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Roland HUREAUX

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 12:12

LES ETATS-UNIS TOURNENT LA PAGE DE LA DEMOCRATIE

 

Quels que soient les vrais chiffres de la dernière élection présidentielle américaine, on ne saurait fermer les yeux sur la crise grave que traverse la démocratie dans ce pays.

L’élection présidentielle a-elle fait l’objet de fraudes importantes, sinon massives ? Personne ne le conteste. Selon les sondages, une majorité d’Américains, surtout républicains mais aussi démocrates, le pense.  Ces fraudes ont-elles été également partagées ? Non, personne n’a accusé Trump d’avoir organisé une fraude massive, seulement les démocrates. Ces fraudes ont-elles inversé le résultat ? Faute d’avoir accès à un dossier complet, il est difficile de le dire. Que la justice ait donné la plupart du temps raison aux partisans de Biden sur ce sujet ne signifie rien dans la mesure où elle s’est très souvent déclarée incompétente, voire a motivé ses décisions par la crainte de troubles : la Cour suprême du Wisconsin a déclaré le recours de Donald Trump contre les fraudes électorales irrecevable, non pour des motifs de droit, mais parce que l’admettre « ouvrirait la boite de Pandore ».

Si ces considérations ne suffisent pas à invalider le résultat, elles témoignent d’une crise de la démocratie, particulièrement grave dans un pays où la Loi avait autant d’autorité que la Bible.

 

Boycottage de la présidence Trump

 

Sous sa forme actuelle, cette crise a commencé avec l’élection de Trump en 2016. Non que le résultat ait été contestable, mais du fait que le camp défait, celui des démocrates partisans d’Hillary Clinton a d’emblée refusé de jouer le jeu avec le nouveau président. Beaucoup de services essentiels (administration, police, CIA, département d’Etat) ont tenté de saboter son action et sont parvenus à faire obstacle à certains de ses projets comme l’apaisement avec Moscou. Le Congrès, dominé par les démocrates,  n’a cessé de tenter de le conduire à l’impeachment (destitution), sous le prétexte fallacieux que le Kremlin l’aurait aidé à se faire élire, accusation que le juge a finalement écartée et qui, sous l’effet de l’acharnement, a été aussitôt suivie d’autres tendant au même résultat.  Cela est sans précédent dans l’histoire des Etats-Unis : on célébrait au contraire le civisme de ce pays où les vaincus jouaient le jeu.

 

Une presse sans pluralisme

 

Deuxième entorse, aussi bien dans la campagne de 2016 qu’après l’élection : la quasi-totalité des médias, télévisions, radios, journaux, ont pris position contre le nouveau président et n’ont cessé, mois après mois, de casser son image ne serait-ce qu’en ne publiant de lui que des photos où il avait l’air d’un furieux. Fox News faisait exception mais a rejoint l’opposition durant la campagne électorale de 2000. Dans ce pays où la télévision d’État n’existe pas, Trump ne pouvait s’exprimer sur aucun canal. Ce n’est pas par narcissisme, comme on l’a dit, mais parce qu’il n’avait pas d’autre moyen d’expression qu’il a multiplié les tweets. Là aussi cette situation est sans précédant. Les classiques du libéralisme nous ont appris que la démocratie authentique exige non seulement la liberté de la presse mais aussi son pluralisme. En Russie, le groupe Novaïa Gazeta que le Washington Post  qualifiait en 2017 de « principal journal d'opposition de Russie » tire, tous titres confondus, à un million et demi d’exemplaires. Certes, les tracasseries ne lui sont pas toujours épargnées pas mais qui s’oppose à Biden – comme à Macron en France ? Durant la campagne électorale de 2000, les choses se sont aggravées : les comptes Twitter et Facebook de Trump ont été coupés.

 

Tout s’aggrave avec Biden

 

Les choses ont bien mal commencé sur le plan des libertés après    la prise de fonctions de Biden. Les partisans de Trump se trouvent gravement menacés, ce qui là aussi, est sans précédent.  Le prétexte en a été la malheureuse tentative de prise du Capitole le 6 janvier.  Il y avait dans la foule des trumpistes déçus mais aussi des personnages troubles déjà aperçus dans les manifestations d’extrême gauche. Et qui leur avait ouvert ?  Coïncidence ? Les représailles contre les partisans de Trump sont tombées aussitôt. Plusieurs grandes banques ont fait savoir qu’elles ne recruteraient pas de partisans de Trump identifiés. Le patron de Forbes, magazine économique de référence, annonce qu’il cassera l’image de toute entreprise recrutant des trumpistes.  Facebook et Twitter ont à ce moment là coupé les comptes de 75 000 personnes engagées dans la campagne de Trump et celui de Trump à vie.

En même temps s’applique une censure des contenus : toute évocation des fraudes électorales, bannie de la presse, était censurée sur les réseaux sociaux, au motif du risque terrorisme ou de trouble à l’ordre public. Il en est de même aujourd’hui de toute critique des vaccins contre le Covid.

Les catégories sociales suspectes d’avoir voté Trump, comme les fermiers, sont soumises à un harcèlement qui les plonge dans l’insécurité.

L’étouffement de la liberté d’expression et les obstacles mis à l’emploi des opposants   s’accompagne de vexations idéologiques qui, certes, existaient déjà, mais se sont singulièrement aggravées depuis l’accession de Biden ressentie comme la victoire de toutes les minorités activistes. Le harcèlement judiciaire de ceux qui enfreignent les tabous idéologiques, sans être nouveau, s’emballe : un enseignant qui n’a pas ouvert la bouche lorsqu’il a entendu prononcer le mot « nigger » a perdu son emploi. Un père a été emprisonné pour avoir appelé sa fille de 14 ans, « ma fille », alors qu’elle avait déclaré qu’elle était un garçon.

La crise du Covid aggrave la répression judiciaire : une femme qui amenait sa fille à l’école sans masque a été dénoncée à la police par les enseignants : sa fille lui a été retirée et est placée.  C’est le nouvel « empire du bien ». Dans le droit fil de sa tradition puritaine, le pays devient une gigantesque maison de redressement destinée à éradiquer tout reflexe sexiste, homophobe, raciste, xénophobe, climatosceptique etc.

Il se dit que, dans cette atmosphère étouffante, ceux qui au cours des dernières décennies, Russes ou Chinois par exemple, étaient venus aux Etats-Unis chercher la liberté veulent rentrer chez eux pour l’y retrouver. Dans un pays où l’essentiel de la matière grise scientifique vient de l’étranger, ce peut être un drame. A force de censure, de discrimination positive, le niveau des universités américaines est sur la pente descendante. Il ne faut pas chercher ailleurs les causes des déboires techniques d’une entreprise comme Boeing.

C’est peut-être pour ces raisons que quinze Etats où on aime la liberté, autour du Texas, ont fait sécession pour refuser la discipline sanitaire, nous rendant le visage des Etats-Unis d’antan.

