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Roland HUREAUX

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 20:20

ESPERONS QU’ILS AURONT ENFIN COMPRIS

13/12/2020

Si l’on en croit les sondages, les  catholiques pratiquants, après avoir en majorité soutenu  Macron lors des élections de  2017, seraient les  derniers  à lui être encore  favorables.

S’il est vrai que cette popularité commence à s’éroder, on peut dire qu’il aura fallu bien du  temps pour  en arriver là.

Il ne faut pas regarder que les sondages . Une partie des  évêques, en tous les cas leur structure centrale la Conférence des évêques de France où subsiste un fort noyau de macroniens, la presse catholique  mainstream : La Croix, La Vie, Le Pèlerin et la plupart des journaux catholiques  diocésains  ont favorisé puis célébré  plus ou moins ouvertement  l’élection de Macron. Pour ce qui est des journaux, rien ne laisse supposer qu’ils aient vraiment changé. Ajoutons l’enthousiasme de certaines associations relais comme les APEL.

Il y a aussi le bouche à oreille  des beaux quartiers où  les   pratiquants étaient notoirement inclinés  vers Macron. Pour des raisons sociologiques :  ceux qui payaient l’ISF y étaient  nombreux et   influents – la considération financière passant, hélas,  presque toujours plus que les  autres.  Quelqu’un dont les idées personnelles étaient bien moins hostiles au catholicisme comme François Mitterrand est loin d’avoir bénéficié d’un tel crédit.  L’âge aussi  a joué : les personnes âgées restent le dernier bastion du macronisme.

Tout cela  explique la honteuse réception de Macron par l’épiscopat français aux Bernardins le 9 avril 2018 . Elle aurait pu être protocolaire, réservée et polie mais elle s’est terminée  par une standing ovation sans précédent dans l’histoire des relations de l’Eglise et de l’Etat  depuis Clovis. 

Pourtant dès cette réception,  Macron avait annoncé la couleur.  Il ne cachait pas que sur certains sujets, on sait lesquels,  il avait des idées différentes d’eux.  Il  s’est même permis, dans son discours,  de donner une leçon d’humilité aux évêques : il ne se sont pas là, dit-il, pour faire des « injonctions », mais seulement pour apporter des « questionnements », ce qui est évidemment moins dérangeant. Macron appelait les catholiques à s’engager dans la Cité mais surtout pas pour dire ce qu’ils pensent !  Donc pas de rappel intempestif de la loi naturelle ou de la doctrine chrétienne de tous les temps en matière bioéthique et évidemment pas de réédition de la Manif pour tous !   

Anecdotique ? La photo officielle du nouveau président a en arrière-plan Les Nourritures terrestres  de Gide, manifeste libertaire et homosexuel.

Autre terrain : à  peine arrivé au pouvoir, Macron s’est efforcé  de durcir la  guerre de Syrie, c’est à dite en  clair de renforcer l’aide aux djihadistes qui massacraient les chrétiens d’Orient. Heureusement, il a dû en rabattre quand Donald Trump s’est engagé dans une politique   d’apaisement.  

Comme on pouvait s’y attendre, le président a entrepris les réformes sociétales qu’il avait annoncées,  même si elles marquent le pas aujourd’hui (mais gare à une accélération subite si une fenêtre de tir se présente ! ) : autorisation de l’insémination artificielle des femmes seules ou en couple de femmes, allongement du délai  de l’avortement légal, voire autorisation jusqu’à la fin de la grossesse en cas de difficultés « psycho-sociales », une expression dont on sait  bien ce qu’elle veut  dire.  Si certains de ces projets, tous votés par l’Assemblée nationale mais pas par le Sénat, proviennent de propositions parlementaires,  chacun  sait que celles-ci  n’ont de chance  de prospérer que si elles reçoivent l’appui du gouvernement .  Ce dernier a su arrêter une proposition particulièrement scabreuse, celle d’implanter l’embryon d ’une des femmes en couple dans l’utérus de sa compagne mais pour le reste, il a donné son accord.

En dehors  de ces lois que Macron a  sans doute promises  aux réseaux internationaux qui l’ont fait élire, rappelons-nous la triste affaire Vincent Lambert : quelle naïveté chez ceux qui croient   que l’issue malheureuse de  l’affaire ne résultait pas   d’une volonté expresse du président !   

 

L’ombre de la culture de mort

 

Autre fait significatif :  les   dispositions scandaleuses  prises   sous  prétexte de Covid au printemps 2020 : sédation  lourde ( c’est à dire mise à mort) pour  les personnes âgées atteintes  ou paraissant atteintes du Covid  dans les maisons de retraite. Il ne fait pas de doute que  la pandémie a servi de prétexte à l’ extension insidieuse de l’euthanasie promise par Macron. Quelles étranges  affinités du jeune et fringant président avec la culture de mort ! Jeune  et chargé de l’avenir de la France mais qui ne veut pas d’enfants .

Il est regrettable que, pour les raisons sociologiques  mentionnées plus haut,  les organisateurs de manifestations contre les projets  bioéthiques   que nous venons d’évoquer aient refusé de le mettre en cause personnellement , comme si tout cela se passait dans son dos ! Les mêmes n’avaient pas tant ménagé  Hollande.

Quand le nouveau premier ministre, Castex ,  a fait en juillet dernier, son discours d’investiture , il n’a pas même   évoqué  les projets bioéthiques (ou anti-éthiques). Pourtant le lendemain , l’Assemblée était invitée  à débattre en urgence  de ces projets , ce qui n’a pas  empêché le site très officiel Alethéia  de se demander sottement qui parmi les nouveaux ministres étaient les plus catho-friendly, expression ridicule  qui signifie, outre le parallélisme mal venu avec gay-friendly, que l’on se contentera de quelques gentillesses pour en être content, indépendamment de prises de position de fond. Dans le même temps le ministre Véran déplorait publiquement,  avec une franchise de bien mauvais goût,  que le Covid ait diminué le rythme des avortements . Idéologie oblige,  des instructions ont été  données pour que  tout soit fait afin qu’ils puissent être  pratiqués alors même qu’en dehors de la réanimation, le autres services hospitaliers  tournaient  au ralenti.

Comment s’étonner dans un tel contexte que le confinement ait révélé  au  grand jour le mépris que le président a, en son for intérieur, pour  l’Eglise catholique et le  christianisme.  L’interdiction temporaire   des messes, alors que les supermarchés  restent  ouverts, la difficulté à moduler ou à lever   cette  interdiction alors que la politique est   beaucoup plus permissive  à l’égard de  certains commerces : pour Macron et son entourage, il est clair que  l’homme ne vit pas d’autre chose que  de pain.

N’hésitons pas  à le dire : le mépris insidieux qui est celui de l’actuelle équipe au pouvoir pour l’Eglise va bien au-delà  de la lutte   ouverte menée contre elle par les hommes de la  IIIe République. Elle est au fond beaucoup plus destructrice. Elle ne s’en prend pas seulement à une institution mais à l’homme.

Si les catholiques ont encore tant soit peu de poids dans la société française, la sanction de ce gouvernement   qui n’a déçu que ceux qui n’avaient pas   voulu regarder  en face ce qu’ était Macron,  doit être électorale. Elle ne doit certes pas se traduire par un appel  à voter pour Untel ou Untel, mais l’influence  sous-terraine   qui a joué  en sa faveur en 2017 doit désormais s’exercer  à son encontre.  Si  certains organes  de presse ou institutionnels  ont  été noyautés par le parti macronien , ils doivent être recadrés   dans le sens d’une vraie  neutralité. Sur le plan de l’éthique chrétienne  personne ne peut faire pire que le gouvernement  actuel. 

 

                                                                                   Roland HUREAUX

 

 

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 20:18

YES MR GATES,  BLACK LIVES MATTER !  

02/12/2020

Le mouvement Black Lives matter apparu aux Etats-Unis cet été avait pour but officiel de défendre la vie des noirs, menacés par les violences policières.

Ses organisateurs et a fortiori ses militants  ne se doutaient sans doute pas qu’ils  avaient  été soutenus par les tenants du nouvel ordre mondial.  Avant même le début du mouvement, George Soros annonçait dans un journal allemand qu’il allait organiser aux Etats-Unis  des  manifestations de gens de couleur dans le but de faire perdre Trump.

Or il est notoire que  Soros est proche des quelques personnes qui sont les agents actifs du nouvel ordre mondial :  Bill Gates, Marc Zuckerberg, Jeff Bezos et toutes les principales fortunes de la planète.  Ces gens-là   partagent une haine abyssale de Trump et s ‘étaient juré de le faire battre. Le scrupule   démocratique ne les étouffe pas : Marc Zuckerberg (Facebook) s’est vanté avant l‘élection que c’est lui qui décidera   qui sera le gagnant d’élection présidentielle ; il a coupé les comptes de Trump en pleine campagne électorale. Les noms de Soros et Gates, comme par hasard, apparaissent dans les montages financiers des sociétés soupçonnées d’avoir faussé le comptage électronique des  votes.

