Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Roland HUREAUX

MrHureaux

Recherche

Articles Récents

Liens

18 mai 2021 2 18 /05 /mai /2021 17:51

La France n’a rien à se reprocher au Rwanda, au contraire.

Les accusations qu’on porte contre elle sont de deux sortes.   La première a   fait long feu : comme l’a rappelé Edouard Balladur, alors premier ministre, les forces de l’opération Turquoise, dépêchées au Rwanda à la demande du Conseil de sécurité pour une mission pacifique d’interposition de deux mois (juin- août 1994), n’ont, ni de près ni de loin participé au génocide des  Tutsi.  Bien au contraire, elles ont sauvé des dizaines  de milliers de vies.   L’actuel président du Rwanda, Paul Kagame, tutsi, a lancé cette accusation en 2004 quand la justice française l’a mis en cause à la demande des familles des deux pilotes français tués dans l’attentat du 6 avril 1994 à Kigali ( capitale du Rwanda) . Cet attentat a coûté la vie   aux présidents du Rwanda et du Burundi, tous deux hutu.  C’était la première fois qu’il y avait deux présidents issus de la majorité hutu dans ces pays  dirigés par la minorité tutsi  depuis le Moyen Age - ce qui montre l’absurdité de l’idée répandue par Kagame selon laquelle les Tutsis seraient les Juifs de l’Afrique des Grands Lacs !  Autre rumeur absurde, imposée sur le moment à l’opinion mondiale : que cet attentat, visant deux présidents hutus, aurait été le fait des Hutu !  Le 24 décembre 2019 au soir, la justice française a pourtant prononcé un non-lieu qui ne l’honore pas car le monde entier sait aujourd’hui, par des  transfuges, que le président tutsi   a seul ordonné  cet attentat. Kagame n’a jamais autorisé la moindre enquête de la justice internationale au Rwanda. Le non-lieu explique que les accusations contre l’armée française aient été mises en veilleuse, l’autre raison étant la proximité des élections françaises[1].  

 

Une coopération normale

 

La deuxième accusation est que la France serait responsable du génocide par la politique qu’elle avait menée dans les années antérieures. C’est là-dessus que met l’accent le rapport Declert demandé par le président, selon la même méthode qu’il a   appliquée à l’Algérie : sous prétexte d’apaisement, confier une mission d’étude à une personnalité entièrement acquise aux thèses des accusateurs . Dans les deux cas, l’étude conclut à la culpabilité de la France et, au lieu de panser les plaies, les envenime.

La France s’était engagée, dès la présidence Giscard d’Estaing, dans une coopération militaire classique avec le Rwanda  comme avec beaucoup d’autres pays francophones d’Afrique.

Le Rwanda était sans doute une dictature à parti unique et un pays corrompu mais ni plus ni moins que d’autres, plutôt plus libre que ce qu’il est devenu sous Kagame. La majorité hutu (85 % de la population) avait pris le pouvoir à l’indépendance grâce au jeu démocratique.  Le colonisateur allemand, puis belge, ayant réservé l’instruction à l’aristocratie tutsi (10 % de la population), le régime avait instauré une discrimination positive en faveur des Hutu   pour éviter que les Tutsi  n’occupent toutes les places .  Des pays démocratiques l’ont fait sans qu’on les taxe de racisme. Dans les années quatre-vingt, le pays passait pour « la Suisse de l’Afrique », ce qui était sans doute exagéré.  

La guerre a commencé quand en 1990, avec des Tutsi émigrés dans l’Ouganda voisin en 1962, Kagame a décidé de conquérir le pays pour rendre le pouvoir à la minorité tutsi. Il avait l’appui discret des services secrets  anglo-saxons et surtout de compagnies privées qui espéraient mettre la main sur les très riches gisements   de métaux rares du Kivu (Congo)  , la province voisine, ce elles ont fait    quand Kagame après avoir pris le pouvoir au Rwanda  en 1994  a envahi le Congo-Kinshasa en 1997. La France a naturellement continué à assister un gouvernement issu de la majorité. Et ce ne sont pas nos militaires qui ont appris aux populations à se servir du coupe-coupe, principal outil du génocide de 1994 !  

A la demande de la France, ont été conclus en août 1993, les accords d’Arusha qui prévoyaient un cessez-le feu avec interposition de l’ONU et l’arrêt de toute aide militaire des deux côtés. Pour être bref, cet accord a été respecté par les Français et pas par les Anglo-Saxons permettant à Kagame d’avancer vers la capitale où 1 million de Hutu en fuite devant l’envahisseur s’étaient réfugiés. En 1993, l’armée tutsi du Burundi voisin avait tué plus de 100 000 Hutu. La terreur et la colère des Hutus après l’attentat qui a coûté la vie à deux présidents hutus se déchaine immédiatement. Combien de victimes ? Il y avait 700 000 Tutsi  dans le pays et il en reste encore 300 000 après la guerre. Ils s’ajoutent aux centaines de milliers de Hutu massacrés par Kagame pendant la conquête.  La France qui n’avait plus de soldats sur place n’a pu rien faire dans l’immédiat. Elle fut en définitive la seule puissance à tenter de s’interposer mais bien tard. La force  de l’ONU, scandaleusement, n’a pas bougé. 

L’affaire ne s’arrête pas là.  Trois ans plus tard, Kagame envahit avec son armée tutsi, escortée de conseillers anglo-saxons, l’immense Congo voisin, ce qui provoque la chute du régime de Mobutu . Il poursuit alors dans tout cet immense pays les réfugiés hutus. Au total, selon l’ONU, plus de 4 millions de victimes :  hutus mais aussi congolais.

Comme cet épisode est soigneusement occulté par ceux qui font l’opinion mondiale, Kagame passe pour le sauveur qui a arrêté le génocide de 1994. Seul le Dr Mukwege, Prix Nobel de la Paix 2018, congolais, a eu le courage d’élever la voix.

Boutros Boutros-Ghali, alors secrétaire général des Nations-Unies, n’a pas hésité à dira que les massacres du Rwanda étaient à 100 % de la responsabilité des Etats-Unis. Qui les met en accusation ? Il est vrai que la France est le seul membre du Conseil de sécurité duquel on exige des repentances.

Non seulement la France n’a rien fait de répréhensible mais elle peut s’honorer d’être le seul pays à avoir tenté de faire obstacle à une des opérations les plus criminelles qui aient été.

Kagame a l’éthique d’un seigneur de guerre. Plus la France s’abaissera, plus il la méprisera.

 

Roland HUREAUX

 

[1] Malgré la fausseté totale des accusations portées contre eux, aucun président n’a pris la défense de nos soldats. 

Partager cet article
Repost0
11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 19:45

Différentes circonstances m'ont empêché de mettre sur le blog mes articles d'actualité ou de réflexions pendant plus d'une année.

