et mécanisée. Vipères, poubelles, la pensée pseudo-libérale nous rapproche du vocabulaire stalinien.

 

Patriotisme contre nationalisme idéologique

 

Par derrière, un   grand malentendu   explique cette évolution : la confusion entre, d’un côté, le prétendu nationalisme idéologique, en réalité universaliste qui n’était en réalité pas national du tout : un homme comme Hitler pensait à lui et à l’humanité, qu’il prétendait regénérer, mais très peu à l’Allemagne, et, de l’autre, le patriotisme simple et sain, celui de tous les groupes humains depuis le commencement de l’histoire.   Les idéologues, pour se justifier, refont l’histoire. Pour les idéologues néo-libéraux, les idéologies totalitaires sont à l’origine de toutes les guerres et elles ne sont que le prolongement du nationalisme, qu’ils amalgament à   tout forme de défense du peuple, de son identité, de ses intérêts nationaux, voire à tout souci de maintenir contre le   mondialisme une forme d’indépendance nationale. Résister au mondialisme, ou à sa version régionale, l’européisme, c’est être nazi !

Or cette vision des choses est fausse. La vraie fracture se situe entre, d’un côté, les idéologues, communistes ou nazis hier, néo-libéraux impérialistes aujourd’hui, mus d’abord par un projet mondial et, de l’autre, ceux qui veulent mener une politique normale, hors de tout projet eschatologique, soucieux de défendre d’abord leur indépendance et les intérêts de leur peuple. De nombreux exemples montrent que ceux qui défendent seulement les intérêts forcément cantonnés de leur peuple particulier, que l’on confond à dessein    avec des idéologues   conquérants sont les plus sûrs   garants de la paix : De Gaulle que, à l’instigation de l’idéologue mondialiste Jean Monnet, Roosevelt tenait pour un dictateur en puissance, a terminé deux guerres sans en commencer   aucune ; désavoué par un référendum, il s’est retiré du pouvoir. Alors que d’autres ont fait voter par le Parlement un traité européen refusé par le peuple.   Nixon et Reagan tenus pour fascisants par certains, n’ont déclenché aucune guerre ; Trump, non plus. Voyons au contraire en face le tragique palmarès de ses prédécesseurs, soi-disant libéraux, comme Obama[6], responsable de quatre guerres et de près d’un million de morts.

 

Une mutation capitale

 

Les mutations sont fréquentes dans la sémantique politique : les tenants de l’écologie et des langues régionales étaient d’extrême droite au début du XXe siècle, ils sont à l’extrême gauche aujourd’hui. De même les défenseurs des homosexuels (voir Proust). Le retour à la terre de Vichy est passé à l’écologisme le plus radical. En Russie, les nomenklaturistes communistes de 1985 sont devenus de oligarques ultralibéraux en 1995. Les « patriotes », à l’extrême pointe de la Révolution française, passent à l’extrême droite en 1900, puis à nouveau à gauche en 1945, puis encore à droite.  Le Front national, sigle communiste en 1945, passe pour fasciste aujourd’hui. Il est urgent que ceux qui aspirent à une politique normale, non idéologique, effectuent, dans leur tête la révolution copernicienne qui s’impose et comprennent enfin que la vraie menace pour la paix et pour la démocratie, vient aujourd’hui des centristes, prétendus libéraux.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

[1] Hannah Arendt dénie au régime de Mussolini le caractère d’un vrai régime totalitaire, ce qui aurait bien déçu l’intéressé.

[2] Le film d’Adam Mac Kay (2018) sur le vice-président Dick Cheney, The Vice.

[3] L’annexion de la Crimée en 2014 répondait au coup d’Etat de Kiev tendant à faire rentrer l’Ukraine, y compris la base historique russe de Sébastopol, dans le giron de l’OTAN

[5] Un médecin français radié et une avocate allemande enfermée récemment.

[6] Obama n’en a pas moins reçu le Prix Nobel de la Paix.

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 18:26

MACRON N’EST PAS BCBG

12/10/2021

Le petit Darmanin n’a pas décidé lui-même de convoquer le président de la Conférence épiscopale de France pour lui demander de renoncer au secret de la confession. C’est Macron qui lui a ordonné de le faire

Deux jours avant, paraissait le sinistre rapport Sauvé qui se terminait par cette préconisation : que l’on nous dise qu’il n’y a pas eu manipulation !

Il reste que Macron n’a aucune excuse.  C’est une des règles les plus anciennement établies de l’Eglise catholique (et orthodoxe), une des marques fortes de sa singularité, qu’il remet en cause.

Ni Jules Ferry, ni le petit père Combes, ni aucun des anticléricaux de jadis n’avaient osé.

Ils avaient tous une forte culture chrétienne et savaient que cette disposition était sacro-sainte.

C’est elle qui permettait à l’Eglise de se dire le « refuge du pécheur » et un de ces faits de civilisation qui font que nous n’en vivons pas (encore) dans une société totalitaire.

Il est étonnant que Macron l’ait ignoré.

Il a certes fréquenté la Providence d’Amiens mais à une époque où le caractère propre des établissements privés sous contrat était bien décoloré.