 Ceux qui aiment cette sorte de gens diront qu’ils se rattrapent en soutenant des mouvements antiracistes. C’est oublier certaines des  idées fondamentales qu’ils partagent : bien davantage que le racisme, c’est le réchauffement climatique qui les préoccupe et pour eux, sa cause c’est l’homme . Depuis plusieurs années, Gates répète l’antienne malthusienne : il y a dix fois trop d’hommes sur la terre, il faut en réduire le nombre des neuf dixièmes. L’objectif de 700 millions d’hommes (et de femmes) revient en boucle.

Comment ? On ne   soupçonnera quand même pas ces émules de George Orwell de vouloir utiliser les gaz. Mais imposer une vaccination obligatoire, sous peine de confinement perpétuel par une puce sous la peau, fabriquée par Microsoft, pourquoi pas ?  Vacciner en introduisant un stérilisant, cela s’est déjà vu dans certains pays du Tiers monde. 

Qui seront donc ces 700 millions ? On peut supposer que les Américains riches seront préservés . Ces milieux malthusiens sont aussi eugénistes ; ils  ont le culte du QI (voir les conférences du Dr Laurent Alexandre), et, à terme, envisagent son gonflement par le transhumanisme.

Comme ils ne sont pas, peut-on supposer, complètent idiots, mêmes s’ils    connaissent mal la démographie, ils  savent que l’Europe occidentale, les deux Amériques, la Chine et une partie de l’Asie    sont entrées dans la voie de la dénatalité et du recul démographique. Reste  l’Afrique et, sans nul doute, ce sont les Africains qu’ils ont dans le collimateur.   Moins il y aura de vies africaines dans les années à venir, mieux cela vaudra, selon eux, pour le bien de l’humanité. Leur mépris des  vies noires s’exprime déjà dans le fait d’utiliser certains pays d’Afrique pour tester des médicaments ou des vaccins.   Bien que la fécondité africaine soit encore élevée, elle est en baisse mais cela ne leur suffit pas. M. Bill Gates songe aux moyens de la réduire encore. Black Lives matter certes mais pour les mondialistes qui tirent les ficelles de ce mouvement, il y a de limites : moins de black lives (pas quelques victimes de la police, mais quelques centaines de millions) et la planète sera sauvée.

 

Roland HUREAUX

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 20:16

MACRON CHEZ LES EVEQUES

Des Nourritures terrestres aux Caves du Vatican

https://www.causeur.fr/macron-eveques-bernardins-islam-laicite-150520

02/12/2020

Dans sa photo officielle, le président Macron laisse voir discrètement en arrière-plan Les nourritures terrestres d’André Gide, une profession de foi pour un hédonisme débridé inspiré de Nietzsche, l’éloge de l’homosexualité en plus.  Le personnage principal porte un nom évangélique, Nathanaël, qui, dans ce contexte, apparait quelque peu blasphématoire.

Un autre livre de Gide s’appelle Les Caves du Vatican : un aigrefin a répandu dans le milieu catholique français que le pape avait été enlevé par les francs-maçons et remplacé par un imposteur. Les fidèles sont appelés à partir en croisade pour faire libérer le vrai pape, en commençant par envoyer de l’argent à l’aigrefin. Cette pochade visait la crédulité de certains milieux catholiques dans le contexte des   rudes batailles que lui imposait la République anticléricale.

C’est à ce second roman que l’on pense en apprenant que le président de la République s’est exprimé aux Bernardins devant la conférence des évêques de France.  Il est question ici, sinon de crédulité, du moins de naïveté devant une rencontre sans précédent et dont on voit   bien l’exploitation qu’en fera l’Elysée.

 

Le cynisme et  la naïveté

 

D’abord pour conforter l’adhésion d’une partie du monde catholique au président, qui s’était déjà exprimée lors du vote présidentiel et qui pourrait, comme d’autres, elle aussi se retourner.  Ensuite   désamorcer par avance   l’opposition que l’Eglise pourrait faire aux projets gouvernementaux de légalisation complète de l’euthanasie et de la procréation médicalement assistée pour femmes homosexuelles.  Sur ces sujets, le president croit même utile de donner une leçon d’humilité aux évêques (pour qui se prend-t-il ?) : il ne se sont pas là, dit-il, pour faire des « injonctions », mais seulement pour apporter des « questionnements », ce qui est évidemment moins dérangeant.  Macron appelle les catholiques à s’engager dans la Cité (c’est très à la mode) mais surtout pas pour dire ce qu’ils pensent !  Donc pas de rappel intempestif de la loi naturelle ou de la doctrine chrétienne de tous les temps en matière bioéthique et évidemment pas de réédition de la Manif pour tous ! Les associations catholiques qui, après avoir été consultés, penseraient à résister sont d’avance catalogués, parait-il, d’ «atroces » à l’Elysée[1].

Une telle rencontre pourra en outre légitimer qu’il  voie  ultérieurement  les imams  de France, le CRIF, la Libre pensée , dans la logique communautaire qui est , on le sait, la sienne. 

Par-delà la dimension politicienne, la démarche de Macron s’inscrit dans une philosophie de l’in-différence : pas de barrière fondamentale entre l’Etat et l’Eglise, le temporel et le spirituel, comme entre la droite et la gauche,  l’homme et la femme (théorie du genre), les homos et les hétéros, le public et le privé,  le dimanche et les autres jours de la semaine, les nations d’Europe, bref la subversion de toutes les distinctions qui structurent la vie.  L’Eglise catholique mérite mieux.  Il n’est pas sûr que la protestation d’un Mélenchon, faite au nom de la laïcité pure et dure, ne soit pas, à sa manière, plus respectueuse.   

Il est vrai que les convergences apparentes ne manquent pas entre  la rhétorique présidentielle, si bien huilée mais souvent creuse, et une certaine langue de bois ecclésiastique très prisée à la Conférence des évêques de France, convergence déjà apparente dans son discours de Versailles[2].  Convergence par le bas : moraline à outrance, politiquement correct à tous les étages : accueil des immigrés, souci des exclus, des handicapés, solidarité, tout cela très bien dit grâce à une plume de qualité avec force références qui ne sont pas toutes de première main (y compris François Sureau, conseil de Fillon et de Macron durant la présidentielle : « en même temps »  !). Sur le registre humanitaire, le président n’a pas de mal à louer l’action de l’Eglise de France. Hors de question bien sûr  de se demander quelle est la responsabilité de la politique   économique de M. Macron dans le maintien d’un taux élevé de chômage, de la philosophie mondialiste qui est la sienne dans les « fragilités sociales » évoquées ou encore de sa politique étrangère dans l’afflux de migrants en provenance du Proche-Orient.

Que le chef de l ’Etat se rende à une assemblée de l’épiscopat français est sans précédent dans l’histoire de France. Tout fraichement baptisé, Clovis avait laissé les évêques de Gaule se réunir à Orléans sans lui. Les rois capétiens (fils aînés d’Eglise[3]) n’ont jamais présidé ou même été reçus par l’ensemble des évêques. A fortiori les présidents de la République laïque qui, à la différence de M. Macron, ne faisaient pas, par rebelles islamistes interposés, la guerre aux chrétiens d’Orient mais qui, fidèles en cela à la tradition capétienne, savaient qu’il était du devoir de la France de les défendre.

Le plus catholique des chefs d’Etat contemporains, Charles de Gaulle, dont la plupart des évêques se méfiaient beaucoup plus qu’ils ne se méfient du président actuel, non seulement n’aurait jamais été invité mais aurait sans doute décliné une telle invitation. La distance   respectueuse à   laquelle il tenait le haut-clergé n’était pas un signe de mépris mais au contraire de l’immense déférence que lui inspiraient les ministres du sacré. 

Jacques Chirac, premier ministre, se vit opposer un refus humiliant quand il voulut inviter   les plus notoires des évêques à déjeuner : le vent de mai 68 soufflait alors sur le clergé.

Derrière cette étrange démarche de la Conférence des évêques de France, puissance invitante au moins officiellement, qui suscite, il faut bien le dire, un certain malaise chez beaucoup de catholiques et même de non-catholiques, une nostalgie secrète du temps d’avant la Séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905. Quoiqu’ ils célèbrent souvent la laïcité, les évêques   ressentent encore cette séparation comme une blessure : « le lien entre l’Eglise et l’Etat s’est abîmé, et il nous importe   de le réparer. » dit Macron. Peut-être y a-t-il de bons motifs à ces regrets, mais ce n’est pas une raison pour faire fête à un chef d’Etat qui fait mine de vouloir revenir dessus.     

 

De Pétain à Macron

 

Pétain fut le premier : son projet, ouvertement antirépublicain, les mesures extrêmement favorables qu’il prit d’emblée en faveur de l’Eglise catholique suscitèrent l’adhésion unanime de l’épiscopat. Adhésion d’autant plus paradoxale que le même épiscopat avait condamné treize ans plus tôt avec une véhémence disproportionnée les idées de l’Action française, les mêmes qui inspiraient     la « Révolution nationale ».

Macron est le second.

Il y a bien des affinités entre les deux : pas seulement qu’ils ont tous deux, l’officier hédoniste et le surdiplômé narcissique, négligé d’avoir des enfants. Ni leur rapport très particulier à des pouvoirs étrangers. Plus décisif : tous deux ont exploité le discrédit des partis classiques, en  se prétendant « ni de gauche ni de droite ».