Sachez que j'en suis profondément désolé.

J'ai décidé de reprendre mon blog , selon ma méthode personnelle : je ne cherche pas à écrire systématiquement sur tout ce qui advient ni à  produire systématiquement un message par jour ou par semaine.

J'écris quand j'en ressens la nécessité et , après avoir envoyé l'article  à tel ou tel organe de presse ( qui le publie souvent mais pas toujours) , je le place dans le blog à la suite des autres.

J'ai effectué un rattrapage , vous envoyant ce que j'avais omis de publier dans l'année, pas toujours dans l'ordre.  Vous aurez désormais les articles au fur et à mesure de  leur rédaction.

Puisque vous  trouvez de l'intérêt à ce blog, vous pouvez en parler autour de vous ou basculer les liens de tel ou tel article à vos correspondants habituels qui pourront, s'ils le désirent, s'abonner ( gratuitement).

Bien cordialement à vous.

Roland Hureaux

Partager cet article
Repost0
11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 19:42

 

Combattre les violences faites aux femmes est une juste cause .

Le harcèlement professionnel ou artistique est odieux .

Mais bien plus encore le féminicide :   121 femmes victimes en 2019. Augmentation ? Les chiffres semblent  stables. Ce type de meurtre n’en est pas moins particulièrement abject.  

Les femmes battues sont beaucoup plus nombreuses.

La prévention de ces turpitudes  n’est  pas facile  : encourager les femmes à dénoncer un compagnon ou un mari violent ?  Mais celles qui n’ont pas peur de le faire ne sont pas celles qui courent le plus de risques. Celles qui sont victimes sont généralement celles qui n’osent pas le faire.   

Il est cependant regrettable que les campagnes contre ces  crimes ou abus soient doublées  d’une petite musique qui laisse entendre  que ces actes  de barbarie  seraient  la persistance  d’un  passé archaïque qu’il faut une fois pour toutes liquider,  les restes d’une oppression millénaire des femmes  à  laquelle la modernité doit mettre fin.

Rien n’est moins sûr.

La vieille société européenne et chrétienne   connaissait certes les violences  contre les  femmes mais ne les encourageait  nullement .

Rien à voir avec l’Islam où  une  sourate du Coran,  d’ailleurs ambigüe, laisse  entendre  que ce genre de violences pourrait être  légitime.

Un homme qui frappait  sa femme  dans un village d’autrefois  s’exposait à la réprobation  publique , d’autant que cette pratique allait   généralement avec l’alcoolisme, socialement condamné . Là où l’autorité du curé était encore préservée, le mari  risquait d’essuyer une rude semonce de celui-ci.

Là où la foi ancienne était  encore solide, tous savaient que c’était là un péché mortel : pas parce qu’il s’agissait d’une violence contre une femme  mais parce que c’était  une  violence tout  court. Il fallait donc s’en confesser  au risque d’aller  en enfer

La déchristianisation a effacé ces repères. L’urbanisation a dissout les  communautés où  chacun était responsable devant tous ; aujourd’hui les individus appartiennent à  des réseaux qui se côtoient sans se connaitre. La responsabilité, si responsabilité il y a,  ne s’exerce que dans un  groupe de référence, forcément cloisonné, parfois, pour des individus très désocialisés,   devant personne.

La modernité n’ pas seulement affaibli le anciennes barrières morales qui régissaient les comportements. Elle a encouragé dans   l’après-guerre les idéologies qui discréditent les  disciplines ancestrales. L’école philosophique de Francfort ( Adorno, Reich, Marcuse ) a diffusé, d’abord en Allemagne puis dans tout l’Occident ,  l’idée qu’une    éducation trop stricte était le terreau du nazisme. Mais qu’est-ce qu’une éducation stricte   sinon celle qui s’attache à inculquer le respect d’autrui – pas  de telle ou telle catégorie,  mais d’autrui en général ?  

L’idéologie  soixante-huitarde qui en procède, condamnant   la   morale,    a perdu de vue  cette idée fondamentale  que la morale est  commutative : le mal que je fais , un autre, généralement en pâtit. Les droits de  l’un sont limités par les droits tout  aussi légitimes de l’autre – ou des autres . Commet respecter le droits de l’autre  , sans une éducation appropriée , qui ne  se réduit pas, quoi qu’on en ait dit, à la répression     sexuelle ?  

Plus pernicieuse cette  idée qu’il « est interdit d’interdire », que chacun a de temps en temps le droit de  « s’éclater » de se « lâcher » . Une idée issue d’une psychanalyse sommaire – pas celle de Freud ni de Lacan, au contraire – et du surréalisme adepte de  l’authenticité ,  de la légitimité du désir immédiat . « S’éclater » , pour   des  gens convenables, ce peut être  aller danser jusqu’à pas d’heure ou raconter de bonnes blagues; pour des gens plus primaires  ce sera  relâcher les  contraintes qui interdisent par exemple    de cogner sur son entourage. L’idée que le désir est autojustifictif  ne concerne pas que la pulsion sexuelle ;  après tout  le désir de  frapper autrui  n’est-il  pas aussi une  forme de désir sexuel ? Justifié par l’accord du partenaire, forcément ambigu , le sado-masochisme n’est-il pas accepté dans  certains  milieux ?  

Il se peut que les violences  faites  aux femme procèdent de la persistance de comportements archaïques . Mais il y a de forte chances que la modernité : déchristianisation, nouvelles normes libertaires ,   discrédit de l’éducation  morale classique,  leur aient ouvert un champ  plus large qu’autrefois.  

 

RH    

Partager cet article
Repost0
11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 19:40

 

L’épidémie du Covid-19  et surtout les mesures qui ont été  prises pour la combattre, principalement   le confinement,   ont généré ou aggravé  quatre  fractures de la société française.

La première   s’est creusée entre les personés âgées et les autres. Ce sont déjà , du fait de  la nature,  les personnes âgées qui sont  plus affectées par la maladie. Mais les circulaires du ministère de la santé  prévoient qu’au-delà de 70 ans, elles ne seront plus prioritaires dans l’admission aux  soins intensifs. La chloroquine interdite, il ne leur reste plus en cas de contagion que d’attendre chez elles et , s’il y a aggravation, la perspective d’une sédation profonde  ( autre nom de l’euthanasie). Le   seul  fait de risquer  de  se voir appliquer  ce traitement – ou  non-traitement  -  ne peut   être qu’  anxiogène.