L’importance du secret de confession s’apprenait aussi dans les familles, au moins elles de la bourgeoisie catholique, les bc bg, où on a voté en 2017 avec tant d’enthousiasme pour Macron ; il est clair , au vu de cette proposition (et de quelques autres signes) , qu’ il n’en fait pas partie.

Il avait pourtant bien caché son jeu avec son allure de premier communiant stylé qui plaisait tant aux gens de Versailles.

Cette proposition, qui n’a aucune chance d’aboutir   à moins d’un schisme, est même grossière : bas les pattes devant l’antique secret, est-on tenté de dire.

Il se peut que ce soit la faute de trop, celle qui ouvrira les yeux des milieux catholiques sur le genre de personnage dans lequel beaucoup ont mis leur confiance : un des plus hostiles à l’héritage chrétien qui n’ait jamais été. 

 

Roland HUREAUX

 

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 18:24

LE NOMBRE D’ORDINATIONS SACERDOTALES SE MAINTIENT EN FRANCE DEPUIS PRES DE 50 ANS

11/10/2021

Il est habituel d’entendre que le nombre de prêtres en France (comme dans le reste de l’Europe) est en chute libre.

Ce constat cache une donnée tout aussi fondamentale : le maintien du nombre de vocations – et donc d’ordinations – depuis 1975, avec des hauts et des bas certes, mais un flux d’entrées dans les ordres qui est de 100 à 150 par an, avec quelques pics récents : 179 en 2014. Abstraction faite des fluctuations annuelles, la pente serait même légèrement ascendante depuis 1980.

Ce n’est d’ailleurs pas une nouvelle puisque la situation est la même depuis 45 ans, bien que personne n’en parle : dans et hors de l’Eglise, les lamentations déclinistes ont plus de succès.

Ceux qui ignorent tout des statistiques et de la démographie, et ils sont nombreux, confondent le « flux » d’entrée, constant, avec l’évolution du nombre de prêtres (appelé fâcheusement « stock » par les statisticiens), en baisse continue puisque le nombre d’ordinations annuelle était après la guerre d’environ 500 et que donc pendant presque deux générations, les sortants ont été d’environ  500  et les entrants environ 150 par an.  Ce déficit disparaitra assez vite, d’ici cinq ans, quand les prêtres prenant leur retraite ou décédant viendront des classes moins  nombreuses  des années 1975 et suivantes.

Immédiatement après la guerre, on trouve un nombre de nouveaux prêtres important :  1028 en 1951 (qui correspond à la sortie des séminaires de tous ceux qui n’avaient pu y entrer pendant la guerre), 595 en 1960, 285 en 1970, puis la chute se précipite de 1970 à 1975 (161) pour déboucher sur une stabilisation qui perdure encore de nos jours au niveau que nous avons indiqué.

Ces chiffres sont débattus. Il est difficile de dire ce qu’ils incluent. Les prêtres diocésains bien sûr mais aussi toute une série de communautés apparues dans la période rédente : l’Emmanuel, la Communauté Saint-Martin, l’Institut du Christ-Roi  et d’autres. Faut-il y inclure aussi les prêtres de la Fraternité saint Pie X (une dizaine  par an sur une trentaine , soit 20 %,   qui pratiquent « rite extraordinaire ») ?  Il nous semble que oui :  même si certains jugent leur spiritualité dévoyée, leurs séminaristes veulent être des prêtres selon la définition de l’Eglise de toujours et témoignent donc, eux aussi, de la fécondité spirituelle de l’Eglise de France ; la division de l’Eglise est une autre question. Faut-il aussi inclure les religieux (moines en particulier) ordonnés ? Certes le peuple chrétien ne les verra pas beaucoup mais ce sont de vrais prêtres, disponibles en particulier pour l’administration des sacrements.  Même question pour les missionnaires, devenus il est vrai très rares.  Une nouvelle catégorie : de jeunes prêtres étrangers ordonnés en France pour servir à l’étranger, ne doit cependant pas être comptée.

Pour des raisons à déterminer, les prêtres proprement diocésains sont en baisse, spécialement ces deux dernières années mais pas dans tous les diocèses (exception notable : Fréjus-Toulon). Cette baisse reflète plutôt un transfert vers d’autres formes de sacerdoce qu’un recul absolu. Pourquoi les séminaires diocésains sont-ils moins attractifs ?  Cela reste à déterminer.

On dira que 100-150 nouveaux prêtres par an, c’est bien moins que sous la IIIe et même la IVe République. Mais ce chiffre n’est pas négligeable : c’est à peu près celui des énarques recrutés annuellement. Le flux actuel qui sur une carrière de 40 ans en moyenne (sauf les départs devenus moins nombreux) correspond à une population de 5-6000 prêtres français, permet d’encadrer convenablement  l’Eglise.

Savoir si la chute brutale de 1970-75 a quelque chose à voir avec le Concile Vatican II ou Mai 68, - ou tout simplement l’évolution des mœurs - n’est pas dans nos compétences.  La même période a vu un nombre important de défections : 2500 de 1960 à 1980, ce qui montre que beaucoup de vocations à l’ancienne, effet de la pression sociologique, n’étaient pas très solides.