Les motifs qui, dans chaque cas, ont séduit l’épiscopat se devinent assez bien : la même apparence de modération, de raison. Pétain : la sagesse paysanne à l’opposé des combinaisons politiciennes, Macron : la jeunesse, le modernisme, un vision prétendue renouvelée , « ni gauche , ni droite », de l’action publique. Dans les deux cas, l’apparente dépolitisation    au bénéfice de la synarchie pour le premier, de l’ énarchie pour le second.  Car  la politique, inséparable de la République, c’est l’affrontement !  L’un comme l’autre s’opposent aux extrémistes, aux fanatiques : les résistants gaullistes de 1940, têtes brûlées, les opposants de droite et de gauche d’aujourd’hui, jugés nauséabonds. L’un laissait espérer un plan secret pour prendre une revanche sur l’Allemagne, l’autre de réformer enfin la France en profondeur.   

Le centrisme raisonnable du premier a fini dans la complicité avec le crime.

Rien ne dit que celui du second ne se terminera pas de la même manière : à peine revenu des Bernardins, ne s’agite-t-il pas sur la scène internationale pour provoquer une intervention armée de l’OTAN en Syrie, contre les intérêts les plus évidents des chrétiens d’Orient, qu’il n’a pourtant  pas eu honte d’évoquer, et en prenant le risque d’une   guerre mondiale ?  

Il faut espérer que l’Eglise de France n’aura pas à regretter autant et si longtemps ses compromissions actuelles avec le pouvoir que celles qu’elle eut avec le régime de Vichy.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

[1] https://www.marianne.net/politique/pma-c-est-important-pour-macron-que-meme-les-assos-catholiques-les-plus-atroces-puissent-s

[2] Liberté politique, février 2018, « En marche vers nulle part… », page 115.

[3] Les historiens rappellent que  le fils ainé de l’Eglise, c’était d’ abord le roi et non la France.

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 20:11

 

AVEC LE PAPE FRANCOIS, L’EGLISE PLUS QUE JAMAIS DU COTE DES RICHES

27/11/2020

Ceux qui imaginent que l’Eglise a changé se trompent : plus que jamais l’Eglise du pape François, et accessoirement celle de France, sont  du côté des riches.

Aujourd’hui, la politique se mondialise : le clivage qui traverse l’Occident est le même partout. D’un côté le camp des mondialistes qui veulent instaurer un Etat global (qui serait basé aux Etats-Unis mais avec une vocation planétaire), ce qui suppose l’attrition de toute les structures intermédiaires : Etats, familles, syndicats et la libre circulation des biens, des capitaux et des hommes, donc la totale liberté des migrations. Avec l’Etat, ce sont les identités qui doivent disparaître, identités nationales mais aussi régionales, sexuelles (la théorie du genre est un élément essentiel du projet).  De l’autre côté, ceux qui défendent les médiations ,  les nations (et donc leur expression juridique, les Etats), les familles , les collectivités locales, les frontières,  pas pour les fermer comme le prétend une propagande grossière, non,  pour  les   contrôler , ce qui s’est toujours fait ; les grande paniques, COVID, réchauffement climatique, sont un moyen d’opérer le grand basculement vers  le projet mondialiste , le reset  que l’on  nous annonce.

 

La résistance des peuples au mondialisme

 

La résistance des peuples au projet mondialiste est multiforme mais d’abord électorale   L’élection présidentielle américaine   est un test : jamais les clivages sociaux n’y avaient  été aussi marqués : en gros la moitié la plus pauvre du pays a voté pour Trump ( sauf les noirs, attachés au souvenir d’Obama  mais  chez qui le vote Trump a  fait  des progrès substantiels ). De l’autre, les classes moyennes urbaines et les grandes fortunes qui ont massivement voté Biden. La quasi-totalité des grandes fortunes américaines , Gafas en tête, était hostile à Trump. Le clivage est aussi géographique : selon les catégories si bien établies chez nous par Christophe Guilluy, les métropoles riches et branchées ont voté Biden, l’Amérique « périphérique » a voté  Trump.  C’est normal : la mondialisation  est  une machine de guerre des riches contre les pauvres, des branchés contre les paumés. Son but inavoué est de rendre les riches encore plus riches et les pauvres (au moins ceux du monde occidental) encore plus pauvres. La protection des pauvres passe  par la préservation des communautés intermédiaires que sont les nations ou les entités plus petites, ainsi que les familles. Dans un espace ouvert au grand large, les riches se débrouilleront toujours mieux que les pauvres.  Malgré ses moyens d’action limités, en quatre ans,  Trump a renversé la tendance en créant des millions d’emplois pour les plus démunis que le libre échange laissait sur la touche. Ça ne se pardonne pas !  

Tout cela est simple, mais difficile à faire comprendre parce que le camp des riches du monde, qui tient tous les médias de l’Occident, se drape désormais, fait sans précédent dans l‘histoire, dans l’idéologie de gauche :  internationalisme, antiracisme, libération sexuelle, environnement. Bref du côté de ces sentiments chrétiens dévoyés qui, comme l’a bien vu G.K.Chesterton, pavent l’enfer. Et plus il est féroce pour les pauvres, plus le camp des riches  s’affiche « progressiste ».

Ajoutons le menace sur le démocratie que fait planer cette idéologie : l’alliance du très grand capital qui possède tous les médias et d’une tribu journalistique de plus en plus inculte, formatée pour être presque toujours  du côté de la gauche , donc des riches , laisse à l’opposition un espace qui se  restreint chaque jour  , une situation qui a obligé  le président des Etats-Unis lui-même à communiquer avec son peuple en twittant !   Il n’est pas sûr que les média des  régimes totalitaires aient été moins monolithiques que ceux qui  désormais dominent  l’ Occident.

Menace aussi sur la paix : la présidence Obama-Clinton a montré l’agressivité d’une caste mondialiste qui pense imposer par tous les moyens des valeurs, comme la théorie du  genre, qu’elle considère comme universelles : quatre guerres   déclenchées par Obama, prix Nobel de la paix, aucune par Trump qui en a au contraire terminé deux. Le programme de Biden est une déclaration de guerre à la Russie. Toute idéologie tend à la guerre, même et surtout si elle est l’idéologie des puissants.    

On objectera à ce palmarès la question des migrants ( ou réfugiés) . Mais qui ne voit qu’ils ne se pressent aux frontières  que par la volonté de l’oligarchie mondiale, soucieuse de faire baisser les salaires pour accroitre les profits, d’alimenter sa machine idéologique d’un peu de larmes de crocodile et surtout de dissoudre les identités ?  Dissoudre les identités, c’est le projet que l’irlandais  Peter Sutherland[1], cet homme des « marges », président de Goldman Sachs et de la Shell, commissaire européen et secrétaire général adjoint des Nations unies et  accessoirement conseiller du pape pour les migrations,  avait avoué à la Chambre des pairs britannique. Sans compter que beaucoup de  réfugiés  viennent  de pays, Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, que la même oligarchie a mis à feu et à sang au nom des droits de l’homme  !  

Face à ce dilemme, le pape François a clairement choisi son camp, celui des riches : l’encyclique Tutti fratelli, publiée comme par hasard à moins d’un mois de l’élection américaine, pot-pourri de toutes les utopies mondialistes, utopies qui sont désormais portées, il faut le répéter, par les 0,1 % les plus riches du monde.  Au mépris des usages diplomatiques, le Vatican reconnait l’élection de   Biden alors qu’elle n’est pas officielle, participant ainsi à un mouvement mondial de pression organisé pour faire fléchir l’opinion américaine et les juges  qui vont in fine arbitrer.  De petits prélats français qui ne connaissent rien aux affaires du monde se mettent au diapason, se réjouissant de l’élection encore hypothétique du catholique Biden à la Maison blanche, ignorant tout, apparemment, de la corruption     abyssale du personnage, expression de ces élites mondialisées et antipopulaires qui dirigent  le camp démocrate. De la même manière,  l’épiscopat français, dans sa majorité, avait eu un tendre pour    le président Macron, pantin du mondialisme à la française, au point de l’applaudir debout (standing ovation )  ! Peut-être découvrira-t-il, s’il ouvre un peu les yeux, au travers de la question des messes dans le confinement, le caractère radicalement antireligieux de l’idéologie mondialiste ?

 

La reductio ad hitlerum, vieux cliché éculé des mondialistes

 

Le pape va publier, dit-on, un livre où il dénonce le camp patriote, Trump en tête, comme incarnant le retour des dictatures des années trente. Vieux cliché éculé   de la propagande mondialiste. Il se peut que d’Argentine on ait mal suivi l’histoire de l’Europe au XXe siècle. François ne sait peut-être pas que les dictatures totalitaires ont déclenché des guerres, dont la terrible seconde guerre mondiale. Trump, lui, est le premier président américain depuis trente ans, à n’en avoir déclenché  aucune ; favorable   à la paix, favorable aux pauvres, favorable aux valeurs familiales , Trump aux yeux de François est un mauvais chrétien !   Messeigneurs,  il faudrait que vous regardiez le monde réel autrement que par les lunettes de la propagande mondialiste et que vous mettiez à jour vos concepts.