L’autre  fracture est économique et  financière : le clivage entre la France à revenus garantis : fonctionnaires, retraités, salariés de grandes structures comme les banques et le  tertiaire où le télétravail était possible ,  qui a pu continuer  et continuera à être payée  et la France  qui a vu s’effondrer tout à coup ses rentrées d’argent  : commerçants et artisans, PME , entreprises de transport ,  bref l’essentiel du secteur productif.  Il est inexact de dire que l’Etat subventionne le chômage partiel.  Le mot partiel fait illusion :   c’est du chômage tout  court qu’il s’agit , partiel pour  l’entreprise,  et encore pas  toujours,  et total pour le salarié. Par une approche moins hystérique  et un confinement plus souple, l’Allemagne a mieux protégé son secteur reproductif.  On attentait du gouvernement  quelque geste fort de  solidarité nationale pour permettre à l’économie de repartir le jour  venu à plein régime , par exemple une garantie des  revenus  des  professions affectées  ou un moratoire sur  les dettes fiscales  et sociales et sur les dépôts de bilan  : rien ne vient  ; le risque que la prudence des consommateurs aidant, la crise se prolonge,  est sérieux.

La troisième fracture concerne le confinement : il est très inconfortable  pour les uns, ceux qui vivent dans de  petits  appartements, sociaux ou pas, dans les villes et ceux qui ont  pu quitter la région  parisienne ( 20% de sa population, dit-on) pour rejoindre des maisons de campagne plus ou moins spacieuses.

Mais il est  une quatrième fracture dont on a peu parlé, et qui est sans doute  la plus choquante  : entre la  caste des  super-pistonnés du monde politique, médiatique ou médical qui peuvent se faire prescrire par un  médecin compréhensif  le traitement  du Pr Raoult , à base de chloroquine et d’antibiotiques et le commun de mortels qui se heurte à l’interdit imposé par le ministère de la santé.  A ces privilégiés , on peut ajouter l’armée française qui a commandé 70 kg de chloroquine.  Comment une société avancée, qui se targuait de l’excellence de son  système de santé ,  a-t-elle pu accepter que, selon les directives ministérielles, le médicament le moins inefficace soit refusé  aux populations à qui on n’a rien d’autre à dire  en cas de contamination que :  restez chez vous et prenez   du doliprane !

Qu’un tel  discours  ait été reçu  par le grand  nombre, alors que chacun  en haut lieu  s’efforce d’échapper ces  prescriptions (ou  non-prescriptions ) , sans susciter une immense  révolte , témoigne du degré d’ asservissement mental qu’on a réussi à inoculer à   notre société. 

 

Roland HUREAUX  

Partager cet article
Repost0
11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 19:38

LE SECRET DE L’AFFAIRE POLANSKI

 

Tou(te)s  les excité(e)s qui protestent contre  les nominations de Roman Polanski à la cérémonie des César pour son admirable  film J’accuse, ignorent  sans doute les    tenants  et des aboutissants géopolitiques  de  l’affaire.

Au  point de départ : Roman Polanski est accusé du   viol  d’une adolescente de 14 ans dans une réception hollywoodienne de 1977, soit il y a plus de quarante ans. Affaire classée depuis longtemps  par la justice américaine non sans que le  réalisateur ait versé  une indemnité conséquente  à la mère de l’adolescente.   Les points obscurs sont  nombreux :   que faisait cette  jeune fille dans ce genre de réception dont on sait comment elle tourne le plus souvent ? S’agit-il vraiment d’un  viol ou d’une simple relation sexuelle ? Ne s’agit-il pas d’une manipulation de la mère de la  jeune fille pour extorquer le maximum à Polanski, ce à quoi elle est parvenue  ?  Circonstance  atténuante  pour  Polanski : le choc qu’avait   représenté pour lui l’assassinat de sa jeune femme enceinte , Mia Farrow, par le démoniaque Manson  quelques  années plus tôt ( 1969 ) .

Toujours est-il que, bien que l’affaire soit classée depuis longtemps, elle est réveillée en 2009 par un juge américain qui demande l’extradition de Polanski,  résidant en Suisse . 

Pourquoi ce  cold case est-il soudain sorti du tiroir ?  Alors même que la jeune fille, devenue sexagénaire , déclare ne plus en vouloir du tout au cinéaste et lui écrit même de temps en temps.

Comme par hasard , la justice américaine ( dont l’affaire Alstom a montré aux naïfs qui l’ignoraient   la politisation  ) réveille l’affaire au moment précis  où Polanski termine   son  tout  aussi admirable film  : The ghost writer  ( intraduisible, disons  le « nègre »)  . Ce film , sorti en 2010, raconte comment un jeune diplômé est embauché par  un ancien premier ministre britannique  pour   rédiger ses mémoires.  Le ghost writer enquête et découvre  peu à peu comment toute  la  carrière du premier ministre a été programmée dès le commencement par les services secrets  d’une grande puissance d’outre-Atlantique pour s’assurer du contrôle du Royaume-Uni. Toute ressemblance avec  Tony Blair  ( ou  d’autres  de ce côté-ci de la  Manche) est bien sûr purement fortuite…

Un film essentiel : c’est tout le système de domination de l’Europe occidentale    par l’Amérique depuis un demi-siècle   qui est mis au jour.

Si ce film avait été l’œuvre d’un  obscur cinéaste   pour salles d’art et essai, il serait  passé inaperçu.  Mais là,  c’est le grand Polanski , membre à part entière du Système,  qui vend  la  mèche.

Les représailles ne se sont pas fait attendre et si les Européens se sont gardés d’extrader Polanski (encore heureux) , sa vie continue d’en être  sérieusement  empoisonnée, avec la participation d’extrémistes de tout bord  toujours prêt(e)s à jouer les soutiers des puissants. 

Comme on  le voit le fond de l’affaire Polanski  n’a rien à voir avec la question féministe, mais  tout à voir avec la  résistance à l’ordre mondial.

 

Roland HUREAUX

Partager cet article
Repost0
11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 19:37

QUI PREND EN GRIPPE LA CHLOROQUINE ET SES PROMOTEURS  ? TOUJOURS LES MEMES. 

 

La lutte entre les  personnalités inspirées, innovantes et vraiment compétentes et les bureaucrates de tout poil a sûrement  commencé  dès le temps du scribe assis du  musée du Louvre ( Egypte, IIIe millénaire avant JC) .

Entre  le  ministère de la santé,  bureaucratie  crispée sur ses postions et tous ceux qui veulent promouvoir, faute  d’autres,  l’usage de  chloroquine contre le COVID 19, parmi lesquels, entre autres, le professeur Raoult de Marseille, il n’est  pas difficile reconnaitre une très vieille querelle.

 

Bureaucrates contre créatifs

 

Des bureaucrates stérilisants, la France en   a eu plus que son lot au cours de son histoire récente. Le général Bazaine rayait  du tableau d’avancement tout officier qui se mêlait d’écrire : ainsi fut barré le plus grand théoricien  militaire français, Charles Ardant du Picq et fut perdue lamentablement la guerre de 1870.