L’évolution des chiffres témoigne aussi d’une mutation sociologique importante. Le recrutement paysan et petit-bourgeois de province s’est entièrement tari.  D’où la pénurie grave de certains diocèses ruraux . Ne reste qu’un recrutement bourgeois ou aristocratique ( petite noblesse généralement), urbain,  qui existait avant 1975 mais qui ne s’est pas, lui, tari et qui est entretenu par l’existence de familles nombreuses dans les milieux concernés.  28  % des nouveaux prêtres viennent de Paris et Versailles.  Le même milieu fournit l’essentiel des promotions de l’Ecole de Saint-Cyr et donc l’ossature, jugée excellente à l’international,  de nos armées. N’oublions pas enfin 20 % environ de séminaristes sans racines sociologiques précises, pouvant venir de   milieux déchristianisés et qui se maintiennent année après année : effet de la grâce  !  Sans doute l’Eglise de France a-t-elle changé de visage. Elle n’a plus les  moyens  d’un encadrement étroit des populations, qu’elle n’assurait d’ailleurs que dans certaines régions, difficile de toutes les façons dans les grandes villes. Mais l’efficacité d’un prêtre variant bien plus que de 1 à 10, si ces prêtres sont saints, la chute de 1975 n’interdit pas que se maintienne une certaine   vitalité spirituelle dans notre pays.

 

Roland HUREAUX

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 18:22

AFFAIRE DES SOUS-MARINS : LES DEMOCRATES AMERICAINS TELS QU’EN EUX-MÊMES

29/09/2021

Les Français, surtout ceux de gauche, n’ont jamais voulu le voir. L’hostilité à la France, répandue comme on sait, aux Etats-Unis, est d’abord le fait des démocrates.

 

Le jeu anti-français des démocrates

 

La rupture unilatérale du contrat franco-australien de vente de 12 sous-marins par Joe Biden est dans la stricte continuité du comportement des démocrates américains à l’égard d’a France depuis presque un siècle. On  se souvient de l’hostilité viscérale de Roosevelt à l’égard de  De Gaulle, sans doute attisée par Jean Monnet. C’est grâce au général Eisenhower que le président  américain ne put pas imposer à la France libérée le plan AMGOT qui serait revenu à une nouvelle occupation. Le général, qui devait devenir président républicain, comprit ce qu’il y avait d’irréaliste à vouloir imposer une administration étrangère à une France dont la résistance avait joué un rôle décisif dans le succès du débarquement.  Au demeurant, Roosevelt hostile à toute forme de colonisation, l’était particulièrement à la colonisation française.

Le président Kennedy, sous le charme duquel tant de Français tombèrent, d’autant que sa femme était en partie d’origine française, poussa autant qu’il le put   non seulement l’indépendance d’Algérie mais aussi l’hégémonie du FLN que les ambassades américaines introduisirent un peu partout sur la scène diplomatique, au point de rendre impossible une indépendance sans lui. Les services secrets américains  menèrent  le double jeu  jusqu’à aider à la fois le FLN et l’OAS, ce qui obligea Kennedy à les désavouer après l’attentat du Petit-Clamart. Bien qu’il ait été un allié inflexible au temps de la guerre froide, De Gaulle dut pourtant essuyer l’hostilité des Américains à presque tous ses projets : force de frappe nationale (à laquelle Washington tenta d’opposer une mythique force « multilatérale »), plan Fouché, traité franco-allemand, refus de l’entrée de l’Angleterre dans la Communauté européenne, marché commun agricole.

L’hostilité se durcit avec l’avènement de Lyndon Johnson, texan cynique et inculte pour lequel De Gaulle qui admirait son prédécesseur, n’avait que mépris.  C’est à ce moment là que le président français   prit toute une série d’initiatives destinées, non à rompre l’alliance mais à prendre des  distances vis à vis de Washington : retrait de l’organisation  intégrée de l’OTAN, rapprochement avec  la Russie, visite au Québec, discours de Phnom Penh, condamnation de l’action  offensive  d’Israël  lors de la guerre des Six Jours , tournée en Amérique latine, et surtout remise en cause du rôle du dollar. Mai 68 se situe dans la suite de ces événements au point que certains ont voulu  y voir, à tort ou à raison, une sanction indirecte  de la France par celui qu’on appelait alors  l’Oncle Sam.

Comme on sait, les relations franco-américaines , qui avaient été  bien  plus paisibles sous  Eisenhower  – lequel  ne mit aucun obstacle au retour de De Gaulle au pouvoir –, furent largement restaurées  sous  Nixon avec lequel durant les  trois mois où ils gouvernèrent ensemble ,  les relations franco-américaines connurent une véritable lune de miel.

Entente étonnante entre Reagan et Mitterrand, non sans une ré-inféodation discrète du Français, lequel était assez avisé pour savoir que l’on doit laisser de côté les affinités partisanes dès qu’on entre dans la sphère diplomatique.

Le président le plus fortement hostile aux intérêts français fut sans doute Bill Clinton. C’est tous sa présidence que les Etats-Unis soutinrent la prise de pouvoir de Kagame au Rwanda, puis son invasion au Zaïre, opérations dont un des buts était l’éviction des Français de l’Afrique centrale. Même si Chirac se vit contraint d’y participer, la guerre de Yougoslavie (1979), visait   la destruction de la Serbie, allié historique de la France au bénéfice d’amis de l’Allemagne (Croates, Bosniaques musulmans, Kosovars), ces derniers accueillant  les forces de l’OTAN en faisant le salut nazi.