 

L’Europe touchée

 

Il ne faut pas imaginer que nous Européens échapperons à cette chape de plomb qui est en train d’éteindre la démocratie américaine. La dictature sanitaire justifiée par le Covid sert déjà de kriegspiel à la  mise au pas définitive de la démocratie occidentale que certains envisagent. C’est depuis l’élection de Biden que les Gafams ont commencé à censurer certaines personnalités mal vues à la Silicon Valley : Marion Maréchal, Jordan Bardella, et même Mila, adolescente lesbienne mais, horresco referens, critique de l’islam : cette dernière est suspendue, tenons-nous bien, pour harcèlement, alors que c’est elle qui est harcelée sans discontinuer sur les réseaux sociaux. Pierre Lévy, issu, lui, du parti communiste, a vu le site de son excellent journal Ruptures, affublé d’une mise en garde contre ses relations supposées avec la Russie, dépourvues de fondement. Il est probable que ces atteintes insupportables à la liberté d’expression ne soient qu’une salve d’avertissement avant le grand jeu. Il nous faut lutter pour empêcher de telles dérives, d’autant plus inquiétantes que dans les cercles où se décide le sort de l’Occident, ceux qui ont eu, en ne reculant devant aucun moyen, la peau de Trump, on est de plus en plus fasciné par le modèle chinois, combinaison du libéralisme économique et d’un impitoyable contrôle des populations. Ferguson, l’architecte du confinement, proche de Bill Gates, a avoué au  Times qu’il avait voulu tester le modèle chinois. Face à ces dérives, il nous faut lutter et pour bien lutter, comprendre. Il est urgent que nous ouvrions les yeux sur une dégénéresance rapide de la démocratie dont la dernière élection américaine a constitué une étape essentielle.

 

Roland HUREAUX   

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 12:11

MALGRE LES EXAGERATIONS COMPLOTISTES, BILL GATES EST VRAIMENT DANGEREUX

A un moment où se réalise le rêve de Bill Gates : une campagne mondiale de vaccination pouvant déboucher sur une contrainte de masse (passeport sanitaire etc.), il convient de se pencher une nouvelle fois sur le personnage.

Pour ne pas passer pour « complotiste » essayons de poser avec précaution un pied devant l’autre. 

S’agissant de Bill Gates, réputé quatrième fortune mondiale (après avoir été la première), je dirais ceci :

  1. Qu’il ne fait pas de doute qu’il a déclaré à plusieurs reprises – mais pas récemment - qu’il y avait dix fois trop d’hommes sur la terre et qu’il fallait donc réduire la population du globe de 90 %.  Il n’est pas le seul : le chiffre d’un optimum « scientifique » (ce qui n’a aucun sens) de 700 millions habitants circule dans les hautes sphères mondialistes généralement malthusiennes.  Jeffrey Sachs qui, dit-on, conseille le pape le cite aussi.    

 

  1. Qu’il ne fait pas de doute non plus qu’il a, depuis qu’il a pris sa retraite de Microsoft, investi beaucoup dans la santé, en assurant notamment 12 % du budget de l’OMS, où il a donc une grosse influence et où il préconise une vaccination générale de tous les terriens, assorti de l’introduction dans le corps d’une puce électronique permettant de vérifier que tout citoyen du monde est bien en règle.  Inoculation qui doit être expérimentée bientôt au Bengladesh ; vaccination multiple qui couvrirait entre vingt et trente maladies.

L’influence de Bill Gates se traduit entre autres par le rôle clé de certains de ses proches comme le Dr Anthony Fauci, chef de la cellule de crise de l’administration américaine face au Covid  ou le Pr Neil Fergusson, consultant, expert de l’Imperial College de Londres,  auteur du premier plan de confinement basé sur la prévision qu’il y aurait un demi million de morts au Royaume-Uni.

Est-il vrai que des campagnes de vaccination dans certains pays du Tiers monde comme le Pérou ou le Kenya promues par  la Fondation Gates ont permis d’inoculer en catimini aux femmes des stérilisants destinés à faire baisser la natalité ? Cela se dit, mais mérite un examen plus approfondi. Personne ne pense que ce soit impossible.

En tous les cas, la Fondation Bill et Melinda Gates (Melinda est sa femme très impliquée dans ses programmes et qui se dit catholique) est accusée par des médecins indiens d’avoir rendu infirmes des dizaines de milliers d‘enfants en Inde à la suite d’une campagne de vaccination qu’elle avait financée.  L’avocat Robert Kennedy Jr, neveu de l’ancien président    a récolté 410 000 signatures pour que la justice américaine lance une investigation sur ses activités    qui conjuguent le messianisme et les intérêts financiers :

« Les vaccins, pour Bill Gates, sont une philanthropie stratégique qui alimente ses nombreuses entreprises liées aux vaccins (y compris l’ambition de Microsoft de gérer une entreprise mondiale de vaccino-identification) et lui donne un contrôle dictatorial sur la politique de santé mondiale – la pointe de lance du néo-impérialisme d’entreprise » (R. Kennedy Jr).

Ni médecin ni pharmacien, Bill Gates s’est prononcé contre le recours à la chloroquine : qui s’en étonnera ?  Comme tous les traitements du Covid, elle conduirait à diminuer la demande de vaccins.

Quelqu’un comme lui  n’est pas du genre à parler en l’air . Il a montré dans sa vie professionnelle que quand  il  disait quelque chose, il le  faisait . Il est peu probable qu’il laisse le travail  aux   générations  à venir.

Rappelons aussi qu’il voit régulièrement Macron qui vient d’accorder une contribution exceptionnelle d’un demi-milliard à l‘OMS, étonnante générosité à l’égard d’un organisme corrompu quand on sait l’état de délabrement de nos finances publiques. 

Pour écarter encore une fois toute accusation de complotisme, précisons que nous n’accordons aucun crédit à l’idée que Gates aurait pu jouer un rôle dans le déclenchement   de l’épidémie de Covid-19.  Il reste que cet homme  est dangereux.

 

Roland HUREAUX

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 12:05

 

LE RASSEMBLEMENT NATIONAL PERD SA CREDIBIITE EN DEMANDANT LA PROPORTIONNELLE

 

Une fois de plus,  Marine Le Pen a , il y a quelques jours,  demandé l’instauration de la proportionnelle aux élections législatives , intégrale  qui plus est.

Cela est parfaitement contradictoire avec les attentes que près d’un quart des Français mettent à tort ou à raison dans ce parti.

Si  des millions de Français votent pour Marine le Pen , ce n’est pas pour qu’elle dirige la République à la petite semaine à la  manière  de René  Coty.

Ils attendent , d’elle ou d’un autre équipe de rupture quelle qu’elle soit, un changement complet d’orientation sur toute une série de problèmes majeurs qui ne  cessent de s’aggraver  : non seulement l’immigration  et la sécurité dont le RN a fait son fond  de commerce, mais le fonctionnement  de  l’Etat, la justice, l’éducation nationale, l’administration  locale  et bien sûr la politique économique.

Ces bouleversements espérés par beaucoup  sont  un chantier immense . Est-il nécessaire de dire qu’une coalition    de type centriste, comme elles  qui émanent d’un système proportionnel façon  IVe République, ne trouverait  jamais  une majorité  pour effectuer ces changements ?

Changements que nous appellerions réformes si le mot n’avait été galvaudé par de centaines de pseudo-réformes technocratiques par lesquelles le système s’est prolongé au cours des ans , aggravant chaque jour les problèmes au lieu de les résoudre.

Le général de Gaulle, une référence que les responsables du RN ne devraient pas négliger , disait que quand les hommes  ne sont pas à la hauteur ,   les politiques menées seront mauvaises quelles que soient les institutions mais que ces institutions doivent préserver les   moyens de mener une bonne politique pour les hommes compétents et décidés à prendre en main les problèmes  du pays,  le jour où il s’en présentera – et où le suffrage universel les portera au pouvoir.

 

L’esprit de la Ve République : donner les mains libres aux bons

 

C’est précisément ce que  permettait la constitution de la  Ve République,  assortie de scrutin majoritaire qui   n‘est  pas dans la constitution mais s’en trouve aujourd’hui inséparable. Seul un scrutin  de ce type peut donner à un nouveau  président une assemblée  lui permettant de  mettre en œuvre la politique pour laquelle il été élu : pour  le pire comme aujourd’hui,  pour le meilleur,  faut-il espérer,  demain.  Et l’expérience montre que cette  majorité sera d’autant plus large que l’élu (e) était  au départ  éloigné du système en place : cf. 1981, 2017.