En  1897, une Académie de médecine  arrogante  refusa  de reconnaitre la découverte d’Ernest Duchesne du  caractère répulsif de certains moisissures à l’égard des bacilles , principe de la pénicilline laquelle  devait nous  revenir du Royaume-Uni trente ans après. Quand  on sait  que les millions de décès de la grippe espagnole de 1918 furent surtout dus aux  des complications microbiennes, quelles effroyables conséquences !

En 1930,  en France et en Allemagne,  des hommes politiques  accrochés à l’étalon-or   refusaient de dévaluer alors que les Etats-Unis et le  Royaume-Uni le faisaient massivement. Entre 1930 et 1940, notre état-major s’  arc-boutait  derrière  la ligne Maginot, mettant impitoyablement  au rancart  tous ceux qui contestaient cette stratégie uniquement défensive et qui prétendaient que les chars devaient être utilisés en masse et à l’offensive.  Pensée unique, caporalisme : prime à la médiocrité et immense désordre dans la logistique,  comme aujourd’hui au ministère de la santé.

On pourrait continuer :  dans les années 1980 , il était tenu pour évident dans les hautes sphères  de l’Etat  qu’un pays avancé  devait se débarrasser progressivement  de son industrie.  Ceux qui ne le pensaient pas étaient tenus pour   des passéistes inadaptés à la « mondialisation heureuse ». Nous voyons le résultat.

Au même moment, était promue la concentration de la population dans les métropoles et le dépérissement du monde rural , impliquant  la disparition programmée   des petite communes.  L’autonomie des universités est de plus en plus celle des gestionnaires , non des enseignants.

Les autres pays n’échappent pas à l’ ostracisme , mais la France cumule une bureaucratie particulièrement  obtuse et, heureusement,  beaucoup  de créatifs.

Le conflit actuel entre le ministère et les tenants de la chloroquine    est  la continuation de cet antique affrontement. D’un côté une technocratie hostile aux voix divergentes  , de l’autre  un homme seul, aux  positions de bon sens.

 

Psychologie

 

La psychologie des bureaucrates nous et familière. Ils ont généralement le cul serré,  vous regardent de travers ,  mais deviennent   solennels et tranchants devant les caméras .  Calés  sur quelques idées fixes ,  fermés au débat , ils deviennent méchants quand  ces idées  sont remises en cause .  Dans le cas d’espèce, ils disent que la chloroquine a des effet secondaires pas encore testés ; non,  on les connait, mais ils sont rares. Et quel médicament n’en a pas ?  Ils disent aussi qu’on ne peut  pas la mettre entre les mains des généralistes. L’ancien ministre Philippe Douste-Blazy a raison de dire que ce médicament très simple est utilisé massivement depuis soixante ans et que  ses effets sont enseignés   dans toute les facultés de médecine. Et même s’il n’était pas testé, qu’a-t-on d’autre ?  Face à un incendie,  qui va dire que l’extincteur ne peut être   utilisé parce qu’il  n’a pas encore été  testé ?  

Qui n’imagine les réunions du comité d’experts   chargé de  conseiller le gouvernement  dans la lutte contre le coronavirus,  au temps où le professeur Raoult y participait ?  D’un côté    une majorité  échangeant de petits coups d’œil complices  et gênés , de l’autre le verbe sans fioritures d’ un homme libre .

Refusant la  contradiction – et pour cause car il sait quelque part qu’il a tort -  le bureaucrate  n’argumente  pas au fond mais cherche à disqualifier :   le franc-tireur  est présenté comme un orgueilleux - on dit aujourd’hui un mégalo - , quelqu’un qui n’a pas le sens du collectif  ( ah le travail en équipe ! vieux cache-sexe du conformisme), qui ne songe qu’à se faire de la publicité   etc. Cela dans un  débat qui  devrait  rester technique.

 

Quelles motivations ?

 

On peut se demander ce que  sont les motivations  de ces  gens ?  

Souvent l’idéologie. Mais en l’espèce, on ne la voit guère. Sinon  que comprenant  que , de fait, Raoult s’en prend à la politique du gouvernement  Macron, tous ceux qui partagent l’ idéologie du président sur les grands sujets politiques, prennent en grippe ( c’est le cas de le dire) Raoult et la chloroquine. Ainsi Cohn-Bendit qui,  sans aucune qualification sur le sujet, lui demande de se taire. Depuis longtemps, le ci-devant révolutionnaire  a choisi son camp : toujours celui de l’institution contre les  esprits libre.  La  chloroquine finira-t-elle  par  être tenue pour fasciste ?  

Il y a ensuite le conformisme de gens qui ont fait toute leur carrière   du côté du manche. Être du côté de l’institution  donne un  sentiment  de puissance  aux plus insignifiants. Face à quelqu’un qui ne défend que le bon sens et le  bien commun, ils sont perdus, eux qui ne pensent que carrière . Ils imaginent que le  franc-tireur veut prendre leur place.  Même désarroi chez les gens de cabinet et autres communicants qui ont depuis longtemps perdu l’habitude de raisonner sur le fond, seulement de calculer les  effets d’ annonce.

Il y a aussi la  vanité un peu narcissique du pseudo expert  qui se pose comme tel en allant contre le sens commun , supposé vulgaire.

Il y a enfin la répugnance  de toutes  les bureaucraties à reconnaitre leurs erreurs, sauf quand elles deviennent si  patentes  qu’il n’est plus possible de les nier. Et encore font-elles alors le plus souvent de  fausses concessions : on dit qu’on utilisera la chloroquine,  mais on ne le fait pas.

Face aux logiques bureaucratiques devenues folles, c’est au pouvoir politique de rectifier le tir,   mais pour l‘actuel président, énarque de base de l’espèce la plus conformiste, les propositions de la sphère technocratique semblent  infaillibles.

Y a-t-il autre chose ? Quand on ne comprend pas, dit-on, c’est qu’il   y a un loup. Comment,  devant tant d’irrationalité,  empêcher le public d’imaginer que les intérêts de laboratoires pharmaceutiques désireux de développer  des médicaments plus chers que la chloroquine, sont, comme on disait, « déterminants en dernière instance » ?

 

Légitime révolte

 

Le conflit est loin d’être terminé . Sa renommée internationale protège le professeur marseillais qui, sans elle,  aurait  été déjà  impitoyablement broyé par la machine. Il reste que si vous ressentez les premiers symptômes du virus couronné, dans la majorité des hôpitaux français, vous ne serez à ce jour ni  testé immédiatement  ni même traité sauf à avoir moins de 70 ans et être à la dernière extrémité.

La révolte contre les  apparatchiks est toujours légitime ; elle l’est plus que jamais face à la pandémie que nous connaissons.   