Il est vrai que l’hostilité  franco-américaine se durcit encore quand Chirac refusa d’associer la France à l’invasion de l’Irak. Il faut « punir » la France dit la secrétaire d’Etat Condolezza Rice. C’était il est vrai sous George W. Bush, républicain, mais passé depuis le 11 septembre sous l’influence d’un clan néo-conservateur largement  issus du parti démocrate.

 

Bellicisme de la gauche américaine

 

Les démocrates ne furent pas seulement hostiles à la France et méprisants des intérêts français, ils jouèrent plus qu’à leur tour le rôle de boute-feux.

Boute feu le président Wilson qui imposa ses principes idéalistes au traité de Versailles  (1919) multipliant les frustrations et les motifs d’instabilité en Europe.  Roosevelt retarda longtemps  le débarquement en Afrique et en France et refusa l’option d’une percée dans les Balkans à partir de l’Italie qui aurait empêché Staline, que le président américain prenait  presque pour un humaniste, d’opérer une mainmise sur l’Est du continent, ratifiée de fait à Yalta.

Ne nous plaignons cependant pas de l’intervention américaine dans les deux guerres mondiales. La première ne fut pas aussi décisive qu’on l’a fait croire aux Français  - et aux Américains.  La seconde  le fut  d’abord pour empêcher que nous ne soyons in fine  « libérés » par Staline.

Difficile de ne pas qualifier Truman de boutefeu, au sens littéral, lui qui décida Hiroshima et Nagasaki , sans qu’on soit encore sûr qu’il n’y avait pas d’autre option. Il reste le meilleur président démocrate par la manière dont il fit face avec autant de mesure que de détermination à l’agressivité soviétique des années 1945-1952. On ne saurait en dire autant de John F.  Kennedy, irresponsable dans l’affaire de baie des Cochons, jugé par certains pas assez ferme lorsqu’il il rencontre Khrouchtchev à Vienne au point de lui donner l’impression que le Russe pouvait  avancer ses pions.  Surtout, c’est lui qui commence la longue et douloureuse guerre du Vietnam et, peu avant d’être lui-même assassiné, organise un coup d’Etat contre un protégé américain, le président sud-vietnamien Ngo Dinh Diem, plus légitime que ceux que les Américains imposèrent ensuite. Modeste au début,  l’assistance militaire américaine à Saïgon se mua peu à peu en une intervention directe sous  Lyndon Johnson : elle se traduisit par l’envoi d’un demi-million de soldats américains et, jusqu’à l’élection de Nixon personne ne voyait à Washington comment se  tirer  de ce conflit qui amena    une partie de la jeunesse à basculer dans le pacifisme.

Nixon devait conclure en janvier 1973, par les accords de Paris, la guerre du Vietnam, non sans l‘avoir au préalable durcie.

A la fin des années soixante-dix, les inconséquences de Carter ont mis l’Europe, comme jamais auparavant ,  sous la menace soviétique  . Menace qui ne devait être conjurée que par l’acceptation par les Européens, sous l’impulsion de la France, si longtemps tenue pour un allié indocile, de l’installation des euromissiles sur leur sol. Même inconséquence en Iran où les Américains laissèrent tomber un autre allié, le shah , avec les suites que l’on sait.

Les initiatives de Bill Clinton ont causé la mort de près de cinq millions de personnes dans l’Afrique des Grands Lacs, événements tragiques dont Boutros-Ghali, alors secrétaire général de l’ONU, disait que la responsabilité revenait entièrement aux Etats-Unis. Si la Yougoslavie a été détruite en 1999, pour quel profit, sinon un renforcement de l’islam  en  Europe avec  l’indépendance du Kossovo ? Les sanctions imposées à l’Irak ont  causé , elles, pendant ce temps, la mort de  plusieurs centaines de milliers d’enfants, dont la secrétaire d’Etat américaine  Madeleine Albright s’est laissée aller à dire : « si c’est le prix à payer pour chasser Saddam Hussein, pourquoi pas ? « 

Obama, appuyé au début par sa secrétaire d’Etat Hillary Clinton, épouse de Bill, a reçu le prix Nobel de la paix et provoqué quatre guerres : Libye, Syrie, Ukraine, Yémen. Tous ces pays sont encore plus ou moins en conflit.  L’appui des démocrates américains aux printemps arabes (2011)  qu’ils ont peut-être provoqués eux-mêmes  a réussi à mettre le  feu à tout le Proche-Orient .

Trump qui est venu après, accusé stupidement de bellicisme par la gauche française a terminé,  au moins en partie,  deux de ces guerres (Irak, Syrie) et à la différence de tous ses prédécesseurs depuis Reagan,  n’en a commencé aucune. Il a tenté d’apaiser , non sans difficultés, les relations des Etats-Unis avec la Russie.

Dès son retour aux affaires, les démocrates, sous Biden, envoient des signaux particulièrement hostiles à Moscou, jusqu’à traiter Poutine de criminel. Après avoir reproché vivement à Trump ses positions dures face à la Chine (qui avaient d’abord un caractère commercial), ils prennent des positions encore plus dures.