Le système de vote pour lequel  se bat Marine  le Pen n’est pas de gauche, il n’est pas de droite, il trouve ses  meilleurs défenseurs dans le marécage centriste  , celui qui, sous un régime de  proportionnelle,  ferait tous les arbitrages, quel que soit le locataire de l’Elysée.  Autrement dit, avec la proportionnelle, le système , dont nous voyons ces jours-ci à quel degré d’exaspération il pousse   un peu partout les Français, aurait  encore de beaux jours devant lui .  

Réclamer à cors et à cris  le proportionnelle intégrale a une signification très claire : « notre  préoccupation majeure n’est pas  de répondre aux immenses attentes des Français mais d’  avoir un peu plus de places  dans les assemblées et de prébendes dans l’appareil d’Etat » .   Ce n’est  évidemment pas ce que les millions de Français  qui ont voté pour     Marine le Pen attendent d’elle . Si Macron qui, lui, compte  tenu de la  nature  de sa politique  s’accommoderait  tout  à  fait  d’une proportionnelle intégrale,   réussissait à l’instaurer,  aucun espoir ne subsisterait de  résoudre un jour de manière démocratique les  problèmes de la  France. Qui dit centre dit mainstream , national ou international, celui-là même dont nous crevons. La gouvernance mondiale qui a mis la main sur  notre pays  ne lâcherait plus  sa proie. 

 

Roland HUREAUX

 

 

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 12:03

 

LES PAUVRES QUI NE SONT PAS A LA MODE

 

https://atlantico.fr/article/decryptage/pauvres-enfants-malades-souffrance-divorce-discrimination-solitude-roland-hureaux

 

Il est heureux qu’à partir d’un rapport récent[1], l’opinion se soit émue du drame des enfants harcelés – pour ne pas dire persécutés dans les  cours de récréation  ou à la sortie des écoles. Ils seraient environ un sur dix. Le phénomène n’est pas nouveau,  mais autrefois les professeurs surveillaient les  récréations et savaient ce qui s’y passait ; au moins dans le secondaire, ce n’est plus le cas.

La souffrance d’un enfant est toujours pathétique, d’autant que la plupart du  temps ces enfants, honteux de  leurs humiliations, n’osent pas en parler à leurs parents.

Mais trop y insister conduirait à dénoncer la dégradation de la discipline à l’école, qui conduit  toujours à la tyrannie des forts sur les faibles. Or « il est interdit d’interdire » dit la doxa.

Longtemps fut tue  la souffrance des enfants dont les parents se séparent : il ne fallait pas avoir l’air de remettre en cause la libération sexuelle, le droit de « jouir sans entraves ». Le  tabou commence à être levé.

 

Les souffrances politiquement correctes  

 

Il y a en effet de nombreuses souffrances dont on ne parle pas beaucoup parce qu’elles ne font pas partie du politiquement correct.

La pauvreté, l’exclusion sont choses dramatiques, surtout par grand froid, mais tout le monde les voit et en parle (e c’est très bien !)

Il n’en fut pas toujours ainsi. Au temps du marxisme triomphant, la charité était tenue pour un cautère de mauvais aloi qui retardait la révolution : il fallait faire l’aumône en cachette.

Mais si tout le monde s’émeut aujourd’hui du sort des sans-abri, on ne parle guère des nombreuses victimes de la mendicité forcée, sans doute  majoritaires dans les rues de Paris, femmes, vieillards, jeunes filles dont les « parrains » passent à la caisse le soir. La police semble passive face à ces pratiques.  

Les prisonniers ont aussi droit aujourd’hui, à  leur part de compassion : il existe de nombreux visiteurs de prison. « J’étais prisonnier et tu m’as visité » dit l’Ecriture. De bonnes âmes s’en souviennent encore.

Et bien entendu les malades,  pas seulement du sida,  d’autant que tout le monde se dit que ce qui leur arrive   pourrait nous  arriver aussi.

Les handicapés constituent un cas à part : la société est aux petites soins avec eux : allocation d’adulte handicapé,  aménagements des lieux publics, des parkings, emplois réservés  etc. Mais cette compassion légitime est bien ambigüe : elle conduit aussi  à   éliminer systématiquement  tout embryon présentant le moindre soupçon de handicap congénital. On veut bien faire beaucoup pour eux mais s’ils n’existaient pas, ce serait mieux…

Les discriminations fondées sur la race  ou l’origine sont l’objet d’une stigmatisation publique obsessionnelle. Le Défenseur des droits, héritier de la HALDE veille. On ne dit guère, cependant,  que s’agissant des immigrés, ces discriminations frappent les garçons et très peu les filles  dont l’ascension sociale est remarquable. Les discriminations des femmes au travail sont bien réelles, mais, à y regarder de près, elles touchent  surtout  celles qui ont aussi la mauvaise idée d’être  mères de famille, dont les carrières sont interrompues. Attention à ne pas trop le dire : défendre la femme oui, la mère de famille, danger : le spectre de Pétain n’est pas loin !  

Etre un immigré dans un pays où l’on n’a pas de racines et où la majorité peut vous voir d’un mauvais œil est sans doute inconfortable et quelquefois douloureux. Mais les immigrés sur le sol français disposent de trois atouts essentiels : ils bénéficient d’une   solidarité collective qui leur reste des pays du Tiers monde d’où ils sont issus, de  l’appui des médias, c’est  dire des puissants de ce monde, des vrais,   et du sentiment d’être sur une pente ascendante : ils vivent mieux que leurs parents et savent, pour la plupart,  que leurs enfants vivront mieux qu’eux.  Les   pauvres indigènes  qui vivent dans les mêmes quartiers ne bénéficient d’aucun de ces atouts ; pour comble de malheur, on les soupçonne de voter Le Pen !  

 

Et les autres…

 

Il existe bien d ‘autres souffrances que notre société ne prend pas en compte.  Celle des garçons timides qui n’ont jamais osé  adresser la parole à une fille. Environ  10 % des Français meurent sans avoir eu de relations sexuelles : tous  ne  l’ont pas  fait exprès. Celle des filles trop laides, que beaucoup de professeurs n’hésitent pas à mal noter, auxquels les employeurs préfèrent souvent une  bimbo avenante. Les employeurs,  et naturellement  les garçons.

Sur d’autres registres, sait-on que certaines maladies mentales provoquent des souffrances indicibles : migraines intolérables, mal-être extrême.

Sait-on la souffrance insondable des schizophrènes dont un sur dix se suicide ? A quand un téléthon pour eux ?

Et puis il y a la solitude des jeunes et surtout des vieux, dont certains, en ces temps   de désintégration sociale,  n’ont aucun proche parent à qui s’adresser.

La solitude, la déréliction économique (des revenus de moins de 500 € par mois) se conjuguent chez certains agriculteurs de montagne qui, eux aussi,  se donnent la mort par centaines  tous les ans. Grand est le malheur de n’être pas moderne : urbain, riche et à la mode !  On en parle moins que des salariés de France-Télécom, qui, eux aussi,  sont victimes d’une modernisation brouillonne.

Tant mieux si certains pauvres sont à la mode.
Mais que  le Bon Dieu protège aussi  ceux qui ne le  sont pas !  

 

Roland HUREAUX*

 

  • Auteur de La grande démolition, la France cassée par les réformes, Buchet-Chastel, janvier 2012 – 355 pages, 21 €

 

 

[1] Rapport de  l’Observatoire international des violences à l’école, rédigé pour l’UNICEF, du 29 mars 2011, connu en France à une date plus récente.