 

Roland HUREAUX

 

 

Partager cet article
Repost0
11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 19:30

D’ACCORD AVEC PATRICK BUISSON AVEC NUANCES

 

Dans de récentes déclarations, Patrick Buisson a pris ses distances avec la logique  de l’ « union des droites » qui prévalait notamment à la  Convention de la droite réunie le  28 septembre dernier  autour de Marion Maréchal   et d’Éric Zemmour à laquelle il a s’est abstenu  de participer.

Il pense , avec raison selon nous,  que l’idée d’une union des droites est dépassée car le populisme de la droite forte ( pour ne pas dire extrême) est , selon lui,  incompatible avec le libéralisme du courant dominant des Républicains. Donc pas de convergence possible.

Je dirai  aussi : comment prétendre diriger un pays en se réclamant d’une moitié  de sa population   ( en  fait plutôt 40 % ) ? Il est vrai que Mitterrand  y était arrivé, en accédant au  pouvoir au nom de l’Union de la gauche . Mais ce qui vaut dans un camp ne vaut pas forcement dans l’autre. Et ce qui vaut à  une époque ne s’applique pas forcément à une autre époque.   Macron a d’ailleurs  gagné en récusant cette logique : c’est bien le seul mérite qu’on puisse lui  reconnaître.

Pour  Buisson  , au clivage gauche-droite s’est substitué  le clivage    des  partisans de l’ordre mondial et de ses adversaires .

Le  choix est  en effet aujourd’hui d’être pour ou contre  le camp mondialiste, prétendu libéral et progressiste, qu’ ont incarné tour à tour, dans la lignée de Jean Monnet,  Blair, Sarkozy,   Obama, Macron , et  avec eux,  toute la machinerie européenne, l’Europe de Bruxelles n’étant dans cette perspective   que le relais régional d’un projet planétaire.   Le paradigme des partisans  de ce camp est simple : libre circulation des capitaux, des  marchandises  et des hommes,  attrition des Etats et philosophie libertaire. En face tout ce qui incarne le réveil national : Poutine, Orban, Trump , Salvini  et maintenant Boris Johnson etc. A  l’intérieur,  outre le RN, la droite et la gauche hors les murs  qualifiées  de « souverainistes »  et bien sûr les Gilets jaunes .

Ne l’ont pas encore  compris les gens de droite  genre lecteur du Figaro et électeurs de Fillon qui, tout en étant attachés  au drapeau et à la famille  et  hostiles à l’insémination artificielle des femmes seules   se réjouissent  de voir Macron résister à   la CGT ou cogner les Gilet jaunes.

Proche d’eux, la chroniqueuse versaillaise, pourtant  connue pour ses positions anti-libertaires , qui s’est fait remarquer récemment en mettant plus bas que terre une pauvre femme qui n’avait , à son gré, pas réussi  dans  la vie. Il y a des gens qui sont lents à assimiler  que la cause ultralibérale ne se sépare plus désormais de la cause libertaire.

L’ont encore moins compris les  gens de l’ extrême gauche pour qui le spectre suprême  reste le « fascisme » identifié  à toutes formes de droite  nationale. Généralement pas    assez puissants ou  conséquents pour accéder au pouvoir – sauf à  trahir dans les grandes largeurs comme Tsipras ou les 5 Etoiles -  ils  choisiront toujours   in fine de soutenir   un Macron plutôt qu’un national quel qu’il soit . Sans  adhérer nullement   aux thèses du mondialisme  , ils ont désigné  comme ennemi numéro un les antimondialistes, se faisant les soutiers objectifs  de l’ordre mondial ultralibéral.

Mais l’histoire avance  et ces postures en porte-à-faux  sont sans doute les rémanences  d’un  ordre ancien,  le marque d’une phase de transition , en voie d’être dépassée.  Ils sont  en même temps   l’effet du  jeu habile des tenants  du mondialisme  lesquels , quoiqu’ils     soient en fait  des idéologues extrémistes, se positionnent au centre et ont dès lors beau jeu de   diviser leurs adversaires. 

 

L’importance du combat sémantique

 

En fait  Buisson ne se trompe que sur la sémantique. Dans le  combat politique, il ne faut jamais donner un nom sympathique à ses adversaires et   donc prendre pour argent comptant ceux qu’il se  donne. Tel est le cas des appellations de     progressistes  ou de  libéraux accolées  aux tenants  du mondialisme. Ces mots sont très avantageux pour eux : qui pourrait être contre  le progrès ? qui serait contre la liberté ?  Être  libéral, c’est  être  généreux,  ouvert,  convivial.  Pourquoi se mettre dans le camp des obtus qui refusent tout cela   ? N’est-ce pas faire le jeu de Macron qui a identifié , de manière avantageuse,  son combat à  celui des « progressistes » contre les « populistes » ?

Non seulement l’usage de ces mots n’est pas de bonne guerre , mais ils sont faux .  Le   camp mondialiste n’est pas celui de la  liberté :  avec une loi liberticide  par mois  on en est loin ! Ce n’est non plus  celui du progrès : l’appellation de progressiste implique qu’il y ait un sens de l’histoire .  Pendant un siècle l’Union soviétique  s’est présentée  comme  le  camp du progrès ; on a vu où elle en est arrivée ; aucune loi  historique sérieuse ne condamne  les Etat et les frontières. Le prétendu progrès mondialiste s’effondrera  comme les autres.  

En fait le camp aujourd’hui dominant et que nous combattons  est celui de l’idéologie . L’idéologie repose sur  une vision simplifiée du monde :  hier la  suppression de la propriété, aujourd’hui la  suppression des Etats et des frontières. Elle implique aussi un projet messianique de transformation du monde   qui permet de diaboliser ceux qui s’y opposent. L’idéologie est d’ailleurs toujours mondialiste : Après l’internationalisme  prolétarien est venu le  mondialisme  marchand : dans les deux cas ,  il s’agit d’idéologie.

Le seule querelle qui vaille reste le combat contre les idéologies, d’hier et d’aujourd’hui.

Le propre des idéologies  est d’être mensongères. En  démasquer les  faux semblants, les dénoncer et rendre  , comme le préconisait Confucius, le vrai sens aux mots, ce n’est pas de la  contrepropagande, c’est combattre pour la  vérité .  Qui peut imaginer que  le mondialisme soit  vraiment libéral ? Il écrase un peu partout les classes moyennes . Il réduit chaque jour  la liberté d’ expression sous le dictature  du polcor (politiquement correct)  par des lois restrictives  et par des médias unanimistes ;  il restreint même le champ de la  liberté tout court.  C’est à tout le contraire de libéraux que nous avons affaire.

Comment s’en étonner ? Jean-Jacques Rousseau , penseur trop négligé , établit une sorte de théorème selon lequel, plus l’espace politique est étendu, plus il a vocation à devenir despotique et centralisé. La vraie  démocratie selon lui n’est  possible que dans les cantons suisses. Cette loi que personne n’a encore réfutée  s’applique à la machinerie européenne. Elle s’applique a fortiori à un projet  d’ Etat  mondial qui ne pourrait être qu’un  monstre totalitaire ,  un Big Brother planétaire  dont nous apercevons  déjà  les prémisses.