L’annulation de la commande de douze sous-marins à propulsion classique n’est pas seulement un camouflet pour la France, c’est un durcissement dangereux de la stratégie américaine dans le Pacifique et un signal extrêmement hostile envoyé à la Chine.  L’Australie ,  qui avait sa propre marge de manœuvre est désormais cadenassée dans une alliance étroite avec les Etats-Unis dirigée contre  la Chine. Des sous-marins à propulsion non-classique sont de petites  centrales nucléaires navigant sous les océans. La politique de l’Australie, première puissance non nucléaire à s’en doter, fera école. On les verra bientôt proliférer dans les océans indien et pacifique avec tous les risques que l’on sait.

 

Aveuglement de la gauche française

 

Face à un parti démocrate à la fois et belliciste et hostile à la France, on se demande pourquoi l’élection de Biden a été espérée et saluée avec tant de ferveur par la grande majorité de la gauche française, Macron en tête. Il est vrai que le  liens entre le parti démocrate et se succursales , comme la National Endowment for democracy,  et la fondation Terra nova, vivier idéologique de la gauche française sont étroits.

Le président républicain Trump  que cette même  gauche - et même un partie de droite,  sous influence ,  haïssait était pourtant bien mieux disposée  à l’égard de notre pays  ; détestant Angela Merkel, il était prêt reprendre la politique  classique des Anglo-saxons : maintenir l’équilibre sur le continent et donc , à ce moment là , nous favoriser  face à l’Allemagne. Mais comme il était hostile à l’OTAN et peu enthousiaste de l’Union européenne, l’oligarchie française , obnubilée par ces machines, a cru, à tort,  qu’il était hostile à la France. Macron n’a pas donné suite. Trump – comme Poutine d’ailleurs-  a vite compris qu’il n’y avait rien à en attendre.

Il fallait toutes les œillères de la gauche française pour que Le Drian socialiste pro-américain  et pro-démocrate bon teint s’étonne et s’indigne du revirement australien, que ses  services n’avaient, semble-t-il,  même  pas anticipé.

 

Roland HUREAUX

 

 

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 18:20

LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES AMERICAINES:  LA BATAILLE D’ARMAGEDDON ?

Roland Hureaux

01/09/2021

L’idée de complot n’a pas bonne presse.

Il faut dans ce cas-là assurer ses arrières en revenant au dictionnaire. Complot : résolution concertée secrètement et pour un but le plus souvent coupable (Littré). Le mot de complotisme, habitude de voir partout l’effet de complots, est plus récent.

Pour qu’il y ait complot, il donc faut une action, secrète, à plusieurs   et dans un but   coupable mais pas forcément.

 

Une nouvelle dominance mondiale ?

 

Se répand aujourd’hui  de plus en plus l’idée  que domine  le monde un certain nombre d’hommes , généralement nord-américains  , animés de  la même idéologie : dépassement des Etats, abolition des règles morales traditionnelles en matière de sexualité, fongibilité et indifférence des sexes et des   races, ouvertures des frontières au libre-échange, au mouvements  de capitaux  et surtout aux mouvements migratoires,  volonté d’instaurer un gouvernement mondial  chargé notamment de contrôler le climat et de réduire la population de la planète .

Ils imposent d’autant mieux leurs idées qu’ils ont la main mise directe ou indirecte sur la majorité des médias internationaux. 

Leurs adversaires, défendent à l’inverse le fait national, les frontières, la morale naturelle (dite aussi laïque) , la famille. Loin d’être invités à débattre, ils font l’objet d’anathèmes violents ou d’une  exclusion  médiatique . Le qualificatif qui leur est le plus souvent apposé est celui de populistes, ce qui laisse supposer que les dominants disqualifient tout ce qui vient du peuple.

Comme si le contrôle de la presse ne leur suffisait pas, ces forces   ont commencé à imposer leur propre censure avec la complicité de gouvernements nationaux ou de la Commission européenne.  Cette censure vise ce qui échappe à la presse officielle : les réseaux sociaux  s’arrogent le droit de chasser les propos « haineux »  et plus généralement tout ce qui ne va pas dans leur sens, voire de censurer le président des Etats-Unis lui-même.

Bien que la vision du monde propre aux opposants à l’ordre mondial soit généralement qualifiée de complotisme, on peut se demander si cette appellation est  fondée parce que la plupart de ces actions   ne sont pas secrètes . Il suffit de consulter internet pour voir que la plupart du temps, leurs protagonistes agissent parfois seuls et au   grand jour : c’est ouvertement  que  John D. Rockefeller , une des dernières figures de cette dynastie, avouait   travailler à l’établissement d’un gouvernement mondial. Ajoutons que la plupart de ces magnats pensent œuvrer pour le  bien de l’humanité : ainsi ceux qui veulent un monde sans  frontières ou  un  malthusianisme généralisé.

L’important est qu’un très petit nombre d’hommes semble, tels George Soros, Bill Gates ou Warren Buffett, aujourd’hui  déterminer beaucoup de choses de la politique internationale, bonnes ou mauvaises.  S’ils sont peu nombreux, on ne voit pas comment ils consulteraient l’ensemble de la  population des pays concernés; on dira alors qu’ils ne sont pas démocrates et  même que c’est eux qui complotent contre  la démocratie.  Ils l’avouent d’ailleurs à leur manière : démocrate vient demos, le peuple, l’équivalent de  populus en latin, d’où vient populiste , mot qui suscite leur dégoût.