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 12:02

 

Le nouvel évêque de Nanterre , Mgr Matthieu Rougé , a justement protesté contre le délai imposé   à la reprise des cultes au titre  du  déconfinement , plus long que  celui des  autres activités. Pour le gouvernement, il est  plus urgent   de réouvrir les écoles et les commerces que les églises. L’évêque y voit un traitement peu respectueux  pour les religions, une attitude « indigne de notre démocratie »., n’hésitant pas à évoquer un « anticléricalisme » gouvernemental.

Il ne s’ agit pas d’un fait isolé   : personne ne  tient  certes Christophe Castaner  pour un enfant de Marie, mais  l’irruption   de la police dans  l’église Saint André de l’Europe où se tenait une célébration légale à huis clos  confirme le mépris  des équipes Macron  pour l’Eglise catholique.  

Mgr Rougé  croit voir dans ces procédés cavaliers  une «  inflexion »  de la politique gouvernementale  . Quelle inflexion ? Macron et son équipe sont dans la stricte continuité de ce qu’ils sont depuis le début.  

A peine arrivé à Bercy , Macron ministre des finances avait liquidé le principe des allocations familiales  universelles . Dans sa campagne électorale il promettait d’instaurer  le « droit »  des femmes seules ou en couple à  la fécondation artificielle, promesse tenue depuis,  et laissait mêmes espérer un assouplissement  de l’euthanasie.  L’affaire Vincent  Lambert où  il était, n’en doutons pas , à la manœuvre,  a  montré la direction.

Sa politique étrangère fut dès le début hostile aux  intérêts des chrétiens d’Orient.   

Les évêques  l’ont néanmoins reçu en grande pompe aux Bernardins, le 9 avril 2019. Cérémonie sans précédent dans l’histoire de France . Pour qui a bien écouté son  discours, il leur crachait à la figure qu’il ne tiendrait aucun compte  de leur opinion ( qui sont celles de l’Eglise mais aussi l’expression de  la morale  naturelle ) en matière de bioéthique. Il n’admettait même pas qu’ils la disent, seulement qu’ils « questionnent ». Cela ne l‘a pas empêché  de recevoir une standing ovation . Cet enthousiasme  fut trouvé incongru  par beaucoup mais il était aussi   bien imprudent au cas , fort possible, où la carrière de Macron se terminerait par une  forme ou une autre de damnatio memoriae.

Sous prétexte de  faire face à l’épidémie du  virus couronné, le présent gouvernement   a lâché en catimini un assouplissement de l’euthanasie  ( dite « sédation profonde ») pour les plus de 70 ans et   un allongement du délai  où l’avortement chimique . Le ministre de la santé qu’il vient de nommer , Olivier Véran ,  déplore  publiquement la baisse du nombre d’avortements ;  ainsi, par derrière la lutte  contre la pandémie, la culture de mort est à l’œuvre. Ceux qui la  promeuvent avec tant  d’acharnement ne sont-ils pas les mêmes   qui ont si lamentablement  géré la crise sanitaire , en liaison avec l’OMS et les équipes de Bill Gates,  ami de Macron  qui veut réduire de 90 % le nombre des  hommes ?

Il est clair que dans l’attitude du présent gouvernement, il n’y a aucune inflexion mais une parfaite continuité.

Quand  42 % des catholiques pratiquants  votent En marche  aux européennes ( pour une moyenne nationale de 24 %), avouons que c’est bien cher payé .  Pourquoi se gêner  avec un troupeau de brebis qui voteront quand-même pour vous?  Nous voulons croire que les évêques ne soient pas responsables de  cet aveuglement.     On aimerait en être  sûr. Cette crise aura eu au   moins le mérite de permettre à certains  d’entre eux  d’ouvrir les yeux sur la véritable nature du régime Macron. «Il n'est rien de caché qui ne doive être révélé » (Lc 2,12).

 

Roland HUREAUX

 

 

  

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 11:58

QUI PREND EN GRIPPE LA CHLOROQUINE ET SES PROMOTEURS  ? TOUJOURS LES MEMES. 

 

https://www.valeursactuelles.com/societe/le-medecin-la-chloroquine-et-le-bureaucrate-une-fable-bien-francaise/

 

La lutte entre les  personnalités inspirées, innovantes et vraiment compétentes et les bureaucrates de tout poil a sûrement  commencé  dès le temps du scribe assis du  musée du Louvre ( Egypte, IIIe millénaire avant JC) .

Entre  le  ministère de la santé,  bureaucratie  crispée sur ses postions et tous ceux qui veulent promouvoir, faute  d’autres,  l’usage de  chloroquine contre le COVID 19, parmi lesquels, entre autres, le professeur Raoult de Marseille, il n’est  pas difficile reconnaitre une très vieille querelle.

 

Bureaucrates contre créatifs

 

Des bureaucrates stérilisants, la France en   a eu plus que son lot au cours de son histoire récente. Le général Bazaine rayait  du tableau d’avancement tout officier qui se mêlait d’écrire : ainsi fut barré le plus grand théoricien  militaire français, Charles Ardant du Picq et fut perdue lamentablement la guerre de 1870.

En  1897, une Académie de médecine  arrogante  refusa  de reconnaitre la découverte d’Ernest Duchesne du  caractère répulsif de certains moisissures à l’égard des bacilles , principe de la pénicilline laquelle  devait nous  revenir du Royaume-Uni trente ans après. Quand  on sait  que les millions de décès de la grippe espagnole de 1918 furent surtout dus aux  des complications microbiennes, quelles effroyables conséquences !

En 1930,  en France et en Allemagne,  des hommes politiques  accrochés à l’étalon-or   refusaient de dévaluer alors que les Etats-Unis et le  Royaume-Uni le faisaient massivement. Entre 1930 et 1940, notre état-major s’  arc-boutait  derrière  la ligne Maginot, mettant impitoyablement  au rancart  tous ceux qui contestaient cette stratégie uniquement défensive et qui prétendaient que les chars devaient être utilisés en masse et à l’offensive.  Pensée unique, caporalisme : prime à la médiocrité et immense désordre dans la logistique,  comme aujourd’hui au ministère de la santé.

On pourrait continuer :  dans les années 1980 , il était tenu pour évident dans les hautes sphères  de l’Etat  qu’un pays avancé  devait se débarrasser progressivement  de son industrie.  Ceux qui ne le pensaient pas étaient tenus pour   des passéistes inadaptés à la « mondialisation heureuse ». Nous voyons le résultat.

Au même moment, était promue la concentration de la population dans les métropoles et le dépérissement du monde rural , impliquant  la disparition programmée   des petite communes.  L’autonomie des universités est de plus en plus celle des gestionnaires , non des enseignants.

Les autres pays n’échappent pas à l’ ostracisme , mais la France cumule une bureaucratie particulièrement  obtuse et, heureusement,  beaucoup  de créatifs.

Le conflit actuel entre le ministère et les tenants de la chloroquine    est  la continuation de cet antique affrontement. D’un côté une technocratie hostile aux voix divergentes  , de l’autre  un homme seul, aux  positions de bon sens.

 

Psychologie

 

La psychologie des bureaucrates nous et familière. Ils ont généralement le cul serré,  vous regardent de travers ,  mais deviennent   solennels et tranchants devant les caméras .  Calés  sur quelques idées fixes ,  fermés au débat , ils deviennent méchants quand  ces idées  sont remises en cause .  Dans le cas d’espèce, ils disent que la chloroquine a des effet secondaires pas encore testés ; non,  on les connait, mais ils sont rares. Et quel médicament n’en a pas ?  Ils disent aussi qu’on ne peut  pas la mettre entre les mains des généralistes. L’ancien ministre Philippe Douste-Blazy a raison de dire que ce médicament très simple est utilisé massivement depuis soixante ans et que  ses effets sont enseignés   dans toute les facultés de médecine. Et même s’il n’était pas testé, qu’a-t-on d’autre ?  Face à un incendie,  qui va dire que l’extincteur ne peut être   utilisé parce qu’il  n’a pas encore été  testé ?  