Et dans l’autre  camp ? Là aussi, il faut savoir s’autodésigner et  refuser les noms que l’adversaire vous donne.   Tel est le mot de populisme . Mais il faut parfois retourner contre ses adversaires  ses propres armes et  donc assumer  . Après tout,  le mot de populisme   exprime bien la résistance des peuples à la machine    totalitaire  cosmopolite, il  se réfère  au populus autre nom  du démos.  Rien dont il   faille  avoir honte. A condition de rappeler sans cesse que le combat populiste est un combat pour la  démocratie.   A condition de rappeler aussi que ce combat est d’autant plus nécessaire que  dans le camp d’en face qui s’en réclame , la démocratie est une étoile  morte  . La démocratie ne survit qu’aux  marges  . Elle reste comme l’a   montré  Pierre Manent inséparable du cadre national .   Mais on peut trouver aussi d’autres  noms :  si  notre camp est celui   qui résiste à l’idéologie, il est par cela même celui de la nature, du bon sens. Il est aussi  celui de la vérité. Allons jusqu’à dire qu’il est celui de la civilisation au sens le plus large .

Il est même,  n’hésitons pas à le soutenir  , le vrai camp de la liberté . Ne tombons pas dans le piège  de penser que ceux qui résistent au supposé libéralisme ne seraient  que des grincheux , partisans d’un régime  pète-sec  , rêvant d’un sabre à la Boulanger, que la restauration nécessaire de l’Etat face au mondialisme serait forcément celui d’un Etat autoritaire –   précisément le mensonge que répandent les mondialistes.    J’étais sur les  ronds-points . Outre la  revendication principale portant sur la dégradation de leur  niveau de vie, les  Gilets jaunes sont particulièrement sensibles aux atteintes à la    liberté  d’expression, au fait que le presse est de moins en moins    libre et pluraliste, de plus en plus  menteuse . Les qualifier s’antilibéraux serait leur  faire injure en même  temps que  faire un beau cadeau à  leurs adversaires, nos adversaires .

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 19:29

QUI PREND EN GRIPPE LA CHLOROQUINE ET SES PROMOTEURS  ? TOUJOURS LES MEMES. 

 

La lutte entre les  personnalités inspirées, innovantes et vraiment compétentes et les bureaucrates de tout poil a sûrement  commencé  dès le temps du scribe assis du  musée du Louvre ( Egypte, IIIe millénaire avant JC) .

Entre  le  ministère de la santé,  bureaucratie  crispée sur ses postions et tous ceux qui veulent promouvoir, faute  d’autres,  l’usage de  chloroquine contre le COVID 19, parmi lesquels, entre autres, le professeur Raoult de Marseille, il n’est  pas difficile reconnaitre une très vieille querelle.

 

Bureaucrates contre créatifs

 

Des bureaucrates stérilisants, la France en   a eu plus que son lot au cours de son histoire récente. Le général Bazaine rayait  du tableau d’avancement tout officier qui se mêlait d’écrire : ainsi fut barré le plus grand théoricien  militaire français, Charles Ardant du Picq et fut perdue lamentablement la guerre de 1870.

En  1897, une Académie de médecine  arrogante  refusa  de reconnaitre la découverte d’Ernest Duchesne du  caractère répulsif de certains moisissures à l’égard des bacilles , principe de la pénicilline laquelle  devait nous  revenir du Royaume-Uni trente ans après. Quand  on sait  que les millions de décès de la grippe espagnole de 1918 furent surtout dus aux  des complications microbiennes, quelles effroyables conséquences !

En 1930,  en France et en Allemagne,  des hommes politiques  accrochés à l’étalon-or   refusaient de dévaluer alors que les Etats-Unis et le  Royaume-Uni le faisaient massivement. Entre 1930 et 1940, notre état-major s’  arc-boutait  derrière  la ligne Maginot, mettant impitoyablement  au rancart  tous ceux qui contestaient cette stratégie uniquement défensive et qui prétendaient que les chars devaient être utilisés en masse et à l’offensive.  Pensée unique, caporalisme : prime à la médiocrité et immense désordre dans la logistique,  comme aujourd’hui au ministère de la santé.

On pourrait continuer :  dans les années 1980 , il était tenu pour évident dans les hautes sphères  de l’Etat  qu’un pays avancé  devait se débarrasser progressivement  de son industrie.  Ceux qui ne le pensaient pas étaient tenus pour   des passéistes inadaptés à la « mondialisation heureuse ». Nous voyons le résultat.

Au même moment, était promue la concentration de la population dans les métropoles et le dépérissement du monde rural , impliquant  la disparition programmée   des petite communes.  L’autonomie des universités est de plus en plus celle des gestionnaires , non des enseignants.

Les autres pays n’échappent pas à l’ ostracisme , mais la France cumule une bureaucratie particulièrement  obtuse et, heureusement,  beaucoup  de créatifs.

Le conflit actuel entre le ministère et les tenants de la chloroquine    est  la continuation de cet antique affrontement. D’un côté une technocratie hostile aux voix divergentes  , de l’autre  un homme seul, aux  positions de bon sens.

 

Psychologie

 

La psychologie des bureaucrates nous et familière. Ils ont généralement le cul serré,  vous regardent de travers ,  mais deviennent   solennels et tranchants devant les caméras .  Calés  sur quelques idées fixes ,  fermés au débat , ils deviennent méchants quand  ces idées  sont remises en cause .  Dans le cas d’espèce, ils disent que la chloroquine a des effet secondaires pas encore testés ; non,  on les connait, mais ils sont rares. Et quel médicament n’en a pas ?  Ils disent aussi qu’on ne peut  pas la mettre entre les mains des généralistes. L’ancien ministre Philippe Douste-Blazy a raison de dire que ce médicament très simple est utilisé massivement depuis soixante ans et que  ses effets sont enseignés   dans toute les facultés de médecine. Et même s’il n’était pas testé, qu’a-t-on d’autre ?  Face à un incendie,  qui va dire que l’extincteur ne peut être   utilisé parce qu’il  n’a pas encore été  testé ?  

Qui n’imagine les réunions du comité d’experts   chargé de  conseiller le gouvernement  dans la lutte contre le coronavirus,  au temps où le professeur Raoult y participait ?  D’un côté    une majorité  échangeant de petits coups d’œil complices  et gênés , de l’autre le verbe sans fioritures d’ un homme libre .