 

Les effets du Covid 19

 

La récente crise du Covid 19 a montré une large concertation à  l’échelle mondiale de la riposte à la crise : confinement -  jugé par beaucoup  excessif- , atteintes aux libertés fondamentales  ; le ministère de la santé français semblait être aux ordres de l’ OMS. Or l’OMS, en principe institution internationale publique,  reçoit 40 % de son financement de Bill Gates qui était il y a peu l’homme le plus riche du monde.

Il est patent qu’un médicament, ni bon, ni mauvais en soi,  mais qui était alors le seul sur le marché, la chloroquine ait  été interdit au tout début de l’épidémie  en France et dans beaucoup de pays.   Le même Gates qui n’a aucune qualification médicale s’est prononcé  contre son utilisation.

A l’occasion de cette crise, les liens qui existent ente Bill Gates, l’OMS , les grandes industries pharmaceutiques (Big Pharma) et les principaux  responsables de la  santé en France et ailleurs ont été  mis au jour sans que personne ne les conteste.

Nous n’irons pas jusqu’à dire que l’épidémie, en principe partie de Chine, mais d’un laboratoire international où même la France était partie prenante, a été délibérée. Malgré quelques faits troublants, nous n’en avons aucune preuve.

Il reste qu’au moins dans le domaine de la santé, l’épidémie du Covid et la manière dont elle a été gérée ont contribué, d’une manière ou d’une autre,  à nourrir l’idée d’ un complot international : analogie de méthodes d’un pays à l’autre, hostilité de principe à tous ceux qui s’en écartaient.

Du Covid, passons à la géopolitique.  Le seul pays d’Europe à avoir, à tort ou à raison,  refusé  totalement les mesures préconisées par  l’OMS est la Biélorussie qui passe  pour une dictature  fermée. Des élections présidentielles contestées y ont eu lieu cet été. Selon la Charte de Nations-Unies (article 2-7) , la démocratisation de ce pays relève de son peuple et de personne  d’autre. Est-ce un hasard que des éléments extérieurs aient tenté récemment d’y fomenter une révolution, comme une révolution avait été fomentée il y a sept ans en Ukraine – et plus tôt en Géorgie ?   On les appelait « révolutions orange ». Il suffisait qu’en émergent des pouvoirs hostiles à la Russie pour que l’Occident les qualifie de démocratiques. Au même moment, le FMI imposait à la Biélorussie des exigences exorbitantes.

Sur un plan plus large, en France, les opposants au système dominant dénoncent une entreprise mondiale  (ou mondialisée) de réforme  s’attaquant aux racines mêmes de la société occidentale.

 

 

La Foundation for an Open Société et ses centaines  de filiales, créées par George Soros, sont souvent mises en cause comme étant à l’origine de la critique et de la subversion des soci »t »s occidentales, dans leurs structures familiales et autres ou dans le soutien financier et inconditionnel aux mouvements migratoires comme aux manifestations contre la présidence Trump en Californie. Une étude récente a même tenté de montrer que des obligés de la Fondation Soros avaient pénétré la Cour européenne des droits d’homme  pour y imposer leurs normes. Au demeurant, ces actions sont publiques : les comptes de ces fondations figurent sur internet.  

L’ancien président de la République tchèque Vaklav Klaus, qui n’était pourtant pas du genre à donner dans la démonologie, disait de Soros : « tout ce que  fait cet homme est mauvais, tout ce que dit cet homme est mauvais.»

Pour ceux qui penseraient que systématiser ce genre d’approche  relève d’un fantasme franco-français, précisons que Robert Kennedy Jr, avocat new yorkais, petit-neveu du président,  reprend à peu près les mêmes accusations à l’égard de Bill Gates.

 

Géopolitique

 

Des manifestations contre la poursuite du confinement se multiplient   à Berlin, à Londres, à New York. Nous avons évoqué d’autres terrains d’actions internationales    concertées : le rôle de l’Etat américain dans les guerres du Proche-Orient n’est guère contesté.  Il a été inspiré par les « néo-conservateurs » - qui sont en réalité des démocrates, tendance Obama-Clinton, désireux d’étendre par la force la démocratie dans le monde. Trump a en partie mis fin à cette politique.

Quand le Parlement français a adopté (après un vote très contesté du   Sénat) la loi Taubira instaurant le mariage homosexuel, le président Obama a obtenu un mois après jour pour jour que la Cour suprême oblige tous les Etats américains qui étaient réticents, soit 40 sur 50   à légaliser ce genre de cérémonie. Obama l’avait promis à Clooney et  Weinstein , les hommes le plus puissants de Hollywood à l’époque, soutiens traditionnels du parti démocrate. Mais pour convaincre la Cour suprême, il fallait qu’un grand Etat  européen bascule :  ce devait être la France .