On peut dire que nos prélats, sont faciles à gruger en politique   et le mondialisme a des capacités diaboliques (nous pesons nos mots) pour mentir sur ce qu’il est. Mais il se peut aussi hélas que l’Eglise, la haute Eglise, pas le vrai peuple chrétien bien sûr, retrouve avec François un réflexe antique  qui lui a fait perdre tant de fidèles en Europe, celui de prendre le parti des riches, parti qui a l’air, il est vrai, plus propre, plus policé  qu’un  peuple suspect de   « populisme ». Un haut prélat français nous disait avec un discret sourire, que l’Eglise avait toujours été élitiste. Cela valait peut-être aux temps anciens où ces élites avaient encore du bon sens et un réel sens de leurs devoirs envers les populations, qu’elles ne voulaient pas les réduire des 9/10 comme M. Bill Gates.  Ces élites aujourd’hui sont devenues folles, touchée par le virus mortel de l’idéologie.   La haine du populisme à laquelle les élites mondialisées vous entrainent, voyez, Messieurs les prélats, si ce ne serait pas le nouveau nom de la haine des pauvres.

Roland HUREAUX

 

[1] Décédé en janvier 2019

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 20:10

LA PMA SANS PERE OU LE NAUFRAGE DES LUMIERES

Paru dans Figaro vox

09/09/2020

Sans qu’ aucun des deux camps en ait conscience, la bataille sur le projet de loi bioéthique se joue à front renversé. Ceux qui soutiennent le projet se considèrent généralement comme les héritiers des Lumières sans réaliser à quel point un tel projet trahit celles-ci ; ceux qui le combattent appartiennent surtout à la mouvance catholique, alors même que le combat en cause   ne porte que sur le droit naturel et des principes universels qui n’ont rien de spécifiquement confessionnels.

Les lumières avaient trois maîtres mots : la raison, la nature, la liberté.

Raison et nature : que penser des nouveautés introduites par la commission spéciale de l’Assemblée nationale dans la loi ?  La plus singulière est la légalisation de la méthode qui consiste à féconder l’ovocyte d’une femme avant de le réimplanter dans l’utérus de sa compagne, de telle manière que leur maternité soit partagée. Est aussi envisagée la création d’embryons transgéniques, soit à terme la fabrication d’enfants génétiquement modifiés, la fabrication d’embryons chimères homme-animal par insertion de cellules-souches humaines dans des embryons d’animaux.  Dans le même esprit, l’Assemblée nationale devrait autoriser l’autoconservation des ovocytes (sans raison médicale) afin permettant aux femmes en âge de procréer à remettre à plus tard leur projet de maternité, ainsi que la technique du « bébé médicament ».   Bref :  carte blanche à Frankenstein.

Que tous ces projets soient contraires à la nature est assez évident. Seuls le députés écologistes qui les votent aveuglément ne s’en sont pas aperçu.

 

Les philosophes des Lumières croyaient au droit naturel

 

Ceux qui poussent à ces changements tiennent la nature humaine pour une notion scolastique dépassée. Pourtant la nature était souvent invoquée par les philosophes des Lumières.  Voltaire, Rousseau, Kant croyaient au droit naturel. Seul homme des Lumières à le récuser : le marquis de Sade…  Les philosophes des Lumières ont combattu l’Eglise au nom de la nature :  le célibat de prêtres et des religieuses était, disaient-ils, contre-nature ; de même les châtiments infligés aux enfants dans les collèges auxquels ils préféraient une éducation sans contrainte à la manière d’Emile.

Aujourd’hui, l’idée de droit naturel est pourtant tenue pour un gros mot dans les facultés de droit. Singulier paradoxe au moment où les droits de l’homme (naturels et imprescriptibles !) sont invoqués partout et où l’on découvre la permanence du génome de l’Homo sapiens depuis 100 000 ans. Constance du génome, permanence anthropologique.

Contrairement à ce que certains disent, la liberté prônée sous la Révolution n’est pas illimitée : elle « consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui » (article 4 de la Déclaration du 26 août 1789). Le droit conféré à des femmes sans hommes, de procréer avec un sperme anonyme, reviendrait à autoriser la fabrication délibérée d’orphelins de père et donc à leur porter un préjudice irréversible, terrain propice aux pires difficultés psychologiques, comme les expériences effectuées à l’étranger  l’ont montré. La gestation pour autrui, suite logique de la PMA, est tenue à raison pour une forme d’esclavage.

Le principe de non-discrimination devrait interdire    d’étiqueter le sperme avec des mentions raciales, ce que le projet de  loi ne prévoit pas, et pour cause.

La raison n’est pas seulement la raison raisonnante, elle est plus profondément le bon sens, auquel se référait Descartes, précurseur des Lumières   qui, pensait qu’il était « la chose du monde la mieux partagée ». Où est le bon sens quand on permet à la Sécurité sociale en détresse financière de rembourser à hauteur de 20 000 € la PMA d’une femme en bonne santé apte à concevoir naturellement ?  

Et que dire du projet lui-même , d’une complexité si effroyable qu’il est à lui seul une injure au droit ?

 

Si Jules Ferry revenait

 

Raison, nature, morale naturelle (et donc laïque) et droits de l’homme :   souvenons-nous de Jules Ferry écrivant à ses instituteurs : « avant de proposer à vos élèves un précepte, demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu'il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire ; sinon, parlez hardiment, car ce que vous allez communiquer à l'enfant, ce n'est pas votre propre sagesse, c'est la sagesse du genre humain, c'est une de ces idées d'ordre universel que plusieurs siècles de civilisation ont fait entrer dans le patrimoine de l'humanité. »  Nous en sommes aujourd’hui bien loin.

Par quelle étrange aberration, les héritiers des Lumières en sont-ils venus à laisser la défense de la raison, des droits et de la nature aux tenants des religions, en particulier aux catholiques. Pas toujours éclairés, ceux-ci comprennent-ils    que ce qu’ils défendent, ce n’est pas une morale particulière mais la morale naturelle – autrement dit laïque ?   Le philosophe Rémi Brague rappelle qu’il n’y a pas de morale chrétienne :  les chrétiens héritent de la Loi de Moïse qui n’est elle-même que la mise en forme de la morale naturelle.  C’est le Comité national d’action laïque qui, au nom des Lumières, devrait manifester contre les projets bioéthiques.   Les catholiques qui ont capté ce combat sont comme le pape Léon le Grand qui, sortant de son rôle, défendait Rome face à   Attila parce que ceux qui auraient dû le faire, le pouvoir laïc, étaient défaillants.  Quel bel hommage rendu aux religions, que de leur  laisser le  monopole de la défense du   droit, de la raison et de la nature dont on supposait jadis qu’elles leur étaient contraires ?

Ce n’est pas la première fois que les Lumières s’égarent : quand Staline, qui se tenait aussi, comme tous les marxistes, pour leur héritier, imposait la génétique de Lyssenko au rebours de la vraie science, c’est   la supposée plasticité sans limite de la nature humaine qu’il affirmait, comme les transhumanistes d‘aujourd’hui. Au même moment d’autres voulaient, au nom de la Science, faire le Surhomme, avec les conséquences tragiques que l’on sait. 

Ce n’est pas la civilisation judéo-chrétienne qui sombrerait si les projets aberrants que l’on a vus étaient votés, c’est l’héritage des Lumières qui se trouverait gravement discrédité.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 19:58

JERUSALEM, LIEU DE MEMOIRE

Entretien avec Roland Hureaux - 06/08/2020 - Monde & Vie

 

Dans la querelle que suscitent les lieux de mémoire, la mère des batailles se déroule autour du Temple de Jérusalem. Et pourtant les chrétiens ne sont pas en cause… Pourquoi ?

 

Jérusalem est en effet une des villes, sinon la ville, qui a suscité dans l’histoire et suscite encore aujourd’hui le plus de passion religieuse et politique.  Construite par le peuple hébreu sur un site déjà occupé par les Jébuséens, vers l’an 1000 avant notre ère, elle a été prise en 593, puis 64 avant Jésus-Christ, puis en 70 et 135 de notre ère, puis en 614 et  637, sans oublier 1099 par les Croisés. Chaque fois, cette prise fut ressentie comme un grand succès par les vainqueurs et une une catastrophe par les Juifs pour qui elle est la seule ville sainte (les Musulmans en ont trois : La Mecque, Médine et Jérusalem.)

Les chrétiens ne sont plus en cause. Ils exigent seulement, aujourd’hui comme hier, le libre accès des   pèlerins à la Ville sainte et le respect des minorités chrétiennes qui s’y trouvent. C’est pour assurer cette liberté tenue alors pour un des droits fondamentaux de l’homme, et non pour convertir les musulmans ou reconquérir le terrain perdu lors de la conquête arabe, comme on le croit, qu’avaient été entreprises les Croisades.

Cela dit, je comprends la frustration des Juifs ne ne pas avoir libre accès à l’esplanade du Temple de Jérusalem qui fut plus de dix siècles le symbole de leur foi, de même qu’il serait inacceptable que Jérusalem soit déclarée dans son entier et de manière unilatérale ville juive. S’il y a encore de la place pour des solutions raisonnables dans le contexte  actuel, rien ne s’oppose, à mon sens, à ce que Jérusalem soit la capitale de deux Etats, comme l’est Rome par exemple. Que cette terre si singulière doive être partagée figure dans le Livre des Juges, 2, 20-23. 