Qui n’imagine les réunions du comité d’experts   chargé de  conseiller le gouvernement  dans la lutte contre le coronavirus,  au temps où le professeur Raoult y participait ?  D’un côté    une majorité  échangeant de petits coups d’œil complices  et gênés , de l’autre le verbe sans fioritures d’ un homme libre .

Refusant la  contradiction – et pour cause car il sait quelque part qu’il a tort -  le bureaucrate  n’argumente  pas au fond mais cherche à disqualifier :   le franc-tireur  est présenté comme un orgueilleux - on dit aujourd’hui un mégalo - , quelqu’un qui n’a pas le sens du collectif  ( ah le travail en équipe ! vieux cache-sexe du conformisme), qui ne songe qu’à se faire de la publicité   etc. Cela dans un  débat qui  devrait  rester technique.

 

Quelles motivations ?

 

On peut se demander ce que  sont les motivations  de ces  gens ?  

Souvent l’idéologie. Mais en l’espèce, on ne la voit guère. Sinon  que comprenant  que , de fait, Raoult s’en prend à la politique du gouvernement  Macron, tous ceux qui partagent l’ idéologie du président sur les grands sujets politiques, prennent en grippe ( c’est le cas de le dire) Raoult et la chloroquine. Ainsi Cohn-Bendit qui,  sans aucune qualification sur le sujet, lui demande de se taire. Depuis longtemps, le ci-devant révolutionnaire  a choisi son camp : toujours celui de l’institution contre les  esprits libre.  La  chloroquine finira-t-elle  par  être tenue pour fasciste ?  

Il y a ensuite le conformisme de gens qui ont fait toute leur carrière   du côté du manche. Être du côté de l’institution  donne un  sentiment  de puissance  aux plus insignifiants. Face à quelqu’un qui ne défend que le bon sens et le  bien commun, ils sont perdus, eux qui ne pensent que carrière . Ils imaginent que le  franc-tireur veut prendre leur place.  Même désarroi chez les gens de cabinet et autres communicants qui ont depuis longtemps perdu l’habitude de raisonner sur le fond, seulement de calculer les  effets d’ annonce.

Il y a aussi la  vanité un peu narcissique du pseudo expert  qui se pose comme tel en allant contre le sens commun , supposé vulgaire.

Il y a enfin la répugnance  de toutes  les bureaucraties à reconnaitre leurs erreurs, sauf quand elles deviennent si  patentes  qu’il n’est plus possible de les nier. Et encore font-elles alors le plus souvent de  fausses concessions : on dit qu’on utilisera la chloroquine,  mais on ne le fait pas.

Face aux logiques bureaucratiques devenues folles, c’est au pouvoir politique de rectifier le tir,   mais pour l‘actuel président, énarque de base de l’espèce la plus conformiste, les propositions de la sphère technocratique semblent  infaillibles.

Y a-t-il autre chose ? Quand on ne comprend pas, dit-on, c’est qu’il   y a un loup. Comment,  devant tant d’irrationalité,  empêcher le public d’imaginer que les intérêts de laboratoires pharmaceutiques désireux de développer  des médicaments plus chers que la chloroquine, sont, comme on disait, « déterminants en dernière instance » ?

 

Légitime révolte

 

Le conflit est loin d’être terminé . Sa renommée internationale protège le professeur marseillais qui, sans elle,  aurait  été déjà  impitoyablement broyé par la machine. Il reste que si vous ressentez les premiers symptômes du virus couronné, dans la majorité des hôpitaux français, vous ne serez à ce jour ni  testé immédiatement  ni même traité sauf à avoir moins de 70 ans et être à la dernière extrémité.

La révolte contre les  apparatchiks est toujours légitime ; elle l’est plus que jamais face à la pandémie que nous connaissons.   

 

Roland HUREAUX

 

 

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 11:56

MACRON DEVRAIT S’ELEVER CONTRE LES INGERENCES INDUES DES GAFAS DANS LA POLITIQUE FRANCAISE

 

Il y avait eu Robert Ménard, censuré sur Twitter en janvier. A leur tour, Marion Maréchal et   Jordan Bardella ont vu leur compte Facebook coupé, au motif qu’ils avaient pris la défense de  Génération identitaire .  Et dans une autre sphère , la célèbre Mila, adolescente  attaquée sur Facebook pour ses critiques de l’islam et interdite de parole pour …harcèlement ! Télé Libertés a été suspendu trois semaines parce que l’un de ses invités avait nié l’existence d’une pandémie : opinion évidemment exagérée mais que l’on devait avoir le droit d’exprimer.

Même si on peut penser qu’il y a eu des mouchards sur notre sol, ces décisions ont été prises en Californie, où les Gafas ont leur siège.

Ce n’est que très timidement que la classe politique a relevé ce qu’il y avait  de scandaleux dans cette censure politique imposée à des Français depuis un pays étranger.

Il faut aller plus loin : pourquoi M. Macron lui-même n’a-t-il pas réagi contre cette ingérence inadmissible dans nos affaires intérieures ? La question peut paraître naïve vu l’intimité idéologique du président   français avec les censeurs.

Nous pensons pourtant qu’il aurait été là  dans son rôle de chef de l’Etat.  Quelques mois auparavant, il s’était accroché avec le président Trump en visite à Paris au sujet de la taxation des Gafas, Trump prenant la défense de ces derniers. Les   Gafas étaient pourtant les adversaires les plus implacables de Donald Trump et furent les principaux organisateurs de la machination qui l’a évincé du pouvoir.  Interrogé   sur ce paradoxe, Trump   répondit « ils sont américains, c’est mon rôle de les défendre ». Le président Trump avait le sens du leadership (un mot qui n’a pas d’équivalent exact en français),  du fait que dans sa position de président des Américains, il devait les défendre tous à l’international sans considérer leur position politique interne.

Ne rêvons pas, bien sûr ; Macron ne protestera pas. Leadership, c’est un mot qui doit venir de la planète Mars pour le président français, idéologue narcissique ignorant complètement ses devoirs de président.q

 

Les obligations du leadership

 

Le dernier des chefs de tribu africains connait ses obligations à l’égard des membres de la tribu :  assurer leur protection et leur bonheur, avant toute autre préoccupation. Les défendre tous et défendre chacun. Macron les ignore.

L’idéologue est le contraire d’un leader :  il n’est pas au service d’un peuple. Quand il n’est pas au service de lui-même, il est au service d’une idée : en l’occurrence l’idée européenne, elle-même faux nez du projet mondialiste que Macron et les Gafas partagent. Pour des gens comme eux, le projet idéologique passe avant tout : avant toute préoccupation éthique, avant les valeurs fondamentales de l’Occident : la démocratie, les droits de l’homme, les libertés, la constitution, avant la common decency chère à George Orwell. Que les patrons de Facebook et Twitter,  bafouant le droit international et le droit interne, s’arrogent le droit d’usurper les pouvoirs de la justice française pour juger de ce qui peut être diffusé sur leur réseau et ce qui ne peut pas l’être est inouï.

Si la France avait encore un chef, il ferait de la circulation des idées sur internet un service public pouvant être le cas échéant délégué à une entreprise étrangère, s’engageant à  respecter la loi française qui réserve à la justice nationale la régulation   de la liberté d’expression et qui ne permet aucune discrimination entre les usagers. Mais comme on sait, nous en sommes loin.