Nous pourrions, si nous savions tout, nous étendre sur le rôle de la finance internationale  dans la conduite des affaires du monde :  selon le mode américain des revolving doors, les allers-retours sont habituels   -ainsi  de Draghi et Barroso. Le secrétaire général des Nations-Unies, António Guterres, pense que pour l’Europe, l’arrivée  massive d’ immigrés n’est pas un problème. Un de ses prédécesseurs, commissaire européen , puis secrétaire général adjoint des Nations-Unies, président de Goldman Sachs et de British Petroleum,   l’irlandais Peter Sutherland , aujourd’hui décédé, déclara lors d’une audition à la Chambre des Lords britannique, que « L’Union européenne doit , par l’immigration, saper l’homogénéité des nations » et que le multiculturalisme était un facteur de prospérité .  

Quelle est la puissance de ce qu’on appelle désormais l’Etat « profond » américain sur la scène mondiale, profond par opposition à l’Etat de surface qui est bien obligé, lui, d’obéir au président démocratiquement élu , ou de faire semblant ? Grande sans doute.

Les uns et les autres prêchent l’urgence de lutter contre le réchauffement  climatique  où ils voient un prétexte pour établir un gouvernement mondial. Ils contrôlent à eux seuls plus de 90 % de la presse occidentale , ils arrivent à imposer une idéologie dominante dont on a vu les caractères principaux    : mondialiste, antiétatique ( nous préférons ce mot à celui de libéral ), libertaire et tout ce qui en résulte, « antiraciste », à l’occasion  pro-islamiste,    favorable à l’immigration, au libre-échange, défavorable à la famille , aux nations classiques, ultra-écologiste etc.  Le conformisme qui s’est emparé de la profession de journaliste suffit à garantir le monolithisme de la pensée : ainsi aux Etats-Unis, 90 % des médias étaient hostiles à  Trump, au Royaume-Uni, 80 % étaient hostiles au Brexit ( qui l’a pourtant emporté, ce qui montre que le verrouillage des opinions n’est pas définitif) . En France, 90 % sont favorables à l’Union européenne, bien qu’en 2005, 55% des Français se soient déclarés contre.

 

Une maladie de l’Occident

 

Tous ceux qui ont circulé dans le monde savent que les problèmes ne se posent pas de manière très différente  d’un  pays à l’autre. Même Poutine, qui, en Russie, offre l’exemple de la résistance aux idées dominantes dites « politiquement correctes » , est confronté à un   parti occidentaliste qui voudrait ramener la Russie sur les   rails.  Seuls des pays étrangers à notre héritage : Chine, Japon, Afrique noire ne semblent pas touchés par cette    problématique. Rappelons que quand  le pape François a réuni un synode sur la famille, c’est la menace de schisme  des évêques africains qui a fait obstacle à   une mention positive de ces orientations dans le document final .

Tous les figures de proue de l’ordre idéologique dominant, de quelque pays qu’ils soient mais surtout des Etats-Unis, ont aussi en commun d’avoir été violemment anti-Trump. Bien que le président Donald Trump n’ait  pas eu  l’intention de bouleverser  le capitalisme mondial, il a commis à leur égard des fautes inexpiables : d’abord il n’a pas été élu grâce à   eux. Sa fortune personnelle le lui permettait. Ensuite il a pris  sur certains  sujets des options clairement contraires aux leurs :  alors qu’au début, il n’avait  pas d’opinion  bien nette sur les sujets sociétaux, il participe aux marches   pour la vie – dans un pays que la  question de l’avortement  a mis au bord de la guerre civile ; il a instauré un certain protectionnisme, rompant avec le dogme du progrès illimité du libre-échange ; il a aussi , au  moins s’agissant  d’autres  pays que l’Iran,  mis fin à la politique de  démocratisation forcée ( regime change)  du monde musulman, et quoi qu’il soit obligé de ménager les bellicistes américains,  il ne tenait pas la   Russie de Poutine   pour un ennemi absolu. Il est encore difficile de dire si sa politique  pro-Netanyahou, tenait à l’opportunisme électoral ou à une conviction de fond. Ajoutons qu’il est le seul président depuis trente ans à n’avoir pas déclenché de guerre.

 

Une Russie post-idéologique

 

A côté de Trump, Poutine est   l’ennemi numéro un des mondialistes libéraux-libertaires pour des raisons qu’il nous faut préciser : certes, l’Etat russe, compte tenu  de son héritage séculaire,  n’est pas prêt à  obéir à un quelconque gouvernement mondial, mais  quelque chose de plus profond est en jeu  : la Russie  est  un Etat post-idéologique. Après l’expérience terrible du communisme, idéologie pure et dure,   de 1917 à 1990 , les Russes sont vaccinés ; ils savent reconnaitre l’ idéologie, en particulier dans sa dimension antireligieuse et ils la fuient .  

Les leaders occidentaux, non vaccinés eux, se sont, après 1990, jetés tête baissée dans  le mondialisme prétendu libéral : abolition des frontières, y compris migratoires, ultra-libertarisme, antiracisme hystérique, repentance à tout va.  