Le christianisme n’est pas une nationalité, c’est une religion universelle qui n’est pas, depuis la mort du Christ attachée à telle ou telle ethnicité. Le Saint-Siège demande que Jérusalem – ou au moins une partie, comme la vieille ville - soit une zone internationale,  ce qui est  loin d’être acquis.

En droit international, la ville a été coupée en deux en 1948 entre l’Etat d’Israël et la royaume de Jordanie qui s’en est retiré.  En 1967, Israël a occupé la zone jordanienne (Est), la maintient sous régime d’occupation de fait et n’envisage pas de la rendre. 

Il n’était pas absurde que les Etats-Unis installassent leur ambassade dans la zone ouest de Jérusalem puisque c’est là que se trouve   l’appareil gouvernemental israélien. Mais ils l’ont installée dans la zone Est, qui est en principe arabe, ce qui remet en cause le statu quo territorial et est très mal vécu par les Arabes, musulmans ou chrétiens.

 

La polémique fait rage autour de la basilique Sainte Sophie, rendue tout récemment au culte musulman. Quelle est la politique de Recep Tayyip Erdogan sur ce point ? Electoralisme ? Géopolitique ? Piété personnelle ? Faut-il, pour sainte Sophie, préférer la laïcisation imposée par Mustapha Kemal à l’islamisation d’Erdogan ?

 

Je rappelle que la basilique Sainte-Sophie de Constantinople fut, de sa construction au IVe siècle par l’empereur Constantin   jusqu’à celle de   saint Pierre de Rome au XVIe siècle, le plus grand monument de la chrétienté.  En même temps fut édifiée   la ville de Constantinople (appelée aussi Byzance puis Istamboul).  Comme Rome était, dans la chrétienté, la ville de saint Pierre, Constantinople fut dédiée à Saint André, frère de Pierre, avec un fondement historique bien ténu.  Elle occupe aussi une position géographique singulière sur le détroit du Bosphore qui sépare l’Europe et l’Asie – ce qui en fait un lieu stratégique, mas pas forcément sacré :  Gibraltar qui est dans une position analogue  entre l’Europe et l’Afrique n’est pas en lui-même un lieu sacré. Quand les Turcs musulmans ont pris Constantinople en 1453, Sainte-Sophie a été transformée en mosquée. Après la chute du sultanat, Kemal Atatürk, quoique musulman (fort peu dévot) laïcisa Sante-Sophie et en fit un musée en 1934. Cela pour satisfaire les puissances occidentales qui avaient gagné la guerre de 1914-1918 et les réseaux maçonniques internationaux sur lesquels il s’appuyait. La réaffectation de la basilique au culte musulman est, pour le monde musulman, un élément symbolique considérable, l’anticipation d’une nouvelle conquête de l’Europe par le cimeterre.

N’imaginez pas qu’Erdogan soit mu par la piété, l’électoralisme, ou la géopolitique. Il a voulu planter un symbole fort marquant qu’à travers lui et la montée en puissance de la Turquie, l’islam avait repris sa marche en avant dans le monde et en particulier en Europe.  Il n’a jamais caché le mépris dans lequel il tient le christianisme dégénéré   de l’Occident, ni sa volonté d’effacer les grands revers qu’a connus la Turquie au cours des   derniers siècles : Lépante (1571) et l’échec du siège de Vienne (1683), le retrait progressif des Balkans, du Maghreb et du Machrek (XIXe siècle) et la défaite de 1918 où elle avait malencontreusement joué la carte allemande.  La   Turquie s’est entre temps rétrécie, ce qui génère des frustrations.

En 2016, Erdogan a inauguré un nouveau pont sur le Bosphore le jour anniversaire de la prise de Constantinople.

La réaffectation de Sainte-Sophie au culte musulman coïncide avec une intervention militaire turque en Libye qui voit Ankara    remettre pour la première fois depuis longtemps les pieds du ce continent.

Erdogan a deux idées en tête : la reconstitution de l’Empire ottoman et la reprise par l’Islam de l‘offensive militaire, culturelle et démographique. En exprimant son désir d’entrée dans l’Union européenne, Erdogan n’a jamais caché qu’entre les 80 millions de Turcs et la montée des communautés musulmanes au sein de l’UE, il espérait y prendre vite une position hégémonique. Comme Atatürk était lié aux frères maçons, Erdogan est lié aux frères musulmans. Le changement de statut de Sainte-Sophie ne vise pas seulement les Chrétiens mais aussi l’héritage laïque d’Atatürk.

Il serait trop facile à des chrétiens de dire « tant qu’à faire, il vaut mieux qu’à Saint-Sophie, on prie Allah plutôt que rien ». Dans le contexte actuel, ce serait une grave imprudence de raisonner comme cela. D’ailleurs le pape François a déploré publiquement ce changement d’affectation. Peu de chefs d’Etat occidentaux l’ont suivi.

 

 

Que dire des brasiers qui ont enflammé la cathédrale de Nantes ? Est-ce que la destruction du grand orgue a un sens au-delà du fait-divers (l’employé rwandais sans papier) qui en est à l’origine ? Cela ne signifierait-il pas une forme de nihilisme obscur ?

Que le stagiaire rwandais qui a avoué avoir mis le feu à la cathédrale de Nantes ait été sans papiers a peu d’importance. Il vient d’un pays, où il n’y a pas de musulmans et qui a été déchiré par d’effroyables massacres (près de 5 millions de morts, la majorité étant hutu et non tutsi).   Il s’y pratique le satanisme. Que l’actuel président du Rwanda, Paul Kagame, principal responsable, directement ou indirectement, de ces massacres, soit aujourd’hui tenu pour une personnalité respectable dans la plupart des pays et soit un ami affiché de M. Macron, relève sans doute aussi de ce que vous appelez le nihilisme obscur qui traverse notre époque.

L’incendie de Notre-Dame de Paris, le 15 avril 1999, reste une énigme. Que faut-il penser de la décision qui a été prise finalement, malgré les positions publiques contraires du Président, de reconstituer la cathédrale à l’identique ? Cela signifie-t-il que ces lieux de mémoire n’ont plus d’histoire, qu’ils sont « tels qu’en eux-mêmes enfin l’éternité les change » ?

Une énigme, peut-être mais il y avait une chance sur 52 qu’il ait lieu lors de la Semaine sainte. Rien que cela affaiblit la thèse quasi-officielle du court-circuit. Que le président ait pensé profiter du drame pour reprendre à son compte l’idée de faire de l’île de la Cité un grand ensemble touristique et commercial  ouvert au monde est vraisemblable.  Que faire quand le pays sera complétement désindustrialisé, sinon   une sorte de Luna Park mondial ? C’est pourquoi on évacue le Palais de justice, le Quai des Orfèvres, l’Hôtel-Dieu, lieux chargés de mémoire eux aussi. Cette idée circule dans le milieu très « bobo » des grands architectes, des grands urbanistes, nationaux et internationaux.  « Branché » à ce milieu, Macron a sans doute envisagé dans un premier temps d’aller dans ce sens, en voulant notamment une flèche moderne. Lui pour qui « il n’y a pas de culture française » n’a sûrement pas changé d’avis. Mais il semble qu’il se soit heurté à une partie du personnel du ministère de la culture, celui qui précisément a la charge de conserver   le patrimoine, à une résistance   obscure de l’opinion,  croyante ou non,  orpheline de « sa cathédrale », et surtout à une sorte de consensus international qui veut malgré tout que la France reste la France et donc que Notre-Dame de Paris reste Notre-Dame de Paris.  Je ne crois pas en revanche que l’Eglise ait beaucoup pesé : la loi de bioéthique actuelle en discussion devant le Parlement montre le mépris absolu dans lequel il tient les autorités religieuses. Il n’y a que celles-ci qui ne s’en soient pas encore aperçues.

 

 

 

 

On parle à nouveau de rendre au culte musulman la grande Mosquée de Cordoue.  Cette fois la campagne est lancée par un prince des Emirats arabes unis.  Faut-il jouer Sainte Sophie contre la grande Mosquée espagnole ?

 

A la même époque (du XIIIe au XVe siècles ) où l’Islam conquérait l’Empire byzantin et  islamisait Sainte-Sophie, les rois chrétiens d’Espagne conquéraient Cordoue qui fut  la capitale de l’islam  d’Espagne et où les khalifes avaient construit la plus belle moquée du monde. Les Chrétiens en ont fait une cathédrale. Aujourd’hui, il n’a pas lieu à échange puisque l’islam est en position offensive sur les deux fronts.  Le gouvernement espagnol, issu d’une ultra-gauche très antichrétienne, n’y verrait sans doute pas d’inconvénient.  Mais la ville de Cordoue a son mot à dire et cette ville  est , que je sache, encore en majorité catholique.

 

 

D’une manière générale, ne peut-on pas dire que les lieux de mémoire tendent à redevenir des enjeux géopolitiques importants ? Qu’est-ce que cela signifie ?