Si les peuples ne s’élèvent pas avec la dernière énergie contre ces violations de droits fondamentaux, nous entrerions dans des âges bien sombres :  sous les apparences de l’« empire du bien », la fin de la démocratie , le  nouveau Mordor.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 11:54

LE VRAI DANGER, C’EST L’ISLAMO-CENTRISME

 

(L’islamo-gauchiste c’est Macron)

 

D’abord bien choisir les mots.  

J’ai du mal à admettre l’expression d’islamo-gauchisme.

Elle a signifié au départ quelque chose de précis : l’intérêt pris dans les années qui ont suivi Mai 68 par les mouvements gauchistes français (trotskistes et surtout maoïstes) pour la cause palestinienne dans le cadre d’un tiers-mondisme élargi. Cette tendance les a amenés à côtoyer dans les manifestations non des islamistes mais tout simplement des musulmans.

Déjà pendant la guerre d’Algérie de nombreux marxistes, communistes ou pas mais généralement athées,  avaient été amenés à collaborer à une révolte, celle du FLN, dont les recherches récentes ont montré que la motivation était essentiellement religieuse – et le résultat le fut aussi puisqu’elle aboutit à l’expulsion d’Algérie d’un million de non-musulmans, chrétiens, juifs ou agnostiques.  Au demeurant l ‘URSS athée fut au fil des ans un soutien actif sinon exclusif de la nouvelle république algérienne où les tendances islamistes ne cessèrent de s’affirmer.

 

L’influence américaine

 

Aujourd’hui ce système de collusions apparemment contre-nature s’est transformé sous l’influence des université américaines.  Celles-ci ont ouvert largement leurs porte aux noirs, souvent par l’effet de la discrimination positive. Assez vite,  s’y sont développées des études « décoloniales » conjuguant la critique de l’esclavage, de la situation des noirs aux Etats-Unis, du colonialisme, surtout français, et de la situation supposée des minorités immigrées dans les différents pays d’Occident. Faute de contradicteurs, puisque aucun adversaire de leurs thèses n’avait envie d’aller, ni n’aurait été accepté dans les départements concernés, une culture consensuelle anticoloniale et antiraciste à base de haine du Blanc s’est peu à peu incrustée jusqu’à déborder dans   une partie de l’opinion. Conjuguée avec la critique du mâle  par l’ultra féminisme, de l’hétérosexualité par les homosexuels militants, elle a fini par devenir l’idéologie officielle des Etats-Unis, assortie d’une intolérance croissante à la contradiction,  aggravée  depuis la désignation de Biden à la tête du pays.

Le rayonnement de la puissance américaine aidant, ces idées se sont diffusées    en Europe et ont  conquis peu à peu des départements spécialisés du CNRS et de certaines Universités.

Des gens branchés sur le monde universitaire américain, ont fini par se rallier à  la légende sombre  attachée à la colonisation occidentale à travers le monde aux cours des   derniers siècles dont l’exploitation et le rejet  des immigrés ne serait que la suite.  On ne peut qu’être choqué par les accusations d’un Macron à l’égard de la colonisation françaises, qualifiée par lui à plusieurs reprises de crime contre l’humanité. Les considérations électorales,  d‘ailleurs bien aléatoires, n’expliquent pas tout, c’est la culture du président qui est en cause, peu instruit  au fond de l’héritage européen et entièrement imbibé des idées qui prévalent  aujourd’hui dans les universités, les médias et le parti démocrate américains et que son maître Richard Descoings a introduites à l’Institut d’études politiques de Paris. 

Si l’Université française avait été longtemps marquée par l’idéologie marxiste, les contrôles de la qualité scientifique de ses travaux avaient persisté, le parti communiste lui-même  y veillant. On admettait qu’un chercheur marxiste fasse une thèse, pas que cette thèse ne soit qu’un pamphlet haineux et superficiel. Certes, le statut de la fonction publique, tant critiqué à droite, garantit encore leur poste à ceux qui résistent aux idéologies destructrices ,  mais ces barrières sont fragiles. La réforme Pécresse, notamment la fusion à tout va des universités, a éliminé les quelques ilots conservateurs qui subsistaient dans notre enseignement supérieur et ouvert grand la porte aux délires idéologiques.

L’UNEF avait été une des citadelles de l’esprit de mai 68 fondé sur la libération de la femme et des mœurs. Qu’elle soit aujourd’hui dirigée par une jeune fille  voilée témoigne que nous avons changé d’époque.  

Quoi de commun entre   des mouvement marxisants en principe héritiers des Lumières et   un islamisme dont les références datent du  VIIe siècle ?  Le premier « islamo-gauchisme » avait pour cible Israël. Le dénominateur commun de l’actuel est la haine de l’héritage chrétien occidental pris en grippe tant par les ennemis intérieurs issus des Lumières et  rendus bien plus dangereux par le phénomène idéologique, expression de la haine de soi,  que les ennemis extérieurs : la frange des musulmans  qui veut que l’Europe devienne    terre d’islam. Tout le monde comprend que les idées des uns et des autres sont contradictoires. Les musulmans modérés préfèrent généralement les chrétiens croyants aux ultra-laïques et aux libertaires. Les gauchistes haïssent leurs racines, les islamistes ne les aiment que trop. Mais le même esprit de destruction ronge les uns et les autres. 

 

L’islamo-gauchisme est une expression trompeuse

 

On se tromperait cependant lourdement à penser que cet  esprit est le propre du gauchisme. Nous avons évoqué Macron : c’est toute la mouvance mondialiste qui se tient derrière lui  pour promouvoir la subversion de notre culture, tant par l’antiracisme idéologique, l’intégrisme écologique, le brouillage des repères familiaux et sexuels. Ni les gauchistes, ni les islamistes n’auraient acquis tant de prestige s’ils n’avaient reçu  l’appui des maîtres du monde, des gafas, de la quasi-totalité   des médias, des tribunaux, des institutions internationales. Quelle différence entre l’islamo-gauchisme et la coalition  qui a mis, sans  doute par de méthodes frauduleuses,  Biden au pouvoir  aux Etats-Unis ?  Le secrétaire général de Nations-Unies, le portugais Antonio Guterres propagateur infatigable de  l’immigration, désignait récemment le « suprématisme blanc »  comme le premier danger pour la civilisation .On ne pense pas différemment à  Bruxelles.  La  grande nouveauté de ce début du XXIe siècle, c’est que l’oligarchie mondiale (ne parlons pas d’élites), à commencer par celle de l’argent, s’est, pour l’essentiel,  ralliée à la culture d’extrême-gauche sur absolument tous les sujets - à la seule exception des questions d’argent puisqu’il n’est pas question pour elle, évidemment, d’ égaliser    les fortunes ou les revenus , au contraire .  L’internationalisme est même un bon alibi pour accroître les leurs : une mondialisation apparemment généreuse ouvre un espace cruel aux pauvres et favorable aux très  riches :  le libre-échange et l’immigration font baisser les salaires dans les pays avancés, l’idéologie antiraciste alimente le mépris des classes moyennes , l’idéologie  antifamiliale dilue leur système de valeurs , la philosophie libertaire justifie les moeurs débridées des grands de ce monde  . Or tous ces gens qui dominent  le monde ne passent pas pour  des gauchistes au sens habituel du terme : ils sont de bon ton, ils seraient  plutôt centristes  , comme les  médias qu’ils  contrôlent. Est-il nécessaire de dire que les islamo-gauchistes proprement dits ne se sentiraient pas si audacieux s’ils ne se savaient soutenus par les puissants ? Ce qui menace le monde aujourd’hui, ce n’est pas l’islamo-gauchisme, c’est l’islamo-centrisme.