Refusant la  contradiction – et pour cause car il sait quelque part qu’il a tort -  le bureaucrate  n’argumente  pas au fond mais cherche à disqualifier :   le franc-tireur  est présenté comme un orgueilleux - on dit aujourd’hui un mégalo - , quelqu’un qui n’a pas le sens du collectif  ( ah le travail en équipe ! vieux cache-sexe du conformisme), qui ne songe qu’à se faire de la publicité   etc. Cela dans un  débat qui  devrait  rester technique.

 

Quelles motivations ?

 

On peut se demander ce que  sont les motivations  de ces  gens ?  

Souvent l’idéologie. Mais en l’espèce, on ne la voit guère. Sinon  que comprenant  que , de fait, Raoult s’en prend à la politique du gouvernement  Macron, tous ceux qui partagent l’ idéologie du président sur les grands sujets politiques, prennent en grippe ( c’est le cas de le dire) Raoult et la chloroquine. Ainsi Cohn-Bendit qui,  sans aucune qualification sur le sujet, lui demande de se taire. Depuis longtemps, le ci-devant révolutionnaire  a choisi son camp : toujours celui de l’institution contre les  esprits libre.  La  chloroquine finira-t-elle  par  être tenue pour fasciste ?  

Il y a ensuite le conformisme de gens qui ont fait toute leur carrière   du côté du manche. Être du côté de l’institution  donne un  sentiment  de puissance  aux plus insignifiants. Face à quelqu’un qui ne défend que le bon sens et le  bien commun, ils sont perdus, eux qui ne pensent que carrière . Ils imaginent que le  franc-tireur veut prendre leur place.  Même désarroi chez les gens de cabinet et autres communicants qui ont depuis longtemps perdu l’habitude de raisonner sur le fond, seulement de calculer les  effets d’ annonce.

Il y a aussi la  vanité un peu narcissique du pseudo expert  qui se pose comme tel en allant contre le sens commun , supposé vulgaire.

Il y a enfin la répugnance  de toutes  les bureaucraties à reconnaitre leurs erreurs, sauf quand elles deviennent si  patentes  qu’il n’est plus possible de les nier. Et encore font-elles alors le plus souvent de  fausses concessions : on dit qu’on utilisera la chloroquine,  mais on ne le fait pas.

Face aux logiques bureaucratiques devenues folles, c’est au pouvoir politique de rectifier le tir,   mais pour l‘actuel président, énarque de base de l’espèce la plus conformiste, les propositions de la sphère technocratique semblent  infaillibles.

Y a-t-il autre chose ? Quand on ne comprend pas, dit-on, c’est qu’il   y a un loup. Comment,  devant tant d’irrationalité,  empêcher le public d’imaginer que les intérêts de laboratoires pharmaceutiques désireux de développer  des médicaments plus chers que la chloroquine, sont, comme on disait, « déterminants en dernière instance » ?

 

Légitime révolte

 

Le conflit est loin d’être terminé . Sa renommée internationale protège le professeur marseillais qui, sans elle,  aurait  été déjà  impitoyablement broyé par la machine. Il reste que si vous ressentez les premiers symptômes du virus couronné, dans la majorité des hôpitaux français, vous ne serez à ce jour ni  testé immédiatement  ni même traité sauf à avoir moins de 70 ans et être à la dernière extrémité.

La révolte contre les  apparatchiks est toujours légitime ; elle l’est plus que jamais face à la pandémie que nous connaissons.   

 

Roland HUREAUX

 

 

Partager cet article
Repost0
11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 19:28

 

 

Le  nouvel évêque de Nanterre , Mgr Matthieu Rougé , a justement protesté contre le délai imposé   à la reprise des cultes au titre  du  déconfinement , plus long que  celui des  autres activités. Pour le gouvernement, il est  plus urgent   de réouvrir les écoles et les commerces que les églises. L’évêque y voit un traitement peu respectueux  pour les religions, une attitude « indigne de notre démocratie »., n’hésitant pas à évoquer un « anticléricalisme » gouvernemental.

Il ne s’ agit pas d’un fait isolé   : personne ne  tient  certes Christophe Castaner  pour un enfant de Marie, mais  l’irruption   de la police dans  l’église Saint André de l’Europe où se tenait une célébration légale à huis clos  confirme le mépris  des équipes Macron  pour l’Eglise catholique.  

Mgr Rougé  croit voir dans ces procédés cavaliers  une «  inflexion »  de la politique gouvernementale  . Quelle inflexion ? Macron et son équipe sont dans la stricte continuité de ce qu’ils sont depuis le début.  

A peine arrivé à Bercy , Macron ministre des finances avait liquidé le principe des allocations familiales  universelles . Dans sa campagne électorale il promettait d’instaurer  le « droit »  des femmes seules ou en couple à  la fécondation artificielle, promesse tenue depuis,  et laissait mêmes espérer un assouplissement  de l’euthanasie.  L’affaire Vincent  Lambert où  il était, n’en doutons pas , à la manœuvre,  a  montré la direction.

Sa politique étrangère fut dès le début hostile aux  intérêts des chrétiens d’Orient.   

Les évêques  l’ont néanmoins reçu en grande pompe aux Bernardins, le 9 avril 2019. Cérémonie sans précédent dans l’histoire de France . Pour qui a bien écouté son  discours, il leur crachait à la figure qu’il ne tiendrait aucun compte  de leur opinion ( qui sont celles de l’Eglise mais aussi l’expression de  la morale  naturelle ) en matière de bioéthique. Il n’admettait même pas qu’ils la disent, seulement qu’ils « questionnent ». Cela ne l‘a pas empêché  de recevoir une standing ovation . Cet enthousiasme  fut trouvé incongru  par beaucoup mais il était aussi   bien imprudent au cas , fort possible, où la carrière de Macron se terminerait par une  forme ou une autre de damnatio memoriae.

Sous prétexte de  faire face à l’épidémie du  virus couronné, le présent gouvernement   a lâché en catimini un assouplissement de l’euthanasie  ( dite « sédation profonde ») pour les plus de 70 ans et   un allongement du délai  où l’avortement chimique . Le ministre de la santé qu’il vient de nommer , Olivier Véran ,  déplore  publiquement la baisse du nombre d’avortements ;  ainsi, par derrière la lutte  contre la pandémie, la culture de mort est à l’œuvre. Ceux qui la  promeuvent avec tant  d’acharnement ne sont-ils pas les mêmes   qui ont si lamentablement  géré la crise sanitaire , en liaison avec l’OMS et les équipes de Bill Gates,  ami de Macron  qui veut réduire de 90 % le nombre des  hommes ?

Il est clair que dans l’attitude du présent gouvernement, il n’y a aucune inflexion mais une parfaite continuité.

Quand  42 % des catholiques pratiquants  votent En marche  aux européennes ( pour une moyenne nationale de 24 %), avouons que c’est bien cher payé .  Pourquoi se gêner  avec un troupeau de brebis qui voteront quand-même pour vous?  Nous voulons croire que les évêques ne soient pas responsables de  cet aveuglement.     On aimerait en être  sûr. Cette crise aura eu au   moins le mérite de permettre à certains  d’entre eux  d’ouvrir les yeux sur la véritable nature du régime Macron. «Il n'est rien de caché qui ne doive être révélé » (Lc 2,12).