 

Je pense que, parmi les lieux de mémoire, il y en a qui ont toujours joué  un rôle important, du  fait d’une lourde charge symbolique : souvenons-nous de la prise de Delphes  par les Gaulois.  Mais Sparte a disparu, Babylone  a disparu.  Qui se souvent en France de la  bataille de Castillon qui vit la victoire  finale des Français sur  les Anglais  à la fin de la guerre de cent  ans - Français et Anglais qui auraient  fait mieux d’aller à Constantinople cette année-là soutenir le Byzantins chrétiens contre le dernier assaut des Turcs. La Serbie ressent d’autant plus amèrement l’indépendance du Kosovo que c’est dans cette province que se trouve  l’origine historique du peuple serbe. D’autres villes, comme Jérusalem ont gardé leur potentiel, que j’appele à dessein explosif,

 

 

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 19:51

Les enjeux de l’élection présidentielle américaine

Entretien du 21/07/2020 - Monde & Vie

  1. Alors que les prochaines élections présidentielles américaines approchent, puisqu’elles sont fixées au 2 novembre prochain, les sondages se multiplient qui donnent au 55ème président des Etats unis un retard à deux chiffres sur son compétiteur démocrate Joe Biden. Faut-il enterrer Donald Trump ?

Sûrement pas. La dernière fois, à pareille époque, il était également en retard. En matière électorale, à quatre  mois d’une échéance, tout est possible. D’autre part si Trump fait l’objet depuis des mois et des mois d’un travail de sape  émanant de presque toute la presse et d’un grand partie de l’administration, il n’a  pas encore  sorti son artillerie lourde comme  par exemple, la dénonciation de l’extrême corruption de Biden qui, depuis des années, fait avec son fils des  affaires douteuses en Ukraine.

 

  1. Vu d’Europe, on lui reproche sa gestion de la crise du COVID… Son manque de réactivité risque-il de lui coûter son fauteuil ?

Que faudrait-il dire en France ? Aux Etats-Unis, une grande partie de la police sanitaire dépend des Etats. D’autre part : selon certaines sources proches du renseignement, le COVID 19 est bien parti de  Chine mais certains éléments l’Etat  profond américain  seraient impliqués, précisément  pour affaiblir Trump :  je vous le donne comme on me l’a dit , sans plus.   En proportion de la population, les Etats-Unis sont moins touchés que la France.

 

  1. Le nouvel antiracisme américain qui fait florès dans le pays en ce moment ne risque-t-il pas de délégitimer les démocrates, en créant une vague conservatrice, un peu comme cela s’est passé en Mai 68 pour nous en France ?

Le bloc conserveur consolidé par la vague antiraciste existe déjà et il votera pour Trump. Mais est-il majoritaire ? Dans les classes urbaines américaines , l’esprit bobo, écologiste, libertaire, antiraciste est encore plus répandu que chez nous, non  sans quelque hypocrisie : dans ce pays puritain où l’antiracisme est omniprésent depuis longtemps, les mariages mixtes sont très rares, beaucoup  moins  que chez nous. Il faut comprendre qu’aux Etats-Unis, les riches – et les Noirs - votent à gauche (démocrate) et les pauvres à droite (républicain). Mais tous ne votent pas. Trump devra les mobiliser.

 

  1. Le bilan de Trump, en matière de politique étrangère semble assez léger. Qu’en retiendriez-vous ?

Léger ? Vous plaisantez. Trump n’a déclenché aucune guerre et a liquidé Daech, ce qui a eu pour contrecoup de mettre fin au terrorisme en Europe.  La Syrie et l’Irak sont revenus à peu près à la  paix, sauf quelques enclaves, même si des sanctions scandaleuses sont maintenues sur la Syrie. Sans faire de concessions majeures, Trump  a détendu les relations avec la Russie , ce qui fait que l’Europe qui serait le champ de bataille naturel d’un affrontement entre les deux grands a toutes les raisons de se sentir plus en  sécurité. C’est ce que nos bobos anti-Trump    n’arrivent pas à  comprendre. Trump a entamé un dialogue inattendu avec le Corée du Nord et les talibans d’Afghanistan, ce qui va aussi dans le sens de la paix. Vis-à-vis de la Chine, la guerre que mène Trump est exclusivement commerciale et elle est légitime : depuis le temps que les Européens demandent à Washington de rééquilibrer son commerce extérieur, ils ne devraient pas s’en plaindre. Il n’est  pas sûr que les choses soient vues de la même manière dans une Chine qui devient de plus en plus agressive.

Je voudrais que vous compariez le bilan de Trump avec celui de ses  prédécesseurs :

Bush père : une guerre (Golfe) sans doute  provoquée par les Etats-Unis ;

Clinton : deux guerres : le Rwanda dont Boutros-Ghali, alors secrétaire général des Nations-unies,  a dit que ce qui s’y est passé   était  entièrement   de la responsabilité des Etats-Unis, la guerre du Kosovo, plus des sanctions terribles contre l’Irak qui auraient  coûté la vie à 500 000 enfants ;

Bush fils : deux guerres : Irak et Afghanistan ;

Obama, prix Nobel de la Paix :  quatre guerres : Libye, Syrie, Ukraine, Yémen.

Trump : aucune.

Comme dit l’Evangile, on juge l’arbre à ses fruits. Trump est secrètement  un homme de paix, ce que ses adversaires démocrates ne manquent pas de lui reprocher mais comme il est à la tête d’une nation de cow-boys  à qui il faut des  Indiens en face (on dit rogue states), il s’en prend bruyamment à l’ Iran mais en se gardant de déclencher une guerre. Isolé sur la scène intérieure, il soutient aussi Israël plus que ne l’avaient fait son prédécesseur, pour le meilleur et pour le pire.

Globalement, le monde est bien plus sûr depuis qu’il est président, surtout à cause de son dialogue discret  avec Poutine que  les faucons démocrates   présentent comme une trahison.

 

  1. Que représentent les démocrates américains aux Etats unis mais aussi dans le monde ?

Je distingue le parti démocrate où on trouve des gens convenables comme Bernie Sanders, de gauche à l’intérieur et modéré à l’extérieur, candidat malheureux à l’investiture démocrate et les forces de l’Etat profond américain, celui qui soutenait la politique impérialiste d’Obama et H. Clinton, forces qui n’ont jamais   accepté la victoire de Trump   lequel  apparait , lui, comme le candidat du « peuple profond » ,  peu désireux d’aventures internationales. Les démocrates impérialistes, en osmose avec l’Etat profond, avaient déclenché  sous Obama, les printemps arabes et la politique  de regime change au Proche-Orient: démocratiser les Etats en les bombardant ou  y en soutenait systématiquement les   islamistes. Ce camp comprend une grande partie de l’administration civile, le Pentagone, la presse mainstream, c’est à dire presque toute. L’ Etat profond est entièrement anti-Trump et donc pour le candidat démocrate Joe Biden. Il est universaliste : lors de sa première campagne    présidentielle Trump avait  dit à sa concurrente : « vous voulez être présidente du monde, moi, je ne veux être seulement président des Etats-Unis ».  Cette force est ultralibérale, ultra-écologiste, immigrationniste,  antiraciste, pro LGBT, libertaire.  Elle a des ramifications dans tout le monde occidental : à Paris (Macron), à Londres (les anti-Brexit  qui eux aussi ont eu tant de mal à admette le verdict des urnes) , à Bruxelles, à Berlin et elle tient  toutes les organisations internationales : ONU, OMS, Banque mondiale, commission européenne. Elle a l’appui de presque  tous les médias occidentaux. La tyrannie du politique correct, c’est elle. Soros, Bill Gates la soutiennent à fond. Mais aussi Hollywood, le Hollywood de Weinstein… Hors du monde occidental, son  influence est cependant faible.

 

  1. Ont-ils fait alliance avec les néo-conservateurs et les faucons, comme semble l’indiquer la volte-face d’un Colin Powell, indiquant à son de trompes que tout républicain qu’il soit, il votera Biden ?

 

Ce n’est pas une alliance : depuis plus de vingt ans, les prétendus néo-conservateurs qui étaient plutôt républicains sont devenus  démocrates. Ils reprochent à Trump de   ne pas être assez dur  avec la Russie ; ils comptent, relancer la guerre de Syrie qu’ils ont l’impression amère  d’avoir  perdue . Je dis les « prétendus » néoconservateurs parce que ce sont des idéologues et que l’idéologie est toujours mensongère : ils ne veulent rien conserver du tout  mais au contraire bouleverser la planète pour établir quelque chose comme un Etat mondial  libéral-libertaire.  Le vrai clivage aujourd’hui, ce n’est plus démocrates contre républicains, c’est mondialistes (et donc impérialistes, antirusses) contre patriotes américains qui se soucient d’abord des problèmes internes à l’Amérique et cherchent  à apaiser les tensions internationales. Colin Powell a toujours eu une position ambiguë mais il est l’homme de la guerre d’Irak, que Trump a critiquée  et il est noir : il est logique qu’il se positionne contre Trump.

J’ajoute qu’à la politique traditionnelle des Etats-Unis depuis 1945 : alliance inavouée avec l’islamisme contre la Russie, Trump a tenté de substituer  une  nouvelle configuration : entente discrète avec la Russie contre l’islamisme . Avec Biden,  l’ancienne configuration pourrait être de retour : l’Europe aurait tout à y perdre.   