 

Roland HUREAUX     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA BATAILLE DES MOTS

 

Que faire contre l’idéologie ? Rien ne le dessert plus qu’une stérile indignation ; rien de plus stupide que de lever le bras au ciel sur le thème « vous vous rendez compte de ce qu’ils en viennent  à dire ! ».  En attendant des jours meilleurs, usons d’une arme que déjà Soljenitsyne recommandait  aux dissidents du communisme :  ne rien concéder de la vérité. Pour cela, il faut la connaitre en réfléchissant suffisamment à partir d’une bonne connaissance de l’histoire. Tout aussi important est  le juste emploi des mots qui ne sauraient être ceux de l’adversaire.  La vision décoloniale assimile tout : l’esclavage, le racisme, la colonisation, la race banche et même le « machisme » et l’hétérosexualité . Nous devons, nous,  inlassablement maintenir les distinctions qui s’imposent : non, nous ne sommes pas islamophobes (ou homophobes),  car la notion de phobie implique une nausée irrationnelle alors que nous nous voulons rationnels. Non, l’islamophobie n’est pas la même chose que le racisme puisque la majorité des musulmans   sont des blancs   - et même ont mis autant que les Européens les Noirs en esclavage. Le juste mot serait « intolérance religieuse » : attendons que les pro-djihadistes nous l’envoient à la figure ! La notion de non-Blancs incluant tous les musulmans doit être absolument récusée. Non, la question du statut de la femme n’est pas le même que celui du colonialisme puisque la colonisation s’est presque partout traduite par sa promotion.  C’est toujours le plus rigoureux qui gagne.  RH

 

 

 

 

 

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 11:51

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES : COMPORTEMENTS ARCHAIQUES OU EFFETS DE LA MODERNITE ?

 

Combattre les violences faites aux femmes est une juste cause .

Le harcèlement professionnel ou artistique est odieux .

Mais bien plus encore le féminicide :   121 femmes victimes en 2019. Augmentation ? Les chiffres semblent  stables. Ce type de meurtre n’en est pas moins particulièrement odieux.  

Les femmes battues sont beaucoup plus nombreuses.

La prévention de ces turpitudes  n’est  pas facile  : encourager les femmes à dénoncer un compagnon ou un mari violent ?  Mais celles qui n’ont pas peur de le faire ne sont pas celles qui courent le plus de risques. Celles qui sont victimes sont généralement celles qui n’osent pas le faire.   

Il est cependant regrettable que les campagnes contre ces  crimes ou abus soient doublées  d’une petite musique qui laisse entendre  que ces actes  de barbarie  seraient  la persistance  d’un  passé archaïque qu’il faut une fois pour toutes liquider,  les restes d’une oppression millénaire des femmes  à  laquelle la modernité doit mettre fin.

Rien n’est moins sûr.

La vieille société européenne et chrétienne   connaissait certes les violences  contre les  femmes mais ne les encourageait  nullement .

Rien à voir avec l’Islam où  une  sourate du Coran,  d’ailleurs ambigüe, laisse  entendre  que ce genre de violences pourrait être  légitime.

Un homme qui frappait  sa femme  dans un village d’autrefois  s’exposait à la réprobation  publique , d’autant que cette pratique allait   généralement avec l’alcoolisme, socialement condamné . Là où l’autorité du curé était encore préservée, le mari  risquait d’essuyer une rude semonce de celui-ci.

Là où la foi ancienne était  encore solide, tous savaient que c’était là un péché mortel : pas parce qu’il s’agissait d’une violence contre une femme  mais parce que c’était  une  violence tout  court. Il fallait donc s’en confesser  au risque d’aller  en enfer

La déchristianisation a effacé ces repères. L’urbanisation a dissout les  communautés où  chacun était responsable devant tous ; aujourd’hui les individus appartiennent à  des réseaux qui se côtoient sans se connaitre. La responsabilité, si responsabilité il y a,  ne s’exerce que dans un  groupe de référence, forcément cloisonné  , parfois, pour des individus très désocialisés,   devant personne.

La modernité n’ pas seulement affaibli le anciennes barrières morales qui régissaient les comportements. Elle a encouragé dans   l’après-guerre les idéologies qui discréditent les  disciplines ancestrales. L’école philosophique de Francfort ( Adorno, Reich, Marcuse ) a diffusé, d’abord en Allemagne puis dans tout l’Occident ,  l’idée qu’une    éducation trop stricte était le terreau du nazisme. Mais qu’est-ce qu’une éducation stricte   sinon celle qui s’attache à inculquer le respect d’autrui – pas  de telle ou telle catégorie,  mais d’autrui en général ?  

L’idéologie  soixante-huitarde qui en procède, condamnant   la   morale,    a perdu de vue  cette idée fondamentale  que la morale est  commutative : le mal que je fais , un autre, généralement en pâtit. Les droits de  l’un sont limités par les droits tout  aussi légitimes de l’autre – ou des autres . Commet respecter le droits de l’autre  , sans une éducation appropriée , qui ne  se réduit pas, quoi qu’on en ait dit, à la répression     sexuelle ?  

Plus pernicieuse cette  idée qu’il « est interdit d’interdire », que chacun a de temps en temps le droit de  « s’éclater » de se « lâcher » . Une idée issue d’une psychanalyse sommaire – pas celle de Freud ni de Lacan, au contraire – et du surréalisme adepte de  l’authenticité ,  de la légitimité du désir immédiat . « S’éclater » , pour   des  gens convenables, ce peut être  aller danser jusqu’à pas d’heure ou raconter de bonnes blagues; pour des gens plus primaires  ce sera  relâcher les  contraintes qui interdisent par exemple    de cogner sur son entourage. L’idée que le désir est autojustifictif  ne concerne pas que la pulsion sexuelle ;  après tout  le désir de  frapper autrui  n’est-il  pas aussi une  forme de désir sexuel ? Justifié par l’accord du partenaire, forcément ambigu , le sado-masochisme n’est-il pas accepté dans  certains  milieux ?  

Il se peut que les violences  faites  aux femme procèdent de la persistance de comportements archaïques . Mais il y a de forte chances que la modernité : déchristianisation, nouvelles normes libertaires ,   discrédit de l’éducation  morale classique,  leur aient ouvert un champ  plus large qu’autrefois.  

 

RH    

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 11:49

 

Dans de récentes déclarations, Patrick Buisson a pris ses distances avec la logique  de l’ « union des droites » qui prévalait notamment à la  Convention de la droite réunie le  28 septembre dernier  autour de Marion Maréchal   et d’Éric Zemmour à laquelle il a s’est abstenu  de participer.

Il pense , avec raison selon nous,  que l’idée d’une union des droites est dépassée car le populisme de la droite forte ( pour ne pas dire extrême) est , selon lui,  incompatible avec le libéralisme du courant dominant des Républicains. Donc pas de convergence possible.

Je dirai  aussi : comment prétendre diriger un pays en se réclamant d’une moitié  de sa population   ( en  fait plutôt 40 % ) ? Il est vrai que Mitterrand  y était arrivé, en accédant au  pouvoir au nom de l’Union de la gauche . Mais ce qui vaut dans un camp ne vaut pas forcement dans l’autre. Et ce qui vaut à  une époque ne s’applique pas forcément à une autre époque.   Macron a d’ailleurs  gagné en récusant cette logique : c’est bien le seul mérite qu’on puisse lui  reconnaître.

Pour  Buisson  , au clivage gauche-droite s’est substitué  le clivage    des  partisans de l’ordre mondial et de ses adversaires .