 

Roland HUREAUX

 

 

  

Partager cet article
Repost0
11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 19:26
Il devient insupportable d’entendre le président Macron, chaque fois qu’il va en Afrique ( trop souvent à notre gré) cracher sur le passé de la France .  « Le colonialisme  , s’est-il cru obliger de dire à Abidjan , a été une erreur profonde et une faute de la République » .
Nous ne reviendrons  pas sur les arguments bien  connus qui réfutent ces propos sommaires : où en seraient ces pays s’il n’y avait  pas été colonisés  ?  D’autres, comme Driss Ghali dans Causeur [1], ont rappelé tout ce que la France avait  apporté à ses colonies africaines.
Macron s’abîme-t-il chaque  jour dans les affres de la culpabilité nationale ? Non . Au fond, il s’en fiche. Il dit cela parce qu’il se croit obligé de le dire. Ce faisant, il commet plusieurs  erreurs.   
D’abord il montre son ignorance. 
A une connaissance précise de l’histoire de nos anciennes colonies, prises une à une,  il substitue de poncifs   sur le  colonialisme en général   qui témoignent    de sa connaissance superficielle de la question. Sait-il qu’il fallut  en 1960 « pousser dehors » la Côte d’Ivoire qui aurait préféré rester  un département d’outre-mer ? Il est vrai que Houphouët Boigny avait été un ministre particulièrement en vue de  la  IVe République, un honneur  qu’aucune autre puissance coloniale n’avait accordé  à ses sujets.  

Sait-il que les  présidents de l’ancienne Afrique équatoriale française se sont cotisés pour ériger à Brazzaville  un mausolée à Savorgnan de Brazza qui avait fondé la colonie?

Sur le sujet de la colonisation  Macron ne  fait que répéter ce qu’on dit   dans les Universités américaines, gangrénées  par le politiquement correct  anticolonialiste . Il fut et reste le meilleur élève de Richard Descoings qui ne fit rien d’autre qu’américaniser  l’enseignement  des Sciences Po.   Il serait temps qu’il renouvelle sa culture  !

Chacun des pays que Macron visite est attaché à sa singularité . En leur appliquant  des clichés  passe-partout , il montre que, au  fond,  il ne s’intéresse pas vraiment    à eux.

 

Il est temps de traiter les Africains comme des gens normaux

 

Sent-il par ailleurs ce que peut avoir de blessant pour ses interlocuteurs  l’évocation du passé colonial ?   Rien de plus ambigu que la victimisation.  On ne rappelle  pas aux gens qu’ils ont été vaincus ou dominés, même sur le mode du repentir.  Dans le monde dur où nous vivons, être ou avoir été une victime n’a rien de glorieux.  Il faut    traiter  les Africains comme des  interlocuteurs  normaux . Que dirait-on si tout  président  italien ,  chaque fois qu’il visite  France,  venait  nous rappeler que nous avons été vaincus à Alésia , puis dominés,  fut-ce sur le mode de la  repentance?  Ces  subtilités échappent   à Monsieur Macron dont l’éducation ,  pour  avoir été bourgeoise,  ne comportait sûrement pas  ces délicatesses.

En clamant  que la colonisation a été   une « erreur » , il montre aussi  son absence de réflexion historique.  Erreur ? Tout au long de l’histoire ,  les civilisations   qui ont  pris de l’avance sur les autres  ,   ont été d’une manière ou d’une autre impérialistes vis-à-vis de leurs voisines  en retard . Les Perses, Grecs, les Romains, les Arabes, les Mongols  et pour finir les Européens.  C’est ainsi. Il n’y a pas à  pas avoir de repentance . Il faut seulement  savoir tourner la page .

Tous les guerres  africaines de la France ont d’ailleurs  fait bien moins de victimes que l’invasion du Congo-Kinshasa  par les troupes rwandaises de Paul Kagame entre 1997 et 1999, soit plusieurs millions. Non seulement  Macron n’a demandé  aucune repentance à ce personnage mais il ne manque  aucune occasion de  lui rendre les  honneurs , allant jusqu’à  l’inviter   au sommet du G7 de Biarritz et à promouvoir sa protégée à la tête de la francophonie. 

Il est vrai que certains  chefs d’Etat   africains usent ou  abusent de  l’alibi du mal que leur aurait fait la colonisation pour justifier leurs erreurs et  leur corruption. C’est particulièrement vrai de ceux de l ’Algérie. Le jeunes générations , tout aussi ignorantes que Macron de ce  que   fut    la colonisation , ne sont que trop promptes à  écouter ces discours . Il   ne sert qu’à entretenir  une  haine idéologique très éloignée de ce que  ressentaient  leurs pères colonisés  et qui est totalement stérile.  Macron rend un mauvais service à la jeunesse africaine  en l’entretenant. D’autant que ces sentiments sont transportés dans nos banlieues.          

Nous pourrions aussi rappeler qu’en  jouant  les coqs  quand il va en Afrique, il n ’ a pas pris la mesure du déclin de l’influence  française sur  ce continent  – dont la cessation du franc CFA dont il a l’air de se glorifier est un symbole . Seuls les dominants peuvent se payer le luxe de s’autodénigrer . Or la France ne domine plus rien sur  ce continent,  surtout  depuis son enlisement au Mali.  

 

Ne pas paver les  voies de la Chine

Mais comme là aussi les discours  oiseux risquent être  pris au sérieux,  à quoi sert désormais de vilipender  la colonisation    française sinon  à donner de la légitimité   aux entreprises concurrentes de la Chine,  de la Russie, des Etats-Unis , de l’Arabie saoudite bien moins respectueuses  de l’identité africaine que nous  ne l’avons été .

Ajoutons que les  pays africains   sont  des  pays  normaux , dont les chefs d’Etat , même corrompus,   savent ce qu’ils doivent à leurs peuples : ne pas les insulter, ne pas insulter leur histoire , les  rendre fiers de leur passé, soit les principes éternels  du leadership, exactement le contraire de ce que  fait Macron.  C’est dire que les rodomontades auto-flagellatoires du président français apparaissent aux Africains, comme  aux Asiatiques,  pour ce qu’elles sont : à la fois une bizarrerie et   le symbole de la décadence européenne.  L’intéressé n’en  récolte aucune estime, bien au contaire.   

Inculte, indélicat, pernicieux  et antinational, tel apparait Macron quand il fait ses virées  en Afrique. Il ferait  mieux  de rester chez lui.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

[1] https://www.causeur.fr/macron-colonisation-afrique-maroc-170537

Partager cet article
Repost0