 

  1. Comment expliquer que les démocrates n’aient trouvé que Joe Biden comme candidat pour s’opposer à Donald Trump ?

 

C’est sans doute le signe d’une crise du personnel    politique qui touche tous les pays occidentaux ; les hommes sont de plus en plus médiocres : très peu de politiciens américains sont capables d’être présidents des Etats-Unis ; il faut chercher  des vieux  comme Biden, politicien à l’ancienne – ou Trump qui n’est pas jeune non plus. En France, nous ne sommes pas mieux lotis.

Comment expliquer ce déclin – dangereux car c’est  entre les mains de ces gens que repose en définitive la paix du monde ?    

Mon hypothèse : le règne quasi-universel de l’idéologie et de  ce qui va avec, les appareils bureaucratiques,  abêtit les gens et favorise partout les médiocres.

 

  1. Quels sont aujourd’hui les arguments de Donald Trump pour se succéder à lui-même ?

 

Outre son bilan de politique étrangère, auquel les Européens devraient être le plus sensible, il a pu  jusqu’au début de cette année afficher une belle  économique exceptionnelle : des millions d’emplois créés,  le marché intérieur  en voie de reconquête. Toutefois le confinement mondial a remis en cause ce rebond. En  définitive c’est ce qui fait élection dans ce pays qui se veut le gendarme du monde mais où les citoyens ne s’intéressent qu’à la marche de l’économie domestique.

J’ajoute pour ma part que le retour au pouvoir, derrière Biden,  des équipes libéral-impérialistes ( un terme plus approprié que « néo-conservateurs ») d’Obama-Clinton représente un double risque pour nous : d’une part un alourdissement considérable de  l‘Empire du politiquement correct,  ce que j’appelle le Mordor, comprenne qui pourra,  la restriction des  libertés, le  règne d’une oligarchie coupée du peuple, une aggravation des aberrations sociétales, de l’immigration , des éoliennes : tout ce que nous combattons aujourd’hui en France serait encore durci ; les chances  de Macron, en phase avec Biden sur tous les sujets, seraient améliorées.   

L’autre risque est celui d’un affrontement Etats-Unis -Russie ; à la différence de Trump, les démocrates haïssent Poutine. Le risque de guerre en Europe réapparaitrait.

On aime ou on n’aime pas le personnage, mais pour sa sécurité, intérieure et extérieure, la France (comme l’Europe)  a tout à craindre d’une défaite de Trump.

 

 

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 19:51

Après le discours de politique générale du nouveau premier ministre

TOUT CE QUE NE FERA PAS CASTEX

09/07/2020

Il n’était pas nécessaire d’attendre le discours de politique générale de M. Castex pour savoir tout ce que ne fera pas son gouvernement.

D’abord il ne quittera pas l’euro. Ce n’est pas une surprise tant le sujet est tabou et l’euro sacré pour la caste de hauts-fonctionnaires issus de l’ENA de la génération du premier ministre.

Il ne remettra pas non plus en cause la politique de libre-échange promue par l’Union européenne que viennent d’illustrer la signature d’un accord commercial avec le Mexique et un règlement sucrier  qui entraine la fermeture immédiate de toutes les sucreries françaises. Pas question que la majorité dite En marche fasse comme le Parlement hollandais et rejette l’accord européen de libre-échange avec l’ALENA.

Tout cela va peut-être de soi mais il faut savoir que l’association euro + libre-échange revient à   la mort lente de l’économie  française, agricole et industrielle , la poursuite des délocalisations , des fermetures d’usines  et l’accroissement du chômage . Il y a des tabous qui coûtent cher. Bien vaine apparait  dès  lors la promesse   de s’occuper mieux de l’emploi des jeunes.

Les mesures économiques  annoncées, archi-classiques,  ne susciteront aucun élan : allégement des charges des entreprises et donc aussi de celles qui n’ont pas  souffert de la crise , comme les grandes surfaces ;  accent mis sur la « transition » numérique et climatique : et les autres entreprises, qui , elles ,  faisaient de socle de la puissance économique française ? Elles sont passées de mode  - et bientôt trépassées !  Un chapitre est consacré à la souveraineté  économique,  concession à l’air du temps,  mais quoi pour reconquérir notre autonomie stratégique, notamment en matière de défense ? Racheter Alstom ? Bien sûr que non.  Il n’y aura rien   puisque la dite souveraineté est contraire à l’idéologie marconienne pour qui « vouloir être souverain, c’est le Vénezuela » :  Castex doit   se soumettre.

Compte tenu de l’ampleur de la crise, 100 milliards dont on ne sait  comment ils seront financés, c’est peu  pour susciter une vraie dynamique de relance. D’autant que nous  n’avons rien à  attendre du plan européen  annonc: 100 milliards   aussi par an [1] mais pour tous les pays, essentiellement   l’Italie et les Balkans. La France en sera contributeur net !

Castex n’annonce aucun changement en matière de politique étrangère : les sanctions à l’encontre de la Russie   continueront : Poutine voilà l’ennemi alors  que Macron n’arrive pas à secouer la léthargie des   Européens  à l’activisme   grandissant   d’Erdogan, en Libye et ailleurs.

Sociétal : la  première urgence de ce gouvernement confronté à une crise sanitaire et économique sans précédent est de faire voter la loi sur la PMA pour femmes seules. Cela remettra-t-il en cause le soutien ovin qu’apporte à Macron une partie de la   presse  catholique ?  On craint que non.

Santé : aucune remise en cause de nos liens avec l’OMS, principale responsable des dysfonctionnements dans  la  lutte contre le virus couronné,  ou de la sous-traitance de notre politique de confinement à l’étranger ; bien au contraire, la France donne à  l’OMS un demi-milliard de pour avancer son très contesté plan de vaccination universelle,  inspiré par Bill Gates.

Aucune remise en cause du programme accéléré de construction d’éoliennes, aussi absurde que coûteux, purement idéologique. Après la fermeture de Fessenheim,  autre absurdité , le tour de qui ?

Davantage  d’isolation dans les  bâtiments publics au  titres de la transition écologique, pourquoi pas   ? De grands mots pour des actions de  routine.  Fallait-il changer de gouvernement pour  ça ? 

Education nationale : après la poudre aux yeux habituelle envoyée à l’opinion :  annonce de dictée quotidienne, prétendu retour du latin, toutes mesures sans lendemain, M. Blanquer a toujours carte blanche pour déconstruire et le bac et le système scolaire qui va avec, suivant aveuglément  l’idéologie  dominante du  ministère depuis au moins une génération. Le confinement aidant , le mouvement sera accéléré.

On laisse entendre que Darmanin serait  plus ferme sur l’immigration. Pourquoi ? Il reste aux ordres d’un  Macron partisan  du multiculturalisme   lequel est aux ordres d’une gouvernance   mondiale qui tient l’immigration pour « la solution et non le problème »  (A. Guterres,  actuel secrétaire général  des Nation unies) ; une loi contre le séparatisme  est annoncée :  la meilleure loi serait l’application des lois existantes.

« Territoires », « territoires », « territoires », ce mot qui indique à lui seul  - comme « les quartiers » ) le mépris de la technocratie française pour ce qui n’est pas central, M. Castex n’a que ce mot  à la bouche, mais a-t-il  décidé de remettre  en cause l’orientation de la politique d’aménagement du territoire  mise en œuvre depuis trente ans  qui donne la priorité  aux métropoles ?

Solidarité : en augmentant l’allocation de rentrée scolaire,  sans contrôle d’utilisation, M. Castex montre qu’il ne fréquente plus depuis longtemps les sorties d’école, ou tous ceux qui n’y ont pas droit, tout simplement parce qu’ils gagnent leur vie normalement, et  voient  l’usage qui en est parfois fait,  ne la considèrent pas d’un si bon oeil que ça.

Autour de  cette vacuité, il ne restait qu’à  faire la politique du spectacle selon la formule immortelle du regretté  Guy Debord : Roselyne Bachelot, passant de ministre à amuseur ( amuseuse, amusette ? )  public (que ? )  puis à nouveau ministre ne change pas de métier. Dupont-Moretti a du caractère, ce qui est devenue rare, au point qu’on se demande combien de temps  il  tiendra le choc dans cet océan de conformisme .  Mais quel projet a-t-il pour résoudre la  crise profonde de la  justice ? M. Macron en ordre de marche pour sa réélection, comme le disait un quotidien  que l’on croyait de droite ? Disons plutôt que le désordre va continuer à marcher, voire à courir.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

[1] Soit 750 milliards pour 7 ans 

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 19:48

MACRON ROBESPIERRE

La condamnation sévère de Fillon pourrait affaiblir la légitimité de Macron

09/07/2020

Il n’est pas nouveau dans l’histoire qu’un pouvoir à la légitimité chancelante cherche à la  consolider par un  procès à grand spectacle et une exécution.

Fondée sur  les massacres de septembre 1992, qui firent 1300 victimes innocentes  à Paris,   la Première République ne pouvait justifier sa raison d’être que si le roi  Louis XVI  était chargé de grands crimes et la preuve que ses crimes   l’étaient ne pouvait être qu’une condamnation lourde, la mort en l’occurrence.

Déjà Cromwell, dépourvu lui aussi de légitimité,  avait fait juger et décapiter le roi d’Angleterre Charles II.