Comme toute idéologie descend , d’une manière ou d’une autre, de la philosophie des Lumières,   ce mondialisme ultralibéral  est en quelque sorte cousin du communisme, lui aussi issu des Lumières.  Le mondialisme ploutocratique remplace l’internationalisme prolétarien ; il est une idéologie de remplacement pour ceux qui ont besoin d’une espérance séculière.   Or, à la différence de nos libéraux occidentaux, les dirigeants russes actuels ont dépassé l’héritage des Lumières  dont ils ont vu où elle les a menés : exaltant la patrie, les communautés historiques, l‘héritage religieux et culturel,  réticents à toute forme d’universalisme ( et donc étrangers au véritable impérialisme toujours lié à un projet mondial) , ils représentent   pour les mondialistes  occidentaux  une remise en cause  radicale. L’opposition qu’ils expriment   est bien autre chose que celle de la droite et de la gauche en Occident.  Ce n’est pas pour rien que George Soros a désigné Poutine comme son ennemi numéro un.

Cette opposition entre deux visions du monde, plus radicales que celle qui a longtemps opposé l’Est  communiste et l’Ouest libéral, les républicains et les démocrates, la gauche et le droite européennes,  a trouvé au cours des trente dernières années   un terrain de prédilection aux Etats-Unis.

 Donald Trump a donné le sentiment à ses adversaires qu’il remettait en cause une évolution à sens unique du monde vers toujours moins de frontières,  toujours plus d’émancipation sexuelle,  toujours plus d’indifférence au « genre », à la race, à la religion. La victoire du camp adverse que nous appellerons faute de mieux national aurait signifié la remise en cause de la perspective qui leur est chère, celle d‘un gouvernement mondial dirigé par des gens comme eux. Comme tous les idéologues, ils ne pensent pas seulement que leurs idées sont meilleures mais qu’elles vont dans le sens de l’histoire : ils se qualifient eux-mêmes de « progressistes ». Il est remarquable que dans un pays comme la Pologne, les plus ardents adhérents à la construction européenne  et au mondialisme  soient  les anciens communistes. La maîtrise des médias  par les idéologues , même dans un pays comme les Etats-Unis, quand ils ne contrôlent pas le pouvoir politique, leur permet d’imposer cette vision du monde à une majorité passive et de  livrer à l’anathème leurs adversaires. Dès que l’idéologie entre en jeu, la diabolisation se substitue au dialogue.

 

Le conglomérat d’acteurs, pour éviter de parler de complot, qui promeuvent le mondialisme libéral trouve son épicentre à l’aile centriste   du parti démocrate américain ,  pas son aile gauche, symbolisée par Bernie Sanders peu  concernée par cette dictature idéologique , celle qu’ont incarnée les époux Clinton et Obama. Quand Trump déclarait ostensiblement se soigner à la chloroquine, ce n’était pas pour soutenir le Pr Raoult dont il ne connaissait peut-être même pas l’existence, mais pour jeter une pierre dans le jardin de son adversaire Gates. Et il n’est pas excessif de penser que les mêmes qui donnent le sentiment de dominer l’Europe tirent les ficelles du monde dans son ensemble, tels les patrons des Gafa. Au travers du Washington Post dont il est devenu propriétaire, Jeff Bezos (Amazon), désormais première fortune mondiale,  contrôle une bonne partie de l’opinion américaine. Marc Zuckerberg (Facebook) avait fait savoir qu’il s’arrogeait le droit d’annoncer  le premier le résultat des élections présidentielles américaines.

La bataille des  présidentielles américaines de novembre 2020, était une bataille d’importance mondiale. Deux visions du monde opposées s’affrontaient. Beaucoup d’observateurs ont été frappés par l’acharnement du parti démocrate (de son aile dominante ) à mettre à mort politiquement   Trump.  Ces gens savaient qu’après avoir dominé la société occidentale pendant trente ou quarante  ans, ils jouaient leur dernière carte.

 

Armageddon ?

 

Certains évangéliques ont vu dans cette bataille, l’ultime affrontement des forces  du bien et des forces  du mal, ce que  l’Apocalypse (Ap , 19, 11-21) appelle  la bataille d’Armageddon.  Mgr Vigano , ancien nonce à Washington, a demandé des neuvaines pour Trump alors que le  pape François, dont les liens avec les milieux mondialistes sont connus, quoique on n’en sache pas exactement  la nature,  appuyait  de manière à peine discrète Biden, le candidat démocrate.

N’allons pas jusque-là : ni dans un sens ni dans l’autre nous ne sommes à  la fin de l’histoire. Mais les adversaires de Trump, comme tous les idéologues, croient qu’il y une   marche inexorable de l’histoire et qu’elle va dans le sens qu’ils souhaitent : l’élection de Trump en 2016 avait été pour eux un malheureux accident. Tout à leur vision idéologique de l’histoire, abandonnant tout scrupule démocratique, leurs partisans au sein de l’administration, des services de renseignement , du Congrès  ont mené pendant quatre ans une guerre impitoyable contre le président élu, allant  jusqu’à paralyser l’action de son administration, spécialement de  sa diplomatie.  Pour eux, cette malheureuse parenthèse doit se refermer et ce qu’ils tiennent pour le courant normal de l’histoire doit reprendre. C’est dire que la chape de plomb   du politiquement correct que ces gens-là contrôlent avec leurs réseaux de médias risque pour nous, citoyens  d’Europe occidentale, de se faire , avec le succès de Biden,  plus lourde encore qu’elle n’a  jamais été.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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