Le  choix est  en effet aujourd’hui d’être pour ou contre  le camp mondialiste, prétendu libéral et progressiste, qu’ ont incarné tour à tour, dans la lignée de Jean Monnet,  Blair, Sarkozy,   Obama, Macron , et  avec eux,  toute la machinerie européenne, l’Europe de Bruxelles n’étant dans cette perspective   que le relais régional d’un projet planétaire.   Le paradigme des partisans  de ce camp est simple : libre circulation des capitaux, des  marchandises  et des hommes,  attrition des Etats et philosophie libertaire. En face tout ce qui incarne le réveil national : Poutine, Orban, Trump , Salvini  et maintenant Boris Johnson etc. A  l’intérieur,  outre le RN, la droite et la gauche hors les murs  qualifiées  de « souverainistes »  et bien sûr les Gilets jaunes .

Ne l’ont pas encore  compris les gens de droite  genre lecteur du Figaro et électeurs de Fillon qui, tout en étant attachés  au drapeau et à la famille  et  hostiles à l’insémination artificielle des femmes seules   se réjouissent  de voir Macron résister à   la CGT ou cogner les Gilet jaunes.

Proche d’eux, la chroniqueuse versaillaise, pourtant  connue pour ses positions anti-libertaires , qui s’est fait remarquer récemment en mettant plus bas que terre une pauvre femme qui n’avait , à son gré, pas réussi  dans  la vie. Il y a des gens qui sont lents à assimiler  que la cause ultralibérale ne se sépare plus désormais de la cause libertaire.

L’ont encore moins compris les  gens de l’ extrême gauche pour qui le spectre suprême  reste le « fascisme » identifié  à toutes formes de droite  nationale. Généralement pas    assez puissants ou  conséquents pour accéder au pouvoir – sauf à  trahir dans les grandes largeurs comme Tsipras ou les 5 Etoiles -  ils  choisiront toujours   in fine de soutenir   un Macron plutôt qu’un national quel qu’il soit . Sans  adhérer nullement   aux thèses du mondialisme  , ils ont désigné  comme ennemi numéro un les antimondialistes, se faisant les soutiers objectifs  de l’ordre mondial ultralibéral.

Mais l’histoire avance  et ces postures en porte-à-faux  sont sans doute les rémanences  d’un  ordre ancien,  le marque d’une phase de transition , en voie d’être dépassée.  Ils sont  en même temps   l’effet du  jeu habile des tenants  du mondialisme  lesquels , quoiqu’ils     soient en fait  des idéologues extrémistes, se positionnent au centre et ont dès lors beau jeu de   diviser leurs adversaires. 

 

L’importance du combat sémantique

 

En fait  Buisson ne se trompe que sur la sémantique. Dans le  combat politique, il ne faut jamais donner un nom sympathique à ses adversaires et   donc prendre pour argent comptant ceux qu’il se  donne. Tel est le cas des appellations de     progressistes  ou de  libéraux accolées  aux tenants  du mondialisme. Ces mots sont très avantageux pour eux : qui pourrait être contre  le progrès ? qui serait contre la liberté ?  Être  libéral, c’est  être  généreux,  ouvert,  convivial.  Pourquoi se mettre dans le camp des obtus qui refusent tout cela   ? N’est-ce pas faire le jeu de Macron qui a identifié , de manière avantageuse,  son combat à  celui des « progressistes » contre les « populistes » ?

Non seulement l’usage de ces mots n’est pas de bonne guerre , mais ils sont faux .  Le   camp mondialiste n’est pas celui de la  liberté :  avec une loi liberticide  par mois  on en est loin ! Ce n’est non plus  celui du progrès : l’appellation de progressiste implique qu’il y ait un sens de l’histoire .  Pendant un siècle l’Union soviétique  s’est présentée  comme  le  camp du progrès ; on a vu où elle en est arrivée ; aucune loi  historique sérieuse ne condamne  les Etat et les frontières. Le prétendu progrès mondialiste s’effondrera  comme les autres.  

En fait le camp aujourd’hui dominant et que nous combattons  est celui de l’idéologie . L’idéologie repose sur  une vision simplifiée du monde :  hier la  suppression de la propriété, aujourd’hui la  suppression des Etats et des frontières. Elle implique aussi un projet messianique de transformation du monde   qui permet de diaboliser ceux qui s’y opposent. L’idéologie est d’ailleurs toujours mondialiste : Après l’internationalisme  prolétarien est venu le  mondialisme  marchand : dans les deux cas ,  il s’agit d’idéologie.

Le seule querelle qui vaille reste le combat contre les idéologies, d’hier et d’aujourd’hui.

Le propre des idéologies  est d’être mensongères. En  démasquer les  faux semblants, les dénoncer et rendre  , comme le préconisait Confucius, le vrai sens aux mots, ce n’est pas de la  contrepropagande, c’est combattre pour la  vérité .  Qui peut imaginer que  le mondialisme soit  vraiment libéral ? Il écrase un peu partout les classes moyennes . Il réduit chaque jour  la liberté d’ expression sous le dictature  du polcor (politiquement correct)  par des lois restrictives  et par des médias unanimistes ;  il restreint même le champ de la  liberté tout court.  C’est à tout le contraire de libéraux que nous avons affaire.

Comment s’en étonner ? Jean-Jacques Rousseau , penseur trop négligé , établit une sorte de théorème selon lequel, plus l’espace politique est étendu, plus il a vocation à devenir despotique et centralisé. La vraie  démocratie selon lui n’est  possible que dans les cantons suisses. Cette loi que personne n’a encore réfutée  s’applique à la machinerie européenne. Elle s’applique a fortiori à un projet  d’ Etat  mondial qui ne pourrait être qu’un  monstre totalitaire ,  un Big Brother planétaire  dont nous apercevons  déjà  les prémisses.

Et dans l’autre  camp ? Là aussi, il faut savoir s’autodésigner et  refuser les noms que l’adversaire vous donne.   Tel est le mot de populisme . Mais il faut parfois retourner contre ses adversaires  ses propres armes et  donc assumer  . Après tout,  le mot de populisme   exprime bien la résistance des peuples à la machine    totalitaire  cosmopolite, il  se réfère  au populus autre nom  du démos.  Rien dont il   faille  avoir honte. A condition de rappeler sans cesse que le combat populiste est un combat pour la  démocratie.   A condition de rappeler aussi que ce combat est d’autant plus nécessaire que  dans le camp d’en face qui s’en réclame , la démocratie est une étoile  morte  . La démocratie ne survit qu’aux  marges  . Elle reste comme l’a   montré  Pierre Manent inséparable du cadre national .   Mais on peut trouver aussi d’autres  noms :  si  notre camp est celui   qui résiste à l’idéologie, il est par cela même celui de la nature, du bon sens. Il est aussi  celui de la vérité. Allons jusqu’à dire qu’il est celui de la civilisation au sens le plus large .

Il est même,  n’hésitons pas à le soutenir  , le vrai camp de la liberté . Ne tombons pas dans le piège  de penser que ceux qui résistent au supposé libéralisme ne seraient  que des grincheux , partisans d’un régime  pète-sec  , rêvant d’un sabre à la Boulanger, que la restauration nécessaire de l’Etat face au mondialisme serait forcément celui d’un Etat autoritaire –   précisément le mensonge que répandent les mondialistes.    J’étais sur les  ronds-points . Outre la  revendication principale portant sur la dégradation de leur  niveau de vie, les  Gilets jaunes sont particulièrement sensibles aux atteintes à la    liberté  d’expression, au fait que le presse est de moins en moins    libre et pluraliste, de plus en plus  menteuse . Les qualifier s’antilibéraux serait leur  faire injure en même  temps que  faire un beau cadeau à  leurs adversaires, nos adversaires .

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

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