On ne va pas couper la tête à François Fillon mais c’est tout comme. La condamnation d’une grossière   disproportion qui vient de lui être lui être infligée par le Tribunal de Paris, 5 ans de prison dont 2 fermes,  aura pour effet (nous ne disons pas pour but) de montrer que la mise hors-jeu de Fillon à la présidentielle de 2017 , qui seule a permis d’élection de Macron,  était légitime car fondée sur des fautes très lourdes .

 

Violation  de la séparation des pouvoirs

 

La légitimité de cette élection était déjà  affaiblie  par l’interférence grossière de la justice, plus précisément du parquet financier, dans la campagne.

Cette interférence allait violemment à l’encontre à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 dont l’article 16 dispose que « toute société dans laquelle la séparation des pouvoirs (n’est pas) déterminée, n'a point de Constitution ». Point de constitution et donc point de république ! De la même veine, l’article 13 du titre II de la loi des 16 et 24 août 1790, toujours en vigueur, dispose que : « Les juges ne pourront, à peine de forfaiture, troubler de quelque manière que ce soit les opérations des corps administratifs. » Forfaiture ! Y a-t-il une opération administrative plus   fondamentale que l’élection des chefs de l’administration ?

De nombreux textes pris au cours des deux derniers siècles[1] déclinent ces interdictions. Mais    le pouvoir en place en 2017 - nous ne disons pas le parquet financier car il était évidemment aux ordres -, a profité de leurs lacunes pour passer   au travers des mailles du filet. Dans la forme seulement car, quant au fond, l’esprit de la République s’en est trouvé gravement vicié.  

 

Illégitimité

Les déclarations récentes de l’ancienne responsable du parquet financier,  Eliane Houlette,  sur les pressions considérables  qu’elle a subies pendant la campagne électorale,  affaiblissent encore la légitimité de l’élection de Macron. Ce sont ces pressions qui ont permis l’accélération des procédures afin de mettre en examen François Fillon et son épouse, avant l’ouverture de la campagne électorale où il n’était plus possible de le faire.

Les attendus du jugement pris à l’encontre de François Fillon se réfèrent au « devoir d’exemplarité »  d’un ancien premier ministre.  C’est à se plier de rire au regard des turpitudes autrement plus graves, qui se murmurent mais qui  ne seront ni dénoncées, ni poursuivies, attribuées à un certain nombre de ses collègues,  sans compter ce qu’on pourrait trouver à un échelon encore plus élevé.

Le jugement apparait parfaitement inique si l’on considère  l’océan de laxisme où se meuvent de manière de plus en plus insolente les bandes ensauvagées qui se cantonnaient jusqu’ici  à  la simple délinquance et qui ont pris à présent le contrôle de la place publique. Laxisme :   on nous signalait il y a peu le cas de ce personnage 17 fois récidiviste sortant libre du tribunal malgré une nouvelle condamnation.  Comme il y a peu de chances que le président démissionne de lui-même , ni qu’une population avachie où la fibre républicaine est désormais atrophiée, réagisse au scandale que représente le maintien au pouvoir d’un personnage élu dans les conditions que nous venons d’évoquer, il appartient aux institutions les plus hautes de l’Etat  ( Conseil constitutionnel, Assemblées)  de se saisir de ce cas qui met en cause la République dans ce qu’elle a de plus fondamental. Il n’est pas impossible qu’en définitive la condamnation  de Fillon ait affaibli plutôt que  renforcé la légitimité de l’élection de Macron.

 

Roland HUREAUX

 

 

 

 

 

 

 

[1] Outre la loi des 16 et 24 août 1790, citons loi du 16 fructidor an III  , la loi du  31 mars  1914 (article 110 du  Code électoral)  , la  loi no 82-213 du 2 mars 1982.

 

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 19:47

LETTRE D’UN MAGISTRAT AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

09/07/2020

Comme tous mes collègues de France et de Navarre, j’ai été atterré en apprenant la nomination de Maître Dupont-Moretti au ministère delà Justice, notre ministère.

Le talent de l’intéressé n’est pas en cause. Mais comment mes collègues et moi supporterions-nous d’avoir pour chef un homme qui a, à maintes reprises, dans ses plaidoiries comme devant les micros, exprimé son mépris pour la profession qui est la nôtre.  La première chose que l’on attend d’un patron est qu’il ait un minimum d’estime pour ses troupes, comme vous-même en aviez marqué pour le petit peuple des gilets jaunes ou les chômeurs de longue durée qui sont sous votre juridiction. 

La question que je me pose est la suivante : qu’avons-nous fait pour mériter pareil camouflet ?

Car il faut bien le dire :  c’est essentiellement grâce à nous que vous êtes parvenu à la magistrature suprême. Si le parquet financier n’avait pas diligenté avec une rapidité extraordinaire , au seul    vu d’un article  du Canard  enchaîné, une enquête sur François Fillon et sur son épouse, s’il n’avait pas accéléré  l’enquête préliminaire pour les mettre en examen avant  la date du début de la campagne électorale où cette mise en examen n’est plus possible,   l’ancien premier ministre  aurait gagné les élections présidentielles ;  il en était le grand favori et  , si la justice ne s’en était pas mêlée  de la manière qu’elle a fait, vous   n’auriez même pas  été au second tour.

L’ancien chef du parquet financier, Eliane Houlette n’a d’ailleurs pas eu peur de révéler récemment les pressions incroyables qu’elle a subies de sa hiérarchie et comment elle a dû y céder .

Voyez notre zèle : nous avons, dans l’affaire Fillon, passé outre l’un des principes les plus fondamentaux de notre république, posé à l’article 13 de la loi du 24 août 1790, toujours en vigueur : « Les juges ne pourront, à peine de forfaiture, troubler de quelque manière que ce soit les opérations des corps administratif », ce qui inclut évidemment les procédures électorales, en application de l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen :

Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution.

 

          Point de constitution, donc point de république.

Pour certains d’entre nous, ce n’était pas une mince fierté que d’avoir permis, presque organisé, l’élection du président de la République.

Comme la gauche, qui avait porté largement ses suffrages sur vous, ne pouvait qu’être déçue par le caractère bien peu populaire de votre politique, elle risquait de se déporter vers un de vos rivaux de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon. Nous avons veillé au grain :  pour une affaire de seconde zone, le juge d’instruction a dépêché au petit matin 90 gendarmes à son domicile pour perquisitionner. Sans doute l’intéressé n’a-t-il pas pris l’affaire avec tout le sang froid qui eut été nécessaire ; il reste que sa carrière a été brisée et ça n’a pas dû vous attrister. Nous avions là aussi pris la précaution de ne pas interférer avec la campagne des européennes, qui n’avait pas encore commencé, mais ce coup venant juste avant ne pouvait qu’avoir l’impact maximum. Jean-Paul Mélenchon, était l’un des trois chefs de file de l’opposition :  qui imaginerait qu’une chose semblable arriverait à un de ses homologues au Royaume-Uni ?  Vous voyez : là aussi nous avons pris tous les risques, y compris celui de subvertir la République.

Votre politique internationale est difficile à suivre : en Afrique vous soutenez envers et contre tout, votre ami Paul Kagame, président du Rwanda, dont personne sur la planète, ne doute qu’il ne soit l’auteur de l’attentat du 6 avril 1994 qui coûta la vie aux deux présidents hutus du Rwanda et du Burundi et qui déclencha   le massacre de près de 5 millions de personnes ( dont 4  pour lesquels il a une responsabilité directe . L’affaire était devant les tribunaux français car les pilotes de l’avion étaient français.  Toute honte bue, pour ne pas gêner votre brillante diplomatie, l’affaire a été classée le 24 décembre à minuit de l’an 2018.   Avec cette décision complaisante, la planète entière aura  compris que nous étions devenus une république bananière.

Bien qu’une certaine droite ait pour vous les yeux de Chimène, vous n’avez renoncé à rien de ce qui se trouvait dans votre programme touchant la défense du politiquement correct à tous les étages : chasse à l’antiracisme, au sexisme, à l’islamophobie, à l’homophobie.   Nos   tribunaux sont, dans cette chasse à la déviance, vos auxiliaires les plus zélés, sans craindre de remettre en cause là aussi la déclaration des droits de l’homme.  « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi. » (Article 10).

Il est vrai qu’au niveau de l’appel ou de la cassation, la liberté d’expression finit souvent par prévaloir, mais seulement au bénéfice de ceux qui ont pu dépenser assez d’argent pour aller jusque-là et non sans que leur image ait été salie par des décisions de première instance largement relayées par les médias.

Vous n’êtes pas non plus ce qu’on pourrait appeler un répressif. Il n’a jamais été question avec vous de rétablir les peines plancher.  Vous ne défendez  guère votre police quand elle est mise en cause par des malfrats. Il me semble que la magistrature ne devrait pas vous paraitre aujourd’hui trop contrariante.

Nous vous avons élus, nous éliminons vos adversaires les uns avec les autres, nous soutenons plus que quiconque votre politique, nous ne vous en avons, personnellement, jamais inquiété. Qu’avons-nous donc fait pour mériter la nomination de M. Dupont-Moretti ? Décidément, vous êtes bien ingrat, monsieur le Président.

 

 

Pcc. Roland HUREAUX

 

 

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